Actualités (2017-2023) | Événements scientifiques (2017-2023)

2022

Les Rencontres du XIXe siècle - « Nature »

Les Rencontres du XIXe siècle - « Nature »

Date limite de dépôt : 21 janvier 2022 - Appel à communication

Présentation

Après deux précédentes éditions consacrées aux thèmes « Petites et grandes rencontres du XIXe siècle » et « Populaire », Les Rencontres du XIXe siècle proposent de réunir des jeunes dix-neuviémistes (doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s) autour d’un colloque transversal sur le thème de la « Nature ».

Les Rencontres se tiendront les 9 et 10 juin 2022 à Dijon, à l’Université de Bourgogne sous le patronage de la Société d’Histoire de la Révolution de 1848 et avec le soutien du laboratoire LIR3S (UMR CNRS 7366) Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche Sociétés, Sensibilités, Soin. Le logement sera pris en charge ou assuré de façon collaborative par des doctorant.e.s, deux repas seront pris en charge par les organisateurs, mais les frais de déplacement seront à la charge des participant.e.s et/ou de leur laboratoire de rattachement.

Les communications pourront porter sur tout type de contexte local, colonial et/ou national et sont invitées à explorer un ou plusieurs des axes suivants.

 

Axe 1. La nature comme capital : une ressource à exploiter et administrer

· L’industrialisation et les nouveaux usages des ressources naturelles

· La pollution industrielle

· Les représentations hygiénistes de la nature

· La mise en marché de la nature

· Politiques de conservation et patrimonialisation de la nature

 

Axe 2. La nature comme justification : naturalisation(s) et légitimation(s)

· La « nature » comme fondement de légitimation des hiérarchisations et des inégalités de genre, de race et de classe

· Les discours sur l’association entre nature et sauvagerie

· Le statut des « non-humains » et le rapport à l’animalité

· « Droit naturel » et revendication démocratique

 

Axe 3. La nature comme refuge

· L’essor du tourisme dans les espaces dits « naturels »

· La critique de la partition entre nature et culture chez les socialistes, utopistes, anarchistes, transcendentalistes ou naturistes

· Les espaces dits « sauvages » comme lieux d’évasion et de modes vie alternatifs

· La végétation urbaine (parcs, jardins, arbres d’agrément etc.)

· Résister à la marchandisation : la nature comme « commun » démocratique

 

Axe 4. La nature, objet de collections, de savoirs et d’imaginaires

· Le développement et l’institutionnalisation des sciences de la nature

· Le développement des collections d’objets « naturels »

· Usages et traitements littéraires et photographiques de la nature

· La nature dans l’espace domestique urbain (papiers peints, plantes exotiques…)

 

Axe 5. La nature et les arts visuels

· Représenter la nature visible et invisible

· Nature, ruralité et représentation des inégalités sociales

· Le traitement du corps comme symbole

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication (en français ou en anglais, de 2000 signes maximum) devront être envoyées à l’adresse rencontres19eme@gmail.com avant le 21 janvier 2022, accompagnées d’un court CV.

 

Comité scientifique et d’organisation

Nicolas Cambon (Université Toulouse Jean-Jaurès)

Eléonore Chanlat-Bernard (EHESS)

Alexandre Frondizi (Université de Neuchâtel)

Arnaud Malaty (Université de Bourgogne)

Cédric Maurin (Sorbonne Université)

Camille Mestdagh (Université de Bourgogne)

Eric Sergent (Université Lumière Lyon 2)

Emma Sutcliffe (Université de Bourgogne)

Benoit Vaillot (Université de Strasbourg et Centre Marc Bloch)  

Les archives ecclésiastiques

Les archives ecclésiastiques

Jeudi 20 janvier 2022 de 9h30 à 17h - Atelier annuel du GEI

Présentation

Depuis cinq ans, le GEI (Groupe d’études ibériques) organise un atelier annuel autour d’un univers archivistique particulier, destiné prioritairement aux masterant.e.s, aux étudiant.e.s d’année préparatoire à la thèse et aux doctorant.e.s. Cette année, cet atelier, coordonné par Antoine Roullet et Antoine Duranton, sera consacré aux archives ecclésiastiques, après des journées consacrées aux archives notariées, financières, judiciaires.

Les archives ecclésiastiques des mondes ibériques sont à la fois abondantes et de nature très diverse. Ce sont des archives privées dont l’accès n’est pas toujours aisé. Elles donnent à voir une perspective proche mais néanmoins différente des institutions royales et seigneuriales, des archives notariées, judiciaires et municipales qui sont l’ordinaire de la recherche. Leur étude dépasse ainsi largement le cadre de l’histoire religieuse, offrant des sources précieuses pour ce qui est de l’histoire sociale et de l’histoire économique des sociétés hispaniques. Impliquées dans de larges pans de la vie quotidienne, les diverses institutions de l’Église, jouaient un rôle central dans la monarchie hispanique, des tribunaux ecclésiastiques au prélèvement de la dîme. Ces archives, réunies dans de très nombreux centres, permettent en outre de varier les échelles d’analyse, du plus local au global, selon que l’on s’intéresse à une petite paroisse américaine ou aux archives de la Compagnie de Jésus à Rome. L’atelier sera essentiellement consacré aux XVIe-XVIIIe siècles, en embrassant la péninsule et l’Amérique coloniale.

Comme lors des années précédentes, il s’agit de proposer un atelier pratique, à destination des jeunes chercheur.e.s, présentant les diverses institutions et échelons ecclésiastiques, ainsi que les ressources documentaires et archivistiques qui permettent leur étude, notamment celles accessibles en ligne, sans pouvoir bien sûr être exhaustif. Les connaissances transmises lors de cette Journée seront directement utilisables pour les recherches des étudiant.e.s de master et de doctorat, puisque l’enjeu est de fournir des listes de fonds, des glossaires, des fascicules de documents types qu’ils pourront exploiter et qui seront mis en ligne, à leur disposition. Le format reprend celui des années précédentes : une journée de formation présentant des fonds d’archives et des études de cas, animés par des collègues spécialistes, en privilégiant des archives parfois techniques que les étudiant.e.s ont tendance à laisser de côté. 

Pour se connecter : https://webinaire.ehess.fr/b/rou-sdt-q3v

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A4_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Banlieues : figurations de l’espace populaire ? Les périphéries urbaines dans les représentations culturelles (XIXe–XXIe siècle)

Banlieues : figurations de l’espace populaire ? Les périphéries urbaines dans les représentations culturelles (XIXe–XXIe siècle)

Date limite de dépôt : 15 janvier 2022 - Appel à session

Argumentaire

Tout travail sur la « banlieue » se heurte à des difficultés de définition tant le terme recouvre des notions aussi bien juridiques, géographiques, sociologiques et culturelles que symboliques. Si ce mot qualifie les espaces qui se trouvent dans les alentours et sous la dépendance d’une grande ville, son découpage spatial n’est ni continu ni homogène dans le temps. Il est pourtant possible d’aborder la banlieue en étudiant les imaginaires culturels et sociaux (Castoriadis) projetés sur elle.
Au début du XIXe siècle, la littérature participe à la construction d’une, ou plutôt des identités de la banlieue comme espace dédié aux pratiques de plusieurs strates de la société. Nous voulons nous intéresser en particulier à la représentation des classes populaires en banlieue, source d’une vaste production littéraire aux XIXe et XXe siècles, puis cinématographique au XXe et XXIe siècles, qui imprègne les mentalités et s’inscrit dans le patrimoine culturel de certaines communes.
D’abord, la littérature façonne des images de banlieue verte – celle des champs, des bois et des bords de l’eau –, en s’emparant de pratiques récréatives des classes populaires parisiennes (de Kock, Maupassant, les frères Goncourt, Zola, Daudet). A la fin du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, d’autres couleurs banlieusardes apparaissent en littérature. Teinté de noir, de gris, de marron ou de rouge (Fourcaut) cet espace se met à incarner la marginalité, la précarité, la menace ou le crime (Céline, Marmouset, Queneau, Bove, Simenon). En France, la littérature policière – plus particulièrement le roman noir puis le mouvement du « néo-polar » – est la première à documenter la réalité sociale des grands ensembles de la banlieue parisienne dans le domaine de la fiction littéraire. La banlieue cristallise ainsi plusieurs facettes du « peuple » auxquelles nous voulons nous confronter.
La littérature n’étant pas isolée dans sa production d’imaginaires banlieusards, il est possible d’élargir les interventions à d’autres corpus culturels comme le cinéma, la photographie ou la chanson/le rap. Afin de peindre un vaste panorama, cette section se propose de se focaliser sur des œuvres issues de l’espace francophone depuis le XIXe siècle jusque dans l’époque contemporaine.
Pendant le colloque, pour cette session organisée par Constance Barbaresco (EHESS-CRH, Paris), Sybila Guéneau (EHESS, CRAL, Paris), Matthias Kern (Technische Universität Dresden), nous poursuivrons les principaux axes de recherche suivants :

  • L’imaginaire social de la banlieue : histoire de la construction culturelle d’images de la banlieue, par des comparaisons médiales
  • Mise en récit des pratiques populaires : analyses des relations entre les espaces péri-urbains et le populaire dans la narration et dans l’écriture
  • Criminalisation, marginalisation et menaces : sur les stratégies de la mobilisation émotionnelle (peur, sidération) de l’espace péri-urbain dans les médias.
  • Fiction et référentialité : questions des relations entre l’univers fictionnel et la réalité sociale et spatiale de la banlieue
  • Esthétique et politique : sur les conséquences politiques d’une mise en récit de la périphérie urbaine

En savoir plus, voir les bibliographies

 

Calendrier et modalités de soumission

Les résumés n’excèdent pas 500 mots (sans bibliographie). La soumission des résumés se fait à l’aide du formulaire téléchargeable sur le site web du Congrès, en langue française ou allemande, à envoyer jusqu’au 15 janvier 2022 (date limite) à l’adresse suivante : matthias.kern@tu-dresden.de
Les notifications d’acceptation seront envoyées avant le 28 février 2022.

François-Vincent Raspail (1794-1878) : un rebelle dans l’histoire

François-Vincent Raspail (1794-1878) : un rebelle dans l’histoire

Du 8 septembre au 1er octobre 2022 - Exposition

Présentation

Avant de donner son nom à une station de métro et un célèbre boulevard, François-Vincent Raspail (1794-1878) a été un homme politique rebelle. Chimiste puis médecin, il se lance dès 1832 dans la presse et l’édition scientifique. Cet autodidacte est très tôt lié à la mouvance républicaine qui agit dans la clandestinité sous la monarchie constitutionnelle (1814-1848). Mais quand la Seconde République est proclamée en 1848, il dénonce de nouvelles compromissions, ce qui lui vaut d’être emprisonné, comme il l’avait été plusieurs années sous la monarchie. Insoumis vis-à-vis des prescriptions académiques, Raspail se soucie des milieux populaires : il devient le « médecin des pauvres », les soignant gratuitement et publiant un Manuel de santé à la portée de toutes les bourses et de tous les savoirs. Exilé sous le Second Empire, il revient habiter en banlieue parisienne (Arcueil-Cachan) à la fin de sa vie, et termine sa carrière politique comme député iconoclaste de la IIIe République. Cette exposition en 10 panneaux, conçue par Thomas Le Roux et le Collectif Maison Raspail et soutenue par le CRH, retrace sa vie engagée pour la transformation sociale et son combat pour la dignité humaine ; elle est présentée dans sa dernière demeure.

Exposition à la maison Raspail de Cachan, du 8 septembre au 1er octobre 2022. 

Vernissage le jeudi 8 septembre à 19 h.

Visites libres et guidées le samedi 10 septembre et les samedi et dimanche 17 et 18 septembre (journées du patrimoine). Visite sur RDV les autres jours.
 

Lieu

Maison Raspail de Cachan

21 Rue Gallieni 

94230 Cachan

L'historien sur le métier : conversations avec Carlo Ginzburg

L'historien sur le métier : conversations avec Carlo Ginzburg

Du 9 au 15 septembre 2022 - Colloque de Cerisy

Argument

Depuis une cinquantaine d'années (la première édition de I Benedanti remonte à 1966), l'œuvre de Carlo Ginzburg ne cesse de bouleverser le métier de l'historien en lui offrant un nouveau plan d'enquête (la micro-histoire), une série de nouveaux concepts (le paradigme indiciaire entre autres), de nouveaux objets et de nouvelles inquiétudes. Ses enquêtes ont contribué à redistribuer les lignes de partage entre histoire et sciences humaines (anthropologie, philologie, psychanalyse, critique littéraire) comme elles ont affecté l'histoire de l'art et des images.

Organisé par une psychanalyste, un historien et un poète traducteur de l'historien, ouvert à celles et ceux que le sujet intéresse, ce colloque se déroulera en présence de Carlo Ginzburg. Il entend le mettre "sur le métier" : le soumettre à la question de spécialistes provenant d'horizons et de disciplines qu'il a largement contribué à rénover (histoire, histoire de l'art, philologie). Alterneront des grandes conférences qui accompagnent son œuvre depuis ses débuts, les interventions de grands interlocuteurs, mais aussi les contributions d'éditeurs et de jeunes chercheuses et chercheurs. Une large place sera faite à la collaboration avec le cinéaste Jean-Louis Comolli auteur de nombreux films avec et sur Carlo Ginzburg.

Flyer d'inscription

 

Calendrier provisoire

Vendredi 9 septembre

  • Après-midi
    Accueil des participants
  • Soirée
    Présentation du Centre, du colloque et des participants

Samedi 10 septembre
Matin
La micro-histoire, "À distance"
Table ronde, avec Fabrice Brandli, Simona Cerutti, Giovanni Levi et Jacques Revel

Après-midi
"Le juge et l'historien"
Projection du film de Jean-Louis Comolli, suivi d'un débat avec l'historien Patrick Boucheron

Soirée
Traduire Carlo Ginzburg
Discussion entre les traducteurs : Guillaume Calafat, Natalia Mazour, Giulia Puma, John Tedeschi [visioconférence], Tadao Uemura [visioconférence] et Stefano Verdicchio

Dimanche 11 septembre
Matin
Les traces du sens - Herméneutique et philologie
Irène Rosier-Catach : Après deux siècles d'oubli, les surprenantes lectures humanistes du De vulgari eloquentia
Denis Thouard : Une Philologie à rebours

Après-midi
La psychanalyse, magie ou science ?
Table ronde, avec Isabelle Aklfandary, Bruno Karsenti et Andreas Mayer

Soirée
Éditer Carlo Ginzburg
Discussion entre l'auteur et certains de ses éditeurs

Lundi 12 septembre
Matin
Carlo Ginzburg, Enseignant
Atelier doctoral : Carlo Ginzburg avec un petit groupe de doctorants

Après-midi
Carlo Ginzburg, Les images et l'histoire de l'art
Mauro Natale : Carlo Ginzburg et l'histoire de l'art (titre provisoire)

Table ronde, avec Jan Blanc, Maria Luisa Catoni, Natalia Mazour et Giulia Puma

Soirée
Dante : Présentation de séquences filmées de J.L. Comolli
Interventions d'Elisa Brilli [visioconférence], Irène Rosier-Catach et Bernardo Schiavetta [sous réserve]

Mardi 13 septembre
Matin
Comparaison, Religion et anthropologie
Sanjay Subrahmanyam : Des Pyrénées à Jakarta : entre guerres, philologie, et botanique au XVIIe siècle

Table ronde, avec Daniel Barbu, Davide Eermacora, Gaetano Lettieri et Guy G. Stroumsa

Après-midi
Détente

Mercredi 14 septembre
Matin
Carlo Ginzburg, Enseignant
Atelier post-doctoral animé par Lucio Biasori et Michele Lodone

Après-midi
Lire lentement
Table ronde, avec Franco Moretti, Tiphaine Samoyault et Julien Zanetta

Jeudi 15 septembre
Matin
Salvatore Settis : "Paleografia come scienza dello spirito" : Traube, Campana, Ginzburg

Pise, années 1960, dialogue entre Salvatore Settis et Paul Holdengraber

Après-midi
Conférence de Carlo Ginzburg

Débat conclusif général

 

Lieu

Centre culturel international de Cerisy
2, Le Château
50210 Cerisy-la-Salle

A contre-temps

A contre-temps

Du 21 au 25 septembre - Festival #Allez savoir 3!

Ce festival des sciences sociales a été initié par l’EHESS, en partenariat avec la Ville de Marseille, en 2019, sur le thème « En finir avec la nature ? », puis en 2020 sur le thème « Tout migre ? ».
Pendant 5 jours des milliers de festivaliers, dont 1000 collégiens et lycéens, ont participé aux 50 événements, ont rencontré les 160 intervenants.
L’École des hautes études en sciences sociales et la Ville de Marseille partagent la volonté de faire de cet événement l’occasion pour toutes et tous de circuler entre des lieux, des thématiques, des savoirs, où sciences, arts et patrimoine dialoguent.


Un nouveau thème : « À contre-temps »

Vitesse et ralentissement, urgences et attentes : avec la pandémie de Covid-19, la question du temps occupe une place centrale. Dans ce contexte, la prochaine édition du festival Allez Savoir invite à partager le regard que les sciences sociales portent sur le temps – à la fois homogène et multiple, invariant et différencié, tantôt rassemblant tantôt séparant les actions et expériences humaines.
Intitulée « À contre-temps », cette troisième édition interroge les temporalités, l’articulation entre événement et longue durée, les usages sociaux et politiques du temps, les outils pour le mesurer ainsi que nos expériences et perceptions différenciées du temps.
Les rythmes de l’existence ; le temps accordé à travailler, manger et dormir ; les découpes des âges de la vie ; les périodisations produites par les savoirs historiques ; les usages politiques et sociaux du passé et les idéaux d’avenir ; les outils pour mesurer et gérer le temps : tout varie d’une société à l’autre, et cela à l’échelle du globe tout entier.
Durant cinq jours, le festival des sciences sociales invite à ne pas réduire le temps à une structure donnée, invariable, homogène, mais à l’envisager comme la manifestation d’une action humaine en société, produisant des outils, des habitudes, des formes diverses de socialisation temporelle, lesquelles sont susceptibles d’engendrer des inégalités découlant des maîtrises différenciées du temps qui sont aussi bien des formes de domination.

En savoir plus


Un nouveau comité éditorial

Chaque année, la programmation est pilotée par un comité éditorial, présidé cette année par
Axelle Brodiez-Dolino et Pierre Monnet.

Composition du comité éditorial

Présidence :
Axelle Brodiez-Dolino, chargée de recherche, CNRS & Pierre Monnet, directeur d’études, EHESS
Comité éditorial :
Agnès Belbezet, coordinatrice générale du festival, service communication, EHESS
Marc Bessin, directeur de recherche, CNRS & chargé de recherche, EHESS
Frédéric Brahami, vice-président à l'EHESS
Alain Delissen, directeur d’études, EHESS (co-président du comité éditorial 2021)

 

Le CRH au festival

Mercredi 21 septembre

  • De 18h45 à 20h30

Dialogue d'inauguration : Temps précaires ?

  • Avec Alexandra Saïd (Jorunaliste),  François Hartog (EHESS) et Anne lambert (INED)
    Lieu : Centre de la Vieille Charité

Pandémie, confinements, retour de la guerre à nos portes : tout semble s’être récemment employé à réinterroger notre rapport à l’écoulement du temps – tantôt ralenti, tantôt accéléré. Venant s’enchâsser dans cette temporalité très courte, une autre plus ample, profonde, large nous imprègne tout autant : le temps de l’Anthropocène, où l’homme impose désormais ses temporalités prédatrices à la planète jusque dans le rythme de sa destruction. L’une et l’autre présentent des caractéristiques communes : un régime d’immédiateté, un accès de désynchronisation, d’accélération et de précarité ; un temps fragmenté et pressuré, où la notion de progrès, hier structurante, semble perdre de son sens, tandis que se brouille la projection dans l’avenir.
Comment penser ensemble ces phénomènes ? Comment analyser les mutations du rapport au temps dans nos sociétés ? Comment déconstruire scientifiquement pour, peut-être, mieux reconstruire les temporalités qui nous constituent ?
Le dialogue inaugural de l’édition « À contre-temps » d’Allez Savoir questionne la crise des temporalités actuelles – temps quotidiens, biographiques, temps long de l’Histoire- à partir des analyses complémentaires de l’histoire et de la sociologie. L’historien François Hartog, penseur de ce qu’il a appelé les « régimes d’historicité », se propose d’élucider les articulations du passé, du présent et du futur au fil des siècles et des civilisations, et les façons dont les humains ont cherché à maîtriser le temps. À ses côtés, la sociologue Anne Lambert, spécialiste des régimes temporels de travail, de leurs recompositions et des différenciations sociales qu’ils entraînent du point de vue des classes sociales et du genre, nous parle de leur impact sur nos vies quotidiennes et le temps à soi.

 

Jeudi 22 septembre

  • 9h à 10h30

Comment compter et désigner le temps au Moyen Âge

  • Avec Pierre Monnet (EHESS) et Jean-Claude Schmitt (EHESS)
    Atelier dans le cadre du dispositif ADAGE - programme Education Artistique & Culturelle (EAC) de l'Académie Aix-Marseille
    Lieu : Musée d'histoire de Marseille (Auditorium)

Les rythmes entraînent dans leur mouvement la vie tout entière des individus et des sociétés. A partir de l'observation d’un calendrier médiéval, la séance montre les points de convergence et de divergence entre l’approche médiéviste et les manières actuelles de penser et de vivre le temps, en explorant successivement les significations du rythme médiéval, sa signification et ses fonctions.
Jean-Claude Schmitt, directeur d'études à l'EHESS, a proposé dans un livre publié en 2016 (Les rythmes au Moyen Âge Paris, Gallimard) de nommer "rythme" les manières de concevoir et de vivre, y compris au sens le plus matériel et corporel du terme, ce que notre modernité, notre époque contemporaine, appellent aujourd'hui "temps". Il fait reposer cette proposition sur l'observation d'une société médiévale tout entière bâtie autour d'un système global de pensée, formulé et surveillé par l'Eglise, qui se fond dans le récit même de la Création du monde par Dieu en sept jours. Le rythme (plutôt donc que le temps linéaire, calculé, divisé, chronométré et paramétré que nous connaissons) permet ainsi aux historiens de cette période de mieux appréhender tout un ensemble de gestes, de pratiques, de réflexions et d'intériorisations de la succession des moments et des temps, notamment par la prière, le chant, la danse, la marche, les processions et les pèlerinages, la lecture à voix haute, la musique, la poésie, jusqu'au son des cloches qui, en ville et dans les campagnes, rythment les jours, les nuits, le travail, le repos... Ces rythmes autorisent ainsi une articulation entre la répétition et la succession (car tels se révèlent les deux fondamentaux de l'expression temporelle) bien spécifique à cette société et à cette période données. Cela ne veut pas dire que le Moyen Age n'a pas mesuré, divisé, calculé le temps, mais qu'il l'a fait dans un cadre intellectuel, émotionnel, théologique et pratique qui lui est propre.
Pour le comprendre, un calendrier médiéval sert ici de support documentaire à une approche qui, loin de nous rendre ce rythme médiéval étranger ou exotique, permet de montrer au contraire ses points de convergence et de divergence avec les manières actuelles de penser et de vivre le temps.

  • 9h à 10h30

Les temporalités de la race

  • Avec Jean-Frédéric Schaub (EHESS) et Silvia Sebastiani (EHESS)
    Atelier dans le cadre du dispositif ADAGE - programme Education Artistique & Culturelle (EAC) de l'Académie Aix-Marseille
    Lieu : Musée d'histoire de Marseille (Auditorium)

L’atelier veut éclairer grâce à la connaissance de l’histoire la façon dont se produit la racialisation de personnes et de groupes. Pour comprendre cette histoire, il est nécessaire de se donner la distance que permet la présentation d’une très longue période du Moyen Âge à nous jours.
Le contexte mondial de la pandémie a mis en évidence de profondes inégalités sociales qui traversent le monde et qui ont contribué à la cristallisation des questions raciales dans les débats scientifiques et dans la vie politique. L’enjeu est d’aborder les différentes configurations historiques qui ont contribué à la formation de catégories raciales, avec leur continuités et discontinuités.

  • 11h à 12h30

Les temporalités de la race

  • Avec Jean-Frédéric Schaub (EHESS) et Silvia Sebastiani (EHESS)
    Atelier dans le cadre du dispositif ADAGE - programme Education Artistique & Culturelle (EAC) de l'Académie Aix-Marseille
    Lieu : Musée d'histoire de Marseille (Auditorium)

L’atelier veut éclairer grâce à la connaissance de l’histoire la façon dont se produit la racialisation de personnes et de groupes. Pour comprendre cette histoire, il est nécessaire de se donner la distance que permet la présentation d’une très longue période du Moyen Âge à nous jours.
Le contexte mondial de la pandémie a mis en évidence de profondes inégalités sociales qui traversent le monde et qui ont contribué à la cristallisation des questions raciales dans les débats scientifiques et dans la vie politique. L’enjeu est d’aborder les différentes configurations historiques qui ont contribué à la formation de catégories raciales, avec leur continuités et discontinuités.

 

  • De 11h à 12h30

Quand finit le Moyen Âge ?

  • table ronde avec Étienne Anheim (EHESS), Marie Piccoli-Wentzo (EPHE-PSL) et Sylvain Piron (EHESS)
    Lieu : Musée d'histoire de Marseille (Auditorium)

Le Moyen Âge a pour particularité d’être défini négativement, comme un creux entre deux sommets, une vallée obscure séparant la fin de l’Antiquité et la Renaissance. Notre table-ronde visera à discuter des enjeux de cette périodisation. Y a-t-il de bonnes raisons de se satisfaire malgré tout d’un découpage arbitraire ? Faut-il au contraire revendiquer avec Jacques Le Goff un long Moyen Âge qui s’étendrait jusqu’à l’aube de la civilisation industrielle ? Peut-on, avec Norbert Elias, penser une dynamique de l’Occident qui courrait du tournant de l’an mil à la globalisation de l’an 2000 ? Ou doit-on affirmer, à contre-temps, que le Moyen Âge est encore actuel ?

 

  • De 15h30 à 17h

Le temps de la lecture

  • Table ronde avec Étienne Anheim (EHESS), Christine Bénéven (École nationale des chartes), Judith Lyon-Caen (EHESS), Filippo Ronconi (EHESS)
    Lieu : Bibliothèque de l’Alcazar (Salle de conférence)

    Le temps de la lecture n’est pas seulement celui du loisir, du travail intellectuel ou celui des enquêtes sociologiques contemporaines. C’est aussi le temps très long de cette pratique indissociable de son support historique, le livre. Dans un temps où, précisément, nos pratiques de lecture sont considérablement affectées par le tournant numérique, il vaut la peine de revenir sur cette histoire de plus de deux millénaires qui entremêle la construction des savoirs, le plaisir du texte et la fabrication d’un objet matériel. Nous réfléchirons ensemble avec cette rencontre aux différentes échelles de temporalité de la lecture, du temps que l’œil met à parcourir la page jusqu’au temps de la transmission des ouvrages de papyrus jusqu’à aujourd’hui, et à ce qu’impliquent ces temporalités, tant pour la sociologie historique des savoirs dans la tradition européenne que pour l’intimité de nos rapports à cette pratique familière.

Vendredi 23 septembre

  • De 9h à 10h30

 Les temporalités de la race

  • Avec jean-Frédéric Schaub (EHESS) et Silvia Sebastiani (EHESS)
    Atelier dans le cadre du dispositif ADAGE - programme Education Artistique & Culturelle (EAC) de l'Académie Aix-Marseille
    Lieu : Musée d'histoire de Marseille (Auditorium)


Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani  animeront des ateliers pour éclairer grâce à la connaissance de l’histoire la façon dont se produit la racialisation de personnes et de groupes.
L’atelier veut éclairer grâce à la connaissance de l’histoire la façon dont se produit la racialisation de personnes et de groupes. Pour comprendre cette histoire, il est nécessaire de se donner la distance que permet la présentation d’une très longue période du Moyen Âge à nous jours.
Le contexte mondial de la pandémie a mis en évidence de profondes inégalités sociales qui traversent le monde et qui ont contribué à la cristallisation des questions raciales dans les débats scientifiques et dans la vie politique. L’enjeu est d’aborder les différentes configurations historiques qui ont contribué à la formation de catégories raciales, avec leur continuités et discontinuités.

 

  • De 12h à 13h

Vivre autrement le temps : le Moyen Âge, une civilisation du rythme ?

  • Table ronde avec Pierre Monnet (EHESS) et Jean-Claude Schmitt (EHESS)
    Lieu : Musée d'histoire de Marseille (Auditorium)

Jean-Claude Schmitt, directeur d'études à l'EHESS, a proposé dans un livre publié en 2016 (Les rythmes au Moyen Âge Paris, Gallimard) de nommer "rythme" les manières de concevoir et de vivre, y compris au sens le plus matériel et corporel du terme, ce que notre modernité, notre époque contemporaine, appellent aujourd'hui "temps". Il fait reposer cette proposition sur l'observation d'une société médiévale tout entière bâtie autour d'un système global de pensée, formulé et surveillé par l'Eglise, qui se fond dans le récit même de la Création du monde par Dieu en sept jours.

Le rythme (plutôt donc que le temps linéaire, calculé, divisé, chronométré et paramétré que nous connaissons) permet ainsi aux historiens de cette période de mieux appréhender tout un ensemble de gestes, de pratiques, de réflexions et d'intériorisations de la succession des moments et des temps, notamment par la prière, le chant, la danse, la marche, les processions et les pèlerinages, la lecture à voix haute, la musique, la poésie, jusqu'au son des cloches qui, en ville et dans les campagnes, rythment les jours, les nuits, le travail, le repos...

 

  • De 14h à 15h30

Le temps des archives

  • Table ronde avec Julie Lauvernier, Olivier Poncet & Emmanuel Szurek, Modération Marine Coquet
    Lieu : Archives municipales de Marseille

Les archives, fragments laissés par le temps passé et permettant d'en rendre compte, éclairent, enrichissent et parfois orientent
la recherche. L'intervalle séparant le moment documenté de la consultation des documents s'y référant (avec les oublis, les pertes, les copies...) est souvent laissé dans l'ombre. Cette table ronde est justement consacrée à ces temps qui s'étirent entre la genèse d'un document d'archives et le moment de son exploitation en salle de lecture.

 

 

Samedi 24 septembre

  • De 11h à 12h30

Le temps des Lumières

  • Table ronde avec Caroline Callard (EHESS), Antoine Lilti (EHESS), Arnaud Orain (Université Paris 8) et Silvia Sebastiani (EHESS)
    Lieu : Musée d'Histoire de Marseille - Auditorium

Alors que la pandémie nous plonge dans un présent perpétuel, tandis que la crise climatique bouleverse nos représentations du futur, au moment où le passé sert de refuge à certains de nos concitoyens, il est urgent de revenir sur le moment où s’est construit notre rapport au temps : le siècle des Lumières. Sans cesse convoquées dans le débat public, les Lumières auraient imposé un temps linéaire tourné vers le « progrès » et non plus vers le passé. Cette table ronde souhaite présenter les recherches récentes qui remettent en question cette idée en s’intéressant au temps de l’être humain et de la nature, celui de l’économie, ou encore celui des « civilisations ».

 

  • 14h-15h30

 La gestion communiste du temps, modèle en devenir

  • Table ronde avec Alexander Bikbov, Yves Cohen & Alexandra Koulaeva Modération Isabelle Thireau
  • Lieu : Bibliothèque de l'Alcazar, salle de conférences


La lecture croisée des transformations des rapports au temps productif et oisif des différentes périodes du projet communiste en URSS (et de leur écho en France et à l’international) et de celle de l’adaptation peu ordinaire du taylorisme en URSS porte un nouveau regard sur les différences historiques entre le socialisme et le capitalisme. Une telle étude questionne également les usages politiques des techniques du corps et la genèse de la planification.

 

Programme complet du festival

Pour une histoire conceptuelle des sciences

Pour une histoire conceptuelle des sciences

23 septembre de 9h30 à 17h - Journée d'étude

Présentation

La science est une entreprise de connaissance rationnelle du monde naturel. Approcher l’histoire de la science, c’est se pencher sur le contenu d’une pensée et l’étude des raisonnements mis en œuvre, dans une contextualisation qui reste prioritairement, bien que non exclusivement, de nature intellectuelle. Si l’élaboration scientifique répond aussi à des enjeux externes, l’étude contextualisée des contenus scientifiques doit rester au cœur de l’histoire des sciences. L’histoire conceptuelle, ou histoire intellectuelle, des sciences n’a cessé de renouveler profondément notre connaissance. Elle manifeste un profond dynamisme, alors même qu’elle doit lutter pour exister face à des conceptions d’une approche survalorisant les aspects matériels, sociaux, politiques, etc., de la science, voire s’y limitant, et qui souvent la considèrent comme dépassée. Cette journée d’études, oragnise par Béatrice Delaurenti (AHLOMA) et Nicolas Weill-Parot (EPHE) entend recentrer l’attention vers les contenus et les modes de raisonnements scientifiques. Sans nier l’importance de la prise en compte de paramètres sociaux dans l’analyse historique des sciences, ce réajustement nous semble primordial. La marginalisation de l’approche conceptuelle de la science ferait courir à l’histoire des sciences un danger funeste : celui de ne plus prendre en considération ce qui la définit, à savoir le savoir scientifique lui-même.

Contacts :
Béatrice Delaurenti : beatrice.delaurenti@ehess.fr
Nicolas Weill-Parot : nicolas.weill-parot@ephe.psl.eu

 

Programme

 

Lieu

EPHE en Sorbonne
Salle Gaston Paris, escalier E, 1er étage
17, rue de la Sorbonne
75005 Paris

Transformer et s'approprier l'espace dans les empires ibériques (VIe-XVIIe siècles)

Transformer et s'approprier l'espace dans les empires ibériques (VIe-XVIIe siècles)

Mercredi 1er juin 2022 - Journée d'étude doctorale

Présentation

Du XVIe au XIXe siècles, de nombreux territoires à travers le globe sont transformés par l’impérialisme des couronnes espagnole et portugaise. L’appropriation et la transformation des territoires et des paysages jouent un rôle central dans les processus coloniaux des empires ibériques. En interrogeant la transformation et reconstruction spatiale à l’époque coloniale, cette journée d’étude doctorale entend questionner la spécificité des outils et pratiques mis en place dans les empires ibériques pour maîtriser l’espace et exploiter les ressources des différents territoires qui les composent entre le XVe et XVIIe siècle.
Cette journée d’étude, organisée par Antoine Duranton (EHESS) et Elfie Guyau (Univerité Paris-Nanterre), souhaite étudier la diversité des paysages et des espaces vécus dans les sociétés ibériques en confrontant les exemples issus des empires portugais et espagnol (territoires de la Péninsule inclus). Il s’agit également d’examiner la transformation des espaces et des processus d’appropriation des territoires sur le temps long, entre les XVe et XVIIe siècles. Ensuite, il s’agit de prendre en compte la diversité des populations dans les empires ibériques. Une attention particulière sera ainsi portée aux stratégies développées par les populations indigènes, par les populations issues de la traite ainsi qu’aux différentes diasporas et populations migrantes dans les empires ibériques. Il faudra alors interroger les rapports de domination à l’œuvre dans l’appropriation et la maîtrise de l’espace et envisager les phénomènes de ruptures, de reformulation ou de revitalisation qui permettent de comprendre la diversité et la complexité des paysages coloniaux. Il s’agit d’analyser comment la multiplicité des acteurs et leurs différentes stratégies pour habiter et s’approprier l’espace façonnent des paysages en « millefeuilles » (multilayered), envisagés comme des surfaces évolutives sur lesquelles différentes générations inscrivent leurs valeurs et leurs préoccupations sans pouvoir effacer celles des précédents occupants.

Pour s'inscrire

Contact : transformer.approprier.espace@gmail.com
 

Programme

10h30 (Heure de Paris) : Accueil des participants et introduction

11h-13h15 : Peupler et aménager les territoires

  • Yirla Marisol Acosta Franco (EHESS)
    Tierra de guerra: traslado de ciudades en zonas de fronteras del Nuevo Reino de Granada y Quito, durante los siglos XVI y XVII

  • Julia Garcia-Aranzazu (EHESS-Università degli studi di Torino-Higher School of Economics Saint-Pétersbourg)
    Gouverner la frontière septentrionale du Royaume de la Nouvelle Grenade : autorités et défis territoriaux, 1680-1740

  • Jerónimo Bermúdez-Schlenker (EHESS)
    Les troupeaux de vaches et de chevaux dans les campagnes de la Nouvelle-Espagne durant les cent premières années de colonisation ibérique

  • Alba Giménez Sánchez (Universidad de Sevilla)
    La metamorfosis del espacio “La Habana”: prácticas de defensa durante el siglo XVII

  • Discutant : Arnaud Exbalin (Université Paris-Nanterre)

13h15-15h : Pause déjeuner

15h-17h15 : Représenter et administrer les espaces

  • Anne-Louise Bernot (Université Paris-Est Créteil)
    La barra de Sanlúcar aux XVIIe et XVIIIe siècles. Concurrence juridictionnelle, lutte de pouvoir et controverses scientifiques : ménager et aménager un espace stratégique de la monarchie hispanique

  • Seyni Gueye (EHESS)
    La visita hispanoaméricaine est-elle une « relation géographique » ? La production des rapports de visitas de la tierra réalisées dans la province de Popayán, et leurs usages au sein de l’administration impériale (années 1550-1580)

  • Jesús Bohorquez (Universidade de Lisboa)
    ¿Propiedad, Posesión o título más antiguo ? Mapas, conceptos y la contienda por los derechos a la tierra en los Andes del norte en el siglo XVII

  • Discutante : Aude Argouse (Universidad de Chile)

17h30-19h45 : Transformer et christianiser les espaces sacrés dans les Amériques

  • Francisco Mamani-Fuentes (École normale supérieure-Université de Grenade-Universidad Bernardo O’Higgins)
    Charpentiers et maçons dans la construction d’églises de doctrine à l’Audiencia de Santafé au XVIIe siècle

  • Morgane Thro (Sorbonne-Université)
    Le couvent colonial, un espace d’appropriation du pouvoir religieux

  • Emmanuel Flores Sosa (chercheur indépendant)
    Puebla de los Ángeles durante la prelacía de Manuel Fernández de Santa Cruz. Reconstruyendo un régimen de Organización social

  • Simon Lefebvre (EHESS-Heidelberg Universität)
    Émotions et missions : étude sur le rapport des Mayas à l’espace dans les Papeles de Paxbólon-Maldonado (1604-1615)

  • Discutante : Aliocha Maldavsky (Université Paris-Nanterre-IFEA)

Lieu

Campus Condorcet
Centre des Colloques (Salle 3.05)
Place du Front Populaire
93300 Aubervilliers

Journée des doctorant.es du CRH

Journée des doctorant.es du CRH

Mercredi 8 juin de 9h à 17h30 - Journée doctorale

Présentation

Moment de sociabilité autant que de visibilité des recherches doctorales à l’échelle du laboratoire, l’édition 2022 de la Journée des Doctorant.e.s du CRH se tiendra le mercredi 8 juin.
Cette année encore, les questions de sources et de méthodes – entendues au sens large, y compris dans leurs dimensions pratiques et matérielles – seront privilégiées afin de favoriser l’émergence d’une réflexion conjointe sur les manières d’appréhender la pratique de l’histoire, par-delà les ancrages thématiques.
Alors que le CRH constitue trop souvent une figure abstraite au sein d’un parcours doctoral, la Journée des Doctorant.e.s a pour objectif de favoriser l’affirmation d’une dynamique collective et intergénérationnelle. Au-delà de la valorisation des travaux des doctorant.e.s, il s’agira donc de susciter des échanges transversaux, et notamment de questionner l’impact des conditions conjoncturelles (pandémie, situation politique, etc.) tant sur l’opération historiographique que sur le métier d’historien.
Chaque panel regroupera 3 contributions de 15 minutes et sera suivi d’une discussion collective présidée par un.e chercheur.e et un.e doctorant.e du CRH. En fonction de l’état d’avancement des recherches, les communications prendront la forme d’une présentation du projet de recherche et des archives, d’une discussion des résultats ou d’une réflexion d’ordre méthodologique.

Comité d’organisation :

  • Marc Olivier Baruch, directeur d’études, CRH-GEHM
  • Vincent Debiais, chargé de recherche, CRH-AHLoMA
  • Clémence Gadenne-Rosfelder, doctorante, CRH-GRHEN
  • Tomohiro Kaibara, doctorant, CRH-GEHM
  • Benedetta Rinaldi Ferri, doctorante, CRH-LaDéHis / Università di Roma Tre
  • Florence Vychytil-Baudoux, doctorante, CRH

Contact : representants.doctorants.crh@ehess.fr


Programme

9h00 : Accueil
9h15 : Introduction (Dinah Ribard)

10h00-11h15 : Questions de police
Modération : Raphaël Morera, Clémence Gadenne-Rosfelder

  • Théophile LEROY, La police criminelle de Strasbourg et la persécution des Roms et Sinti en Alsace annexée : 1940-1944

  • Carolina REZENDE, La mise en récit de la persécution politique : stratégies et trajectoires des anistiandos au Brésil (2000-2010)

  • Benedetta RINALDI FERRI, Penser la police des pauvres au XVIe siècle

11h30-12h45 : Sur scène / Hors scène
Modération : Vincent Debiais, Tomohiro Kaibara

  • Chiara GIRLANDO, Le Combat de Monteverdi à Venise sur la scène de la recherche historique

  • Arthur PERODEAU, La naissance d'une mémoire "nationale" tchèque. La Chronique de Cosmas : diffusion et remplois textuels et iconographiques du XIIe au début du XIIIe siècle

  • Gauthier PUECH, Étudier les coulisses du cérémonial ludovicien

13h00 -14h00 : Déjeuner

14h00-15h15 : Mobilités
Modération : Alessandro Stanziani, Florence Vychytil-Baudoux

  • Maxime DELBARRE, Les sources de l'immigration polonaise en France de la fin de l'Ancien Régime au Premier Empire (1795-1815)

  • Nathanaël VALDMAN, Étudier l’espace des mobilités princières dans le Saint-Empire à la fin du XVIe siècle : les « itinéraires en rouleaux » de l’électeur Auguste de Saxe

15h30-16h45 : Espaces et quartiers
Modération : Marc Olivier Baruch, Benedetta Rinaldi Ferri

  • Diego DE LA CALLE Y DIAZ, La valeur heuristique des "sources à la marge"

  • Yehua LIU, Croiser les sources pour reconstituer la vie des marchands d'autrefois et comprendre les destins des marchés parisiens

  • Elise MAZURIE, Ricochets de la mémoire. Analyse croisée de la participation de soldats colonisés à l'occupation de l'Allemagne après la Première et la Seconde Guerres mondiales

  • 16h45-17h30 : Conclusion

Lieu

EHESS
(B1S_28 et B1S_05)
54 Boulevard Raspail
75006 Paris
 

Sciences sociales en danger ? Pratiques et savoirs de l’émancipation

Sciences sociales en danger ? Pratiques et savoirs de l’émancipation

23 et 24 juin 2022 - Colloque

Présentation

Une prise intellectuelle sur les conditions des pratiques de savoir est impérative, que ce soit dans les démocraties libérales ou dans les régimes autoritaires.

Plus particulièrement, c’est la connaissance des faits sociaux qui est aujourd’hui sur la sellette. Sa relation à la politique est remise en question de différents côtés, et exige aujourd’hui d’être clarifiée.
Du côté des pouvoirs d’abord, où le rôle qu’on assigne aux sciences sociales alterne trop souvent entre celui de simples outils au service de finalités qui n’ont rien d’éclairé, ou d’obstacles encombrants dont il conviendrait de se débarrasser.

Du côté de ces savoirs et de leurs praticiens ensuite, trop facilement assurés de la fonction d’émancipation qu’ils remplissent, sans se demander en quoi, dans les conditions actuelles du débat politique et social, cette émancipation consiste réellement.

Si les sciences sociales sont essentielles à la vie politique, il est impératif aujourd’hui de s’efforcer de dire en quoi. Les accusations dont elles ne cessent de faire l’objet (« islamogauchisme », « wokisme », mais aussi, dans d’autres régimes que les nôtres, sédition ou trahison d’État), exigent que l’on reprenne le problème dans sa globalité, et que, loin de se contenter d’une attitude défensive sur ce qu’on pense être évident pour tous, on reconstruise les raisons pour lesquelles la politique moderne ne peut pas se passer des lumières des sciences sociales.

Pour répondre à cette urgence, l’EHESS organise le colloque « Sciences sociales en danger ? Pratiques et savoirs de l’émancipation ». Quatre débats répondront à cette question :

  • Engagement dans les sciences sociales : contraintes et tensions dans le monde
  • Les sciences sociales dans la cité : demandes publiques, contraintes, expertises
  • Identités : objectivation, déconstruction et adresse
  • Autorité et autonomie des sciences sociales : construire une communauté de pairs

4 débats internationaux

1. Engagement dans les sciences sociales : contraintes et tensions dans le monde

Les sciences sociales, en tant que savoirs critiques et émancipateurs, sont exposées aux tensions politiques des contextes où elles se produisent.  Ces tensions varient selon les types de régimes, les régions, les conjonctures historiques ; elles se traduisent par certaines contraintes exercées sur le débat public et les conditions de la recherche et de l’enseignement. À partir d’une cartographie des situations, cette table-ronde identifie les enjeux auxquels les sciences sociales sont confrontées aujourd’hui.

2. Les sciences sociales dans la cité : demandes publiques, contraintes, expertises

Les sciences sociales sont dans un rapport intérieur à la cité qui justifie qu’on les interroge et qui fonde un certain nombre d’attentes légitimes à leur égard, que ce soit de la part des pouvoirs publics, des différentes parties de la société civile, des médias ou de l’opinion publique au sens le plus large. Ces mêmes attentes peuvent être émancipatrices lorsqu’un échange réflexif s’engage entre ces différents acteurs. Elles peuvent aussi tourner aux injonctions, et faire naître des contraintes qui menacent le libre déploiement de cette forme de savoir. Cette table ronde réunit des chercheurs et des chercheuses dont les expériences ou les recherches propres éclairent les bénéfices, mais aussi les risques et les ambivalences associés à cette implication dans la vie citoyenne.  

3. Identités : objectivation, déconstruction et adresse

La fonction émancipatrice des sciences sociales les place dans un rapport à la fois essentiel et complexe aux identités individuelles et collectives de tout type. Par les procédures d’objectivation qu’ils mettent en œuvre, ces savoirs participent des pratiques réflexives par lesquelles les groupes se constituent et prennent conscience d’eux-mêmes, mais elles éclairent aussi les dynamiques d’individualisation qui les traversent, les conflits identitaires qui s’y accusent, les résistances et obstacles que rencontrent les identités nouvelles qui se construisent. Ce rapport analytique et critique aux identités représente aujourd’hui l’un des lieux polémiques les plus vifs, où le régime de connaissance des sciences sociales comme leur portée politique sont mis à rude épreuve.  Cette table ronde décrit la façon dont ce lieu se configure, et peut être réinvesti en honorant les critères de scientificité propres aux sciences sociales.

4. Autorité et autonomie des sciences sociales : construire une communauté de pairs

Si les connaissances produites par les sciences sociales peuvent jouir d’autorité dans l’opinion, c’est qu’elles se soumettent à des règles méthodologiques, à des modes d’administration de la preuve et de validation des énoncés qui valent pour l’ensemble de la profession. Ces critères sont définis de façon autonome, tout comme l’est l’évaluation de leur mis en œuvre par domaine de spécialité. Cette évaluation n’en est pas moins publique, sujette comme telle à la controverse et à la contestation. Dans la situation actuelle, la discussion publique a néanmoins pris des formes très radicales, allant parfois jusqu’au refus de scientificité. Mais surtout, c’est au sein même de la corporation savante que de tels conflits se sont accusés. Se pose alors la question, au sein des sciences sociales, de la construction et de l’autorégulation des communautés de pairs. C’est ce problème que cette dernière table ronde aborde : les pratiques des savoirs de l’émancipation et les règles qu’elles s’appliquent à elles-mêmes doivent être réfléchies aujourd’hui à nouveaux frais.

Les intervenants au colloque : un comité scientifique ainsi que des chercheuses et chercheurs internationaux

Plusieurs chercheurs de différents centres se sont organisés en un groupe de travail à la demande de la Présidence de l’EHESS, pour décliner et analyser les dangers qu’encourent les sciences sociales aujourd’hui. Les réflexions et les travaux menés par ces derniers permettent aujourd’hui la mise en place d’un grand colloque public et ouvert à tous.  

Le comité scientifique a décidé de réunir des chercheurs d’universités et centres de recherches variés et internationaux. Parmi les établissements réunis, se trouvent l’Université libre de Berlin (Allemagne), l’EHESS, l’Institut de Technologie de la Géorgie (Etats-Unis), l’Université Emory (Etats-Unis), l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, l’Université du Pays-Basque (Espagne), l’Université d’Athènes, l’Université Paris-Nanterre, le CNRS, l’Université de Strasbourg, l’Université libre de Bruxelles, le Hunter College (Etats-Unis), l’Université de Rutgers (Etats-Unis), l’Université de Lille.

Le comité scientifique  : Hamit Bozarlan, Cléo Carastro, Françoise Daucé, Bruno Karsenti, Anne Lafont, Jean-Frédéric Schaub, Isabelle Thireau

Avec les interventions de Cenzig Aktar (Université d’Athènes), Valentin Behr (IEA, Paris), Barbara Cassin (CNRS), Jean-louis Fabiani(EHESS- Central European University, Vienne), Éloi Ficquet (CéSor), Judith Friedlander (New School et Hunter College), Catherine Gousseff (CNRS), Olivier Jouanjan (Université Paris-Panthéon-Assas), Nikolay Koposov (Institut de Technologie de la Géorgie-Université d’Emory), Smaïn Laacher (Université de Strasbourg)
Justine Lacroix (Université libre de Bruxelles), Marie Laudier-Fouladi (CNRS/EHESS), Cyril Lemieux (EHESS),  Dominique LIinhardt (CNRS), Nadia Marzouki (CNRS), Jennifer Mittelstadt (Université Rutgers), André Orléan (EHESS-CNRS), José Maria Portillo Valdès (Université du Pays Basque), Jean-Yves Pranchère (Université libre de Bruxelles), Janika Spannagel (Freie Universität Berlin), Sylvie Steinberg (EHESS), Ewa Tartakowsky (CNRS), Cédric Terzi (Université de Lille), Jean-Philippe Uzel (Université du Québec), Sebastian Veg (EHESS Universitéde Hong Kong) et  Lionel Zevounou (Université Paris Nanterre)

 

Programme

Modalités pratiques

Lieu

Campus Condorcet - Centre de colloques
Place du Front populaire, 93300 Aubervilliers
23-24 juin 2022
 

Le Ruche de l'histoire. Le printemps de l'histoire environnementale

Le Ruche de l'histoire. Le printemps de l'histoire environnementale

1er au 17 juin - Le printemps de l'histoire environnementale

Présentation

Du 1er au 17 juin 2022, le Ruche organise La Ruche de l’histoire. Le Printemps de l’histoire environnementale. Soutenue par de nombreux partenaires, l’initiative vise à coordonner un programme d’événements dont l’ambition est de valoriser les travaux (académiques ou non) en histoire environnementale, en suivant l’optique de l’histoire publique. Ce projet doit permettre de répondre à la demande sociale d’intelligibilité des “crises” écologiques actuelles, en dépassant les regards focalisés sur l’immédiateté qui restent prédominants dans le paysage médiatique et politique. Tout en profitant de la commémoration du cinquantenaire du Sommet de Stockholm, cette initiative vise précisément à dépasser la focalisation sur l’événement pour éclairer l’histoire longue de la construction de l’environnement et des préoccupations environnementales.

 

Avec les interventions notamment de Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, Thomas Le Roux, Raphaël Morera, Cyrian Pitteloud et Alessandro Stanziani.

 

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Programme (version abrégée)

Programme (version détaillée)

Rural History 2021

Rural History 2021

Du 20 au 23 juin 2022 - 5th Biennale

Présentation

La cinquième biennale de l'Organisation européenne d'histoire rurale (EURHO), la Rural History 2021, se tiendra à Uppsala en Suède du lundi 20 juin au jeudi 23 juin 2022. Elle est organisée conjointement par l'Université suédoise des sciences agricoles (SLU) et l'Université d'Uppsala, par le biais de la Division de l'histoire agraire et du Département d'histoire économique. Plus de 450 articles y seront présentés, dans 82 panels.

Les conférences de l'EURHO sont le plus grand rassemblement mondial de chercheurs portant sur l'histoire rurale. Les conférences précédentes de Berne (2013), Gérone (2015), Louvain (2017) et Paris (2019) furent un succès eu égard à la promotion et la discussion de nouvelles recherches sur le vaste domaine de l'histoire rurale en Europe.

Comité scientifique international : Mats Morell, professor (Uppsala University), Patrick Svensson, professor (Swedish University of Agricultural Science), Gérard Béaur (CNRS/EHESS), Christine Fertig (University of Münster), Gesine Gerhard (Drake University), Anne-Lise Head-König (University of Geneva), Sarah Holland (University of Nottingham), Ernst Langthaler (Johannes Kepler Universität Linz), Peter Moser (Archives of Rural History), Aleksander Panjek (University of Primorska), Socrates Petmezas (University of Crete), Vicente Pinilla (University of Zaragoza), Erik Thoen (University of Ghent), Zsuzsanna Varga (Eötvös Loránd University of Budapest), Ann-Catrin Östman (Åbo akademi). 

Avec les interventions notamment de Gérard Béaur (ERHIMOR), Fabrice Boudjaaba (ERHIMOR) et Laurent Herment (GrHEco-ERHIMOR).

 

Programme

Contact : RH2021academic@slu.se

 

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Autour de l'ouvrage d'Alessandro Stanziani, Capital Terre. Une histoire longue du monde d'après (XIIe-XXIe siècle)

Autour de l'ouvrage d'Alessandro Stanziani, Capital Terre. Une histoire longue du monde d'après (XIIe-XXIe siècle)

Lundi 13 juin de 14h à 17h - Les Lundis du CRH

Présentation

Préface de Thomas Piketty
Un ouvrage ambitieux à la focale mondiale qui retrace une histoire du capitalisme sur le temps long afin de trouver des solutions viables pour sortir d’un système devenu obsolète. Alessandro Stanziani tente de concilier croissance économique et démographique, justice sociale et protection de l’environnement, avec une attention particulière à la production agricole et à l’alimentation, pour que l’ensemble de l’humanité puisse enfin jouir de ce « capital Terre » qui est notre bien commun.
En présence de l'auteur, la séance sera animée par Raphaël Morera, avec les discussions de Laurent Herment (CRH), Romain Huret (EHESS) et Isabelle Guérin (IRD).

Pour s'inscrire

Pour en savoir plus sur l'ouvrage

Lieu

EHESS (Salla AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Nature : troisièmes rencontres du XIXe siècle

Nature : troisièmes rencontres du XIXe siècle

9 et 10 juin - Colloque

Présentation

Après deux précédentes éditions consacrées aux thèmes « Petites et grandes rencontres du XIXe siècle » et « Populaire », Les Rencontres du XIXe siècle proposent à nouveau de réunir des jeunes dix-neuviémistes (doctorant·es et jeunes docteur·es) autour d’un colloque transversal. Organisé par un comité issu de différentes institutions universitaires, l’événement sera cette année consacré à une réflexion collective sur le thème de la « nature ».

Comité scientifique et d’organisation

  • Nicolas Cambon (université Toulouse Jean Jaurès)
  • Eléonore Chanlat-Bernard (EHESS)
  • Alexandre Frondizi (université de Neuchâtel)
  • Arnaud Malaty (université de Bourgogne)
  • Cédric Maurin (Sorbonne Université)
  • Camille Mestdagh (université de Bourgogne)
  • Eric Sergent (université Lumière Lyon 2)
  • Emma Sutcliffe (université de Bourgogne)
  • Benoit Vaillot (université de Strasbourg & centre Marc Bloch) 

Programme

Lieu

Jeudi 9 juin :

Université de Bourgogne
Maison de l'Université
6, Esplanade Erasme
21078 Dijon

Vendredi 10 juin :

Université de Bourgogne
Pôle AAFE
Esplanade Erasme
Boulevard du Docteur Petitean
21078 Dijon
 

EIT Arts et intelligences du Silence

EIT Arts et intelligences du Silence

2, 7, 14, 21, 23 et 28 juin - Cycle de conférences

Présentation

L'équipe internationale triennale « Arts et Intelligences du Silence », formée à l’EHSS à la rentrée 2021, se réunit à Paris tout au long du mois de juin. Conformément au dispositif de l’EIT, ce mois de présence sur les différents sites de l'École est destiné à accueillir les discussions et promouvoir l'échange entre les membres de l'équipe, et à diffuser les premiers résultats des travaux effectués à distance au cours de ces derniers mois. L'objectif de l'équipe « Arts et Intelligences du Silence » est de mener une réflexion interdisciplinaire sur le silence comme objet théorique, comme pratique de relations sociales, comme expérience de vie politique, comme sujet de la création artistique. Elle entend interroger d'abord la capacité des sciences sociales à identifier, qualifier et interpréter ce phénomène par essence insaisissable, et mettre en œuvre ensuite des moyens originaux pour décrire et transmettre ce qu'est le silence au-delà des limites du langage scientifique à rendre compte de certains phénomènes intangibles.

Au cours du mois de juin, l'équipe accueillera trois professeurs invités, un médiéviste, une historienne de l'art et une anthropologue - ainsi que d'autres membres de l'équipe exerçant en France et à l'étranger. Ce mois de résidence fera alterner les conférences, les séminaires et les séances de lecture, organisés par Vincent Debiais (AHLOMA) et Deborah Puccio-Den (LAP), pour fabriquer de longs moments d’échanges, informels et libres, et mener à la construction collective de méthodes et de pratiques de la recherche en sciences sociales. Les activités de l’EIT « Arts et Intelligences du Silence » s'ouvriront le 2 juin par la conférence inaugurale d'Antonio Balsamo, juge anti-mafia et expert auprès de l'ONU pour les questions juridiques ; les mardis 7, 14, 21 et  28 juin, quatre séances de séminaire accueilleront les exposés des membres de l'équipe autour de questions aussi variées que celles de la justice numérique, de l'intelligence artificielle, de la danse, de la peinture contemporaine, de l'histoire des crimes. Le jeudi 23 juin, les débats prendront la forme de lectures croisées autour de quatre ouvrages traitant directement ou indirectement du silence comme objet et comme pratique.

Les travaux de l’EIT « Arts et Intelligences du Silence » sont ouverts à toute l’École et ont été pensés comme un véritable laboratoire de recherche en sciences sociales pour discuter du sujet « silence », mais aussi pour inventer collectivement les moyens d'en parler. Toutes les informations au sujet de ces rencontres seront publiées au fur et à mesure des travaux sur Silence(s), le carnet de recherche de l'équipe.

Contacts : vincent.debiais@ehess.fr, deborah.puccio-den@ehess.fr


Programme (web)

Programme (doc)

 

Lieux

2, 21 et 28 juin

Campus Condorcet
Centre des Colloques (Salle 50)
Place Front populaire
93300 Aubervilliers

7, 14 et 23 juin

EHESS (Salle BS1_28)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

European Business History Association. Business under pressure: Historical lessons for the 2020s

European Business History Association. Business under pressure: Historical lessons for the 2020s

Du 22 au 24 juin 2022 - 25th annual congress

Présentation

Les acteurs économiques sont entrés dans les années 2020 sous la pression d'une pandémie, de la crise sociale et économique qui s'en est suivie et d'un marché mondial de plus en plus désintégré où les effets et les solutions au problème de la COVID sont inégalement répartis, ce qui entraîne des tensions géopolitiques croissantes dans le monde. Il y a également une préoccupation mondiale croissante pour inciter les gouvernements, les institutions, les organisations et les individus à poursuivre un modèle de croissance économique plus intégratif et durable, comme l'illustre l'Agenda 2030 des Nations unies et ses dix-sept objectifs de développement durable. Selon ce nouvel agenda et ce nouveau contexte, les entreprises ont transformé leurs objectifs, leurs pratiques et leur stratégie tout en faisant face aux perturbations mondiales et aux changements économiques et politiques.

Avec les interventions notamment de Patrick Fridenson et Laure Quennouëlle-Corre

 

Programme

En savoir plus

L'homo œconomicus : un héritage médiéval ?

L'homo œconomicus : un héritage médiéval ?

Mercredi 15 juin 2022 de 10h30-12h30 - Les Débats du CAK

Présentation

Pour cette séance, Sylvain Piron (AHLOMA), auteur de L’Occupation du monde (tome 1, Zones Sensibles, 2018) et Généalogie de la morale économique. L’Occupation du monde (tome 2, Zones Sensibles, 2020) est invité à discuter de ses ouvrages avec Emanuel Bertrand (ESPCI Paris-PSL, CAK) et Julie Brumberg-Chaumont (PSL, CNRS, LEM).

En savoir plus

 

Lieu

Campus Condorcet
Bâtiment de recherche Sud (Salle 0.015, RdC)
Cours des Humanités
93300 Aubervilliers

 

Informations pratiques : Les séances ont lieu en présentiel, un mercredi par mois, de 10 à 12h (sauf exception). Le programme, les horaires et le lieu sont précisés ci-dessous. Les séances sont ouvertes à toutes et tous, sans inscription, dans la limite des places disponibles. Les séances sont suivies d’un pot déjeunatoire offert aux participant.es.

Enquêter sur les migrations et les persécutions

Enquêter sur les migrations et les persécutions

Mercredi 1er juin 2022 de 10h à 15h30 - Journée d'étude

Présentation

Journée d’étude pour clore l’atelier de recherche 2021-2022 « Enquêter sur les migrations et les persécutions : histoire, quantification, ethnographie » animé par Anton Perdoncin et Claire Zalc (HHS), dans le cadre de l'ERC Lubartworld ; les étudiants ayant participé à l’atelier présentent et discutent collectivement leurs travaux.

 

Programme

Matinée – 10h-12h

  • Accueil et introduction

  • Où partent les Lubartówien·ne·s en Pologne : spatialiser des trajectoires migratoires de l’échelle microlocale à l’échelle nationale
    Martin Flori

    Discutant : Maël Le Noc (Fondation pour la mémoire de la Shoah, ISSP)

  • Les Lubartówien·ne·s déporté·es de France : des listes de convois aux bases de données
    Jules Ba, Sacha Mattei & Capucine Dulau
    Discutant : Nicolas Mariot (CNRS, CESSP)

  • « Propriétaire en fuite, ainsi que son comptable et sa secrétaire. » Des commerçant·e·s de Lubartów en France, de l’établissement à la persécution, années 1920-1945
    Yacine Chitour & Pauline Funk

    Discutant : Tal Bruttmann (ERC Lubartworld)

Après-midi – 13h30-15h30

  • Enterrer ses mort·e·s, commémorer ses disparu·e·s : une enquête autour du caveau collectif des Amis de Lubartów au cimetière de Bagneux
    Inès Baude & Louise Bur

    Discutante : Audrey Kichelewski (université de Strasbourg, ARCHE)

  • Les groupes d’originaires de Lubartów sur Facebook : enjeux d’une enquête sur internet  Marion Frelat & Valentin Letour
    Discutant : Thomas Chopard (CEFR, Inalco-CREE)

  • Qui témoigne pour les Lubartówien·ne·s : les feuilles de témoignage de l’Institut Yad Vashem comme matériau pour l’histoire de la Shoah
    Michaël Bourdon

    Discutant·e·s : Adèle Sutre (EHESS, ERC Lubartworld) & Théophile Leroy (EHESS, CRH)

  • Discussion générale

Lieu

Centre Malher
(Amphithéâtre, rez-de-jardin)
9, rue Malher
75004 Paris

 

La guerre en Ukraine et l'avenir de l'histoire

La guerre en Ukraine et l'avenir de l'histoire

Lundi 20 juin de 17h à 18h30 - Les Cafés-débats internationaux de l'EHESS

La première édition des « cafés-débats internationaux » aura lieu lundi 20 juin 2022, de 17h à 18h30, à l'EHESS (54 boulevard Raspail, Paris), où un public large sera en interaction directe avec le professeur invité :

  • Nikolay Koposov, historien russe actuellement attaché à l’Université d’Emory et à l’Institut de Technologie de la Géorgie aux États Unis. Il a enseigné à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris (1993-1995), aux universités de Johns Hopkins (2012-2013), de Helsinki (2009-2012) et de Saint-Pétersbourg (1980-1990 et 1996-2009). En 1998-2009, il a été doyen-fondateur du Collège Smolny des arts libéraux et des sciences à Saint-Pétersbourg, Russie.
    Sa recherche porte sur l’historiographie, la mémoire historique et la politique de l’histoire en Russie et en Europe. Il a notamment publié Memory Laws, Memory Wars: The Politics of the Past in Europe and Russia (Cambridge University Press, 2017) et, en français, De l’imagination historique (Editions de l’EHESS, 2009) et nombre d’articles dont « Lois mémorielles : Histoire et typologie » (Le Débat, n. 201, septembre 2018).

Le café-débat est animé par :

  • Alain Blum, historien, démographe et statisticien, directeur d'études à l'EHESS, directeur de recherche à l'Ined et membre du Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (Cercec)
  • Judith Lyon-Caen, historienne de la littérature, directrice d'études à l'EHESS, membre du Centre de recherches historiques (CRH)

Cette première édition sera ouverte par Sabina Loriga, vice-présidente de l'EHESS chargée des relations internationales.

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History and Literature: Methods, Theories, Fields

History and Literature: Methods, Theories, Fields

23 et 24 juin - Journées doctorales franco-polonaises

Présentation

Ces journées sont organisées par des doctorant.e.s (Constance Barbaresco et Artur Kula) ainsi que leurs professeur.e.s de l’EHESS (Judith Lyon-Caen, CRH- Grihl) et de l’Université de Varsovie (Błażej Brzostek, Institut d’histoire), avec le soutien de Centre de recherches historiques (EHESS/CNRS), et l'aide décisive de Morgane Labbé (CRH) et Dorota Jurkiewicz-Eckert (Centrum Europejskie), coordinatrices du programme de coopération entre l’EHESS et l’Université de Varsovie.

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Programme

Ces rencontres seront précédées par une conférence de Roger Chartier invité par Nicolas Maslowski du CCF (Centre de Civilisation Française, ex-centre Michel Foucault) : https://okf.uw.edu.pl/fr/rencontre-avec-le-prof-roger-chartier-le-22-06-2022/

 

Lieu

Instytut Kultury Polskiej UW
Room n°5
Krakowskie Przedmieście 26/28
00-927 Varsovie
Pologne

 

Del estrado a la imprenta: las alegaciones jurídicas en España y Francia en el Antiguo Régimen

Del estrado a la imprenta: las alegaciones jurídicas en España y Francia en el Antiguo Régimen

23 et 24 juin 2022 - Colloque international

El 23 y 24 de junio tendrá lugar en la Corrala de Santiago el Coloquio internacional “Del estrado a la imprenta: las alegaciones jurídicas en España y Francia en el Antiguo Régimen”, organizado por el proyecto I+D Los usos sociales de las defensas jurídicas: publicación y circulación de los porcones en el Antiguo Régimen (HAR2017-82817-P), financiado por el Ministerio de Economía, Industria y Competitividad, con la colaboración de las siguientes instituciones: Centre de Recherches Historiques (EHESS), Departamento de Historia Moderna y de América de la Universidad de Granada y Centro de Estudios Históricos de Granada y su Reino.

Avec les interventions notamment de Mathieu Marraud et Jean-Paul Zuñiga.

 

Programme

 

Lieu

Corrala de Santiago, C/Santiago, 5, Granada 

Scott G. Bruce (Fordham University)   Origen Issues: The Reception of a Renegade Greek Theologian in Early Medieval Europe

Scott G. Bruce (Fordham University) Origen Issues: The Reception of a Renegade Greek Theologian in Early Medieval Europe

Mercredi 22 juin de 14h à 15h30 - Conférence

Présentation

Origen of Alexandria (c. 185-c. 253 CE) earned notoriety during his lifetime and thereafter as a speculative theologian whose ideas about the divine nature of the human soul and the universal salvation of all rational creatures, including the Devil, led to his vilification during the First Origenist Controversy (c. 380-410 CE) and his condemnation as a heretic at the Fifth Ecumenical Council (553). These debates, which centered on Origen’s treatise On the First Principles and took place primarily in the eastern Mediterranean, have long overshadowed the widespread popularity of his writings in Latin translation in early medieval Europe.  This paper examines the reception history of the “Latin Origen” from the fifth to the tenth centuries.  Contrary to the view from the east, Origen was the most widely copied Greek patristic author in Latin translation before the year 1000.  This study highlights the Latin portraits of Origen as a scholar and a martyr that predisposed western audiences to appreciate his biblical scholarship. It then surveys the industry of the late antique translators who rendered his work into Latin and presents the manuscript evidence for the survival of his writings in Merovingian, Carolingian, and Anglo-Saxon libraries.  While suspicion always clung to Origen’s name, this did not prevent early medieval authors of biblical commentaries from mining his exegetical writings for raw material to fuel their devotional and pastoral projects.  Long before the modern rehabilitation of Origen by French Catholics of the nouvelle théologie movement, early medieval scholars claimed this renegade Greek theologian as their own, despite the issues raised by his most questionable speculations.

Origène d'Alexandrie (vers 185-253) s'est fait connaître de son vivant et par la suite comme un théologien spéculatif dont les idées sur la nature divine de l'âme humaine et le salut universel de toutes les créatures rationnelles, y compris le diable, ont conduit à sa diffamation lors de la première controverse origéniste (vers 380-410), et à sa condamnation comme hérétique lors du cinquième concile œcuménique (553).  Ces débats, qui portaient sur le traité d'Origène Sur les premiers principes, et qut se sont déroulés principalement en Méditerranée orientale, ont longtemps éclipsé la grande popularité de ses écrits en traduction latine dans l'Europe du haut Moyen Âge. Cette conférence examine l'histoire de la réception de l'Origène latin du ve au xe siècle. Contrairement aux perspectives orientales, Origène est l'auteur patristique grec le plus copié en traduction latine avant l'an 1000. Cette étude met en lumière les portraits latins d'Origène en tant qu'érudit et martyr qui ont prédisposé le public occidental à apprécier son érudition biblique. Elle passe ensuite en revue le travail des traducteurs de l'Antiquité tardive qui ont rendu son œuvre en latin et présente les preuves manuscrites de la survie de ses écrits dans les bibliothèques mérovingiennes, carolingiennes et anglo-saxonnes. Si la suspicion s'est toujours attachée au nom d'Origène, cela n'a pas empêché les auteurs de commentaires bibliques du haut Moyen Âge de puiser dans ses écrits exégétiques la matière première pour alimenter leurs projets dévotionnels et pastoraux. Bien avant la réhabilitation moderne d'Origène par les catholiques français du mouvement de la nouvelle théologie, les premiers érudits médiévaux se sont réclamés de ce théologien grec renégat, malgré les problèmes soulevés par ses spéculations les plus douteuses.

 

Contact : Vincent.debiais@ehess.fr

 

 

Lieu

Campus Condorcet
Centre des colloques
Place du Front Populaire
93300 Aubervilliers

Nuto Revelli. Programme d'une découverte

Nuto Revelli. Programme d'une découverte

Du 1 juin au 1 juillet 2022 - Projection, exposition, présentation de livres, journée d'études

L’archive sonore Nuto Revelli comprend environs 1.115 heures d’interviews, ainsi qu’une archive photographique, une archive musicale et 55 mètres linéaires des documents sur papier, en grande partie produits par Nuto Revelli lui-même (déclarés d’intérêt public par les Monuments historiques).
Cet immense travail, outre à avoir produit plusieurs ouvrages qui ont influencé la vision à la fois de la Résistance italienne et des années de l’après-guerre, ainsi que de leur substrat social et individuel, a permis l’ouverture d’un chantier de «mémoire active», dont la Fondazione Nuto Revelli veut être le référent.

Avec la participation notamment de Gérard Béaur (Erhimor).

En savoir plus.

Travail et société en France, XVIIIe -XIXe Siècle

Travail et société en France, XVIIIe -XIXe Siècle

École d'été - du 27 juin au 1er juillet 2022

École d’été organisée par Pascal Bastien (UQAM), Vincent Milliot (Paris 8) et Philippe Minard (Paris 8, GRHECO), avec le soutien de l’IDHE.S (Institutions et Dynamiques historiques de l’économie et de la société, UMR 8533-CNRS-Université Paris 8) et du GRHS (Groupe de recherche en histoire des sociabilités, UQAM).

 

Présentation

Au cours du XVIIIe siècle, les représentations de la notion de travail ont été bouleversées. Le travail a pris peu à peu un sens nouveau, lié au débat sur la croissance, qu’illustre notamment la célèbre controverse « rich country/poor country » qui opposa David Hume à Josiah Tucker : celui-ci finit par convaincre celui-là que des salaires plus élevés ne pénalisaient pas le pays riche face à ses concurrents pauvres, mais au contraire favorisaient au bout du compte la croissance de son économie. Toute réflexion sur les règles qui régissent la relation de travail au XVIIIe siècle doit tenir compte de ce contexte de réévaluation sociale du travail comme source de richesse.

Dans les magnifiques espaces de la Maison Suger à Paris, dans le quartier des libraires et des éditeurs, cette école doctorale explorera les différentes facettes de l’histoire du travail aux XVIIIe et XIXe siècles, interrogeant entre autres sujets l’artisanat, les corporatismes et la liberté de travailler, l’agriculture et la proto-industrie, l’esclavagisme et les diverses formes de travail forcé, le droit et le salaire et, bien sûr, les grèves et les autres formes de contestation.

 

Programme

Avec la participation notamment de Gérard Béaur (GRHECO).

 

Lieu

Maison Suger | 16-18 rue Suger, Paris 6

Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours

Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours

Du 3 au 7 octobre 2022 - Séminaire de formation doctorale

Présentation

L’École française d’Athènes, en collaboration avec l’EHESS (ANHIMA, CETOBaC, CRH) et l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS, École normale supérieure, Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne) organise un séminaire de formation doctorale sur le thème des Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours du 3 au 7 octobre 2022 à Athènes.

 

Programme

 

Lieu

École Française d'Athènes
Didotou, 6
106 80 Athènes
Grèce

Gouverner les fleuves ? Eaux, savoirs et pouvoirs dans l’Europe moderne

Gouverner les fleuves ? Eaux, savoirs et pouvoirs dans l’Europe moderne

Vendredi 7 octobre 2022 de 10h à 17h - Journée d'études

Présentation

Organisation : Elisa Andretta (CNRS-LARHRA) et Raphaël Morera (CNRS-CRH).

Les fleuves européens sont des objets d’histoire désormais anciens et légitimes. Leur importance économique et politique, voire stratégique et culturelle pour les sociétés du passé, est mise en valeur de longue date. Dans l’historiographie française, chaque fleuve bénéficie ainsi d’un regard spécifique. Le Rhin de Lucien Febvre (1935) constitue un jalon important dans sa capacité à confronter regards historique et géographique. Joël Le Gall, dans Le Tibre, fleuve de Rome(1952)s’attache quant à lui à mettre en perspective le rôle du Tibre dans l’essor de l’Urbs. L’évolution de l’historiographie des fleuves s’est par la suite modelée sur la différenciation progressive entre les deux approches jadis complémentaires de l’histoire et de la géographie. L’histoire des levées de la Loire de Roger Dion, parue en 1961, jette les fondements de la géo-histoire en s’attachant à comprendre les grandes étapes de construction du fleuve et de transformation du fleuve. De leur côté, les historiens ne se sont de nouveau emparés du sujet que dans les années 1990, certes par le prisme spatial, mais surtout par à la lumière des enjeux économiques et culturels. Les ouvrages d’Isabelle Backouche sur la Seine (2000) et de Jacques Rossiaud sur le Rhône (2007), incomparables dans leurs formes et leurs contenus, sont les marqueurs les plus frappants de cette évolution.

Mais ces grands fleuves n’ont pas été passés au crible de l’histoire environnementale qui considère davantage les cours d’eau en tant que tels et moins comme des supports de l’activité humaine. Pour Donald Worster (1985), fleuves et rivières sont bien plus analysés comme des victimes subissant le développement des activités économiques humaines. Les besoins de l’industrie et de l’agriculture dégradent en effet fortement le fonctionnement des hydro-systèmes. De manière comparable à political ecology, l’histoire environnementale s’attache bien à saisir comment les sociétés ont modelé les hydrosystèmes et ce faisant, ont créé du risque. En ce sens, l’histoire des fleuves ne peut plus être une histoire de conquête et de domestication au service de la production, mais doit prendre en considération aussi le point de vue des cours d’eau eux-mêmes, à l’image des approches de Chloé Deligne (2016) ou de Milja van Tielhof (2021).

L’ambition de cette journée d’étude consistera à confronter les acquis d’une histoire héritée aux enjeux posés non seulement par les défis environnementaux contemporains (Ingold 2012) mais aussi par des analyses historicisées du rapport à l’espace et à la nature à l’époque moderne (Besse (2003), Van Damme (2020)). Entre les XVIe et XVIIIe siècles, les fleuves prennent une importance politique nouvelle en ce qu’ils deviennent plus clairement non seulement des axes au sein de territoires économiques mais aussi des territoires de souveraineté. Ils deviennent des enjeux pour les États qui n’ont pas les moyens de les gouverner et ne les connaissent pas vraiment. Ils deviennent des enjeux pour les États qui saisissent de plus en plus leur importance économique, politique, symbolique, même s’ils n’ont pas toujours les moyens de les gouverner et de les contrôler. Il s’agira ainsi de comprendre comment les États s’approprient ces éléments naturels pour les intégrer dans leur domaine de compétences. Pour ce faire, nous nous interrogerons sur deux processus complémentaires qui ont un rôle décisif dans la transformation des fleuves en objets politiques  : la constitution de savoirs et techniques spécifiques liés aux fleuves et celle des fleuves en tant qu’objets de connaissance. Ces questionnements seront conduits par le croisement d’approches politiques, administratives, scientifiques et en accordant une attention particulière aux sources qui permettent d’écrire une histoire des cours d’eau, de leur gouvernement et de leur place dans l'ordre du monde à l’époque moderne. L’échelle européenne permettra d’apprécier la circulation des savoirs mais aussi des modèles de gouvernance.

 

Lieu

MSH Lyon St-Etienne
Salle André Bollier (rdc)
14, avenue. Berthelot
69007 Lyon

Le CRH à Blois

Le CRH à Blois

Du 5 au 9 octobre 2022 - Les Rendez-Vous de Blois

Présentation

Le festival vise à transmettre au plus grand nombre une connaissance historique dépoussiérée par la présentation de recherches réc Chaque édition est singulière et décline un thème préalablement défini par un conseil scientifique. Cette année, les Rendez-vous de l’histoire mettent en lumière le thème « La mer ». Autour de cet axe majeur, de nombreuses conférences et rencontres s’articuleront afin d’échanger entre intellectuels de tous horizons : historiens bien sûr, mais aussi philosophes, journalistes, politiques, écrivains, cinéastes, économistes... D’autres questions seront aussi abordées pour rendre compte de l’actualité historiographique dans toute sa diversité.

 

Programme des membres du CRH

Jeudi 6 Octobre


14H-14H45

DE LA MÉDITERRANÉE À L’ATLANTIQUE : TECHNIQUES DE TRANSPORT ET D’INTRODUCTION DE PLANTES EUROPÉENNES VERS L’AMÉRIQUE ESPAGNOLE AU XVIe SIÈCLE

  • Communication – Lab du jeune chercheur intervenant Antoine DURANTON, doctorant en histoire moderne à l’EHESS (CRH-GEI)
  • Lieu : Salle 70, INSPÉ

Samedi 8 octobre


11H30-13H

MICROCOSMES DE NAVIRES. LES ÉQUIPAGES AU TRAVAIL, ENTRE HIÉRARCHIES ET CONFLITS (MOYEN ÂGE-XXe SIÈCLE)

  • Table ronde, carte blanche à l’Association de l’histoire des mondes du travail Modération Corine MAITTE, professeure d’histoire moderne à l’université Gustave Eiffel intervenants Gilbert BUTI, professeur émérite d’histoire moderne à l’université Aix-Marseille, Laure-Hélène GOUFFRAN, post-doctorante à Aix-Marseille Université, Solène RIVOAL, maîtresse de conférences en Histoire moderne à l’université d’Albi, Alessandro STANZIANI, directeur d’études à l’EHESS
  • Lieu : Grand amphi, École du paysage, INSA


16H-17H30

L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE : UTOPIE OU RÉALITÉ ?

  • Table ronde Modération Nabil WAKIM, journaliste au Monde, Intervenants Jean-Baptiste FRESSOZ, historien, CNRS, Thomas VEYRENC, directeur exécutif, pôle Stratégie, prospective et évaluation, RTE, Zélie VICTOR, responsable transition énergétique, Réseau Action Climat
  • Lieu : Salle de spectacle, Maison de la magie

18H-19H30

RACE, SANG ET COULEUR À L’ÉPOQUE MODERNE

  • Table ronde, carte blanche à la Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Modération Elie HADDAD, chargé de recherche au CNRS Intervenants Charlotte DE CASTELNAU L’ESTOILE, professeure d’histoire moderne à Sorbonne Université, Claude-Olivier DORON, maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l’université Paris-Diderot, Valérie PIETRI, maîtresse de conférences en histoire moderne à l’université Côte d’Azur, Jean-Paul ZÚÑIGA, directeur d’études à l’EHESS
  • Lieu : petit Amphi, Bâtiment principal, INSA


14H-15H30
 

ES VIES D’HISTOIRE ET D’ÉDITION : PIERRE NORA, MONA OZOUF ET MICHEL WINOCK

  • Table ronde modération Emmanuel LAURENTIN, journaliste et producteur à France Culture intervenants Pierre NORA, historien, éditeur et membre de l’Académie française, Mona OZOUF, directrice de recherche émérite à l’EHESS, Michel WINOCK, fondateur et éditeur de la revue L’Histoire
  • Lieu : Lieu : Salle de spectacle, Maison de la magie


18H30-20H

LE ROI-SOLEIL ET LA MER

  • Table ronde, carte blanche proposée par les éditions de l’EHESS, Modération Étienne ANHEIM, directeur d’études à l’EHESS, Intervenants Guillaume CALAFAT, maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Meredith MARTIN, professeure associée à l’université de New York, Gillian WEISS, professeure à la Case Western Reserve University, Cleveland
  • Lieu : Salle des États généraux - Château royal de Blois

Dimanche 9 octobre

11H45-12H45

CABU, LA RAFLE DU VEL D’HIV

  • Entretien, carte blanche proposée par les éditions Tallandier intervenants Véronique CABUT, porteuse du projet « Cabu, dessins de la rafle du Vel d’Hiv », Laurent JOLY, directeur de recherche au CNRS
  • Lieu : Salle capitulaire - Conseil départemental

 

Programme complet

Noblesse, féodalité, rapport à la terre : un questionnaire comparatif (XIVe-XIXe siècles)

Noblesse, féodalité, rapport à la terre : un questionnaire comparatif (XIVe-XIXe siècles)

6 et 7 octobre 2022 - Colloque international

Présentation

Ces deux journées, organisées par Elie Haddad (RHISOP-LaDéHiS-GRIHL), Valérie Piétri (Université Nice-Côte d'Azur, URMIS) et Antoine Roullet (GEI), proposeront un état comparatif de l’historiographie et des questionnements autour de la transformation du rapport à la terre dans la noblesse dans plusieurs pays européens (Angleterre, Espagne, France, Italie, Saint-Empire) de la fin du Moyen Âge au XIXe siècle.
Ce type d’interrogation renvoie à des débats et à un héritage théorique depuis longtemps délaissés, autour du passage du « féodalisme » au « capitalisme », de la « reféodalisation » de l’époque moderne et de la genèse de la révolution industrielle et des sociétés dites « démocratiques » et « modernes ». Dans ces récits à la téléologie difficilement contournable, l’époque moderne fait figure de transition et la féodalité est synonyme d’archaïsme, à rebours de certaines évidences, comme, pour le cas castillan, l’extension du domaine seigneurial laïc tout au long de l’époque moderne face au domaine royal ou face aux seigneuries ecclésiastiques. En la matière, l’historiographie est marquée par des problématiques inévitables mais critiquables autour des raisons du succès ou de l’échec des différents pays sur le chemin de la « modernité », et des retards jugés croissants de l’Europe du Sud en la matière, notamment par rapport au cas anglais érigé en modèle. Ces grands récits donnaient leur forme à l’histoire de la propriété foncière et, par ce biais, à l’histoire de la noblesse dont les mentalités et la volonté de contrôler la terre et les hommes ont été considérées comme des freins à l’épanouissement de la modernité.
Toutes ces analyses ont été largement discutées et contestées, et ce depuis longtemps mais elles n’en continuent pas moins d’organiser l’historiographie, de manière plus souterraine, puisque le débat, malgré les nombreuses déclinaisons qu’il a connues, est surtout mort de la marginalisation de l’histoire économique et sociale au profit de l’histoire culturelle et du retour d’une histoire politique plus traditionnelle. En revanche, les apports récents de l’histoire des noblesses européennes permettent de reconsidérer la question de l’organisation seigneuriale dans les différents pays, voire les différentes régions, ainsi que le problème des évolutions du rapport à la terre dans ces noblesses et des conséquences économiques, sociales et politiques que cela a pu avoir dans les dynamiques historiques particulières des territoires européens. De même, les travaux des dernières années sur l’histoire de la propriété, prenant en compte les conceptions différentes du droit, partant pour certaines des nouveaux terrains de l’histoire environnementale, ont permis des avancées quant aux transformations des conceptions et des pratiques d’appropriation de la terre. L’enjeu est donc aujourd’hui de ressaisir l’héritage des travaux anciens pour remettre à jour son questionnaire à l’aune des développements récents, en articulant si possible deux dimensions :

  • Un état des lieux historiographiques sur le rapport nobiliaire à la terre et sur la féodalité, à partir de plusieurs contextes qui remette en perspective le rôle que les travaux des années 1960 à 1990 jouent encore aujourd’hui dans l’historiographe des principaux pays européens.

  • Un état des lieux et une synthèse de la domination seigneuriale sur la terre dans des mêmes espaces.

L'objectif est d'aboutir à une discussion permettant d'élaborer un questionnaire commun pour des recherches et des collaborations ultérieures. Ce colloque se veut en effet le prélude à une recherche comparée collaborative de plus grande ampleur sur les changements de la féodalité, du régime seigneurial et du rapport à la terre de la noblesse, cette dernière étant comprise non comme une réalité homogène et posée a priori, mais comme un rapport social changeant dans l’espace et dans le temps. Cette recherche devrait aboutir à historiciser et spatialiser pleinement le phénomène seigneurial et ce qu’on appelle couramment féodalité, dont les définitions restent, jusqu’à ce jour, marquées par un flou préjudiciable à la saisie des réalités sociales passées, et donc de leurs transformations.


Programme

Lieu

EHESS
Salle AS1_08
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Pour une histoire intellectuelle des économies politiques connectées

Pour une histoire intellectuelle des économies politiques connectées

Mardi 11 octobre 2022 de 9h30 à 17h - Journée d'étude

Présentation

L’ambition de cette journée d’études, organisée par Alessandro Stanziani (ESOPP-GRHEN), est de commencer à réfléchir sur une histoire connectée des pensées économiques. Nos discussions ne visent ni à repérer l’émergence de la « véritable » économie ni, au contraire, à évoquer des « modernités multiples » et l’existence d’une pensée « alternative » indienne, chinoise ou islamique. Dans cette perspective, nous essayons plutôt de décloisonner l’homogénéité présumée d’une pensée économique « européenne » « indienne » ou « chinoise », en montrant leurs connexions et approches multiples. Nous discuterons la manière dont les universalités et/ou multiplicités des mondes économiques ont été conçues, reçues, puis mises en pratique dans des contextes pluriels et avec quels résultats en termes de constructions savantes et de politiques économiques. Dans cette perspective, l’interaction entre histoire, philosophie, anthropologie et sociologie est tout aussi indispensable : l’épistémologie historiquement située de ces disciplines, souvent loin d’être séparées,  mérite d’être discutée suivant des dimensions elles aussi situées.

Cette journée constitue aussi une occasion pour penser au rôle de l’histoire des savoirs économiques au sein de l’EHESS : presque un an après la disparition de Jean-Claude Perrot, maître inégalé de plusieurs parmi nous, son approche constitue encore une référence incontournable qui mérite d’être discutées dans des contextes historiographiques pluriels. L’arrivée parmi nous de Naveen Kanalu, spécialiste des savoirs et des pratiques économiques et juridiques dans l’Empire moghol et dans les deux autres grands empires islamiques (Ottoman et Safavid) nous invite à reprendre ces débats dans une perspective d’histoire globale et connectée.

 

Programme

Matinée. 9 :30-13 :00

  • Sylvain Piron (CRH), La formation du concept de valeur dans l'Occident médiéval

  • Naveen Kanalu Ramamurthy (CRH), La distinction entre la valeur et le prix : Le droit hanéfite dans la pensée monétaire moghole

  • Valeria Siniscalchi (CNE),  Valeur et valeurs. Des expérimentations économiques aux mobilisations

  • Jean-Yves Grenier (sous réserve)(CRH),  La notion de valeur sous l’Ancien Régime

Après-midi 14.00-17.00

  • Pablo Blitstein (CRH), Trusts, despotisme et les langages politiques de l'économie dans le Pacifique (fin 19e - début du 20e siècles)

  • Romain Huret (CENA),« Évaluer une entreprise, c'est comme évaluer un cheval. » Valeurs, capitalisme et inégalités aux Étas-Unis dans les années 1930

  • Alessandro Stanziani (CRH), Valeur et économie morale dans la pensée russe, 1870-1914

  • Discussion finale animée par Éric Brian (CMH), Éric Monnet (PSE)

Lieu

EHESS
Salle AS1_08
54, boulevard Raspail
75006 Paris

La guerre en Ukraine. Regards depuis la frontière européenne

La guerre en Ukraine. Regards depuis la frontière européenne

Du 17 au 20 octobre - Journées d'études

Présentation

Les journées d’études de l’EHESS sur « La guerre en Ukraine. Regards depuis la frontière européenne » ont lieu du 17 au 20 octobre 2022, à l'Amphithéâtre de l’Institut Protestant de Théologie, à Paris.

Le 24 février 2022 a marqué la fin d’une longue période de « paix » dans toute l’Europe. L’impact de la guerre n’a cependant pas été le même partout. Par leur proximité géographique et leur liens historiques avec la Russie et l’Ukraine, les pays de la Mittel ou de la Zwischen Europa, où le passé pèse si lourdement, se sont immédiatement trouvés placés en première ligne. Des millions de réfugiés ont été accueillis. Les sièges de Kharkiv, Kherson et Marioupol, ainsi que le massacre de Boutcha, résonnent avec un passé douloureux plus ou moins récent, fait d’invasions, de déplacements forcés de populations, d’urbicides, de meurtres de masse. C’est ici que les frontières de l’Europe sont en jeu.

Événement organisé par l'EHESS, en partenariat avec l'Université de Bucarest, l'Université de Varsovie, l'Umifre – Céfrès à Prague et l'Université Eötvös Loránd de Budapest
Événement accueilli au sein de l'Institut Protestant de Théologie, sur proposition du Fonds Ricœur.

Comité scientifique : :

Pour s'inscrire

 

Programme

 

Leu

Amphithéâtre de l’Institut Protestant de Théologie
83, boulevard Arago
75014 Paris

 

 


Histoire & Mesure : Enjeux épistémologiques et perspectives analytiques dans une perspective transpériode

Histoire & Mesure : Enjeux épistémologiques et perspectives analytiques dans une perspective transpériode

Mercredi 23 février de 9h30 à 17h30 - Journée d'études

Présentation

Cette journée d’études, organisée par Alessandro Stanziani (ESOPP-GRHEN), est consacrée aux relations entre la mesure et l’histoire. L’histoire de la mesure et des statistiques propose une réflexion sur le contenu et la pertinence des données, sur les conditions de leur élaboration, sur leur inscription dans des catégories qui ont elles-mêmes une histoire. La mesure de l’histoire propose la présentation d’outils de traitement statistique de l’information et d’usages du chiffre pour mesurer des phénomènes historiques de tous ordres (du climat à l’histoire culturelle en passant par l’histoire sociale, économique, politique…).

Depuis 1986, Histoire & Mesure place l’histoire et la mesure au centre de ses problématiques, sans opposer regards critiques sur la mesure et usage de méthodes statistiques ou séparer méthodologie et histoire. C’est par une réflexion conjointe sur les sources et les méthodes, leurs apports et leurs limites, ainsi que sur l’histoire de nos outils statistiques que la revue se propose de contribuer à l’avancée des recherches historiques.

Cependant, depuis sa fondation, les réflexions historiographiques et épistémologiques sur la mesure ont évolué. Tout d’abord, le cultural turn a avancé des critiques radicales vis-à-vis des méthodes d’objectivisation du monde, aussi bien qualitatives (le positivisme archivistique) que quantitatives. Des tentatives de synthèse ont été avancées. Certaines ont essayé de concilier histoire sociale et histoire intellectuelle, d’autres ont encouragé le dépassement de la posture déconstructiviste en cherchant à aboutir à une reconstitution des morphologies historiques sans tomber pour autant dans le positivisme.

Ces orientations se sont ultérieurement compliquées avec la diffusion d’études sur la mesure portant sur les ainsi dites aires culturelles. L’histoire de la mesure et la mesure de l’histoire en Chine, en Inde, en Afrique, dans le monde ottoman-musulman, en Amérique latine ou en Russie ont soulevé le problème de savoir si les « spécificités » de chaque aire pouvaient se concilier avec une circulation des savoirs et une posture méthodologique « universaliste » ou bien si la mesure aussi, comme celle plus générale des savoirs, exprimerait plutôt des « modernités multiples ».

Cette journée se propose de faire le point sur les tensions épistémologiques entre histoire et mesure en prenant en considération ces orientations récentes, mais sans oublier pour autant les réflexions menées depuis plusieurs décennies dans ce domaine.

 

Programme

MATINÉE (9 h 30-12 h 30)

  • Morgane Labbé (EHESS), « De la commensurabilité : retour sur deux propositions »
  • Andrea Bréard (Friedrich-Alexander Universität Erlangen-Nürnberg), « Histoire et mesure en Chine »
  • Joel Felix (Université de Reading), « Évolutions chronologiques et de la comparaison entre espaces géographiques et expériences historiques »
  • Éric Geerkens (Université de Liège), « Contribution de la quantification à l’administration de la preuve en histoire : illustrations tirées d’Histoire & Mesure »

APRÈS-MIDI (14 h-17 h 30)

  • Jean-Philippe Genet (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Stéphane Lamassé (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Incertitude et ensembles sécants. Les chanoines magistri et l’université médiévale »
  • Frédéric Vesentini (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique), « Des usages de la statistique publique »
  • Olivier Martin (Université de Paris), « “On ne connait bien que ce qu’on mesure” : réflexions et observations sur la place de la rhétorique savante dans l’histoire de la quantification »
  • Alessandro Stanziani (CNRS et EHESS), « Sources et données : des tensions bien fondées ? Une histoire transnationale »

DISCUSSION FINALE

  • « Mesure de l’histoire, histoire de la mesure dans une perspective transpériode et transnationale »

Contact : histoiremesure@services.cnrs.fr
Site de la revue
 : https://journals.openedition.org/histoiremesure

 

Lieu

EHESS (Salle BS1_28, sous-sol)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Images, sport et politique de l’Antiquité à nos jours

Images, sport et politique de l’Antiquité à nos jours

Date limite de dépôt : 1er février 2022 - Appel à contribution

Images Re-vues, n°21
Numéro dirigé par Sébastien Laffage-Cosnier, Jean-Marc Huitorel et Nicolas Sarzeaud

 

Dans le cadre de ce numéro, nous nous référons à une définition élargie de la notion de sport, que certain·es auteur·rices emploient ou non le terme dans leurs travaux. L’historiographie a en effet discuté du bon usage du terme « sport », entre une définition restreinte au seul « sport moderne » (Guttmann, 1978) et une définition plus élargie (Eichberg, 1998), intégrant un éventail de pratiques à la fois physiques, compétitives et ludiques sans limitation géographique et historique. Dans la lignée des travaux fondateurs de Johan Huizinga ou de Norbert Elias interrogeant ces pratiques ludiques et sportives dans la longue durée (Huizinga, 1988 ; Elias & Dunning, 1994) et des tentatives de définition et de catégorisation mises en place par différents auteurs (Bouet, 1968 ; Caillois, 1958 ; Jeu, 1977 ; Ulmann, 1965), nous souhaitons interroger des représentations de ces pratiques provenant de toutes les époques et de toutes les aires géographiques (Renson, 1998 ; Behringer, 2012). Qu’il s’agisse des concours panhelléniques antiques, à Olympie et ailleurs, ou des jeux physiques pratiqués aux époques médiévales et modernes dans un contexte féodal, civique ou villageois, nombre de ces pratiques donnent lieu à une spectacularisation des corps et à des représentations dont la dimension politique est évidente (Bancel & Gayman, 2002 ; Terret, 2020).

En savoir plus

Resistencias campesinas en los espacios rurales de Europa y América durante la edad moderna

Resistencias campesinas en los espacios rurales de Europa y América durante la edad moderna

17 et 18 février 2022 - Séminaire international

Présentation

Ce séminaire international, coordonné par Rubén Castro (Université de Cantabrie) et Pablo F. Luna (Sorbonne Université/ERHIMOR), propose l’analyse historique et la comparaison Europe-Amérique des actions de résistance dans le monde rural durant la période moderne. La notion de résistance est prise dans son sens de confrontation (active ou passive, violente ou pacifique, régulière ou soudaine), face à l’administration et la seigneurie, devant la fiscalité, vis-à-vis de l’autorité ecclésiastique, pour la défense des droits et des coutumes, etc. Les communications examineront la participation collective des protagonistes et les réactions provoquées.

En savoir plus : https://castillaemetrum.unican.es (en cours d'élaboration)

Inscripciones: Enviar un correo a ruben.castro@unican.es

 

Programme

 

Lieu

Universidad de Cantabria
Facultad de Ciencias Económicas
Sala Gómez Laa
Av. de los Castros, 62A,
39006 Santander, Cantabria
Espagne

 

Informations pratiques

Certificación de asistencia: Esta actividad lectiva PRESENCIAL está
reconocida para el alumnado del programa de Doctorado en Historia Moderna de
la Universidad de Cantabria con 12 horas lectivas, así como para el del Máster
en Historia moderna: Monarquía de España, siglos XVI-XVIII, previa inscripción
antes del 13 de febrero de 2022. Para obtener el certificado será preciso haber
firmado en los controles de asistencia de todas las sesiones. El alumnado del
Grado de Historia o de otros másteres deberá consultar en el correo
anteriormente indicado si hay plazas presenciales escribiendo antes del 15 de
febrero de 2022.
El alumnado de Grado, Máster y Doctorado de cualquier universidad que quiera
asistir de forma telemática deberá solicitarlo antes del 15 de febrero de 2022.
Habrá 40 plazas para esta fórmula, reservada a asistentes externos. Se dará
certificado de asistencia a quienes acrediten haber participado en todas las
sesiones, presentando antes del 1 de marzo de 2022 un resumen de diez líneas
de cada ponencia.

Journée des doctorant.es du CRH

Journée des doctorant.es du CRH

Date limite de dépôt : 10 mars 2022 - Appel à communication

Argumentaire

Moment de sociabilité autant que de visibilité à l’échelle du laboratoire, l’édition 2022 de la Journée des Doctorant.e.s du CRH se tiendra le mercredi 8 juin.
Cette année encore, les questions de sources et de méthodes – entendues au sens large, y compris dans leurs dimensions pratiques et matérielles – seront privilégiées afin de favoriser l’émergence d’une réflexion conjointe sur les manières d’appréhender la pratique de l’histoire, par-delà les ancrages thématiques.
Alors que le CRH constitue trop souvent une figure abstraite au sein d’un parcours doctoral, la Journée des Doctorant.e.s a pour objectif de favoriser l’affirmation d’une dynamique collective et intergénérationnelle. Au-delà de la valorisation des travaux des doctorant.e.s, il s’agira donc de susciter des échanges transversaux, et notamment de questionner l’impact des conditions conjoncturelles (pandémie, situation politique, etc.) tant sur l’opération historiographique que sur le métier d’historien.
Chaque panel regroupera 3 contributions de 20 minutes et sera suivi d’une discussion collective présidée par un.e chercheur.e du CRH. En fonction de l’état d’avancement des recherches, les communications pourront prendre la forme d’une présentation du projet de recherche et des archives, d’une discussion des résultats ou d’une réflexion d’ordre méthodologique.

Comité d’organisation :
Marc Olivier Baruch, directeur d’études, CRH-GEHM
Vincent Debiais, chargé de recherche, CRH-AHLoMA
Clémence Gadenne-Rosfelder, doctorante, CRH-GRHEN
Tomohiro Kaibara, doctorant, CRH - GEHM
Benedetta Rinaldi Ferri, doctorante, CRH-LaDéHis / Università di Roma Tre
Florence Vychytil-Baudoux, doctorante, CRH


Calendrier et Modalités de soumission

Les propositions de communication devront être envoyées avant le 28 février 2022 à l’adresse suivante : representants.doctorants.crh@ehess.fr

Elles devront comporter les éléments suivants :
- NOM
- Prénom
- Adresse électronique
- Titre de la communication
- Résumé (400 mots)
- Mots-clés
- Etat d’avancement de la thèse / année d’inscription en doctorat
- Nom du directeur / de la directrice de thèse
- Le cas échéant, groupe / équipe de rattachement au sein du CRH


Calendrier :

  • Prolongation jusqu'au 10 mars 2022 : date-limite de soumission des propositions

  • Mi-mars 2022 : notification aux intéressé.e.s

  • 8 mai 2022 : date-limite d’envoi d’un texte de présentation de la communication (3 000 à 5 000 signes)

  • 8 juin 2022 : Journée des Doctorant.e.s. du CRH



 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transformer et s’approprier l’espace dans les empires ibériques (XVIe-XVIIe siècles)

Transformer et s’approprier l’espace dans les empires ibériques (XVIe-XVIIe siècles)

Date limite de dépôt : 4 avril 2022 - Appel à communication

Argumentaire

Du XVIe au XIXe siècles, de nombreux territoires à travers le globe sont transformés par l’impérialisme des couronnes espagnole et portugaise. L’appropriation et la transformation des territoires et des paysages jouent un rôle central dans les processus coloniaux des empires ibériques[1]. En interrogeant la transformation et reconstruction spatiale à l’époque coloniale, cette journée d’étude doctorale entend questionner la spécificité des outils et pratiques mis en place dans les empires ibériques pour maîtriser l’espace et exploiter les ressources des différents territoires qui les composent entre le XVe et XVIIe siècle.

Cette journée d’étude souhaite étudier la diversité des paysages et des espaces vécus dans les sociétés ibériques en confrontant les exemples issus des empires portugais et espagnol (territoires de la Péninsule inclus). Il s’agit également d’examiner la transformation des espaces et des processus d’appropriation des territoires sur le temps long, entre les  XVe et XVIIe siècles. Ensuite, il s’agit de prendre en compte la diversité des populations dans les empires ibériques. Une attention particulière sera ainsi portée aux stratégies développées par les populations indigènes, par les populations issues de la traite ainsi qu’aux différentes diasporas et populations migrantes dans les empires ibériques. Il faudra alors interroger les rapports de domination à l’œuvre dans l’appropriation et la maîtrise de l’espace et envisager les phénomènes de ruptures, de reformulation ou de revitalisation qui permettent de comprendre la diversité et la complexité des paysages coloniaux. Il s’agit d’analyser comment la multiplicité des acteurs et leurs différentes stratégies pour habiter et s’approprier l’espace façonnent des paysages en « millefeuilles » (multilayered), envisagés comme des surfaces évolutives sur lesquelles différentes générations inscrivent leurs valeurs et leurs préoccupations sans pouvoir effacer celles des précédents occupants[2].

Nous envisageons de privilégier quatre axes d’analyse.

1.   Agriculture, exploitation des sols et propriété foncière

La transformation de l’espace est particulièrement manifeste dans les changements agricoles qui suivent les conquêtes ibériques. L’introduction de plantes et d’animaux domestiques encourage de nouvelles pratiques et modifie durablement les paysages. Elle induit également un changement dans le rapport au sol et à la nature, qui se traduit notamment par la délimitation et la reconnaissance juridique de nouvelles formes de propriétés foncières, résultant souvent d’accaparements. Les élites locales s’adaptent à ces changements, en favorisant sur leurs terrains plantes et animaux européens, prouvant la réalité de ce nouveau paradigme et l’ampleur de la transformation des espaces colonisés.

2.   Peupler et contrôler l’espace

La conquête d’immenses territoires pousse les empires ibériques à adopter de nouvelles techniques de contrôle de l’espace. La concentration de populations, européennes mais aussi indigène, dans des lieux stratégiques en est la réalisation spatiale. On pourra interroger la façon dont les villes, mais aussi d’autres lieux de peuplement de taille plus modeste (avant-postes, presidios, missions, …), participent de la territorialisation des puissances ibériques. Le terme de « poblar », utilisé pour décrire autant la fondation de villes que l’envoi de colons recrutés dans la Péninsule, fournit ainsi une traduction intéressante du fait colonial aux XVIe et XVIIe siècles. Il s’agira également de voir comment certaines pratiques perpétuent et structurent le contrôle du territoire, des campagnes militaires aux visitas.

3.   Connaître et représenter les territoires

L’expansion des empires ibériques s’accompagne de la mise en place de nouveaux outils pour mesurer, représenter et définir les territoires. On pourra réfléchir à l’évolution et à la constitution des savoirs cartographiques ou encore à la représentation iconographique du « nouveau monde ». On reviendra aussi sur le rôle des visitas et procédures administratives dans la connaissance et l’appropriation des territoires colonisés. Une attention particulière sera également portée à la place des savoirs indigènes et à la transformation de leurs représentations de l’espace.

4.     Christianisation et occidentalisation de l’espace

L’évangélisation et l’introduction du modèle municipal castillan entraînent la destruction et/ou la reformulation des territorialités indigènes. Ils modifient les paysages mais surtout les modes d’occupation de l’espace. Il est donc essentiel d’envisager comment le déplacement contraint des populations colonisées, mais aussi la christianisation des paysages et l’occidentalisation des lieux de vie transforment le rapport des sociétés indigènes à l’espace ainsi que leurs identités collectives. En s’investissant et en investissant dans les institutions et associations chrétiennes et municipales ou encore dans les nouveaux rituels religieux et politiques, ces populations produisent de nouvelles localités[3], reformulant des pratiques d’identification collectives préexistantes.

Version anglaise

Version espagnole

Calendrier et modalités de soumission

La journée d’étude se tiendra dans les nouveaux locaux du campus Condorcet, le 1er juin 2022, en format hybride afin de rester accessibles au plus grand nombre.

Les propositions de communications sont ouvertes aux jeunes chercheur.euse.s en Sciences Humaines et Sociales, étudiant.e.s de master à postdoctorant.e.s. Nous invitons les participant.e.s à présenter des travaux en cours. Ces présentations feront l’objet de discussions par des intervenant.e.s.

Nous acceptons les communications en Français et Espagnol. Les communications pourront également se faire en Anglais ou Portugais, sous réserve de fournir un papier rédigé une semaine avant la rencontre pour les discutants.

Certains frais de transports pourront être financés. Merci de préciser dans le formulaire ci-joint si vous souhaitez bénéficier de cette aide en précisant sur quel trajet.

Pour participer, merci de fournir :

Votre dossier de candidature complet doit être envoyé avant le 4 avril 2022 20h (heure de Paris) à l’adresse suivante : transformer.approprier.espace@gmail.com

Pour toutes questions merci de contacter Antoine Duranton (antoine.duranton@ehess.fr) ou Elfie Guyau (e.guyau@parisnanterre.fr)



[1]C’est une question classique depuis les débats des années 1980 voir CHANCE (1978); SEED (1995); plus récemment DAVIES (2016).

[2]TILLY (2004) et WALSHAM (2011).

[3]APPADURAI (1995)

Recyclez ! Recyclez ! Il en restera toujours quelque chose...

Recyclez ! Recyclez ! Il en restera toujours quelque chose...

Vendredi 18 mars 2022 de 10h à 16h30 - Journée d'études

Présentation

Journée d'études organisée Laurent Herment et Niccolò Mignemi.

Les débats autour de l’économie circulaire ont récemment attiré l’attention sur les possibilités de remploi et de mise en valeur d’éléments autrement évacués des processus de production et des circuits d’échange. Devant la montée des inégalités sociales et de la crise écologique, ces discours promettent aujourd’hui de renverser la logique du gaspillage rendue possible par les systèmes contemporaines d’exploitation des ressources et d’accumulation de la richesse. Mais ils s’engagent, surtout, à donner une seconde vie à des objets en apparence inutiles ou nuisibles, en les inscrivant dans des nouvelles circulations à l’échelle locale, nationale voire mondiale.

La période d’urbanisation et d’industrialisation du XIXe siècle constitue un moment clef dans l’émergence des problématiques de la gestion des pollutions et des déchets. Aux États-Unis, en Angleterre et en Belgique, les villes industrielles croulent sous les sous-produits de l’industrie et sous les émissions d’usines soucieuses de se débarrasser des résidus. La contamination du monde, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Thomas Le Roux et François Jarrige, progresse à grand pas et ne cesse de s’amplifier. Le recyclage des déchets et des sous-produits de l’industrie a pu dès lors apparaître comme une solution pour parer aux menaces les plus immédiates ou les plus voyantes qui touchent en premier lieu les classes populaires.

Cependant, l’idée que les villes du XIXe siècle et celles des époques plus anciennes étaient des villes recycleuses – en leur sein et à travers des circulations métaboliques avec les territoires environnantes – soulève de nombreuses interrogations. Mais elle nous encourage aussi à questionner la référence mythifiée à un âge d’or du recyclage, qui se place indifféremment ou simultanément dans un pays asiatique (Chine ou Japon en priorité), dans le Paris pré-haussmannien, dans les zones rurales de la Flandre intérieure, etc.

Poursuivant ces pistes, l’édition 2022 de la journée d’études du GrHEco entend explorer les systèmes techniques, les logiques économiques et les rapports sociaux qui régissent les pratiques de récupération et de remploi, à des époques et dans des espaces différents. Il s’agira, dans le même temps, de questionner la persistance ou bien le caractère conjoncturel de ces pratiques, ainsi que leurs dynamiques de transformation. Il faudra enfin élargir le regard sur le recyclage en tant qu’économie circulaire qui s’efforce de donner une nouvelle vie à des objets autrement irrécupérables, en raison de leur caractère résiduel ou nuisible. Si la dimension purement matérielle des flux est sans doute la déclinaison la plus visible du phénomène, la compréhension du recyclage méritera de s’enrichir par l’étude des pratiques qui concernent la sphère financière (recyclage des crédits qualifiés de « toxiques »).

 

Programme

- 10h : Introduction

Laurent Herment (CNRS, CRH)

- 10h15-12h15 : Quand la circulation fait la valeur

Juan Vicente Garcia Marsilla (Universitat de València) : Des choses avec sept vies. Marché de l’occasion et économie circulaire dans la Valence du Moyen Âge

Mathieu Marraud (CNRS, CRH) : Engager, revendre. Économie morale et deuxième circulation des marchandises à Paris, mi-XVIIe siècle

Lise Saussus (Post-doc, EHESS, CRH) : Qui rienz ne valent que à fondre… Recycler les alliages à base de cuivre à la période médiévale : refondre, découper, détourner


Pause déjeuner


- 13h30-14h50 : Des valeurs inépuisables ?

Gregory Chambon (EHESS, ANHIMA) : Le recyclage des objets de luxe en Mésopotamie au début du IIe millénaire av. n. è.

Odile Lakomski-Laguerre (Université de Picardie Jules Verne, CRIISEA) : Cryptomonnaies et recyclage des liquidités


Pause café


- 15h10-16h30 : Matérialités encombrantes

Raphaël Morera (CNRS, CRH) et Nicolas Lyon-Caen (CNRS, IHMC) : Recyclage et réemploi des déchets parisiens à l’époque moderne

Guillaume Carré (EHESS, CRJ) : Le Japon d’Edo, parangon du recyclage ? Aux sources d’un malentendu
 

Lieu

EHESS - Salle BS1_28-BS1_05
54 boulevard Raspail
75006 Paris
 
 

Contacts : laurent.herment@ehess.fr ; niccolo.mignemi@gmail.com
Gouverner la nature par les communs. Magistratures, communautés, régulations

Gouverner la nature par les communs. Magistratures, communautés, régulations

Mardi 15 mars 2022 de 9h à 13h - Matinée d'études

Présentation

L’histoire très ancienne de la régulation des ressources (eaux, forêts, pêcheries, mines, etc.) et des nuisances est étroitement associée en France à celle du pouvoir incarnant la puissance publique. Faire l’histoire des régulations des choses de l’environnement engage ainsi à faire l’histoire de la souveraineté. Le droit de l’environnement comme discipline académique est largement issu de cette construction historique : s’inscrivant d’abord dans le droit public, il assume une filiation avec le droit administratif et tend à développer des formes de restriction des libertés propriétaires ou contractuelles. Une lecture en termes de continuités historiques des régulations environnementales, sous la houlette de l’État, masque cependant des déplacements cruciaux sur lesquels nous souhaitons porter l’attention.

D’une part, elle tend à minimiser le rôle joué dans l’histoire par d’autres collectifs en charge de gérer les ressources de l’environnement. Cette dimension est sans doute la mieux explorée aujourd’hui, grâce notamment au développement des études sur les communs qui ont mis en lumière des dispositifs collectifs de gestion des ressources à des échelles régionales, locales, voire infra communales.

D’autre part, cette lecture ne rend pas compte des transformations radicales de l’État entre Ancien Régime et période contemporaine et renforce une tendance historiographique lourde qui conforte une naturalisation de l’administration, présentée comme première fonction de l’État, voire comme constitutive de l’État depuis son origine. C’est à l’aune de la nouveauté d’une administration étatique séparée d’avec l’autorité judiciaire, mais dotée, par ses attributions en matière de police, d’un pouvoir à la fois coercitif et réglementaire, que nous voudrions analyser une série de processus qui modifient les formes de régulation des environnements.

Quels sont les effets de la disparition des multiples magistratures et juridictions anciennement dotées de compétences sur les ressources et les nuisances (des juridictions des eaux de l’Espagne méridionale aux juridictions de la mer et des rivages qu’étaient les amirautés anglaises ou françaises, etc.) ? De quelles manières des institutions ayant des compétences en matière de réglementation des usages de la nature subsistent-elles, bien qu’elles soient devenues des sortes d’objets juridiques non identifiés dans la nouvelle architecture des États administratifs (prud’homies de pêche, communautés d’habitants ou consulats, syndics de propriétaires pour la gestion de marais, de pâturages, de ressources en eau, etc.) ?

Le sort des choses de la nature, de leurs usages et des institutions qui les soutiennent, pose donc de manière aiguë la question des formes de régulation dans la période postrévolutionnaire et la place des régulations juridiques parmi elles. Tout en se gardant de tomber dans une idéalisation des régulations juridiques des environnements face à une logique administrative en soutien de l’industrialisation, d’une juridicité coutumière ou d’une police de la nature attentive à l’environnement des habitants, cette matinée d'études organisée par Alice Ingold (GRHEN) et Romain Grancher (FRAMESPA) sera l’occasion d’interroger collectivement les catégories au travers desquelles les sociétés ont pensé les savoirs et les régulations de leurs environnements (police, juridictions, droit civil, etc.).

 

Programme

  • Florian Grisel (University of Oxford, Centre for Socio-Legal Studies) : Les ordres privés dans la gouvernance des ressources halieutiques : le cas de la Prud'homie de Pêche de Marseille
  • Romain Grancher (CNRS, FRAMESPA) : Les institutions de la pêche des huîtres : enquête sur un commun maritime (baie de Cancale, XVIIIe-XIXe siècle)
  • Giulia Beltrametti (Marie Skłodowska-Curie Actions Fellow, Université de Primorska, Institute of Intercultural Studies) : Les frontières de la propriété. Pratiques d'utilisation et de possession entre transformations juridictionnelles et politiques étatiques (Italie-Slovénie, XIXe-XXe siècle)
  • Alice Ingold (EHESS, CRH) : Les Associations syndicales des eaux, un parcours entre communs et établissements publics (France, XIXe siècle)

 

Lieu 

Salle BS1_28 (sous-sol)

EHESS - 54 bd Raspail, 75006 Paris

Les participant.es doivent préalablement être inscrit.es au séminaire de l'EHESS "Conserver, mobiliser, restaurer la nature. Institutions, droits et savoirs" ou contacter Alice Ingold : ingold@ehess.fr
Autour de l'ouvrage de David Bell, Le culte des chefs. Charisme et pouvoir à l'âge des révolutions

Autour de l'ouvrage de David Bell, Le culte des chefs. Charisme et pouvoir à l'âge des révolutions

Jeudi 3 mars de 17h à 19h - Rencontre-Débat

Résumé de l'ouvrage

Le culte des chefs. Charisme et pouvoir à l'âge des révolutions, publié chez Fayard, 2022.

Au fil des portraits de cinq grandes figures du temps des révolutions, Pasquale Paoli, George Washington, Napoléon Bonaparte, Toussaint Louverture et Simon Bolívar, David Bell renouvelle en profondeur l’histoire de la démocratie moderne. 

En Europe comme en Amérique, l’expérience révolutionnaire mena souvent au pouvoir suprême de chefs militaires charismatiques. Pascal Paoli, George Washington, Napoléon Bonaparte, Toussaint Louverture, Simon Bolívar suscitèrent tous en leur temps l’enthousiasme des populations, au point de s’imposer à la tête de leurs pays.
En faisant résonner ces destins hors du commun, David A. Bell révèle combien sont liées histoire de la démocratie et histoire du charisme politique. Car c’est bien à l’âge des révolutions qu’émergea ce nouveau modèle de chef à la fois admiré et aimé, dont le pouvoir finit pourtant par fouler au pied la démocratie qu’il devait défendre.
Renouvelant notre compréhension du mouvement révolutionnaire qui transforma le monde atlantique à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, cet essai invite aussi à observer autrement la vie politique de nos sociétés contemporaines, loin d’être affranchies de la figure du chef charismatique.

Pour en savoir plus

 

Programme

En présence de David Bell* (Princeton University)

Table ronde animée par :

  • Sylvain Bourmeau (France Culture/AOC)

Table ronde organisée et présentée par

  • Thomas Dodman (Columbia University) et Arnaud Orain (EHESS-CRH/Université Paris 8)

avec les interventions de :

  • Jean-Claude Monod (CNRS-Pays Germaniques)

  • Geneviève Verdo (-EHESS-Mondes Américains/Université Paris 1)

  • Anne Verjus (CNRS-Triangle)

Modalités pratiques

Lieu

Salle de Conférence
Reid Hall
Columbia Global Centers
4 rue de Chevreuse, 75006 Paris

 

 


 

* Professeur à l’université de Princeton (USA), David A. Bell est spécialiste de la France desXVIIIe  et XIXe siècles. Il a publié de nombreux ouvrages dont The Cult of the Nation in France: Inventing Nationalism, 1680-1800 (Harvard University Press, 2001) ou encore The First Total War: Napoleon’s Europe and the Birth of Warfare As We Know It (Houghton Mifflin, 2007  ; trad. fr. Champ Vallon, 2010), qui font aujourd’hui référence.

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Vendredi 18 mars de 9h15 à 17h - Journée d'études

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs.

Comme les années précédentes, le séminaire, organisé par  Elizabeth Claire (Histoire du Genre), Béatrice Delaurenti (AHLOMA), Roberto Poma (Université Paris Est-Créteil) et Koen Vermeir (CNRS) fonctionnera à partir et autour des textes à la manière d’un atelier, en s’attachant à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée.

Inscription obligatoire (mode hybride) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=248

 

Programme

  • 9h15-10h45 : Elizabeth Claire, Béatrice Delaurenti, Roberto Poma et Koen Vermeir, Introduction

  • 11h-12h30 : Roberto Poma (Paris, UPEC, Lis), « Mélancolie et pouvoirs de l'imagination »

  • 13h45-15h15 : Luca Crisma (Paris, EPHE), « Primus motus animae extrinsecus pulsatae - Imaginatio et imaginarii chez Jean de Salisbury »

  • 15h30-17h : Thibaut Julian (Lyon 2, IHRIM), « Comment parler des spectacles qu’on (n’) a (pas) vus ? Imagination et témoignage (France, XVIIIe siècle) »

Lieu

EHESS
Salle A05_51
54, boulevard raspail
75006 Paris

 

 



 

Autour de l'ouvrage de Claire Zalc, Z ou souvenirs d'historienne

Autour de l'ouvrage de Claire Zalc, Z ou souvenirs d'historienne

Lundi 11 avril 14h à 17h - Les Lundis du CRH

Présentation

Ce livre, Z ou souvenirs d'historienne, n'est pas une ego-histoire. Pas plus qu’un mémoire de synthèse. Claire Zalc s’empare avec originalité du motif de l’écriture rétrospective du « je » savant et transforme l’exercice en jeu de piste. Elle se souvient. Et d’abord d’avoir toujours lu et travaillé à partir de l’œuvre de Georges Perec.
Les affinités arbitraires et électives qui la lient à son histoire et à ses pratiques dessinent une approche du métier comme de la discipline. L’itinéraire de l’historienne rencontre celui de l’écrivain sans jamais se confondre avec lui.
De W à Z s’entrecroisent deux manières alternées de penser le retour d’expériences de soi, entre récit biographique et parcours académique. Ce n’est pas seulement un Souvenir d’enfance, d’adolescence, d’étudiante ou de jeune chercheuse confirmée. Le mode d’écriture inspiré et documentaire donne à voir l’infra-ordinaire de l’élaboration scientifique. Réécritures et relectures enchâssées composent un récit à la fois littéraire, intime et savant où affleure une histoire-science sociale.
En présence de l'auteur, la séance animée par Raphaël Morera, avec les discussions de Judith Lyon-Caen (CRH), Guillaume Calafat (Université de Paris 1) et Bertrand Muller (EHESS, CMH).

Pour s'inscrire : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=6.

Lieu

EHESS (Salle AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Vendredi 15 avril de 9h15 à 17h - Journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs.
Comme les années précédentes, le séminaire, organisé par Elizabeth Claire (Histoire du Genre), Béatrice Delaurenti (AHLOMA), Roberto Poma (Université Paris Est-Créteil) et Koen Vermeir (CNRS) fonctionnera à partir et autour des textes à la manière d’un atelier, en s’attachant à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée. Interviendront à cette journée d'étude, Thibault Miguet (Paris, UPEC, Lis), Sonia Gentili (Sapienza Università di Roma / IEA, Paris), Clément Duyck (Paris, UPEC, Lis) et Flavia Buzzetta (Hambourg, Maimonides Center for Advanced Studies)

Inscription obligatoire (mode hybride) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=248

 

Programme

  • 9h15-10h45 : Thibault Miguet (Paris, UPEC, Lis)
    Quelques pouvoirs de l'imagination dans la médecine arabe médiévale et sa réception en grec : le Viatique du voyageur d'Ibn al-Ǧazzār et le Kitāb al-malakī d'Al-Maǧūsī

  • 11h-12h30 : Sonia Gentili (Sapienza Università di Roma / IEA, Paris)
    Force et limites de l'image poétique : une idée de longue durée

Pause déjeuner 

  • 13h45-15h15 : Clément Duyck (Paris, UPEC, Lis)
    L'imagination mystique (France, XVIIe s.)

  • 15h30-17h : Flavia Buzzetta (Hambourg, Maimonides Center for Advanced Studies)
    Imagination et kabbale chez Pierleone da Spoleto
     

Lieu

Campus Condorcet
Bâtiment Condorcet (Salle 412 B- Rothko)
4 rue Elsa Morante ou 10 rue Léonie Duquet
93300 Aubervilliers

Spring Talks EHESS 2022

Spring Talks EHESS 2022

29 mars et 7, 20 et 22 avril - Séminaires

Présentation d’un travail de traduction d’ouvrage : Benoît Grévin, à propos de la traduction de Balazs Ablonczy, Vers l'Est, Magyar ! Histoire du touranisme hongrois

  • Discutant : Emmanuel Szurek (EHESS)
  • Mardi 29 mars de 15h à 17h  (Séance en français)

Vers l’Est, Magyar ! Histoire du touranisme hongrois ! Histoire du touranisme hongrois retrace l’histoire du touranisme hongrois, c’est-à-dire des courants de pensée valorisant l’origine supposée asiatique des Hongrois et notamment leurs liens avec le monde turco-mongol. Cet essai permet de revisiter un ensemble de questions d’histoire politique, culturelle, artistique, qui peuvent se résumer ainsi : comment un peuple européen se pense-t-il, hier et aujourd’hui, comme asiatique ?

Pour s'inscrire : https://register.gotowebinar.com/register/3370055236813203726

 

Sébastian Veg (EHESS), Intellectuels, publications et publics : retour sur l’histoire intellectuelle de la Chine au XXe siècle

  • Discutante : Anne Cheng (Collège de France)
  • Jeudi 7 avril de 15h à 17h

L'étude des savoirs, des idées et de leurs auteurs a sans aucun doute une longue tradition, tant en Chine que chez les sinologues et les historiens étrangers. Cependant, à la suite des « tournants » méthodologiques (tournant social, culturel, linguistique, global...) du dernier demi-siècle, l'histoire intellectuelle en tant que discipline a été soumise à de nouveaux questionnements. En dressant un bilan des critiques et des nouvelles approches qui ont émergé à leur suite, cette présentation tentera de revenir sur les conditions matérielles, sociales et culturelles de la production et de la circulation des savoirs dans la Chine du XXe siècle.

Pour s'inscrire : https://register.gotowebinar.com/register/5016720134454289167

 

Barbara Carnevali (EHESS) et Antoine Lilti (EHESS), L'esthétique de l'existence ou l'éthique comme auto-design

  • Discutante : Simona Forti (Scuola Normale Superiore, Pisa)
  • Mercredi 20 avril de 15h à 17h

Depuis le tournant expressif moderne (Charles Taylor), les besoins d’auto-expression dominent les formes de la subjectivité contemporaine : les individus cherchent une forme originale pour réaliser leur identité unique, pour exprimer leurs qualités singulières et pour créer la « loi individuelle » (Georg Simmel) consistant à adhérer à sa propre norme intérieure. Sur la base d’une alliance normative stricte entre éthique et esthétique, le sujet moderne exprime sa singularité dans la production d’œuvres d’art comme dans l’auto-stylisation, voire dans l’auto-design. Par son approche du problème, le séminaire de recherche l’« Individualisme esthétique » entend souligner non seulement le potentiel d’émancipation exprimé par cette figure de la subjectivité mais aussi ses limites et ses contradictions.
Cette présentation du séminaire se concentrera notamment sur l’insoupçonné fil rouge qui relie l’individualisme de Jean-Jacques Rousseau à l’esthétique de l’existence de Michel Foucault ainsi qu'à l’esthétisme néo-nietzschéen proposé par Peter Sloterdijk : celui de la figure du « critique cynique », Diogène moderne qui exprime sa rébellion contre les normes sociales à travers la construction d'un personnage public stylisé et grâce à un usage philosophique de la provocation, de la performance et du scandale.

Pour s'inscrire : https://register.gotowebinar.com/register/253257530928733966

 

Pierre Monnet (EHESS), Sylvain Piron (EHESS), Travailler sur et avec les sources du Moyen Âge

  • Discutant : Rafael Mandressi (CNRS/EHESS)
  • Vendredi 22 avril de 15h à 17h

Certes ce séminaire, pratique, entend s'inscrire dans un parcours de formation des étudiants de mastère, mais aussi des doctorants, et aurait pu de ce fait se limiter au caractère pédagogique et direct en termes d'approche de documentations spécifiques à la période et utiles aux travaux de recherche. Ce socle est bien entendu présent dans la conception et l'animation du séminaire mais il se double d'une conviction à la fois méthodologique et heuristique qui conduit à aborder les différents types documentaires classés, cherchés, lus, interprétés et construits par les médiévaux d’abord, par les médiévistes ensuite.
En effet, il a paru essentiel de toujours garder à l’esprit que la « source » ne va jamais de soi, qu'elle ne forme jamais un bassin, un réservoir tout fait, attendant en quelque sorte la main, l'expertise et l'usage des historiens. C'est ainsi que cette notion même, la "source", dont l'emploi et la définition sont eux-mêmes soumis à des processus historiques complexes, se trouve à chaque séance placée dans une perspective critique au regard des traditions, des éditions, des transmissions, et se trouve confrontée à des terminologies concurrentes ou co-occurentes telles que « document », « archive », « témoignage », « monument »…

Pour s'inscrire : https://register.gotowebinar.com/register/1085117242178486797

 

 

Exemplarité du dirigeant, exemplarité des organisations. Regards croisés

Exemplarité du dirigeant, exemplarité des organisations. Regards croisés

Jeudi 14 avril de 13h30 à 18h - Demi-journée d'étude

Présentation

L’idée de cette journée d’études, organisée par des membres du Labex Hastec, est de penser l’exemplarité dans une perspective qui prolonge celle du séminaire de 2020-2021. Deux dimensions complémentaires seront abordées et articulées : exemplarité du dirigeant et exemplarité des organisations.

L’exemplarité du dirigeant est une préoccupation qui concerne à la fois le monde politique (depuis l’Antiquité jusqu’à Gracian, Castiglione ou Machiavel), et celui des organisations actuelles. Les détenteurs du pouvoir de diriger les organisations, que ce soit un empire, un royaume, une communauté religieuse, une commune urbaine, ou une corporation ont dû de tout temps justifier ce pouvoir et leur exemplarité a servi cette panoplie de légitimation. Les dirigeants de grandes organisations contemporaines, comme Steve Jobs pour Apple, deviennent des « role models » analysés et repris dans la littérature managériale, à travers des autobiographies ou des biographies qui relatent le geste managérial, ses exploits, et des théories managériales qui essaient de définir ce qu’est le « bon dirigeant ». Elles font écho aux autobiographies et biographies des souverains et des abbés. L’analyse de ces autobiographies montrait que différentes topiques existent dans ces récits : justification, exemplarité, genèse, réflexivité. Qu’en est-il du récit de soi du dirigeant ? Quelles sont les figures stylistiques du texte qui décrit l’exemplarité ? Comment ce texte est-il perçu, reçu, transmis ?

La deuxième dimension portera sur l’organisation exemplaire. Comment se construit cette image, variable dans le temps comme dans l’espace, de l’organisation exemplaire, qu’elle soit économique, administrative ou religieuse ? Si les communautés religieuses occidentales se pensaient au Moyen Age comme une projection du monde angélique sur terre, elles ont buté sur les difficultés d’application de cet idéal, qui plaçait l’exemplarité à un niveau d’exigence surhumain. Pour ce qui est de la cité ou du royaume exemplaire, reflet de la Jérusalem céleste, de nombreuses réflexions ont jalonné leur histoire. Les modèles de « l’excellence » des années 80 (Peters & Waterman) ont donné lieu à de nombreuses critiques, par la pression qu’ils induisent dans les organisations, comme par l’échec du projet : une entreprise dite exemplaire peut s’avérer défaillante trois ans plus tard. Peut-on être durablement exemplaire ? Les questions modernes du bonheur au travail ou du développement durable ont complété les critères plus traditionnels de l’efficacité ou de la rentabilité. Dans ce contexte, qu’est-ce qu’être exemplaire, pour une organisation ?

En savoir plus


Programme

  • 13h30 : Introduction : Jean-Philippe Bouilloud (Europe)

  • 14h : Jean-Philippe Bouilloud (Europe)
    La geste managériale de Steve Jobs dans la biographie d’Isaacson : modèles de réussites et d’échecs 

  • 14h30 : Nathalie Luca (CéSor, EHESS)
    L’entrepreneur comme figure exemplaire

  • 15h-15h30 : Discussion

  • 15h30-16h : Pause

  • 16h 00 : Marie-Anne Polo de Beaulieu (CRH, EHESS)
    Modèles animaux de la cité idéale au Moyen Âge : la fourmilière et la ruche

  • 16h 30 : Jacques Berlioz (CRH, EHESS)
    L’exemplarité des hommes illustres.
    À propos de l’ouvrage d’Olivier Christin, La cause des autres. Une histoire du dévouement politique

  • 17h : Odon Hurel (LEM, EPHE)
    Exemplarité du monastère et fondation autour de Jean-Baptiste Muard et de la Pierre qui Vire (1850-1900)

  • 17h30-18h : Discussion

  • 18h : Conclusion : Éloi Ficquet (CéSor, EHESS)

Modalités d'inscription

Mode hybride - Merci de vous inscrire pour participer en présentiel à cette journée d’étude auprès de : bouilloud@escp.eu

Voici le lien pour suivre la journée : https ://escp-eu.zoom.us/j/8714086087

Une liste des participants sera établie pour les agents de sécurité à l’entrée de l’ESCP-Europe.

 

 

Lieu

Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP, Europe)
(Salle 2110, 1er étage du bâtiment récent)
79, avenue de la République
75011 Paris

Quelle place pour l’Histoire sociale dans la recherche actuelle en Histoire ?

Quelle place pour l’Histoire sociale dans la recherche actuelle en Histoire ?

23 et 24 mai 2022 - Atelier doctoral CRH-Cambridge University

Présentation

L’atelier doctoral, co-organisé par Renaud Morieux et Samita Sen de la faculté d’histoire de l’Université de Cambridge et par Fanny Cosandey (RHISOP) et Jean-Paul Zuñiga (GEI) du Centre de recherches historiques de l’EHESS, vise à réunir des étudiant.es des deux institutions afin de mettre en dialogue les traditions historiographiques des deux pays.

Organisé sur un jour et demi, cet atelier consistera en la présentation par chaque participant.e d’un chapitre de thèse, d’un article en cours de rédaction ou de tout autre élément de réflexion issu des problématiques posées par leur recherche. Car, bien que les études menées dans les deux institutions présentent de nombreux chevauchements et des approches communes, la faculté d’histoire de Cambridge et le CRH ont des traditions intellectuelles différentes, ce qui conduit les recherches qui y sont menées à insister sur des protocoles et des thématiques qui leur sont spécifiques. Dès lors, un objectif important de cette rencontre sera de permettre à des doctorant.es de part et d’autre de la Manche de franchir les frontières et de mettre en travail leurs différences tant en ce qui concerne les méthodes, les références théoriques que les terrains mobilisés par les unes et par les autres. 5 doctorant.es du CRH et 5 doctorant.es de Cambridge y assisteront et présenteront des contributions liées à leur recherche doctorale.

Contacts : rm656@cam.ac.uk, ss162@cam.ac.uk

Programme

  • Constance Barbaresco (CRH-GRIHL)
    La partie de campagne de Paul de Kock. Histoire d’une scène littéraire et de sa mémoire dans les banlieues. [années 30]

  • Diego de la Calle y Díaz (CRH-GEHM)
    The Cold War “From Below”: New Historiographical Approaches From Social History

  • Eléonore Chanlat-Bernard (CEIAS/CRH-GRHECO)
    Écrire une micro-histoire sociale des mobilités liées aux famines au Bengale colonial au XIXe siècle : une approche par cas

  • Antoine Duranton (CRH-GEI)
    Des laboureurs en Nouvelle-Espagne ? Travail agricole espagnol en Nouvelle-Espagne au XVIe siècle

  • Pierre Millet (CRH-GEHM)
    The Transnational Trajectories of a Couple of German Communists between 1933 and 1947

  • Caitlin Adams (Cambridge University)
    The Linguistic Economies of Labouring Families in England and New South Wales 1788–1834

  • Teresa Barucci (Cambridge University)
    Academic Mobility and ‘National’ Belonging in 15th-century Paris

  • Hugo Bromley (Cambridge University)
    Weaving the nation; English clothiers and political economy in an era of national and global change, 1688-1722

  • Rohit Dutta Roy (Cambridge University)
    Writing Histories, Forging the ‘Historical’: State, academe, and disciplinary formation in twentieth-century India

  • Auriane Terk (Cambridge University)
    Patterns of female employment in France, 1792-1901

Lieu

23 mai
Pembroke College
Trumpington St
Cambridge CB2 1RF
Royaume-Uni

24 mai

Trinity College
Cambridge CB2 1TQ
Royaume-Uni

 

 

 


Informal Communication in Occupied Societies: World War II, Postwar Transitions, and the Search for Meaning in Societies at War

Informal Communication in Occupied Societies: World War II, Postwar Transitions, and the Search for Meaning in Societies at War

Date limite de dépôt : 16 mai 2022 - Appel à communication

Argumentaire

L’équipe Histoire et historiographie de la Shoah (Centre de recherches historiques, EHESS-CNRS) se joint au groupe de recherche INFOCOM et à l’Institut historique allemand de Paris pour organiser, du 23 au 25 novembre prochain, un colloque sur les circulations informelles d’informations à l’intérieur de l’Europe sous domination nazie. Il s’intitule : "Informal Communication in Occupied Societies: World War II, Postwar Transitions, and the Search for Meaning in Societies at War".
Pour mémoire, INFOCOM (Informal Communication and Information "From Below" in Nazi Europe) est un projet de recherche porté par l’Institut für Zeitgeschichte de Munich et dirigé par Caroline Mezger (https://www.ifz-muenchen.de/aktuelles/themen/man-hoert-man-spricht). Il vise à étudier les interactions entre la communication officielle émanant de l’État et la production, le traitement et l’interprétation d’informations informelles par la population dans l’Allemagne nazie et dans les territoires européens occupés par elle.


La Seconde Guerre mondiale a profondément altéré la manière dont les informations circulaient et le crédit qu'il leur était apporté. Les sources d'information traditionnelles ont été mises à mal par la guerre et l'occupation, tandis que les sphères publiques se trouvaient radicalement perturbées. Dans de nombreux territoires, les régimes dictatoriaux ont imposé des degrés sans précédent de censure, de propagande et de surveillance pour restreindre et influencer l'opinion publique. Au cours de cette période de crise, les informations fiables et vérifiables sont devenues très rares, ouvrant la voie à l'émergence de canaux d'information alternatifs informels et à une circulation plus ou moins large de rumeurs et de légendes urbaines sur lesquelles les acteurs ont pu le cas échéant s'appuyer pour agir. Résolument interdisciplinaire et transnational, cet atelier se propose donc d'explorer le rôle des communications informelles dans les sociétés européennes dans l'Europe nazie, avec une attention particulière pour la France et ses pays limitrophes.


Ce colloque parisien sera plus particulièrement centré sur l’Europe de l’Ouest, même si d’autres aires géographiques peuvent être abordées. Il s’adresse en premier lieu aux chercheurs en début de carrière (doctorants et post-docs), mais sera ouvert à tous.

En savoir plus sur l'appel (en anglais)

 

Modalités et calendrier de soumission

L'anglais sera la langue de travail pour ce colloque où chacun pourra cependant faire sa présentation dans sa langue.
Les propositions de communication doivent être adressées avant le 16 mai 2022 à Manuel Mork (mork@ifz-muenchen.de). L’appel à communication contient de nombreuses informations pratiques, mais nous restons à votre disposition si nécessaire.
Ce colloque se déroulera à Paris les 23 et 25 novembre 2022.

Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours

Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours

Date limite de dépôt : 30 mai 2022 - Appel à candidature

L’École française d’Athènes, en collaboration avec l’EHESS (ANHIMA, CETOBaC, CRH) et l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (UMR 8066 : CNRS, École normale supérieure, Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne) organise un séminaire de formation doctorale sur le thème des Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours.
 

Argumentaire

Depuis quelques années, la crise dite « migratoire » ou « des réfugiés », constitue un thème central de notre quotidien. Il occupe une bonne part de l’opinion publique et de la politique européenne. Celle-ci ne s’accorde d’ailleurs pas face à une crise humanitaire qui affecte plusieurs régions de l’Europe. La Méditerranée orientale compte parmi les régions les plus concernées par les flux de personnes contraintes de quitter leur pays, le plus souvent en Asie ou en Afrique. Cette région au carrefour de trois continents se situe à l’épicentre ou à proximité de bouleversements majeurs, d’ordre politique, économique, militaire ou autre, qui forcent les personnes à quitter leur foyer et à en chercher un autre. Pour cette partie du monde, qui a accueilli de nombreuses civilisations depuis l’Antiquité, les phénomènes migratoires, les flux de personnes contraintes ou forcées de se déplacer, sont loin d’être une nouveauté. Les problèmes auxquels elle se trouve confrontée ne devraient donc pas être traités comme particuliers à notre temps, mais comme une tendance lourde de notre histoire sur la très longue durée. En effet, depuis l’Antiquité, les questions liées aux ostracisés, aux exilés, aux bannis, aux rescapés, aux réfugiés, aux migrants ou à l’asile occupent une place centrale. Elles reviennent sans cesse dans les débats politiques des pays de départ, de transit et d’accueil, en raison des répercussions sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles que ces bouleversements suscitent. Pour ne citer que quelques exemples, au VIe siècle avant notre ère, des groupes et des individus ont quitté les cités ioniennes comme Phocée et Samos, soumises à la pression des rois achéménides ou à l’instauration des pouvoirs tyranniques, pour émigrer vers l’Occident. Au seuil de l’époque moderne, l’empire ottoman a accueilli les juifs d’Espagne après 1492, tandis qu’au moment de la chute de ce même empire en 1922 la Grèce a reçu environ 1 200 000 réfugiés, soit, à l’époque, l’équivalent du cinquième de sa population. À toutes les périodes, ces déplacements contraints ont laissé des mémoires et des traces, sous forme de récits, d’objets, de transferts de savoirs et de techniques.

L’École française d’Athènes en coopération avec l’École des hautes études en sciences sociales, Paris et l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (UMR 8066), souhaite participer à la commémoration d’un événement central de l’histoire de la Grèce moderne : la défaite de 1922 en Asie mineure qui a entraîné de nombreuses migrations contraintes. Pour cela, elle propose ce séminaire interdisciplinaire et trans-période de formation doctorale qui sera un cadre d’échange pour les étudiants en Master et en Doctorat. Le séminaire examinera comment les migrations contraintes ont été vécues par les différents acteurs, les individus, les groupes, les associations et les États. Les questions seront posées à la fois pour les lieux de départ, de transit, que ceux-ci aient des frontières terrestres ou maritimes, et pour les lieux d’installation. Ces derniers pouvant être des patries imaginées, imaginaires, des découvertes heureuses ou malheureuses. Ces expériences migratoires très disparates seront surtout examinées à partir des traces matérielles, mémorielles et autres qu’elles ont laissées dans les lieux de départ, de transit et de destinations. Ce choix épistémologique nous permettra d’étendre nos interrogations sur plusieurs disciplines (archéologie, histoire, histoire de l’art, anthropologie, sociologie, littérature) et sur la très longue durée en mettant l’accent sur des thématiques et des aspects méthodologiques différents à travers ces focales :

  • Culture matérielle
  • Focus chronologique : 1922
  • Sources, archives
  • Mémoire, ego-documents
  • Images, représentations, musique et son

Au cours de cette semaine de formation doctorale, les activités scientifiques se dérouleront sous forme d’ateliers, de conférences, et de visites sur le terrain, visant à confronter les différentes approches plus haut évoquées.

En savoir plus

Comité scientifique/ Comité d'organisation : Angelos Dalachanis (CNRS, IHMC), Gilles de Rapper (École française d’Athènes), Cecilia D’Ercole (EHESS, ANHIMA), Catherine Horel (EHESS, CETOBaC) et Marie-Elisabeth Mitsou (EHESS, GEHM-CRH).


Modalités et calendrier de soumission

Le séminaire de formation aura lieu à Athènes (Grèce) du 3 au 7 octobre 2022. Il est ouvert aux étudiants inscrits en thèse et aux étudiants de Master 2.
L’EFA prend en charge les frais d’hébergement, de restauration et des déplacements intérieurs des étudiant(e)s retenu(e)s.
Les étudiant(e)s prendront en charge leur billet d’avion vers Athènes et devront solliciter le soutien de leurs centres ou départements de rattachement.
Le dossier de candidature doit être fait en ligne sur la plateforme missions au plus tard pour le 30 mai 2022 et comprendra :                                   

  • une fiche de candidature      
  • un curriculum vitae
  • une lettre de motivation
  • une lettre de recommandation
  • une courte présentation du sujet de thèse

Contact : dir.moderne@efa.gr     

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (3)

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (3)

Vendredi 20 mai de 9h15 à 17h - Journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs.

Pour s'inscrire : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=6
 

Programme

  • 9h15-12h30 : Elizabeth Claire (CNRS'CRH), Béatrice Delaurenti (EHESS, CRH), Roberto Poma (UPEC, Lis) et Koen Vermeir (CNRS, Sphère), L’imagination et le corps, atelier autour d’un livre en préparation

  • 13h45-15h15 : Violaine Giocomotto-Charra (Université de Bordeaux Montaigne, Centre Montaigne)
    L'imagination vulgarisée : traités de l'âme et textes médicaux en français à la fin du XVIe siècle

  • 15h30-17h : Dominique Brancher (Université de Bâle)
    Quand l’imagination vous prend au mot. Les risques de la contrefaçon

Lieu

EHESS
(Salle B4-01)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

La police du travail, XVIIIe-XIXe siècle

La police du travail, XVIIIe-XIXe siècle

Lundi 2 mai 2022 de 9h à 17h30 - Journée d'études/atelier doctoral

Présentation

Atelier organisé par François Pineau, Renaud Seyfried et Philippe Minard, avec le soutien de l’IUF et de l’IDHE.S (UMR 8533-CNRS)

1) La police du travail en France : un court bilan

Les recherches sur la police du travail ont une longue histoire en France, depuis les ouvrages d’Émile Levasseur. En 1979 paraît l’important article « Réflexions sur la police du travail » de Steven Kaplan, qui s'appuie sur les archives de la police parisienne du XVIIIe siècle[1]. Parallèlement, la question revient dans les travaux menés à l'Université Lille III dans les années 1980 et 1990. Jean-Pierre Hirsch évoque ainsi la question du gouvernement du travail, des métiers aux ouvriers, dans le cadre de son étude sur les négociants lillois. Gérard Gayot revient longuement sur l'insubordination des tondeurs de draps, et Philippe Minard choisit d'aborder l'histoire des manufactures du XVIIIe siècle à travers le rôle des inspecteurs, soulignant la bascule, au milieu du siècle, entre la « police de la qualité » et la « police du travail »[2]. De l'autre coté de la rupture révolutionnaire, Paul Delsalle puis Alain Cottereau ont montré, dans les même décennies, le rôle original des tribunaux de Prud'hommes dans la régulation des rapports de travail entre marchands-fabricants et travailleurs à façon, à Lyon et à Roubaix, entre 1806 et 1848[3].

Pourtant, l’impulsion semble être retombée au cours des années 1990 et 2000. Du côté des historiens modernistes, après les années 1980-1990, tout semblait avoir pu être dit, notamment sur l'organisation des territoires proto-industriels et des villes de manufacture. De même, les mondes ouvriers du premier XIXe siècle ont pu être délaissés par les historiens de la deuxième moitié des années 1990 et des années 2000. Surtout, si des travaux ont continué d'être menés, peu d'historiens du travail se sont risqués, jusqu'à il y a peu, dans l'utilisation des archives judiciaires : un fait patent est ici la relative ombre dans laquelle sont restées les justices de manufacture du XVIIIe siècle[4].

Cela pourrait paraître d'autant plus étonnant que parallèlement, les recherches sur l'histoire de la justice et de la police ont connu un développement continu depuis les années 1970, notamment chez les historiens modernistes. À une première vague d'enthousiasme – les archives judiciaires et surtout criminelles devaient permettre un accès à la vie cachée du peuple, voire à sa conscience collective – a succédé un approfondissement critique. Les historiens de la justice sont passés à l'étude des justices civiles et ont patiemment cherché à comprendre le fonctionnement des institutions judiciaires, la représentativité des sources et les stratégies des acteurs, mais aussi ce que les sources judiciaires cachent, à savoir ce que Benoit Garnot a appellé « l'infrajudiciaire »[5]. Notre connaissance du monde judiciaire de l'Ancien Régime a fortement progressé, au détriment peut-être de l'utilisation des archives des institutions de justice comme moyen de saisir les rapports sociaux, même si on peut voir aujourd'hui un regain de cette perspective[6]. Il est important de préciser ici que ces travaux ont été menés en France, mais aussi en parallèle dans d'autres pays européens.

Une place particulière doit être faite – dans la perspective qui est la nôtre - à l'Angleterre. Dans les années 1970-1980, en effet, les historiens anglais ont souligné le rôle de la justice et de la loi comme producteurs des rapports sociaux de production[7]. Comme en France, ces thèses ont fait l'objet d'un réexamen critique, intégrant des analyses détaillées des fonctionnements judiciaires, mais l'interrogation sur les rapports sociaux semble être restée plus centrale[8]. Peut-être faut-il y voir la conséquence d'une différence archivistique fondamentale, la richesse des fonds judiciaires français d'Ancien Régime n'égalant que leur hermétisme. A contrario, le détail de l'activité des juges anglais a été bien moins conservé, ce qui en fait des sources moins foisonnantes, mais probablement plus aisées d'accès[9].

2) Objectifs de l’atelier

Il nous semble donc qu'il existe encore un continent à peine exploré, que nous avons tout juste commencé à défricher, pour comprendre le concret des rapports sociaux artisanaux et industriels, et les dynamiques de transformation qui sont les leurs au cours de la première industrialisation. Il s'agit en quelque sorte pour nous, historiens du travail, d'intégrer la connaissance approfondie des sources et la démarche critique des historiens de la justice à une histoire des rapports sociaux de production.

Cette démarche ne s'inscrit pas en rupture : d'une part, il s'agit de s'appuyer sur les travaux anglais qui, en soulignant le rôle producteur des rapports sociaux qu’ont les institutions judiciaires et répressives, ont montré une manière de ne pas utiliser les archives judiciaires comme simple « reflet » ; d'autre part, on s'inscrit en continuité des travaux menés sur les manufactures et leurs institutions, qui n'ont eu de cesse de montrer le rôle structurant des institutions dans les rapports sociaux et l'organisation des territoires manufacturiers.

Nous proposons par conséquent d’articuler nos travaux autour de trois axes de réflexion :

- Il s'agirait d'abord de s'interroger sur les sources et les institutions qui les produisent : leurs logiques (arbitrage ou répression ?), les rapports de force qui s'y expriment (entre ouvriers et employeurs ou encore entre magistrats et employeurs) et la manière dont on peut les interpréter en tenant compte de leurs biais, qu'il s'agisse des biais répressifs (quelle parole ouvrière ? quelle individuation des tensions collectives ?) ou de ce que ces sources ne montrent pas, à savoir les autres voies de règlement des conflits. De manière similaire, on cherchera à replacer les institutions judiciaires dans l'édifice plus vaste de la police du travail, au sens large. Justices et polices ne sont pas les seules voies de règlement des conflits. De même, elles jouent en interaction avec d'autres institutions, notamment celles de l'administration monarchique en France.

- Cette réflexion sur les sources doit permettre une réflexion plus globale sur la manière dont ces institutions policières et judiciaires structurent et organisent, en fait participent des rapports sociaux de production, le plus souvent à l'échelle d'un territoire donné. Comment contribuent-elles au maintien des hiérarchies sociales dans le travail, mais aussi quel rôle tiennent-elles dans le fonctionnement de la division du travail et dans l'organisation de la production ?

- On cherchera à articuler cette réflexion de manière dynamique en considérant les transformations qui, au cours de la transition au capitalisme industriel, marquent tant les institutions judiciaires que l'organisation du travail. En France, la rupture révolutionnaire est un moment de mutation profonde, mais nous souhaitons l’intégrer dans une chronologie plus large ; aussi le XVIIIe siècle comme le début du XIXe siècle pourront être interrogés.

Enfin, le point peut-être le plus important est qu'il s'agit d'un atelier de travail. Le but pour nous est de permettre les discussions, l'échange des vues et des expériences archivistiques. Pour cela aussi nous avons choisi un cadrage large du sujet. Si la curiosité des organisateurs porte avant tout sur les archives judiciaires, la polysémie bien connue du terme police – administration ou gouvernement sous l'Ancien Régime – doit permettre une large ouverture des discussions, autour de la question de la régulation des rapports de travail. De même, travail ne renvoie pas uniquement au travail salarié, rémunéré à temps, dans des sociétés où domine la pluriactivité et où la division sociale du travail ne montre pas une coupure nette entre « prolétaires » et « industriels ».


[1] Kaplan Steven L., « Réflexions sur la police du travail , 1700-1815 », Revue historique, n° 529, janvier-mars 1979, p.18-77.

[2] Hirsch Jean-Pierre, Les deux rêves du commerce. Entreprises et institutions dans la région lilloise 1760-1860, Paris, Éditions de l'EHESS, 1991 ; Minard Philippe, La fortune du colbertisme. État et industrie dans la France des Lumières, Paris, Fayard, 1998 ; Gayot Gérard, Les draps de Sedan (XVII-XIXe siècle), Paris, éditions de l'EHESS, 1998.

[3] Cottereau Alain, « Justice et injustice ordinaire sur les lieux de travail d’après les audiences prud’homales (1806-1866) », Le Mouvement Social, n°. 141, 1987, p.25–59, Delsalle Paul, La brouette et la navette. Tisserands, paysans et fabricants dans la région de Roubaix et de Tourcoing, 1800- 1848, Dunkerque, Westhoek-éditions des beffrois, 1985.

[4] Cf. notamment Maitte Corine, Terrier Didier, Les rythmes du labeur, Enquête sur le temps de travail en Europe occidentale, XIVe-XIXe siècle, Paris, La Dispute, 2020 ; Jarrige François, « Au temps des tueuses de bras ». Les bris de machines à l'aube de l'ère industrielle 1760-1860, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009. Sur les Prud'hommes, cf. Balois-Proyart Jean-Christophe, « Autopsie d'une statistique judiciaire : les états des affaires portées devant les conseils de prud'hommes au début du XIXe siècle », in Feller Laurent, Gramain Agnès (éd.), L'évident et l'invisible, Questions de méthode en économie et en histoire, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020. Les justices de manufacture ont pu être utilisées, mais n'ont guère fait l'objet d'analyses détaillées. Pour une utilisation partielle ancienne, cf. par ex. Deyon Pierre, Étude sur la société urbaine au 17e siècle : Amiens, Capitale provinciale, Paris/La Haye, Mouton 1967, p.199-200.

[5] Pour l'enthousiasme initial, cf. Castan Nicole, Justice et répression en Languedoc à l'époque des Lumières, Paris, Flammarion, 1980. Pour le retour critique cf. les recherches menées autour de Benoit Garnot ou encore Antoine Follain. On signalera particulièrement l'ouvrage, remarquable et très représentatif de ces travaux, de Piant Hervé, Une justice ordinaire, Justice civile et criminelle dans la prévôté royale de Vaucouleurs sous l'Ancien Régime, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006. Pour l'histoire de la police, cf. Milliot Vincent. « Histoire des polices : l'ouverture d'un moment historiographique », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 54-2, 2007, p. 162-177.

[6] Sur des sujets très différents, cf. parmi les nombreuses thèses en cours : Burgel Élias, « Gouverner le mouvant, Ressources naturelles et propriété sur le littoral lagunaire languedocien (second XVIIe-second XIXe siècle) », thèse sous la direction de Jean-Marc Moriceau et Stéphane Durand, Université de Caen et d'Avignon ; Pasquier Thomas, « Vols et voleurs sous la Révolution et l'Empire », thèse sous la direction de Philippe Minard et Vincent Milliot, Université Paris 8.

[7] Cf. l'ouvrage fondateur du groupe de Warwick : Hay Douglas, Linebaugh Peter, Thompson Edward P. et alii, (ed.), Albion's Fatal Tree, Crime and Society in Eighteenth-Century England, Londres, Penguin Books, 1975.

[8] On pense en particulier aux travaux de Peter King sur le glanage et de John Beattie sur la répression de la criminalité dans et autour de Londres au XVIIIe siècle : Beattie John, Crime and the Courts in England, 1660-1800, Princeton, Princeton University Press, 1986, King Peter, Crime and Law in England, Remaking Justice from the Margins, 1750-1840, Cambridge, Cambridge University Press, 2006. Pour un retour général, déjà ancien, sur l'historiographie de la criminalité en Angleterre, cf. Innes Joanna, Styles John « The crime wave, Recent writings on crime and criminal justice in eighteenth century England », in Wilson Adrian (ed.), Rethinking Social History, English Society and its Interpretation, Manchester, Manchester University Press, 1993, p. 201-265.

[9] Pour l'usage de ces sources dans l'étude des rapports sociaux dans les manufactures cf. par exemple Hay Douglas,, « England, 1562-1875, The Law and Its Uses », in Craven Paul, Hay Douglas (ed.), Masters, Servants and Magistrates in Britain and the Empire, 1562-1955, Chapel Hill (NC), University of North Carolina Press, 2004, p. 59-116, et Styles John, « Embezzlement, Industry and the Law in England », in Berg Maxine, Hudson Pat, Sonenscher Michael, Manufacture in Town and Country before the Factory, Cambridge, Cambridge University Press, 1983, p.173-210. 

 

Programme

9h — Accueil café

9h15 — Introduction de l’atelier

Institutions & régulations

9h30 — intervention 1 : Benoît Saint-Cast (LAHRHA, Lyon)

10h00 — intervention 2 : François Pineau (IDHE.S Paris 8)

10h30 - pause café

10h45 — intervention 3 : Renaud Seyfried (IDHE.S Paris 8)

11h15 — discussion introduite par Joanna Innes (Oxford)

12h30 — pause déjeuner

Jeux des acteurs

14h — intervention 4 : Guillaume Foutrier (IDHE.S Paris 8)

14h30 — intervention 5 : Juliette Milleron (IDHE.S Paris 1)

15h — intervention 6 : Jean-Christophe Balois (IDHE.S Paris 1)

15h30 — pause café

15h45— discussion introduite par Didier Terrier (Université des Hauts-de-France)

16h45 — discussion générale introduite par Philippe Minard (IDHE.S Paris 8)

17h30 — fin de la journée ; pot de l’amitié

 

Lieu

École Normale Supérieure,

45 rue d’Ulm 75005 Paris

salle IHMC (escalier D, 3e étage)

 

Inscription préalable nécessaire avant le 27 avril : écrire à philippe.minard@univ-paris8.fr

Professionnels et agents de l’information. Pour une histoire sociale de l’activité d’informer (XVIe-XVIIIe siècles)

Professionnels et agents de l’information. Pour une histoire sociale de l’activité d’informer (XVIe-XVIIIe siècles)

19 et 20 mai 2022 - Colloque

Présentation

Consacré aux agents de l’information aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, ce colloque, organisé par Marion Brétéché (Université d’Orléans, POLEN/GRIHL) et Nicolas Schapira (Université Paris Nanterre, MéMo/GRIHL) souhaite analyser des pratiques, des postures et des statuts qui permettent de considérer nombre des activités liées à la circulation de l’information comme de véritables activités professionnelles. À la croisée de l’histoire du livre et de la communication, de l’histoire du travail et des professions, de l’histoire des médias et de l’histoire sociale de la littérature, cette rencontre vise à mettre en évidence les phénomènes et les facteurs qui, sur le long et le court termes, durant les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, concourent à l’apparition de professionnels de la production et de la circulation de l’information : régularité du travail et autonomisation du marché de l’information, innovations éditoriales et médiatiques, rémunérations, élargissement des catégories d’acteurs et des publics, diversification des médias et de leurs fonctions, reconnaissance nationale et internationale des médias et de leurs producteurs par les pairs et/ou les institutions, etc.

 

Programme

Jeudi 19 mai
(UPN, bât. Weber, salle de conférences)

8h30 Accueil des participants
9h00 Introduction (Marion Brétéché et Nicolas Schapira)

SESSION 1 – JOURNALISTES AU TRAVAIL Présidence : Christian Jouhaud (EHESS)

9h15 David Chataignier (Åbo Akademi, Finlande), « Lettres en vers du règne de Louis XIV : éléments d’enquête et d’analyse »
9h45 Pietro Piccin (EHESS et Université de Florence), « L’actualité italienne en France. Les avvisi dans la Gazette de Renaudot à l’époque de la guerre de Castro (1641-1644) »
10h15 Juliette Deloye (Université de Haute-Alsace) et Maxime Martignon (Université d’Orléans, POLEN), « La professionnalisation de l’information entre service de plume et bureaucratie. Le cas de la Gazette (1679-1792) »
10h45 Discussion et pause

11h45 Manuela Mattei (UPN, MéMo), « Un réseau de nouvellistes à la main sous Louis XIV »
12h15 Christophe Schuwey (Université Yale, États-Unis), « Agent de l’information ou insulte ? Le problème des “Nouvellistes” au XVIIe siècle »
12h45 Discussion

13h15 Pause déjeuner

SESSION 2 – ÉDITION ET INFORMATION Présidence : Dinah Ribard (EHESS)

14h15 Jean Duma (UPN, MéMo), « Condé, la Reine Mère et le compromis de-Sainte Menehould (1614) : une approche des libelles comme source d’information et/ou comme action politique »
14h45 Hadrien Dami (Université de Genève, IHR, Suisse), « Un « aventurier de la plume » à Genève. L’activité éditoriale de Giovanni Gerolamo Arconati Lamberti (1675-1685) »
15h15 Simon Dagenais (Projet ERC « Pamphlets and Patron », Université de Trèves, Allemagne), « Écrire la guerre d’Indépendance américaine : réseaux journalistiques et stratégies éditoriales à Cologne, Clèves et Leyde (1774-1782) »
15h45 Discussion et pause

SESSION 3 – POLICE ET INFORMATION Présidence : Marion Brétéché (U. d’Orléans)

16h30 Olivier Coelho (Université de Lille IRHiS (UMR 8529) et Université de Munich, LMU, Allemagne), « Une actualité policière ? La police munichoise comme acteur professionnel de l’information à la fin du XVIIIe siècle »
17h Marie-Élisabeth Jacquet (Paris 8, IDHE.S et BNF), « Une écriture policière de l’information ? Du renseignement à l’actualité, le cas de la Lieutenance générale de police de Paris (1720-1789) »
17h30 Discussion

Vendredi 20 mai
(UPN, bât. Weber, salle de conférences puis salle de séminaire 2)

SESSION 4 – COURTIERS DE L’INFORMATION EN VOIE DE PROFESSIONNALISATION Présidence : Lucien Bély (Sorbonne Université)

9h00 Clément Desgrange (Université Bordeaux-Montaigne, CEMMC), « Petites mains et grands desseins : les agents mobilisés par Lazare de Baïf, ambassadeur du roi à Venise, dans la transmission de l’information politique (1529-1534) »
9h30 Albert Schirrmeister (Institut Historique Allemand, Paris), « Agir avec des informations : la correspondance diplomatique d’Abel Servien en 1648 au congrès de Westphalie »
10h00 Discussion et pause

11h Fanny Giraudier (LARHRA, Lyon), « Des acteurs au cœur des réseaux d’information : les porte-manteaux et valets du roi »
11h30 Laurent Cuvelier (Sciences-Po Paris), « Peuple des afficheurs et travailleurs de l’affiche dans le Paris de l’époque moderne »
12h Discussion

12h30 Pause déjeuner

SESSION 5 – ACTUALITE ET MILIEUX PROFESSIONNELS Présidence : Héloïse Hermant (U. de Nice)

14h00 Margaux Prugnier (UPN, MéMo), « Autrices et auteurs lorrains, des passeurs de l’actualité européenne du XVIIIe siècle »
14h30 Élodie Oriol (École française de Rome), « Un intermédiaire du pouvoir et du monde des spectacles : Pietro Anfossi, secrétaire des Borghèse au XVIIIe siècle »
15h Discussion et pause

16h00 Isabelle Coquillard (UPN, MéMo), « L’État de la médecine, chirurgie et pharmacie de 1776. Une entreprise éditoriale d’ordonnancement des professions de santé génératrice de désordre »
16h30 Rahul Markovits (École Normale Supérieure, Paris), « William Bolts whistleblower : les Considerations on India affairs »
17h00 Discussion

17h30 Discussion finale

18h Clôture du colloque 

 

Lieu

Université Paris Nanterre

200 Av. de la République, 92000 Nanterre

Hackathon Savoirs : textes et interfaces pour l’histoire et l’anthropologie des savoirs et des sciences

Hackathon Savoirs : textes et interfaces pour l’histoire et l’anthropologie des savoirs et des sciences

12 et 13 mai - Colloque

Présentation

Savoirs est une bibliothèque numérique en accès ouvert consacrée à l’histoire et à l’anthropologie des savoirs et des sciences au sens large, dans une perspective comparatiste et interdisciplinaire.
Le projet est porté par l’EHESS, avec le soutien d’un ensemble de partenaires: LabEx Hastec, FMSH, Enssib, BNU, Laboratoire d’histoire des sciences et des techniques de l’EPFL, OpenEdition, le Pôle Documents numériques de Caen, l’Infrastructure de recherche Métopes, Huma-Num.
À l'occasion de ce colloque « Savoirs », l'équipe, composée entre autres de Carmen Brando (EHESS-CRH), Simon Dumas Primbault (EPFL) et Christian Jacob (EHESS), organise un hackathon pour échanger, expérimenter et pratiquer les humanités numériques, et imaginer ensemble de nouveaux dispositifs pour l’évolution de cette bibliothèque numérique.
L'équipe encourage la participation de toutes et tous, étudiants et chercheurs issus des disciplines en sciences humaines et sociales, designers, développeurs informatiques ou encore passionnés du numérique. Elle mettra à disposition les ressources numériques savantes créées pour l’application Savoirs, comme le thésaurus conceptuel et le corpus de textes taggués en entités nommées et concepts ainsi que les codes sources de l'application.

 

Programme

Le hackathon se tiendra en présentiel les 12 et 13 mai 2022 au Campus Condorcet. Avant cela, des courtes réunions virtuelles et asynchrones sont proposées aux participants pour échanger, s'ils le souhaitent, autour de leurs projets et les aider à avancer.

  • 10 nov. 2021 : L'appel à manifester votre interet pour participer restera ouvert, vous pouvez toujours nous contacter à cette adresse : carmen.brando@ehess.fr.
  • 30 nov. 2021 : réunion d'information en mode hybride ayant pour objectif de faire une brève démonstration de l'application Savoirs, de définir les sujets et de constituer les équipes de travail
  • De mars à mai, sur la base du volontariat, des réunions en ligne avec les organisateur·ice·s du Hackathon afin de guider et suivre vos réflexions en cours
  • 12-13 mai 2022 : hackathon organisé en présentiel lors du colloque « Savoirs », comportant des séances de travail avec accompagnement et la présentation des projets par les équipes.

 

Lieu

Centre de colloques du Campus Condorcet (Aubervilliers)

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Sociétés, colonisation et esclavage aux Amériques (XVIe-XVIIIe siècles)

Sociétés, colonisation et esclavage aux Amériques (XVIe-XVIIIe siècles)

Jeudi 12 mai de 18h à 19h 30 - les Jeudis du GED

Au cours de la période moderne, la colonisation d’une grande partie des Amériques donna naissance, souvent dans la violence, à des sociétés multiethniques d’un type inédit de Terre-Neuve à la Patagonie. Sous la direction de Cécile Vidal, un collectif d’historiens francophones travaillant sur différentes régions américaines (incluant notamment François-Joseph Ruggiu) s’est proposé de repenser cette expérience sociale sans pareil grâce à la pratique du comparatisme à l’échelle hémisphérique. L’objectif de l’essai collectif, fruit de cette longue collaboration, est de comprendre comment les trois populations, amérindiennes, africaines et européennes, mises en contact par la situation coloniale parvinrent à faire société en dépit des rapports de pouvoir exacerbés qui les opposaient. Une telle approche permet de dépasser l’opposition sociopolitique établie entre Amérique du Nord et Amérique latine, tout en révélant la centralité de la Grande Caraïbe. Elle démontre aussi la spécificité de l’impérialisme et du colonialisme d’Ancien Régime, étroitement associé à la traite des esclaves et à l’esclavage et, plus largement, la singularité d’un monde atlantique qui sert de laboratoire social à la première globalisation.

Interventions de : Cécile Vidal (EHESS-Mondes Américains), François-Joseph Ruggiu (Sorbonne-Université, Centre Roland Mousnier), Sylvie Steinberg (EHESS-CRH) et Jean-Yves Grenier (EHESS-CRH)

 

Lieu

Grand équipement documentaire (GED)
10, cours des Humanités

93300 Aubervilliers

Solliciter la parole. Les collectes dans le monde juif, XIXe-XXIe siècle

Solliciter la parole. Les collectes dans le monde juif, XIXe-XXIe siècle

Jeudi 19 mai 2022 - Colloque

Présentation

Colloque coordonné par Malena Chinski, FMS-EHESS ; Constance Pâris de Bollardière, The American University of Paris ; et Simon Perego, Inalco

Dans le sillage de la « science du judaïsme », apparue en Allemagne au XIXe siècle, l’émergence de l’histoire juive comme discipline a contribué à la multiplication des collectes de témoignages au sein des populations juives.

Afin d’explorer les différentes facettes de ces entreprises documentaires et en partant des foisonnantes entreprises de collectes de paroles et d’écrits conduites notamment auprès des juifs d’Europe orientale ou des survivants de la Shoah, ce colloque propose d’approfondir les connaissances sur ces deux cas paradigmatiques et de les mettre en perspective avec d’autres projets développés dans le monde juif, de la fin du XIXe siècle à nos jours.

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Programme

10h Ouverture

Malena Chinski, FMS/EHESS, Constance Pâris de Bollardière, The American University of Paris et Simon Perego, CERMOM/INALCO

Avant et après l'exil (bassin méditerranéen et Moyen-Orient)
Séance présidée par Yann Scioldo-Zürcher, EHESS/CRH/CNRS

10h30 : Terrain de linguistes, terrain de témoins : l’enquête sur le judéo-espagnol parlé en France, ou un heureux malentendu donnant naissance à des archives orales imprévues
Pandelis Mavrogiannis
, CERMOM/INALCO

11h : Les juifs du Maghreb : une histoire sans paroles ?
Valérie Assan
, GSRL/EPHE/CNRS

11h30 : Un miroir déformant : l'impact de la Shoah sur l'histoire des Juifs des terres d’Islam
Nadia Malinovich
, Université de Picardie Jules Verne, GSRL/EPHE/CNRS

12h : débat et pause

Face aux violences antijuives (Europe de l'Est et de l'Ouest)
Séance présidée par Judith Lindenberg, mahJ (sous réserve)

14h : Recueillir la parole des victimes des pogroms de la guerre civile russe
Thomas Chopard (CREE/INALCO, Centre d’études franco-russe de Moscou)

14h30 : Solliciter la parole des enfants juifs réfugiés ? Les éducateurs de l’œuvre de la Guette et la collecte de témoignages d’enfants à la veille de la Seconde Guerre mondiale
Laura Hobson Faure
, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

15h: Une initiative militante : David Diamant et le Centre de documentation auprès de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide
Zoé Grumberg, IEP de Toulouse

15h30 : débat et pause

16h : Les survivants de la Shoah en France : retour sur une collecte de témoignages
Annette Wieviorka, historienne, responsable de l'antenne française « Témoignages pour mémoire » des archives Fortunoff de l'université Yale en conversation avec Anaïs Kien, France Culture. 

Lieu

Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris

Histoire croisée du travail dans le monde francophone

Histoire croisée du travail dans le monde francophone

Date limite de dépôt : 20 août 2022 - Appel à contribution

Argumentaire

Les éditrices de French Historical Studies lancent un appel à articles pour un numéro spécial de la revue sur le travail en France et dans le monde francophone à la lumière de l’histoire globale, à paraître en 2024.

Depuis le tournant du nouveau millénaire, l’histoire globale du travail a donné vie à une énorme quantité de travaux reliant les formes et les pratiques du travail de régions différentes, depuis le Moyen-Âge et jusqu’à nos jours. Cependant, dans les mondes francophones, cette tendance est encore incertaine ; les historiens du travail en France se limitent le plus souvent à l’Hexagone et ignorent les connexions et les comparaisons avec d’autres régions d’Europe et du monde. Pour leur part, les spécialistes de l’esclavage et du post-esclavage dans les colonies françaises difficilement relient leurs investigations aux dynamiques dans d’autres Empires ou même à l’évolution du travail en France. Cet appel vise à dépasser ces barrières et invite des soumissions reliant le travail en France à celui d’autres pays et/ou de ses colonies. La période couverte s’étale de l’époque moderne jusqu’à nos jours.

Thématiques envisagées (liste non exclusive), toutes dans une perspective d’histoire connectée, globale ou comparée :

  • Les structures économiques et sociales du travail et de la coercition
  • Structures et pratiques du travail dans les métropoles impériales et dans les colonies
  • Le genre dans les structures et les pratiques du travail
  • La race dans les structures et les pratiques du travail
  • L’âge dans les structures et les pratiques du travail
  • La résistance au travail
  • Migrations et mobilité

Toute question est à adresser à nos deux directeurs du numéro spécial :

Pour en savoir plus

 

Modalités de soumission

Pour soumettre un article, veuillez consulter www.editorialmanager.com/fhs/default.aspx. Après vous être enregistré(e), suivez les instructions de la section « Instructions for Authors ».

Les articles peuvent être soumis en anglais ou en français, mais, dans les deux cas, ils doivent être conformes au style de FHS, et doivent être accompagnés d’un résumé ou abstract de 150 mots, dans les deux langues. Les manuscrits doivent comporter entre 8000 et 12000 mots.

La date limite est le 20 août 2022.

Concernant les illustrations, prises de vue, ou extraits de film, les auteurs doivent obtenir la permission écrite de les publier sous forme papier et digitale de la part des personnes dépositaires des droits sur ces images ou extraits audiovisuels, ou de la part des responsables des institutions d’où les images sont originaires.

19e World Economic History Congress (WEHC)

19e World Economic History Congress (WEHC)

Congrès - 25 au 29 juillet 2022

Présentation

Le 19e World Economic History Congress se tiendra à Paris du 25 au 29 juillet 2022. Le Congrès traitera des « ressources » comme l’un des principaux défis du monde contemporain. Le Congrès proposera des sessions sur toutes les catégories de ressources, c’est-à-dire naturelles, matérielles, immatérielles et humaines (travail et compétences) : eau, air, énergie, produits alimentaires, matières premières, travail, capital, brevets, etc.

Le comité d’organisation accueille un large ensemble d’approches en histoire économique, y compris l’histoire sociale, l’histoire urbaine et rurale, l’histoire ou l’économie de la finance, des sciences et des technologies, l’histoire du genre, l’histoire culturelle, etc. - et les croisements avec d’autres champs disciplinaires, y compris les études de gestion, la démographie, la géographie, l’environnement, l’anthropologie, la sociologie, la socio-psychologie, etc. Il invite également des panels sur les méthodes en histoire économique, l’histoire de la pensée économique ou la théorie économique, ainsi que des discussions innovantes sur de nouveaux ensembles de données et d’archives, ou la communication publique de résultats nouveaux (ou renouvelés) en histoire économique.

Avec les interventions notamment de Fabrice Boudjaaba (ERHIMOR), Patrick Fridenson (GRHECO) et Pierre-Cyrille Hautcœur (Centre François Simiand).

 

Programme

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La Shoah comme projet européen ?  La nouvelle recherche sur les perpetrators dans une perspective transnationale

La Shoah comme projet européen ? La nouvelle recherche sur les perpetrators dans une perspective transnationale

Date limite de dépôt : 24 juillet 2022

Argumentaire

Dans quelle mesure la Shoah doit-elle s’entendre comme un projet européen ? Telle est la question que se sont récemment posée des chercheuses et chercheurs sur la Shoah aussi éminents que Mary Fulbrook et Thomas Sandkühler[1]. Depuis l’arrivée au pouvoir des nazis, les Allemands ont été les précurseurs et les praticiens de la discrimination, de l’exclusion, et, à terme, de l’assassinat systématique de la population juive en Allemagne. Pendant la guerre, les occupants allemands ont indubitablement été les initiateurs, les artisans et les exécuteurs de l’extermination des Juifs. Mais partout ils ont trouvé des complices et des partenaires pour mettre en œuvre la ghettoïsation, la déportation et l’assassinat de la population juive. Si l’on dispose aujourd’hui de travaux substantiels sur la complicité dans divers pays occupés, il manque à ce jour d’un cadre interprétatif permettant de décrire et d’expliquer l’implication dans la Shoah comme un phénomène transnational. Ces dernières décennies, les recherches sur la Shoah se sont certes internationalisées, mais l’instrumentaire de l’histoire transnationale (c’est-à-dire la question du transfert des savoirs et des pratiques, de la comparaison systémique et la recherche d’un schéma d’interprétation transversal) est peu utilisé dans ce champ de recherche important, dès lors qu’il s’agit d’étudier la complicité des sociétés non allemandes. Le colloque veut contribuer à saisir la dimension européenne de la coopération durant la Shoah sur un plan conceptuel, comparatif et terminologique, afin de sonder les possibilités d’explorer ce champ avec les outils de l’histoire partagée ou de l’histoire croisée.

 

Thèmes et questionnements

Étudier les formes d’implication dans la Shoah impose de rendre compte des multiples configurations du régime d’occupation et de la collaboration dans diverses régions d’Europe. Les individus agissaient dans différents cadres d’action définis par les Allemands en tant qu’artisans et exécuteurs du génocide des Juifs européens.

En tenant compte de ces contextes variés et de la responsabilité allemande, le colloque s’interrogera sur les comparaisons et les enchevêtrements ainsi que sur les possibles transferts de savoirs et de pratiques à l’échelle européenne. Mener une recherche au prisme des diverses conditions d’occupation suppose de commencer par mettre en lumière quels phénomènes, groupes ou institutions se prêtent à une comparaison ou à l’étude de processus de transferts. Une fois posée, cette base permettra de faire ressortir les desiderata de la recherche et de définir un futur agenda de recherche.

Dans une étape suivante, la conférence cherchera à déterminer dans quelle mesure les bourreaux allemands ont sciemment impliqué la population locale, les institutions et les administrations dans le génocide des Juifs. Quelle a été l’efficacité de cette stratégie dans divers contextes et régions ? Au demeurant, les Allemands ont persécuté une minorité déjà stigmatisée avant la guerre dans les pays occupés : quel rôle ont joué les pratiques et les discours antisémites d’avant-guerre ?

Partant des conditions-cadres de l’occupation allemande, quelles formes de coopération et de compromission peut-on identifier dans les différentes régions ? Nous souhaitons débattre pendant le colloque de plusieurs catégories de complices non allemands :

  • Partenaires des meurtres de masse ayant assassiné des Juifs de leur propre initiative (par ex. l’armée roumaine et d’autres)
  • Européens engagés dans des unités mobiles de tuerie allemandes et dans les centres de mise à mort de l’ Aktion Reinhardt (par ex. les Trawniki)
  • forces de police locaux sous commandement allemand
  • Partenaires de coopération (forces de police, institutions, administrations et gendarmeries de divers pays d’Europe) qui ne se trouvaient pas sous commandement allemand
  • Population civile, délateurs, profiteurs de l’« aryanisation »
  • Groupes clandestins (résistance contre les Allemands tout en persécutant des Juifs)

Notre objectif est d’étudier les unités en uniforme, les administrations civiles et d’autres institutions dans une perspective comparative et transnationale : par ex. le rôle de la police locale, des pompiers, des brigades de construction, des échelons subalternes de l’administration civile ou de l’Église. Comment pouvons-nous procéder à une comparaison transnationale de ces institutions ? Dans quelle mesure l’usurpation des biens juifs par les populations locales a-t-elle joué un rôle dans la manière dont elles ont été impliquées ou se sont compromises dans les meurtres ? Est-il possible de comparer la dénonciation des juifs dans les divers pays (en termes de fréquence, de procédures administratives, de normes sociales) ? Inéluctablement se pose la question de la simultanéité de phénomènes différents : dans quelle mesure les bourreaux non allemands étaient-ils simultanément des victimes de l’occupation allemande ou actifs dans la résistance – et comment, le cas échéant, s’articulaient l’implication dans des crimes, le statut de victime et la résistance ?

Enfin, le changement de perspective est ici central : les victimes juives considéraient-elles leur persécution comme un phénomène européen dans lequel elles n’avaient aucun allié ? Et comment décrivaient-elles leur situation dans les sociétés occupées ? Comment ont-elles perçu la radicalisation de la politique et de la pratique d’extermination nazie ou encore le comportement de la population locale ? Comment le savoir sur la Shoah circulait-il parmi la population juive en Europe ?

Notre objectif explicite est de faire passer concepts, termes et approches méthodologiques au banc d’essai pendant le colloque. Éminemment controversée au sein de la recherche et pourtant couramment utilisée, il conviendra de remettre en question la notion de collaboration en tant que catégorie analytique[2]. Avons-nous besoin d’une nouvelle « recherche sur la collaboration » ou d’une « nouvelle recherche sur les bourreaux » qui prenne en compte les non-Allemands[3] ? Les termes de collusion, coopération, complicité, compromission seraient-ils plus adaptés ? Quelles sources peuvent être revisitées et quelle valeur une « nouvelle recherche sur les bourreaux » accorde-t-elle aux sources des victimes ?


[1] Fulbrook, Mary: « The Holocaust as a European Project », communication lors de la conférence Holocaust and the Cold War organisée à l’institut FritazBauer, 26/5/2021; Sandkühler, Thomas: Das Fußvolk der „Endlösung“. Nichtdeutsche Täter und die europäische Dimension des Völkermords, Darmstadt 2020.

[2] Cf. Tönsmeyer, Tatjana: Besatzungsgesellschaften. Begriffliche und konzeptionelle Überlegungen zur Erfahrungsgeschichte des Alltags unter deutscher Besatzung im Zweiten Weltkrieg (Version: 1.0). In: Docupedia-Zeitgeschichte, 18.12.2015, consultable en ligne sur : http://dx.doi.org/10.14765/zzf.dok.2.663.v1.

[3] Rossoliński-Liebe, Grzegorz: Kollaboration im Zweiten Weltkrieg und im Holocaust - Ein analytisches Konzept, Version: 2.0, in: Docupedia-Zeitgeschichte, 21.07.2020, consultable en ligne sur : http://docupedia.de/zg/Rossolinski-Liebe_kollaboration_v2_de_2020 ; Grabowski, Jan: « Germany Is Fueling a False History of the Holocaust Across Europe ». In: Haaretz, 22.06.2020, URL: https://www.haaretz.com/world-news/.premium-germany-is-fueling-a-false-history-of-the-holocaust-across-europe-1.8938137?lts=1621340648868.

 

 

Comité d’organisation

Frank Bajohr, Zentrum für Holocaust-Studien, Institut für Zeitgeschichte, München
Havi Dreifuss, Tel Aviv University/ Yad Vashem, Jerusalem
Jürgen Finger, Institut historique allemand, Paris
Andrea Löw, Zentrum für Holocaust-Studien, Institut für Zeitgeschichte, München
Anna Ullrich, Zentrum für Holocaust-Studien, Institut für Zeitgeschichte, München
Agnieszka Wierzcholska, Institut historique allemand, Paris
Claire Zalc, CNRS-IHMC (Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine) / EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales), Paris

 

Calendrier et modalités de soumission

Nous attendons des propositions de communication de 20 minutes qui abordent la question des complices et bourreaux non allemands dans une perspective comparative ou transnationale. Nous souhaitons aussi vivement intégrer la perspective juive sur l’ampleur européenne de la Shoah et la circulation des savoirs. De même, nous sommes intéressés par les questions méthodologiques et théoriques. Si la focale géographique est placée sur la France, l’Allemagne et l’Europe centrale et orientale, les propositions sur l’Europe du Sud et du Sud-Est ou sur les colonies françaises, le Maghreb en particulier, sont les bienvenues.

La conférence se déroulera sous réserve de son financement.

Merci d’envoyer vos propositions en anglais avec un max. de 500 mots et un bref CV d’ici au 24 juillet 2022 à Agnieszka Wierzcholska : conference2023@dhi-paris.fr

La rafle du Vel d'Hiv. La honte et les larmes

La rafle du Vel d'Hiv. La honte et les larmes

5 juillet, 11 et 17 juillet 2022 - Projection et diffusion de film

Présentation

Les 80 ans de la rafle du Vel d'Hiv


À l’occasion du 80e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, France Télévisions propose une offre éditoriale exceptionnelle, pour raconter, témoigner et se rappeler.
Au cœur de cette programmation événementielle, une grande soirée documentaire, le 11 juillet sur France 3, avec deux films inédits permettant de susciter la réflexion et de raviver et pérenniser notre mémoire collective. En première partie de soirée, La rafle du Vel d’Hiv, la honte et les larmes, réalisé par David Korn-Brzoza et coécrit avec l’historien Laurent Joly (RHISOP), mêle témoignages des derniers survivants, scènes d’animation et images d’archives pour faire revivre ce moment tragique. Ce documentaire est suivi du film Les suppliques, réalisé par Jérôme Prieur, coécrit avec Laurent Joly, fruit d’une longue enquête sur de bouleversantes « suppliques » écrites à l’administration française ou au maréchal Pétain par des hommes, des femmes, parfois des enfants, fichés, victimes de persécution, ou par leurs proches, cherchant par tous les moyens à desserrer le piège d’une bureaucratie froide et implacable, sans savoir qu’ils s’adressent à leurs bourreaux.

S'appuyant sur les recherches de l'historien Laurent Joly, le documentaire réalisé par David Korn-Brzoza retrace l’histoire de la rafle en donnant la parole à plusieurs survivants. Il présente des images d'archives, des séquences illustrées et une reconstitution en 3D du Vélodrome d'Hiver. Raconté par Vincent Lindon. 103 minutes.

Documentaire, France, 2022, 102 min, Roche Productions / France Télévisions. Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

Avant-première : Lundi 5 juillet  2022 à 19h30

Diffusions : Lundi 11 juillet 2022, 21h10 sur France 3 et dimanche 17 juillet, 17h25 sur France 5.
Film disponible en replay sur france.tv

 

Lieu

Memorial de la Shoah
17 Rue Geoffroy l'Asnier
75004 Paris


 

Res(t)ituer les adresses des almanachs et annuaires commerciaux parisiens du XIXe siècle. Un corpus de localisations urbaines à grande échelle

Res(t)ituer les adresses des almanachs et annuaires commerciaux parisiens du XIXe siècle. Un corpus de localisations urbaines à grande échelle

Jeudi 10 novembre de 9h30 à 17h30 - Journée d'étude

Présentation

Le programme de recherche Social dynamics in urban context (SoDUCo, https://soduco.github.io/)  est financé par l'agence Nationale de la Recherche (ANR). Il réunit des chercheurs et ingénieurs de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS, LaDéHiS-CRH-CAMS), du Laboratoire des Sciences et Technologies de l'Information Géographique (LaSTIG) de l'Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), du laboratoire de recherche et développement (LRDE) de l'École Pour l'Informatique et les Techniques Avancées (EPITA), et le Centre de topographie historique de Paris (CTHP) des Archives Nationales.

En 2022-2023, l’équipe SoDUCo et la BnF organisent un séminaire commun, l’atelier SoDUCo-BnF. Il a pour perspective de diffuser et mettre en question le travail réalisé dans le cadre de SoDUCo et de faire dialoguer chercheurs et spécialistes de la conservation des documents sur des objets et projets communs allant de l’exploitation des fonds (cartes et plans, annuaires du commerce) à la production et diffusion de données libres (géocodage historique, analyse spatiale, science ouverte).

Cette 2e journée d’étude est ouverte au public.
La journée sera aussi diffusée en visioconférence, avec accès aux seuls inscrits.
Inscription obligatoire via le lien suivant :
https://evento.renater.fr/survey/inscriptions-a-la-2eme-journee-soduco-bnf-10-novembre-2022-nuorelx4

Contacts : P. Cristofoli (pascal.cristofoli@ehess.fr) & P. Chevallier (philippe.chevallier@bnf.fr )

 

Programme détaillé

L'affiche-programme de la journée est accessible ici.

 

Lieu

Bibliothèque nationale de France
Site François-Mitterrand (Salle 70, à côté du petit auditorium (Hall Est)
Quai François Mauriac
75013 Paris

Savoirs et savoir-faire en situation : les sciences humaines et sociales et le monde

Savoirs et savoir-faire en situation : les sciences humaines et sociales et le monde

Du 8 au 10 novembre 2022 - Colloque

Présentation

De manière exceptionnelle, le Campus Condorcet réunit des chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales travaillant sur l’ensemble du monde, quoique selon des traditions épistémologiques diverses. Les études aréales et globales comptent ainsi parmi les domaines de recherche les plus susceptibles de renforcer des collaborations anciennes ou d’engendrer des coopérations nouvelles entre toutes les institutions basées sur le Campus.
Par études aréales, nous n’entendons pas seulement les recherches sur les mondes extra-européens, puisque nous considérons l’Europe comme une « aire culturelle » ou du moins comme un espace historiquement construit. Nous estimons également que la question des manières de travailler sur le monde, à la fois dans son intégralité et dans sa diversité, ne concerne pas seulement les collègues qui se reconnaissent derrière le vocable d’études aréales, mais aussi toutes celles et tous ceux qui préfèrent s’identifier uniquement à travers une ou plusieurs disciplines. Nos recherches sont, en effet, toujours doublement situées : situées dans les lieux où elles sont produites, les arènes savantes où elles circulent et les espaces socio-politiques où elles font sens ; mais situées aussi bien par les objets empiriques qu’elles se donnent et les enquêtes qu’elles conduisent, quand bien même elles ne relèvent pas d’une approche dite d’études aréales (de contextualisation dense).
Venant remplacer ou se combiner avec d’autres paradigmes présidant à l’englobement scientifique du monde (les histoires universelles, l’orientalisme ou l’ethnologie coloniale), les études aréales se sont développées après la Seconde guerre mondiale, selon des chronologies différentes, en Amérique du Nord, en Europe et dans le reste du monde. Au cours des trente dernières années, le champ a encore connu des transformations majeures. L’essor des études globales dans le sillage tant de la globalisation des marchés économiques et financiers que de la critique postcoloniale, l’internationalisation de la recherche qui a été facilitée par l’explosion du trafic aérien et d’internet, ainsi que l’émergence de nouveaux lieux importants de productions de savoirs en Asie, Amérique latine et Afrique constituent autant de phénomènes qui questionnent les fondements des études aréales. Mais les défis auxquels le champ est confronté demeurent mouvants. La pandémie comme les conflits et les guerres en Éthiopie, au Mali, en Syrie, en Ukraine ou encore au Yémen – liste qui n’est malheureusement pas exhaustive – ont posé avec une acuité nouvelle la question de l’accès au terrain et aux archives et de la fragilité de certains domaines aréaux de spécialisation. C’est pourquoi il paraît nécessaire et urgent de reconsidérer les enjeux et les principes définitionnels des études aréales.
Plutôt que de rester enfermés dans nos propres traditions épistémologiques, nous nous proposons de réfléchir aux manières dont, en quelque endroit du monde et en fonction d’héritages épistémologiques différents selon leurs lieux de constitution et de développement, les diverses disciplines des sciences humaines et sociales étudient, séparément et ensemble, le monde dans son entier et dans sa diversité, et non pas les seuls mondes extra-européens. Outre la position des chercheuses et chercheurs par rapport à leur objet-terrain de recherche et les possibilités de circulation entre milieux universitaires, il importe de prendre également en compte l’histoire différenciée des disciplines dans leurs rapports au monde.
En explorant tant l’appréhension diverse du monde par les sciences humaines et sociales que les pratiques différenciées des sciences humaines et sociales selon les milieux universitaires à travers le monde, ce colloque veut donc participer aux débats en cours sur les paramètres et les paradigmes des études aréales comme des disciplines et œuvrer ainsi au développement d’une connaissance plurielle et multi-située du monde, tout en contribuant à la construction scientifique du Campus Condorcet par le bas.

Colloque organisé par l’EHESS en coopération avec les dix autres établissements du Campus Condorcet et avec le soutien additionnel du GIS Asie, GIS Moyen-Orient et Mondes musulmans, UMR 7308 – CREDO, UMR 7227 – CREDA, UMR 8032 – CETOBAC, UMR 8036 –CESPRA, UMR 8083 – CERCEC, UMR 8131 – Centre Georg Simmel, UMR 8155-CRCAO, UMR 8156 – IRIS, UMR 8168-Mondes Américains, Centre d’études nord-américaines, UMR 8171 – IMAF, UMR 8170 – CASE, UMR 8173 – Chine-Corée-Japon, UMR 8558 – CRH, UMR 8560 - CAK, UMR 8566 – CRAL,  UMR 8563-CRLAO, UMR 8564 – CEIAS, UAR 2500 – IISMM.


Programme

Lieu

Camus Condorcet
Centre des Colloques (Auditorium 150)
Place du Front poulaire
93330 Aubervilliers

La communication informelle dans les sociétés occupées  La recherche de sens dans les sociétés en guerre (Seconde Guerre mondiale et sorties de guerre)

La communication informelle dans les sociétés occupées La recherche de sens dans les sociétés en guerre (Seconde Guerre mondiale et sorties de guerre)

Du 23 au 25 novembre 2022 - Colloque international

Présentation

Dans toute l’Europe, la Seconde Guerre mondiale a profondément modifié les paysages communicationnels. La guerre et l’Occupation ont mis à mal les sources d’information et les sphères publiques établies, tandis que des régimes dictatoriaux ont mis en œuvre des degrés de censure, de propagande et de surveillance sans précédent pour restreindre, modeler et (ré)orienter l’opinion publique. Les informations fiables et vérifiables sont devenues rares. L’Europe occupée est devenue un terrain propice à l’émergence de canaux d’information alternatifs et informels, dans lesquels les rumeurs, les commérages et les récits exagérés et fictifs (tall tales) ont contribué à façonner les actions des individus et leur sens de la réalité.

Adoptant une approche interdisciplinaire et transnationale, cet atelier, organisé par Caroline Mezger, Manuel Mork, Florent Brayard, Alexandre Bibert et Jürgen Finger, explore le rôle de la communication informelle dans les sociétés européennes, tout en prenant en compte sa relation avec les communications officielles de l’État »d’en haut« et son ancrage dans des réalités sociales particulières »d’en bas«. Il s’agit de comprendre comment les individus ont donné un sens à une situation en constante évolution, souvent menaçante, en adaptant leurs pratiques de communication et d’interprétation.

 

Si vous souhaitez participer à l’événement en ligne, merci de vous inscrire à travers les liens ci-dessous:
Lien zoom pour le 23.11.2022
Lien zoom pour le 24.11.2022
Lien zoom pour le 25.11.2022

En savoir plus

 

Programme

 

Lieu

Memorial de la Shoah - GHI
17, Rue Geoffroy l'Asnier
75004 Paris

Deutsches Historisches Institut Paris
Institut historique allemand
Hôtel Duret-de-Chevry
8 rue du Parc-Royal
75003 Paris
Tél. +33 (0)1 44 54 23 80
event@dhi-paris.fr

 

Communautés et mobilités en Méditerranée du XVe au XVIIIe siècle

Communautés et mobilités en Méditerranée du XVe au XVIIIe siècle

Jeudi 17 novembre de 9h15-16h15 - Colloque de l'AHMUF

Présentation

La thématique retenue pour le prochain colloque de l’AHMUF, organisé en partenariat avec l’APHG est celle de la nouvelle question au concours de l’agrégation d’histoire « Communautés et mobilités en Méditerranée du XVe au XVIIIe siècle ». Il sera suivi de l’assemblée générale de notre association.
Les interventions seront assurées par Guillaume Calafat (U. Paris 1), Eleonora Canepari-Daulat (U. Aix Marseille), Mickaël Gasperoni (CNRS), Mathieu Grenet (U. d’Albi – IUF), Natalia Muchnik (EHESS), Evelyne Oliel-Grausz (U. Paris 1), Géraud Poumarède (U. Bordeaux Montaigne).

Manifestation accessible en présentiel et à distance sur inscription : https://formes.gle/JTnphHgvVgGP2me19

 

Programme


Lieu

Lycée Louis-le-Grand
Amphithéâtre Patrice Chéreau
123, rue Saint-Jacques
75005 Paris

Repensar la ciudad iberoamericana. Construir el pasado y diseñar el futuro

Repensar la ciudad iberoamericana. Construir el pasado y diseñar el futuro

Du 22 au 25 novembre - Congrès de l'Association ibéroaméricaine d'Histoire urbaine

Présentation

L'Association ibéro-américaine d'histoire urbaine (AIHU), par l'intermédiaire du Comité d'organisation du IIIe Congrès ibéro-américain d'histoire urbaine, réunit des chercheurs et des universitaires qui contribuent au développement de l'étude de l'histoire urbaine, en particulier en Amérique latine dans une large perspective thématique et une approche multidisciplinaire. Cette troisième édition Repenser la ville ibéro-américaine. Construire le passé et concevoir l'avenir, cherche un dialogue entre les défis du présent face à la vie urbaine, la conception de la ville et les expériences du passé.
Fidèle à l'esprit des éditions précédentes, l’AIHU fait appel aux champs académiques très divers (histoire urbaine, histoire, urbanisme, histoire de l'art et de l'architecture, géographie, sociologie historique, sciences de la communication, etc.) dans le but d'élaborer des réflexions communes et synthétiques, d'échanger des interprétations et des approches méthodologiques. Une proposition de lignes thématiques générales (76 panels) vise à guider la conception des tableaux et des communications présentés au congrès. Elles encouragent, d'une part, la réflexion sur le passé de la vie urbaine d'aujourd'hui (avec une attention particulière aux chocs et crises subis récemment) et d'autre part d'explorer les temps passés pour réfléchir sur la composition actuelle des villes ibéro-américaines
Jean-Paul Zuñiga (GEI) et José A. Nieto (Université Autonome de Madrid) organisent la Mesas 13 portant sur Les villes du travail : La ville comme espace social Las ciudades del trabajo. Línea temática: La ciudad como espacio social).

En savoir plus

 

Programme de la session
Mesa 13. Las ciudades del trabajo. Línea temática: La ciudad como espacio social

L'histoire du travail urbain entre le XVIe et le XIXe siècle a connu un important renouveau mondial au cours des dernières décennies. Dans l'historiographie européenne, un courant d'études a émergé, qui a remis en question bon nombre des clichés existants sur le travail urbain en général et sur l'artisanat en particulier. Ce n'est pas seulement la vision des corporations de métier et de l'économie urbaine qui s’en trouvent reconfigurées : il s'agit d'un véritable changement de perspective.
Des avancées importantes sont ainsi en cours pour revisiter un vaste ensemble de questions, qu'il s'agisse du rôle de certains métiers dans l'innovation technique ou dans les transitions de l'artisanat à la manufacture; du contraste entre la norme corporative et la réalité du travail artisanal ; de la reproduction du travail urbain et de la place à accorder à l'endogamie; de l'apprentissage; de l'organisation et du poids des unités domestiques ; du travail des femmes, des enfants ainsi que du travail forcé ; de la formation des marchés du travail artisanal précapitalistes, ainsi que de leur place dans les processus de changement politique et social.
Cet ensemble de questions a provoqué un changement fondamental dans notre vision du travail urbain.

Partant de perspectives différentes, les études ibéro-américaines et espagnoles sur le travail ont repensé ces sujets en introduisant dans le débat des problèmes similaires, tout en considérant d’autres, plus spécifiques à chacun de ces espaces. Alors qu'en Espagne la recherche commence à s'intéresser au travail des femmes et à sa relation avec les institutions d'assistance, disciplinaires et correctionnelles, dans la sphère américaine les études proposent de repenser à nouveaux frais la figure d’institutions s’ancrant profondément dans le milieu des corporations, comme les milices urbaines tout comme d'étudier les différentes formes d'organisation du travail – et pas uniquement les corporations de métier et les obrajes. Cette dernière perspective vise en particulier à mettre en relation l'espace de travail et la précarité, ainsi qu’à intégrer à l’analyse l’existence de formes de commercialisation au détail alternatives, comme la vente ambulante, ou encore dans la sphère politique, à approfondir notre connaissance du rôle des artisans dans les actions collectives dénonçant l'ordre établi.
Il s’agit en somme d’un riche éventail de propositions de recherche qui rendent difficile de continuer à définir les villes hispano-américaines comme des entités statiques et leurs artisans comme des acteurs sociaux conservateurs, prompts à l’immobilisme et peu aptes à contribuer aux processus de changement social.

En phase avec à cette remise en question historiographique, cette session vise à présenter certaines des avancées réalisées dans le domaine du travail urbain dans les différents territoires de la monarchie hispanique, Amérique coloniale comprise. En ce sens, nous avons inclus des contributions qui couvrent tous les types d’activité, ainsi qu'une variété de protagonistes : hommes, femmes, enfants, esclaves, fournisseurs, domestiques...... Nous avons également pris en compte la diversité des lieux de travail, qu'il s'agisse d'ateliers, de la sphère domestique, de la voie publique... En bref, tout ce qui montre clairement que les villes analysées étaient des lieux où le travail générait des relations sociales dynamiques qui tendaient à se traduire par des processus de transformation de l'environnement urbain.

 

Programme par sessions

 

Programme complet du Congrès

 

Lieu

Universidad Complutense de Madrid
Av. Séneca, 2,
28040 Madrid
Espagne

Bilan et perspectives après quatre ans sous Bolsonaro. Conflits fonciers et droits de l'Homme au Brésil

Bilan et perspectives après quatre ans sous Bolsonaro. Conflits fonciers et droits de l'Homme au Brésil

Lundi 21 novembre 2022 de 13h à 15h30 - Les cafés-débats internationaux de l'EHESS

Présentation

Au printemps 2022, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) a lancé les « cafés-débats internationaux ». Ouverts à tous et gratuits, ces rendez-vous récurrents ont pour ambition d’observer et d’analyser une actualité internationale, de chercher à l’anticiper et d’offrir aux publics, par la confrontation des points de vue de chercheurs du monde entier et issus de différentes disciplines des sciences sociales, une ouverture pertinente sur la complexité et la diversité du monde.

Autour d’un café, dans une atmosphère conviviale et en proximité avec les intervenants, les participants, des plus initiés aux simples curieux, sont invités à vivre et faire vivre un débat organisé en trois temps :

  1. une introduction et contextualisation du débat avec les chercheurs invités ;
  2. une discussion-débat avec le public animée par un modérateur ;
  3. un moment d’échange informel et de convivialité (pause-café) avec l’ensemble des participants.

Ainsi, ces « cafés-débats internationaux » permettent non seulement la diversité de points de vue et le décentrement des regards, mais également la proximité de tous les publics avec les meilleurs spécialistes et la possibilité d’ouvrir la réflexion avec des interlocuteurs variés, tant dans leur approche que dans leurs savoirs.

Programme

  • Carmen Alveal, professeure associée au Département d'histoire de l'Université fédérale de Rio Grande do Norte, au Brésil. Elle est spécialiste de l'histoire sociale de la propriété avec un focus particulier sur le Brésil. Elle est titulaire d’un doctorat en histoire réalisé à l’Université Johns Hopkins (2007). Elle a récemment publié (2022) l’ouvrage Senhorios Coloniais: direitos e chicanas forenses na formação da propriedade na América Portuguesa (Colonial Landlords: Forensic Rights and Chicanas in the Formation of Portuguese America). Au cours de l’année universitaire 2022-2023, elle sera chercheuse invitée à l'Université Brown (États-Unis) et elle est actuellement professeure invitée à l’EHESS.

Avec le participation de :

  • Paul Fabie, doctorant en ethnologie au Centre de recherches du Brésil colonial et contemporain (CRBC - Mondes Américains), sous la direction de Véronique Boyer. Sa thèse porte sur les conflits fonciers qui opposent une population Guarani, les Paĩ Tavyterã/Kaiowa et les producteurs de soja à la frontière entre le Mato Grosso du Sud au Brésil et le département d’Amambay au Paraguay
  • Felipe Freller, titulaire d'un doctorat (2020) en sciences politiques de l'université de São Paulo (USP) et de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Felipe Freller est actuellement chercheur-post-doctorant au département de philosophie de l’Université Fédérale de São Carlos (Brésil), il est accueilli depuis novembre 2022 pour un séjour de recherche au Cespra (EHESS)
  • Felipe Linden, doctorant en Études politiques au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (Cespra) à l'EHESS, sous la direction de Frédéric Brahami et de Jean-Claude Monod. Son sujet porte sur le peuple comme sujet politique : analyse critique de la notion de populisme
  • Carolina Rezende, doctorante au Centre de recherches historiques (CRH) à l’EHESS sous la direction de Sabina Loriga. Son sujet de thèse porte sur les victimes de la dictature militaire brésilienne, le statut d’amnistié politique et les mobilisations pour une reconnaissance sociale au Brésil

Modératrice du débat :

  • Claudia Damasceno Fonseca, directrice d'études à l'EHESS, membre de l'UMR Mondes américains et du Centre de recherches sur le Brésil colonial et contemporain (CRBC)

Lieu

Campus Condorcet - Faculty Club
3, Cours des Humanités
93300 Aubervilliers

EHESS
CNRS

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Dernière modification :
03/02/2023