Publications

Bâtisseurs d'empire. Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes (XVe-XIXe siècle)

Bâtisseurs d'empire. Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes (XVe-XIXe siècle)

Alessandro Stanziani
Paris, Liber, Raisons d'agir, 2012
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, trois parmi les plus grands Empires de l’époque moderne voient le jour ou se consolident en Russie, en Chine et en Inde (avec les Moghols). Cet ouvrage rend compte de cet essor sans précédent. Dans les steppes d’Asie centrale autant qu’en Inde, la lutte pour les chevaux est impitoyable ; leur alimentation et celle des hommes est toute aussi importante que la qualité des sabres. Au-delà, l’organisation militaire exige une discipline, une administration fiscale et un système de recrutement sans faille. En Inde, des guerriers ascètes combattent à côté de paysans affamés et des cavaliers rajputs ; dans les steppes d’Asie centrale, les cosaques déferlent à côté des cavaliers nomades ; en Chine enfin, des paysans han, des criminels ordinaires et des guerriers mandchous sont recrutés. Les relations entre paysans, seigneurs, soldats et administration dessinent une architecture complexe. Jusque vers le milieu du XVIIIe siècle, ces trois Empires sont parmi les plus puissants au monde et personne n’aurait misé sur la suprématie mondiale de l’Europe. Pourtant, un siècle plus tard, cette hiérarchie aura été complètement bouleversée. L’Occident domine la planète, mais pour combien de temps ? Alessandro Stanziani, auteur majeur du changement de perspective propre à l’histoire globale, explique dans ce livre les raisons, et les ressorts, de ce prodigieux retournement.

ISBN : 978-2-912-10767-1
Rules of Exchange

Rules of Exchange

French Capitalism in Comparative Perspective, Eighteenth to Early Twentieth Centuries

Alessandro Stanziani
Cambridge, Cambridge University Press, 2012,  315 p.
Prix : 55£
The control of competition is designed, at best, to reconcile socio­economic stability with innovation, and at worst, to keep competitors out of the market. In this respect, the nineteenth century was no more liberal than the eighteenth century. Even during the presumed liberal nineteenth century, legal regulation played a major role in the economy. The industrial revolution was based on market institutions and organisations formed during the second half of the seventeenth century. If indeed there is a break in the history of capitalism, it should be situated at the turn of the nineteenth and twentieth centuries, with the eruption of mass production, consumption and the welfare state, which introduced new forms of regulation. This book provides a new intellectual, economic and legal history of capitalism from the eighteenth century to the early twentieth century. It analyses the interaction between economic practices and legal constructions in France and compares the French case with other Western countries during this period, such as the United Kingdom, the United States, Germany and Italy.
La juiverie de Tolède

La juiverie de Tolède

Jean Passini
Madrid, Editions du Sofer, 2011,  142 p.
Ce livre fait découvrir les vestiges des quartiers occupés par les Juifs au Moyen Âge et leur histoire. Il offre une lecture topographique de son évolution et les principaux éléments constitutifs à l’aide de cartes, de plans et de photos en couleur. Trois itinéraires de découverte des quartiers que les Juifs ont dû abandonner à la fi n du XVe siècle, sont proposés.

ISBN : 978-84-615-5214-6
Transmettre l'histoire juive

Transmettre l'histoire juive

Sylvie Anne Goldberg, Yosef Yerushalmi
Paris, Albin Michel, 2012,  304 p.
Prix : 24,9 €
Yosef Hayim Yerushalmi fut l’un des plus grands historiens du judaïsme. Cette série d’entretiens, menés peu avant sa mort, en 2009, par Sylvie Anne Goldberg rassemblent un matériau exceptionnel sur son itinéraire personnel et intellectuel. Véritable réflexion sur la rupture et la transmission, trame de l’histoire et de l’être juif dans le monde d’aujourd’hui, ce témoignage atteste également l’étonnante percée des problématiques de l’histoire juive dans l’histoire « générale », opérée par son intermédiaire. L’accueil réservé en France, en Italie et en Allemagne à l’auteur de Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, les débats engagés à la suite de son Moïse de Freud, les évocations émues des plus grandes figures de l’histoire juive, d’Isadore Twerski, Salo W. Baron et Gershom Scholem, dont il fut l’étudiant, le collègue et l’ami, sont autant d’évocations éclairantes de la vie de Yosef Hayim Yerushalmi. Accompagné d’un texte inédit en français, Clio et les Juifs, ce livre est également un document pour l’histoire de demain.

"Maison de l'Histoire de France". Enquête critique

Isabelle Backouche, Vincent Duclert
Paris, éditions de la Fondation jean jaurès, Les études, 2012,  347 p.
Prix : 12 €
Auschwitz, enquête sur un complot nazi

Auschwitz, enquête sur un complot nazi

Florent Brayard
Paris, Seuil, L'Univers historique, 2012,  528 p.
Prix : 24,30 €
On le sait depuis les procès de Nuremberg : la « solution finale de la question juive » était un secret d’État partagé par les plus hautes élites nazies qui connaissaient pertinemment le sort des Juifs européens déportés à l’Est : la mise à mort systématique, à Auschwitz ou à Treblinka. Si l’on en croit son Journal, néanmoins, Goebbels constituait une exception. Le ministre de la Propagande avait certes été informé du massacre des Juifs soviétiques puis polonais. Pour autant, il crut pendant longtemps que les Juifs déportés depuis l’Allemagne étaient concentrés à l’Est dans des ghettos, en attendant une future transplantation. Or ils étaient assassinés. Intime de Hitler et figure majeure du régime, Goebbels était-il le seul à ne pas savoir ? S’appuyant sur une très large documentation, Florent Brayard fait dans cette enquête le pari inverse : la singularité du cas Goebbels invite en réalité à repenser le secret qui entoura Auschwitz. Car les archives révèlent de nombreuses anomalies, passées souvent inaperçues, qui montrent que la « solution finale » fut durablement présentée au sein de l’appareil d’État comme une simple transplantation. De fait, même dans le Reich nazi, le meurtre de tous les Juifs européens constituait un acte hautement transgressif, que Hitler et Himmler avaient préféré cacher ? autrement dit, un complot. La conférence de Wannsee en janvier 1942 ne fut donc pas le moment où ce meurtre systématique avait été révélé : il fallut pour cela attendre octobre 1943 et les fameux discours de Himmler à Posen. De l’aveu même de l’orateur, tout, ou presque, était alors achevé.

ISBN : B006ZEDO12
Fiche éditeur : http://www.seuil.com
Aux origines  du judaïsme

Aux origines du judaïsme

Jean Baumgarten, Julien Darmon [dir.]
Paris, Actes Sud- LLL.Les Liens qui Libèrent, 2012,  528 p.
Prix : 38€
Voici un livre qui, sans conteste, deviendra la référence. Écrit par d’éminents spécialistes issus des plus prestigieuses institutions et universités, il donne à voir et à comprendre l’histoire du judaïsme et du peuple juif. Les origines, les évolutions, les constances ou les ruptures, mais surtout, parce qu’il s’agit de l’histoire d’une nation qui fut longtemps sans État ni territoire géographique, dont les menbres parlaient une grande diversité de langues et s’exprimaient à travers des traditions très différentes, l’histoire de ses singularités : les cultures, la religion, les modes de vie, la production intellectuelle, la force de ses symboles et de son imaginaire. Tels sont les grands thèmes qui constituent le livre : le monde de la Torah, les origines du midrash, l’interprétation talmudique, la philosophie dans la tradition, l’histoire de la kabbale, les origines du hassidisme, les dissidences, la liturgie dans la vie juive, les naissances du judaïsme séfarade et ashkénaze, l’histoire des communautés et des institutions sociales, l’essor des modernités juives, le sionisme, le judaïsme aujourd’hui… Il est frappant de constater que, si l’histoire du peuple juif est pour une bonne partie celle d’un exil politique, elle est aussi celle d’un exil existentiel : comment réconcilier le ciel et la terre, l’idéal qui s’exprime dans les livres et le réel souvent tragique. Mais également combien « la conception lacrymale de l’histoire juive » affleure à peine : si le ghetto et les persécutions marquent le quotidien des Juifs, la « vraie vie » est bien davantage entre les lignes du Talmud, du Midrash ou de la kabbale. Le volume, en retour, déconstruit l’idée selon laquelle l’histoire juive serait une non-histoire, une vie hors du temps, suspendue à une attente passive : au contraire, les facettes de la vie de l’esprit juif s’exprime sur le mode d’une authentique progression historique et se réinvente constamment. Au moment où le peuple juif et l’histoire du judaïsme ont donné lieu à des ouvrages contestables et souvent lacunaires, ce livre, par sa grande érudition et sa hauteur de vue, arrive à point nommé.

ISBN : 978-10-209-003-6
Pierre de Jean Olivi

Pierre de Jean Olivi

Traité des contrats

Sylvain Piron
Paris, Les Belles Lettres, 2012,  448 p.
Prix : 27 €
Rédigé à Narbonne vers 1293-1295, le Traité des contrats du grand théologien franciscain Pierre de Jean Olivi est le pionnier d’un genre appelé à un large développement. Tirant les conséquences de règles et de notions élaborées par les traditions juridiques, théologiques et philosophiques du treizième siècle, Olivi aborde le champ des relations économiques dans sa globalité, du point de vue d’une théologie morale attentive à la liberté des acteurs et respectueuse de la capacité normative des communautés politiques. Par la vigueur et l’acuité de ses analyses, l’ouvrage mérite d’être considéré comme un moment d’origine de l’histoire de la pensée économique occidentale. Ses réflexions sur les déterminants de la valeur des biens et services ou sur le profit futur d’un « capital » investi dans des opérations commerciales ont fourni la trame des discussions ultérieures. Découvert dans les années 1970, le texte d’Olivi avait suscité des réactions contrastées. Cette nouvelle édition critique, mettant à profit des témoins supplémentaires, résout les principales difficultés qui entravaient la compréhension du Traité. La présentation et les commentaires, qui visent à situer l’ouvrage dans ses différents contextes d’interprétation, permettent d’expliquer un paradoxe apparent. L’un des partisans les plus décidés de la pauvreté franciscaine a en même été le penseur le plus perspicace de l’économie médiévale.

ISBN : 978-2-251-600005-4
Le syndrome de Babylone

Le syndrome de Babylone

Géofictions de l'apocalypse

Alain Musset
Paris, Armand Colin, 2012,  355 p.
Prix : 22,50€
L´humanité a pour vieille compagne l´angoisse de sa destruction. On trouve toujours un présage à interpréter ou un prophète pour annoncer que l´heure est proche.  La menace change, mais le châtiment reste le même. Les hommes ont déçu leur Créateur ou trahi la Nature. Ils doivent affronter la fi n du monde, ou du moins, la fin d´un monde. Les villes sont condamnées à la destruction : l´antique Babylone n´est-elle pas le réceptacle impur de tous les maux terrestres ?  La science-fiction s´est emparée de ce thème, puisant dans les cosmogonies les plus anciennes, dans la Bible et l´Apocalypse de Jean, réinterprétant aussi les découvertes astronomiques. L´imagination est sans limite, mais elle se façonne au miroir du monde réel, où l´homme se sent de plus en plus vulnérable.  Géographe de la ville, amateur éclairé de science fiction, Alain Musset, nous fait partager sa passion encyclopédique pour un genre qui dit bien plus qu´il n´y paraît.

ISBN : 2200275366
La historia es un árbol de historias

La historia es un árbol de historias

Historiografía, política, literatura

Jordi Canal Morell
Zaragoza, Prensas de la Universidad de Zaragoza, 2014,  340 p.
Prix : 22€

La historia es un árbol de historias constituye una reflexión sobre algunos puntos esenciales del oficio de historiador, desde el espíritu crítico y el compromiso hasta la escritura, la complejidad, la problematización o la voluntad por acercarse a los verdaderos protagonistas del pasado. Tres elementos articulan el conjunto: el interés por las cuestiones historiográficas, la exploración del territorio de una historia política renovada y la reflexión sobre las relaciones entre historia y literatura.


ISBN : 978-84-16028-98-6
Fiche éditeur : http://puz.unizar.es/
Paris, ville ouvrière

Paris, ville ouvrière

Maurizio Gribaudi
Paris, La Découverte, 2014,  400 p.
Prix : 29€

Les historiens qui se sont intéressés au Paris de la première moitié du XIXe siècle ont souvent célébré la modernité de la ville bourgeoise qui se développe à l'ouest et autour des Grands Boulevards, et considéré les quartiers du centre et de l'est comme des espaces structurellement immobiles et à l'écart du progrès.
S'appuyant sur des archives peu explorées, voire inédites, ce livre propose une vision renouvelée de ce Paris populaire : il montre au contraire qu'il s'agit de lieux extrêmement dynamiques, dans lesquels se développent des formes de production tout aussi novatrices qu'économiquement efficaces. Et dans lesquels se construit progressivement un modèle de modernité propre au monde ouvrier, fondé sur la demande de démocratie locale et sur une vision participative de la société. Derrière les représentations de la modernité du Paris bourgeois, si souvent célébrée, on lit donc la présence d'une autre modernité, qui a germé dans l'horizon ouvrier de la première moitié du XIXe siècle et fleuri le temps d'un instant dans les printemps 1848 et 1871.
Si la répression de ces mouvements a brisé cet élan, le souvenir de la République démocratique et sociale rêvée par le mouvement ouvrier a cependant laissé ses traces dans la société française, et l'on voit aujourd'hui ressurgir certaines thématiques qui en sont héritées (la demande de démocratie directe et de nouvelles formes d'organisation du travail, le modèle associatif comme base de solidarité nationale).
Enrichi par de nombreux documents d'époque et une cartographie originale, le livre de Maurizio Gribaudi offre une immersion passionnante dans ce Paris ouvrier du XIXe siècle.

Negotiating Knowledge in Early Modern Empires

Negotiating Knowledge in Early Modern Empires

László Kontler, Antonella Romano, Silvia Sebastiani, Borbála Zsuzsanna Török (eds.)
Londres, Palgrave Macmillam, Palgrave Studies in Cultural and Intellectual History, 2014,  288 p.
Prix : 60£

Le renouveau récent des études impériales et celui, conjoint, de l’histoire des sciences ont profondément marqué le paysage historiographique actuel. A la croisée de ces deux domaines, ce volume propose de mettre en lumière les mécanismes multiples et multi-scalaires de production des savoirs à l’âge moderne, en adoptant une approche décentrée : les travaux réunis ici, qui émanent de spécialistes de générations et de formations académiques distinctes, partagent un même souci de porter leur regard sur des formes de concurrences entre des empires, contigus ou non, européens et non-européens, dans les processus de production et de contrôle des savoirs. Les études invitent à éclairer la variété des configurations impériales qui se confrontent tout au long de l’âge moderne et les types de savoirs que développent de telles confrontations, ainsi que les formes de la mobilisation d’acteurs, professionnels et non-professionnels, dans des échanges locaux, régionaux ou globaux.

Outre celles des éditeurs, il réunit les contributions de Gábor Almási (Ludwig Boltzmann Institute for Neo-Latin Studies, Austria), Catherine Jami (Centre Chine, Ehess-CNRS), Stéphane Van Damme (European University Institute, Italie), Marcelo Fabián Figueroa (Universidad Nacional de Tucuman, Argentina), Catarina Madeira-Santos (CEMAf, EHESS). Grâce à la mise en commun de leur expertise, les situations considérées dans ce volume se déploient à travers un vaste ensemble territoires, qui incluent ceux du Saint Empire, de la Chine, de la France, de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, ainsi que l’empire britannique.


The contributions to this volume are united by a common interest in the practices that shaped 'science' in the early modern period, with a special emphasis on the ones bred by the emulation, competition, and conflict that encounters across the globe between different cultural and political entities generated. What it attempts is not simply another contribution to the relatively recent but already respectable tradition of 'science and empire.' Rather than adding further nuance to our understanding of the routes in which the negotiations of knowledge between metropolises and provinces ultimately tended to determine the course of Europe's rise to world hegemony, or of the local dimension of western knowledge production, the volume takes a 'decentered' look at early modern empires. There are various ways in which such a 'decentering' approach is carried out in the individual contributions. All the chapters deal with European empires, but the angle from which this is pursued has been marked out by the lessons drawn from the non-Eurocentric studies referred to below. This focus is the result of both a contingency and of a state of the art: the contingency derives from the fact that most of the contributors are specialists of European empires; but, on the other side, we may acknowledge with regard to the period under consideration that historiography is still highly unbalanced. This is true not only if we compare European and non-European empires, but also if we pay attention to Europe itself, where the divide between the western and the eastern part of the continent has been overstressed by the 'great divergence' between western and eastern historiographies throughout the twentieth century. To some extent, this is one of the novelties of the volume: it builds upon an unconventional geographical set of cases, embracing the Holy Roman Empire, Spain, as well as China.


ISBN : 9781137483997
Fiche éditeur : http://www.palgrave.com/
Measuring Agricultural Growth

Measuring Agricultural Growth

Land and Labour Productivity in Western Europe from the Middle Ages to the Twentieth Century (England, France and Spain)

Gérard Béaur et Jean-Michel Chevet (eds)
Turnhout, Brepols, Comparative Rural History of the North Sea Area, 2014,  191 p.
Prix : 69 €

En se portant à nouveau sur la double question de la production et de la productivité agricole, ce livre ouvre une fois de plus le dossier de la croissance dans le domaine agricole et des incertitudes qui continuent d’entourer son irruption dans les sociétés européennes.  A travers  les 8 contributions qui composent l’ouvrage il s’agit de proposer une autre manière de concevoir ce changement inédit en présentant de nouvelles approches, de nouvelles méthodes et une nouvelle manière d’articuler les analyses micro et macro. 

Mais il s’agit aussi de rompre avec l’illusion d’un  modèle anglais ou anglo-hollandais unique et dominateur et de porter un regard critique sur la prise de position trop simple qui consiste à tout interpréter en termes d’avance et de retard et à considérer qu’en dehors  d‘une zone privilégiée, aucune innovation ne serait possible, en faisant fi des logiques contextuelles qui rendent mieux compte des orientations économiques prises par les producteurs. Ce faisant, ce recueil doit permettre de s’abstraire de l’éternel face-à-face franco-anglais et de rebattre les cartes en prenant au sérieux l’intrusion d’un autre pays soumis à des conditions naturelles et institutionnelles spécifiques : l’Espagne. Sans véhiculer des idées préconçues, il entend soumettre à l’expérience historique et à l’analyse statistique quelques-unes des voies empruntées par des agricultures pour surmonter les contraintes auxquelles elles étaient soumises.

En franchissant allégrement les bornes chronologiques traditionnelles et en examinant les conditions de production à différentes échelles, en des époques différentes et en des lieux différents, les articles qui sont ici présentées constituent autant  d’intrusions sur un champ qui garde toute son importance pour nos sociétés contemporaines, alors que la question du devenir alimentaire d’une bonne partie de la planète conserve son acuité et son caractère d’urgence.


ISBN : 978-2-503-51986-9
Richelieu et l’écriture du pouvoir.

Richelieu et l’écriture du pouvoir.

Autour de la Journée des dupes

Christian Jouhaud
Paris, Gallimard, L’Esprit de la cité, 2015,  341 p.
Prix : 21,90€

On a beaucoup écrit sur la Journée des Dupes, souvent la même chose : un jour Richelieu est congédié, le lendemain il triomphe, élimine ses ennemis et poursuit son éclatante carrière au cœur des rouages du pouvoir monarchique. Mais cet épisode ne se réduit pas à la narration qui prétend le restituer. Il s’insère dans une suite d’événements, qui le produit et lui donne sens.

Christian Jouhaud reconstitue cette crise politique dans sa longue durée. Il en retrouve les protagonistes célèbres ou moins connus, scrute les décors et les lieux, met au jour les enjeux visibles, les passions dissimulées, les non-dits et les arrière pensées. Défilent ainsi sous un éclairage parfois surprenant les figures attendues de Louis XIII, roi de cérémonie et de violence, de la reine mère, d’un Richelieu tacticien de la puissance de l’État autant que de sa propre histoire ; mais encore les vaincus de cette crise, un Marillac, un Bassompierre, qui en portent témoignage du fond de leur défaite.

L’histoire du pouvoir politique n’a de meilleure voie d’accès que de disséquer un Événement, comme dans une autopsie, pour en explorer les ramifications et les replis. Mais cette histoire n’est intelligible que dans les traces écrites qui disent les actions du pouvoir et dans le travail d’écriture conçu par le pouvoir pour s’inscrire dans le temps.


ISBN : 978-2070735259
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr/
Max Webers historische Sozialökonomie.

Max Webers historische Sozialökonomie.

L’économie de Max Weber entre histoire et sociologie

Hinnerk Bruhns
Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, Studies in Cultural and Social Sciences/Kultur- und sozialwissenschaftliche Studien- Vol XXVI, 2014,  570 p.
Prix : 54€

La sociologie de Max Weber se distingue par sa dimension fondamentalement historique et économique. Les travaux réunis dans ce volume éclairent le rapport entre économie et histoire, mais aussi entre économie antique et économie moderne dans les recherches de Weber. Hinnerk Bruhns met en évidence le rôle cardinal que le grand sociologue attribue à la ville occidentale dans le processus d’émergence du capitalisme moderne et réexamine les dimensions politique, anthropologique et d’histoire universelle propres à son œuvre. De ce point de vue, l’analyse des lectures de Weber faites par des auteurs comme Fernand Braudel, Christian Meier et Wilhelm Hennis jette une nouvelle lumière sur des thèmes centraux de sa réfl exion théorique et méthodologique.


ISBN : 978-3-447-10309-1
Fiche éditeur : http://www.harrassowitz-verlag.de
La Folie Dartigaud

La Folie Dartigaud

Christian Jouhaud
Paris, Editions de l'Olivier, Penser/Rêver, 2015,  87 p.
Prix : 14€

Dartigaud a-t-il existé ? Oui et non. Ce livre est le fruit de cette incertitude. Vie d’un historien – ombre inquiétante de l’auteur – essai sur l’écriture de l’histoire, souvenir d’une puissance inexpliquée : la folie du personnage, engendrée par l’avidité d’un rapport déréglé au passé, produit une science historique sans recoins sombres ni portes dérobées. Dans ce livre à surprises, on croise un meurtrier condamné à mort, un policier devenu tenancier de bistrot, quelques grandes figures des sciences sociales naissantes, un curé-poète du XVIIe siècle et aussi François Mauriac et Henri de Toulouse-Lautrec. Et même un psychanalyste sans nom et sans visage qui constate un jour que Dartigaud n’a plus d’ombre. Est-il donc guéri ?

Les mots du Saint-Empire

Les mots du Saint-Empire

(Glossaire)

Falk Bretschneider et Christophe Duhamelle (dir.)

L’une des difficultés auxquelles est confronté l’historien français lorsqu’il se consacre au Saint-Empire de l’époque moderne est de non seulement comprendre, mais également traduire les « termes techniques » souvent d’autant plus malaisés à rendre en français qu’ils correspondent à des réalités sui generis.

Entre 2012 et 2014, le séminaire « Droit, espaces, appartenances : étaticités fractales à l’époque moderne » de l’EHESS (animé par Falk Bretschneider et Christophe Duhamelle) a consacré plusieurs séances au problème de la traduction. Cette réflexion collective a débouché sur le glossaire Les mots du Saint-Empire désormais disponible en ligne. La diversité des auteurs reflète le travail commun et les choix de traduction ont tous été discutés.

Ils reposent sur la combinaison de plusieurs exigences : l’exactitude la plus grande, bien sûr ; mais aussi les usages reçus, quand ils existent (la consultation de traités français d’Ancien Régime abordant les institutions impériales permet parfois d’établir l’ancienneté de ces usages) ; le souci d’éviter l’anachronisme (qui conduit à préférer Saint-Empire à « Empire » tout court ou à « Ancien Empire » qui serait la traduction littérale de l’expression allemande la plus courante, Altes Reich) ; et enfin la volonté de se garder des traductions d’apparence trop ésotérique. Le dosage entre ces exigences s’est effectué de façon pragmatique – le seul principe étant de ne pas reprendre les termes allemands, solution de facilité qui limite l’accès des non-spécialistes aux travaux traitant du Saint-Empire.

Le choix a également été fait d’un format uniforme des notices. Il ne s’agit pas uniquement d’un glossaire de traduction : en proposant des définitions précises retraçant le contexte historique, l’ensemble a également l’ambition de constituer une petite introduction aux réalités, surtout institutionnelles, du Saint-Empire – les renvois internes facilitent cette découverte. Mais il s’agit aussi d’un glossaire de traduction, qui signale donc lorsqu’il y a lieu les solutions alternatives et les problèmes que pose tel ou tel terme.

Bien sûr, Les mots du Saint-Empire est un instrument qui ne se veut ni définitif (il sera complété au fur et à mesure par d'autres notices), ni prescriptif. Il souhaite modestement contribuer à l’émergence d’un consensus sur les solutions de traduction, et donc à rendre plus accessibles, y compris pour les non-spécialistes, les textes concernant le Saint-Empire. Il n’est pas le seul à le faire – et, pour ne citer qu’un exemple, on trouvera aussi des traductions possibles dans une entreprise d’une envergure bien plus grande, le Dictionnaire historique de la Suisse, disponible en ligne et en trois langues.. Nous souhaitons que le glossaire Les mots du Saint-Empire suscite l’intérêt du lectorat le plus large possible et qu’il contribue à rendre plus familier, en particulier chez les modernistes, le monde un peu particulier – mais en rien « incomparable » – du Saint-Empire romain de nation germanique.

Falk Bretschneider et Christophe Duhamelle

 

Les sigles placés en bas des articles désignent les auteurs suivants :

CD=Christophe Duhamelle, CR=Clarisse Roche, FB=Falk Bretschneider, JDDL= Jean-Dominique Delle Luche, VD = Vincent Demont, JG=Juliette Guilbaud, MND=Marie-Noëlle Drion, RR=Rachel Renault, SS=Sébastien Schick

En savoir plus

Dynamique et résilience des réseaux routiers : archéogéographes et archéologues en Île-de-France

Dynamique et résilience des réseaux routiers : archéogéographes et archéologues en Île-de-France

Supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France

Tours, FERACF, 2015,  259 p.
Prix : 29€

L'analyse croisée des cartes et photographies aériennes avec l’archéologie montre que d’anciens axes de circulation se sont transmis dans nos paysages actuels. Ces dernières années, ces recherches sont apparues particulièrement pertinentes pour comprendre la résilience des organisations spatiales sur la longue durée. C’est pourquoi le programme collectif de recherche Dynarif (Dynamique et résilience des réseaux routiers en Île-de-France) a été constitué de façon à étudier les voies de manière diachronique.

Le corpus de structures fouillées a été systématiquement remis dans son contexte historique et géographique grâce à la documentation planimétrique et textuelle. Dépassant la collection de tronçons, les auteurs saisissent l'organisation en systèmes de voies, ce qui permet d’intégrer un ensemble large d’objets, associant à la fois les routes construites, mais aussi les chemins informels ou les simples traces de circulation. Des protocoles et des outils (typologie, vocabulaire descriptif, bases de données cartographiques et bibliographiques géoréférencées accessibles en ligne) sont proposés pour faciliter le repérage et l’enregistrement de ces données.

Les auteurs retracent l'histoire des réflexions relatives à la route, telles qu'elles sont mobilisées par l'archéologie, de façon à réinterroger, en partant du terrain, les concepts, les méthodes et les vocabulaires. La portée des résultats dépasse ainsi le cadre régional de l’étude et participe au renouveau actuel de la réflexion concernant les voies de circulation, en sciences humaines et sociales.


ISBN : 978-2-913272-38-5
La place financière de Paris au XXe siècle

La place financière de Paris au XXe siècle

Des ambitions contrariées

Laure Quennouëlle-Corre
Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France / IGPDE, 2015,  512 p.
Prix : 39€

La place financière de Paris s’inscrit depuis le XIXe siècle dans le peloton de tête des grandes places internationales. Elle n’a cependant pas été exempte de phases de repli et de déclin qui ont alterné avec des périodes de rayonnement et de dynamisme.En se situant résolument dans une perspective internationale, cet ouvrage s’attache à expliquer comment et pourquoi la place de Paris a vu ses visées expansionnistes déçues et ses ambitions contrariées tout au long du XXsiècle.

À travers le prisme des institutions boursières, des banques et du rôle de l’État se dessinent les grandes lignes de force de l’évolution de la place, les ruptures et les continuités, les phases de réforme et d’ouverture. Quels sont, parmi ces grands acteurs institutionnels, ceux qui ont porté les grandes réformes financières, facteurs du rayonnement international de Paris ? Comment s’est articulé au fil du temps le processus de modernisation avec celui de l’internationalisation de la place ? Comment expliquer le décalage entre le discours volontariste des acteurs de la place et la lenteur des réalisations ? Autant de questions qui renvoient à celle des rapports fluctuants entre État et marché et qui constituent un point d’entrée vers une réflexion plus vaste sur les rapports ambivalents de la société française avec ce dernier. Un sujet toujours d’actualité.


ISBN : 978-2-11-129382-3
La Bibliothèque française (1667)

La Bibliothèque française (1667)

Charles Sorel

Édition critique réalisée par Filippo d’Angelo, Mathilde Bombart, Laurence Giavarini, Claudine Nédelec, Dinah Ribard, Michèle Rosellini et Alain Viala
Paris, Honoré Champion, 2015,  680 p.
Prix : 130€

La Bibliothèque française de Charles Sorel n’est jamais tombée dans l’oubli, mais n’a jamais été vraiment lue. Cette oeuvre se présentait comme un catalogue des livres français disponibles à la date de sa parution (1664-1667) : elle a été utilisée ainsi. Aujourd’hui chercheurs et étudiants y glanent des titres et des noms d’auteurs, en consultent les notices et les corpus spécifiques composés à l’usage d’un public que l’auteur espérait nombreux et varié. Mais ce « Livre qui parle des Livres » ouvre d’autres perspectives passionnantes. Archive pour l’histoire de l’édition, il présente un état des lieux de la librairie française au milieu du XVIIe siècle. Il marque l’histoire de la lecture d’une empreinte décisive par l’attention que porte son auteur à  l’information et à la formation du lecteur. Il participe à l’effervescence critique du temps, et collabore activement à la construction d’une histoire littéraire de la France que poursuivront méthodiquement les XVIIIe et XIXe siècles. Il offre un aperçu important sur la manière dont Sorel a construit son parcours d’auteur de livre en livre. Il témoigne enfin, grâce à la curiosité inlassable de Sorel pour les faits littéraires, de la diversité des formes de savoir, des courants de pensée, et des « genres d’écrire » explorés en cette période féconde de l’histoire des « belles-lettres », que l’on aurait tort de réduire au classicisme. Cette édition critique est la première ; elle accompagne le texte d’une série de dossiers mettant en lumière et en perspective ses principaux enjeux afin de permettre de le lire enfin pour lui-même.


ISBN : 9782745323910
Pierre Mendès France.

Pierre Mendès France.

Pour une République moderne

Alain Chatriot
Paris, Armand Colin, Nouvelles biographies historiques, 2015,  320 p.
Prix : 22€

Quand on évoque la personne de Pierre Mendès France, on pense à ce qu’il représente dans la mémoire collective : un homme politique de gauche qui n’a que brièvement exercé le pouvoir, un partisan du discours de vérité estimé pour son incarnation de la rectitude morale, un adepte de la rigueur dans la gestion de l’économie, un adversaire des guerres coloniales, un soutien des étudiants en mai 68, un promoteur de la paix au Proche-Orient. Mais aussi un jeune député radical soutenant le Front populaire, un résistant et un Français libre, un ministre du général de Gaulle à la Libération. Pierre Mendès France fut tout cela.
L’ouvrage retrace son parcours en tant que chef de gouvernement de juin 1954 à février 1955, puis en opposant farouche à l’instauration de la Ve République, si loin de la « République moderne » qu’il appelle de ses vœux.
Cette biographie historique permet d’entendre la voix de Mendès France à travers ses discours et ses écrits pour aller au-delà du mythe « PMF ». Elle tient compte des travaux des chercheurs en sciences sociales pour mieux comprendre les contextes de son action et restituer toute l’originalité d’une trajectoire politique, qui continue de questionner la gauche française aujourd’hui.


ISBN : 978-2200603199
Partir pour la Grèce

Partir pour la Grèce

François Hartog
Paris, Flammarion, Histoire, 2015,  285 p.
Prix : 23,90€

« La Grèce antique est la plus belle invention des temps modernes », écrivait Paul Valéry. En 1964, Roy Lichtenstein lui faisait écho en présentant Le Temple d’Apollon comme un stéréotype publicitaire, emblème d’une Grèce de carte postale devenue objet de tourisme et de consommation. Provocation, la toile du maître du Pop art, à l’instar de la sentence de Valéry, invite à nous interroger sur notre rapport à l’objet « Grèce ». L’héritage, si longtemps placé au cœur de la culture européenne, est composé de multiples voyages vers un objet façonné et refaçonné au fil des siècles. De quelles significations la Grèce a-t-elle été successivement porteuse, à Rome, au Moyen Âge, à la Renaissance et depuis la Révolution française ? De quelles manières a-t-elle aidé à définir les identités culturelles ou nationales, la démocratie, l’histoire ? Et quel sens peut-il y avoir, aujourd’hui encore, à « partir pour la Grèce » ? François Hartog, par une réflexion lumineuse qui nous conduit d’Hérodote à Jean-Pierre Vernant, en passant notamment par Plutarque, Montaigne ou Fustel de Coulanges, permet de comprendre l’émergence et les transformations de ce repère majeur de la pensée occidentale qu’on appelle la Grèce. 


ISSN : 978-2081337978

ISBN : 2081337975
Fiche éditeur : http://editions.flammarion.com/
Les images dans l'Occident médiéval

Les images dans l'Occident médiéval

Jérôme Baschet et Pierre-Olivier Dittmar (dir.)
Turnhout, Brepols, L'Atelier du médiéviste- Vol 14, 2015,  508 p.
Prix : 65 €

Les images ont, depuis quelques décennies, acquis droit de cité parmi les documents qui apportent leur contribution à la compréhension des sociétés de l’Occident médiéval. Cependant, la tâche n’a rien d’aisée, car l’analyse des œuvres visuelles confronte à des difficultés particulières et les historiens, surtout familiers des textes et des matériaux archéologiques, ne sont pas forcément bien armés pour les étudier, dans le respect de leurs modes d’expression et de fonctionnement propres. Destiné à la fois aux historiens et aux historiens de l’art, ce volume se veut, selon l’esprit de la collection, une introduction et une aide concrète, susceptible d’accompagner pas à pas les étudiants, les jeunes chercheurs et tous les passionnés d’art médiéval, qui souhaitent comprendre les images du Moyen Âge (miniatures, sculptures, mobilier, vitrail, retables, peintures murales, etc.) et appréhender leur rôle au sein de la société.

Cet ouvrage est réalisé par une quarantaine d’auteurs de nationalités diverses (France, Belgique, Italie, Brésil, Corée, États-Unis, Pays-Bas, Allemagne, Roumanie, Russie, Suisse), de Michel Pastoureau à Jean Wirth, de Claudial Rabel à Cristina Pereira, anciens étudiants ou collègues proches de Jean-Claude Schmitt, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris), qui a renouvelé l’approche des images médiévales et à qui est dédié cet ouvrage.


ISBN : 978-2-503-55158-6
Maurice Halbwachs

Maurice Halbwachs

La Psychologie collective

Présentation et notes par Thomas Hirsch
Paris, Flammarion, Champs classiques, 2015,  384 p.
Prix : 14€

« Père moderne des études sur la mémoire », Maurice Halbwachs est désormais un classique pour la sociologie et pour l’ensemble des sciences humaines. Philosophe de formation, passé à la sociologie en même temps qu’il ralliait les causes dreyfusarde et socialiste, il s’est imposé, dans l’entre-deux-guerres, comme une des principales figures de l’école sociologique française fondée par Émile Durkheim, avec en point d’orgue son élection au Collège de France en 1944 dans une chaire de « psychologie collective ». On attendait de son enseignement dans la prestigieuse institution qu’il apporte la touche finale à une œuvre protéiforme. Mais, déporté à Buchenwald où il mourut le 16 mars 1945, Maurice Halbwachs n’eut pas même l’occasion de prononcer sa leçon inaugurale. Cette ultime synthèse existe pourtant bel et bien, dans un cours de psychologie collective donné en Sorbonne au tournant des années 1940, dont il n’existait jusque-là que quelques copies ronéotypées. Pensé comme une introduction générale à la sociologie, ce cours, dans lequel, préfigurant la démarche de Pierre Bourdieu, il se confronte à la question de la singularité individuelle, se trouve ici édité pour la première fois.

Maurice Halbwachs(1877-1945), sociologue, est notamment l’auteur des Cadres sociaux de la mémoire(1925), des Causes du suicide(1930) et de La Mémoire collective(1949).

Petrus Iohannis Olivi

Petrus Iohannis Olivi

Postilla super Iob

Alain Boureau (ed.)
Turnhout, Brepols, Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis (275), 2015,  676 p.
Prix : 360€

Ce volume poursuit, dans le Corpus Christianorum, après les commentaires des lettres aux Romains et Corinthiens (CC CM 233), la série des œuvres exégétiques du franciscain Pierre de Jean Olivi (vers 1247-1298), auteur dont on a redécouvert récemment l’importance capitale. Dans ce long commentaire sur le livre de Job du début des années 1290, Olivi introduit un exposé détaillé de son eschatologie, si importante pour le courant des Spirituels franciscains. Ce texte utilise et critique le commentaire de Thomas d’Aquin, mais aussi celui de Richard de Mediavilla.


ISBN : 978-2-503-55467-9
Genèse des marchés

Genèse des marchés

Françoise Bayard, Patrick Fridenson et Albert Rigaudière (dir.)
Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France / IGPDE, 2015,  94 p.
Prix : 29€
Du Moyen Âge à aujourd’hui ce livre présente non pas un marché unique et omnipotent, mais des marchés : ceux de l’information, des capitaux, des produits et des services, de l’immobilier, de la terre et du travail. Ils sont vus comme des institutions concrètes et des espaces socio-économiques où s’affirment des pratiques de l’échange inégal, où s’expriment des hommes et des femmes pleins de projets comme d’inquiétudes et où se confrontent des manières de penser l’économie, la société, la culture. Le livre ne se borne donc pas à les prendre comme des mécanismes qui contribuent à coordonner les actions et les décisions d’agents en principe indépendants et qui donnent matière à conceptions intellectuelles et politiques. Il fait leur part respective aux marchés et aux biens publics.

Pour comprendre l’émergence et les transformations des marchés dans le temps et l’espace, ce livre offre trois perspectives complémentaires. Les différentes échelles d’abord. Les places de marché, de la ville médiévale aux marchés financiers d’aujourd’hui. Les échanges entre marchés, depuis le colportage, les marchés et les foires locaux, le commerce intérieur jusqu’au commerce international, depuis la circulation des écrits jusqu’aux échanges numériques dématérialisés, de l’économie souterraine aux grands marchés continentaux.

Ensuite les différences et convergences entre les valeurs et l’impact des trois grandes religions révélées sur les pratiques successives des acteurs comme des pouvoirs publics et sur la moralité des affaires. Enfin la diversité et les contradictions des doctrines économiques que développent les entreprises, les administrations et les États, ou qui naissent de la pratique des comptables et des ingénieurs, ou que créent les universitaires.
Ce livre répond à l’intensité des questions actuelles sur les marchés, leur accès, leurs règles, usages, réseaux, dynamiques et crises en associant les travaux d’historiens, juristes, économistes, sociologues et les témoignages d’acteurs publics et privés.

ISBN : 978-2-11-129385-4
Fiche éditeur : http://www.economie.gouv.fr/igpde-editions-publications/
Ressources publiques et construction étatique en Europe XIIIe-XVIIIe siècle

Ressources publiques et construction étatique en Europe XIIIe-XVIIIe siècle

Katia Béguin
Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France / IGPDE, Ancien Régime, ,  298 p.
Cet ouvrage présente, dans une perspective comparatiste et sur la longue durée, les moyens de mobilisation des ressources publiques des États médiévaux et modernes, dont les besoins de fonds sont accrus par les guerres. Couvrant six siècles de l’histoire de l’Europe occidentale, les contributions étudient les transformations des méthodes de financement (émission monétaire, fiscalité, emprunt public à court ou long terme, forcé ou volontaire, vente d’offices) et les institutions, les acteurs, les marchés primaire et secondaire des titres de dette. Elles interrogent les modèles d’organisation politique et leurs interactions avec le drainage efficace de l’argent, la construction d’une information statistique, financière et fiscale et son impact sur la prise de décision des gouvernants.

Elles invitent à examiner l’impact des innovations financières, les différents modes d’anticipation des ressources et les effets macroéconomiques des mécanismes de mobilisation de la richesse privée. Elles explorent l’influence de déterminants tels que les dimensions spatiales des États,les régimes politiques, l’inégale distribution des richesses, l’utilisation du privilège, les différents degrés de risque imposés aux prêteurs, pour expliquer comment et pourquoi un mode de financement l’emporte ici et non ailleurs.

ISBN : ISBN 978-2-11-129381-6
Arnoldus Leodiensis

Arnoldus Leodiensis

Alphabetum Narrationum

Elise Brilli (ed.), avec la collaboration de Jacques Berlioz et Marie-Anne Polo de Beaulieu
Turnhout, Brepols, Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 2015,  752 p.
Prix : 435€

Le Alphabetum Narrationum, attribué aujourd’hui au dominicain Arnold de Liège, et composé en latin au début du XIVe siècle, est l’un des plus importants recueils, tant par sa taille que par son originalité, de récits exemplaires du Moyen Âge. Comme son titre l’annonce, il se caractérise par l’adoption d’un critère d’organisation de la matière narrative de type alphabétique: plus de huit-cents récits sont classés par les soins d’Arnold sous plus de cinq-cents entrées et ils sont normalement complétés par des renvois aux autres entrées du recueil pour lesquelles ils sont également pertinents. Ouvrage à la vocation quasi-encyclopédique, l’Alphabetum devient rapidement un ouvrage de référence, comme l’attestent la centaine de manuscrits conservés, les traductions vernaculaires précoces (en français, anglais et catalan), ainsi que l’usage de la part d’autres compilateurs. Cette édition met à la disposition des chercheurs le texte du recueil livré par le manuscrit Nouvelles Acquisitions latines 730 de la Bibliothèque nationale de France (XIVe siècle).


ISBN : 978-2-503-53200-4
Fiche éditeur : http://www.brepols.net/Pages/Home.aspx
Historia mínima de Cataluña

Historia mínima de Cataluña

Jordi Canal
Madrid-Mexico, Turner, ,  300 p.
Prix : 14,90€

Cet ouvrage raconte et analyse l'histoire de la Catalogne de façon normale, sans préjugés ni mythes, de manière dépassionnée et non linéaire, dans son contexte, et, également, en prêtant attention à sa complexité. C'est une histoire de la Catalogne, non une histoire du rêve de la Catalogne, comme on nous l'a tant de fois raconté depuis le XIXe siècle. Comme l'avait écrit en 1935 Vicens Vives, la seule histoire de la Catalogne que l'on puisse accepter, c'est celle qui ressort des documents et de l'examen attentif des contextes passés successifs. Toute la grandeur se trouve dans la simplicité complexe de cet objectif. Bien que la politique en constitue l'épine dorsale, ce livre traite en détail des aspects économiques, sociaux et culturels. On a privilégié quelques thématiques fondamentales, mythiques ou polémiques, auxquelles on a prêté une plus grande attention, depuis l'expansion méditerranéenne médiévale jusqu'à l'important développement de l'indépendantisme au cours des deux dernières décennies, en passant par des sujets comme le compromis de Caspe, le combat des paysans de "remensa", la guerre de Succession et 1714, l'industrialisation du XIXe siècle, la genèse du nationalisme catalan, le drapeau à quatre bandes, les événements d'octobre 1934, la littérature ou le pujolisme. Le livre est divisé en cinq parties, dans un ordre chronologique strict. La fin est imposée par le présent - l'été 2015 -, au moment où en Catalogne on vit des moments particulièrement agités, remplis d'interrogations.


ISBN : 78-84-16142-08-8
Fiche éditeur : http://www.turnerlibros.com/
Concepts, Methods and Tools.

Concepts, Methods and Tools.

Proceedings of the 42nd Annual Conference on Computer Applications and Quantitative Methods in Archaeology

François Giligny, François Djindjian, Laurent Costa, Paola Moscati, Sandrine Robert (ed.)
Oxford, Archaeopress, ,  649 p.
Prix : 75€

Ce volume rassemble une sélection d'articles proposés pour les Actes du 42e Congrès "Applications informatiques et méthodes quantitatives en archéologie" (CAA), qui s'est tenu à Paris 1 Panthéon-Sorbonne du 22 au 25 Avril 2014. Le programme du colloque avait été structuré en différents thèmes que les éditeurs ont maintenu dans l'agencement de ce livre : Historiographie ; Terrain et en laboratoire d'enregistrement des données ; Ontologies et les normes ; Internet et archéologie ; Systèmes d'information archéologiques ; SIG et analyse spatiale ; Mathématiques et statistique de l'archéologie ; 3D archéologie et d'archéologie virtuelle ; Systèmes multi-agents et la modélisation complexe du système.


ISBN : 978-1784911003
Fiche éditeur : http://archaeopress.com/
L'économie de Dieu

L'économie de Dieu

Famille et marché entre christianisme, hébraïsme et islam

Gérard Delille
Paris, Les Belles Lettres, 2015,  348 p.
Prix : 25,75€

Cet ouvrage explique pourquoi et comment, au cours de leur élaboration doctrinale puis de leur affirmation religieuse et politique (Ier millénaire après J.-C.), les trois religions monothéistes – hébraïsme, christianisme, islam – ont élaboré puis imposé des systèmes familiaux et de parenté distincts et consciemment opposés, créant entre elles des barrières culturelles et sociales infranchissables. Ces structures profondes ont persisté parfois jusqu'à nos jours. Elles ont eu, sur le plan économique et politique, des conséquences considérables : affirmation progressive d’un marché « libre » – en partie, aussi de l’État –, en Occident ; persistance du rôle dominant de l’État dans le monde musulman ; « économie de la diaspora » dans le monde juif.
L’Économie de Dieu analyse tous les principaux aspects de ces évolutions divergentes, renouvelant, dans ce domaine, les thèses de K. Marx, de M. Weber et de K. Polanyi. L’auteur pose sous un jour nouveau des problèmes d’une brûlante actualité.


ISBN : 978-2-251-38129-9
Fiche éditeur : http://www.lesbelleslettres.com
Les territoires de l'attente.

Les territoires de l'attente.

Migrations et mobilités dans les Amériques (XIXe-XXIe siècle)

Laurent Vidal et Alain Musset (dir.)
Rennes, PUR, 2015,  300 p.
Prix : 19€

Les phénomènes de mobilité et de déplacement s’affirment comme des caractéristiques majeures de nos sociétés contemporaines. Pour autant, loin d’être fluides, homogènes ou linéaires, ces déplacements sont ponctués de temps, plus ou moins longs, d’attente. Qu’ils aient pour origine des raisons techniques, administratives ou politiques, de tels moments trouvent bien souvent une traduction spatiale : des territoires accueillent ces sociétés en attente. Examiner ces territoires de l’attente et la multiplicité de formes qu’ils revêtent, en établir leurs dimensions, comprendre leurs statuts juridiques, leurs articulations avec l’espace environnant, leurs temporalités spécifiques, ainsi que la variété des jeux économiques et sociaux qui s’y déploient – tel est le défi que s’est donné un groupe d’historiens, géographes et sociologues.

Pour une telle enquête, les mondes américains, nés du déplacement (volontaire ou forcé) de populations d’origines diverses qui ont marqué de leur empreinte les territoires qu’elles se sont appropriés, s’offrent comme un terrain d’étude particulièrement adapté.

Cet ouvrage est organisé en cinq parties :

  • « Généalogie et enjeux des situations d’attente », qui vise à présenter l’attente comme état de la mobilité ;
  • « Quand l’attente définit le territoire », qui réfléchit aux implications spatiales des situations d’attente ;
  • « Pratiques sociales et jeux spatiaux dans les territoires de l’attente », qui s’interroge sur la façon d’habiter les territoires de l’attente ;
  • « Des identités en question dans les territoires de l’attente », qui discute les mutations identitaires à l’œuvre dans les situations d’attente ;
  • « Mémoire, patrimoine et muséalisation des territoires de l’attente », qui aborde la façon dont ces territoires de l’attente peuvent faire l’objet de pratiques patrimoniales et de politiques mémorielles.

ISBN : 978-2753540262
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr/
La mesure des changements institutionnels

La mesure des changements institutionnels

Histoire et Mesure
Paris, Editions de l'EHESS, 1, vol. XXX, 2015

Présentation

Depuis que l’économie des institutions a pris son essor dans les années 1960-1970, cette approche particulière a rencontré un très large succès. Suivant cette démarche, les institutions – institutions publiques, entreprises…— ont été mises au cœur de l’analyse afin de regarder d’un œil nouveau les marchés et les institutions précapitalistes en Europe et ailleurs, sur la longue durée. Cependant, si toutes les institutions et les formes économiques trouvent leur justification, alors comment expliquer leurs transformations, voire disparitions, et la formation de nouvelles institutions sans tomber dans une justification ex-post ? Comment mesurer l’efficacité des institutions ? Comment prouver que le changement institutionnel a été le fait de cette efficacité plus élevée ? C’est à partir de ce questionnement que nous avons décidé de demander à des auteurs travaillant sur des périodes et des régions différentes du monde de préciser le rôle des institutions et des marchés dans leurs domaines respectifs : les corvées et le travail en France au XVIIIe siècle ; le crédit au Japon au XIXe et XXe siècle ; les services et les communications en URSS ; les institutions dans l’Afrique post-coloniale.

Sommaire

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L'identité à travers l'éthique

L'identité à travers l'éthique

Nouvelles perspectives sur la formation des identités collectives dans le monde gréco-romain

K. Berthelot, R. Naiweld, D. Stökl Ben Ezra (eds.)
Turnhout, Brepols Publishers, 2015,  207 p.
Prix : 55 €

Présentation

Le rôle joué par les discours, les valeurs et les catégories éthiques dans la formation des identités collectives, dans le monde gréco-romain, et au-delà de ses frontières, notamment dans le monde sassanide.

Ce livre réunit dix articles rédigés par des spécialistes des religions et des écoles philosophiques de l'Antiquité, qui s'interrogent sur le rôle des discours, des valeurs et des catégories éthiques dans la formation des identités collectives au sein du monde gréco-romain.
Ce questionnement nous a paru nécessaire dans le contexte actuel de la recherche historique sur l'Antiquité tardive. En effet, dans l'histoire de la recherche, la problématique de l'identité a principalement été abordée via l'étude des facteurs doctrinaux, rituels, institutionnels ou politiques. Il nous a semblé que le facteur éthique n'avait pas encore bénéficié d'une attention suffisante.

Notre but a été d'examiner comment les différents groupes philosophiques et religieux (dans la mesure où l'on peut nettement les distinguer dans le contexte de l'Antiquité tardive) ont mobilisé des notions et des valeurs éthiques dans le processus, parfois inconscient, de la formation de leur identité.

Table of Contents


ISBN : 978-2-503-55042-8

Document(s) à télécharger

Histoire et conflits de mémoire en Espagne

Histoire et conflits de mémoire en Espagne

Vingtième siècle

Elodie Richard et Charlotte Worms (dir.)
Paris, Presses de Sciences Po, 2015,  336 p.
Prix : 23 €

Il y a quarante ans, la mort de Francisco Franco ouvrait un processus de transition démocratique négocié entre le gouvernement et l'opposition antifranquiste. Il était mis fin à un régime établi une quarantaine d’années auparavant, au terme d’une guerre civile particulièrement meurtrière, déclenchée par un coup d’État militaire. Ainsi la démocratie espagnole ne rompit-elle pas officiellement avec la dictature et évita-t-elle de revenir sur les circonstances de son avènement.

Depuis la fin des années 1990, ce « consensus transitionnel » est critiqué par les mouvements sociaux en faveur de la « récupération de la mémoire historique » et rompu par les partis qui se saisissent désormais du passé comme d’une arme politique. Ce contexte n’est pas sans conséquences sur le travail des historiens, dont les interprétations de la Seconde République, de la guerre civile et de la dictature sont au coeur des conflits de mémoire.

Ce numéro spécial de Vingtième Siècle explore les effets de ces débats mémoriels sur la manière dont on écrit l’histoire du 20e siècle espagnol, en proposant un tour d'horizon des recherches menées depuis une vingtaine d'années.


ISBN : 978-2724634341
Fiche éditeur : http://www.pressesdesciencespo.fr
Suppliques

Suppliques

Lois et cas dans la normativité de l’époque moderne

Simona Cerutti et Massimo Vallerani (dir.)
Paris, Centre de recherches historiques, L'Atelier du CRH, 2015

Les suppliques sont une source complexe : la forme et le style de leur rédaction paraissent si dominants que la tentation est forte d’en réduire les contenus au témoignage de l’échange entre sujets et autorité et aux tentatives mises en place par les premiers pour légitimer leurs propres demandes dans ce cadre hiérarchique. Les essais contenus dans ce numéro ont choisi, au contraire, de porter une attention particulière aux activités dont les suppliques témoignent, et notamment à l’ambition et à la capacité, dont celles-ci font preuve, d’intervenir dans le cadre du gouvernement et des juridictions. Les essaies montrent, notamment, que, dans une pluralité de situations, la supplique se présente comme une proposition de mise en ordre de lois qui sont  perçues comme obscures et imprécises ; ou alors en tant qu'instruments pour intervenir dans des procès judiciaires en demandant des changements dans la procédure;  ou encore, la supplique se donne comme tâche de combler les lacunes de connaissances de contextes locaux de la part des autorités centrales.

Les suppliques nous obligent à reconnaitre l’existence d’une « normativité locale » - basée sur la force et la légitimité du « cas » - qui n’était pas nécessairement alternative par rapport à celle exprimée par les institutions centrales, mais devait coexister avec celle-ci. En même temps, cette normativité locale revendiquait le droit d’être en mesure de juger de l’efficacité de l’action de gouvernement et d’en demander des modifications afin de la rendre plus adaptée aux besoins locaux ; tout ça, au nom d’une compétence juridique revendiquée comme pleinement légitime.

Fiche éditeur : http://acrh.revues.org/
Pierre Birbaum. Les Désarrois d'un fou de l'Etat

Pierre Birbaum. Les Désarrois d'un fou de l'Etat

Entretiens avec Jean Baumgarten et Yves Deloye

Jean Baumgarten, Pierre Birbaum et Yves Deloye
Paris, Albin Michel, Itinéraires du savoir, 2015Prix : 20 €

Résumé

Sociologue du politique et spécialiste de l'histoire de l'État et des élites, Pierre Birnbaum est taraudé depuis toujours par la question du pouvoir. De l'État protecteur de l'espace public au pouvoir qui en vient à user de la force extrême pour persécuter, traquer, attenter à l'existence même des citoyens.

L'État fort à la française, plus encore que la démocratie, est-il le meilleur rempart aux mobilisations nationalistes, aux idéologies radicales, aux mythes meurtriers, aux préjugés xénophobes venus de la société et des voisins ? Représente-t-il, au contraire, la source des pires contraintes contemporaines, depuis l'assimilation extrême, destructrice des cultures singulières et multiples, jusqu'aux répressions les plus radicales ?

À partir de sa propre expérience d'enfant juif caché dans les Hautes-Pyrénées durant la Seconde Guerre mondiale, devenu plus tard, grâce à l'école républicaine méritocratique, un universitaire « fou de l'État », Pierre Birnbaum, avec la complicité de Jean Baumgarten et Yves Déloye, aborde les grandes questions de la théorie politique. Les fondements de la citoyenneté commune menacée par les divers communautarismes, les contradictions entre passions démocratiques et contrainte étatique, les ressorts du totalitarisme ou du nationalisme meurtrier, les raisons des mobilisations antisémites qui menacent de nos jours, et particulièrement en France, l'alliance verticale avec un État affaibli : autant de thèmes qui sont l'occasion de suivre le déploiement d'une pensée originale.

 

Note de l'éditeur

Auteur réputé, tant pour son œuvre considérable de sociologie politique (sociologie de l’État, étude sur l’imaginaire politique moderne, etc.) que sur l’histoire des Juifs de France (en particulier l’Affaire Dreyfus), Pierre Birnbaum est un acteur important du monde intellectuel français. Le livre commence par un rappel biographique : la double origine juive de Pierre Birnbaum et sa naissance à Lourdes, en 1940, alors que ses parents fuient les persécutions. Mis à l’abri dans les Pyrénées, il garde de cette époque une psychologie d’enfant caché. C’est ainsi qu’il interprète son souci d’affiliation à une collectivité, en l’occurrence son adhésion à l’État. Après Sciences Po, et quelques voyages (notamment à Cuba), il s’oriente vers la sociologie politique. Son intérêt pour la double question de la citoyenneté et du nationalisme, conjugué à celui pour l’État et les élites orientent ses recherches vers l’histoire du modèle français par rapport aux Juifs. Un livre très stimulant, rendu vivant par la complicité intellectuelle qui unit les trois auteurs. Les rappels biographiques montrent toute l’incarnation d’un chercheur. On suit le fil d’une carrière, le déploiement d’une pensée, on mesure l’importance des rencontres, notamment avec Raymond Aron, et des lectures qui ont nourri Pierre Birnbaum, on entre dans le détail des doctrines, qui sont mises à la portée du non-spécialiste. La sociologie politique de Pierre Birnbaum devient accessible et le lecteur apprend à chaque page. Pierre Birnbaum est professeur de sociologie politique à Paris I Panthéon-Sorbonne et à l’IEP Paris ; il a été professeur associé à NYU, après avoir longtemps enseigné à Columbia. Jean Baumgarten est directeur de recherches au CNRS, spécialiste du judaïsme, auteur de plusieurs ouvrages chez Albin Michel. Yves Déloye est professeur de Science politique à Sciences Po Bordeaux et à l’Université de Paris I Sorbonne.


ISBN : 978-2226314949
Fiche éditeur : http://www.albin-michel.fr
France-Japon, regards croisés. France and Japan, a cross-analysis

France-Japon, regards croisés. France and Japan, a cross-analysis

Mélanges en l'honneur de Terushi Hara

Dominique Barjot et Patrick Fridenson (dir.)
Paris, Presses de l'université Paris-Sorbonne (PUPS), 2015,  360 p.
Prix : 28 €

Hara Terushi a été l’un des grands historiens japonais de la France tout en ouvrant d’importants chantiers historiques internationaux. Grand ami de notre pays, il s’est imposé comme l’un des meilleurs spécialistes internationaux de l’étude des ententes et des cartels en les replaçant notamment dans la perspective des politiques industrielles, qu’elles se soient appuyées sur eux comme à l’époque du corporatisme des années 1930 ou durant les deux guerres mondiales, ou qu’elles en aient limité ou combattu l’action (la France, puis la Communauté européenne après le second conflit mondial).

Une grande partie de son œuvre a été consacrée à l’histoire des chemins de fer (d’abord celle des chemins de fer algériens, mais aussi celles, comparées, du Shinkansen japonais et du TGV français).  Partant des progrès de l’organisation scientifique du travail, intégrant les problématiques de l’américanisation, Hara Terushi s’est intéressé à la question des transferts de technologie et organisationnels, et a acquis une étonnante expertise de l’économie française, qu’il a fait connaître aux étudiants japonais.

Il s’est ainsi imposé comme un grand historien des entreprises et des processus d’intégration internationaux, notamment de la stratégie des entreprises japonaises en France et en Europe.

Les contributions ici réunies rendent hommage à son œuvre prolifique et toujours actuelle en faisant appel aux meilleurs spécialistes français et étrangers de la discipline.


ISBN : 978-2-84050-999-8
Fiche éditeur : http://pups.paris-sorbonne.fr
Dialectique du monstre

Dialectique du monstre

Enquête sur Opicino de Canistris

Sylvain Piron
Bruxelles, Editions Zones sensibles, 2015,  208 p.
Prix : 26€

Fonctionnaire de l’administration des papes d’Avignon, Opicino de Canistris (1296-1355) a produit, pour son propre compte, des diagrammes déconcertants où se mêlent cartes et corps, symboles astraux et religieux. Exhumés peu à peu au cours du siècle passé, ses manuscrits suscitent encore de nombreuses interrogations. Sous la forme d’une enquête, Dialectique du monstre explore les différentes facettes d’une œuvre complexe et fascinante.
Prêtre séculier de Pavie, fuyant les conflits politiques qui déchiraient la Lombardie des premières décennies du XIVe siècle, Opicino s’est réfugié à la cour papale à Avignon où ses talents d’écrivain lui ont valu un poste de scribe à la Pénitencerie pontificale. Tourmenté par ses responsabilités sacerdotales, souffrant des paradoxes d’une Église romaine riche et puissante qui prône la pauvreté et l’humilité, il a trouvé dans l’écriture et le dessin un moyen d’apaiser ses angoisses. Ayant appris à dresser des cartes marines selon la technique des cartographes génois, la géographie du bassin méditerranéen devient entre ses mains le support d’une symbolisation de tous les conflits qui le déchirent.
L’hypothèse de troubles psychotiques chez Opicino a plusieurs été plusieurs fois formulée et souvent rejetée. Elle est ici affrontée sans fard et fait l’objet d’une postface d’un spécialiste des psychoses (Philippe Nuss). S’il est illusoire de formuler un diagnostic rétrospectif précis, sa souffrance psychique ne fait du moins aucun doute. C’est pour en comprendre les raisons que cet ouvrage tente de restituer le sens de la production graphique et textuelle du scribe des papes. Afin de donner à entendre sa voix, des traductions de différents passages de ses écrits sont intercalées entre chaque chapitre. Une vingtaine de reproductions en couleurs et trois dépliants hors-texte font entrer dans l’intimité de ces manuscrits étonnants.
« Dialectique du monstre » (Dialektik des Monstrums) : par cette expression, Aby Warburg désignait le drame psychique fondamental de la culture, dont les réalisations ne viennent au jour qu’en surmontant un chaos originaire, dont elles laissent cependant affleurer la trace. Les dessins d’Opicino de Canistris exposent au grand jour, de la façon la plus explicite, la bataille qu’il livre contre ses monstres.

 

Ouvrage publié avec le concours du Centre de recherches historiques (UMR 8558-EHESS-CNRS), de l’Association de recherche en biologie humaine et de l’Ecole supérieure d’art de Cambrai et avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles.


ISBN : 978 293 0601 182
Fiche éditeur : http://www.zones-sensibles.org/
Le voleur de Paradis

Le voleur de Paradis

Le bon larron dans l'art et la société (XIVe-XVIe siècle)

Christiane Klapisch-Zuber
Paris, Alma éditeurs, 2015,  383 p.
Prix : 29€

« Aujourd'hui même, tu seras avec moi au Paradis», dit le Christ à l'un des deux malfaiteurs crucifiés en même temps que lui. Ce brigand l'avait pris en pitié, tandis que l'autre l'injuriait. La tradition fit du premier le Bon larron et du second le mauvais. Un criminel frappé d'infamie est donc devenu le premier de tous les saints sans autre intercession que celle du Sauveur lui-même. Et sans itinéraire de pénitence. Son seul mérite tient à son élan de foi, d'espoir et de compassion au terme d'une vie pécheresse. Se fondant sur les traditions populaires, les récits de pèlerinage, le spectacle de la mort publique et les oeuvres d'art, Christiane Klapisch-Zuber propose un exceptionnel voyage dans l'imaginaire occidental. Du Moyen Âge à la Renaissance, voici une redécouverte novatrice de la peinture italienne et allemande. Alors que le destin de l'âme dans l'Au-delà fait plus que jamais débat, alors que la justice urbaine met en scène avec une férocité croissante exécutions et supplices, le «voleur de Paradis», le Bon larron, promet, lui, de tout autres horizons...


ISBN : 978-2-36279-160-4
La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur

La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur

Roger Chartier
Paris, Gallimard, Folio Histoire, 2015,  416 p.
Prix : 7,50 €

Tout comme l'histoire, la littérature est attachée à la résurrection des morts. Souffle inspiré de l'épopée, minutie narrative et descriptive du roman historique, ou bien réincarnation des acteurs de l'histoire sur la scène du théâtre – certaines œuvres de fiction donnent au passé une présence souvent plus forte que celle proposée par les livres des historiens.
Mais Roger Chartier nous met en garde : lorsqu'il les lit, l'historien ne doit jamais oublier l'historicité de ces œuvres et leur mode de circulation. Si le XVIIIe siècle fonde la littérature sur l'individualisation de l'écriture, l'originalité des œuvres et le sacre de l'écrivain, il n'en allait pas du tout de même auparavant : fréquence de l'écriture en collaboration, réemploi d'histoires déjà racontées, lieux communs partagés, formules répétées, ou encore, continuelles révisions et continuations de textes jamais clos.
C'est dans ce paradigme de l'écriture de fiction que Shakespeare a composé ses pièces et que Cervantès a écrit Don Quichotte, à une époque de faible reconnaissance de l'écrivain comme tel : ses manuscrits ne méritaient pas conservation, ses œuvres n'étaient pas sa propriété et ses livres, dans leur matérialité (ponctuation, divisions internes, paragraphes, etc. qui en fixaient le sens), étaient d'abord l'œuvre des correcteurs, des typographes et de l'imprimeur. Lecteur des textes littéraires, l'historien se doit plus que jamais de savoir faire la part entre la main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur.


ISBN : 978-2070462827
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr/
Días de sueños y de plomo

Días de sueños y de plomo

Vivir la insurrección en la Italia de los 70

Alessandro Stella
Barcelone, Virus, Crónica, 2015,  184 p.
Prix : 14

A través de su propia experiencia, Stella nos relata el trayecto insurrecto de una generación de militantes en la Italia de los años setenta que, convencida de la necesidad de una transformación radical de la realidad, participó de la vía armada como un aspecto más de la denominada autonomia operaia.  

En la región de Véneto, al calor de los centros sociales y las radios libres, cuajó a partir de 1976 un ciclo de luchas que alcanzaría su máxima expresión entre 1977 y 1978. Simultáneamente, la magistratura construía «el teorema Calogero» (que tomó el nombre de un juez afiliado al PCI), criminalización sistemática basada en la «teoría del entorno», que supuso la persecución, encarcelamiento y el exilio masivo de cientos de personas, y cuyas consecuencias aún perviven hoy.

Esta crónica trasciende el relato autobiográfico. Las muertes de Alberto, Ángelo y Antonietta —durante la explosión accidental del artefacto que manipulaban—, y el suicidio de Lorenzo en una celda de aislamiento de la prisión de Verona, evocan la batalla terrible y desigual respecto al Estado plomizo, la confrontación con las leyes de excepción, la cárcel, el exilio y las pérdidas personales irreparables.

Stella elabora así una robusta reflexión sobre un pasado en que se luchó para un cambio radical, en pos de un presente diferente al funesto berlusconismo actual y al poder de los herederos del fascismo, que se erige sobre la historia de los vencedores. Aquí el autor nos cuenta otra historia.

Résumé en français

Dans l’après-midi du 11 avril 1979, à Thiene, province de Vicence, en Italie, l’explosion accidentelle de la bombe qu’ils étaient en train de préparer, provoquait la mort de Maria Antonietta Berna, Alberto Graziani et Angelo Dal Santo, militants de l’Autonomie Ouvrière. Deux mois après, Lorenzo Bortoli, compagnon de Maria Antonietta,  se suicidait en prison. Cette tragédie est restée imprimée comme un trauma chez les camarades qui militaient avec eux dans le groupe de l’Autonomie Ouvrière de la Vénétie. Plus en général, cet événement a été l’un des faits emblématiques des soi-disant années de plomb. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi des jeunes des années 1970 ont pris les armes, risquant leur vie ? Quelles raisons, idéaux, rages les ont-ils poussés à la révolte jusqu’aux plus extrêmes conséquences ?

Dans ce livre, l’auteur, qui faisait partie de ce groupe de militants, essaye de restituer l’histoire d’un groupe de camarades passés des grèves, assemblées et manifestations à la lutte armée. Sans hypocrisies, enjolivements, omissions. En transcrivant les sentiments, les relations, les idées, les actions telles qu’elles étaient vécues durant ces années-là. Une auto-analyse historique située dans la culture et les dinamiques des mouvements de révolte des années 1968-1977. L’analyse des parcours individuels, de celui de l’auteur en premier lieu, tente de rendre compte de l’engrenage qui a amené les camarades de Thiene, comme d’autres milliers d’hommes et de femmes dans toute l’Italie, à faire des choix extrêmes. Les années 1970, en Italie, sont passées à l’histoire comme des « années de plomb », effaçant sous des images de mort, de prison et de souffrance, tout un mouvement qui rêvait d’un monde meilleur, qui voulait qu’un autre monde plus juste, plus libre, plus fraternel fût possible. L’histoire de ces années-là a été écrite avec les procès-verbaux de police et les sentences des tribunaux, mais ce récit partiel n’a pas pu supprimer de la mémoire de ceux qui ont vécu cette période très intensément, que c’étaient avant tout des années de rêves, d’imagination, de soif de liberté, de recherche d’un bonheur collectif.


ISBN : 978-84-92559-65-7
Fiche éditeur : http://www.viruseditorial.net/
The Art of Cistercian Persuasion in the Middle Ages and Beyond

The Art of Cistercian Persuasion in the Middle Ages and Beyond

Caesarius of Heisterbach’s Dialogue on Miracles and its Reception

Victoria Smirnova, Marie Anne Polo de Beaulieu and Jacques Berlioz (eds)
Leyde, Brill, Studies in medieval and reformation traditions, 196, 2015,  300 p.
Prix : 115€

ISSN : 1573-4188

ISBN : 978-9004304826
Max Weber

Max Weber

Discours de guerre et d’après-guerre

Textes réunis et présentés par Hinnerk Bruhns
Trad.  Traduits par Ostiane Courau et Pierre de Larminat
Paris, Editions de l'EHESS, Audiographie, 15, 2015,  133 p.
Prix : 9,50€

Après avoir dirigé les hôpitaux militaires de Heidelberg pendant la première année de la Grande Guerre, Max Weber décide d’intervenir dans le débat public. Il le fait avec force en s’interrogeant sur l’essence même de la guerre et sur l’avenir de son pays à l’issue du conflit.

Les 4 discours rassemblés ici, traduits pour la première fois, montrent un intellectuel engagé certes fervent patriote mais aussi critique féroce de la politique du gouvernement allemand. Weber dénonce autant les ambitions annexionnistes des pangermanistes que les visées françaises sur la Sarre, et s’oppose au traité de Versailles.

Introduction : « De 1916 au traité de Versailles : la hantise d’une paix constructive »
« Au seuil de la troisième année de guerre » (discours du 1er août 1916),
« La situation de l’Allemagne dans la politique mondiale » (discours du 27 octobre 1916),
« De la culpabilité du déclenchement de la guerre » (article dans la Frankfurter Zeitung, 17 janvier 1919)
« L’appartenance économique de la Sarre à l’Allemagne » (discours du 1er mars 1919).

 


ISBN : 978-2-7132-2506-2
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
Naissance de l’Action française

Naissance de l’Action française

Maurice Barrès, Charles Maurras et l’extrême droite nationaliste au tournant du XXe siècle

Laurent Joly
Grasset, Paris, 2015,  384 p.
Prix : 23€

L’Action française est assurément, en France, le mouvement d’extrême droite le plus influent du XXe siècle. Née en 1899 sous l’égide intellectuelle de Maurice Barrès, elle tombe rapidement sous l’emprise du royaliste Charles Maurras. Laurent Joly nous livre ici la première étude consacrée à cette naissance, dans le contexte de l’affaire Dreyfus.

Fondateur de l’AF, Henri Vaugeois en appelle alors à une dictature militaire ennemie de « l’humanitarisme » judéo-protestant. Maurras, pour sa part, n’hésite pas à encenser l’action antisémite de Jules Guérin, escroc notoire. Quant à Barrès, compromis dans la tentative de coup d’État de Déroulède en février 1899, il reconsidère son nationalisme à la lueur du racisme crépusculaire de Jules Soury. Tous se retrouvent autour de l’Action française, qui s’institue « laboratoire de nationalisme » avant de se convertir à la « monarchie de salut public » (1901). Le petit groupe fait ainsi le lien entre l’extrême droite du XIXe siècle, royaliste et cléricale, et celle du XXe siècle, ultra-nationaliste, xénophobe et volontiers athée.

À partir d’archives privées et de multiples sources inédites, Laurent Joly restitue, à l’échelle des individus, les conditions sociales et les logiques cachées d’une conversion politique. Battant en brèche le récit héroïque des débuts de l’« école » d’AF, l’enquête fourmille de révélations sur la personnalité et les aspirations du duo Barrès-Maurras à l’aube du XXe siècle. Elle apporte ainsi une contribution décisive à l’étude de la magistrature intellectuelle et du charisme en politique.


ISBN : 978-2246811602
Fiche éditeur : http://www.grasset.fr
Individu, personne et parenté en Europe

Individu, personne et parenté en Europe

Enric Porqueres i Gene
Paris, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme, "54", 2015,  294 p.
Prix : 26 €

Ce livre propose une clé de lecture anthropologique et historique pour repenser la notion de la personne propre à un contexte culturel qui s'autoproclame radicalement différent. A la lumière des nouvelles définitions de la parenté, la vieille opposition entre l'Ouest moderne et le Reste, the West and the Rest, se voit ainsi fortement nuancée, rendant de ce fait possible une analyse de la parenté occidentale qui n’érige pas celle-ci en apax anthropologique. Les débats des quarante dernières années sur la nature de la parenté ont opéré un décentrement par rapport à la grille généalogique.

Les ancrages à la fois corporels et métaphysiques de ce que l’on a l’habitude d’appeler parenté ont pris le devant de la scène par un retour vers les propos natifs. La prise en compte des discours de la parenté occidentale permet, justement, de fournir un cadre de sens non seulement aux situations pré modernes, marquées par l’emprise des représentations chrétiennes sur le droit matrimonial, mais aussi aux contextes contemporains du don de gamètes et des débats de bioéthique. Dans les deux cas, la centralité de l’individu apparaît avec éclat. Dans les deux cas, des discours identitaires puissants s’articulent autour du corps individuel : celui-ci est, en même temps, aboutissement et point de départ de relations qui constituent la personne tout en l’insérant dans des réseaux ontologiques.


ISBN : 978-2-7351-2067-3
Fiche éditeur : http://www.editions-msh.fr/
Before Fiscal Transparency (Avant la transparence financière)

Before Fiscal Transparency (Avant la transparence financière)

Histoire & Mesure

Paris, Editions de l'EHESS, 2016Prix : 22,50€

Numéro coordonné par Joël Félix

Présentation

Version anglaise

La crise financière de 2008 n’a pas seulement eu pour effet de secouer le secteur bancaire et mettre à mal la confiance des citoyens dans les institutions. Elle a aussi mobilisé l’attention de nombreux chercheurs, issus de disciplines diverses et utilisant des méthodologies variées, qui s’interrogent sur l’usage - et les abus - du concept de transparence, jusqu’alors salué comme un outil essentiel de la bonne gouvernance et de l'efficience économique.

Dans le sein des réflexions en cours, un fait a paru saillant : l’absence d’une approche historique qui rende compte de l’émergence de la notion de transparence, cela au travers de l’étude des pratiques antérieures à l’introduction du concept dans le langage par Jeremy Bentham en 1789 et de devenir l’un des éléments constitutifs de la démocratie et du capitalisme.

Le numéro spécial d’Histoire & Mesure « Avant la transparence financière  » propose donc de contribuer à une historicisation du concept de transparence, en particulier dans le domaine de la politique financière. Il est le résultat d’une conférence organisée en 2014 à l’Université de Reading (Grande-Bretagne) ayant réuni neuf historiens, spécialistes de six états européens (Espagne, France, Grande-Bretagne, Hollande, Suède, Sicile) pour y discuter des formes de contrôle, des savoirs et des échanges dans l’Europe moderne.

Les contributions mettent en évidence de fortes spécificités nationales qui relèvent de la diversité des régimes politiques. Elles analysent les caractéristiques du marché financier, notamment les relations entre fiscalité et dette publique, et la place de l’information et de la communication comme support et contrôle de l’action administrative et politique. Elles rendent aussi compte des transferts à l’œuvre dans le cadre de l’Europe des Lumières et des relations internationales. Ensemble, ces réflexions illustrent la manière dont contraintes et opportunités ont modifié l’environnement dans lequel opéraient les gouvernants, les acteurs économiques et les sujets, déterminant ainsi l’opportunité d’un progrès ou même d’un recul du besoin de transparence.

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2474-4
Die Okkupation Griechenlands im Zweiten Weltkrieg. Griechische und deutsche Erinnerungskultur

Die Okkupation Griechenlands im Zweiten Weltkrieg. Griechische und deutsche Erinnerungskultur

Chryssoula Kambas et Marilisa Mitsou (dir.)

Cologne/Vienne, Böhlau Verlag, « Griechenland in Europa » (« La Grèce en Europe »), 2015,  509 p.
Prix : 61,60€

En Grèce on se souvient toujours de l’Occupation allemande des années 1941-1944 ; en revanche, dans la mémoire allemande, cet épisode de la Seconde Guerre mondiale est ignoré ou occulté. L’asymétrie de l’« administration du passé » dans ces deux pays devient manifeste, dès lors qu’on interroge, comme l’on fait les auteurs de cet ouvrage collectif, l’investissement mémoriel respectif dans l’historiographie, la littérature et les médias grecs et allemands. En période de crise, l’obsession des clichés s’amplifie ; pourtant les relations professionnelles, familiales et culturelles gréco-allemandes se poursuivent dans le quotidien européen. Cet ouvrage présente une série de références interdisciplinaires qui permettraient un réaménagement tardif de la mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale et une prise de conscience historique viable et continue.


ISBN : 978-3-412-22467-7
Fiche éditeur : http://www.boehlau-verlag.com/

Document(s) à télécharger

Montchrestien et Cantillon

Montchrestien et Cantillon

Le commerce et l'émergence d'une pensée économique

Alain Guery [dir.]
Lyon, ENS Editions, Gouvernement en question, 2011,  456 p.
Prix : 34 €
Comment est apparue la catégorie de pensée des phénomènes sociaux que nous englobons aujourd’hui sous le terme d’économie, mot désignant autrefois un ordre de la vie domestique ? Une question de cette importance, pourtant négligée, trouve une réponse dans les écrits sur le commerce qui privilégient la mise en rapport des échanges avec la production plutôt que la résolution de questions pratiques. Deux ouvrages émergent de ce point de vue : le Traicté de l’oeconomie politique (1615) d’Antoine de Montchrestien et l’Essai sur la nature du commerce en général (1755) de Richard Cantillon. Les historiens, économistes et philosophes réunis ici, spécialistes de diverses périodes et sociétés, ont posé aux deux ouvrages fondateurs les mêmes questions sur leurs appareils de référence et sur leurs éventuelles connivences intellectuelles. Montchrestien en sort réhabilité ; Cantillon démontre sa pertinence. Demeure alors le long débat qu’ils inaugurent pour classer ou non le savoir nouveau dans l’ordre du politique ou en dehors de lui. Contributions à l'ouvrage : Jean Andreau, Jean-Marie Baldner, Jérémie Barthas, Anne Conchon, Lucien Gillard, Valérie Gratsac-Legendre, Martine Grinberg, Alain Guery, Christian Lamouroux, Catherine Larrère, Jérôme Maucourantn, Christine Théré.

ISBN : 978-2-84788-216-2
 

Pratiques du transnational

Terrains, preuves, limites

La bibliothèque du CRH

Sous la direction deJean-Paul Zuñiga
2011,  287 p.
Un échange inattendu. Voilà ce que nous livre cet ouvrage dense et composite de contributions individuelles ou collectives mais toujours inscrites dans le dialogue scientifique. Il est ici question d'objets transnationaux, de comparaisons, de circulations ou de changements d'échelle... et de leur pertinence dans l'analyse historique. La lecture de ces pages, issues de positionnements théoriques divergents, présente nombre des termes dans lesquels se pose au sein de notre laboratoire le débat sur les approches transnationales en histoire, tour à tour portées aux nues ou déclarées tombées en désuétude ces dernières années.

ISBN : 978-2-908452-00-6
Les musulmans dans l'histoire de l'Europe

Les musulmans dans l'histoire de l'Europe

Tome 1 : Une intégration invisible

Jocelyne Dakhlia, Bernard Vincent
Paris, Albin Michel, Bibliothèque Albin Michel Histoire, 2011,  656 p.
Prix : 29 €
Un musulman peut-il être européen ? Cette interrogation, qui n'a été formulée explicitement qu'avec l'irruption sur la scène politique du débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe, se posait déjà au Moyen Âge et à l'époque moderne. Pourtant, un préjugé tenace voudrait que les musulmans aient été quasiment absents d'Europe jusqu'au XIXe siècle, les flux de circulation ou d'immigration étant tous tributaires de la colonisation. Opposant des arguments scientifiques à ces idées reçues, les études réunies ici démontrent, qu'au contraire, des musulmans ont été intégrés par milliers aux sociétés d'Europe occidentale, mais que ce fait est passé inaperçu. Cette invisibilité nous apprend que, loin d'être contemporaines, la question de la présence de l'islam dans l'espace public et celle de la pratique du culte musulman sont anciennes ' et enfouies. Ce premier volume d'une vaste enquête sur l'histoire de la présence musulmane en Europe a l'ambition d'expliquer pourquoi cette réalité est restée ignorée et à quelles difficultés on se heurte à vouloir définir un « musulman » dans un contexte européen, ce qui, aujourd'hui comme hier, pose des problèmes éthiques et politiques forts.

ISBN : 9782226208934
Le laboratoire des pollutions industrielles

Le laboratoire des pollutions industrielles

Paris, 1770-1830

Thomas Le Roux
Paris, Albin Michel, L'évolution de l'humanité, 2011,  552 p.
Prix : 28€
Au tournant du XIXe siècle, Paris est la scène d'une industrialisation qui remet en cause les relations des hommes à leur environnement. Bousculant une société d'Ancien Régime fortement préoccupée de santé publique et de règles de bon voisinage, le développement d'activités polluantes provoque une transformation du droit et des institutions. C'est cette révolution que nous fait découvrir Thomas Le Roux. Prenant en compte l'ensemble des acteurs sociaux et politiques, l'État, la Ville, les industriels, les juristes, les scientifiques et l'opinion publique, il décrit le processus complexe qui donna aux fabriques et aux manufactures, notamment dans le secteur de la chimie, la possibilité de s'implanter en ville. À partir de l'étude des pollutions nouvelles dont les Parisiens font alors l'expérience, l'auteur propose une histoire totale de la capitale industrielle, non plus épopée des entrepreneurs, mais lente et difficile adaptation de la ville aux risques de l'industrie et de la technique. Dans cette approche novatrice de la modernité manufacturière, où les nuisances découlent du progrès, Paris est le laboratoire d'une légitimation des pollutions, annonçant la nouvelle alliance de l'État, de la science et de l'industrie dans un projet politique inédit.

ISBN : 978-2-226-20886-6
Le tonnerre des exemples

Le tonnerre des exemples

Marie-Anne Polo de Beaulieu, Pascal Collomb, Jacques Berlioz
Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Histoire, 2010,  424 p.
Prix : 24€
Ce volume suit le processus d’instauration au Moyen Âge d’un ordre narratif destiné à assurer le salut du plus grand nombre : le « Tonnerre des exemples et la foudre des miracles. » Les prédicateurs ont émaillé leurs sermons d’anecdotes exemplaires, reprises plus tard dans des manuscrits enrichis d’enluminures, comme le célèbre Ci nous dit, présenté ici sous toutes les facettes fascinantes de ses centaines d’images associées à des récits hauts en couleur.

ISBN : 978-2-7535-1220-7
Le capitalisme au futur antérieur

Le capitalisme au futur antérieur

Crédit et spéculation en France (Fin XVIIIe-Début XXe siècle)

Nadine Levratto, Alessandro Stanziani [dir.]
Bruxelles, Bruylant, 2011,  333 p.
Prix : 80€
Alors que les innovations financières, les subprimes et l’économie de casino sont brandies par la classe politique comme les seuls éléments caractéristiques à l’origine d’une crise du capitalisme en ce début du XXIe siècle, cet ouvrage s’interroge sur l’existence de changements d’une ampleur aussi importante au cours de périodes plus anciennes. La fin du XIXe siècle se prête particulièrement bien à cet exercice. Au-delà des innovations techniques qui s’y multiplient, ce siècle est caractérisé par des mutations institutionnelles propices à favoriser l’entrée du futur et des promesses de gain dans les rapports entre agents. De fin ultime de l’activité économique, le futur devient alors objet en soi des transactions dont une partie peut alors se détacher des valeurs réelles. Cet ouvrage se propose de rendre compte de cette transformation majeure du système économique, des multiples facettes du capitalisme financier, de ses origines et des mécanismes de mise en gage du futur. Se détachant de l’idée de rupture souvent associée au XIXe siècle, et en puisant dans des sources souvent inédites, les contributeurs montrent que les racines de ce changement sont à rechercher dans des adaptations des marchés et des règles de l’échange perceptibles dès l’Ancien Régime. D’un point de vue méthodologique, mêlant le droit, l’histoire et l’économie, les contributions réunies montrent que les mutations du capitalisme de cette époque sont adossées à des changements institutionnels et juridiques qui ont soit créé les conditions du changement, soit accompagné les changements de pratiques des acteurs économiques.
Vie de Charles IV de Luxembourg

Vie de Charles IV de Luxembourg

Jean-Claude Schmitt, Pierre Monnet
Paris, Les Belles Lettres, 2010,  182 p.
Prix : 31€
La vie de Charles IV (1316-1378) dont le récit s'arrête en 1346, lors de l'accession de Wenceslas/Charles au trône germanique des Romains, promesse d'un titre impérial encore riche des attentes universelles de la Chrétienté, est à la fois une réflexion sur la vie et le pouvoir, sur les devoirs et la piété d'un roi et l'histoire autoproclamée de l'enfance, de la jeunesse et de la formation d'un souverain du XIVe siècle.

ISBN : 978-2-251-34060-9
Débordements industriels

Débordements industriels

Environnement, territoire et conflit (XVIIIe-XXIe siècle)

Thomas Le Roux, Michel Letté [dir.]
Rennes, PUR, Histoire, 2013,  420 p.
Prix : 23 €
Les liaisons parfois dangereuses que les activités humaines entretiennent avec l'environnement marquent fortement l'expansion de l'industrie depuis le XVIIIe siècle. Dans cet ouvrage, historiens, sociologues, politistes et anthropologues croisent différentes propositions de lecture des conflits provoqués hier et aujourd'hui par les impacts environnementaux de la production passée en France et en Belgique francophone. Partant plus particulièrement des débordements industriels et de leurs contestations, les auteurs préconisent d'élargir l'histoire de la régulation des risques, nuisances et pollutions industrielles à celle, résolument plus transversale, de la conflictualité environnementale. Dans cette optique, chaque texte approfondit l'analyse d'un ou de plusieurs des modes d'existence de ces débordements industriels dans la cité, en abordant ou combinant quelques-uns des questionnements spécifiques au domaine de la conflictualité environnementale : nature des enjeux et jeux d'acteurs, statuts et fonctions des territoires, dispositifs à l'origine des débordements et de leur contestation, processus d'émergence du conflit et de sa résolution, négociations à l'œuvre, modalités d'expertise et de qualification, répertoires d'actions et grammaires de la protestation, temporalités et temps du conflit, asymétries des rapports et structures de domination locale... Les perspectives dressées par ces études ne forment toutefois pas le livre noir de l'industrie. Partant de cas concrets, en s'appuyant sur des travaux de terrain et l'exploitation minutieuse des archives, la proposition invite au contraire à dépasser la seule vision antagoniste du conflit impliquant une opposition entre des catégories d'acteurs et des frontières stables et suggère de dénouer les indications complexes entre logiques de production et contraintes environnementales, l'une et l'autre s'avérant finalement toujours l'objet de négociations permanentes entre intérêts contradictoires.

ISBN : 978-2-7535-2659-4
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr
Dans l'atelier de l'apothicaire

Dans l'atelier de l'apothicaire

Histoire et archéologie des pots de pharmacie (XIIIe-XVIe siècle)

Danièle Alexandre-Bidon
Paris, éditions Picard, Espaces médiévaux, 2013,  336 p.
Prix : 44€
Des sources nouvelles et variées permettent aujourd'hui d'étudier les pots de pharmacie sous l'angle d'une histoire de la santé ouverte sur les mentalités médiévales et du début de l'époque moderne. À mi-chemin entre l'histoire des sciences et celle de la consommation, les vases pharmaceutiques permettent d'envisager les différents corps de métier à l'œuvre : les médecins et les apothicaires, les peintres et les potiers, mais aussi, et pour la première fois, les scribes chargés de légender les pots. L'au­teur propose ainsi une analyse des écritures, rare dans ce domaine, et aborde le choix de la langue, le lettrage, le dictionnaire des abréviations ou encore la quasi-absence des fautes de graphie. On a trop dit, et à tort, que les pots de pharmacie médiévaux ne compor­taient que peu ou pas d'images médico-pharmaceutiques. Il existe pourtant des représentations de malades, jusqu'alors confondues avec des portraits caricaturaux, et surtout maintes illustrations botaniques. Leur réalisme est tel qu'il autorise l'identification précise des plantes médicinales jugées les plus remarquables par les apothicaires : les bases, les panacées, les toxiques. D'autres décors (images parlantes, rébus et images héraldiques) relèvent des arts de la mémoire et témoignent des pratiques de gestion des étagères par les apothicaires. Ainsi, ces ustensiles à usage médical, envisagés sous toutes leurs formes, dépassent leur vocation d'objets de collection pour s'imposer comme l'un des témoins les plus parlants d'une nouvelle sorte d'archéologie, l'archéologie des savoirs.

ISBN : 978-2-7084-0949-1
Fiche éditeur : http://www.editions-picard.com/
La déchirure

La déchirure

Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle

Arlette Farge
Paris, Bayard, 2013,  228 p.
Prix : 19€

Que sait-on de la douleur au XVIIIe siècle, de la manière dont elle est ressentie, tout particulièrement dans les classes populaires si violemment agressées par leurs conditions de vie ? L'histoire est silencieuse à ce sujet, pourtant les archives de police recensent de manière implacable des accidents, noyades, agressions de chaque jour... Chez les plus aisés, bien que très souvent atteints de maladie, le mépris, parfois l'indifférence, prennent le pas sur une compassion qui, par moments, s'éveille.
Quel est donc ce siècle des Lumières, empli de philosophie du bonheur, du progrès et de l'idée d'égalité, si souvent aveugle et sourd aux corps souffrants des moins favorisés ? Dans cet essai, l'un des plus personnels, Arlette Farge interroge cette déchirure et l'un des discours les plus tenaces sur la douleur, qui voudrait que la dureté de la vie entraîne accoutumance chez ceux qui la subissent. C'est plutôt la société, celle du XVIIIe siècle tout comme la nôtre, qui fabrique toutes sortes d'accommodements avec la violence, la misère et la mort des plus humbles.


ISBN : 978-2-227-47821-3
Fiche éditeur : http://www.bayard-editions.com/
Pour l'amour de Byzance

Pour l'amour de Byzance

Hommage à Paolo Odorico

Christian Gastgeber, Charis Messis, Dan Ioan Muresan, Filippo Ronconi (ed.)
Francfort, Peter Lang edition, ,  251 p.
Le volume contient des articles portant sur l'histoire de la littérature byzantine et l'histoire culturelle de Byzance. L'accent principal tombe sur les nouvelles interprétations des sources primaires, tant publiées qu'inédites, avec l'ambition d'approfondir la compréhension de la so­ciété byzantine. Le volume veut ainsi honorer l'un des plus importants spécialistes de la philologie et de l'histoire sociale byzantines : Paolo Odorico. Son œuvre scientifique couvre un vaste champ d'étude al­lant du domaine grec classique au grec moderne. Pour l'analyse des sources, Paolo Odorico a proposé, dans une formulation théorique téméraire, de regarder toute œuvre littéraire comme le produit d'un contexte social donné spécifique. Il a affirmé que le but ultime de l'ana­lyse littéraire est en fait de toucher la réalité sociale révélée par les textes. Selon son principal axiome, les études littéraires ne portent pas tant sur la question : « Quels faits sont mentionnés ? », que sur la triple problématique : « Qui écrit un fait, pour quelle audience et dans quel but ? ». Il a ainsi proposé d'étudier la littérature byzantine non pas comme un corpus documentaire sans vie, à disséquer par les lecteurs modernes (qui peuvent se leurrer), mais du point de vue de l'auteur lui-même et de son audience virtuelle. Pour l'honorer, des collègues et amis, également circonspects envers la recherche purement positiviste, ont été invités à mettre en œuvre cette approche dans le domaine de leur recherche particulière. Ce volume comprend des articles en français, anglais et allemand.

ISSN : 2191-8864

ISBN : 978-3-631-62928-4
Fiche éditeur : http://www.peterlang.de
Le mystère français

Le mystère français

Hervé Le Bras, Emmanuel Todd
Paris, Seuil, La République des Idées, 2013,  336 p.
Prix : 17,90 €
La France ne se sent pas bien. Pour comprendre son mal, nous l’avons passée au scanner de la cartographie la plus moderne. Cent vingt cartes permettent d’observer, renaissant sans cesse, la diversité des mœurs françaises. Entre 1980 et 2010, une mémoire des lieux a bizarrement guidé, dans l’Hexagone, une transformation sociale accélérée. Ascension éducative, émancipation des femmes, bouleversement du mariage, fécondité, crise industrielle, immigration, mutation des classes sociales, inégalités, chômage, problèmes scolaires, métamorphose politique : tous les changements respectent, retrouvent ou revivifient des espaces anthropologiques et religieux anciens. Leur examen permet un diagnostic : notre pays souffre d’un déséquilibre nouveau entre les espaces anthropologiques et religieux qui le constituent. Son cœur libéral et égalitaire, qui fit la Révolution française, est affaibli. Sa périphérie, autrefois fidèle à l’idéal de hiérarchie, et souvent de tradition catholique, est désormais dominante. Nos dirigeants, parce qu’ils ignorent tout du mode de fonctionnement profond de leur propre pays, aggravent sa condition par des politiques inadaptées.

ISSN : 2021102165

ISBN : 978-2021102161
Fiche éditeur : http://www.seuil.com/
Understanding Landscapes, from Land Discovery to their Spatial Organization

Understanding Landscapes, from Land Discovery to their Spatial Organization

Comprendre l'espace de peuplement de la découverte des territoires à l'oragnisation spatiale

Sandrine Robert, FRançois Djindjian (ed.)
Oxford, British Archaeological Reports, 2013,  136 p.
Prix : 28£

L’ouvrage regroupe les contributions des sessions « Le franchissement des Détroits et des bras de mer » proposée par François Djindjian (Université Paris I - France) et J. Kozlowski (Pologne ) et « Reconstruire les paysages anciens », proposée par Sandrine Robert ( EHESS - France) et Maria da Conceição Lopez (Université de Coimbra -Portugal). Cette session comprenait une quinzaine de contributions et a fait partie du thème : «Environnement, archéologie et patrimoine » de UISPP.
Elle a traité des nouvelles perceptions de la dynamique des organisations spatiales anciennes qui se sont développées au carrefour de différentes disciplines (géographes, historiens, archéologues, spécialistes de l'informatique et environnementalistes). De nouvelles technologies comme le LiDAR, l'application des SIG et le webmapping contribuent à élargir nos connaissances sur les paysages ruraux et urbains anciens.

Contributions de la session  « Reconstruire les paysages anciens » :

  • The ALPAGE historical GIS: a new tool allowing a new look at medieval Paris, Éric Grosso, Hélène Noizet, Sandrine Robert, Pascal Chareille

  • Stone lines and heaps on south-western Niger plateaus as remains of ancient agricultural land, Rodrigue Guillon, Christophe Petit, Jean Louis Rajot, Amadou Abdourhamane Touré, Vincent Bichet, Zibo Garba, Amélie Quiquérez, David Sebag

  • The archaeological remains of cattle’s pathsin south Brazil, Ana Lucia Herberts

  • Reconstructing medieval landscapes by using LiDAR technology. Large scale surveys of relict field systems in Central Europe, Benoît Sittler, Karl Hauger

  • LiDAR helps to decipher land-use history in Lorraine, France, Murielle Georges-Leroy, Jérôme Bock, Étienne Dambrine, Jean-Luc Dupouey, David Etienne

  • Examples of LiDAR applications for coastal surveys, Frédéric Pouget

  • - Remote Sensing of Below-Canopy Land Use Features from the Maya Polity of Caracol, John F. Weishampel, Arlen F. Chase, Diane Z. Chase, and Jessica N. Hightower

  •  


ISBN : 978-1407311616
Bonded Labour and Debt in the Indian Ocean World

Bonded Labour and Debt in the Indian Ocean World

Alessandro Stanziani, Gwyn Campbell (ed.)
Londres, Pickering & Chatto Publishers, Financial History, 23, 2013,  256 p.
Prix : 60 £
In the area running from east Africa to China slavery has always played a significant role. Even today there are up to twenty-seven million people enslaved in some form of bonded labour. This volume of essays contains case studies of debt bondage covering the impact of an expanding globalized economy, increased commercialization, colonial and post-colonial societies and emerging economies.

ISBN : 978 1 84893 378 1
Fiche éditeur : http://www.pickeringchatto.com
Consommateurs engagés à la Belle Epoque

Consommateurs engagés à la Belle Epoque

La ligue sociale d'acheteurs

Marie Chessel
Paris, Sciences Po Presses, 2012,  345 p.
Prix : 28€
Il y a plus d'un siècle, bien avant la naissance du commerce équitable, des citoyens se font les apôtres d’une consommation engagée. Une association, la Ligue sociale d’acheteurs, incite en effet les consommateurs à tenir compte des conditions de travail des ouvriers et des employés. Elle conseille par exemple de ne pas faire ses courses le dimanche afin de promouvoir le repos hebdomadaire ou de choisir sa couturière sur une liste qu’elle a établie.Catholiques atypiques, ouverts à d’autres pays, à d’autres religions et à de nouveaux rapports de genre, ces militants choisissent le biais de la consommation pour traiter de questions politiques et sociales – une idée venue de Grande-Bretagne et des États-Unis – et trouver leur place dans la IIIe République.En retraçant les origines, l’histoire et la postérité de la Ligue, des années 1880 jusqu’aux années 1930, cet ouvrage offre un éclairage inédit sur l’histoire de la société française dans la première moitié du XXe siècle.
Aménager la ville.

Aménager la ville.

Les centres urbains français entre conservation et rénovation (de 1943 à nos jours)

Isabelle Backouche
Paris, Armand Colin, 2013,  448 p.
Prix : 30€
Isabelle Backouche, auteur de La Trace du Fleuve. Paris et la Seine (1750-1850) aux éditions de l’EHESS, livre remarqué sur les relations entre le fleuve et la ville, est maîtresse de conférences en histoire à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et spécialiste d’histoire urbaine. Elle publie aujourd’hui une étude sur la transformation des centres urbains français depuis la seconde guerre mondiale et analyse l’action publique dont ils ont fait l’objet, à la croisée entre souci de préservation et volonté de modernisation à l’époque des Trente Glorieuses. A la charnière entre trois sujets de société qui connaissent une particulière actualité aujourd’hui - la ville, l’architecture et le patrimoine - Isabelle Backouche envisage leurs interactions en fondant son analyse sur une mise en situation des débats qui concernent ces trois domaines d’intervention des pouvoirs publics, à Paris comme en région. Quel paysage urbain faut-il conserver en centre ville ? Comment peut-on insérer une construction moderne dans un morceau de ville hérité ? Quels compromis sont acceptables pour préserver un passé urbain qui donne à une ville, et à ses habitants, leur identité ? Comment insérer de nouvelles activités à proximité de monuments historiques sous haute surveillance de la Commission des abords ? Toutes ces questions sont envisagées en distinguant des périodes différentes qui correspondent aussi à des équilibres sociaux et politiques contrastés, notamment dans le partage entre prérogatives culturelles et ambitions urbanistiques. Au moment où la société française s’interroge intensément sur les questions de protection du patrimoine ou d’avènement d’une ville durable, les choix diversifiés opérés au cours des dernières décennies du XXe siècle éclairent de façon intense le débat. Ils fournissent une mise en perspective riche et stimulante aussi bien à propos des choix politiques que des attentes des populations locales. A l’interface entre la sphère administrative et le monde politique, la démarche de l’historienne scrute les acteurs sur des terrains emboités, depuis l’élaboration des contraintes juridiques qui encadrent l’aménagement urbain sur le plan national jusqu’aux mobilisations locales qui refusent la disparition d’un cadre de vie familier. Cette histoire des centres villes au fil d’un dialogue entre conservation et rénovation urbaine permet de comprendre l’émergence d’une conscience patrimoniale et éclaire les horizons de la politique de la ville actuelle.   

ISBN : 978-2-200-28552-4
Fiche éditeur : http://www.armand-colin.com/
Le temps des laboureurs

Le temps des laboureurs

Travail, ordre social et croissance en Europe (XIe-XIVe siècle)

Mathieu Arnoux
Paris, Albin Michel, L'évolution de l'Humanité, 2012,  374 p.
Prix : 24e
Du XIe au XIIIe siècle, l’Europe connut une phase sans égale de croissance et de développement. C’est alors que furent créés les paysages qui sont encore ceux de nos campagnes. Plus que le temps des chevaliers et des seigneurs ou des moines et des prêtres, ce temps fut celui des laboureurs et des vilains, dont le travail seul fut à l’origine de cette prospérité. Pour un temps, la société reconnut sa dette à l’égard de l’ordre des paysans, donnant à leurs peines valeur d’engagement mystique et d’accomplissement spirituel. Ce livre examine les conditions sociales et économiques de ce processus, et montre que les travailleurs des campagnes ne furent pas seulement la main-d’oeuvre de la société seigneuriale mais aussi, et peut-être surtout, les acteurs de ce changement, qu’ils voulurent et dont ils tirèrent profit. Épris d’ordre et prêts à la révolte, unis sous les figures d’Adam, cultivateur du Paradis, et du Laboureur, dont la silhouette pacifique traverse alors toute la littérature européenne, les paysans furent à l’origine d’un développement véritablement durable. Construit avec leurs mots, ce livre leur rend la parole. Dans cet ouvrage novateur, Mathieu Arnoux propose autant une recherche sur un lointain épisode de l’histoire économique de l’Europe qu’une enquête sur une figure idéologique du travail, dont bien des éléments restent aujourd’hui identifiables dans la culture européenne.

ISSN : 978-2-226-20909-2
Histoires méditerranéennes

Histoires méditerranéennes

Aspects de la colonisation grecque en Occident et dans la Mer noire (VIIIe-IVe siècles av. J.-C.)

Maria Cecilia D'Ercole
Paris, Actes Sud, Errances, 2012,  224 p.
Prix : 32€
Entre le VIIIe et le IVe siècles avant J.-C., l’installation de communautés grecques sur le pourtour méditerranéen a été un processus historique majeur qui a entraîné de profondes modifications sociales, économiques et culturelles. Malgré la diversité des régions côtières touchées par ce phénomène, qui s’étendent de l’Ibérie à la mer Noire, des constantes se dégagent au sein de ce vaste processus. Après avoir donné un aperçu du débat historiographique récent, la première partie de l’ouvrage analyse quelques-unes de ces constantes : la spécificité du paysage colonial, les formes de partage des terres, le projet urbain, les dynamiques d’interaction entre les cités fondées et les cités d’origine, les formes de contact avec les populations locales, la création de nouveaux ensembles culturels. La deuxième partie présente des dossiers historiques etarchéologiques sur des cas régionaux, du golfe Tyrrhénien (Pithécusses, Cumes) au Midi de la Gaule (Marseille), du réseau corinthien (Corcyre, Syracuse) à la présence grecque dans la mer Noire.

ISBN : 978-2-87772-501-9
Faire la preuve de la propriété

Faire la preuve de la propriété

Droits et savoirs en Méditerranée (Antiquité-Temps modernes)

Alice Ingold, Julien Dubouloz (ed.)
Rome, Ecole française de Rome, 2012,  342 p.
Prix : 50 €
Cet ouvrage est né de l’exigence d’articuler différentes modalités d’approche du territoire et de sa constitution : une approche normative, raisonnant à partir de règles, de procédures et d’opérations de catégorisation par le droit; d’autre part, une lecture attentive aux usages des lieux et aux pratiques sociales. Les conflits sont apparus comme des moments privilégiés pour observer ce jeu des usages et des droits sur le territoire, qui permet notamment d’identifier des acceptions différentes des faits de possession ou de propriété. Quels moyens argumentatifs, juridiques et techniques déploient les particuliers ou les communautés pour faire la preuve de leurs droits concurrents sur un même territoire ? Comment la dispute, mais aussi le maintien ou la restauration de droits sur le sol engagent-ils des mécanismes d’écriture, d’exégèse, d’interprétation, de transformation ou de transmission en corpus de normes et de règles ? Comment la fixation de limites entre propriétés, entre juridictions, entre espaces privés et publics, constitue-t-elle autant d’occasions par lesquelles des collectifs se définissent ou se reconfigurent ? C’est en prenant appui sur l’examen de dossiers concrets de litiges que les auteurs de ce volume ont travaillé ces questions. Une approche sur la longue durée et embrassant les deux rives de la Méditerranée a permis d’observer la polysémie des registres de preuve, qui articulent - plus souvent qu’ils n’opposent - la force de l’écrit et l’appel au témoignage et à la parole humaine. Saisir la place complexe de l’expertise, entre droits, savoirs et pouvoir, nous a conduits à porter une attention particulière au témoignage des choses elles-mêmes et aux savoirs déployés pour lire ces traces matérielles dans l’espace urbain ou le paysage. C’est ainsi que les différentes figures d’expert, arpenteur, géomètre, ingénieur, architecte, spécialiste hydraulique ou praticien local se trouvent au centre de cet ouvrage, autant pour le rôle qu’ils ont joué dans les conflits que pour leur activité productrice de normes et d’usages. Les articles couvrent une chronologie s’étendant de la période républicaine à Rome au XIXe siècle. Ils embrassent les deux rives de la Méditerranée, de l’Italie et la France à Tunis, Jérusalem et Damas, en passant par l’Égypte.

ISBN : 978-2-7283-0906-1
Couleurs de l'esclavage sur les deux rives de la Méditerranée

Couleurs de l'esclavage sur les deux rives de la Méditerranée

Roger Botte, Alessandro Stella [dir.]
Paris, Karthala, 2012,  396 p.
Prix : 35€
Si l’esclavage des Noirs présente une indéniable spécificité, il est tout aussi évident que l’institution esclavagiste a été aussi complexe et variée que la polychromie des phénotypes humains. Sans remonter à l’Antiquité gréco-romaine, l’espace méditerranéen, avant, pendant et après la traite transatlantique des Africains est un observatoire de choix sur la fabrique d’esclaves. D’une rive à l’autre de la Méditerranée, nous pouvons observer la coexistence d’esclaves de différentes couleurs, origines, religions. À côté d’Africains arrivés par les traites transsaharienne et atlantique, les marchés d’esclaves se nourrissaient de Slaves, Caucasiens et autres Orientaux, pendant que les clivages religieux alimentaient et justifiaient la capture et la mise en esclavage aussi bien de musulmans que de chrétiens et de païens. Le même statut d’esclave était appliqué à des individus qui, tout en partageant la domination servile, était souvent, de par leur origine ethnique, leur sexe, leur âge, leur apparence physique et leurs supposées qualités, destinés à des tâches diverses. De Byzance au monde ottoman, de l’Europe chrétienne aux terres d’islam, la désignation des esclaves empruntait une large palette de nuances, la couleur se révélant pour ce qu’elle est : une vision subjective du contraste. C’est cet esclavage multiforme que tentent de dépeindre les textes ici réunis.

ISBN : 9782811108007
Labour, Coercion, and Economic Growth in Eurasia (17th-20th centuries)

Labour, Coercion, and Economic Growth in Eurasia (17th-20th centuries)

Alessandro Stanziani (ed.)
Leiden, Brill, Studies in Global Social History- Vol 11, 2012,  326 p.
Prix : 109 €
The history of the forms of “free” labour is intimately linked to that of coerced labour. In this book, worldwide acknowledged specialists of Russia, China, Russia, Japan, India, the Indian Ocean, France and Britain show that between the seventeenth and the twentieth century, forms of labour and bondage were defined and practised in reference to each other. Labour relationships found their sources not only in the global circulation of models, peoples, goods and institutions, but also in market dynamics. Proto-industry, agriculture, trade and manufacturing experienced unprecedented growth throughout Eurasia. Mostly labour-intensive, this long-term growth put considerable pressure on labour resources and contributed to increased coercion and legal constraints on labour mobility in both Asia and Europe.

ISSN : 1874-6705

ISBN : 9789004231122
Fiche éditeur : http://www.brill.com/
Meaux au Moyen Age

Meaux au Moyen Age

Une ville et ses hommes du XIIe au XVe siècle

Mickaël Wilmart
Montceaux-les-Meaux, Editions Fiacre, 2013,  404 p.
Prix : 28€
Au cours des derniers siècles du Moyen Âge, Meaux, ville du comté de Champagne, devient progressivement un satellite de Paris. Pour décrire les différentes étapes de ce basculement, l’ouvrage s’attache à l’histoire des espaces régionaux et urbains ainsi qu’à celle des hommes qui y vivent. Les transformations politiques et économiques qui caractérisent Meaux entre le XIIe et le XVe siècle vont toutes dans le même sens. Politiquement, le gouvernement communal voulu par le comte laisse la place à une municipalité fortement liée à l’élite parisienne. Cette alliance débouche sur le ralliement à Étienne Marcel lors de la révolte de 1358. Économiquement, la draperie, première industrie de la ville, à l’origine de grandes fortunes comme celle de Jean Rose, trouve toute sa place dans le réseau qui se constitue autour de la capitale. Les autres activités, qu’elles soient financières, familiales ou migratoires, suivent la même orientation. En parallèle, Meaux développe aussi une économie locale basée sur l’artisanat et la viticulture qui animent ses quartiers et ses faubourgs En retraçant l’histoire médiévale de Meaux, ce livre aborde aussi la question de la construction d’un espace régional en Île-de-France.
Le Siècle des chefs

Le Siècle des chefs

Une histoire transnationale du commandement et de l'autorité (1890-1940)

Yves Cohen
Paris, Editions Amsterdam, 2013Prix : 25 €
Les foules se déclarant « sans leader » qui émergent aujourd’hui en de nombreux points du monde sont en rupture complète avec l’idée qui a dominé le XXe siècle, selon laquelle « les hommes en foule ne sauraient se passer de maître » (Gustave Le Bon, 1895). Pourquoi « le besoin de chef » a-t-il pris une telle ampleur à partir de la fin du XIXe siècle ? Comment la préoccupation pour le commandement a-t-elle circulé d’un domaine à l’autre, de la guerre à la politique et de la politique à l’industrie ? Comment les formes et le langage du commandement sont-ils devenus transnationaux ? Quel rôle ont joué les sciences sociales, en particulier la psychologie et la sociologie, dans l’affirmation du chef ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Yves Cohen dans Le Siècle des chefs. En articulant une étude des littératures profanes et spécialisées sur le commandement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et une analyse des pratiques des chefs, il nous invite à suivre à la trace les actions des ingénieurs et directeurs d’usine et l’exercice du commandement par Roosevelt, Hitler, et surtout Staline.Le Siècle des chefs offre ainsi une vaste fresque transversale et internationale de la montée de la figure du chef, fondamentale pour comprendre les spécificités de l’histoire du XXe siècle.

ISBN : 978-2-35480-120-5
Fiche éditeur : http://www.editionsamsterdam.fr
Les Musulmans dans l'Histoire de l'Europe

Les Musulmans dans l'Histoire de l'Europe

Tome 2. Passages et contacts en Méditerranée

Jocelyne Dakhlia, Wolfgang Kaiser [dir.]
Paris, Albin Michel, 2013,  656 p.
Prix : 29 €
Comme le premier, ce second tome se réfère directement à des débats civiques actuels, et plus particulièrement au projet de l''Euroméditerranée ', avec ce qu'il implique comme questionnements à l' Union européenne. Là encore, il s'agit de rompre avec la vision classique de deux mondes, Europe et Islam, qui se regardent en chiens de faïence, en concluant parfois des alliances diplomatiques et en s'empruntant de temps en temps sur le plan culturel. Les auteurs infèrent de la longue présence musulmane en Europe, une toute autre perspective pour comprendre les relations et l'entre-deux de la Méditerranée. Leur argument est qu'une forte conflictualité entre l'Europe et les sociétés islamiques n'empêchait pas de véritables relations de continuum, à la fois culturel et humain, un peu comme aujourd' hui où ces relations sont tendues et crispées alors même que l'imbrication des populations est constante. Ils discutent alors l'idée reçue que ce continuum serait le fait de diasporas ou de médiateurs culturels privilégiés pour montrer que des dynamiques intégratrices animent, de part et d'autre et au coeur même de leurs structures, les sociétés en contact. Ce livre plus théorique invite à sortir d'une problématique toujours sous-jacente du 'choc des civilisations ', en montrant que les frontières politiques et religieuses ne recoupent pas nécessairement des ensembles culturels cohérents et que, si l'adversité politique ou religieuse est bien réelle, il ne faut pas en déduire des situations de vide ou d'interstices sur d'autres plans. Il permet d'affirmer que, sur un autre mode, plus culturel et social, les musulmans s'avèrent solubles dans l'Europe. Les antagonismes religieux ou politiques, aussi rédhibitoires soient-ils, ne doivent pas empêcher de voir les lieux d'une proximité ou d'une identité d'être, au sens de l'être social ou culturel et non pas au sens de l'humanisme.

ISBN : 9782226209115
Fiche éditeur : http://www.albin-michel.fr/editions.php
The Scottish Enlightenment

The Scottish Enlightenment

Race, Gender, and the Limits of Progress

Silvia Sebastiani
Hampshire, Palgrave, 2013,  288 p.
Prix : 55£
The Scottish Enlightenment shaped a new conception of history as a gradual and universal progress from savagery to civil society. Whereas women emancipated themselves from the yoke of male-masters, men in turn acquired polite manners and became civilized. Such a conception, however, presents problematic questions: why were the Americans still savage? Why was it that the Europeans only had completed all the stages of the historic process? Could modern societies escape the destiny of earlier empires and avoid decadence? Was there a limit beyond which women's influence might result in dehumanization? The Scottish Enlightenment's legacy for modernity emerges here as a two-faced Janus, an unresolved tension between universalism and hierarchy, progress and the limits of progress.

ISBN : 9780230114913
Fiche éditeur : http://www.palgrave.com/home/index.asp
Croire en l'Histoire

Croire en l'Histoire

François Hartog
Paris, Flammarion, 2013,  312 p.
Prix : 21 €
Le XIXe siècle fut la grande époque de l'Histoire. On y croyait avec une force et une foi sans faille, on s'est mis à la pratiquer méthodiquement avec pour ambition de la hisser au rang de science, le roman s'en est emparé… Véritable théologie des temps modernes, trait d'union entre passé, présentet futur, elle organisait le monde et lui donnait un sens. Qu'en est-il aujourd'hui, où « faire de l'histoire » se signifie plus, comme chez Chateaubriand, jouer un rôle politique, être moteur des événements, mais simplement être historien, avoir fait des études et obtenu des diplômes justifiant ce titre ? Peut-on encore croire en l'Histoire ? Y croire implique-t-il de croire qu'elle a un sens ? Qui fait l'Histoire et qu'est-ce que qu'écrire l'Histoire ? Le concept moderne est-il définitivement dépassé ? Poursuivant une réflexion entamée dans ses précédents ouvrages, notamment dans Évidence de l'histoire, dialoguant avec les artistes (trois commentaires d'image ponctuent le livre), les écrivains (de Balzac à McCarthy), les historiens (Spengler, Toynbee), François Hartog montre commentl'évolution du concept d'histoire est significatif du basculement progressif de notre rapport au temps : on assiste à une fermeture du futur et à l'essor d'un présent omniprésent, mais aussi à une montée de la « mémoire » (lois mémorielles, devoir de mémoire, droit à la mémoire…). L'avenir disparaît de nos horizons, devient imprévisible, « infigurable » ; ce n'est plus l'Histoire qui juge : elle est jugée. Grand objet de croyance de l'époque moderne (avec ses dévots, ses martyrs, ses hérétiques et ses traîtres), l'Histoire semble bien être entrée dans l'ère de doute. Quelle peut dès lors être encore la mission de l'historien ?

ISBN : 978-2081286757
Fiche éditeur : http://editions.flammarion.com/
Negociar la obediencia

Negociar la obediencia

Autoridad y consentimiento en el mundo ibérico en la edad moderna

Jean-Paul Zúñiga (ed.)
Churriana de la Vega, Comares Historia, 2013,  208 p.
Prix : 17€
Este libro nace del homenaje al gran hispanista francés Bernard Vincent reali­zado en París en marzo del 2010. Queríamos ante todo que el encuentro, sin dejar de ser la manifestación de aprecio y cariño a Bernard Vincent que evidentemente fue, se erigiera asimismo en el marco de un verdadero intercam­bio de ideas alrededor de problemáticas centrales en la obra de B. Vincent, con las que todos, de manera más o menos cercana, lidiamos. Negociar la obediencia remite directamente a las nociones de autoridad (cualquiera que sea su fuente) y de consentimiento. Éstas parecen fundamentales no sólo para entender gran parte de la obra de Bernard Vincent, sino que permiten enlazar además con debates contemporáneos que interesan al conjunto de las Ciencias Sociales. El problema de la relación entre norma y obediencia, individuo y sociedad, estructura y agen­cia, común a sociólogos, antropólogos e historiadores, constituye así el corazón de estos trabajos. En su diversidad, todos estos aportes conforman un libro con problemática y temáticas definidas, directamente utilizable como trabajo científico de consulta. ¿Qué mejor testimonio de estima podíamos encontrar para Bernard, investigador incansable? En fin, la publicación de las contribuciones tanto en español como en francés permite reflejar el ambiente lingüístico hispanofrancés dentro del que Bernard Vincent ha siempre querido insertar su quehacer científico. Gracias a la editorial Comares, lo que parecía un reto difícil de realizar ve hoy la luz.

ISBN : 978-8-4904-5068-0
Property Rights, Land Markets and Economic Growth in the European Countryside (Thirteenth-Twentieth Centuries)

Property Rights, Land Markets and Economic Growth in the European Countryside (Thirteenth-Twentieth Centuries)

Gérard Béaur, Phillipp R. Schofield, Jean-Michel Chevet, María Teresa Pérez Picazo (ed.)
Turnhout, Brepols, Rural History in Europe, 2013,  538 p.

By exploring the fundamental issues of property rights and markets in land, this book will offer important insights into long-term economic change in Europe. The essays gathered here provide a major consideration of the institutional constraints which can be employed by historians and other commentators in order to explain both the slowness or even absence of growth in certain areas of the European economy between the thirteenth and nineteenth centuries, as well as the discrete experiences of countries within Europe in this broad period. This is an issue of current interest not least because discussion of 'institutional determinism' has become a standard of explanations of historical and economic change; that said, those promoting such approach have sometimes been criticised for generalising from an 'institutional' perspective rather than taking full account of the variety of potential causative explanations within particular historical contexts. The present collection of essays will therefore explore the conditions which permitted the progress of agriculture in Europe and the emergence of capitalism in the countryside. The research presented in this volume helps to demonstrate that changes in the market (demand, relative prices ...) encouraged changes in property rights but certainly did not do so in ways that were consistent or that led inexorably towards individual and exclusive rights of the kind described by the nineteenth-century liberal paradigm.


ISBN : 978-2-503-52955-4
Le deuil du pouvoir

Le deuil du pouvoir

Essais sur l'abdication

Alain Boureau, Corinne Péneau [dir.]
Paris, Les Belles Lettres, 2013,  204 p.
Prix : 23€
Au début de 2013, deux abdications souveraines se sont produites: celle de Beatrix, reine des Pays-Bas, annoncée le 28 janvier et celle du pape Benoît XVI, proclamée le 11 février. L'actualité prenait en écharpe les huit siècles que nous parcourons ici. L'abdication, ce renoncement au pouvoir, constitue l'état pur d'un acte de volonté dans la sphère politique ou religieuse. Une instance souveraine, qui ne dépend de rien d'autre que de soi-même, décide de s'abolir. L'abdication apparaît alors non comme le simple abandon du pouvoir, mais comme un acte de pouvoir - celui de l'individu imposant son choix, se repliant sur son corps et abandonnant le corps politique - ou, du moins, comme une autre façon de le manipuler et de s'en saisir. Ce livre entend donner un écho et un prolongement au texte fondateur et magistral de Jacques Le Brun, Le Pouvoir d'abdiquer. Essai sur la déchéance volontaire, paru en 2009. Notre entreprise a étendu ces variations aux cas mentionnés par Jacques Le Brun sans qu'il en traite, soit dans l'arc temporel premier, pour l'abdication de Christine de Suède (Corinne Péneau), soit dans les temps antérieurs pour la renonciation du pape Célestin V, placée dans la perspective globale du XIIIe siècle (Alain Boureau), ou postérieurs, quant aux départs de De Gaulle (Jean-Michel Rey). Pierre-Antoine Fabre, pour sa part, a ajouté au dossier le cas doctrinal de l'abdication du supérieur jésuite en faveur de son collatéral dans les Constitutions de l'ordre. Et Jacques Le Brun s'est attaché à repérer les échos contemporains de l'abdication dans le film Habemus Papam de Nanni Moretti et dans Le Roi Lear.

ISBN : 978-2-251-38121-3
Fiche éditeur : http://www.lesbelleslettres.com/
Debt and slavery in the Mediterranean and the Atlantic Worlds

Debt and slavery in the Mediterranean and the Atlantic Worlds

Alessandro Stanziani, Gwyn Campbell (ed.)
Londres, Pickering and Chatto Publishers, 2013,  208 p.
Prix : 60£ / 90$
Slavery casts a long shadow over human history. Though, historically, the chief mechanism of slavery was seen as violent abduction, this view is being adjusted to recognize the importance of financial indebtedness in creating and sustaining human bondage. Filling a significant gap in the historiography, the essays in this volume show that debt slavery has played a crucial role in the economic history of numerous societies which continues even today.

ISBN : 978-1848933743
Fiche éditeur : http://www.pickeringchatto.com/
Des lois indignes?

Des lois indignes?

Les historiens, la politique et le droit

Marc Olivier Baruch
Paris, Tallandier, 2013,  250 p.
Prix : 21,90€

Les historiens, la politique et le droit dans la France d’aujourd’hui

Reconnaissance des responsabilités de l’Etat dans la Shoah par Jacques Chirac, repentance des évêques de France, tentatives pour faire inscrire dans la loi les aspects positifs de la colonisation, pénalisation de la négation du génocide des Arméniens, etc. Plus que jamais les historiens d’aujourd’hui doivent faire avec l’interventionnisme des politiques, plus que jamais, ils doivent se protéger contre les tentatives d’instrumentalisation de leur travail. Facteur aggravant, ils sont profondément divisés : les uns rejettent le concept même de lois mémorielles, les autres adoptent des positions plus nuancées. Tous sont profondément perturbés à la fois comme chercheurs et comme citoyens.

Avec rigueur et clarté, parfois avec humeur, Marc-Olivier Baruch, l’un de nos meilleurs spécialistes de Vichy, démêle la nébuleuse des problèmes qui se posent aux historiens aujourd’hui. Entre le droit, qui a beaucoup évolué depuis trente ans, les exigences de l’opinion et le poids du politique, leur voie est étroite.

Eloge vibrant de la véritable liberté de la recherche, cet essai, brillant et stimulant, est le premier à poser dans leur ensemble les problèmes relatifs aux questions les plus brûlantes de l’histoire.

Polytechnicien, énarque, Marc-Olivier Baruch a mené une double carrière de haut fonctionnaire et d’historien. Auteur célèbre de Servir l’Etat français sur la fonction publique à l’époque de Vichy, ilo est aujourd’hui directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.


ISBN : 979-1021003956
Fiche éditeur : http://www.tallandier.com/
Couples en justice (IVe-XIXe siècle)

Couples en justice (IVe-XIXe siècle)

Claude Gauvard Stella Alessandro [dir.]
Paris, Publications de la Sorbonne, 2013,  250 p.
Prix : 28€
Passer devant un juge pour régler un conflitdecouple est aujourd'hui chose banale. Mais banal ne veut pas dire récent.                Le phénomène a une longue histoire,retracée ici dans le cadre de l'Europe occidentale pré-industrielle, des Pays-Bas à l'Espagne et àl'Italie, de la France à la Roumanie, sans négligerles évolutions de la diaspora juive installée ausein de la société chrétienne. Partout, les infractions possibles à la loi qui définit le mariage sedur­cissent et les procès se multiplient devant lestribunaux laïques ou ecclésiastiques. Rapts, viols, mariages clandestins, adultères et toutesles ! formes de violences conjugales sont autantde chefs d'accusation maniés par la justice, maisle plus souvent à la demande du couple oude sa parenté. La question est bien de savoir comment etpourquoi la justice a pu être utilisée, voireinstrumentalisée comme une arme dans les querellesmatrimoniales, et quel regard a pu êtreportésur ces conflits où s'est en particulier jouélesort des femmes.

ISSN : 0292-6679

ISBN : 978-2-85944-750-2
On ne peut pas tout réduire à des stratégies.

On ne peut pas tout réduire à des stratégies.

Pratiques d'écriture et trajectoires sociales

Dinah Ribard, Nicolas Schapira [dir.]
Paris, PUF, 2013,  205 p.
Prix : 20€

On parle beaucoup de stratégies aujourd’hui, à tout propos. Dans le domaine des humanités et des sciences sociales, le recours à ce terme est intensif — et intensément critiqué. Ce livre propose à la réflexion des littéraires, des historiens et des sociologues des analyses de parcours individuels semés d’écrits, dans une grande diversité de situations sociales et d’expériences politiques. Comment donner toute leur place aux écrits – comment les ouvrir  pleinement à l’interprétation – dans les trajectoires de leurs auteurs ? Comment faire droit à leur spécificité d’écrits tout en tenant compte de la manière dont ils s’entrelacent à l’expérience sociale ? Des écrivains de profession, mais aussi un petit noble et un prince, des juristes et des missionnaires, des soldats de la Révolution et des illuminés : les cas présentés ici montrent qu’une étude des textes qui garde en perspective leur insertion dans l’action épaissit plutôt qu’elle n’appauvrit ce qu’écrire a pu vouloir dire – et veut dire. Se trouve ainsi versée au débat sur les modèles de compréhension de l’action des individus la question de l’écriture : la question d’une action étalée dans le temps, qui laisse après elle des objets détachés du corps de leur auteur et fort bavards sur eux-mêmes.


ISBN : 978-2-13-058163-5
Michel de Certeau, La fable Mystique II

Michel de Certeau, La fable Mystique II

Luce Giard (ed.)
Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2013,  400 p.
Prix : 22,90€

Avec la participation de Luce Giard, Patrick Goujon, Dominique Julia, Jacques Le Brun, Jocelyne Sfez et François Trémolières.

 

La Fable mystique a paru en 1982. L'auteur travaillait à un second volume quand il est mort en 1986. Pour faire aboutir le projet de Michel de Certeau, Luce Ciard (à qui il a confié l'édition de son oeuvre) a associé un long chapitre en partie inédit à des articles déjà parus. Le livre comme l'auteur sont devenus des classiques. Ils ont rendu visible un océan d'écrits où s'est cherchée, aux XVIe et XVIIe siècles, une "science expérimentale de la mystique". Ces récits d'expériences individuelles, où se mêlent l'émotion, le rêve, l'extase, l'amour, la souffrance, voulaient expliquer ce qui était survenu et découper, dans la vie commune de la foi, une manière de dire qui soit entendue par l'institution religieuse. Michel de Certeau explore cette "figure historique" de la mystique, ses conditions d'apparition, son essor et son échec final, faute d'avoir pu définir son objet. Ce volume présente le " contenu même" de la science cherchée, de Nicolas de Cires à Pascal, à travers Jean de la Croix, Jean-Joseph Surin ou Angelus Silesius. L'inspiration poétique, les récits (le visions ou de passions, le trouble de la folie, le concert des voix angéliques, la lecture des spirituels et celle des Ecritures, la subtilité rhétorique des arguments sont tour à tour analysés et mis en perspective avec précision, respect, délicatesse et grâce à une érudition sans faille.


ISBN : 978-2070141395
Ambres gravés

Ambres gravés

Maria Cecilia D'Ercole
Paris, Louvres éditions - Somogy, 2013,  123 p.
Prix : 36€

L’origine exotique de l’ambre ancien, son travail précieux, ses pouvoirs symboliques ne cessent d’attirer, de nos jours encore, l’intérêt des amateurs et des savants. Dans l’Antiquité grecque et romaine, l’ambre fut l’une des matières précieuses les plus admirées et convoitées, objet d’appréciation esthétique et de curiosité scientifique, prétexte pour l’invention de légendes populaires pendant des siècles, depuis l’Athènes classique jusqu’à la Rome impériale.
Au fil des XIXe et XXe siècles, la collection des ambres gravés du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée Louvre n’a cessé de s’enrichir. Ses nombreux apports proviennent en large majorité de collections privées et, en moindre partie, de résultats de fouilles.


ISBN : 2-7177-2394-3
La figure du mage à Byzance

La figure du mage à Byzance

De Jean Damascène à Michel Psellos (VIIe-Fin XIe siècle)

Dossiers byzantins

2 semestre, n° 13

Sous la direction de
2013,  352 p.
Prix : 55€

Le présent ouvrage veut rendre justice au mage, figure peu évoquée pour elle-même à Byzance. Envisagé à travers le prisme des sources normatives byzantines, le mage apparaît, par principe, comme un élément perturbateur du bon ordre du monde, comme un être malfaisant au service des démons. Sa présence permet également de qualifier les comportements atypiques ou dérangeants de Byzantins de toute catégorie, du plus modeste au plus illustre : hérétiques, faux saints, empereurs dévoyés s’associent de près comme de loin au mage, devenu l’explication à leur dérive. Et c’est en cela que cette figure est utile aux sources byzantines, et précieuse pour le médiéviste. Ses déboires, ses échecs et sa mort, mis en scène de manière habile par les sources, sont autant d’éléments qui permettent à la société byzantine de se définir, de se structurer, de se représenter elle-même en somme.


ISBN : 2-9530655-5-8
Marguerite Porete et le miroir des simples âmes

Marguerite Porete et le miroir des simples âmes

Perspectives historiques, philosophiques

Sylvain Piron, Robert E. Lerner, Sean L. Field [dir.]
Paris, Vrin, Etudes de philosophie médiévale, 2014,  368 p.
Prix : 34€

Redécouvert et publié par l’historienne italienne Romana Guarnieri au milieu du XXe siècle, le Miroir des simples âmes de Marguerite Porete est un ouvrage hors du commun à plusieurs égards : chef d’œuvre de la littérature médiévale en langue française, texte fondamental de la mystique occidentale, il offre également le cas exceptionnel d’une œuvre spéculative rédigée par une femme au Moyen Âge. De son auteur, on ne sait presque rien, si ce n’est qu’elle fut sans doute béguine à Valenciennes ou dans les environs et qu’elle refusa de parler pour se défendre lors de son procès. Condamnée par l’inquisiteur de France pour avoir persisté à diffuser un livre déjà condamné, elle fut brûlée en place de Grève le 1er juin 1310.

Depuis quelques décennies, Marguerite Porete suscite un intérêt croissant parmi les chercheurs de plusieurs disciplines. Cependant, aucun ouvrage collectif n’avait encore tenté de proposer une approche globale et plurielle de son œuvre, saisie sous différentes perspectives.

Les articles réunis dans ce volume sont pour partie issus d’un colloque international organisé à Paris pour marquer le septième centenaire de sa condamnation. Ils apportent de nouveaux éclairages sur les horizons politiques et sociaux de Marguerite, sa culture théologique et littéraire. Trois articles proposent une interprétation à nouveaux frais de son procès. Une étude des états de langue française dans lesquels est conservé son texte permet d’apporter une série de corrections à l’édition Guarnieri. Des travaux sur la circulation du Miroir dans l’Angleterre du XIVe siècle et dans le Val de Loire aux XVe et XVIe siècle font mieux saisir l’impact qu’a eu cette œuvre majeure.


ISBN : 978-2711625246
Démographie historique, nouveau terrain

Démographie historique, nouveau terrain

Paris, Editions de l'EHESS, avec le concours du CNRS, Histoire et mesure- Vol XXVIII, 2013,  280 p.
Prix : 22€

En couplant les données nominatives issues des dénombrements annuels avec celles des registres paroissiaux, d’état-civil et des actes notariés, l’enquête permet tout d’abord de constituer un système de métabases qui a vocation à perdurer et qui s’inscrit dans la tradition des grandes enquêtes démographiques et sociologiques réalisées en France depuis un demi-siècle (« Trois générations » ; « TRA »).
Par sa taille relativement modeste, ses multiples activités et son histoire démographique complexe, Charleville offre par ailleurs un cadre adapté à une enquête socio-démographique approfondie, dont les données s’adaptent à une grande diversité de questions en histoire de la démographie et de la famille (évolution de la structure des ménages, mobilité urbaine, crise démographique, etc.). L’enquête est ainsi ouverte à une variété d’exploitations qui seront mises en œuvre dans les années à venir.


ISBN : 978-2-7132-2400-3
Fiche éditeur : http://histoiremesure.revues.org/4774

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Rythmes et croyances au Moyen Âge

Rythmes et croyances au Moyen Âge

Marie Formarier, Jean-Claude Schmitt [dir.]
Bordeaux, Ausonius, Scripta Mediævalia, 2014,  152 p.
Prix : 25€

Présents dans la langue latine et les langues vernaculaires, dans la rhétorique du sermon, la prière et le chant, dans les attitudes et les gestes, dans les rues et les églises, les rythmes sont partout au Moyen Âge : comme aujourd’hui, sans doute, mais suivant des modalités — une scansion, une périodicité, des « manières de fluer » — qui sont différentes et au prix d’apprentissages propres à la société médiévale. Non seulement les rythmes ponctuent l’espace-temps médiéval, mais ils s’imposent au cœur des rapports entre croyances et savoirs, savoirs profanes et savoirs religieux, science et spiritualité. Plus précisément encore, ils informent les techniques du « faire-croire » : dans ce cadre, quelles sont les modalités de leur transmission, de leur production de leur diffusion, de leur circulation, par la parole, le geste, l’image ? Quels en sont les effets ? Comment agissent en retour, sur les rythmes et les croyances, les mutations politiques, sociales, culturelles et linguistiques que connaît le Moyen Âge ?


ISBN : 9782356130907
De paroles et de gestes

De paroles et de gestes

Constructions marranes en terre d'Inquisition

Natalia Muchnik
Paris, Editions de l'EHESS, En temps & lieux, 2014,  288 p.
Prix : 20€

L'auteur montre que, face à la stigmatisation, les crypto-judaïsants ont développé une identité de groupe : l’individu prend sens dans une unité sociale soudée par une mémoire et des pratiques partagées. Si la répression inquisitoriale et la clandestinité sont fondamentales pour sa cohésion, la société marrane a ses propres dynamiques. Fragilisée par sa diversité interne, sa mobilité spatiale et la labilité de ses pratiques religieuses, elle a multiplié signes d’appartenance et discours identitaires. Les codes qui caractérisent cette société secrète, l’hostilité au catholicisme ou les mythes de l’origine, sont autant de signes que le crypto-judaïsant mobilise et adapte. Car plus que les rituels, c’est le processus de ritualisation extrême du quotidien qui forge la société marrane ; le sacré semble partout.
L’ouvrage, tel un kaléidoscope, multiplie les points de vue sur les modes d’identification. Le marrane dispose ainsi de plusieurs identités potentielles qu’il alterne selon les situations et les interlocuteurs. Plutôt que d’un déchirement entre deux religions, ne témoigne-t-il pas de la fragmentation de soi et de l’impossibilité de dissocier l’individu des rôles qu’il tient ? Il témoigne en somme d’une pluralité inhérente à tout être humain et du caractère illusoire d’une identité homogène.

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2420-1

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La Guerre des Forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle

La Guerre des Forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle

Edward P. Thompson

Présenté par Philippe Minard
Paris, La découverte, 2014,  164 p.
Prix : 15€

L’historien Philippe Minard publie et commente l'ouvrage, jusqu'ici inaccessible en français, de l’historien Edward P. Thompson, La Guerre des forêts. Luttes sociales dans l’Angleterre du XVIIIe siècle.

En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux.  La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. L'atteinte à la propriété est ainsi criminalisée à l'extrême, et la loi ne sera abrogée qu'un siècle plus tard, en 1827.
Cet épisode s'inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d'une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d'usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, où l'oligarchie règne par la loi du profit et la corruption.
L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s'impose, dans l'arène juridique, l'individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la « guerre des forêts » est aussi une lutte de classes sans merci.


ISBN : 9782707177179
Fiche éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr/
Les Paris de l'industrie

Les Paris de l'industrie

Paris au risque de l'industrie (1750-1820)

Thomas Le Roux [dir.]
Paris, Editions Créaphis, 2013,  160 p.
Prix : 25€

Ce livre d'histoire propose une réflexion sur les rapports que Paris entretient avec l'industrie et son environnement depuis le milieu du XVIIIe siècle. Signe de l'entrée dans la modernité pour les uns, porteur de régression sociale pour les autres, l'ère industrielle est assurément une période de profondes transformations du tissu urbain et d'importants bouleversements du champ économique et social pour les Parisiens. La dimension problématique de cette activité doit aujourd'hui être redécouverte. Aussi a-t-il paru nécessaire à l'historien Thomas Le Roux et quelques-uns des grands spécialistes de ces questions de revenir sur les débuts de cette période et d'identifier les activités industrielles et leurs conséquences sur le paysage, les dangers et les résistances à l'industrie. Les traces dans le paysage et dans le bâti, qui restent aujourd'hui visibles, constituent un patrimoine et interrogent la mémoire industrielle.

 

avec les contributions : Claire Barille, Florence Bourillon, Jean-François Belhoste, Guillaume Carnino, Jean-Baptiste Fressoz, Frédéric Graber, François Jarrige, Thomas Le Roux, Nicolas Pierrot, Bénédicte Reynaud, Paul Smith, Marie Thébaud-Sorger, Niels van Manen, Denis Woronoff.


ISBN : 9-782354-280796
Prédication et performance du XIIe au XVIe siècle

Prédication et performance du XIIe au XVIe siècle

Marie Bouhaïk-Gironès, Marie Anne Polo de Beaulieu [dir.]
Paris, Classiques Garnier, Rencontres, 2013,  329 p.
Prix : 39 €

À la fin du Moyen Âge, le théâtre participe à la même acculturation chrétienne que la prédication. Prédicateurs et acteurs, fondamentalement dissemblables, partagent pourtant un savoir-faire propre aux métiers de la parole, de la maîtrise de la rhétorique en langue vulgaire à l'art de la performance.

Table des matières


ISBN : 978-2-8124-1241-7
Fiche éditeur : http://www.classiques-garnier.com

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Bondage

Bondage

Labor and Rights in Eurasia from the Sixteenth to the Early Twentieth Centuries

Alessandro Stanziani
New York - Oxford, Berghahn Books, 2014,  268 p.
Prix : 95$

Cet ouvrage étudie les institutions et les pratiques du travail en Russie, en Asie Centrale, en Europe et dans l’Océan indien entre le XVIe et le début du XXe siècle. Les deux premiers chapitres discutent des images de la dépendance, de l’esclavage et du servage en Russie et en Europe au XVIIIe et XIXe siècle, en montrant la circulation importante et parfois surprenante de catégories et notions à l’intérieur de ces espaces.

Il propose par la suite une étude radicalement novatrice de l’esclavage et de la traite reliant l’Asie Centrale, la Russie, l’Inde et la Méditerranée entre le XVe et le XVIIIe siècle, suivie d’une image tout à fait inédite du servage et de son évolution en Russie. Ces éléments sont ensuite mis en relation – à la fois circulation des savoirs et des pratiques et comparaison – avec l’évolution du travail en France, notamment dans les campagnes, et en Angleterre.

Finalement, les derniers chapitres étudient la transplantation et transformation des pratiques européennes dans leurs colonies dans l’Océan indien, les Mascareignes en particulier. C’est là que la distance entre servage russe et dépendances coloniales se resserre.

Dans l’ensemble, cet ouvrage conteste l’opposition nette entre travail libre et travail forcé et montre plutôt leur gradation sur l’ensemble des espaces considérés. Il souligne également les continuités non seulement en Russie, mais aussi en Europe et dans ses colonies, entre le XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles en matière de travail et de leurs institutions. Il en tire la conclusion que, sur le plan réel, la véritable rupture en termes de dépendance au travail survient moins avec la révolution industrielle ou la révolution française qu’avec leurs fruits tardifs, notamment la deuxième révolution industrielle et l’émergence de l’Etat social. Cependant, cette rupture sera nettement moins forte et beaucoup plus tardive dans le monde colonial et en URSS.


ISBN : 978-1-78238-250-8
L'Histoire au présent

L'Histoire au présent

Les historiens et Michel Foucault

Damien Boquet, Blaise Dufal, Pauline Labey [dir.]
Paris, CNRS éditions, 2013,  374 p.
Prix : 25 €

"À lire Foucault on se persuade aisément que l’histoire est encore très jeune."

Cette réflexion de Jacques Léonard doit être prise au sérieux. Cinquante ans après la parution de l'Histoire de la folie et alors que s'achève la publication des cours au Collège de France, le dialogue des historiens avec Michel Foucault se poursuit.

Les textes réunis dans ce volume, abordant des périodes historiques différentes, mettent en avant des expériences individuelles au contact d'un Foucault désacralisé. Ils questionnent aussi bien des chantiers ouverts par Foucault (folie et déraison, enfermement psychiatrique et carcéral, pastorale, sexualité), des outils conceptuels (pratiques discursives, biopolitique, gouvernernentalité, techniques de soi, régimes de vérité, objectivation du sujet), que des propositions historiographiques et épistémologiques (archéologie et généalogie, césure et continuité).

Dans cette mise à l'épreuve, le passé devient un lieu de problématisation du présent, et l'histoire, une voie qui singularise l'actualité. 


ISBN : 978-2-271-08046-2
Fiche éditeur : http://www.cnrseditions.fr
L'emprise du vol

L'emprise du vol

De l'invention à la massification : histoire d'une culture moderne

Genève, éditions MetisPresses, vuesDensemble, 2013,  208 p.
Prix : 44 ChF

Comment l’expérience du vol a-t-elle transformé notre vision du monde?
Ce livre a pour ambition de comprendre l’empreinte profonde du vol aérien, né à la fin du 18e siècle, sur la culture moderne. À cet effet, il envisage la culture aérienne sur la longue durée et selon diverses problématiques transversales et diachroniques: les pratiques du vol, les frontières géopolitiques, les récits et médiations, les expériences sensitives, les nouvelles spatialités. Nombre d’objets et de figures incontournables y sont abordés tels que les machines aéronautiques, le pilote, l’aéroport, l’entreprise, l’enthousiasme populaire, les productions artistiques, la vue aérienne, les pratiques du voyage.
Construit autour de onze études de cas représentatives, et incluant une riche iconographie qui vient ponctuer ce panorama, L’emprise du vol met en relation des approches jusque-là disséminées, de la littérature à l’urbanisme, de l’histoire de l’art à l’esthétique, de l’histoire des techniques à l’histoire politique. Marqué par son ouverture transdisciplinaire et transnationale, cet ouvrage témoigne du processus de globalisation qui a façonné l’émergence de la conquête de l’air et qui, loin d’être synonyme d’uniformisation, révèle un rapport nouveau au territoire, à l’environnement et à la matérialité de notre monde contemporain.


ISBN : 978-2-94-0406-82-1
Fiche éditeur : http://www.metispresses.ch
Des contextes en histoire. Actes du Forum du CRH, 2011

Des contextes en histoire. Actes du Forum du CRH, 2011

Florent Brayard [dir.]
Paris, Jouve, 2014

C’est un acquis relativement récent, mais qui nous semble une évidence : on ne peut pas écrire l’histoire sans prendre en compte les contextes dans lesquels l’action étudiée s’était inscrite. A y regarder de plus près, la notion n’est pas si évidente, cependant. 
On entend en effet par contexte deux choses opposées : ce qui entoure l’action et qui est immédiatement saisi et ce qui lui donne sa forme suivant des modalités qui nécessitent parfois des trésors d’ingéniosité pour les mettre à jour. Ambiguïté du contexte, pluralité des contextes : il n’était pas inutile d’examiner la question à nouveau frais.
C’est ce à quoi se sont attelés les membres du CRH – et d’autres – en 2011, lors d’un Forum du CRH. Voici le résultat de leur réflexion collective.
Les travaux réunis dans ce volume feront circuler le lecteur du Mexique à l’Espagne, de l’Afrique du Sud à la Beauce, de Prague à Paris, et du Moyen Âge à nos jours. On y rencontrera des saints et des architectes, des nobles et des nourrices, des rescapés. Diversité des approches disciplinaires, mise en relation de régions éloignées, multiplicité des propositions épistémologiques : cet ouvrage collectif constitue un portrait de ce qui se fait au Centre de recherches historiques.
Des façons différentes de faire l’histoire et une manière particulière d’être ensemble.

Gappon Capitalism

Gappon Capitalism

The Economic and Moral Ideology of Shibusawa Eiichi in Global Perspective

Toyokeizaishinposha, Tokyo, 2014

Résultat d’une recherche collective de 3 ans entre historiens japonais et français, ce livre explique comment, quand le Japon a fait son entrée dans le capitalisme dans la deuxième moitié du XIXe siècle, un grand entrepreneur japonais, Shibusawa Eiichi (dont il existe une biographie en français, tirée d’une HDR), a élaboré une doctrine voulant concilier la recherche des profits, une certaine idée de la morale et de l’éthique et le bien-être collectif. Il examine les relations entre ce nouveau discours et les pratiques des patrons japonais, puis cerne en Occident le passage du paternalisme à la responsabilité sociale des entreprises et le compare à cette vision japonaise d’un capitalisme éthique. Il propose une analyse comparée des relations entre public et privé. Il offre une contribution collective d’historiens au très vif débat actuel sur les relations entre morale et capitalisme dans la globalisation.

Le travail et la famille en milieu rural

Le travail et la famille en milieu rural

Fabrice Boudjaaba (dir.)
Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014,  282 p.
Prix : 19 €

Le travail est souvent considéré comme un élément secondaire des processus de reproduction sociale en milieu rural car le poids de la rente et l’abondance de sources sur la propriété ont généralement conduit les historiens à privilégier l’étude de la terre et de sa transmission. Le travail a donc souvent été assimilé à un moyen de perpétuer l’exploitation et de soutenir l’équilibre économique du groupe familial. L’activité professionnelle des uns et des autres a été alors souvent perçue comme découlant simplement de la position de chacun dans le processus de succession, les cadets travaillant au service de l’aîné héritier de la maison par exemple. Pourtant, le travail et ses corollaires, l’instruction et la formation, peuvent aussi être une ressource à part entière des individus pour assurer leur propre mobilité sociale, une voie par laquelle ils peuvent sortir d’un chemin a priori tout tracé, et pas seulement une variable d’ajustement au service du groupe domestique. C’est à cette tension, propre à l’exploitation agricole, entre les exigences du groupe familial et les aspirations des individus qui le composent, et aux mobilités et aux ouvertures sociales que le travail peut fournir aux paysans que ce livre s’intéresse. Pour cela, les auteurs, historiens, économistes et sociologues, à travers une série d’études de cas français, italiens et espagnols, multiplient les points de vue et les méthodes tout au long d’un large spectre temporel qui va des débuts de l’époque moderne à aujourd’hui.


ISBN : 978-2-7535-2910-6
Le désir dicté

Le désir dicté

Histoire du vœu religieux dans l'Occident médiéval

Alain Boureau
Paris, Les Belles Lettres, 2014,  226 p.
Prix : 25,90€

On dicte un texte ou un discours, non un affect. Tout le problème est là : comment et pourquoi substituer des paroles à un mouvement intérieur ? C'est une question majeure de la psychanalyse. Mais ici, on projettera ce thème dans un passé lointain, ce qui a l’avantage de donner de la distance et des matériaux à la réflexion.

Le vœu religieux soulève la question du rapport entre l’individu et l’Église et il permet de formuler trois questions capitales des sociétés de l’Occident médiéval. Le vœu, comme fanion des moines ou des clercs, s’articule à deux de ces questions : 1) quelque chose comme une classe sacerdotale peut-elle et doit-elle se constituer à part des sociétés ? 2) Doit-on accepter, combattre ou favoriser des différentiations dans l’Église ? Devra-t-elle constituer une union forte, une fédération ou confédération ? On reconnaît là des interrogations essentielles aux Réformes. Le vœu de croisade, à partir de la fin du XIe siècle, lance la troisième question majeure : une entreprise religieuse commune doit-elle être prioritaire par rapport aux exigences individuelles ou nationales ?

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ISBN : 978-2-251-38125-1
Richard de Mediavilla, Questions disputées, tome VI

Richard de Mediavilla, Questions disputées, tome VI

L’homme: questions 38-45 Introduction

Alain Boureau (ed.)
Paris, Les Belles Lettres, Bibliothèque Scolastique, 2014,  576 p.
Prix : 45 €

Ce volume achève l’édition bilingue complète des Questions disputées de Richard de Mediavilla, commencée en 2011. Le franciscain quitte ici le domaine des anges pour celui de l’homme. L’essentiel du texte traite de la composition de l’esprit humain en plusieurs formes substantielles. Vers 1295, l’auteur reprend son traité antérieur sur la pluralité des formes de l’âme, mais avec des modifications passionnantes : ce schéma original, mal compris, reçoit un fondement théorique nouveau et est flanqué de questions préparatoires ou adjacentes. Cette thèse antithomiste reçoit pour la première fois sa justification élaborée, qui permet de placer l’isolement transcendant de l’âme dans une histoire, marquée d’interactions. C’est sans doute le sommet de l’anthropologie franciscaine.


ISBN : 978-2-251-61008-5
Fiche éditeur : http://www.lesbelleslettres.com/presentation/
Réforme catholique, religion des prêtres et «foi des simples»

Réforme catholique, religion des prêtres et «foi des simples»

Etudes d'anthropologie religieuse (XVIe-XVIIIe siècles)

Dominique Julia
Genève, Droz, Cahiers d'Humanisme et Renaissance, 2014,  528 p.

Au cours des quarante dernières années, les historiens des phénomènes religieux ont beaucoup discuté des réformes postconciliaires, de la « déchristianisation » ou de la « religion populaire ». Il importe de s’interroger sur la pertinence de ces notions héritées, et de saisir quels enjeux précis, passés ou présents, conscients ou inconscients, elles présupposent. Entrecroisant bilans historiographiques et études de cas, Dominique Julia cherche à mesurer les déplacements sous-jacents qui se sont opérés dans le domaine de l’histoire religieuse. À travers les logiques et le langage des acteurs, il s’efforce aussi de comprendre les transformations qui, entre XVIe et XVIIIe siècles, modifient en profondeur le champ du catholicisme depuis le concile de Trente. La différenciation des échelles d’observation permet de saisir tant les proximités qui unissent et les différences qui séparent les réformes pastorales, que le retentissement d’une guérison depuis le faubourg Saint-Antoine jusqu’à La Haye, Genève ou Rome.


ISSN : 0071-1934 / 1422-5581

ISBN : 978-2-600-01753-4
Fiche éditeur : http://www.droz.org/france/fr/
Populations de banlieue

Populations de banlieue

Une histoire à revisiter

Fabrice Boudjaaba, Virginie De Luca Barrusse (ed.)
Paris, Belin, Annales de démographie historique- Vol 2, 2013,  288 p.
Prix : 25

Au-delà des fonctions urbaines propres aux villes et à leurs banlieues, il y a matière à interroger les spécificités respectives de ces deux types d’espace du point de vue de leurs populations et de leurs comportements démographiques et familiaux. C’est à ce travail que tente de se livrer ce dossier des Annales de Démographie Historique issu, pour partie, d’une double session organisée en 2012 dans le cadre de l’European Social Science History Conference qui s’est tenue à Glasgow.


ISBN : 9782701189987
Fiche éditeur : http://www.editions-belin.com/
Los Franceses de Felipe II

Los Franceses de Felipe II

El exilio catolico despues de 1594

Robert Descimon, José Javier Ruiz Ibañez
F.C.E., 2013,  438 p.
Prix : 25€

En 1585, à la mort du duc d'Anjou, frère d'Henri III, l'héritier du trône devint le roi de Navarre (futur Henri IV), chef du parti protestant. Après un quart de siècle de guerre civile, cette perspective était inacceptable pour les catholiques radicaux. Ils formèrent une Ligue, que dirigeaient les Guise, d'où le nom de ligueurs que l'histoire leur a attaché. Mais ce fut Henri IV qui remporta la victoire militaire et politique, au prix, il est vrai, de sa conversion au catholicisme. Alors, en 1594, certains de ces ligueurs choisirent l'exil plutôt que de vivre sous l'autorité d'un " hérétique relaps ". Ils étaient si attachés à une conception intransigeante du catholicisme qu'ils s'installèrent sur les terres du roi d'Espagne (le " roi catholique "), à Bruxelles surtout. Après la paix entre l'Espagne et la France, en 1598, le sort de ces exilés devint de plus en plus sombre et le sens de leur attachement à la " liberté de conscience " (c'était leur propre terme) de plus en plus mystérieux. Beaucoup rentrèrent au pays, où eux et leur famille connurent un net déclassement social, beaucoup restèrent en Flandres jusqu'à leur mort. Ce livre scrute l'aventure de ces exilés, surtout à travers les rapports qu'ils entretenaient avec les autorités espagnoles qui les pensionnaient et tâchaient de les utiliser. Toute une passionnante galerie de portraits est ainsi esquissée : du duc d'Aumale, ce grand seigneur malheureux à la guerre (mais excellent catholique), au maréchal de Rosne qui mourut au combat alors qu'il commandait l'armée espagnole au siège de Hulst, de Bussy-Leclerc, l'ancien gouverneur de la Bastille, qui exaspérait le monde avec son gros chapelet rouge, à Godin, l'ancien maire de Beauvais estropié par les nobles de son propre parti... Tous ces hommes peinaient à former une communauté, mais ils étaient unis par le souvenir des luttes passées et par leur commun attachement à un catholicisme absolu qui refusait toute cohabitation avec une autre religion, surtout si elle se prétendait chrétienne. Au fur et à mesure de leurs recherches dans les archives de Bruxelles, Simancas, Madrid, Milan, Paris, Lille.,., une évidence s'imposa aux auteurs à travers la confrontation de leurs cultures historiques (l'un est espagnol, l'autre français) : ils finirent par devoir reconnaître que ces exilés qui avaient fui la France d'Henri IV n'étaient pas seulement des fanatiques, condamnés depuis le XVIIe siècle par la tradition, qu'elle soit royale, libérale ou nationale, mais qu'ils avaient été aussi porteurs d'un message religieux et politique qui avait sa logique et a même eu, on peut le regretter, une postérité.


ISBN : 978-8437506791
Un siècle d'historiennes

Un siècle d'historiennes

André Burguière et Bernard Vincent (dir.)
Edition des femmes, 2014,  352 p.
Prix : 19€

Auteur(s) :

Vingt historiennes présentées par vingt historiens

  • Carmen Bernand  par Serge Gruzinski
  • Sofia Boesch Gajano par Jacques Le Goff
  • Catherine Coquery-Vidrovitch par Mamadou Diouf
  • Natalie Zemon Davis par Denis Crouzet
  • Chiara Frugoni par Alain Boureau
  • Hedwig Hintze par Hinnerk Bruhns
  • Lynn Hunt par Jacques Revel
  • Christiane Klapisch-Zuber par André Burguière
  • Annie Kriegel par Marc Lazar
  • Claude Mossé par François de Polignac
  • Mona Ozouf par Yann Fauchois
  • Reyna Pastor par Bernard Vincent
  • Évelyne Patlagean par Jean-Marie Martin
  • Michelle Perrot par Dominique Kalifa
  • Eileen Power par François Olivier Touati
  • Barbara Stollberg-Rilinger par Christophe Duhamelle
  • Takamure Itsue par Pierre-François Souyri
  • Lucette Valensi par François Pouillon
  • Lucie Varga par Peter Schöttler
  • Frances Amelia Yates par Jean-Philippe Antoine

André Burguière et Bernard Vincent, deux historiens français de renom, ont souhaité, avec ce livre, rendre hommage à vingt historiennes de différents pays qui se sont illustrées par l’importance et l’originalité de leur œuvre. Ils ont choisi de faire appel à vingt historiens, chacun présentant, dans une courte monographie, une historienne dont l’enseignement ou la lecture a formé sa propre pensée historique, une collègue ou une amie avec laquelle il a travaillé. La sélection présentée dans ce livre ne prétend être ni objective ni exhaustive. Elle éclaire la manière dont les femmes ont enrichi la pensée historique par l’originalité de leurs méthodes d’analyse et leur manière d’écrire l’histoire. Elle souligne aussi ce qu’elles ont modifié dans notre vision de l’humanité par leur aptitude à se mettre à l’écoute des autres sciences humaines et à susciter leur attention en retour.


ISBN : 978-2-7210-0634-9
Fiche éditeur : http://www.desfemmes.fr/
Des textes et des contextes dans la littérature byzantine

Des textes et des contextes dans la littérature byzantine

Un recueil autobiographique d’articles

Paolo Odorico
Bucarest, Academiei Române / Istros a Muzeului Brăilei, 2013,  481 p.

L’Académie roumaine et l’Institut d’archéologie de Iasi publient dans la collection « Florilegium magistrorum historiae archaeologiaeque Antiquitatis et Medii Aevi » un recueil d’articles de Paolo Odorico rassemblés autour de cinq axes thématiques concernant la civilisation byzantine : les florilèges, la poésie, la littérature, les images, et la ville de Thessalonique. On y trouve ainsi réunis, dans leur forme originale, quelques-uns des articles les plus significatifs du savant, précédés à chaque fois d’une notice dans laquelle l’auteur repasse les circonstances qui ont conduit à leur écriture et ajoute de précieuses réflexions sur ce que signifie faire de la recherche, hier comme aujourd’hui. Il s’agit donc d’un recueil au parfum autobiographique à travers lequel on peut suivre l’évolution de la pensée, des méthodes et des outils de travail utilisés par l’auteur. M. Odorico prend soin de ne cacher ni ses erreurs ni ses hésitations, dans une sorte de confession intellectuelle destinée à encourager ses élèves en leur montrant toutes les richesses et possibilités d’un parcours. Le livre leur est dédié et c’est pour eux que l’auteur refuse de conclure, souhaitant « continuer à encombrer les pages des revues pour longtemps encore », revendiquant la recherche comme le droit de se tromper et continuer à chercher, ce qui veut dire aussi, se chercher.


ISSN : 978-606-654-058-2

ISBN : 978-973-27-2398-2
La justice spatiale et la Ville

La justice spatiale et la Ville

Regards du Sud

Gervais-Lambony [dir.]
Paris, Khartala, Hommes et Société, ,  279 p.
Prix : 26

 L’injustice sociale se traduit dans l’espace ; réciproquement l’organisation de l’espace est productrice d’injustice sociale. C’est ce que traduit le concept de justice spatiale, c’est-à-dire l’approche spatiale de la justice sociale entendue dans ses différentes dimensions, tant de distribution équitable que de reconnaissance. Il est appliqué ici à des espaces urbanisés des pays des Suds, principalement africains.

Cet ouvrage est le fruit d’un travail original de recherche et d’écriture collective, et non une collection de chapitres individuels, mené dans le cadre du programme Jugurta en référence au roi de Numidie, considéré comme un dangereux barbare par les Romains qui le laissèrent mourir dans leur prison en 104 avant J.-C. Barbare en Occident, héros en Afrique, il représente un schéma classique de l’histoire coloniale des territoires dits aujourd’hui des « Suds », et à ce titre correspond à nos objectifs dans cette recherche : adopter un regard sur les questions urbaines depuis les Suds.

Il s’agit bien ici d’affirmer le droit plein et entier des villes des territoires post-coloniaux, où vivent aujourd’hui la majorité des citadins de la planète, à servir d’exemples dans des débats théoriques sur l’urbain en général. Si contribuer à « distribuer » la recherche urbaine équitablement entre les Suds et les Nords, tout en « reconnaissant » les différences des Suds, était en soi un objectif de justice spatiale, la portée générale du propos de cet ouvrage reste l’essentiel : les auteurs réunis ici, géographes et urbanistes, s’appuyant sur leurs bagages disciplinaires, leurs terrains et des travaux de philosophie politique, veulent montrer que la compréhension des interactions entre espace et société est indispensable à celle des injustices sociales en ville et donc à la réflexion appliquée sur les politiques territoriales visant à réduire les injustices.

Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)

Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)

Antoine Lilti
Paris, Fayard, "L'épreuve de l'Histoire", 2014,  400 p.
Prix : 24 €

Présentation de l'éditeur

Bien avant le cinéma, la presse à scandale et la télévision, les mécanismes de la célébrité se sont développés dans l’Europe des Lumières, puis épanouis à l’époque romantique sur les deux rives de l’Atlantique. Des écrivains comme Voltaire, des comédiens comme Garrick, des musiciens comme Liszt furent de véritables célébrités, suscitant la curiosité et l’attachement passionné de leurs « fans ». À Paris comme à Londres, puis à Berlin et New York, l’essor de la presse, les nouvelles techniques publicitaires et la commercialisation des loisirs entraînèrent une profonde transformation de la visibilité des personnes célèbres. On pouvait désormais acheter le portrait de chanteurs d’opéra et la biographie de courtisanes, dont les vies privées devenaient un spectacle public. La politique ne resta pas à l’écart de ce bouleversement culturel : Marie-Antoinette comme George Washington ou Napoléon furent les témoins d’un monde politique transformé par les nouvelles exigences de la célébrité. Lorsque le peuple surgit sur la scène révolutionnaire, il ne suffit plus d’être légitime, il importe désormais d’être populaire.

À travers cette histoire de la célébrité, Antoine Lilti retrace les profondes mutations de la société des Lumières et révèle les ambivalences de l’espace public. La trajectoire de Jean-Jacques Rousseau en témoigne de façon exemplaire. Écrivain célèbre et adulé, celui-ci finit pourtant par maudire les effets de sa « funeste célébrité », miné par le sentiment d’être devenu une figure publique que chacun pouvait façonner à sa guise. À la fois désirée et dénoncée, la célébrité apparaît comme la forme moderne du prestige personnel, adaptée aux sociétés démocratiques et médiatiques, comme la gloire était celle des sociétés aristocratiques. C’est pourtant une grandeur toujours contestée, dont l’histoire éclaire les contradictions de notre modernité.


ISBN : 978-221-3682-389
Fiche éditeur : http://www.fayard.fr/
Rabbins et savants au village.

Rabbins et savants au village.

L'étude des traditions populaires juives (XIXe-XXe siècles)

Baumgarten Jean et Céline Trauttamnn Waller (dir) [dir.]
Paris, CNRs éditions, 2014,  268 p.
Prix : 25€

Les "traditions populaires juives" constituaient pour les tenants de la science du judaïsme (Wissenschaft des Judentums) un domaine marginal en comparaison des études historiographiques, philosophiques et littéraires juives érudites.

Les savants allemands entreprirent néanmoins un vaste travail de collecte, d'analyse et de réflexion théorique autour du folklore juif qui contribua à jeter les bases de la discipline. Du XIXe siècle jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, rabbins, folkloristes amateurs, artistes, collectionneurs et érudits nouèrent ainsi, autour d'enquêtes, de questionnaires, d'inventaires, d'éditions critiques et de l'analyse des sources, de nombreux constacts scientifiques à travers l'Europe, de Paris à Berlin, de Vienne à Budapest...

Cet ouvrage éclaire cette histoire, trop peu étudiée, du folklore juif à travers les études ethnographiques, les collections privées, la création de musées, les oeuvres littéraires dans le cadre de la naissance des "littératures nationales" et des combats identitaires.


ISBN : 978-2-271-08161-2
Fiche éditeur : http://www.cnrseditions.fr/
Introduction à l'histoire environnementale

Introduction à l'histoire environnementale

Jean-Baptiste Fressoz, Frédéric Graber, Fabien Locher, Grégory Quenet

Paris, La Découverte, Repères, 2014,  128 p.
Prix : 10€

Ce livre présente les thèmes centraux de l’histoire environnementale : gouvernement des ressources ; appropriation de la nature et maîtrise technique de celle-ci ; histoire de la pollution et de la dégradation des milieux naturels ; guerre et environnement ; interactions climat/société ; extraction coloniale des ressources ; inégalités de richesse et de puissance à l’échelle mondiale. Il décrit les dynamiques socio-écologiques au cœur de phénomènes historiques aussi cruciaux que le mouvement de colonisation du globe par les puissances occidentales (xve-xxe siècle), la guerre froide, ou la révolution industrielle. L’histoire environnementale nous propose un nouveau regard sur les défis du temps présent, comme sur l’histoire longue de nos sociétés : ce Repères en dresse pour la première fois un panorama synthétique et raisonné.

Jean-Baptiste Fressoz est historien de l’environnement, chercheur au Centre Alexandre Koyré (CNRS-EHESS). Il est l’auteur de L’Apocalypse joyeuse. Une histoire du risque technologique, Le Seuil, 2012 et L’Événement anthropocène, Le Seuil, 2013 (avec C. Bonneuil).

Frédéric Graber est historien, chargé de recherche CNRS au Centre de Recherches historiques de l’EHESS. Ses travaux portent principalement sur l’histoire de l’eau, des projets et des enquêtes publiques. Il est l’auteur de Paris a besoin d’eau. Projet, dispute et délibération technique dans la France napoléonienne, CNRS Éditions, 2009.

Fabien Locher est historien, chargé de recherche CNRS au Centre de Recherches Historiques de l’EHESS. Ses travaux portent sur les interactions climat/société, et les rapports entre environnement et propriété. Il est l’auteur de Le Savant et la Tempête. Étudier l’atmosphère et prévoir le temps, PUR, 2008.

Grégory Quenet est professeur en histoire environnementale à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre junior de l’Institut universitaire de France. Ses travaux portent sur l’histoire des catastrophes et des risques et sur l’histoire intellectuelle de l’histoire environnementale. Il a publié Les Tremblements de terre aux xviie et xviiie siècles. La naissance d’un risque, Champ Vallon, 2005.


ISBN : 978-2-7071-6575-6
Fiche éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr/
Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval

Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval

Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt (dir.)

Paris, Fayard, 2014,  1238 p.
Prix : 25€

Depuis sa parution en 1999, ce dictionnaire « raisonné », à l’inverse d’une visée encyclopédique, s’est imposé comme un ouvrage incontournable, non seulement pour les historiens du Moyen Âge et les étudiants, mais pour un grand nombre de lecteurs. Ce succès justifie cette seconde édition en format de poche, qui facilitera une diffusion encore plus large. Le lecteur y verra aussi un hommage rendu à Jacques Le Goff, codirecteur de l’ouvrage, disparu en avril 2014.

Entre rhétorique et musique. Essai sur le rythme latin antique et médiéval

Entre rhétorique et musique. Essai sur le rythme latin antique et médiéval

Marie Formarier
Turnhout, Brepols, 2014,  357 p.
Prix : 110€

« La science de l'éloquence politique est une musique ; la différence avec le chant et la musique instrumentale est une différence de degré et non de nature ». Denys d'Halicarnasse pose ainsi le problème passionnant du rapport entre l'art du discours, c'est-à-dire la rhétorique, et la musique. Cet essai en propose une analyse philologique et anthropologique, prenant comme objet l'un des points de convergence essentiels entre ces deux disciplines : le rythme. Dans quelle mesure la parenté entre le rythme oratoire et le rythme chanté témoigne-t-elle des changements linguistiques et culturels qui ont marqué la latinité de Cicéron à Gui d'Arezzo ? Si le rythme chanté dans l'Antiquité grecque doit observer une mesure musicale pour que la mélodie puisse être dansée, le rythme oratoire en revanche ne saurait respecter strictement une pulsation. Varier et improviser les combinaisons rythmiques sans se soumettre à un cadre fixe, voilà, pour Cicéron, ce qui distingue le rythme oratoire du mètre et du rythme musical. Ces principes trouvent un écho saisissant au Moyen Âge dans le chant chrétien. Bien que le latin ait subi des modifications profondes, les règles rythmiques établies par l'éloquence classique infléchissent indéniablement les techniques de composition du « cantus prosaicus ».


ISBN : 978-2-503-55160-9
Atlas des inégalités

Atlas des inégalités

Hervé Le Bras
Paris, Autrement, 2014,  96 p.
Prix : 19,90€

« La montée des inégalités agit comme un venin qui affaiblit progressivement la démocratie. » Plus de 120 cartes et infographies pour dresser l'état des inégalités en France (Densité démographique, mortalité, fécondité : un portrait de la population française ; Les territoires de l'inégalité : chômage, éducation, revenus ; Les facteurs déterminants de l'exclusion ; La géographie du vote : l'expression politique d'un désarroi).
Les cartes inédites soulignent crûment les différences de patrimoine, d'éducation, de réseau de relations, de sexe, de mentalité, qui fabriquent l'inégalité des chances et des revenus. Un ouvrage essentiel pour comprendre la France contemporaine et envisager les moyens de son redressement.

Penser l’Europe au XVIIIe siècle

Penser l’Europe au XVIIIe siècle

Commerce, civilisation, empire

Antoine Lilti et Céline Spector (dir.)
Oxford, Voltaire Foundation, Oxford University Studies in the Enlightenment, ,  270 p.
Prix : 60£

Au XXIe siècle, l’Europe ne fait plus rêver: son modèle est contesté, tant sur le plan économique qu’intellectuel et politique. Face à ces désillusions, il est urgent d’interroger les origines de l’idée d’Europe: quand et comment la notion d’Europe s’est-elle définie?
L’ouvrage dirigé par Antoine Lilti et Céline Spector propose un détour par les Lumières. Si l’Europe peut s’enorgueillir d’une longue histoire, c’est bien au XVIIIe siècle qu’elle est devenue un enjeu philosophique, historique et politique majeur. De Montesquieu à Kant, de Voltaire à Burke ou à Robertson, l’idée d’Europe est au cœur des controverses sur le droit international comme sur l’économie politique, sur la légitimité de l’expansion coloniale comme sur les espoirs d’un monde pacifié. Véritable enquête collective conduite par des historiens et des philosophes, Penser l’Europe au XVIIIe siècle aborde trois éléments majeurs autour desquels gravite le concept naissant d’Europe: l’empire, le commerce et la civilisation. Après avoir décrit la manière dont l’ordre européen a été conçu, les auteurs examinent la question de l’expansion commerciale et coloniale de l’Europe, ainsi que les théories de la civilisation, qui permettent d’interroger le statut de l’exceptionnalisme européen. Le siècle des Lumières ne nous présente pas un idéal européen à ressusciter, mais un champ d’interrogations dont nous ne sommes jamais véritablement sortis.


ISBN : 978-0-7294-1148-6
Fiche éditeur : http://www.voltaire.ox.ac.uk/www_vf/default.ssi
Pays de la Loire

Pays de la Loire

La forme d'une région

Hervé Le Bras
La Tour d'Aigues (Vaucluse), Editions de l'Aube, ,  204 p.
Prix : 17,50€

À l’heure où paraît cet ouvrage, le débat sur la réforme territoriale et le redécoupage des Régions agite la France. Parmi les arguments les plus entendus pour découper, regrouper ou fusionner des territoires, il y a l’idée que certains périmètres actuels sont artificiels. L’ouvrage d’Hervé Le Bras a le mérite de démontrer la réalité du fait régional et son ancrage, souvent ancien, dans les réalités socio-démographiques. D’une certaine façon, c’est assez rassurant : cela veut dire que les frontières des régions n’ont pas été choisies au hasard. Elles ont donc un sens. Cet ouvrage le démontre avec force pour ce qui concerne les Pays de la Loire. Il doit contribuer à alimenter un débat objectif et apaisé. Et il permettra aux habitants de cette région de mieux se connaître.

Vignes et vins au Moyen Âge

Vignes et vins au Moyen Âge

Pratiques sociales, économie et culture matérielle

Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane et Mickaël Wilmart (dir.)
Paris, Centre de recherches historiques, Atelier du CRH, 2014

 Présentation

1. Si le vignoble a tenu une place importante dans la plupart des études régionales d’histoire rurale médiévale, le monde viticole a également servi de terrain privilégié au début des recherches sur la culture matérielle développées au sein du Centre de recherches historiques par le Groupe d’archéologie médiévale (GAM). Les fouilles archéologiques du village bourguignon de Dracy (Côte-d’Or), dirigées par Jean-Marie Pesez entre 1965 et 1980, effectuées dans le cadre de l’enquête sur les villages désertés, ont permis de plonger au cœur du monde vigneron du xive siècle. Pour la première fois en France, les archéologues s’intéressaient au cadre de vie et de travail des gens ordinaires. En collaboration avec une équipe polonaise de l’Institut d’Histoire de la Culture matérielle de Łódž, des méthodes de fouilles inédites en France étaient mises en application pour révéler le quotidien matériel de paysans modestes. En parallèle, face à la nécessité d’interpréter le mobilier domestique et l’outillage des vignerons, Françoise Piponnier se penchait sur les archives bourguignonnes et particulièrement sur les inventaires après décès. Elle établit alors une méthode d’analyse informatique des données, dressant la liste des objets conservés dans les habitations vigneronnes, ouvrant au sein du Centre de recherches historiques un nouveau terrain d’enquête, prolongé pour l’époque moderne par les recherches de Micheline Baulant sur la région de Meaux.

2. L’intérêt pour le monde viticole ne faiblit pas dans les années 80 et 90, comme en témoignent les publications des volumes de Flaran et du Centre Pierre Léon sur les vignerons, mais aussi leDictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver (1997), auxquels les membres du GAM ont fortement contribué. Il nous a semblé que, vingt ans après, il était nécessaire de rouvrir le dossier. En effet, de nouveaux champs ont été explorés ces dernières années, qui, chacun, pouvaient apporter un éclairage inédit sur la question du vin médiéval. Ainsi, l’histoire de la gastronomie médiévale, menée notamment par Bruno Laurioux, a permis d’identifier de nouvelles sources et d’attiser l’intérêt des médiévistes pour l’art culinaire et les manières de table. Dans la continuité de ce thème, les pratiques de sociabilité ont également connu un regain d’attention. Plus récemment, des questions actuelles, comme celle de la candidature des climats bourguignons au patrimoine mondial de l’UNESCO, ont exigé des réponses ancrées dans la longue durée, incitant les historiens à s’interroger sur le rapport au terroir et à renouveler l’approche régionale pour sortir de l’exercice monographique en privilégiant la relation des hommes et de leur production au lieu.

3. Le dossier qui compose ce numéro de L’Atelier du Centre de recherches historiques est le fruit d’un travail collectif mené pendant quatre ans au sein d’un séminaire de l’EHESS intitulé « Recherches croisées sur la civilisation matérielle médiévale. Vignes, raisins et vins dans l’Occident médiéval ». Le volume est cependant loin d’épuiser l’ensemble des sujets abordés durant ces années par les membres du GAM et les collègues de différentes universités qui ont accepté de venir exposer leurs recherches, souvent en cours, sur le sujet. Nous avons choisi d’articuler deux approches qui permettent de suivre le produit depuis la vigne jusqu’à la table du consommateur : d’une part, le réexamen de l’économie viticole médiévale pour comprendre ce qui fait un vin, la formation des appellations, l’apparition d’une spécialisation professionnelle et la mise en place d’une fiscalité spécifique ; d’autre part, l’analyse des pratiques de sociabilité autour du vin, des préceptes moraux aux pratiques culinaires, de l’usage matériel aux conceptions intellectuelles de la consommation.

4. La première partie, économique, privilégie une approche à l’échelle régionale, au plus près des sources archivistiques. Deux espaces viticoles sont étudiés, qui correspondent globalement à deux des principales aires françaises de productions médiévales : la Bourgogne et un vaste Bassin parisien abordé ici par ses périphéries – les moins étudiées – avec l’Orléanais et la Brie. Les auteurs apportent de nouveaux éléments pour la compréhension du vignoble médiéval. La question de l’identification des vins est ainsi centrale dans plusieurs articles. Thomas Labbé et Jean-Pierre Garcia interrogent le rapport au lieu – de production et de commercialisation – et aux méthodes de vinification. Ils montrent les évolutions dans le processus de la fabrication du vin au sein d’un même cellier, la montée en puissance d’un terroir, la côte de Nuits, qui finit par supplanter la suprématie dijonnaise, et l’attention grandissante portée à la localisation des clos dont la production, progressivement, n’est plus mélangée. Des pratiques en constante évolution se font jour. On est loin de l’impression d’un univers figé comme ont pu le laisser apparaître les études classiques de Roger Dion dont l’objectif premier était de montrer la continuité des terroirs viticoles. Ceux-ci sont en réalité mouvants : le vignoble des faubourgs orléanais s’efface ainsi en partie à la suite de nouveaux aménagements, à la toute fin du xve siècle. Plusieurs décennies auparavant, il avait, comme dans d’autres régions, subi des destructions lors de la guerre de Cent ans. Nonobstant ce contexte difficile, le poids économique des vignerons reste important : en témoigne leur nombre dans le corpus des contrats d’apprentissage étudiés par Françoise Michaud-Fréjaville. Car, avant de produire, il est nécessaire de transmettre : transmettre un savoir-faire, comme à Orléans dont les archives permettent de suivre les apprentis ; transmettre les moyens de production (vignes et vaisselle vinaire), comme à Provins dont le cartulaire communal contient, pour la fin du xiiie siècle, des actes éclairant ces pratiques. De l’ensemble de ces transmissions découle l’émergence d’un groupe socioprofessionnel, les vignerons, dont l’étude de Mickaël Wilmart montre qu’elle est plus précoce que ce que l’on pensait.

5. La seconde partie se fonde sur d’autres types de sources : écrits littéraires, mobilier archéologique, traités culinaires sont mis à contribution pour esquisser le paysage de la consommation du vin. Pour prendre toute la mesure du caractère anthropologique de la sociabilité vinaire, il a paru nécessaire de sortir de l’Occident chrétien pour explorer d’autres cultures dont les textes littéraires font écho à des pratiques qui semblent bien universelles. François Clément aborde ainsi la question pour les musulmans d’Andalus où, malgré les interdits religieux, se développe une sociabilité du vin. Quant au Japon médiéval, étudié par Claire Akiko-Brisset, il produit des « disputations » qui posent la question morale de la tempérance et dont le style ressemble étrangement à celles que l’on connaît en Occident. Dans ces deux contextes, le poids social et religieux est très fort. On retrouve la morale, religieuse ou populaire, dans l’approche des proverbes et des fabliaux français proposée ici par Marie-Thérèse Lorcin. Tous ces discours ne doivent cependant pas faire oublier les plaisirs de la table dont le vin constitue un élément central. Son utilisation en cuisine, analysée par Perrine Mane, en fait un des ingrédients favoris des maîtres-queux médiévaux qui ne manquent pas d’incorporer à leurs plats le raisin lui-même, ainsi que d’autres dérivés comme le verjus ou le vinaigre. On mesure alors non seulement le poids de la vigne dans l’art culinaire, mais aussi la nécessité de mettre en place des circuits commerciaux permettant d’approvisionner les cours princières en vins raffinés d’origines diverses. De plaisirs et de convivialité, il est également beaucoup question dans l’article de Danièle Alexandre-Bidon. Partant du mobilier archéologique, et particulièrement de la vaisselle de table, elle montre l’importance de la culture matérielle pour une histoire du goût et de la sociabilité. En effet, les matériaux composant verres et pichets, les motifs et inscriptions décorant la vaisselle avaient nécessairement une influence sur les utilisateurs. De plus, l’existence d’objets spécifiques à la consommation du vin, pots surprise et verres trompeurs, mettant en difficulté le buveur dans l’intention de faire rire la tablée, laisse entrevoir des pratiques que l’écrit n’a pas transmises.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane et Mickaël Wilmart, « Vignes et vins au Moyen Âge. Pratiques sociales, économie et culture matérielle - Introduction », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 12 | 2014, mis en ligne le 01 juillet 2014, consulté le 20 octobre 2014. URL : http://acrh.revues.org/5913 ; DOI : 10.4000/acrh.5913


ISSN : électronique - 1760-7914
Sailors, Slaves, and Immigrants

Sailors, Slaves, and Immigrants

Bondage in the Indian Ocean World (1750-1914)

Alessandro Stanziani
Basingstoke, Palgrace Macmillan, Palgrave Series in Indian Ocean World Studies, 2014,  196 p.
Prix : 56,50£

Slaves, convicts, indentured immigrants, and unfree seamen have traveled the world's oceans at many times and places throughout human history. Across the Atlantic, Mediterranean, Indian, and Pacific Oceans, this bondage took divergent forms and exhibited a range of historical dynamics. In spite of this variety, the conventional Atlantic World historical paradigm has largely shaped our understanding of modernity as being defined by exploration and discovery, European dominance, global capitalism, and the transition from slavery to free labor. Not only does this perspective evince a Eurocentric emphasis on the 'uniqueness' of the West, but it is increasingly contested even for the Atlantic itself. This provocative study contrasts the romantic conflation of freedom and the sea with the complex labor relationships of seamen, slaves, and immigrants in the Indian Ocean during the long nineteenth century. In the process, it advances a new framework for understanding labor, bondage, and modernization


ISBN : 9781137448453
Fiche éditeur : http://www.palgrave.com/
Les Américains à Paris

Les Américains à Paris

Hommes d'affaires, comtesses et jeunes oisifs (1880-1941)

Nancy L. Green
Paris, Belin, 2014,  512 p.
Prix : 23€

Alors même que les peintres et écrivains de la fameuse « génération perdue » expriment leur malaise face à la modernité – et à la place qu’y occupent les Etats-Unis – ; certains de leurs compatriotes ont traversé l’Atlantique dans tout autre but : vendre la modernité américaine. Industriels venus s’implanter en France, héritières apportant richesses en contrepartie de titres de noblesse, jeunes gens en fugue ou escrocs en tous genres, les Américains de Paris proposent une vision de l’Amérique souvent contrasté. Cette migration d’élite, d’« expats » avant la lettre, interroge les notions même d’immigration et de transnationalisme.

L’ouvrage de Nancy L. Green offre une analyse profonde et parfois irrévérencieuse de la façon dont les Américains ont forgé leur communauté à Paris, des relations qu’ils ont entretenues avec les Français qu’il s’agisse d’amour, de divorce, de charité ou d’affaires. Elle les suit pas à pas et montre à quel point le « siècle américain » est contesté dès sa naissance.


ISBN : 978-2-7011-9026-6
Fiche éditeur : http://www.editions-belin.com/
Faire de l'histoire en France

Faire de l'histoire en France

Un guide pour les études, la recherche et la carrière professionnelle

Mareike König, Falk Bretschneider, et Pierre Monnet (dir.)
perspectivia.net, 2014

L'Institut Historique Allemand de Paris, la Maison des Sciences de l'Homme et l'Institut Français d'Histoire en Allemagne, représentés par les éditeurs respectifs de l'ouvrage, Mareike König (DHIP), Falk Bretschneider (MSH et EHESS) et Pierre Monnet (IFHA et EHESS), sont heureux d'annoncer la mise en ligne d'un guide de la recherche destiné aux chercheurs, étudiants, historiens germanophones désireux de travailler sur et en France dans les disciplines des sciences historiques. Ce guide, intitulé Geschichte machen in Frankreich. Ein Wegweiser für Studium, Forschung und Karriere (Faire de l'histoire en France. Un guide pour les études, la recherche et la carrière professionnelle) se veut le pendant du guide publié en 2011 par deux des éditeurs du présent guide (Falk Bretschneider et Mareike König) sous le titre "Faire de l'histoire en Allemagne" sur la plate forme perspectivia.net :http://www.perspectivia.net/content/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne

Comme son parent et prédécesseur de 2011, le présent livre est accessible gratuitement et en intégralité à l'adresse électronique suivante, en tant que numéro spécial de la Revue de l'IFHA hébergée par Revues.org : http://ifha.revues.org/7830.

Il se veut une aide et un outil pratiques pour tous les chercheurs, étudiants, scientifiques du monde germanophone intéressés par la recherche historique en France et sur la France. À travers 15 contributions riches de très nombreux renvois internet et d'une bibliographie abondante, tous les aspects de « l'histoire » en France sont ainsi couverts. Structures et thématiques de recherche, archives, bibliothèques, publications, revues, études et cursus, financements, musées, thèse (notamment en co-tutelle), ressources électroniques, préparation pratique d'un séjour et possibilités de travail et de carrière sont présentés en tenant compte, chaque fois, des particularités et des spécificités du système allemand auquel les lecteurs visés par cette publication sont accoutumés.

Ainsi ce guide est-il aussi l'application concrète d'une pratique de l'interculturalité, d'un exercice des ressemblances et des différences qui, matériellement comme intellectuellement, appartiennent au travail scientifique et autoréflexif du transfert.

Invisible/Visible

Invisible/Visible

Perceiving the city between descriptions and omissions

Salvatore Adorno, Giovanni Cristina et Arianna Rotondo (dir.)
Catane, SCRIMM Edizioni, 2014,  2200 p.

Du 12 au 14 Septembre 2013, a eu lieu à Catane, au Monastère des Bénédictins, le VIe Congrès de l'Association Italienne d'Histoire Urbaine (AISU), intitulé Invisible/Visible. Perceiving the city between descripions and omissions. La conférence a offert aux historiens qui réfléchissent sur le thème de la ville une productive et intense occasion d’échanges.

L’ouvrage, édité en format eBook par SCRIMM Edizioni, rassemble plus de 200 articles exposés lors des nombreuses sessions parallèles de la Conférence. Les actes, publiés en un seule volume ou, au choix, en sept fascicules correspondants en partie aux sections thématiques de la Conférence, visent à laisser une trace visible du travail intellectuel produit lors de ceux jours de discussion autour des questions de l’histoire urbaine.

« Pour comprendre une ville il faut connaître et étudier ce qu'elle montre et ce qu'elle cache, ce qui est évident et ce qui est opaque, ce qui est visible et ce qui est invisible. La ville répond soit au regard intérieur de ses habitants – déjà varié par conditions socio-économiques et culturelles – soit au regard extérieur de ceux qui la visitent (touristes, travailleurs, étudiants, etc.), des city users, des immigrants. Une pluralité de sujets sélectionne des points de vue différents sur les moyens d'utiliser les espaces de la ville, de jouir de ses services et de participer à sa vie sociale. En outre, ces acteurs définissent différentes façons d'évaluer la ville, de l'imaginer et, parfois, de l'aimer. Ce qui est visible à l'œil de certains est exclu de l'horizon des autres : il y a une ville invisible pour beaucoup et pas tous voient la ville de la même manière ».

Veuillez trouver, aux liens ci-dessous, le plan complet de l’ouvrage.

http://www.storiaurbana.org/index.php/en/home-3/22-iniziative-2/490-atti-congresso-catania-2

http://www.scrimmedizioni.com/visibileinvisibile-percepire-la-citta-tra-descrizioni-e-omissioni/

Mille fois à Compostelle

Mille fois à Compostelle

Pèlerins du Moyen Âge

Adeline Rucquoi
Paris, Les Belles Lettres, 2014,  450 p.
Prix : 25,50€

« Le Diable est allé mille fois à Compostelle », disaient certains prédicateurs parisiens au milieu du xme siècle, inquiets de voir leurs ouailles entreprendre en si grand nombre le « saint voiage » en Galice. Le trajet n'était pas toujours facile, il pouvait même être dangereux et il fallait se méfier des hommes plus que des loups ou des tempêtes. Mais des lieux et des histoires merveilleuses le scandaient, répétés à l'envi et maintes fois représentés, et des milliers d'hommes et de femmes, de tous âges, provenance et conditions sociales, y partirent à pied, à cheval ou en bateau. Les traces de cette aventure sont encore visibles partout en Europe dans les chroniques, légendes, peintures, sculptures, églises, chapelles, confréries, ponts, hôpitaux, ports de départ ou d'arrivée. C'est à faire revivre le quotidien et l'imaginaire des pèlerins de tous horizons qui visitèrent le sanctuaire du « baron saint Jacques » que s'attache ce livre à partir de sources multiples et variées qui en montrent la richesse et la pérennité.


ISBN : 978-2-251-33841-5
After Oriental Despotism

After Oriental Despotism

Eurasian Growth in a Global Perspective

Alessandro Stanziani
New York, Bloomsbury Publishing, 2014,  192 p.
Prix : 24.46$

The concepts of economic backwardness, Asiatic despotism and orientalism have strongly influenced perceptions of modernization, democracy and economic growth over the last three centuries. This book provides an original view of Russian and Asian history that views both in a global perspective. Via this analysis, Alessandro Stanziani opens new dimensions in the study of state formation, the global slave trade, warfare and European and Asian growth.

After Oriental Despotism questions conventional oppositions between Europe and Asia. By revisiting the history of Eurasia in this context, the book offers a serious challenge to existing ideas about the aims and goals of economic growth.

Table Of Contents

Introduction: The Scope and Aims
1. The Historical Dimension of Economic Backwardness
2. Beyond Asiatic Despotism: Territorial Power and State Construction in Eurasia
3. The Power of the Steppe: the Mongol Heritage and the Expansion of the Muscovy
4. Slavery and Trade in Central Asia and Russia
5. Nor Feudalism or Capitalism : Agrarian Markets under Coercion
6. Beyond Economic Backwardness. Labor and Growth in Eurasia in the Long Nineteenth Century Conclusion : Russia in a Globalizing World Bibliography Index


ISBN : 9781472533395
Fiche éditeur : http://www.bloomsbury.com/us/
La judería de Toledo

La judería de Toledo

Un tiempo y un espacio por rehabilitar

Jean Passini
Tolède, Universidad de Castilla-La Mancha, 2014Prix : 28€

Este libro recoge los textos de las intervenciones que se presentaron en el XXI Curso de Cultura Hispanojudía y Sefardí celebrado en Toledo durante los días 4 al 6 de julio de 2011. Estuvo organizado por la Asociación de Amigos del Museo Sefardí e incluido en la programación general de los cursos de verano de la Universidad de Castilla-La Mancha para aquel año. La coordinación del mismo corrió a cargo de Jean Passini y de Ricardo Izquierdo Benito. El motivo de su celebración fue propiciar un encuentro de historiadores, arqueólogos y arquitectos que habían intervenido en distintas obras que se habían realizado en los últimos años en el espacio que antiguamente ocupó la Judería de Toledo, aunque también se presentaron algunos ejemplos de otras ciudades. Los resultados de los trabajos permanecían inéditos y se trataba de dar una oportunidad a sus autores para que los pudiesen hacer públicos, y son los que ahora se recogen en esta publicación. El patrimonio material judío, todavía en gran parte por descubrir, sigue estando bastante ignorado, y la arqueología tiene que ser la vía para rescatarlo, sacarlo a luz y divulgarlo, como es el objetivo que tiene esta publicación.


ISBN : 978-8484278696
Dénoncer les juifs sous l'Occupation

Dénoncer les juifs sous l'Occupation

Paris, 1940-1944

Laurent Joly
Paris, CNRS éditions, 2017,  232 p.
Prix : 22€

Omniprésente dans l’imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n’avait pourtant jamais fait l’objet d’une enquête approfondie. L’ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune.

Croisant approche institutionnelle et études de cas individuels, il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et du journal Au Pilori.

Ayant mis au jour les archives judiciaires concernant les quelque 240 Parisiens jugés, après la guerre, pour dénonciation de juifs sous l’Occupation, Laurent Joly interroge la figure du délateur, décrypte sa mentalité, ses mobiles, ses justifications. À partir de correspondances privées inédites, il fait également revivre le destin de victimes, telle Annette Zelman, dénoncée à la Gestapo par les parents de son fiancé non juif et déportée en juin 1942.

Tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris est ainsi ressuscité : des contextes sociaux conflictuels, des stratégies de sauvetage anéanties, des vengeances sordides se donnant libre cours jusqu’aux dernières heures de l’Occupation.

La délation contre les juifs n’est pas ce phénomène de masse que l’on imagine communément. Instrument de la politique génocidaire des nazis, elle n’en a pas moins provoqué la mort de plusieurs milliers de femmes, hommes et enfants.


ISBN : 978-2-271-09432-2
Fiche éditeur : http://www.cnrseditions.fr
Passés Futurs

Passés Futurs

Revue électronique

Paris, Site Politika, 

Passés futurs : voici une nouvelle revue, publiée dans la plateforme Politika du Labex Tepsis. Animée par un comité de rédaction réunissant des chercheurs et des chercheuses en France, en Argentine, en Uruguay et en Espagne, et dirigée par Sabina Loriga, elle entend analyser les formes multiples d’usages du passés qui circulent dans nos espaces publics, aux différentes échelles (du niveau local au niveau transnational et global) et en les replaçant dans des approches de moyenne ou de longue durée. Chaque livraison, dont les textes sont publiés en français et/ou en anglais et espagnol, est centrée sur un ou plusieurs dossiers thématiques et accompagnée de varia et d’entretiens. Le dossier du premier numéro explore la richesse conceptuelle de la notion de trauma ainsi que celle des termes strictement liés (deuil, résilience, latence) et interroge leur pertinence dans l’interprétation du passé.

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Max Weber und der Erste Weltkrieg

Max Weber und der Erste Weltkrieg

Max Weber et la Première Guerre mondiale

Tübingen, Mohr Siebeck, 2017,  221 p.
Prix : 24€

L’ouvrage analyse les activités politiques et scientifiques de Max Weber au cours de la Première Guerre mondiale jusqu’au traité de Versailles. La réflexion de Weber sur la guerre se révèle être essentiellement une réflexion sur la paix : réflexion sur les conditions extérieures et plus encore sur la nécessaire transformation  intérieure  –  politique et sociale  –  de l’Allemagne dans l’intérêt d’une paix stable et durable. Les positions de Weber sont éclairées par une analyse de ses conceptions de l’honneur, du pouvoir et du destin de la  nation, ainsi que de sa vision de l’histoire allemande.

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ISBN : 978-3-16-152542-1
Fiche éditeur : https://www.mohr.de/
Déplacer les frontières du travail

Déplacer les frontières du travail

Clyde Plumauzille, Sylvain Ville et Anaïs Albert [dir.]
Paris, ENS Editions, soutenue par l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS, Tracés. Revue de sciences humaines- Vol 1, 2017

Les reconfigurations récentes du capitalisme industriel dans les sociétés occidentales ont jeté le trouble sur la définition même du travail et sa fonction dans la société. À partir des années 1970, ces métamorphoses ont suscité, dans le champ des sciences humaines et sociales, un mouvement d’extension consistant à qualifier de travail un nombre croissant d’activités considérées jusqu’alors comme relevant de la générosité, du partage, de la solidarité, du don, du plaisir, de la création ou de l’engagement. À un moment historique de remise en cause du travail salarié et de sa capacité intégrative dans la société, de montée du chômage et de marchandisation générale de l’activité humaine, ce numéro de la revue Tracés souhaite poursuivre cette entreprise de dénaturalisation du travail en appréciant les luttes de qualification qui viennent régulièrement renégocier ses frontières. Le terme de frontières a son importance. Envisagé comme zones de contact mouvantes, il permet de sortir d’une réification des activités et de porter l’attention sur la plasticité du travail et de ses délimitations. Si chacune des contributions du numéro apporte un éclairage particulier à notre problématique, toutes défendent une même optique : restituer de façon positive les frontières mouvantes de l’activité laborieuse au plus près des pratiques sociales, saisir en quelque sorte la catégorie travail en action, dans un souci de reconnaissance des individus et de leur engagement dans la société.

Outre les articles et les entretiens, le dossier traduction est composé de la traduction inédite d'un texte de Natalie Zemon Davis sur "les femmes et le monde des Annales" par Christelle Rabier et la réflexion historiographique et sociologique proposée par Etienne Anheim pour y répondre.


ISSN : 1963-1812
Fiche éditeur : http://traces.revues.org/
La raison du peuple

La raison du peuple

Un héritage de la Révolution française (1789-1848)

Frédéric Brahami
Paris, Les Belles Lettres, Les Belles Lettres / essais, 2016,  304 p.
Prix : 25,90€

La nécessité des lois sociales s'agence mal avec les prétentions du libéralisme politique.

En partant du traumatisme provoqué par la Révolution française, dont il suit les effets jusqu'au milieu du XIXe siècle, cet ouvrage fait la généalogie de notre situation actuelle, où se nouent en un dispositif qui n’a rien d’accidentel la disparition silencieuse du politique et l’impuissance bruyante de la critique. À travers la redécouverte de la tradition sociale française du XIXe siècle, si étrangement ignorée, La Raison du Peuple raconte la naissance de la nouvelle science politique, dont la connaissance des lois de la société avait pour but de donner son sens effectif à la promesse d’autonomie.


ISBN : 978-2-251-44592-2
Fiche éditeur : http://www.lesbelleslettres.com
Années de rêves et de plomb

Années de rêves et de plomb

Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)

Alessandro Stella
Marseille, Agone, Mémoires sociales, ,  144 p.
Prix : 13€

« Il n’y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. “Le personnel est politique”, comme les camarades féministes nous l’avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c’est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution… Mais nous n’en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l’étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d’autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. “Qu’est-ce que vous voulez ?”, nous demandait-on. On répondait : “Nous voulons tout !” »

En 1979, après la mort accidentelle de trois activistes du groupe Autonomie ouvrière, dans la région de Vicence (Italie du nord), un grand coup de filet policier s’abat sur ses membres. Cette répression leur sera aussi fatale que les divisions internes qui émergent alors, dans les différents groupes armés, entre « repentis » et puristes.
Comment en est-on arrivés là ? Revenant sur la longue tradition de contestation ouvrière de Vicence, les mouvements amorcés en 1968 et l’influence du Chili de Pinochet sur la militarisation des groupes socialistes, ce livre insiste sur la continuité des luttes entre les années 1960 et les années 1970 : « Il n’y a pas une bonne et une mauvaise jeunesse, c’est la même, à des moments et dans des circonstances différentes. »
Des rapports entretenus avec les Brigades rouges aux moyens d’action concrets –  « autoréductions », sabotage de machines, création de comités ouvriers et étudiants ou blocage d’usines –, des limites de la lutte armée au rôle des intellectuels dans le militantisme, cet hommage à des camarades revendique la légitimité de se souvenir et la nécessité de perpétuer un combat pour un monde plus juste.

 


ISBN : 978-2748902778
Fiche éditeur : http://agone.org
A Century of Transnationalism

A Century of Transnationalism

Immigrants and Their Homeland Connections

Nancy L. Green, Roger Waldinger
Urbana, University of Illinois Press, ,  292 p.
Prix : 30$

The burgeoning literature on immigrant transnationalism is one of the academic success stories of our times. Yet having reminded scholars that migrants, in leaving home for a new life abroad, inevitably tie place of origin and destination together, scholars of transnationalism have also insisted that today's cross-border connections are unprecedented. This collection of articles by sociologically minded historians and historically minded sociologists takes aim at that contention. Looking back over the past century and more, the book highlights both the long-term persistence and the continuing instability of home country connections.

Encompassing societies of origin and destination from around the world, A Century of Transnationalism shows that while population movements across states recurrently produce homeland ties, those connections have varied across contexts and from one historical period to another, changing in unpredictable ways. Any number of factors shape the linkages between home and destination, including conditions in the society of immigration, policies of the state of emigration, and geopolitics worldwide.

Internationally oriented and advancing arguments likely to stir scholarly controversy, A Century of Transnationalism offers scholars and students alike leading-edge works that illustrate--and complicate--the important questions driving today's study of migration.

Contributors: Houda Asal, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Caroline Douki, David FitzGerald, Nancy L. Green, Madeline Y. Hsu, Thomas Lacroix, Tony Michels, Victor Pereira, Mônica Raisa Schpun, and Roger Waldinger

"In exploring migrants' cross-border connections over time, this collection of insightful and highly readable essays offers fresh perspectives and fascinating historical analysis on a topic central to the study of immigration. An indispensable guide to understanding the dynamics involved in transnational ties that will be a highly valued resource for students and scholars alike."--Nancy Foner, coauthor of Strangers No More: Immigration and the Challenges of Integration in North America and Western Europe

"This volume, edited by two of the foremost scholars in the field, infuses migration studies with sorely needed historical perspective, conceptual clarity, and theoretical depth by treating the transnational not as a mantra but as actual social spaces/processes that can be understood empirically and historically."--José C. Moya, author of Cousins and Strangers: Spanish Immigrants in Buenos Aires, 1850–1930

"Immigrant men and women shape and maintain transnational, often locally embedded linkages, and statesmen utilize or frame such connectivity. Both sides engage each other to achieve familial and statewide goals, economic, political, and emotional ones. The authors masterfully weave specific analyses into a longue-durée perspective of transcultural relations."--Dirk Hoerder, author of Cultures in Contact: World Migrations in the Second Millennium


ISBN : 978-0-252-08190-3
Fiche éditeur : http://www.press.uillinois.edu
Paris transformé

Paris transformé

Le Marais, 1900-1980 : de l’îlot insalubre au secteur sauvegardé

Isabelle Backouche
Paris, Creaphis, Lieux Habites, 2016,  440 p.
Prix : 20€

L'îlot 16 a été choisi comme devant être exproprié en premier lieu en raison de son état sanitaire particulièrement grave et des sa situation au centre de la capitale. La mortalité tuberculeuse y était notamment très importante. Cet îlot, limité par les rues François Miron, Saint-Paul, les quais de l'Hôtel de ville et des Célestins et la rue de Brosse, couvre une superficie de 14ha 60, dont 3ha 50 seulement sont occupés par des voies. Les 403 immeubles de l'îlot étaient habités par 10 515 personnes réparties en 4898 foyers, 419 d'entre elles étaient des commerçants. Ce quartier était donc surpeuplé ; il est formé au surplus, de rues très étroites, dépourvues d'air et de lumière, bordées d'immeubles vétustes qui présentent, la plupart, des causes spéciales d'insalubrité ; insuffisance de prospect sur rue et sur cour, exiguïté des logements, absence de tout-à-l'égout, nombre trop limité de W-C... L'îlot 16 se trouvant être ainsi l'un des quartiers le plus malsains de Paris, il aurait été vain de tenter de remédier à son insalubrité par des mesures autres qu'un réaménagement général" (Archives de la préfecture, mars 1942) L'îlot 16 est situé dans le quatrième arrondissement dans les secteurs Saint-Gervais et Saint-Paul : entre l'Hôtel de Ville et la rue des Archives à l'ouest, la rue des Francs-Bourgeois au nord, les rues Saint-Paul et de Turenne à l'est, la Seine au sud. Voué à la démolition dans l'entre-deux-guerres, l'îlot 16 a été le lieu d'une expérimentation à grande échelle des procédures de curetage et de réhabilitation de bâtiments anciens protégés au titre des monuments historiques. Cette rénovation a été imaginée puis mise en oeuvre dès 1940 jusque dans les années 1980. Après les propositions radicales, en partie utopiques, des architectes et aménageurs des années 1930-1940 firent suite les notions de "tissu constitué" et d'"aménagement limité" et les méthodes de "rénovation douce" avec l'utilisation fréquente des curetages, la reprise d'une volumétrie classique et la prise en compte du bâti environnant. La question de la résorption des îlots insalubres est ici traitée à partir d'un exemple parmi les plus emblématiques de l'histoire de Paris. Parmi les architectes circulent des grands noms comme Michel Roux-Spitz, Albert Laprade, Paul Tournon... L'étude d'Isabelle Backouche est inédite. Elle ouvre des perspectives nouvelles dans un secteur encore peu exploré de l'histoire urbaine. Par la relation qu'elle établit entre acteurs de la fabrication de la ville (décideurs, architectes, propriétaires, habitants) et évolution d'un territoire - du constat de son insalubrité au choix de sa réhabilitation et de sa sauvegarde - elle aborde ce fait urbain d'une manière globale faisant se croiser une histoire sociale, une histoire politique et une histoire urbaine (incluant urbanisme et architecture) autour d'un même objet : l'îlot 16 dans le Marais au centre historique de Paris. Le livre entreprend de démonter les mécanismes à la fois juridiques (avec les armes de l'expropriation et de l'expulsion), techniques (programmes, projets) et politiques (autorité des opérateurs, résistances diverses) et permet de mieux comprendre comment la notion même d'insalubrité a été instrumentalisée, souvent infondée et étendue bien au-delà des immeubles réellement concernés. Cette histoire s'inscrit dans une moyenne durée, au XXe siècle, dans laquelle des ruptures événementielles importantes (guerres, Occupation, changements politiques) et une évolution sociétale liée aux changements plus profonds, ont lieu. Ainsi le rôle de l'Administration à toutes les échelles, Etat, région, Ville de Paris et département de la Seine était l'objet de fines analyses. Ce qui est ici novateur c'est aussi l'affirmation d'une histoire sociale des architectes avant, pendant et après Vichy qui inscrit leur travail dans les conditions sociales de leur temps. Ainsi l'évocation de ghetto montre une grand diversité de situations et des géométries variables en termes de résistance. Autant de pièces d'un puzzle que l'historienne cherche à reconstituer plutôt que de se contenter de confirmer par les discours des acteurs ce qui semble être du "bon sens" à l'aune de nos manières de penser au XXIe siècle.
 


ISSN : 978-2354281045

ISBN : 978-2354281048
Fiche éditeur : http://www.editions-creaphis.com/
Destins de l'eugénisme

Destins de l'eugénisme

Paul-André Rosental
Paris, Le Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2016,  576 p.
Prix : 29€

Imaginez une cité-jardin résidentielle offrant des conditions exceptionnelles à des couples choisis qui s’engagent sur un contrat de procréation... Localisée au pied du Parlement européen à Strasbourg, cette expérimentation grandeur nature dura des années 1920 aux années 1980 grâce au soutien des pouvoirs publics.

Synthèse de l’eugénisme britannique, allemand et français, ce projet visait à « accélérer l’évolution de l’espèce humaine ». Le créateur de ce « laboratoire humain », Alfred Dachert, était un homme d’affaires qui se rêvait en poète tragique de l’eugénisme, en Ibsen alsacien.

Paul-André Rosental explore cette entreprise politique et scientifique en se fondant sur des archives inédites. En expliquant l’énigmatique longévité de l’expérience, l’auteur réinterprète les grandes politiques républicaines de l’après-guerre, de la Sécurité sociale à la démocratisation scolaire.

Dans cet essai pionnier de microhistoire politique de la France contemporaine, Paul-André Rosental prend la mesure de l’héritage de l’eugénisme, idéologie scientiste et inégalitaire, en contexte démocratique.

L’eugénisme ne constitue pas seulement une théorie biologique qui hante les débats bioéthiques. De manière inattendue, il se révèle comme une théorie morale ayant pu imprégner cette norme de notre temps qui a pour nom « psychologie du développement personnel ».


ISSN : 978-2020950275

ISBN : 978-2020950278
Fiche éditeur : http://www.seuil.com/
L’histoire en lignes et en rondelles

L’histoire en lignes et en rondelles

Les figures du temps chrétien au Moyen Âge

Jean-Claude Schmitt
Wiebaden, Reichert Verlag, Wolfgang Stammler Gastprofessur für Germanische Philologie, 2016,  82 p.
Prix : 29,95€

Toutes les civilisations sont confrontées au problème de la maîtrise intellectuelle et pratique du temps. Car partout, à notre époque comme dans le passé, les enjeux cognitifs, religieux ou politiques de la maîtrise du temps s’avèrent considérables. La perception la plus immédiate et concrète du temps conduit à distinguer une grande variété de rythmes temporels, tels l’alternance du jour et de la nuit, la succession des saisons ou les cycles des astres ou des planètes. Par delà les observations empiriques, la mesure du temps vise aussi bien des buts pratiques, comme la fixation des fêtes religieuses ou des échéances fiscales, que des fonctions symboliques, en rendant manifeste la maîtrise des hommes sur leur destinée et sur la nature. Tout en concourant à la mesure pratique du temps, images, figures et diagrammes exaltent avant tout le pouvoir des hommes sur le temps.

 

Après avoir donné des exemples empruntés à d’autres civilisations, le livre montre comment la chrétienté médiévale a développé des figures du temps qui témoignent des caractères originaux du temps chrétien. Celui-ci combine des héritages multiples (babylonien, juif, gréco-romain) avec des impératifs religieux propres à la société chrétienne (célébration de la fête mobile de Pâques, fêtes des saints, rythme quotidien et hebdomadaire de la prière, conception de l’histoire universelle centrée sur l’Incarnation du Sauveur). Trois échelles de temps peuvent être ainsi distinguées :

1) L’examen des différentes composantes du calendrier dans des manuscrits enluminés du psautier ou du missel permet de comprendre comment se combinent en images les héritages (telle la matrice mensuelle du calendrier julien) et les apports chrétiens (telle la hiérarchie des fêtes des saints tout au long de l’année).

2) La réflexion sur le rythme de la prière chrétienne dans le psautier et les livres d’heures invite à s’interroger sur les marqueurs figuratifs du temps diurne, dont l’horloge mécanique aura finalement pour effet de produire une image en mouvement.

3) Enfin, l’auteur montre comment la scansion du temps de l’histoire universelle - depuis la conception des six âges selon saint Augustin jusqu’aux spéculations eschatologiques de Joachim de Flore sur les trois « états » du monde - , a donné lieu au Moyen Âge central à plusieurs solutions graphiques - les unes plus métaphoriques (motifs de la chaîne du temps ou de l’arbre), les autres plus abstraites (roue en mouvement, réseau de lignes et de rondelles) qui expriment pour l’essentiel la puissance du schème généalogique.

Pour finir, le livre s’interroge sur les formes iconiques d’appropriation individuelle et autobiographique du temps, en faisant l’hypothèse qu’elles ont favorisé, au tournant de l’époque moderne, l’apparition de conceptions du temps affranchies des cadres traditionnels de la pensée chrétienne. 


ISBN : 978-3-95490-039-8
Fiche éditeur : https://reichert-verlag.de
Une autre histoire

Une autre histoire

Jacques Le Goff (1924-2014)

Jacques Revel et Jean-Claude Schmitt (dir.)
Paris, Les éditions de l'EHESS, Cas de figure, 2016Prix : 16€

(…) Le livre collectif issu de la journée organisée le 27 janvier 2015 à la BnF en hommage à Jacques le Goff, revient sur quatre aspects importants de la personnalité et du legs scientifique de Jacques Le Goff. Il convenait en premier lieu de définir le « moment  Le Goff », c’est-à-dire d’identifier la conjoncture exceptionnellement favorable des sciences de l’homme et de la société qui, dans les années 1960-1990, a porté les succès de l’historien ; ce fut l’occasion de mesurer l’apport décisif de Jacques Le Goff lui-même à ce moment, à la faveur du dialogue entre l’histoire et les autres disciplines sociales qu’il n’a cessé de pratiquer et d’encourager, porté par l’intelligence fine et sensible des sociétés humaines qui le distinguait : avec d’autres, sans doute, mais plus résolument que beaucoup d’autres, Jacques Le Goff s’est identifié et il a incarné ce « moment » dont il semble être en quelque sorte le héros éponyme. Passionné par le croisement des savoirs, il n’en a pas moins inlassablement rappelé la nécessité de prendre toujours en compte la profondeur historique ; la référence au Moyen Âge avait même pour lui valeur de paradigme.

C’est pourquoi, dans la deuxième partie de cette journée, on a cherché à mieux cerner « le médiéviste », l’apport original de Jacques Le Goff à l’interprétation de dix siècles d’histoire de l’Europe. Immense période, élargie encore par lui à la revendication d’un « long Moyen Âge » qu’il prolongeait jusqu’à la Révolution industrielle – même si, en pratique, il se délectait surtout du xiiie siècle urbain, pour explorer au mieux les lignes de force sociales, culturelles, mentales de la société médiévale et rappeler inlassablement sa vision « totale » de l’histoire.

La troisième partie de la journée a montré que l’œuvre et la personnalité de Jacques Le Goff ont été indissociables dans le rayonnement et l’influence de sa pensée, non seulement en France, mais bien plus largement hors de nos frontières. En attestent les traductions de ses ouvrages, dans vingt-cinq langues au moins, et aussi les débats sans concession qu’elles ont suscités et qui livrent – même s’il n’était pas possible d’évoquer tous les pays et tous les continents – une première cartographie, passionnante, des traditions scientifiques, des inerties, des ouvertures au changement plus ou moins longtemps différées (…)

Médiéviste, historien de renom international, Jacques Le Goff a été aussi un intellectuel public. Très tôt, il a compris l’utilité pédagogique des médias, radio et télévision, au point de s’identifier à la célèbre émission des Lundis de l’Histoire de France Culture, qui s’est éteinte avec lui. Ses liens avec la Pologne et les intellectuels polonais, et en premier lieu avec son ami Bronislaw Geremek, expliquent son engagement pour Solidarnosc au moment de la proclamation de l’« état de guerre » à Varsovie en 1981. Jacques Le Goff était tout le contraire d’un érudit enfermé dans ses livres et dans le passé : l’histoire lui servait à comprendre et à faire comprendre à ses contemporains, à ses concitoyens, la richesse et les potentialités du présent : il se passionnait pour les matchs de football à la télévision, et tout autant pour la circulation souterraine du métro et pour les mutations de l’espace urbain au xxe siècle (…)


ISBN : 978-2-7132-2510-9
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
La mobilisation financière pendant la Grande Guerre

La mobilisation financière pendant la Grande Guerre

Le front financier, un troisième front

Florence Descamps et Laure Quennouëlle-Corre (dir.)
Paris, Comité pour l'Histoire économique et financière, Histoire économique et financière de la France, 2015,  280 p.
Prix : 29€

Avec le front militaire et le front social, un troisième front, celui des finances de guerre, s'est ouvert en 1914. Par les ruptures et les bouleversements qu'il a engendrés en matière de financement et d'équilibres économiques et monétaires mondiaux, il constitue le véritable tournant du XXe siècle, celui de la dette publique et de l'inflation pour la plupart des pays belligérants. Ce thème a fait l'objet de la première manifestation scientifique du cycle des quatre journées d'études consacrées au ministère des Finances dans la Grande Guerre et dont cet ouvrage collectif est le fruit. Concentré sur la mobilisation des ressources financières des principaux pays belligérants et sur les ruptures engendrées par le conflit en termes de finances publiques, ce recueil de travaux inédits comble une lacune importante de l'historiographie française sur la dimension économique et financière de la Grande Guerre. La crise financière de l'été 1914, les ruptures monétaires et financières à l'échelle du monde, la mobilisation tous azimuts des ressources par les pays belligérants, l'appel aux épargnants, autant de thèmes novateurs qui sont ici traités, sans oublier les relations complexes entre le ministère des Finances et la banque centrale, ici revisitées. Le conflit engendre également des changements institutionnels, car une guerre non préparée suscite des improvisations et la pénurie est parfois source d'innovations : quel a été l'impact de la guerre sur les ressources financières de l'Etat à court et moyen termes ? Comment les circuits de l'argent se sont-ils modifiés ? Quelles formes a revêtues l'appel au patriotisme financier d'un pays à l'autre ? Un index des noms et une bibliographie thématique complètent cet ouvrage qui éclaire d'un jour nouveau une dimension essentielle du premier conflit du XXe siècle.


ISSN : 978-2111293960

ISBN : 978-2111293962
Fiche éditeur : http://www.economie.gouv.fr/igpde-editions-publications
Notre-Dame et l’Hôtel de Ville

Notre-Dame et l’Hôtel de Ville

Incarner Paris du Moyen Age à nos jours

Isabelle Backouche, Boris Bove, Robert Descimon et Claude Gauvard (eds.), avec le soutien de Diane Carron
Paris, Publications de la Sorbonne, Homme et société, 2015,  250 p.
Prix : 34€

Préface d'Anne Hidalgo

Tout semble séparer ces deux hauts lieux parisiens que sont Notre-Dame et l’Hôtel de Ville : la Seine qu’enjambe le pont Notre-Dame sans créer de lien fondateur, l’ancienneté, l’emprise et une certaine indépendance de la cathédrale, qui contrastent avec la maison commune dont le pouvoir politique a été longtemps mis sous le joug avant d’être reconnue comme mairie de Paris en 1975. Chacun de ces monuments n’a pas manqué aussi de rivaliser avec l’autre, l’un s’imposant par un gothique triomphant en un site qu’Haussmann a ouvert au regard, l’autre affirmant, dès le xvie siècle, la modernité de son style Renaissance que les différentes reconstructions ont obstinément perpétué.
Ce serait cependant oublier que les Parisiens ont investi ces deux monuments, que leurs élites y ont exercé le pouvoir en tissant, entre le chapitre cathédral et la municipalité, des liens invisibles mais puissants, et que le peuple, de célébrations en insurrections, a manifesté à travers eux son attachement à sa ville. Ce serait oublier aussi que ces deux monuments ont grandi à l’ombre d’un pouvoir central fort, celui de la Royauté, de l’Empire puis de la République, dans une ville capitale, si bien qu’ils portent les marques d’une histoire nationale qu’ils ont réussi à faire leur.
Ce livre l’illustre en offrant une lecture symbolique de Notre-Dame et de l’Hôtel de Ville, en analysant leur impact dans l’aménagement de l’espace parisien, ainsi que leur place dans les grands moments de cristallisation de l’histoire, pour mieux identifier leur capacité à incarner, pour chacun d’entre eux et l’un avec l’autre, l’identité de Paris.


ISBN : 978-2-85944-921-6
Fiche éditeur : http://www.publications-sorbonne.fr/
Etienne de Bourbon

Etienne de Bourbon

Tractatus de diverssis materiis predicabilibus : 2, de dono pietatis

J. Berlioz, D. Ogilvie-David, Colette Ribaucourt (dir.)
Turnhout, Brepols, Corpus christianorum, 2016,  690 p.
Prix : 365€
La suite de l'édition critique du plus important recueil de récits exemplaires du Moyen Age

Le dominicain et inquisiteur Etienne de Bourbon (Belleville-sur-Saône, v. 1190/1195 – Lyon, v. 1261) compose à la fin de sa vie dans son couvent de Lyon le Traité des diverses matières à prêcher, le plus important recueil médiéval de matériaux destinés aux prédicateurs. Etienne y propose quelque trois mille récits, sans compter les nombreuses comparaisons empruntées au monde naturel et aux réalités de son temps. Il offre aussi des arguments d’ordre théologique et moral et des citations.

Le Tractatus est organisé selon les dons du Saint-Esprit. Son auteur ayant été surpris par la mort, les deux derniers dons n’ont pas été traités. Mais l’ensemble de la vie chrétienne y est abordé puisque le premier don est consacré aux fins dernières, le deuxième au Christ, à la Vierge et à la miséricorde, le troisième à la pénitence et à ses œuvres, le quatrième aux péchés capitaux, le cinquième aux vertus de prudence, de tempérance et de force. Le sixième don aurait dû être consacré aux dogmes et aux articles de foi, et le septième à l’amour de Dieu.

C’est ici le deuxième don (après le prologue, le premier don et le troisième) qu’édite J. Berlioz. Y sont abordés les thèmes de la prédication, de l'Incarnation, de la Passion et de la croix, de la Vierge (110 récits dont de nombreux inédits), des œuvres de miséricorde. Ce qui représente 500 récits environ (un résumé détaillé en français est fourni pour chacun), empruntés aux sources les plus diverses, et témoignant de l'interaction entre une culture “populaire” et une culture lettrée, latine et cléricale. Un index détaillé des matières permet de s’y repérer aisément.
Jacques Berlioz, directeur de recherches au CNRS, ancien directeur de l'Ecole nationale des chartes

ISBN : 978-2-503-55258-3
Fiche éditeur : http://www.brepols.net/Pages/Home.aspx
Appartenance locale et propriété au nord et au sud de la Méditerranée

Appartenance locale et propriété au nord et au sud de la Méditerranée

Sami Bargaoui, Simona Cerutti et Isabelle Grangaud (dir.)
Aix-Marseille, Iremam, e_nédits de l’Iremam, ouvrage électronique, 2016

Cet ouvrage, issu d’une rencontre entre des chercheurs travaillant sur des espaces géographiques variés, de Tunisie, d’Italie, d’Algérie, de France et de Turquie, restitue, au plus près de l’expérience des acteurs eux-mêmes, les voies pratiquées pour acquérir et pouvoir revendiquer des droits d’appartenance. Dans ce processus, la propriété s’est révélée un terrain décisif : ces études montrent à quel point, dans ces sociétés apparemment très éloignées, l’accès différentiel aux biens  ne dessine pas seulement des hiérarchies économiques ou des primautés symboliques, mais crée des prérogatives qui investissent plus largement les individus. La faiblesse ou au contraire les privilèges qui définissent l’appartenance à des groupes sexuels ou à des groupes d’âge sont largement charpentés sur des possibilités différentielles de disposer de biens et de les transmettre. Et surtout, dans un large éventail de cas, la condition de « citoyen » ou de sujet d’un pouvoir central est étroitement liée à la reconnaissance de cette capacité à transmettre. En somme, dans les sociétés modernes au nord et au sud de la Méditerranée, nous montre ce recueil,   le rapport aux choses crée des relations et des liens. Les capacités d’exercice des droits de propriété dessinent les contours de communautés locales et, en conséquence, celles des communautés territoriales plus vastes.

C’est une approche originale à la « citoyenneté » qui est présentée ici, qui met en relief des aires « de compatibilité » entre des terrains d’analyse apparemment très éloignés. Quantité d’idée reçues sur les prétendues « spécificités culturelles » caractérisant  ces différentes aires géographiques sont ainsi mises en discussions ; ce qui ouvre un terrain de dialogue inattendu et fructueux. 

Table des matières

50 ans de démographie historique

50 ans de démographie historique

Bilan historiographique d’une discipline en renouvellement

Boudjaaba Fabrice, Gourdon Vincent, Oris Michel, Robin Isabelle, Trévisi Marion (dir.)
Paris, Belin, Annales de démographie historique, 2016,  336 p.

Les Annales de Démographie Historique publient, dans ce numéro spécial, les contributions de chercheurs présentées lors du colloque de la Société de Démographie Historique, qui s’est déroulé les 5 et 6 septembre 2013, à Paris, au Sénat, en l’honneur des cinquante ans de notre société. Ce colloque anniversaire du cinquantenaire, soutenu par l’INED, les universités de Genève et de Picardie, le Centre Roland Mousnier et le Centre de Recherches historiques, fut l’occasion de rappeler le dynamisme de notre société savante, créée sous forme d’association, en 1963, par Pierre Goubert, Louis Henry, Marcel Reinhard, Jean-Noël Biraben et Jacques Dupâquier – pour ne citer que quelques noms parmi les plus prestigieux de notre discipline – et qui n’a cessé depuis de promouvoir les études d’histoire des populations et de la famille. D’anciens présidents de la Société, Jean-Pierre Bardet, Jean-Pierre Poussou, Alain Bideau, Olivier Faron, ainsi que d’autres membres éminents – Patrice Bourdelais, Carlo Corsini, Maurice Garden, Alfred Perrenoud, Frans Van Poppel – sont d’ailleurs venus témoigner de leur parcours et de leurs actions, en son sein ou dans le cadre du comité éditorial de sa revue, les Annales de Démographie Historique, au cours de deux tables-rondes commémoratives. Ils ont pu rappeler l’atmosphère d’émulation intellectuelle de la Société de Démographie Historique et ses débats souvent intenses, qui en ont fait une source d’inspiration pour plusieurs générations de chercheurs ; ils ont également souligné l’importance des liens et des échanges de la Société de Démographie Historique avec ses deux consœurs italienne et ibérique, la Società Italiana di Demografia Storica (SIDeS) et l’Asociación de Demografía Histórica (ADEH), dans le passé comme aujourd’hui, et désormais au sein de la toute nouvelle association européenne de démographie historique (ESHD), née en 2014, dont la SDH est membre fondatrice.

Pour fêter un demi-siècle d’histoire de la démographie en France, les membres de la SDH ont conçu un colloque invitant, à la fois, à regarder le passé de notre société et à réfléchir au présent et à l’avenir de notre champ disciplinaire. La session d’ouverture était consacrée à l’histoire de la Société de Démographie Historique, au travers des témoignages de grandes figures de son développement et d’une conférence présentée par Antoinette Fauve-Chamoux.

Trois grandes sessions ont ensuite rassemblé des chercheurs qui ont discuté de l’évolution des travaux récents en démographie historique et en histoire de la famille. Les communications ici publiées, issues de ces trois axes thématiques, ont toutes une vocation synthétique. Elles proposent un bilan historiographique autour d’objets centraux de notre discipline.

Un premier ensemble fait le point sur les modèles démographiques et les politiques de population en Europe, avec des analyses sur la transition démographique ainsi que sur la mortalité infantile et enfantine. Une deuxième thématique, à la croisée de la démographie historique et de l’histoire de la famille, concerne les âges de la vie et met un accent particulier sur l’histoire de l’enfance et celle de la vieillesse. Enfin le dernier axe, intitulé « Parentés », s’interroge sur les notions de liens familiaux, de réseaux de parenté, de systèmes familiaux, et établit une synthèse des approches intergénérationnelles en démographie historique.

Ce bilan historiographique, dont nous espérons qu’il fera œuvre utile pour ceux qui désirent s’avancer dans une littérature scientifique riche et très internationale, est nécessairement incomplet. Certains thèmes, comme les migrations, n’ont pu faire l’objet d’un traitement spécifique, même s’ils le méritaient à l’évidence ; ils sont néanmoins abordés de manière transversale dans les différents articles du volume. L’ensemble des contributions démontre, en tout cas, la vitalité d’un champ disciplinaire qui, après avoir été à la pointe de la recherche historique internationale jusqu’à la fin des années 1970, a subi des critiques sur son prétendu essoufflement mais a su se renouveler, dans le contexte d’éclatement des pratiques historiennes, en s’ouvrant à de nouveaux objets et de nouvelles méthodes.

En somme, c’est avec optimisme et enthousiasme que nous pouvons aborder le prochain demi-siècle de notre société et de notre discipline. (p. 6-7 de l'introduction)

 

Table des matières

 


ISBN : 978-2701194967
Simianization

Simianization

Apes, Gender, Class, and Race

Wulf D. Hund, Charles W. Mills et Silvia Sebastiani (eds.)
Berlin, Lit Verlag, 2016,  248 p.
Prix : 24,90€

The essays in this volume of the Racism Analysis Yearbooks address a key topic of racist discrimi­nation - dehumanization - and discuss its reach and modes of operation in view of one of its com­mon manifestations: simianization. The racist slur of comparing humans with apes and monkeys is part of everyday racism until today and affronts athletes as well as politicians, like the President of the United States or the Ministers for Integration in Italy and of Justice in France. In the present pa­pers, simianization is examined concerning its epistemological and psychological background and in­vestigated with regard to its historical and intersectional dimensions. Charles W. Mills (Northwestern University) determines the place of simianization within racism. Wulf D. Hund (Universität Ham­burg) traces the conjunctions of sexist, racist and classist discriminations in the history of simianiza­tion. David Livingstone Smith and Ioana Panaitiu (University of New England) consider the foundation of dehumanization. Silvia Sebastiani (Centre de recherches historiques - EHESS) explores the draw­ing of boundaries between apes and men during the Enlightenment. Stefanie Affeldt (Leuphana Uni­versität Lüneburg) looks at King Kong as an aggressive story of sexist and racist counter-emancipa­tion. Susan C. Townsend (University of Nottingham) investigates the simianization of the Japanese and Steve Garner (Open University) examines the simianization of the Irish. Kimberly Barsamian Kahn (Port­land State University), Phillip Atiba Goff (University of California) and Jean M. McMahon (Portland State University) discuss the persisting intersections of prejudice and dehumanization.


ISBN : 978-3643907165
Fiche éditeur : http://www.lit-verlag.de/
La contagion des émotions

La contagion des émotions

Compassio, une énigme médiévale

Béatrice Delaurenti
Paris, Classiques Garnier, Savoirs anciens et médiévaux, 2016,  338 p.
Prix : 39€

Bâiller fait bâiller, pleurer fait pleurer. D’une manière comparable, entendre une craie qui crisse fait frissonner, apercevoir une personne qui mange fait saliver, ressentir la confiance du médecin donne au malade l’énergie de guérir. Dans cette énumération, les expressions corporelles et psychologiques se conjuguent. Ces phénomènes attestent des effets de contamination des mouvements émotionnels. Le latin médiéval dispose d’un terme spécifique pour désigner cette contagion : la compassion. Selon l’étymologie, il s’agit d’éprouver ensemble une passion. Pour les auteurs scolastiques, la compassion est une réaction involontaire de l’âme ou du corps qui reflète le comportement d’autrui comme par imitation, selon un principe de sympathie. La double énigme de la compassio - énigme de la trajectoire du mot, énigme du phénomène lui-même – constitue le fil conducteur d’une enquête à travers les sources universitaires du Moyen Âge. La première partie du livre est centrée sur la tradition des Problemata attribués à Aristote. Autour de ce texte s’est constituée une communauté textuelle définie par une activité commune de lecture et d’enseignement des Problemata, unifiée par la conscience qu’avait chaque commentateur de s’inscrire dans une continuité. La compassion, dans son sens technique, a été introduite dans la culture médiévale par cette tradition. Dans la seconde partie du livre, l’enquête se porte sur les prolongements et impasses du nouveau paradigme. Elle repère les traces de la compassion dans d’autres sources et d’autres champs : dans la médecine médiévale principalement, mais aussi dans la théologie, la pastorale et la philosophie naturelle. L’histoire de la notion de ‘compassion’ apporte un éclairage sur la culture savante des derniers siècles du Moyen Âge, qui se construit dans le rapport à l’écrit et à l’autorité : une culture préoccupée par le corps et par l’ancrage corporel des passions, mais également soucieuse d’intégrer l’être humain dans un univers qui le dépasse et l’englobe.


ISBN : 978-2812450563
Fiche éditeur : http://www.classiques-garnier.com/
L'expérience historiographique

L'expérience historiographique

Autour de Jacques Revel

Antoine Lilti, Sabina Loriga, Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani (dir.)
Paris, Editions de l'EHESS, Enquête, 2016,  315 p.
Prix : 25€
La réflexion historiographique interroge les transformations de la conscience historique ainsi que les enjeux de la connaissance et de l'écriture de l'histoire. Jacques Revel a largement contribué aux évolutions historiographies en France, qu'il n'a cessé d'éclairer et d'impulser, tout au long de sa carrière.

Depuis le début des années 1980, la multiplication des débats historiographies a progressivement vu la remise en cause d'un ensemble de convictions scientifiques fortes. La réflexion des historiens s'est d'abord éloignée des certitudes de l'histoire sociale sérielle pour notamment se confronter aux propositions de la microstoria. Plus récemment, le rôle croisant des histoires et des historiographies non européennes a transformé le domaine de la recherche historique. Enfin, l'écriture de l'histoire et ses ressources narratives sont de nouveau au centre de l'attention.

Jacques Revel, historien, est directeur d'études à l'EHESS dont il a été le président de 1995 à 2004. Il a notamment publié Jeux d'échelles (Hautes Études/EHESS, 1995) et Penser par cas avec Jean-Claude Passeron (EHESS, 2006). Ce volume rend hommage à l'influence de son travail, en proposant des études libres sur ce qui fonde le quotidien du métier d'historien.


ISBN : 978-2-7132-2532-1
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
Histoires pragmatiques

Histoires pragmatiques

Francis Chateauraynaud et Yves Cohen (dir.)
Paris, Editions de l'EHESS, Raisons pratiques, 2016,  375 p.
Prix : 28 €

Les études d'histoire et d’autres sciences sociales (sociologie, philosophie) rassemblées dans ce volume couvrent des périodes et des domaines très différents. Elles se situent dans un mouvement récent de réinterrogation des pratiques à partir de la pragmatique et du pragmatisme. En assumant le pluralisme constitutif de la démarche pragmatiste, les auteurs abordent de manière expérimentale et réflexive les questions que posent l'étude des pratiques et celle des façons de les concevoir.

Le volume propose un parcours allant des actes et des actions à des phénomènes historiques à grande échelle, des pratiques qui produisent les sources à la généalogie de la pensée de l’action, des formes de l’enquête dans des univers controversés aux réinterprétations des catégories sociales par les acteurs, sans oublier les pratiques du passé réactivées comme base de la recherche.

Au-delà de leurs différentes logiques épistémiques, les contributions partagent une même préoccupation de fond : proposer des chemins d'enquête qui rompent avec les versions téléologiques ou préjugées de l'histoire. Elles explorent ce faisant des configurations qui n'enferment jamais complètement les acteurs, même lorsque ceux-ci opèrent dans des mondes très contraignants, qu’il s'agisse d’institutions et de normes, de structures et de groupes sociaux, de concepts temporels et de catégories cognitives. Le primat conféré à l’expérience et à son contexte ainsi que l’attention portée à leurs qualifications par les acteurs apparaissent comme des éléments communs aux différentes formes d’histoire pragmatique.

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2531-4

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Écriture et action

Écriture et action

XVIIe-XIXe siècle, une enquête collective

Paris, Éditions de l'EHESS, En temps & lieux, Prix : 26€
Des pamphlets dans un coup d'État, des certificats de médecin sur une guérison miraculeuse, la protestation d'un prisonnier, les poèmes d'une fête de cour, les articles d'un journaliste opportuniste, les oeuvres d'un prédicateur célèbre, les mémoires d'un homme politique. Que peut-on savoir d'un geste d'écriture?
 

L'action des écrits est toujours pensée à partir de leurs effets supposés sur leurs lecteurs. Écriture et action propose de la comprendre en ramenant le regard de la lecture vers l'écriture. Le geste d'écrire ne se limite pas aux intentions de l'auteur, exprimées ou non. Il prend place dans un tissu d'autres actions qu'il modifie et qui l'infléchissent.

L'introduction, en forme de manifeste, montre ce que la réflexion sur la singularité de l'action par écrit peut apporter à la réflexion sur l'action. Cet ouvrage déploie ensuite l'analyse sur de nombreux cas, rassemblés autour de problèmes centraux pour la compréhension de l'écriture comme action : l'écriture dans l'événement ("Dans l'événement"), l'écriture comme seule ressource dans des situations de contrainte extrême ("Enfermement"), la propagande ("Écrits de Versailles"), la théorisation politique ("Retz"), l'engagement ("Au XIXe siècle, l'engagement?"), l'agency ("Obéissances"), la rhétorique ("Scènes").

Le Groupe de recherches interdisciplinaires sur l'histoire du littéraire a été fondé en 1997. Équipe à la fois du Centre de recherches historiques (EHESS/CNRS) et de l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, il réunit des historiens, des littéraires et des philosophes. Les 28 participants au travail du GRIHL présentent ici un modèle de compréhension de l'action de l'écrit qui intègre les apports de la sociologie, de la philosophie, de la linguistique et des études littéraires dans une démarche historienne.

Le livre est introduit par Alain Cantillon, Laurence Giavarini, Dinah Ribard et Nicolas Schapira.



ISBN : 978-2-7132-2535-2
Fiche éditeur : http://www.editions.ehess.fr/
A la croisée des temps

A la croisée des temps

Approches d'histoire politique, juridique et sociale

Pierre Bonin, Fanny Cosandey, Elie Haddad et Anne Rousselet-Pimont (dir.)
Rennes, Presses Universitaires de Rennes, L'univers des normes, 2016,  242 p.
Prix : 20€

A la croisée des temps : approches d'histoire politique, juridique et sociale propose une réflexion sur le rapport au temps dans une société partagée entre l'immémoriale observance et la prise en compte de son historicité. Cette tension ouvre la voie d une modernité politique qui permet l'acceptation des transformations comme facteur de progrès. Au cadre immuable des pratiques ancestrales ou de la stabilité des normes garante de l'infaillibilité politique et des conditions de salut, s'ajoute bientôt la pensée d'une évolution restituée dans son histoire au point d'en faire un acte de la volonté humaine, avec des effets tels que la construction de l'Etat, l'émergence de la notion de société, l'avènement de l'individu, ou la constitution des disciplines du droit et de l'histoire. Nous en vivons aujourd'hui sans doute moins l'éloignement que l'épuisement, souvent en forme d'apories. Ce livre repose sur le pari d'un dialogue raisonné entre disciplines, à partir des deux pôles de l'histoire moderne et de l'histoire du droit, et en associant des expertises élargies à d'autres terrains.

A la croisée des temps : approches d'histoire politique. juridique et sociale est le fruit d'une rencontre organisée les 21 et 22 mai 2012, par les universités de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Paris 13, l'Ecole des hautes études en sciences sociales, l'Ecole nationale des chartes, et la Maison des sciences de l'Homme de Paris-Nord.


ISBN : 978-2-7535-5002-5
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr/
Histoire et Mesure

Histoire et Mesure

Varia

Paris, Editions de l'EHESS, XXXI, 2016,  220 p.
Prix : 22,50€

Présentation

Histoire & Mesure rassemble, dans ce numéro, six études tournées vers la construction de chiffres, leur examen critique et leur application à des champs historiques spécifiques. Trois d’entre eux analysent le fonctionnement des marchés fonciers et immobiliers : marché des biens fonciers et stratégies intra-familiales de gestion du patrimoine dans le Perche (1560-1660) ; attribution des prêts immobiliers par le Crédit foncier (19e siècle) ; encadrement administratif des loyers et mobilité des locataires à Lyon (20e siècle).

Le second ensemble regroupe 2 textes animés par une même démarche méthodologique en considérant la construction de réseaux : les réseaux de la réforme genevoise (1900) ; les réseaux des grandes entreprises en Allemagne, en France et aux États-Unis (1900-2010).

Le dernier texte revient sur la diffusion de la mode statistique (1827).

 

Sommaire


ISSN : 978-2-7132-2521-5

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La France antijuive de 1936

La France antijuive de 1936

L’agression de Léon Blum à la Chambre des députés (Edition revue et corrigée)

Tal Bruttmann et Laurent Joly
Paris, CNRS éditions, Biblis, 2016,  242 p.
Prix : 10€

6 juin 1936. Léon Blum présente son gouvernement à la Chambre. Du haut de la tribune, Xavier Vallat, l’un des chefs de l’opposition, l’interpelle : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif. » Le propos suscite un tumulte incroyable. La gauche proteste tandis que la droite soutient bruyamment l’orateur. L’écho dans l’opinion est grand. Comme il s’en vante dans son discours, Vallat a osé « dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas… » : les jours qui suivent, le député reçoit près de 250 lettres de félicitations, précieusement conservées dans ses archives personnelles.

Ces réactions saisies sur le vif offrent un témoignage unique et inédit sur l’antisémitisme français à la veille de la défaite et de l’occupation. Vallat deviendra d’ailleurs commissaire général aux Questions juives, et Blum un captif de Vichy puis des Allemands…


ISBN : 978-2-271-09202-1
Fiche éditeur : http://www.cnrseditions.fr
Le Voyage aux saints

Le Voyage aux saints

Les pèlerinages dans l'Occident moderne (XVe-XVIIIe siècle)

Dominique Julia
Paris, Editions de l'EHESS, Hautes Etudes, 2016Prix : 25€

Le pèlerinage est très ancien. Il n’a pas cessé d’être actuel. Depuis une trentaine d’années, la fréquentation croissante des chemins de Compostelle a redonné une visibilité au phénomène pèlerin dont on avait trop vite annoncé la disparition.

Ce livre s’attache à retracer, au sein d’une Europe désormais divisée en confessions, les élans, les éclipses et les recharges d’une pratique religieuse que l’institution ecclésiastique s’est toujours efforcée de discipliner sans jamais y parvenir. Tout à la fois singulière et collective, la marche vers un lieu saint n’est pas vagabondage. Elle est tendue vers un terme, lieu de rencontre avec l’archange, l’apôtre ou le saint intercesseur, dont le pèlerin attend le secours.

À travers gestes et paroles, il s’agit ici de retrouver et de comprendre une expérience spirituelle qui a déplacé des foules, qui les a rassemblées auprès des sanctuaires, mais dont les acteurs n’ont fait que rarement confidence.


ISBN : 978-2-02-129569-6
L'Eau Comme Morphogene dans les Paysages

L'Eau Comme Morphogene dans les Paysages

Water as a Morphogen in Landscapes

Sandrine Robert et Benoit Sittler (dir.)
Archaeopress Archaeology, 2016,  116 p.
Prix : 26€

Water as a morphogen in Landscapes, L’eau comme morphogène dans les paysages, dirigé par Sandrine Robert et Benoit Sittler, a été édité en 2016 chez Archaeopress, par l’International Union of Prehistoric and Protohistoric Sciences(UISPP) en collaboration avec le Centre de Recherches Historiques. CNRS et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Ehess).

Il regroupe les textesde la session organisée par la commission Théorie et Méthodes en archéologie du paysage : archéogéographie, à l’occasion du 17e congrès international de l’IUSPP qui s’est tenu à Burgos en septembre 2014.

Depuis les années 1990, l’étude des réseaux hydrographique et hydraulique a contribué à rénover l’archéologie du paysage et à poser les bases d’une archéogéographie qui étudie les conditions de résilience des formes et des réseaux dans la longue durée. Le développement, le maintien ou la réutilisation des interrelations entre structures anthropiques et hydrauliques génèrent des réseaux complexes qui perdurent au-delà des sociétés qui les mettent en place, contribuant à transmettre et à développer des formes spatiales pérennes dans le temps. Le rapport aux rivières comme ressource ou couloirs de passage semble aussi, de tout temps et dans des aires culturelles très diverses, orienter les déplacements humains ou animaux et l’implantation humaine.

La question est abordée à partir de larges chronologies : du paléolithique aux périodes médiévales et moderne et de la diachronie et sur des aires culturelles variées qui vont de l’Europe préhistorique, protohistorique, médiévale et moderne, au monde inca et au Brésil colonial. Le rôle de l’hydrographie dans les phénomènes de diffusion et de colonisation à l’échelle macroscopique a été abordé. Un ensemble plus important a concerné les études micro-régionales et un dernier groupe a traité plus spécifiquement les questions sociales et symboliques autour de l’organisation et de la résilience des réseaux liés à l’eau.

Huit communications sont présentées dans ce volume. Deux textes traitent du rôle joué par les axes fluviatiles et la géographie des bassins fluviaux dans les déplacements et la dynamique du peuplement des chasseurs-cueilleurs du paléolithique supérieur à l’échelle de l’Europe (François Djindjian) et du pourtour jurassien (Gérald Bereiziat et Harald Floss). José Javier Piña Abellán détaille le modèle de peuplement de la Vallée Moyenne du fleuve Jabalón (Ciudad Real, Espagne) au cours du deuxième millénaire avant J.-C, où les habitants maintiennent une relation de dépendance avec l’hydrographie. Frédéric Cruz et Christophe Petit proposent d’affiner le modèle de représentation des territoires des résidences princières de la fin du Hallstatt au nord-ouest des Alpes, en prenant en compte l’environnement naturel des sites et notamment leur distance aux vallées.

Ana Lucia Herbertsmontre comment, au XVIIe siècle, les « Chemins des Troupeaux » brésiliens, destinés à faciliter le déplacement du bétail depuis leurs lieux d’élevage jusqu’aux lieux de distribution et de consommation, se sont appuyés sur les lieux de franchissement des cours d’eau tout en développant des structures de drainage pour faciliter le passage de l’eau de surface.

Sabine Schellberg, Benoit Sittler et W. Konold ont étudié, gràce à des modèles 3- D générés par LiDAR, le fonctionnement d’anciennes prairies irriguées datant de périodes historiques dans les paysages du Rhin Supérieur.

À Paris, Sandrine Robert et Hélène Noizet dégagent les mécanismes de résilience d’un ancien méandre de la Seine comblé depuis l’Antiquité, mais dont la forme est encore bien visible dans le tracé des rues actuelles. Enfin, Martin Orgaz et Norma Ratto abordent la construction sociale des paysagesen mettant en relation l’association de sites incas avec les rivières de la région Tinogasta (Catamarca, Argentine) dont les caractéristiques optiques (la couleur rouge) a pu être un facteur  de localisation pour la construction de sites étatiques.

 

Le livre est téléchargeable

Une version papier peut être commandée à http://www.archaeopress.com


ISBN : 978-1784912871
Fiche éditeur : http://www.archaeopress.com/
Bouvines, 1210-2014

Bouvines, 1210-2014

Histoire et mémoire d'une bataille.Approches et comparaisons franco-allemandes

Pierre Monnet (éd.)
Bochum, Verlag Dr. Dieter Winkler, 2016,  170 p.
Prix : 29,75€

Le 27 juillet 1214, des armées levées par le roi de France Philippe Auguste, le roi d’Angleterre Jean sans Terre et l’empereur germanique Otton IV se rencontrent et s’affrontent près de Lille dans une bataille, à la fois combat et jugement de Dieu, dont le roi capétien sort vainqueur. Sur cet événement, qui ne dura pas plus de quelques heures, Georges Duby a écrit en 1973 un livre qui, depuis, figure parmi les classiques de l’historiographie française et européenne et a lui-même contribué au « mythe » Bouvines, un mythe déjà orchestré, aussitôt après la victoire, par les chroniqueurs au service des Capétiens.

800 ans après, que reste-t-il de cette journée et comment les historiens doivent-ils aujourd’hui la considérer ? Une guerre franco-allemande, la première a-t-on pu autrefois écrire, dont le souvenir fut remobilisé dès les premiers affrontements de 1914 ? Une guerre franco-anglaise, prélude de la Guerre dite de Cent Ans ? Une guerre européenne qui voit le triomphe de Philippe Auguste et l’avènement de la « grant monarchie de France » ? Mais « Bouvines » a-t-il vraiment existé, ainsi que Georges Duby en posait déjà la question, et la construction légendaire n’a-t-elle pas à ce point dépassé l’événement qu’elle en a obscurci pour des siècles le sens et la « vérité » ?

Huit siècles plus tard, des historiens français et allemands ont été convoqués pour examiner à nouveaux frais cette journée. Qui furent en réalité les combattants réunis sur le champ ? Selon quelles logiques et fidélités se sont-ils battus ? Quels furent les enjeux géo- politiques, à l’échelle de tout l’Occident, de ce combat ? Comment et pourquoi, pour ainsi dire dès le lendemain de la bataille, les chroniqueurs se sont emparés de l’événement ? Comment son souvenir a-t-il rejoué notamment au cœur des relations entre la France et l’Allemagne ? Telle sont, entre autres, les questions auxquelles répondent les sept contributions, en français et en allemand, rassemblées dans ce recueil, éveillant en écho des interrogations qui n’ont perdu aucune actualité malgré le décalage du temps : pourquoi verser son sang ? comment établir les règles du jeu de la guerre et de la paix ? à quoi tient finalement le sort, heureux ou malheureux, des armes ? En savoir plus


ISBN : 978-3-89911-253-5
Fiche éditeur : https://winklerverlag.com/v2535x/index.html
Les rythmes au Moyen Âge

Les rythmes au Moyen Âge

Jean-Claude Schmitt
Paris, Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 2016,  720 p.
Prix : 35€

Les rythmes entraînent dans leur mouvement la vie tout entière des individus et des sociétés : les comportements quotidiens et les expériences esthétiques, les déplacements dans l'espace aussi bien que l'ordre du temps. Il n'y a pas de vie sans rythme, c'est-à-dire – comme dans un air de jazz ou une toile abstraite de Mondrian – sans une mise en ordre variable de faits qui se répètent en combinant indéfiniment périodicité et rupture.
Philosophes, sociologues, anthropologues, musicologues s'interrogent parmi d'autres depuis deux siècles sur les rythmes sociaux, dont Marcel Mauss disait qu'ils commandent les représentations du temps. Pourtant, il n'existe pas à ce jour une histoire des rythmes qui confronte nos conceptions et expériences du rythme à celles du passé. Or, le contraste est fort entre notre monde moderne, où les rythmes sont partout, mais sont observés dans des champs séparés (rythmes scolaires, arythmie cardiaque, tempo musical, croissance économique en dents de scie ... ) et la civilisation holiste de l'Europe médiévale : ici, la notion de rythme, héritée de l'Antiquité gréco-romaine, paraît ne concerner que la musique, la poésie et la danse, mais elle entre en fait en résonance avec la totalité de la Création, que Dieu aurait façonnée en six jours.
C'est à ce rythme fondateur que le présent livre emprunte sa propre scansion, en explorant successivement les significations du rhythmus médiéval, les rythmes du corps et du monde, ceux du temps, de l'espace et du récit, avant de s'interroger sur la fonction des rythmes dans le changement social et la marche de l'histoire.


ISBN : 978-2070177691
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr
La historia rural en España y Francia (siglos XVI-XIX).

La historia rural en España y Francia (siglos XVI-XIX).

Contribuciones para una historia comparada y renovada

Francisco García González, Gérard Béaur et Fabrice Boudjaaba (eds)
Zaragoza, Prensas de la Universidad de Zaragoza, Monografías de Historia Rural, 2016,  418 p.
Prix : 26€

Cet ouvrage est le fruit d'une rencontre franco-espagnole organisée à Albacete dans le cadre du GDRI du CNRS CRICEC (Crises and Changes in the European Countryside). Il est destiné à faire un point actuel sur les questions d'histoire rurale dans les deux pays et à renouer ainsi avec les anciennes rencontres qui eurent lieu dans cet esprit il y a de nombreuses années. Il s’agit pour les auteurs de marquer les avancées récentes des deux historiographies obtenues et ainsi de dégager les convergences et les différences qu’il est possible d’analyser grâce à un regard croisé d’un historien du rural de chacun des pays concernés sur les thématiques centrales en histoire des campagnes.

4e de couverture en espagnol

El objetivo de este libro es ofrecer un estado de la cuestión sobre los avances de la historia rural en España y en Francia durante los últimos años a pesar de la idea de crisis que la ha caracterizado. El lector encontrará reflexiones y materiales para contribuir a su renovado desarrollo y para llevar a cabo estudios comparados, uno de los retos aún pendientes de la historiografía a un lado y otro de los Pirineos. Fomentar el diálogo entre los investigadores y abordar antiguas y nuevas problemáticas en función de los debates y de las metodologías más actuales es, sin duda, una de las grandes aportaciones de esta obra colectiva que redundará en un mejor conocimiento del mundo rural entre los siglos XVI y XIX.


ISBN : 978-84-16515-58-5
Fiche éditeur : http://puz.unizar.es
Histoire et sciences de l’émotion : les enjeux d’un lien originel

Histoire et sciences de l’émotion : les enjeux d’un lien originel

Vers une histoire intellectuelle des émotions

Damien Boquet et Piroska Nagy [dir.]
Paris, L'Atelier du CRH, revue électronique, 2016

Domaine d’étude inexistant il y a encore vingt ans, l’histoire des émotions est arrivée à maturité dans la première moitié des années 2010. Le nombre de publications, tant monographiques que collectives, croît chaque jour et montre à la fois la vigueur et les ramifications de ce nouveau champ. Sa reconnaissance institutionnelle est aujourd’hui un fait : comme une réponse tardive à l’appel lancé par Lucien Febvre en 1941, de plus en plus de projets académiques et de centres de recherche s’attachent à explorer « la vie affective d’autrefois », qu’on l’appelle « histoire des émotions » ou « histoire des sensibilités », voire « histoire de l’affect ». Après une longue période où les réflexions méthodologiques et épistémologiques étaient au devant de la scène, l’automne 2015 apporte les premières synthèses sur la période peut-être la plus travaillée, le Moyen Âge. Lire la suite de l'article

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Genre et classes populaires, in situ

Genre et classes populaires, in situ

Paris, Association Mnémosyne, Genre & Histoire, revue électronique, 17, 2016

La revue Genre & Histoire, revue électronique créée à l’initiative de l’association Mnémosyne, (www.mnemosyne.asso.fr), est un espace de publication ouvert à toutes celles et ceux dont les recherches s’inscrivent dans le domaine du genre avec une attention plus particulière aux étudiant-e-s (Master et Doctorat) d’histoire ainsi qu'à celles et ceux d'autres disciplines - sociologie, philosophie, anthropologie, géographie, sciences politiques, sciences de l’éducation, littérature, civilisations, Staps - dont les travaux comportent une dimension historique. Outre des articles scientifiques, elle accueille, pour le moment, différentes rubriques : résumés de travaux soutenus, bibliographies thématiques, itinéraires.

Introduction du numéro

Proposé par le groupe « Genre et classes populaires1 », ce dossier de Genre & Histoire s’intéresse à la construction mutuelle des rapports de genre et de classe in situ, c’est-à-dire dans les lieux précis où ils sont produits, négociés, contestés. Cette articulation, appliquée aux classes populaires en France du XVIIIe au XXe siècle, constitue l’objet de réflexion et d’investigation central du séminaire que le groupe organise depuis 2011 à l’Université Paris I-Panthéon-Sorbonne. Les cinq contributions réunies ici sont issues de présentations faites dans le cadre du séminaire entre 2012 et 2014, elles ont pour ambition commune de soumettre le lieu à l’épreuve du genre et des classes populaires. Lire la suite

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Banque et société, XIXe–XXIe siècle

Banque et société, XIXe–XXIe siècle

Identités croisées. Hommage à Pierre de Longuemar

Florence Descamps, Roger Nougaret et Laure Quennouëlle-Corre (dir.)
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2016,  319 p.
Prix : 42€

Présentation

Après une carrière de banquier, Pierre de Longuemar a consacré vingt-cinq ans à l’histoire des banques et à la sauvegarde des archives
bancaires, notamment au sein de la banque Paribas, puis du Groupe BNP Paribas. Cet ouvrage rassemble vingt contributions d’amis, de
banquiers et d’historiens qu’il a croisés dans cette seconde existence au service du patrimoine et de l’histoire.
Les sujets traités couvrent nombre des intérêts historiques de Pierre de Longuemar et entrent en résonance avec tel ou tel épisode de sa
biographie ou de ses activités scientifiques. Trois parties ont été distinguées : l’analyse et la compréhension du système financier international
contemporain par des acteurs et des observateurs de premier plan ; des contributions d’histoire économique et bancaire ; des articles d’histoire
sociale ou d’entreprise.

Table des matières


ISBN : 978-2-87574-345-9
Fiche éditeur : http://www.peterlang.com/
Livre journal de Jean-Baptiste Claude Bragelongne (1719-1775)

Livre journal de Jean-Baptiste Claude Bragelongne (1719-1775)

Martine Bennini
Paris, De Boccard, Monographies de la Société de l’Histoire de France, 2016,  266 p.
Prix : 65€

Jean-Baptiste Claude de Bragelongne (1719-1775) nous a laissé un « livre journal » qui couvre les années 1750-1768 et constitue un témoignage précieux sur la vie de la noblesse de robe au temps des Lumières. Ce conseiller au Parlement de Paris devait sa fortune à son grand-oncle paternel (l’oncle maternel de son père) Jean-Baptiste de Gaumont, qui mourut intendant des finances, un office dont l’exercice impliquait puissance et fortune. Gaumont fit de Bragelongne son héritier privilégié et lui donna en particulier la seigneurie du Saussay, dans l’actuelle commune de Ballancourt près de Corbeil-Essonnes. Ce château tient une grande place dans les préoccupations de Bragelongne, qui se présente lui-même comme un magistrat peu zélé, mais un amateur compétent en architecture. Cependant il participa aux mouvements d’opposition qui dressait le Parlement contre la politique de Louis XV, ce qui lui valut un exil en Auvergne, pays dont la description occupe une bonne partie du manuscrit. Ce journal est un livre de compte, mais aussi une histoire familiale, c’est-à-dire surtout une histoire de la fortune familiale et des alliances matrimoniales.

Gaumont, immensément riche, rêvait d’un bel avenir pour les enfants de son petit-neveu. Si ses vœux ne furent pas exaucés, la famille a conservé par les femmes le château jusqu’à aujourd’hui et s’est illustrée par de brillants militaires sous la Révolution française et dans l’armée napoléonienne. Le château du Saussay, qui appartient aujourd’hui aux Bourbon-Busset, constitue une sorte de conservatoire lignager qui a peu changé depuis le XVIIIe siècle.


ISBN : 978-2-35407-142-4
Fiche éditeur : http://www.deboccard.com/
L'Errance des normes

L'Errance des normes

Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV]

Alain Boureau
Paris, Les Belles Lettres, Histoire, ,  304 p.
Prix : 27€

Ce livre, qui constitue le tome IV de la Raison scolastique, tente d'historiciser la notion de jugement moral. La pensée médiévale et scolastique du XIIIe siècle, en quête d'une éthique spécifique et immanente, s'est émancipée de lourds tabous et a travaillé à la délégation affectée à l’homme pour la production de normes morales. Ainsi, elle a pu associer au rêve d’une symphonie des actes, autour de Thomas d’Aquin, les chants de l’individu (Chiaro de Florence, Olivi, Astesano ou Ockham).
L’éthique de cette période tourne autour de la notion juridicomorale de responsabilité, qui demeure jusqu’à nos jours, et sans vraie résolution, une ligne de faîte de la vie éthique. Si le mot n’a pas été créé au Moyen Âge, la notion, sous le nom d’imputation et d’imputabilité, fut très fermement discutée. La situation de discussion restait ouverte, tant que cette notion n’était pas inscrite dans des codes. C’est une orchestration cohérente de l’éthique qui a subi le silence du formalisme scotiste, malgré un ultérieur intermède jésuite. Cette situation suscite des échos dans le monde contemporain occidental où le long cycle des jugements formels, conduisant à l’impératif catégorique (le Sollen) de Kant, fut suivi d’une réaction intense : l’éthique avait à juger singulièrement les actes humains. À ce mouvement, il faut associer la période 1860-1960 (Renouvier, Nietzsche, Freud, Arendt), à laquelle succède un nouveau formalisme. Certes, le droit est revenu absorber la morale, notamment avec une nouvelle prégnance de la responsabilité, qui réduit les conduites humaines au risque de faute. Mais l’histoire montre que d’autres retours sont possibles.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-251-38133-6
Fiche éditeur : http://www.lesbelleslettres.com

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Risques industriels

Risques industriels

Savoirs, régulations, politiques d’assistance, fin XVIIe – début XXe siècle

Thomas Le Roux (dir.)
Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2016,  348 p.
Prix : 23 €

Présentation

Depuis une génération, de très grandes catastrophes industrielles d’ampleur internationale ont changé l’échelle que le risque industriel et technologique fait peser sur nos sociétés. Ce changement d’échelle est-il une transformation du régime de risque ou le prolongement d’un processus déjà amorcé précédemment ? C’est à une mise à distance et une historicisation du risque industriel qu’invite la lecture de cet ouvrage, fruit et partie d’une collaboration de plusieurs années entre des chercheurs de différents pays européens et des Etats-Unis.

En effet, si la notion contemporaine de risque ne sont mobilisés pour l’industrie qu’à la fin du xixe siècle, par emprunt au monde de l’assurance, un ensemble de concepts qui s’y rattachent est usuel au moins dès le xve siècle, et les autorités ont toujours mis en place des dispositifs juridiques et sociaux pour parer à ces risques. De la fin du XVIIe siècle aux années 1900 se déroule une séquence historique longue qui voit l’émergence de dispositifs de gestion à mesure des progrès de l’industrialisation.

Les contributions de cet ouvrage interrogent les savoirs et les normes construits par des acteurs très divers, les médecins, les législateurs, les juristes, les architectes, les assureurs, les syndicalistes ou encore les industriels. Elles montrent que si les régulations du risque sont très variables et dépendent des contextes et des configurations locales, celles-ci s’inscrivent toutefois dans un mouvement général qui formalise son acceptation comme constitutive des sociétés industrielles. Cette longue durée nous protège de la tentation de ne considérer les problèmes contemporains que comme nouveaux, et donne de la profondeur à des questions essentielles qu’une approche historique ne peut qu’enrichir.

Sommaire


ISBN : 978-2-7535-4999-9
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr

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Dévotion et légitimation

Dévotion et légitimation

Patronages sacrés dans l'Europe des Habsbourg

Marie-Elizabeth Ducreux (ed.)
Liège, Presses Universitaires de Liège, Religions. Comparatisme, Histoire, Anthropologie, 2016,  265 p.
Prix : 30€

L'étude critique et scientifique des religions, conquise de haute lutte, se situe à la croisée des méthodes historique et anthropologique, et favorise le comparatisme. Placée sous la direction d'Annick Delfosse et de Vinciane Pirenne-Delforge, la collection « Religions » aborde les faits et phénomènes religieux dans leur diversité, en dehors de toute vision essentialiste, ce qu'évoquent à la fois le pluriel du nom et les trois termes qui le précisent.

Ce livre propose une réflexion comparative et transdisciplinaire sur les adaptations aux réformes de la sainteté et des patronages dans les pays gouvernés par les deux branches de la dynastie des Habsbourg à l'époque moderne : l'Espagne et les pays de l'empereur, en particulier la Hongrie, la Bohême et la Basse- Autriche de la fin du XVIe au début du XVIIIe siècle, puis la Sicile entre 1720 et 1730. Ils sont confrontés aux cas des villes et principautés de l'Italie du Nord et à la situation en Pologne-Lituanie. La création en 1588 de la Congrégation des Rites et la publication des nouveaux livres liturgiques romains — le Bréviaire, le Missel et le Martyrologe — entraînèrent dans tout le monde catholique un double mouvement de demande d'approbation des rituels et des calendriers propres. Il s'agissait à la fois de se mettre en conformité avec la normativité universaliste de la Curie et de réaffirmer l'irréductibilité des particularismes. Or, dans les pays concernés ici de l'Europe centrale et orientale, le pluralisme religieux juxtaposait à un catholicisme souvent minoritaire au début du xvii siècle, une adhésion importante, parfois majoritaire, aux différents courants de la Réforme en Hongrie, en Autriche et en Pologne-Lituanie, à l'utraquisme et à l'Unité des Frères issus du hussitisme en Bohême. Dans le Grand- Duché de Lituanie et en Ukraine polonaise avait lieu aussi, non sans conflits et résistances, le passage de l'orthodoxie à l'uniatisme. La mise en perspective de situations impliquant donc une recatholicisation, sous des modalités différentes selon les contextes, avec celles de l'Italie et de l'Espagne apporte de nouveaux éléments de réflexion sur un point central de ces remises en ordre : la notion de patronage sacré. Le patronage, en effet, est susceptible d'usages multiples. Il est support d'autant plus fort à la dévotion locale qu'il insiste sur l'attachement à un lieu, à une histoire, à un groupe ou un territoire. Il est aussi un élément d'identification recréant l'idée de la tradition et de la continuité précisément dans une période de grands bouleversements. Enfin, il est un maillon essentiel des politiques symboliques et légitimatrices, dynastiques ou non. En reconstruisant les contributions d'acteurs particuliers dans les demandes de reconnaissances de cultes anciens, en montrant l'existence des réseaux dans la diffusion de nouveaux cultes, ce livre élargit notre compréhension des rôles conférés au culte des saints à l'époque moderne. Il éclaire la place de l'hagiographie et du bréviaire comme matrices d'une littérature vernaculaire en Europe centrale et suggère la plasticité des modèles iconographiques et rhétoriques s'adaptant à une vaste gamme des conceptions de la sainteté moderne, jusqu'à la veille des Lumières.


ISBN : 978-2-87562-106-1
Fiche éditeur : http://www.presses.ulg.ac.be
Frères et soeurs du Moyen Age à nos jours

Frères et soeurs du Moyen Age à nos jours

Fabrice Boudjaaba, Christine Dousset and Sylvie Mouysset (dir)
berne, Peter Lang, Population, famille et société, 2016,  627 p.
Prix : 95€

Les fratries ont-elles une histoire ? Longtemps oubliées par l’historiographie, elles suscitent aujourd’hui un intérêt grandissant chez les historiens, dont témoigne cet ouvrage collectif riche d’une trentaine de contributions issues de deux colloques internationaux. Mal connus, frères et sœurs tiennent pourtant une place centrale au sein des relations familiales. En privilégiant la longue durée et un vaste ensemble géographique, de l’Amérique du Nord à l’Europe, les éditeurs du volume ont voulu saisir leur histoire en confrontant des systèmes de parenté différents et en perpétuelle transformation. Définir et mesurer les fratries, les analyser comme une ressource en associant stratégies collectives et trajectoires individuelles, vivre et représenter la fraternité enfin : autant de pistes suivies par les auteurs attentifs à ne pas oublier les sœurs. Grâce à la variété des études rassemblées ici, écrire l’histoire du lien fraternel offre l’opportunité de renouveler l’approche de l’évolution des systèmes de parenté en même temps que celle des relations familiales.

Do brotherhood and sisterhood have a history? They have long been forgotten by historiography but now are benefitting from a growing interest from historians. This collective work, with thirty contributions from historians from different countries, testifies to this new interest. Although badly known, brothers and sisters occupy a central place in family relations. By emphasizing the long term and a large geographical area, from North America to Europe, the editors of this volume wish to seize their history by confronting different systems of kinship that are constantly evolving. To define and measure sibling relationships, to analyze them as a resource through the association of collective strategies and individual trajectories, to live and represent brother and sisterhood: these are the paths followed by the authors who have been careful not to forget sisters. Thanks to the variety of the studies assembled here, writing the history of fraternal relations offers the opportunity to renew approaches to the evolution of both kinship and family relations.


ISBN : 978-3034322911
Fiche éditeur : https://www.peterlang.com
Yiddish

Yiddish

A Survey and a Grammar, Second Edition

S.A. Birnbaum with new introductory essays by David Birnbaum and Eleazar Birnbaum, Kalman Weiser, and Jean Baumgarten
Toronto, University of Toronto Press, Scholarly Publishing Division, 2016,  544 p.
Prix : 71,50$

One of the great Yiddish scholars of the twentieth century, S.A. Birnbaum (1891–1989) published Yiddish: A Survey and a Grammar in 1979 towards the end of a long and prolific career. Unlike other grammars and study guides for English speakers, Yiddish: A Survey and a Grammar fully describes the Southern Yiddish dialect and pronunciation used today by most native speakers, while also taking into account Northern Yiddish and Standard Yiddish, associated with secularist and academic circles. The book also includes specimens of Yiddish prose and poetic texts spanning eight centuries, sampling Yiddish literature from the medieval to modern eras across its vast European geographic expanse.

The second edition of Yiddish: A Survey and a Grammar makes this classic text available again to students, teachers, and Yiddish-speakers alike. Featuring three new introductory essays by noted Yiddish scholars, a corrected version of the text, and an expanded and updated bibliography, this book is essential reading for any serious student of Yiddish and its culture.


ISBN : 978-1442614338
Fiche éditeur : http://www.utppublishing.com
La trace du fleuve

La trace du fleuve

la Seine et Paris (1750-1850)

Isabelle Backouche
Paris, Editions de l'EHESS, En temps &lieux, 2016,  430 p.
Prix : 23€

À l’orée du XXIe siècle, alors que la Seine incarnait Paris au travers de ses armes ornées d’un vaisseau, les Parisiens ignoraient leur fleuve. Cet étonnant paradoxe a suscité l’enquête historienne d’Isabelle Backouche qui met en lumière la formidable diversité des rôles du fleuve dans la ville du xviiie siècle. Elle montre à quel point la Seine a longtemps été vitale, tant pour les hommes que pour les pouvoirs. Tout à la fois espace partagé, espace contesté et espace remodelé, le fleuve a ainsi pesé d’un poids déterminant dans le façonnement de la vie urbaine.Cependant, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, la Seine s’écarte de cette vocation pour devenir une voie de navigation nationale de plus en plus étrangère à la capitale, un fleuve monumental et désincarné. Ce nouveau destin puise ses formes et ses justifications dans le siècle des Lumières. De la ville ancienne à la ville contemporaine, le fleuve a eu sa chronologie singulière, bien éloignée des rythmes, historiographiquement plus conventionnels, d’une mutation parisienne scandée par l’haussmannisation.

Cette singularité est restituée grâce à une histoire sociale, attentive à la diversité des acteurs et des intérêts qui les animent et soucieuse de les ancrer dans un territoire. À l’heure où Paris redécouvre son fleuve, cette histoire de la rupture entre la Seine et Paris éclaire le défi d’une reconquête au XXIe siècle qui devra nouer ensemble nouveaux usages et aménagements programmés. La Seine offre ainsi un fécond terrain d’expérimentation pour comprendre le devenir urbain et les relations mouvantes de l’homme et de la ville.


ISBN : 978-2-7132-2543-7
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
La révolte de Mme Montjean

La révolte de Mme Montjean

L'histoire d'un couple d'artisans au siècle des Lumières

Arlette Farge
Paris, Albin Michel, 2016,  184 p.
Prix : 14,50€

1775, Paris est en colère. Mme Montjean, femme d’artisan, aussi : les heures passées à coudre, à s’occuper de son foyer, des enfants... Elle veut vivre comme les aristocrates, être belle et désirable, connaître l’ivresse des sens.
 
Mme Montjean vient de découvrir certains plaisirs libertins : pinceries, fouet et culottes déboutonnées… d’où son effervescence.  Pendant deux ans, elle va faire tourner les têtes et va conduire son mari au bord de la ruine. C’est lui qui a tenu le journal sans équivalent de cette crise de conscience, prélude à la Révolution.
 
Ce récit tragi-comique aurait pu inspirer une comédie de Marivaux. Mais, en nous plongeant dans l’intimité d’une héroïne singulière dont la révolte est toujours d’actualité, Arlette Farge, récompensée par le prestigieux prix international Dan David en 2016 pour l’ensemble de son œuvre, nous donne un passionnant livre d’histoire, dans la lignée de ceux qui ont fait sa réputation (Le Goût de l’archive, Dire et mal dire ; Le Désordre des familles…).


ISSN : 978-2226320094
Fiche éditeur : http://www.albin-michel.fr
École normale de l'an III (vol. 5)

École normale de l'an III (vol. 5)

Une institution révolutionnaire et ses élèves - Introduction historique

Dominique Julia [dir.]
Paris, Editions rue d'Ulm, 2016,  656 p.
Prix : 50€

Il survient parfois un moment de l’histoire où les scientifiques, tous domaines confondus, s’imposent dans un même mouvement de faire le point des connaissances acquises et de tracer les routes à suivre. C’est à un tel moment que nous convient les leçons de l’an III, professées sous la Convention au premier semestre de 1795 devant plus d’un millier d’auditeurs, retranscrites par le soin de sténographes et aussitôt publiées. Dernière tentative désespérée pour offrir à un seul cerveau une connaissance encyclopédique ordonnancée par la raison analytique, ces leçons s’interrompront lors des journées de Prairial qui mettront un point (provisoirement) final à l’expérience si riche de l’École normale.

Une institution révolutionnaire et ses élèves
L’expérience de l’École normale a duré quatre mois, du 20 janvier au 19 mai 1795. La brièveté de l’évènement institutionnel est inversement proportionnelle à son importance fondatrice. Cette histoire d’un projet de l’an II mis en œuvre en l’an III replace le temps court dans une plus longue durée pour dénouer un écheveau complexe où sont étroitement imbriqués développement des sciences et politique de l’enseignement, pédagogie « révolutionnaire » et reconversion d’engagements antécédents. L’enquête prosopographique menée sur les quelque 1500 élèves nommés pour se rendre à Paris restitue leurs trajectoires avant et après l’École et saisit les proximités géographiques, disciplinaires, professionnelles ou religieuses qui les rapprochent dans l’espace de l’amphithéâtre du Muséum d’histoire naturelle. La réunion de ce public d’adultes, venus de tous les districts de la République à Paris pour se former en tant qu’instituteurs, n’est pas un épisode anodin, mais un prisme où lire le moment thermidorien de la Révolution.


ISBN : 978-2-7288-0548-8
Fiche éditeur : http://www.presses.ens.fr
Un clergé en crise ? 1650-1900

Un clergé en crise ? 1650-1900

Fiorenzo Landi et Pablo F. Luna (dir.)
Wrocław (Pologne), Redakcja, Hereditas Monasteriorum, 2015,  596 pages p.

La crise du clergé et du patrimoine ecclésiastique en Europe, entre la seconde moitié du XVIIe siècle et la fin du XIXe siècle, est liée en partie à des facteurs extérieurs à l’institution (la fiscalité étatique, la confiscation révolutionnaire, la destruction, le pillage). Mais elle est aussi imputable à des causes internes (le déphasage face aux évolutions économiques et financières, la saturation du territoire d’implantation, la crise des vocations, la sécularisation de la société). Réunissant les travaux de la Journée d'études du 12 décembre 2014, soutenue par le CRH-EHESS, le GDRI Cricec et l'Università di Bolonia, cette publication permet de donner un éclairage singulier à la problématique énoncée.


ISSN : 2299-5609
Fiche éditeur : http://hm.kasaty.pl/vol-7-2015/
Reliques romaines

Reliques romaines

Invention et circulation des corps saints des catacombes à l’époque moderne

Stéphane Baciocchi, Christophe Duhamelle [dir.]
Rome, Ecole Française de Rome, avec le soutien du CRH, Collection de l’École française de Rome, 2016,  775 p.
Prix : 54€

Issu d’une enquête collective du Centre d’anthropologie religieuse européenne (CARE), Reliques romaines est la première vue d’ensemble d’un phénomène massif : la diffusion des « corps saints » extraits des catacombes de Rome, de leur « invention » moderne en 1578 au XIXe siècle. L’ouvrage présente une triple originalité. Tout d’abord, il combine un socle documentaire commun (les archives romaines de la distribution) avec des études de cas portant sur de multiples terrains de la réception (du Mexique à la Pologne, des Pays-Bas à la péninsule Ibérique, de l’Allemagne à la France en passant par la Suisse et l’Italie), mettant ainsi en relation des sources et des historiographies jusqu’alors restées disjointes. L’ouvrage peut donc mener de front – et c’est sa seconde originalité – l’histoire institutionnelle, l’histoire sociale et l’histoire religieuse des reliques, explorant toute l’épaisseur du processus de diffusion sans dissocier sa matérialité de sa dimension spirituelle, ses traits communs des parcours individuels qui l’animent. Cette double conjonction permet enfin une réflexion sur les échelles et les temporalités du phénomène : entre universalisme romain et appropriation locale, des rythmes multiples (ceux de la distinction sociale ou des clientèles romaines, ceux de l’acclimatation de la relique ou des conjonctures pèlerines) et des configurations spatiales emboîtées (des grands fronts de catholicité aux querelles de clocher, du réseau des cours princières à celui des implantations jésuites) font des « corps saints des catacombes » un passionnant laboratoire pour une histoire connectant l’ensemble de la catholicité au plus humble sanctuaire.

L’ouvrage rassemble des textes de Stéphane Baciocchi, Anne Bonzon, Philippe Boutry, Isabelle Brian, Annick Delfosse, Marie-Elizabeth Ducreux, Christophe Duhamelle, Pierre-Antoine Fabre, Jean-Pascal Gay, Massimiliano Ghilardi, Dominique Julia, Marie Lezowski, Éric Rebillard, Jean-Marc Ticchi, Cécile Vincent-Cassy, Mickaël Wilmart.


ISBN : 978-2-7283-1187-3
Fiche éditeur : http://www.publications.efrome.it
Maurice Agulhon

Maurice Agulhon

Politica, imagenes, sociabilidades de 1789 à 1989

Jordi Canal
Zaragoza, Prensas de la Universidad de Zaragoza, Ciencias Sociales, 2016,  245 p.
Prix : 18€

Historien éclectique, avec des apports fondamentaux sur les terrains des histoires politique, culturelle et sociale, Maurice Agulhon a élaboré une œuvre solide et influente qui a contribué décisivement au renouvellement de l’histoire politique qui a eu lieu en Europe dans le dernier quart du XXe siècle. Il a abordé beaucoup de sujets tout au long de sa vie : la République et le républicanisme, 1848, la nation et le nationalisme, la politisation du monde rural, la sociabilité, la morale dans l’histoire, la Révolution française, la symbolique et l’imagerie républicaines ou le général De Gaulle. Pourtant peu de livres et d’articles de cet historien français ont été traduits en langue espagnole. Dans cette édition, préparée par Jordi Canal, neuf travaux importants de Maurice Agulhon ont été inclus, précédés d’une longue introduction sur Maurice Agulhon et l’histoire.


ISBN : 978-84-16515-57-8
Fiche éditeur : http://puz.unizar.es
Le rang

Le rang

Préséances et hiérarchies dans la France d’Ancien Régime

Fanny Cosandey
Paris, Gallimard, Bibliothèque de shistoires, 2016,  496 p.
Prix : 28€

L’idéologie républicaine, empreinte d’esprit de fraternité, postule que les hommes naissent libres et égaux en droit. Sous l’Ancien Régime, c’est la question du rang qui gouverne l’organisation sociale, et, à travers titres et dignités, la place occupée qui dit l’identité des êtres et des lignages, le pouvoir des acteurs.
Étudié par Fanny Cosandey dans l’entourage royal, le rang s’offre en observatoire des rapports de forces des sujets entre eux et, surtout, avec le monarque. Celui-ci, soucieux de manifester sa capacité d’ordonner, se joue du cérémonial comme d’un attribut de la puissance souveraine et d’un instrument des relations sociales.
Les manuscrits conservés par les maîtres de cérémonie livrent les ressorts de l’agencement des préséances : de l’organisation palatiale à l’ordre parfait de Versailles ; des querelles de rang à l’art du rituel ; du jeu monarchique des placements à la permanence dynastique ; de la conception patrimoniale des rangs à la difficulté de penser l’individu (et le statut des femmes en milieu politique masculin).
Au final, les tensions issues de la loi du rang mettent bien en relief les contradictions de l’Ancien Régime : d’un côté, une royauté marquée par les origines féodales de la puissance souveraine ; de l’autre, une société focalisée sur un idéal de conservation des privilèges que les déplacements cérémoniels viennent sans cesse contester. L’arbitrage des querelles se révélera un inusable outil dans les mains du monarque.
Ce livre n’est pas la description d’un ordre social totalement dépassé. La France est sans doute un des pays démocratiques qui accorde le plus d'importance aux places, au protocole et au rang. D’où l’intérêt de comprendre cet héritage de l’absolutisme.


ISBN : 9782070105564
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr
Prostitution et Révolution

Prostitution et Révolution

Les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804)

Clyde Plumauzille
Crézérieu, Editions Champ Vallon, La chose publique, 2016,  350 p.
Prix : 27€

Voici la première enquête historique jamais réalisée sur la prostitution à l’heure de la Révolution française, une période clé pour comprendre la place des prostituées dans notre République. A travers cette histoire des femmes publiques en Révolution, ce sont les origines des politiques contemporaines de la prostitution qui se dévoilent.
La Révolution française marque en effet un tournant inédit dans l’appréhension de la prostitution. En dépénalisant cette activité tout en maintenant un contrôle policier sur les femmes qui l’exercent, elle fait des prostituées, « femmes infâmes » de l’Ancien Régime, des citoyennes diminuées de la République.
Dans cette riche enquête historique où se côtoient femmes publiques, bons bourgeois, policiers et hommes de loi, la prostitution vient révéler les frontières morales du projet révolutionnaire et proposer une histoire de la sexualité sous la Révolution française.
Alors que sonne le glas des grands bordels de l’Ancien Régime, que fut la prostitution au tournant des XVIIIe et XIXe siècles ? Le commerce du sexe a-t-il constitué un enjeu pour les révolutionnaires qui mettent alors la régénération morale à l’ordre du jour ? Spécialiste de l’histoire révolutionnaire et de l’histoire des femmes et du genre, l’auteur dévoile et les transformations et les paradoxes d’une période charnière.
À la croisée de l’histoire des femmes et du genre, de l’histoire de la Révolution française mais également des apports de la sociologie et des sciences politiques, cet ouvrage revient sur les fantasmes et les préjugés qui trop souvent résument l’histoire de la prostitution révolutionnaire, enquête empirique à l’appui.

 

Table des matières


ISBN : 979-10-267-0066-1
Fiche éditeur : http://www.champ-vallon.com
Louis Machon

Louis Machon

Apologie pour Machiavelle. Édition critique du manuscrit de 1668

Jean-Pierre Cavaillé en collaboration avec Cécile Soudan
Paris, Honoré Champion, Libre pensée et littérature clandestine, 2016,  740 p.
Prix : 70€

Il est mort trop tôt pour moi ». Tels sont les mots que Louis Machon, alors simple curé du Tourne, près de Bordeaux, écrit à propos de Richelieu, dans la préface de la dernière version manuscrite (1668) de son grand ouvrage Apologie pour Machiavelle, déjà terminé en 1643, condamné par son audace, beaucoup plus que par la mort du cardinal ministre, à demeurer impublié pour de longs siècles. Nous présentons en effet ici, sous sa forme originale, le texte inédit et l’édition critique de la première réhabilitation ouverte, complète et systématique de Machiavel en France, conduite dans le cadre d’une théorie radicale de la raison d’État. L’auteur en effet entreprend de démontrer que toutes les maximes considérées comme les plus impies de Machiavel sont pourtant vraies et parfaitement compatibles avec une interprétation proprement machiavélique du christianisme.

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ISBN : 978-2745334572
Fiche éditeur : http://www.honorechampion.com

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Une tache au front

Une tache au front

La bâtardise aux XVIe et XVIIe siècles

Sylvie Steinberg
Paris, Albin Michel, L'évolution de l'humanité, 2016,  448 p.
Prix : 24€

De nos jours, le vieux mot « bâtard » reste une insulte cuisante, comme pour rappeler ce qu’il y a d’essentiel dans  l’appartenance familiale et la filiation. Sujet anthropologique ou sociologique, la bâtardise est aussi objet d’histoire. Confrontant études de cas, réflexions juridiques et représentations littéraires, Sylvie Steinberg montre de façon saisissante qu’elle fut paradoxalement un pivot de l’ordre absolutiste. Mais comment une société fondée sur le mariage chrétien, monogame et indissoluble, fit-elle une place, au sein de l’institution familiale, à des individus dont l’identité témoignait de l’inconduite de leurs géniteurs ?
Les bâtards, qu’ils soient issus de la paysannerie ou de l’aristocratie, furent au centre de débats juridiques et moraux, portant sur les comportements des individus et des groupes, et se trouvèrent à partir de la fin du XVIe siècle au cœur du dispositif de mise en discipline de la société. La loi de 1600, qui exigeait une naissance légitime ou légitimée de tout membre de la noblesse, faisait entrer en conflit règles de filiations et conditions sociales. Elle donna à l’État un droit de regard sur des questions qui relevaient auparavant de l’ordre privé.
Par-delà droit et théologie, cette histoire de la filiation aborde enfin la dimension vécue des liens entre enfants et parents, qui ne se réduisaient pas aux problèmes de nom et de patrimoine. Entre les « sans-familles » et leurs parents, l’amour, l’attachement, les sentiments de possession ou d’exclusion composaient un tableau changeant des normes et des comportements. Sommes-nous étrangers à cette histoire ?


ISBN : 978-2226315151
Fiche éditeur : http://www.albin-michel.fr
La guerre d'Espagne

La guerre d'Espagne

Un conflit qui a façonné l'Europe

Jordi Canal et Vincent Duclert (dir.)
Paris, Armand Colin, 2016,  400 p.
Prix : 24,90€

La guerre civile espagnole qui s'est déroulée de 1936 à 1939, au-delà de la dimension qu'elle a prise en Espagne même, a eu de très fortes répercussions sur l'Europe et particulièrement sur la France. C'est en cela que réside l'originalité de cet ouvrage au moment où l'on commémore le 80e anniversaire de cet événement qui a bouleversé la politique, la culture et même la société française et européenne.
En effet, au moment où la guerre civile espagnole prend fin, nous sommes en 1939 qui voit le conflit s'internationaliser, l'Espagne de Franco se rapprochant de l'Axe formé par l'Italie de Mussolini et l'Allemagne d'Hitler. De nombreux réfugiés espagnols rejoignent la France libre et le maquis tandis que les intellectuels européens témoignent. Toute une culture naît autour de la guerre civile espagnole avec des artistes tels que Picasso (Guernica), Malraux (L'espoir) ou Capa (Mort d'un soldat républicain).
Que reste-t-il aujourd'hui du souvenir de cette guerre civile en Espagne et en Europe? Cet essai revient sur un événement encore présent dans la mémoire collective et sur son héritage.


ISBN : 978-2200616175
Fiche éditeur : http://www.armand-colin.com
Histoire intellectuelle des émotions de l'Antiquité à nos jours

Histoire intellectuelle des émotions de l'Antiquité à nos jours

Damien Boquet et Piroska Nagy (dir.)
Paris, L'Atelier du CRH, 2016

Quoi de plus universel en apparence que le frisson de la peur ou le bouillonnement de la colère ? Sur la base de ce présupposé s’est construit depuis le XIXe siècle tout un corpus de savoirs variés qui portent l’ambition de mettre en ordre l’infinie complexité de ces palpitations du corps et de l’âme qui nous relient au monde et font que nous sommes des êtres d’expériences. Et cependant, le travail historique nous apprend que l’évidence de l’universalité des émotions est elle-même le fruit de la contingence des savoirs. Dès lors, une histoire critique des émotions appelle au préalable une historicisation des savoirs qui les pensent. Nous ne considérons pas l’objet comme déjà constitué, comme s’il s’agissait de montrer l’avènement, avec ses phases de stabilité et d’accélération, d’un savoir « vrai » ou moderne d’une émotion atemporelle. Au contraire, les procédures qui conduisent à délimiter l’objet et qui le produisent comme « discours véridique » sont au cœur de l’enquête. C’est pourquoi nous avons posé les bases d’une approche comparatiste, dans le temps (de l’Antiquité à nos jours), dans l’espace (entre l’Occident et la Chine), en privilégiant le dialogue entre les champs disciplinaires (histoire, études littéraires, psychologie) qui sont invités ici à penser leur propre histoire. L’exercice d’épistémologie historique ne retire rien à la scientificité ni à l’efficacité sociale des savoirs de l’émotion : il relève du travail de lucidité intellectuelle de tout un chacun qu’il soit historien, psychologue ou neurologue.


ISBN : 978-2-908452-05-1
La forza delle incertezze. Dialoghi storiografici con Jacques Revel (La force des incertitudes. Dialogues historiographiques avec Jacques Revel)

La forza delle incertezze. Dialoghi storiografici con Jacques Revel (La force des incertitudes. Dialogues historiographiques avec Jacques Revel)

Antonella Romano et Silvia Sebastiani (ed.) (ed.)
Bologne, Il Mulino, 2016,  378 p.
Prix : 28€

Présentation

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ». Les textes qui composent ce volume dialoguent avec les propositions historiographiques de Jacques Revel, en prenant au sérieux son invitation à à préserver la complexité de nos objets d’études et à « tenter l’expérience ». A travers l’exploration de différentes pistes de recherche, ils cherchent à multiplier les doutes, les questions, les propositions.Comment jouer avec les échelles ? Comment s’articule le rapport entre l’individu et le groupe dans la construction du social ? L’histoire est-elle un constructivisme mis en œuvre par un observateur ? Comment la forme et la structure sont-elles reliées ? En alternant études de cas et analyses méthodologiques ou historiographiques, les auteur.es, issu.es de traditions intellectuelles et de générations différentes, traquent les forces d’une recherche qui fait de l’incertitude son point de départ. Ils/elles contribuent ainsi de manière originale à la réflexion sur l’histoire comprise comme science sociale, c’est-à-dire qui fait de la société et du social son objet et son projet.

 

Table des matières


ISBN : 978-88-15-26697-2
Fiche éditeur : https://mulino.it/volumi/novita
Rêver de soi

Rêver de soi

Les songes autobiographiques au Moyen Age

Gisèle Besson et Jean-Claude Schmitt
Toulouse, Marseille, Anarchasis, 2017,  480 p.
Prix : 24€

Au Moyen Âge comme aujourd’hui le rêve travaillait les consciences. Dans la Bible, les Vies de saints ou la littérature romanesque, les récits de rêves sont innombrables. Les rêveurs ont plus rarement mis par écrit leurs propres songes : pièges diaboliques ou signes de Dieu ? Appels à l’aide d’un parent mort ? Ils cherchèrent à en percer le message.
Cet ouvrage explore une trentaine de rêves autobiographiques entre le IIIe et le XVIe siècle, racontés par des dormeurs célèbres tels saint Jérôme ou Albrecht Dürer, ou par d’autres qui l’étaient moins : des moines, des clercs, des religieuses, des marchands, tous soucieux de dire la vérité et d’interpréter leurs songes.
Se dessine ainsi une passionnante histoire européenne du sujet, de la conscience de soi et des prémices de la notion d’auteur en littérature, indispensable à tous les curieux d’histoire culturelle et religieuse ou de psychanalyse.


ISBN : 978-2914777346
Fiche éditeur : http://www.editions-anacharsis.com
Prédateurs et résistants

Prédateurs et résistants

Appropriation et réappropriation de la terre et des ressources naturelles (16e-20e Siècles)

Pablo Luna, Niccolo Mignemi (dir.)
Paris, Edition Syllepse, Histoire : enjeux et débats, 2017,  320 p.
Prix : 25€

La nouvelle vague d’accaparements de terres et d’expulsions massives des paysans à l’échelle planétaire fait resurgir sous des formes renouvelées d’anciens questionnements. Depuis l’émergence du capitalisme, l’histoire des campagnes n’aurait-elle été qu’un processus plus ou moins accéléré de dépossession des paysans ? N’y a-t-il pas une « lame de fond » aboutissant à la prolétarisation inexorable des ruraux et la fin de la petite et moyenne propriété paysanne ? Le landgrabbing – la saisie des terres – actuel ne serait-il pas tout simplement la poursuite des enclosures entamées depuis la fin du Moyen Âge, cette fois-ci sur le plan mondial ? Les auteurs réexaminent ces questions et aboutissent à des conclusions nuancées. Les mondes ruraux qu’ils ont approchés confirment l’offensive entreprise contre les terres, les hommes et les femmes et les ressources naturelles. Mais ils présentent aussi la réaction et la riposte des campagnes, parfois d’une façon ouverte et visible, souvent d’une manière souterraine mais non moins efficace.

Ils font état des victoires obtenues dans une dialectique où l’usurpation de la terre et des ressources peut être rapidement suivie par la réappropriation ou par la reprise de contrôle. 


ISBN : 978-2-84950-551-9
Fiche éditeur : http://www.syllepse.net
Judaïsme(s)

Judaïsme(s)

Genre et religion

Leora Auslander & Sylvie Steinberg (dir.) [dir.]
Paris, Belin, Clio. Femmes, Genre, Histoire, 2017,  368 p.
Prix : 26€

De l’Égypte des Fatimides à l’Allemagne médiévale, de la péninsule Ibérique à l’Empire ottoman, de la Russie tsariste à l’Éthiopie contemporaine, de New York à Berlin ou Paris, ce numéro de Cliopropose une traversée de l’histoire du judaïsme sous le signe du genre. La « tradition religieuse juive » assigne aux femmes et aux hommes des rôles, des obligations et des droits tout à fait différents. Non seulement les Écritures et leurs interprétations, les gestes quotidiens et les rituels festifs, mais encore les coutumes et le droit rabbinique (halakha) se conjuguent pour proposer des règles, des conceptions et des représentations des relations entre les sexes. Mais cette tradition s’est aussi épanouie dans des contextes historiques multiples, laissant place à des évolutions, des influences et des contestations : c’est cette diversité des « arrangements de genre » au sein du judaïsme qui est ici restituée.


ISBN : 978-2-7011-9853-8
Fiche éditeur : http://www.editions-belin.com/
Le petit monde

Le petit monde

Le corps humain dans les textes de la tradition juive, de la Bible aux Lumières

Jean Baumgarten
Paris, Albin Michel, Bibliothèque Histoire, 2017,  400 p.
Prix : 24€

Le corps humain fut longtemps considéré comme un objet d’étude secondaire. Or les textes de la tradition juive comprennent un ensemble impressionnant de références portant sur les réalités somatiques qui, toutes, nous montrent que l’être humain est un monde en miniature.
L’ouvrage foisonnant de Jean Baumgarten, en s’appuyant sur l’analyse de sources juives mises en regard avec des textes issus d’autres traditions religieuses et philosophiques, montre comment les discours juifs sur le corps se sont formés, développés et transformés, depuis la Bible jusqu’au XVIIIe siècle. Leur étude donne accès aux valeurs, aux codes culturels, et éclaire tout particulièrement les controverses entre les différents courants religieux qui particularisent le judaïsme.
En marge des conceptions sur la prééminence de l’âme, cette synthèse inédite des représentations du corps humain nous permet d’accéder à la compréhension des catégories légales, des principes philosophiques, des normes morales et des idées mystiques propres à la religion et à la culture juives. 


ISBN : 978-2-226324160
Fiche éditeur : http://www.albin-michel.fr
A Global History of Historical Demography

A Global History of Historical Demography

Half a Century of Interdisciplinarity

Antoinette Fauve-Chamoux, Ioan Bolovan and Sølvi Sogner [dir.]
Berne, Peter Lang, 2016,  698 p.
Prix : 92,50€

At the XXIst World Congress of the International Committee of Historical Sciences (ICHS/CISH) in 2010 in Amsterdam, the International Commission for Historical Demography (ICHD) decided to write an overview of its own history. Fifty years had gone by since the CISH XIst World Congress in Stockholm 1960, when historians took the first tentative initiatives to create a wholly new interdisciplinary commission for historical demography, a meeting place for a budding discipline where researchers in letters and science could meet, exchange ideas, cultivate and develop a new field. This book is the outcome of that decision.

Demography, past, present and future is a common concern for all inhabitants of this planet. The variation is great, however, with regard to sources, social and political conditions, state of the art, technological development, national and local initiatives. In the course of half a century many changes take place. Keeping abreast of the gigantic streams of information and innovation in the field is demanding, even more so for a discipline with global dimensions and ambitions. The book makes fascinating reading, and preparing it has been a rewarding and thought provoking experience. The thirty-seven articles in the book represent as many different stories.

Résumé français :

Lors du XXIe Congrès mondial du Comité International des Sciences Historiques (CISH) à Amsterdam (2010), une série de sessions fut consacrée à l’histoire de la démographie historique. Cinquante ans s’étaient écoulés en effet depuis le XIe Congrès international du CISH tenu à Stockholm en 1960. C’est là que les historiens, alliés aux démographes, avaient pris l’initiative de créer une Commission Internationale de Démographie Historique (CIDH/ICHD), structure souple qui soit un lieu de rencontre interdisciplinaire de type nouveau pour une discipline naissante où les chercheurs de tous horizons pourraient se rencontrer, échanger leurs idées, cultiver et développer ce champ prometteur.

Une publication d’ampleur s’imposait. Un Comité éditorial international fut formé et, six ans plus tard, le présent livre en anglais répond à leur souhait, sous forme d’une anthologie totalement originale et destinée à être enrichie par des apports ultérieurs.

Quelle était la population du monde dans un passé plus ou moins lointain ?  Combien notre planète compte-t-elle d’habitants à ce jour ?  Combien seront-ils demain ? Le commun des mortels se pose un jour ces questions. Pour y répondre, les historiens de la population disposent de sources fort diverses. Ils savent que les conditions sociales et politiques (y compris religieuses et sanitaires) ont considérablement variées au fil des temps, d’un continent à l’autre, d’une contrée à l’autre en fonction des initiatives étatiques ou coutumières, selon l’esprit, les besoins, les connaissances scientifiques du moment et les mouvements migratoires. Depuis 1960, le monde a connu des mutations considérables et s’est globalisé. La discipline à part entière qu’est devenue la démographie historique a bénéficié, pour son développement, d’innovations technologiques et, avec la digitalisation, de flux d’informations toujours en perpétuelle expansion.

Le présent volume de trente-sept chapitres – chacun avec bibliographie, abstract en anglais et résumé en français – a réuni plus de cinquante auteurs et mobilisé le soutien actif et bénévole de nombreux pionniers, acteurs, témoins et critiques (peer reviewers) acceptant de rester anonymes. Le préparer fut une expérience unique, intense et enrichissante. Les contributions racontent, par secteur géographique ou entité nationale, autant d’histoires qui s’entrecroisent et s’éclairent mutuellement, expliquant la formation d’un solide réseau mondial interdisciplinaire, le Family/Demography network. De lecture agréable et attachante, le volume témoigne de la globalisation de la démographie historique. Il expose également les ambitions d’avenir d’une nouvelle génération de chercheurs sans frontières, formés à la démographie, disposant donc d’outils statistiques puissants et d’un langage commun, l’anglais, mais qui aussi, comme tous ceux qui pratiquent l’histoire quelle que soit leur discipline d’origine, ont le souci de l’approche structurelle des phénomènes socioéconomiques, de la longue durée, du genre et des perspectives comparatives à travers le temps et l’espace.


ISBN : 978-3-034323031
Fiche éditeur : https://www.peterlang.com
Enquête Catasto florentin de 1427-1430

Enquête Catasto florentin de 1427-1430

Une version entièrement refondue de l’édition du Catasto florentin de 1427-1430, établie par David Herlihy et Christiane Klapisch-Zuber dans les années 1960-1970, vient d'être mise en ligne. Cette nouvelle édition, accessible et exploitable par EXCEL, porte sur la totalité de la Toscane que Florence administrait à ces dates, soit 60000 familles totalisant 240000 personnes. La révision intégrale a permis d’éliminer des erreurs accumulées au fil du temps lors des diverses manipulations du fichier initial. Elle contient à la fois les principales caractéristiques topographiques, économiques et fiscales des foyers peuplant les villes et les campagnes toscanes et la description de tous les membres de chacun de ces foyers. Cette nouvelle édition est précédée d’une présentation générale de l’enquête et du code.

Table des matières

Cette nouvelle édition est accessible sur : http://acrh.revues.org/4971

Les réformes agraires dans l'histoire et dans le monde

Les réformes agraires dans l'histoire et dans le monde

Nadine Vivier, Jean-Pierre Jessenne, Pablo F. Luna [dir.]
Paris, Belin, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2017,  272 p.
Prix : 25€

Pourquoi un dossier sur les réformes agraires, en 2017 ? Parce que les enjeux de la terre et des ressources naturelles, de leur possession et de leur accaparement, mais aussi les enjeux alimentaires mondiaux d’une population de bientôt 10 milliards d’habitants, sont revenus sur le devant de la scène. Les auteurs de ce dossier, qui sont des spécialistes reconnus de ces questions, ont été invités à examiner les processus des réformes agraires en prêtant attention aux interactions entre les théories ou les programmes agraires et les pratiques des protagonistes : propriétaires, mouvements paysans, penseurs réformateurs ou révolutionnaires, juristes et bien sûr gouvernements.


ISBN : 978-2701198736
Fiche éditeur : https://www.cairn.info
Ecrire les écritures

Ecrire les écritures

Hommage à Daniel Fabre

Roger Chartier et Christian Jouhaud (dir.) [dir.]
Paris, L'Atelier du CRH, 16 bis, 2017

Présentation

La disparition brutale de Daniel Fabre en janvier 2016 laisse inachevée une œuvre dont on commence à peine à mesurer l’ampleur et la portée. Les 15 et 16 septembre 2016, un colloque d’hommage s’est tenu à l’EHESS. Cette rencontre, intitulée « écrire les écritures », organisée à l’initiative du Centre de Recherches Historiques, a porté le regard sur le travail si fécond de l’anthropologue à propos de l’écrit en général et, en particulier, sur les pratiques d’écriture qu’on peut désigner comme littéraires.

 

Sommaire

Christian Jouhaud : Avant-propos

Roger Chartier : Daniel Fabre et le messager des âmes

Jean-Louis Fabiani : Ecrire au jour le jour

Alain Boureau : L’écriture comme prisme. Contraintes et créations des scribes médiévaux

Dinah Ribard : La voie des écrits

Philippe Artières : Fouiller l’écrit. Témoignage

Catherine Velay-Vallantin : Daniel Fabre et le conte : « Ecriture d’une différence »

Nicolas Adell : Devant la littérature

Judith Lyon-Caen : Les « savoirs romantiques » de Daniel Fabre

Jean-Claude Schmitt : L'autobiographie comme récit de conversion

Marie Scarpa : Littérature, anthropologie, ethnocritique

Pierre Antoine Fabre : Daniel Fabre à Lascaux : découverte et interprétation, écritures d’un récit et écritures d’un discours

Christian Jouhaud : Le détour par soi

L'islam d'Espagne au XVIe siècle

L'islam d'Espagne au XVIe siècle

Résistances identitaires des morisques

Bernard Vincent
Saint-Denis, Editions Bouchene, 2017,  258 p.
Prix : 20€

Entre 1609 et 1614, près de 300 000 sujets du roi d'Espagne ont été expulsés de la péninsule ibérique. Ils étaient les descendants des musulmans contraints un siècle plus tôt à se convertir au christianisme pour échapper déjà à un exil forcé. Pendant presque cent ans ces nouveaux-chrétiens, appelés le plus souvent morisques, soucieux de demeurer sur leur terre et de conserver leur foi, même dans la clandestinité, ont été suspectés d'hérésie et d'intelligence avec les Ottomans ou les Barbaresques. Ils ont fait l'objet de politiques d'évangélisation, de discrimination et de répression qui ont provoqué des effets variés selon les lieux, les situations et les circonstances, de l'adhésion au christianisme à la rébellion ouverte. Il s'agit ici d'analyser comment dans ce cadre les morisques ont répondu à l'arsenal des mesures les concernant et ainsi cerner les identités construites par une minorité soumise à une vaste entreprise d'assimilation.


ISBN : 978-2-35676-079-1
Fiche éditeur : http://www.bouchene.com/
Histoire & Mesure

Histoire & Mesure

Varia

Paris, Editions de l'EHESS, Histoire & Mesure- Vol XXXI, n°2, 2016,  178 p.
Prix : 22,50€

Présentation

Après un retour sur trente ans d’Histoire & Mesure, un premier dossier thématique traite de la ville médiévale et de ses bâtisseurs. Grâce à la géolocalisation des muqarnas, M. Marcos Cobaleda et F. Pirot analysent la diffusion de l’art almoravide dans la Méditerranée médiévale. Par une analyse spatiale des marques lapidaires, A. M. Yuste Galán, J. Passini et F. Pirot reconstituent quant à eux les étapes de la construction du cloître de la cathédrale de Tolède par différents ateliers de tailleurs de pierres.

Le second dossier porte sur la mesure des affaires judiciaires à l’époque moderne. B. Dauven quantifie les actes de rémission en Brabant au xvie et au xviie siècle, qui témoignent de l’affirmation du pouvoir du prince dans la résolution des conflits et le contrôle des homicides. A. Peter analyse de son côté les déterminants des jugements pour faux témoignages rendus par le Parlement de Paris au xviie et au xviiie siècle, révélant leur sensibilité au contexte politique et aux caractéristiques sociales des témoins.

Enfin, la cartographie sociale des organisations et des personnes engagées dans la lutte contre les fléaux sociaux, dressée par F. Cahen et A. Minard pour la France de l’entre-deux-guerres, met en évidence l’existence d’un espace commun d’engagement et d’une polarisation relative opposant un pôle « familial-moral » et un sous-ensemble associatif fondé sur l’hygiène sociale.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2522-2

Document(s) à télécharger

L’itinéraire de la Buenamuerte à Lima

L’itinéraire de la Buenamuerte à Lima

Essor et déclin d’un ordre religieux producteur de sucre, XVIIIe-XIXe siècle

Pablo Luna
Madrid, Iberoamericana Vervuert, Biblioteca Indiana, 2017,  422 p.
Prix : 36€

El tránsito de la Buenamuerte por Lima: auge y declive de una orden religiosa azucarera, siglos XVIII y XIX

Il s’agit d’une recherche originale portant sur l’implantation liménienne et péruvienne de l’ordre religieux sicilien des pères agonisants (les pères du Bien-mourir, ou de la Buenamuerte), entre le XVIIIe et le XIXe siècle, de son essor et de son déclin. A partir des sources primaires, ce travail a examiné l’accumulation patrimoniale et l’exploitation économique des temporalités (notamment ses haciendas sucrières), de même que les conséquences dérivées d’un tel succès. Mais il a également été question de la crise traversée par cette institution — phénomène plus général dans les mondes ibériques —, et des conséquences de la désamortisation ecclésiastique menée par l’Etat républicain péruvien, au lendemain de l’indépendance d’avec l’Espagne. Les résultats ont permis d’accroître et d’affiner la connaissance de l’histoire socioéconomique péruvienne — en particulier à partir des haciendas liméniennes —, durant la phase bourbonienne. Mais ils ont également permis d’éclairer les relations entre les deux puissances de l’Ancien régime, l’Etat et l’Eglise catholique, et leur prolongation dans le Pérou contemporain.

Athènes à soi-meme étrangère

Athènes à soi-meme étrangère

Naissance d'une capitale néoclassique

Yannis Tsiomis
Marseille, Editions Parenthèses, Architectures, 2017,  256 p.
Prix : 38€

La création d’un État moderne pose, entre autres questions majeures, celles de la fondation de sa capitale, de l’architecture de la ville, de ses formes et de ses usages, mais aussi celles du territoire national, de la transformation de l’espace public, de sa gestion. Une telle fondation implique aussi la mise en place de dispositifs tout à fait inédits : nouveaux règlements et nouvelles lois, nouveaux métiers et nouveaux acteurs, soit autant de ruptures par rapport à la situation antérieure.
À ces égards, la fondation d’Athènes, en 1833, comme ville-capitale de l’État néohellénique constitue un cas exemplaire. La Grèce, sous la tutelle des Bavarois, dut alors se construire en État « moderne », et, pour cela, rompre avec le monde ottoman « oriental ». Cette mission incombera à des ingénieurs et des architectes français et allemands qui furent chargés d’œuvrer en Grèce et d’inventer Athènes et son plan, confrontant ainsi les acquis de leur formation effectuée à Paris, Munich et Berlin aux archétypes architecturaux de la Grèce antique : à travers les parcours de ces nouveaux professionnels, c’est, déjà, la mobilité européenne qui apparaît.
Ce livre abondamment illustré, né du dépouillement d’archives, de documents inédits ou revisités (tel le premier plan de la capitale), explore le rapport entre cette «  affaire artistique européenne  » que fut, selon l’architecte allemand Leo von Klenze, la naissance d’Athènes, et l’enjeu politique, idéologique que constitua la Grèce du début du XIXe siècle pour l’Europe. On y perçoit combien l’usage de l’Antiquité à Athènes revêtit le visage de Janus : argument historiciste assurant une continuité à la fois fallacieuse et nécessaire, mais aussi vraie légitimation de la modernité.
On le voit, il s’agit là de questions toujours actuelles : le rapport de l’État-nation avec la ville-capitale, rapport symbolique et politique ; les transferts culturels et technologiques européens ; l’application ou le détournement des modèles urbains. Enfin, l’histoire de l’architecture et du plan de la ville d’Athènes dans les années 1830 renouvelle profondément, au-delà des multiples définitions qui en jalonnent l’historiographie, l’approche de ce phénomène européen qui devint mondial : le néoclassicisme.


ISBN : 978-2-86364-312-9
Fiche éditeur : http://www.editionsparentheses.com/
La gauche va-t-elle disparaître ?

La gauche va-t-elle disparaître ?

André Burguière
Paris, Stock, Essais-Documents, 2017,  320 p.
Prix : 20€

L’identité de la gauche, son avenir ou sa fin annoncée font l’objet de pronostics politiques et médiatiques. Ce livre clair et documenté offre une indispensable réflexion sur le sujet.
C’est d’abord en historien qu’André Burguière analyse les fondements de la gauche, mais aussi en intellectuel engagé dans la cité. Son objectif n’est pas d’en départager les différentes tendances, mais de dégager leur socle commun. Il montre que le partage idéologique, hérité directement de la Révolution française
et indirectement d’une longue histoire de la démocratie, continue à structurer nos représentations politiques. Mais il constate combien la « passion noble » de l’égalité a cédé du terrain.
Sur le long cours, l’évolution du système représentatif, le pouvoir des élus et leur professionnalisation ont disqualifié la parole des citoyens. Étatisme, constitution monarchique, faiblesse du syndicalisme, les maux, nombreux, se sont accumulés. Sans compter, récemment, la façon dont le gouvernement socialiste a
cédé aux pressions du libéralisme économique et des politiques sécuritaires.
Inquiet, mais non résigné, André Burguière jalonne ses analyses de propositions. Rendre la société plus juste, plus protectrice et plus démocratique, tel est, rappelle-t-il, le véritable projet de la gauche.


ISBN : 978-2234083080
Fiche éditeur : http://www.editions-stock.fr
GRIHL

GRIHL

Dialogue entre Français et Japonais autour de l'usage de la littérature

Yasushi Noro [dir.]
Tokyo, Yoshida Publishing, 2017,  322 p.
Prix : 6000 yens

Ce livre, en japonais, de plus de 400 pages, qui vient de paraître en japonais, fait le point sur plusieurs années de travail en collaboration entre le Grihl et des collègues japonais qui ont souhaité accueillir et discuter les problématiques et réflexions théoriques développées au sein du groupe de recherche du CRH. Sous le titre Grihl. Dialogue entre Français et Japonais autour de l’usage de la littérature, l’ouvrage propose une réflexion croisée autour de quatre séries d’objets : les usages historiens de la littérature, littérature et témoignage, l’histoire du livre et l’histoire par le livre, les pouvoirs littéraires des « représentations de la vie ». Contextualisation, référentialité, symbolisation, expérience, énonciation sont autant de notions discutées et éprouvées sur des études de cas, de chapitre en chapitre. A chaque fois, le dialogue est engagé entre des membres du Grihl et les chercheurs japonais appartenant à différentes universités : Université d’Okayama (Yasushi Noro), Université de Kobe (Hiroyuki Nakahata), Université du Kensaï (Hiroaki Shimanaka), Université de Kyoto (Atsuo Morimoto), deux universités de Tokyo : Shirayuri (Keiko Tsujikawa) et Rikkyo (Shojiro Kuwase).


ISBN : 978-4-905497-48-6
Fiche éditeur : http://www.yoshidapublishing.com/
Agir au futur

Agir au futur

Attitudes d'attente et actions expectatives

Paris, GRIHL, Les Dossiers du GRIHL, 2017

De quelle manière le futur fait-il partie de la réalité historique ? L'attente représente une possibilité majeure de présence du futur ; elle peut être comprise comme une réflexion sur l’avenir qui est toujours liée au passé sous la forme de l’expérience. Dans ce dossier, nous avons choisi d'analyser des actions expectatives : des actes d'attente. Les deux colloques à l’origine de ce dossier ont été organisés autour de deux sujets – la temporalité et la guerre comme événement complexe – liés par le choix d’un type d’action : l’écriture. Les contributions sont des études de cas qui ne sont pas regardées comme représentatives du régime d’historicité de la France des XVIe et XVIIe siècles. Elles aident à mieux appréhender les conditions qui permettent d’agir, entre expérience et attente, et à saisir la multi-temporalité de toute action écrite.

Sommaire

L'historien et les fantômes

L'historien et les fantômes

Lectures (autour) de l'œuvre d'Alain Boureau

Béatrice Delaurenti, Blaise Dufal, Piroska Nagy [dir.]
Paris, Les Belles Lettres, 2017,  240 p.
Prix : 25,50€

L’œuvre d’Alain Boureau, multiple et dense, se déploie sur les quarante dernières années en abordant de nombreux domaines de l’histoire du Moyen Âge et du christianisme latin. Elle suit les pérégrinations personnelles et professionnelles d’un chercheur à travers un monde peuplé de silhouettes incertaines : figures de l’hagiographie, faux-semblants de l’État moderne, anges, démons, cadavres et somnambules, vagues individus scolastiques qui eux-mêmes parlent de créatures étranges. Autant de fantômes d’un passé persistant qu’il a suivis avec ténacité tout au long de sa carrière, et qui nous embarquent à leur tour à travers l’histoire.

Ce volume entend garder la trace vivante des deux journées qui furent organisées à Paris en mai 2015 autour de l’œuvre d’Alain Boureau. Ce Liber amicorum d’un genre un peu particulier, production scolastique en quelque sorte, donne à voir les membres d’un studium, ce qu’était le séminaire d’Alain Boureau : les amis, les collègues, les proches, celles et ceux qui l’ont accompagné au cours de ses années passées à l’EHESS. Les textes rassemblés rendent compte de trajectoires et de réalisations, ils en montrent les apports scientifiques et les enjeux intellectuels. Ils racontent, aussi. Ainsi se manifeste la richesse d’une œuvre singulière, construite aux croisements de différentes pratiques des sciences sociales dans une démarche souvent collective, toujours originale et novatrice.


ISBN : 978-2251447032
Fiche éditeur : https://www.lesbelleslettres.com
Lettres de Marinette 1914-1915

Lettres de Marinette 1914-1915

Mulhouse, Eidtions Orizons, Débats/Histoire/Première Guerre Mondiale, 2017,  260 p.
Prix : 25€

Une laitière de Carcassonne écrit à son mari et à son frère, tous les jours, sans relâche, pendant la première année de la Grande Guerre. Marinette, Baptiste et Honoré sont de très jeunes gens pris dans la tourmente : dix-sept ans, vingt-cinq ans et vingt ans. Séparés par les événements, ils s’écrivent pour maintenir le lien. Les deux soldats sont revenus vivants de la guerre. La jeune femme a alors rassemblé les cartes postales dans un album-souvenir.

Comment attendre quelqu’un sans lui parler, sans connaître ses occupations, sans même savoir si on le reverra ? Que trouve-t-on encore à dire lorsque l’on écrit deux fois par jour à la même personne ? La correspondance de Marinette livre un point de vue de femme en période de guerre. Elle a un versant social : la laitière au travail, les départs et les retours des soldats, l’exaltation qui magnifie les combats, la logistique des colis. Et un versant intime : l’attente du facteur, les souhaits d’une vie de couple, la présence utile de la famille. Elle forme une collection exceptionnelle de 253 cartes postales de guerre, aux illustrations tantôt politiques, tantôt romantiques. C’est un parcours dans cette correspondance, ici intégralement publiée, que propose Béatrice Delaurenti.


ISBN : 979-10-309-0114-6
Fiche éditeur : http://editionsorizons.fr
Il me faut te dire

Il me faut te dire

Arlette Farge
Paris, Les éditions du Sonneur, Ce que la vie signifie pour moi, 2017,  80 p.
Prix : 10€

Arlette Farge a le goût des autres, gens du passé, gens du présent. Aussi attentive à la marche du monde qu’attirée par les petites choses de la vie, cette irréductible fonceuse n’a pas hésité un instant à s’exposer : dire ce que la vie signifie pour elle. L’exploratrice des archives, toujours soucieuse du réel, fait ici acte d’imaginaire tout en nous offrant un de ses grands plaisirs : écrire des lettres, des vraies, avec un crayon et du papier. Prendre le temps de songer à une personne, lui faire part d’un rien joyeux, d’une émotion, d’une pensée, et d’une main vive, pétillante, chaleureuse, dessiner des phrases qui donnent sens et plaisir. Enfin, choisir un joli timbre et se rendre à la poste. C’est sa façon de faire lien, de prendre soin. Il me faut te dire est un recueil de lettres adressées à des personnes fictives – ou presque – un ami, un collègue, un petit-fils, un pauvre gars sorti tout droit de son XVIIIe siècle… Chez Arlette Farge, tout est source d’étonnement, d’émotion : paysage, film, bruits de la ville, couleurs, lectures ; tout mène à l’humain, geste, parole ; tout mène au partage.
S’approprier les mots d’Arlette Farge, c’est lire notre propre vie ; c’est bien là tout son talent : nous faire croire d’emblée qu’elle s’adresse à chacun d’entre nous.


ISBN : 978-2-37385-047-5
Fiche éditeur : http://www.editionsdusonneur.com
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Dernière modification :
19/07/2017