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Parutions (2018-2022)

Les publications des membres du CRH de 2006 à 2017 sont accessibles ici.

Varia

Varia

Éditions de l'EHESS, Histoire & Mesure, XXXVI-1 (juin 2021), 2021,  198 p.
Prix : 22,50€

Présentation

C’est l’usage de la quantification dans la démarche historienne qu’illustrent en priorité les articles de cette livraison, un seul d’entre eux relevant de l’histoire de la mesure. L’ouverture géographique est indéniable, quatre contributions sur six se déployant hors de l’espace français. S’appuyant sur un riche corpus archivistique florentin, C. Maitte revisite l’historiographie de la rémunération du travail très qualifié à l’époque moderne en montrant une hiérarchisation complexe des échelles salariales et en insistant sur la nécessaire prise en compte du temps de travail. P. Castejón mobilise des ressources prosopographiques pour étudier la transformation du cursus honorum des magistrats des institutions impériales espagnoles tardives, laquelle valorise l’expertise des affaires ultramarines. C. Ducourthial et H. Tronchère-Cottet relèvent le défi de retrouver, au service de l’histoire autant que de l’archéologie urbaine, un repère altimétrique qui permette d’insérer dans un SIG des cartes anciennes de Lyon. P.-Y. Lacour questionne la manière dont se construit, à l’occasion des expositions industrielles en France, le crédit des instruments scientifiques et de l’horlogerie de précision. Mobilisant la lexicométrie pour analyser le discours d’un diplomate français en poste à Tunis, J. Hammami entend montrer l’agenda colonial sous-jacent à ce discours. Enfin P. Le Roux propose aux historiens un appui sur des relevés ethnographiques dans le sud de la Thaïlande contemporaine pour approcher une métrologie propre à l’Asie du Sud-Est antérieure aux influences indiennes, chinoises ou occidentales.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2883-4
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/histoiremesure/14268
Cultures of Contagion

Cultures of Contagion

Béatrice Delaurenti et Thomas le Roux (eds.)
Cambridge, MIT Press, 2021,  360 p.
Prix : 27,95$

Afterword of  by Thomas Piketty

Cultures of Contagion recounts episodes in the history of contagions, from ancient times to the twenty-first century. It considers contagion not only in the medical sense but also as a process, a metaphor, and an interpretive model—as a term that describes not only the transmission of a virus but also the propagation of a phenomenon. The authors describe a wide range of social, cultural, political, and anthropological instances through the prism of contagion—from anti-Semitism to migration, from the nuclear contamination of the planet to the violence of Mao's Red Guard.

The book proceeds glossary style, with a series of short texts arranged alphabetically, beginning with an entry on aluminum and “environmental contagion” and ending with a discussion of writing and “textual resemblance” caused by influence, imitation, borrowing, and plagiarism. The authors—leading scholars associated with the Center for Historical Research (CRH, Centre de recherches historiques), Paris—consider such topics as the connection between contagion and suggestion, “waltzmania” in post-Terror Paris, the effect of reading on sensitive imaginations, and the contagiousness of yawning. They take two distinct approaches: either examining contagion and what it signified contemporaneously, or deploying contagion as an interpretive tool. Both perspectives illuminate unexpected connections, unnoticed configurations, and invisible interactions.

Voir l'ouvrage en français

 

Contributors

Stéphane Baciocchi, Jean Baumgarten, Pablo A. Blitstein, Olof Bortz, Patrice Bourdelais, Diane Carron, Jean-Pierre Cavaillé, Elizabeth Claire, Yves Cohen, Vincent Debiais, Béatrice Delaurenti, Maria Cecilia D'Ercole, Pierre-Olivier Dittmar, Marie-Élizabeth Ducreux, Catherine Fhima, Jean-Baptiste Fressoz, Nancy L. Green, Benoît Grévin, Sebastian V. Grevsmühl, Florence Hachez-Leroy, Élise Haddad, Marcela Iacub, Thibaut Julian, Christiane Klapisch-Zuber, Thomas Le Roux, Judith Lyon-Caen, Catarina Madeira-Santos, Ariane Mak, Sébastien Malaprade, Perrine Mane, Davide Mano, Niccolò Mignemi, Raphaël Morera, Natalia Muchnik, Ron Naiweld, Sofia Navarro Hernandez, Hugo Perina, Thomas Piketty, Marie Anne Polo de Beaulieu, Dinah Ribard, Suzanne Rochefort, Paul-André Rosental, Antoine Roullet, Sergi Sancho Fibla, Nicolas Sarzeaud, Jean-Claude Schmitt, Silvia Sebastiani, Alessandro Stanziani, Frédéric Vagneron, Sebastian Veg, Mickaël Wilmart


ISBN : 9780262045919
Fiche éditeur : https://mitpress.mit.edu
Juifs et Musulmans

Juifs et Musulmans

Échanges et différences entre deux cultures

Abdelwahab Meddeb, Benjamin Stora, Sylvie Anne Goldberg (dir.)
Paris, Albin Michel, Histoire, Espaces libres, 2021,  704 p.
Prix : 12,90€

Depuis les premiers liens entre les tribus juives d’Arabie et le Prophète Muhammad jusqu’aux récents conflits du Proche-Orient, en passant par les civilisations de Bagdad et de Cordoue, sans oublier l’Empire ottoman, le monde perse et même l’espace européen, les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans sont ici exposées et analysées en toute impartialité.
Quelque cent vingt auteurs de tous les pays ont participé à cette encyclopédie unique en son genre, dans un esprit d’interdisciplinarité qui permet de rendre compte des multiples facettes du sujet. Les difficultés du temps présent se trouvent ainsi réinterprétées à la lumière d’une histoire resituée dans la longue durée.
Un ouvrage de référence richement illustré, à la fois clair et accessible, qui constitue un outil précieux pour une meilleure compréhension entre les cultures.


ISBN : 978-2-226-46968-7
Fiche éditeur : https://www.albin-michel.fr/
Justice sommaire

Justice sommaire

Pratiques et idéaux de justice dans une société d’Ancien Régime

Simona Cerutti
Paris, Éditions de l'EHESS, EHESS-Translations, 2021,  235 p.
Prix : 27€
Traduit de l’italien et présenté par Guillaume Calafat

 

Sous l’Ancien Régime, la procédure sommaire était une procédure rapide et à bas coût que les « misérables » (étrangers, marchands, personnes mobiles…) pouvaient mobiliser devant différentes magistratures civiles. La première moitié du XVIIIe siècle voit disparaître cette forme de justice au profit de la procédure ordinaire.

L’enjeu était le concept même de responsabilité en justice : certains la voulaient pleine et entière, résolument individuelle et liée aux actions des individus ; d’autres la corrélaient à la réputation, aux privilèges associés au statut et aux hiérarchies sociales.

Pour cette raison, le débat sur la justice au début du XVIIIe siècle, loin de n’impliquer que les professionnels du droit, les réformateurs et les intellectuels, concernait un public plus vaste de marchands, d’artisans, mais aussi d’hommes et de femmes qui se rendaient au tribunal pour des litiges portant sur de petites sommes.

Traduit de l’italien, cet ouvrage de référence de Simona Cerutti, qui s’intéresse aussi bien aux plaideurs « misérables » qu’aux réformateurs des Lumières, éclaire bien plus que le XVIIIe siècle : il donne aussi à voir des tensions entre la justice des tribunaux et le statut social des individus qui traversent toujours notre société.


ISBN : 978-2-7132-2881-0
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
Genealogy and Social Status in the Enlightenment

Genealogy and Social Status in the Enlightenment

Stéphane Jettot and Jean-Paul Zuñiga (dir.)
Oxford, Oxford University Press, 2021,  248 p.
Prix : 99,99£

Présentation

Genealogy and Social Status in the Enlightenment is at the crossroads of the history of science and the social history of cultural practices, and suggests the need for a new approach on the significance of genealogies in the Age of Enlightenment.
While their importance has been fully recognised and extensively studied in early modern Britain and in the Victorian period, the long eighteenth century has been too often presented as a black hole regarding genealogy. Enlightened values and urban sociability have been presented as inimical to the praise of ancestry and birth. In contrast, however, various studies on the continental or in the American colonies, have shed light on the many uses of genealogies, even beyond the landed elite. Whether it be in the publishing industry, in the urban corporations, in the scientific discourses, genealogy was used, not only as a resilient social practice, but also as a form of reasoning, a language and a tool to include newcomers, organise scientific and historical knowledge or to express various emotions.
This volume aims to reconsider the flexibility of genealogical practices and their perpetual reconfiguration to meet renewed expectations in the period. Far from slowly vanishing under the blows of rationalism that would have delegitimized an ancient world based on various forms of hereditary determinism, the different contributions to this collective work demonstrate that genealogy is a pervasive tool to make sense of a fast-changing society.

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ISBN : 9781800348561
Fiche éditeur : https://global.oup.com/academic/
Transmitting Jewish History

Transmitting Jewish History

In Conversation with Sylvie Anne Goldberg

Yosef Hayim Yerushalmi and Sylvie Anne Goldberg
Chicago, The University of Chicago Press, The Tauber Institute Series for the Study of European Jewry, 2021,  208 p.

Les profondes réflexions d'un géant de l'histoire juive. L'érudit Yosef Hayim Yerushalmi (1932-2009) possédait une érudition étonnante de toutes les sphères de l'histoire juive, de l'histoire mondiale,  de la littérature classique et  de la culture européenne. Yerushalmi a  apporté à son métier, un style littéraire brillant, affiné par d'avides lectures depuis sa jeunesse et ses études de premier cycle. Cette série d'entretiens brosse un portrait révélateur de ce géant de l'histoire, rassemblant un matériau exceptionnel sur son parcours tant personnel qu’intellectuel, qui non seulement atteste l'étonnante percée des enjeux de l'histoire juive dans l'"histoire générale", mais apporte également une vision profonde de  ce qu'est la judéité dans le monde d’aujourd'hui.

 

Scholar Yosef Hayim Yerushalmi (1932-2009) possessed a stunning range of erudition in all eras of Jewish history, as well as in world history, classical literature, and European culture. What Yerushalmi also brought to his craft was a brilliant literary style, honed by his own voracious reading from early youth and his formative undergraduate studies. This series of interviews paints a revealing portrait of this giant of history, bringing together exceptional material on Yerushalmi’s personal and intellectual journeys that not only attests to the astonishing breakthrough of the issues of Jewish history into “general history,” but also offers profound insight into being Jewish in today's world. 


Contents


ISBN : 9781684580613
Fiche éditeur : https://press.uchicago.edu
Le vêtement au Moyen Âge

Le vêtement au Moyen Âge

De l'atelier à la garde-robe

Danièle Alexandre-Bidon, Nadège Gauffre Fayolle, Perrine Mane, Mickaël Wilmart (eds.)
Turnhout, Brepols, Culture et société médiévales,38, 2021,  344 p.
Prix : 90€

Présentation

Cet ouvrage s’articule autour de l’économie du vêtement et de la culture vestimentaire médiévales.

L’histoire du vêtement touche un vaste ensemble d’aspects de la société et de l’économie médiévales, de la circulation des matières premières à l’organisation de la production, de la réglementation à la symbolique, des circulations médiévales à sa réappropriation contemporaine.

Par des approches inédites, l’ouvrage propose d’articuler ces différentes problématiques pour esquisser une histoire totale du vêtement médiéval à travers le croisement de questionnements et de sources écrites, iconographiques et archéologiques.

Il envisage d’abord une relecture de la place du textile dans l’économie médiévale, en insistant sur le maillage de foires et de marchés permettant la distribution des matières premières, en décrivant l’organisation de l’échoppe du drapier et la gestion de ses stocks, en interrogeant le rapport entre les qualités de produits et leur utilisation et en soulignant le rôle des circulations secondaires de vêtements.

La fabrication des habits est approchée à travers les commandes princières, exceptionnelles ou courantes. Les comptabilités permettent en effet de saisir la consommation des élites, mais aussi l’organisation de la production confiée à des artisans minutieusement sélectionnés pour leur savoir-faire.

Cette consommation ostentatoire, qui touche jusqu’aux animaux de compagnie, est toutefois dès le XIIIe siècle l’objet de réglementations somptuaires qui nous renseignent tant sur une anthropologie du luxe que sur la gestion de la bienséance. La symbolique du vêtement vient également alimenter un imaginaire collectif allant des représentations médiévales des marginaux à la reconstitution contemporaine de tissus et de costumes permettant la création d’une esthétique médiévalisante au XIXe siècle et l’essor du médiévalisme au XXe siècle.

Cet ouvrage est la publication d’un colloque organisé par quatre membres du Centre de recherches historiques (Paris, EHESS-CRH) travaillant sur la culture matérielle et l’économie médiévale.

En savoir plus sur l'ouvrage

 

Table of Contents

Introduction

À la recherche de la matière
Mickaël Wilmart (CRH, EHESS), Des foires de Champagne au marché local : la circulation des étoffes aux XIIIe et XIVe siècles
Rémi Rousselot-Viallet (LAMOP, Paris I), Le marchand de draps à travers l’iconographie médiévale (XIIIe-XVe siècle)
Sophie Desrosiers (CRH, EHESS), ‘Drappi tinti’ et zendadi. Deux types de soieries produites en Italie aux XIVe- XVe siècles
Ingrid Houssaye Michienzi (CNRS), Suzanne Lasalle (IUE de Florence), Étoffes et vêtements dans l'inventaire après décès de Giovanni Maringhi, un marchand florentin à Constantinople au début du XVIe siècle 

Le vêtement : production et circulation 
Nadège Gauffre Fayolle (CRH, EHESS), Vêtir une ambassade en partance pour le concile de Constance (Savoie 1417)
Perrine Mane (CRH, CNRS), Tailleurs et couturiers à travers l’archéologie et l’iconographie médiévale
Sophie Jolivet (ARTeHIS Dijon), Chapeaux, chaperons et autres couvre-chefs : une place de choix dans la garde-robe des ducs de Bourgogne
Anne Kucab (Sorbonne Université-Faculté de lettres-Centre Roland Mousnier), Transmettre, donner, payer : les circulations du vêtement en ville à la fin du Moyen Âge

Codification, transgression, usages sociaux 
Christiane Klapisch-Zuber (CRH, EHESS), Décence ou dépense ? Le contrôle des excès vestimentaires à Florence au XIVe siècle
Michel Pastoureau (EPHE), La couleur des vêtements au Moyen Âge : lexiques, teintures, décrets
Danièle Alexandre-Bidon (CRH, EHESS),Drôles d’habits… Des vêtements pour les bêtes (XIIIe-XVIe siècle)

Imaginaire, héritage et réinterprétations 
Maxime Gelly-Perbellini (CRH, EHESS), "Laide comme une sorcière" ? Vêtir et dévêtir le péché dans les imaginaires à la fin du Moyen Âge (XIVe-XVe siècle)
Florence Valantin (CRH, EHESS), Réinventer le Moyen Âge : textiles lyonnais néogothiques des XIXe et XXe siècles
Sébastien Passot (School of Historical Dress), Le vêtement médiéval à l’écran : quatre degrés d’historicité
Yohann Chanoir (CRH, EHESS), Quand la Nouvelle Vague habillait le Moyen Âge : le vêtement médiéval dans le cinéma de Rohmer, Bresson et Rivette…

Liste des illustrations


ISBN : 978-2-503-59008-0
Fiche éditeur : http://www.brepols.net/
La Première Loi du royaume

La Première Loi du royaume

L’acte de fixation de la majorité des rois de France (1374)

Benoît Grévin
Paris, Classiques Garnier, Collection histoire du droit, 9, 2021,  615 p.
Prix : 29€

Ce livre s’attaque à un monument de l’histoire française, la loi de 1374 qui fixa dans un latin aussi majestueux que complexe la majorité des rois de France à quatorze ans, pour envisager à travers une étude de micro-histoire textuelle un problème rarement abordé. Au-delà des implications juridiques de la création d’une grande loi dans la France des premiers Valois, comment construisait-on linguistiquement, rhétoriquement, conceptuellement un tel texte ? L’étude philologique de cette loi, connue pour son style surchargé, évoquant le gothique flamboyant, apporte une moisson de découvertes. Derrière les quelques citations bibliques, classiques et de droit romain connues par la recherche depuis les travaux du XVIIIe siècle, se cache un extraordinaire ensemble de renvois au droit canon, à la patristique, à la philosophie aristotélicienne. Ce dévoilement prouve que les techniciens du droit et les philosophes assemblés derrière Charles V avaient voulu, directement guidés par les travaux de Nicole Oresme, faire de cette loi le réceptacle de tous les savoirs accumulés à la cour du « roi sage ». L’exploration de cet envers « rhétorique » du droit incite à poser à nouveaux frais la question des rapports entre la culture médiévale et ses applications juridiques et politiques.


ISBN : 978-2-406-09900-0
Fiche éditeur : https://classiques-garnier.com
(Se) convertir

(Se) convertir

Les ressorts de la transformation biographique

Belin, Genèses, 124 (septembre), 2021,  160 p.
Prix : 25€

Présentation

Ce dossier s’intéresse aux conditions dans lesquelles des individus sont amenés à changer, à intérioriser durablement de nouvelles dispositions, de nouvelles normes morales, et à revendiquer un changement d’identité significatif. Il appréhende cette conversion comme une mesure de l’autonomie individuelle et de ses conditions sociales, en replaçant au cœur de l’analyse la socialisation et le rôle de l’institution. Le rapport entre dispositions personnelles et dispositifs institutionnels passe par une série de médiations dont la sociologie doit rendre compte, à distance des grands récits en surplomb. C’est pourquoi les articles de ce dossier s’appuient sur des enquêtes de terrain extensives et une ethnographie rapprochée, lesquelles aident à repérer les points d’articulation entre travail sur soi, socialisation et prise en charge institutionnelle, notamment en introduisant dans l’analyse le rôle des socialisations antérieures. La notion de travail institutionnel occupe ici une place centrale, conduisant à réaffirmer l’intérêt d’une sociologie des formes de l’autorité sur les terrains d’enquête religieux, contre la thèse de l’avènement contemporain d’une « autorité personnelle » synonyme de disparition des rapports de pouvoir.

 

Sommaire

L'introduction du dossier, "(Se) convertir : les ressorts de la transformation biographique", par Gabrielle Angey, Yannick Fer et Martial Vildard = https://www.cairn.info/revue-geneses-2021-3-Dans la rubrique Lectures, "Histoire d’une socialisation exceptionnelle", par Wilfried Lignier (à propos de : Christophe Granger, Joseph Kabris, ou les possibilités d’une vie (1780-1822), Anamosa, 2020) = https://www.cairn.info/revue-geneses-2021-3-page-143.htm


ISBN : 978-2-410-02268-1
Fiche éditeur : https://geneses.hypotheses.org/1876
De la mesure en toutes choses

De la mesure en toutes choses

Fabrice Boudjaaba, Jean-Michel Courty, Marie Gaille (dir.)
Paris, CNRS Éditions, Histoire des sciences, 2021,  160 p.
Prix : 18€

Les mesures sont centrales dans le fonctionnement de nos sociétés : pas de transaction commerciale sans entente sur la quantité des marchandises achetées, pas de chemins de fer sans une commune mesure du temps… Partager un même système de mesure instaure confiance et fiabilité des relations et des transactions.
Jusqu’au XIXe siècle, l’hétérogénéité domine : un pied mesurait ainsi 32,482 cm à Paris, 34,25 cm à Lyon, 51,38 cm dans le Piémont. Le système des poids et mesures unifié est d’abord le fruit de la Révolution française, mais il se veut, dès l’origine, universel. Il diffuse à l’étranger, et devient un objet diplomatique. Depuis 1889, les pays signataires d’une Convention générale des poids et mesures partagent un même système, le Système International d’Unités, et se réunissent tous les quatre ans, pour en étendre, ou améliorer, les définitions.
La dernière redéfinition, en 2018, a opéré une véritable révolution : quatre des principales unités sont désormais basées sur des constantes fondamentales de la physique. La valeur d’un kilogramme n’est ainsi plus définie à partir de l’emblématique étalon de platine, mais à partir de la constante de Planck qui régit le monde quantique.
Pourquoi et comment une convention entre États signée il y a plus de 130 ans a-t-elle pu mettre la physique quantique au cœur du Système International d’Unités ? Comment ce système s’est-il imposé sur toute la planète et dans tous les domaines d’activités ? Quelles conséquences cela a-t-il dans notre quotidien ?
Cet ouvrage revient sur l’histoire, les difficultés scientifiques et les implications de la question de la mesure depuis plus de 200 ans, mais aussi sur ses enjeux contemporains scientifiques, économiques et politiques.


ISBN : 978-2271136121
Fiche éditeur : https://www.cnrseditions.fr/
La citoyenneté au temps de l’« intégration civique »

La citoyenneté au temps de l’« intégration civique »

Regards croisés France/Canada

Myriam Hachimi-Alaoui, Delphine Nakache, Janie Pélabay, Elke Winter et Yann Scioldo-Zürcher (dir.)
Paris, Revue européenne des migrations internationales, vol. 36, 4, 2020Prix : 22€

Présentation

Au cours des années 2000, les politiques d’immigration et d’intégration adoptées par divers pays d’Europe et d’Amérique du Nord donnent lieu à la formulation d’un nouveau paradigme d’action publique, qualifié d’« intégration civique ». Ces politiques, telles que les tests et cérémonies de citoyenneté, les formations civiques ou la signature de contrats d’intégration, sont largement présentées comme marquant un « tournant » qualifié de « civique » (« civic turn »). Les reconfigurations à l’œuvre consisteraient, d’une part, à imposer des contraintes plus fortes aux personnes étrangères en matière de titres de séjour ou d’acquisition de la nationalité et, d’autre part, à promouvoir une conception plus « épaisse » (« thick ») de la citoyenneté, où prime la dimension identitaire de l’appartenance à la communauté nationale. Ce numéro spécial a pour objet d’examiner deux cas encore peu étudiés à la lumière du paradigme de l’« intégration civique » :  la France et le Canada. À l’aide d’analyses qui allient recherches empiriques et approches théoriques, et qui entrecroisent sociologie, anthropologie, droit, philosophie et science politique, il s’agit de comprendre si les reconfigurations mises au compte d’un « tournant civique » sont en cours dans ces deux contextes spécifiques, et quelles sont leurs éventuelles incidences, pour les migrant.e.s, en termes d’inclusion/exclusion et, pour la société d’installation, en termes de conception du « nous ».

During the 2000s, immigration and integration policies of several countries in Europe and North Americagave rise to the formulation of a new paradigm of public action, called “civic integration”. These policies, such as citizenship tests and ceremonies, civic training or the signing of integration contracts, are widely presented as marking what is seen as a “civic turn”. This term implies a revised policy configuration characterized by the imposition of stronger constraints on foreigners in terms of residence permits or citizenship acquisition, and by the promotion of an increasingly “thick” concept of citizenship, emphasizing collective identity and belonging to the national community. In this special issue, we examine two cases that have rarely been studied in light of the “civic integration” paradigm: France and Canada. Through analyses aligning empirical and theoretical research and combining sociology, anthropology, law, philosophy and political science, this special issue seeks to understand if the reconfigurations attributed to a “civic turn” operate in these two specific contexts. It also interrogates these reconfigurations’ consequences both for migrants (in terms of inclusion/exclusion) and for the receiving society (in terms of its conception of “us”).


Sommaire


ISSN : 1777-5418

ISBN : 979-10-90426-68-9
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/remi/
New Perspectives on 20th Century European Retailing

New Perspectives on 20th Century European Retailing

Peter Scott et Patrick Fridenson (dir.)
Londres, Routledge, 2021,  178 p.
Prix : 120£

Despite the publication of several studies examining European retailing in relation to the USA, there is still a dearth of recent research, in English, that explores the development of retailing in specific European countries (with the obvious exception of Britain), over the twentieth century. Even for the UK, more research is needed to challenge claims such as the alleged "backwardness" of British retailing relative to North America, or the presence of formidable "environmental" barriers to the "industrialisation" of retailing in Britain.

New Perspectives on 20th Century European Retailing showcases new research on various aspects of twentieth century European retailing, that challenges the traditional view that Europe was a "follower" of America in retail innovation. It brings together work by several - mainly early career - scholars, who are doing innovative, archival-based, research on various aspects of European retail history. Following a general review of European retailing by the editors (discussing key debates and new approaches) seven thematic chapters present work that either sheds new light on old debates and/or explores hitherto neglected topics. Collectively, they show that whereas retailers are often regarded as ‘intermediaries’, in fact they are actors in their own right and they challenge the traditional view that Europe was a "follower" of America in retail innovation.

The chapters in this book were originally published as a special issue of the Business History journal.

Table of Contents

Introduction: New perspectives on 20th-century European retailing

Peter Scott and Patrick Fridenson

  • 1. Managing business performance: The contrasting cases of two multiple retailers 1920 to 1939, Andrew Hull

  • 2. More than window dressing: visual merchandising and austerity in London’s West End, 1945–50, Bethan Bide

  • 3. Turning regulation into business opportunities: A brief history of French food mass retailing (1949–2015), Adam Dewitte, Sebastian Billows and Xavier Lecocq

  • 4. The state, small shops and hypermarkets: A public policy for retail, France, 1945–1973, Tristan Jacques

  • 5. Unlocking the padlock: Retail and public policy in Belgium (1930–1961), Peter Heyrman

  • 6. Resistance to Inequality as a Competitive Strategy? – The Cases of the Finnish consumer Co-ops Elanto and HOK 1905–2015, Anitra Komulainen and Sakari Siltala


ISBN : 978-0367686918
Fiche éditeur : https://www.routledge.com
Dialectique du monstre

Dialectique du monstre

Enquête sur Opicino de Canistris

Sylvain Piron
Bruxelles, Éditions Zones sensibles, édition augmentée, 2021,  224 p.
Prix : 26€

Présentation

Fonctionnaire de l’administration des papes d’Avignon, Opicino (ou Opicinus) de Canistris (1296-1355) a produit, pour son propre compte, des diagrammes déconcertants où se mêlent cartes et corps, symboles astraux et religieux. Exhumés peu à peu au cours du siècle passé, ses manuscrits suscitent encore de nombreuses interrogations. Sous la forme d’une enquête,

Dialectique du monstre explore les différentes facettes d’une œuvre complexe et fascinante.
Prêtre séculier de Pavie, fuyant les conflits politiques qui déchiraient la Lombardie des premières décennies du XIVe siècle, Opicino s’est réfugié à la cour papale à Avignon où ses talents d’écrivain lui ont valu un poste de scribe à la Pénitencerie pontificale. Tourmenté par ses responsabilités sacerdotales, souffrant des paradoxes d’une Église romaine riche et puissante qui prône la pauvreté et l’humilité, il a trouvé dans l’écriture et le dessin un moyen d’apaiser ses angoisses. Ayant appris à dresser des cartes marines selon la technique des cartographes génois, la géographie du bassin méditerranéen devient entre ses mains le support d’une symbolisation de tous les conflits qui le déchirent.
L’hypothèse de troubles psychotiques chez Opicino a plusieurs été plusieurs fois formulée et souvent rejetée. Elle est ici affrontée sans fard et fait l’objet d’une postface d’un spécialiste des psychoses (Philippe Nuss). S’il est illusoire de formuler un diagnostic rétrospectif précis, sa souffrance psychique ne fait du moins aucun doute. C’est pour en comprendre les raisons que cet ouvrage tente de restituer le sens de la production graphique et textuelle du scribe des papes. Afin de donner à entendre sa voix, des traductions de différents passages de ses écrits sont intercalées entre chaque chapitre. Une vingtaine de reproductions en couleurs et trois dépliants hors-texte font entrer dans l’intimité de ces manuscrits étonnants.
« Dialectique du monstre » (Dialektik des Monstrums) : par cette expression, Aby Warburg désignait le drame psychique fondamental de la culture, dont les réalisations ne viennent au jour qu’en surmontant un chaos originaire, dont elles laissent cependant affleurer la trace. Les dessins d’Opicino de Canistris exposent au grand jour, de la façon la plus explicite, la bataille qu’il livre contre ses monstres.

Ouvrage publié avec le concours du Centre de recherches historiques (UMR 8558-EHESS-CNRS), de l’Association de recherche en biologie humaine et de l’Ecole supérieure d’art de Cambrai. Avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Sommaire


ISBN : 978-2930601496
Fiche éditeur : http://www.zones-sensibles.org
Vivre avec les drogues

Vivre avec les drogues

Alessandro Stella, Anne Coppel
Paris, L'Harmattan, Santé, médecine, sciences humaines, 2021,  318 p.
Prix : 30€

Vivre avec les drogues, apprendre à les connaître, maîtriser leurs usages.

Tel est le fil rouge de cet ouvrage collectif, issu de séminaires tenus à l'EHESS.Depuis cent ans, les politiques publiques en matière de drogues sont fondées sur la prohibition. Pourtant, la légalisation des drogues est aujourd'hui en marche. Aussi, les frontières entre drogues légales et illégales sont de moins en moins nettes. En France, les consommateurs quotidiens de benzodiazépines prescrits, mais aussi d'alcool et de tabac - se comptent par millions. Drogues et drogués sont donc parmi nous : pour se soigner, ou pour prendre du plaisir, la demande de psychotropes n'est pas près de baisser.Dès lors, réfléchir à un nouveau cadre pour la production, la distribution et la consommation de ces substances s'avère nécessaire.


ISBN : 978-2-343-23390-1
The Age of the Parákletos

The Age of the Parákletos

A Historical Defense of Rabbinic Knowledge

Ron Naiweld
Lanham, Rowman & Littlefield, 2021,  124 p.
Prix : 90$

Présentation

This book concerns the history of the Bible, Christianity, Rabbinic Judaism, and theological-political thought in the West. Its operation is threefold. First, it shows that the biblical text can be read as a theological-political narrative about a god who strives to be recognized as such by a group of people. Second, it reconstructs the history of the conversation that took place around this narrative from the fourth century BCE to the beginning of the Middle Ages, showing how it was dependent on social and political circumstances, rather than on theological notions. Lastly, it distinguishes between two strands of the conversation—the Christian and the Rabbinic—that carried the narrative through the Middle Ages and explains why the latter offered a more advanced interface with the political reality than the former. This book introduces a reading of the biblical narrative that takes seriously the difference between the two creation stories that begin the Book of Genesis and considers them as referring to two distinct divinities. This reading reveals in the Bible an overarching narrative about the god Yhwh, who tries to impose himself as the sovereign of Israel by claiming that he is the same god as Elohim—the benevolent creator of the perfect world.

En savoir plus


ISBN : 978-1-7936-5503-5
Fiche éditeur : https://rowman.com
Le pouvoir marchand.

Le pouvoir marchand.

Corps et corporatisme à Paris sous l’Ancien Régime

Mathieu Marraud
Ceyzérieu, Champ Vallon, Époques, 2021,  520 p.
Prix : 30€

Comment dépeindre le corporatisme d’Ancien Régime ? Le terme de « corporation » est-il approprié ? Depuis les métiers qui, à Paris, se parent des titres de « corps » et de « marchand », apparaît le refus pour les acteurs du temps de se ranger derrière de mêmes droits, de mêmes statuts. C’est toute la nature conflictuelle de l’économie qui ressurgit. La diversité sociale et politique des métiers, dans une immense ville comme la capitale, donne en effet son dynamisme au commerce. Métiers, institutions royales et groupes sociaux y rivalisent pour le contrôle de marchandises qui ne sont jamais évaluées par leur seul profit, mais aussi par le monde social et par les vues gouvernementales où elles s’inscrivent. D’un lien fort entre le roi, la cité, le privilège, le commerce, les notables, on s’achemine alors vers une crise qui prépare, au sein de la société comme de la monarchie, la disparition du corporatisme sous Turgot en 1776.


ISBN : 979-1026709480
Fiche éditeur : http://www.champ-vallon.com
Calendriers d'Europe et d'Asie

Calendriers d'Europe et d'Asie

De l'antiquité à la diffusion de l'imprimerie

Alain Arrault, Olivier Guyotjeannin, Perrine Mane (dir.)
Paris, École nationale des chartes, Matériaux pour l'histoire, 11, 2021,  344 p.
Prix : 30€

Alors que les aspects astronomiques et mathématiques des calendriers employés par les grandes civilisations sont relativement bien connus, le calendrier entendu comme objet, utilisé au quotidien pour « habiter le temps », le prévoir et le maîtriser, omniprésent dans les espaces privés et publics des sociétés anciennes, a été peu étudié pour lui-même. L’enjeu est ici de partir de sa matérialité, de son illustration, de son contenu ou encore de ses remplois, voire de ses usages détournés, qui trahissent autant d’appropriations, avant que l’introduction à des dates variées de la xylographie et de l’imprimerie n’accompagne de nouveaux usages et de nouvelles manipulations. 

Fruit d'une recherche collective menée par l'École des hautes études en sciences sociales, l'École française d'Extrême-Orient et l'École nationale des chartes, le présent volume embrasse de larges horizons culturels et géographiques et permet de scruter et de confronter l'exceptionnelle diversité de ces objets. Les cycles calendaires manuscrits ou gravés produits dans l’Europe antique et médiévale entrent ainsi en résonance avec les calendriers retrouvés dans les tombes et grottes de Chine réalisés entre le IIIe siècle avant notre ère et le Xe siècle après notre ère, ou encore avec ceux qui furent conçus au Japon du VIIIe au XVe siècle et plus tardivement en Asie du Sud et du Sud-Est.


Sommaire

  • Alain Arrault, Olivier Guyotjeannin, Perrine Mane. Avant-propos.

Calendriers et images

  • Valérie HuetLes images des fêtes dans les calendriers romains en images (fin IIe-milieu IVe siècle apr. J.-C.)

  • Olivier GuyotjeanninDe signes et d'images : les calendriers « des illettrés » dans l'Europe médiévale et moderne

Calendriers du quotidien

  • Daniel Patrick MorganLes derniers jours du défunt. l'Empire et l'individu vus à travers les calendriers excavés des tombes du début de la Chine impériale

  • Alain ArraultLes activités quotidiennes dans les calendriers de la Chine médiévale

  • Gerhard LeinssThe conversion of a state calendar into a personal diary: on a new function of the Chinese calendar emerging in 8th to 11th centuries' Japan

Calendriers savants

  • Jean Lempire  – Calendriers et astronomie dans le monde byzantin

  • Gregory KourilskyJours propices, jours funestes : calendriers traditionnels en milieu bouddhiste tai

  • Alexandre Tur – Éphémérides, almanachs et prédictions annuelles : les calendriers astrologiques du XVe siècle

  • Farouk YahyaThe Ketika Lima (Five Times): A Malay form of chronomancy

Calendrier et nature

  • Catherine ChadefaudActivités rurales, crue du Nil et calendrier dans l'ancienne Égypte (de l'Ancien Empire à l’époque gréco-romaine, 2800 av. J.-C. au IVe siècle apr. J-C)

  • Li GuoqiangÉlaboration des systèmes phénologiques dans les calendriers chinois (XIIIe siècle AEC-IIe siècle EC)

  • Perrine ManeCalendriers médiévaux et nature

Vers le calendrier imprimé

  • Christine Bénévent  – Usages et fonctions des calendriers aux premiers temps de l'imprimerie en Europe : l’exemple de quelques livres d’Heures incunables parisiens

Index

Crédits photographiques

La Biographie revisitée

La Biographie revisitée

Études de cas et questions méthodologiques

Marilisa Mitsou et Maria Christina Chatziioannou (dir.)
Paris, Centre de Recherches Historiques, L’Atelier du Centre de recherches historiques 21, Version papier, 2021,  173 p.

Qu’est-ce qui relie, en tant que sujets biographiques, la génération du Courtisan en Italie du XVIe siècle au Menuisier de Nevers, poète-ouvrier français, les mémoires d’hommes d’affaires grecs aux récits de vie d’un groupe d’institutrices chrétiennes et musulmanes en Turquie, à l’(auto)biographie d’un architecte, d’une philosophe et d’une militante communiste ?
À partir d’échantillons hétérogènes, puisés dans différentes époques et différents pays, ce dossier tente d’explorer les sources et les enjeux de l’écriture biographique, les hypothèses de travail du biographe, ses contraintes et ses libertés, dans le cadre de l’histoire intellectuelle, politique et sociale. Il ne s’agit pas de l’histoire de la biographie − depuis sa canonisation vers la fin du XVIIIe siècle à sa décanonisation au cours du XIXe siècle, puis à son renouveau dans les années 1980 − mais plutôt du genre (auto)biographique dans le présent : ses aspects narratifs, ses acteurs, ses fonctions.
Ce numéro de l’Atelier est dédié à notre collègue Yannis Tsiomis, qui nous a quittés le 18 octobre 2018.
 

Sommaire

  • Marilisa MITSOU : En guise d’introduction
  • Sabina LORIGA : La pluralité du passé
  • Georges DERTILIS : Associations, témoignages, mythistoires
  • Guillaume ALONGE : Biographie et autobiographie dans le Livre du Courtisan de Baldassare Castiglione
  • Dinah RIBARD : La transmission biographique
  • Ourania POLYCANDRIOTI : La biographie, entre l’exemplarité unique et le paradigme représentatif : Le cas d’Aristote Kourtidis (1858-1928)
  • Efi KANNER : Histoires de vie, subjectivités et pensée(s) féministe(s) en « Orient » du dernier quart du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres
  • Yannis TSIOMIS : « Le lendemain je partais pour la Grèce » ‒ Dimitris Pikionis (1887-1968) : biographies et mémoires d’un architecte grec
  • Ioanna PETROPOULOU : Le visage et le masque. Ellie Papadimitriou, une intellectuelle de gauche
  • Isabelle ULLERN : La philosophie « biographée » selon Sarah Kofman
  • Maria Christina CHATZIIOANNOU : Contextualizing twentieth century business life histories: The cases of Papastratos and Katsamba

ISSN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/9680
Casta, raza, lazo social

Casta, raza, lazo social

El lenguaje de la pertenencia en la América española, ss. XVII-XVIII

Jean-Paul Zuñiga
Grenade, Université de Grenade - Castellano, 2021,  306 p.
Prix : 25€

La violenta agudización de las discriminaciones raciales en Europa y America, y el contexto mundial de pandemia han hecho resurgir bruscamente en el debate público y científico el viejo espectro de los determinismos biológicos. La raza, desechada como categoría analítica durante la segunda mitad del siglo XX, ha vuelto a imponerse con fuerza como una clave fundamental para explicar no solo las sociedades actuales sino que las del pasado tambien. Este libro es un intento de historiar la noción de raza, que como las de nobleza, sangre o casta, constituye una manera más de connaturalizar las diferencias sociales. Pensando a las diferentes maneras de decir la jerarquía social como medios y no como fin, este conjunto de estudios sobre la America colonial se propone estudiar los mecanismos que permitieron a ciertos sectores de las sociedades coloniales de imponer la idea que su dominación era natural, innata y por tanto legitima. Esta invitación a no confundir la forma con el contenido busca entender sus particulares condiciones de emergencia en cada contexto, sin presuponer la intemporalidad de la noción de “raza” como categoría universal de análisis.


ISBN : 9788433865175
Fiche éditeur : https://www.casadellibro.com
Des Coutumes qui font vivre

Des Coutumes qui font vivre

suivi de Sefer ha-Minhagim de Shimon Guenzburg (Venise, 1593)

Jean Baumgarten (trad., éd.)
Paris, Éditions de l’éclat, 2021,  400 p.
Prix : 35€

Dans la société juive d’Europe centrale (Ashkénaz), les coutumes (Minhagim) jouent un rôle majeur et sont le résultat d’un processus de sédimentation d’usages et de discussions rabbiniques accumulées au fil du temps. Selon le Talmud, il arrive même que « la coutume efface la loi » dans le registre des règles régissant la vie de la communauté. Elle devient alors règle elle-même qui fait autorité, aussi bien pour l’individu que pour la collectivité. De nombreux Sifrei ha-Minhagim (Livres des coutumes) furent ainsi écrits en Europe entre le XIVe et le XVIIe siècle au moment où l’imprimerie s’implantait et le livre de Shimon Guenzburg, qui parut à Venise en 1593, a la particularité d’avoir été écrit en langue yiddish littéraire. Quel est le rôle du livre de coutumes? Qui en sont les auteurs? Que transmettent-ils de la vie de populations en but à la persécution et à l’exil?

Notre édition, composée d’une longue introduction sur l’histoire de ces ouvrages, ainsi que sur cet auteur et ce livre en particulier, en propose une traduction annotée qui insiste sur la dimension populaire de la littérature en yiddish, et nous informe jusque dans les moindres détails de ce que fut la vie juive des communautés ashkénazes, qui durent le plus souvent fuir leur pays d’accueil pour trouver refuge en Italie, comme ce fut le cas de ShimonHa-Levi Guenzburg, où il contribua à l’essor de l’imprimerie de livres juifs à Venise et dans sa région.


ISBN : 978-2-84162-507-9
Fiche éditeur : http://www.lyber-eclat.net
La rupture ? La Grande Guerre, l’Europe et le XXe siècle

La rupture ? La Grande Guerre, l’Europe et le XXe siècle

Pierre-Cyrille Hautcoeur, Patrick Fridenson, Florence Descamps, Laure Quennouëlle-Corre (dir.)
Paris, Comité d'histoire économique et financière de la France, Animation de la recherche, 2021,  228 p.
Prix : 28€

La mondialisation économique et financière actuelle est souvent comparée à celle qui se développe au XIXe siècle et culmine en 1914 ; les inégalités retrouvent, dans nombre de pays, leur niveau record de la veille de la Grande Guerre, de même que l'indépendance des banques centrales ou le libéralisme. La Première Guerre mondiale n'a-t-elle donc ouvert qu'une parenthèse dont les effets ont été depuis effacés, et les économies et sociétés européennes sont-elles revenues à un état « naturel » perturbé par des guerres mondiales « accidents » dramatiques du XXe siècle ? Ce livre s'interroge ainsi sur l'impact de long terme de la Grande Guerre : qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Quelles sont ses traces dans l'économie et la société dans lesquelles nous vivons actuellement en Europe ? Quelles institutions sont apparues alors qui jouent encore un rôle important ?
Pour répondre à ces vastes questions, une conférence internationale tenue en novembre 2018 a réuni des chercheurs et chercheuses en sciences sociales spécialistes de l'économie, de la société et des relations internationales. Chacun développe ici sa réponse à partir de son domaine à l'échelle temporelle et spatiale qui lui paraît pertinente. Cette diversité de point de vue permet au lecteur de construire sa propre réponse, et d'abord de découvrir les grandes lignes de tension économiques, sociales et politiques qui se nouent et se renouent depuis la Grande Guerre, pour comprendre ainsi un peu mieux notre temps.

Persécution des juifs et espace urbain. Paris 1940-1946

Persécution des juifs et espace urbain. Paris 1940-1946

Histoire Urbaine n°62 (décembre 2021)

Isabelle Backouche, Sarah Gensburger et Éric Le Bourhis (dir.)
2021,  201 p.
Prix : 30€

Ce dossier ouvre une nouvelle voie pour l’histoire de la persécution des Juifs à Paris durant la Seconde Guerre mondiale. Prenant l’espace au sérieux d’un point de vue heuristique, il propose une histoire sociale de la destruction du principal lieu de résidence des Juifs de France et de sa partielle reconstitution après la Libération de Paris. L’analyse s’inscrit à la croisée des configurations de l’espace et des dynamiques sociales observées pour éclairer la persécution au quotidien et les conditions de possibilité du génocide.
La démarche est déployée sur le terrain parisien saisi à plusieurs échelles, du quartier administratif à l’immeuble, et notamment autour de la question centrale du logement qui a été largement délaissée par l’historiographie. Enfin, le dossier entend démontrer la pertinence à considérer les archives produites par les administrations ordinaires pour documenter la persécution des Juifs et la Shoah. L’histoire urbaine et ses méthodes sont utilisées ici comme outil méthodologique d’enrichissement de l’histoire de la persécution.

Sommaire

  • Isabelle Backouche, Sarah Gensburger, Éric Le Bourhis : Persécution des juifs et espace urbain. Paris 1940-1946, introduction
  • Maël Le Noc : Approche spatiale de la persécution des juifs, Paris 1940-1944
  • Laurent Joly : Ils ont emmené votre maman et votre petite soeur…” La grande rafle du 16 juillet 1942 à l’échelle du 3e arrondissement
  • Shannon L. Fogg : A Landscape of Loss : The Geography of Looting and Restitution in Paris
  • Isabelle Backouche, Sarah Gensburger, Éric Le Bourhis : Spoliation et voisinage. Le logement à Paris, 1943-1944
  • Cyril Grange : Réquisitions, spoliations et pillages des demeures de la grande bourgeoisie juive
  • Hilary S.Handin : Réinsertion des juifs parisiens après la Shoah. Le cas du 66 rue Boulanger, 1944-1946
  • Emmanuel Garnier : Enjeux et horizons scientifiques d’une histoire urbaine du climat. Europe XVIe-XIXe siècle

ISBN : 978-2-914350-62-4
Fiche éditeur : https://sfhu.hypotheses.org/la-revue-histoire-urbaine
Inquantifiables fonctions publiques ?

Inquantifiables fonctions publiques ?

Émilien Ruiz (dir.)
Paris, Éditions de l'EHESS, Histoire & Mesure, XXXV-2, 2020,  270 p.
Prix : 22,50 €

Présentation

Le caractère pléthorique du nombre des fonctionnaires occupe une place de choix parmi les idées reçues sur les administrations. Dans le même temps, l’absence de réelle convention sur ce qu’est un « fonctionnaire » complique considérablement toute velléité de mesure empirique du phénomène. Le déséquilibre est alors frappant entre, d’un côté, la multiplication des arguments comparatifs dans les champs médiatiques et politiques, et, de l’autre, la faiblesse de leur traitement par les sciences sociales et historiques. Les contributions réunies dans ce dossier proposent quelques jalons pour étudier, dans différents contextes (nationaux, coloniaux, impériaux ou supranationaux), les mesures de la fonction publique comme autant de fenêtres sur l’histoire et la sociologie des États.
Deux des trois articles publiés en varia sont d’ordre méthodologique. Le premier propose une procédure de traitement de larges corpus d’actes qui combine un traitement automatisé des sources et une validation humaine en dernière instance. Le second, partant de l’expression « aplatir la courbe » abondamment utilisée dans l’actualité sanitaire, revient sur la genèse et le développement du raisonnement statistique relatif à la dispersion de l’incertitude. Un dernier article, portant sur l’estimation de la jauge des navires, relève de l’histoire de la mesure à la fin de l’Ancien Régime. Une note critique et trois comptes rendus viennent compléter ce numéro.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2842-1
Fiche éditeur : https://www.ehess.fr/fr/revue/histoire-mesure-n%C2%B0352
Bussy-Rabutin en sa tour dorée

Bussy-Rabutin en sa tour dorée

Christophe Blanquie
Paris, CRH-GRIHL, Les Dossiers du GRIHL, 1, 2021

Présentation

Exilé en Bourgogne en 1666 après le scandale de l’Histoire amoureuse des Gaules, Bussy-Rabutin entreprend de réparer sa fortune et d’embellir ses maisons. Le décor de son appartement est refait à son goût et à son image suivant un programme décoratif qu’il a défini et commenté. Lambris mythologiques, portraits, allégories et cartels traduisent sa culture, illustrent son lignage et décrivent son monde. Identifier la source de chacun des éléments du décor de sa Tour dorée, en retrouver les références anciennes et modernes, c’est donc comprendre le travail de sa composition et matérialiser le rapport des visiteurs et lecteurs à une œuvre jouant volontiers sur les images.

Sommaire


ISSN : 1958-9247
Fiche éditeur : https://doi.org/10.4000/dossiersgrihl.8594
Christine l'Admirable

Christine l'Admirable

Vie, chants et merveilles

Sylvain Piron
Bruxelles, Vues de l'esprit, 2021,  218 p.
Prix : 19€

Cet ouvrage est précédé de Thomas de Cantimpré, Vie de Christine l’Admirable, éditée et traduite du latin en collaboration avec Armelle Le Huërou.

Avant la persécution des sorcières, il a existé au Moyen Âge un mouvement par lequel des femmes ont revendiqué d’organiser elles-mêmes leur vie religieuse, hors de la tutelle du clergé masculin. Christine l’Admirable, active dans les années 1180-1220, est une pionnière parmi ces « saintes femmes » du diocèse de Liège. Revenue d’entre les morts, elle accomplit des prodiges stupéfiants et accompagne les mourants dans leur dernier voyage. Prédicatrice itinérante et mendiante, elle terrorise les bourgeois et réprimande les nobles, quand elle n’est pas ravie dans des danses et des chants extatiques. Le récit de sa vie se lit comme un roman d’aventures spirituelles. Il invite irrésistiblement à la comparaison avec différentes expériences, chamaniques ou autres. Ce n’est pas sans raison que Nick Cave a fait une chanson de cette femme libre et indomptable.

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ISBN : 9782931146002
Fiche éditeur : https://www.vuesdelesprit.org/
Historiciser le mal

Historiciser le mal

Une édition critique de Mein Kampf

Florent Brayard et Andreas Wirsching (dir.)
Paris, Fayard, Histoire, 2021,  864 p.
Prix : 100€

Historiciser le mal propose une analyse critique, une mise en contexte, une déconstruction, ligne par ligne, de Mein Kampf, une des sources malheureusement fondamentales pour comprendre l’histoire du XXe siècle.

Historiciser le mal, une édition critique de Mein Kampf. Avertissement aux lecteurs.
 

Historiciser le mal propose une analyse critique, une mise en contexte, une déconstruction, ligne par ligne, de Mein Kampf, une des sources malheureusement fondamentales pour comprendre l’histoire du XXe siècle.
 
Nous avons agi en responsabilité en mettant en place un dispositif global afin de respecter l’exigence scientifique et éthique qui s’imposait.
 
La nouvelle traduction présentée dans Historiciser le mal a été confiée à l’un des meilleurs traducteurs de l’allemand en langue française, Olivier Mannoni, qui a ensuite travaillé avec une équipe d’historiens, tous spécialistes du nazisme, de la Shoah et de l’histoire des Juifs.
 
La rédaction d’Historiciser le mal a été menée dans le cadre d’un partenariat signé par Fayard avec l’Institut d’Histoire de Munich, qui a publié en 2016 une édition critique de Mein Kampf en Allemagne, un travail de référence qui a mobilisé une équipe d’historiens allemands.
 
Historiciser le mal a été rédigé par un comité d’historiens, dirigé par Florent Brayard, qui a traduit, adapté, prolongé les 3 000 notes de l’édition allemande et rédigé une introduction générale et 27 introductions de chapitres. Dans la forme, les notes encadrent ainsi la nouvelle traduction et sont indissociables de sa lecture. L’ensemble compte près de 1 000 pages et constitue un jalon historiographique sur la genèse du nazisme. En définitive, l’appareil scientifique inclus dans Historiciser le mal est deux fois plus volumineux que la traduction du texte de Hitler.
 
Il n’est pas question, bien évidemment, que la publication d’Historiciser le mal puisse être lucrative. Ainsi, la Fondation Auschwitz-Birkenau, chargée de la conservation du site du camp de concentration et d’extermination, percevra des droits au premier exemplaire vendu et la totalité des bénéfices qui pourraient être issus de la vente d’Historiciser le mal.
 
Pour savoir où l’on va, il est indispensable de comprendre d’où l’on vient. Nous sommes convaincus que le travail des historiens est nécessaire pour lutter contre l’obscurantisme, le complotisme et le refus de la science et du savoir en des temps troublés, marqués par la montée des populismes. C’est le sens de notre démarche d’éditeur.

Livre de présentation de l'ouvrage


ISBN : 9782213673318
Fiche éditeur : https://www.fayard.fr/
25 de julio de 1992

25 de julio de 1992

La vuelta al mundo de España

Jordi Canal
Madrid, Taurus, 2021,  255 p.
Prix : 16,06€

Les Jeux Olympiques de Barcelone 92 ont été considérés, par beaucoup de personnes, comme les meilleurs de l'histoire et d’un point de vue symbolique ont mis fin à près d'un siècle de retrait et d'invisibilité de l'Espagne. Les efforts pour réintégrer le pays dans le monde, le début de la fin des gouvernements socialistes, le remodelage de la ville de Barcelone -,et de Séville, avec l'Expo 92,-, la domination du pujolisme en Catalogne, ses fissures sociales et le chemin du provincialisme, et évidemment, le développement même de ce moment historique à partir des cinq personnages qui présidèrent la tribune principale du Stade olympique de Montjuic le 25 juillet 1992 (Pasqual Maragall, Jordi Pujol, Felipe González, Juan Antonio Samaranch et le roi Juan Carlos Ier.) font partie de la vaste mosaïque qu'offre ce volume.


ISBN : 978-8430622757
Fiche éditeur : https://www.penguinlibros.com/es/tiempo-libre/
Des sources pour une Plus Grande Guerre

Des sources pour une Plus Grande Guerre

Damien Accoulon, Julia Ribeiro Thomaz et Aude-Marie Lalanne Berdouticq (dir.)
Ploemeur, Éditions Codex, 2021,  328 p.
Prix : 24€



ISBN : 978-2-918783-19-0
Fiche éditeur : http://www.editions-codex.fr
Le cloître des ombres

Le cloître des ombres

Jean-Claude Schmitt
Paris, Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 2021,  480 p.
Prix : 29,50€

Suivi de la traduction française du Livre des révélations de Richalm de Schöntal, avec la collaboration de Gisèle Besson

Imaginez qu’une foule d’esprits malins vous cerne. Vous ne les voyez pas, ou à peine, mais vous les entendez débattre entre eux des pièges qu’ils s’apprêtent à vous tendre. Ils s’emparent de votre corps, vous font parler, tousser, grogner, vous gratter malgré vous, déplacent à leur guise votre main ou votre pied et font même se mouvoir les cadavres. Telle fut l’expérience de l’abbé Richalm et d’une poignée de moines cisterciens de Schöntal, en Allemagne du Sud, vers l’an 1200. La récente découverte de leur prodigieux dialogue sur les démons, le Livre des révélations, jette une lumière totalement nouvelle sur les croyances et plus largement sur la culture et la société de l’époque médiévale, tout en nous faisant partager l’angoissant confinement de ces hommes et des démons dans l’espace exigu d’un monastère. Le cloître des ombres rend compte de ce cas stupéfiant, en combinant les approches de la microhistoire et de l’anthropologie sociale et culturelle, et, en offrant pour la première fois, une traduction dans une langue moderne d’un témoignage sans équivalent sur la puissance des démons.


ISBN : 978-2072931468
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr/
Race et histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècle)

Race et histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècle)

Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani
Paris, Albin Michel, Bibliothèque Histoire, 2021,  512 p.
Prix : 24,90€

Ce livre présente les processus de racialisation qui ont ponctué la transformation de l’Europe et de ses colonies de la fin du Moyen Âge à l’âge des révolutions.  Cette histoire éclaire l’évolution des sociétés, des institutions, des cultures et des théories. Elle décrit la volonté de catégoriser les individus et les groupes, de les enclore dans des identités présentées comme intangibles, de discriminer les collectifs dominés, voire d’organiser l’oppression à grand échelle contre des populations définies par leur race.
La racialisation procède par naturalisation des rapports sociaux et des caractères physiques et moraux  qui se transmettent de génération en génération, à travers la procréation. Elle repose sur une contradiction : le racisme affirme que les gens sont prisonniers de leur race et s’emploie néanmoins à gérer la transformation des races.
Quatre coups de projecteur permettent de rendre compte de cette histoire : la noblesse de naissance face à l’anoblissement, la nature juive ou musulmane qui persiste dans le sang des convertis, l’origine ineffaçable des métis dans l’Amérique coloniale, la déshumanisation des Africains par la traite esclavagiste.
Ces phénomènes sont les expériences séculaires sur lesquelles les auteurs des Lumières se sont fondés pour classer l’humanité en races. Ils hiérarchisent les groupes humains mais proclament aussi l’universalité des droits de l’homme. Le siècle des philosophes peut alors se lire comme le fruit d’une histoire passée, autant que comme le fondement d’une histoire inachevée, la nôtre.


ISBN : 978-2226253866
Fiche éditeur : https://www.albin-michel.fr
Histoire et fiction à l’âge des Révolutions

Histoire et fiction à l’âge des Révolutions

Arnaud Orain, Jean-Luc Chappey, Antoine Lilti (dir.)
Paris, Éditions de l'EHESS, Les Annales,76, 1, 2021,  221 p.
Prix : 20€

Alors que l’on est en France sans nouvelles de Monsieur de Lapérouse et de son expédition autour du monde depuis 1788 (le mystère de sa disparition ne sera connu qu’à la fin des années 1820), l’illustre navigateur devient, sous la Révolution, une figure publique instable, ouverte à toutes les appropriations et apte à de multiples usages politiques, scientifiques et philosophiques. En s’appuyant sur l’étude d’un corpus de sources manuscrites et imprimées méconnues (fictions, mémoires, décrets, journaux français et anglais, correspondances), cet article montre que cette présence/absence n’a rien d’anecdotique. La figure de Lapérouse tient noués trois héritages de l’Ancien Régime : l’idéal d’une société ordonnée autour de figures glorieuses ; le projet d’expansion impériale qui nourrit la rivalité avec l’Angleterre ; la science des Lumières et son horizon cosmopolite. Leur rencontre culmine dans le thème du héros civilisateur sous le Directoire, qui unit les mondes et élargit les sphères du savoir au service du rayonnement de la nation, forme idéalisée que prend le rêve impérial français. Cette étude fait du personnage de Lapérouse un outil heuristique pour comprendre comment ces trois héritages ont été investis, subsumés puis redéfinis par la Révolution française. Partout la figure du héros révèle la présence, si difficile à répudier, de l’Ancien Régime au cœur de la modernité politique.

En savoir plus sur le numéro


ISBN : 9782713229053
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
Race, sang et couleur à l’époque moderne

Race, sang et couleur à l’époque moderne

Histoires plurielles (II)

Claude-Olivier Doron et Élie Haddad (dir.)
Paris, Belin, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2021,  228 p.
Prix : 25€

Présentation

Le terme de « race » est devenu un enjeu brûlant de l’actualité politique et scientifique, suscitant nombre de malentendus et de débats. En portant le regard vers l’époque moderne qui voit l’extension des usages de ce mot dans différentes langues européennes et différents contextes, en plaidant pour une réelle historicisation de cette notion et de ses emplois, attentive à la manière dont les acteurs l’utilisent ou ne l’utilisent pas, en confrontant différents points de vue historiographiques, différents champs d’application et différents moments (de la fin du Moyen Âge au début du XIXe siècle), l’objet de ce dossier est de préciser les termes de ces débats et de réintroduire de la complexité et de la nuance là où la tendance est à la simplification et l’opposition binaire, au niveau scientifique comme politique. Cette seconde partie du dossier porte sur les usages ou les non-usages de la race en contexte colonial et sur les transformations politiques de la notion du milieu du XVIIe aux premières décennies du XVIIIe siècle.

 

Sommaire

Z ou souvenirs d'historienne

Z ou souvenirs d'historienne

Claire Zalc
Paris, Éditions de la Sorbonne, Itinéraires, 2021,  240 p.
Prix : 18€

Ce livre n'est pas une ego-histoire. Pas plus qu’un mémoire de synthèse. Claire Zalc s’empare avec originalité du motif de l’écriture rétrospective du « je » savant et transforme l’exercice en jeu de piste. Elle se souvient. Et d’abord d’avoir toujours lu et travaillé à partir de l’œuvre de Georges Perec.

Les affinités arbitraires et électives qui la lient à son histoire et à ses pratiques dessinent une approche du métier comme de la discipline. L’itinéraire de l’historienne rencontre celui de l’écrivain sans jamais se confondre avec lui.

De W à Z s’entrecroisent deux manières alternées de penser le retour d’expériences de soi, entre récit biographique et parcours académique. Ce n’est pas seulement un Souvenir d’enfance, d’adolescence, d’étudiante ou de jeune chercheuse confirmée. Le mode d’écriture inspiré et documentaire donne à voir l’infra-ordinaire de l’élaboration scientifique. Réécritures et relectures enchâssées composent un récit à la fois littéraire, intime et savant où affleure une histoire-science sociale.


ISSN : 979-10-351-0645-4

ISBN : 21115761
Fiche éditeur : http://www.editionsdelasorbonne.fr/fr/livre/?GCOI=28405100963450
A Jacques, apôtre, frère de Jean

A Jacques, apôtre, frère de Jean

Précis à l'usage du pèlerin de Compostelle

Adeline Rucquoi
Paris, CLD, 2020,  108 p.
Prix : 12€

Des dizaines et des dizaines de milliers de pèlerins arrivent chaque année Saint-Jacques de Compostelle. Ils viennent du monde entier. Ils ont parcouru, sur une distance plus ou moins longue, l'un des nombreux "chemins de Saint-Jacques" qui mènent au sanctuaire de Galice. Ils ont lu ou entendu parler de l'histoire du pèlerinage, découvert des régions, des climats, des langues, admiré paysages et monuments, fait des rencontres, et finalement atteint le but.
Ils ont "fait le Chemin". Mais combien connaissent celui dont la cathédrale compostellane conserve le tombeau ? Combien savent qui est cet apôtre que, depuis plus d'un millénaire, on vénère aux confins de l'Europe ? Qui était saint Jacques ? Ce petit ouvrage en détaille les multiples facettes façonnées par les siècles, et met en valeur sa brûlante actualité.


ISBN : 978-2-85443-606-8
Fiche éditeur : https://www.decitre.fr/editeur/CLD
Paris en ses jardins

Paris en ses jardins

Nature et culture urbaine au XVIIIe siècle

Jan Synowiecki
Ceyzérieu, Champ Vallon, L'environnement a une histoire, ,  456 p.
Prix : 27€

Royaux ou princiers, les jardins de Paris au XVIIIe siècle devaient offrir à la population urbaine des îlots salvateurs face aux exhalaisons et aux miasmes de la ville. Loin d’être figés dans un écrin de verdure et de représenter des enclaves champêtres au cœur de la ville, ces espaces étaient fermement insérés dans le tissu urbain. Ce livre propose ainsi une véritable microphysique de la nature parisienne, des dégâts causés par les taupes à l’élagage des arbres. L’histoire matérielle et vivante des jardins parisiens du XVIIIe siècle permet ainsi de restituer avec le plus de fidélité possible un monde composé de micropartages faisant la part belle aux conflits entre juridictions, aux régulations policières ainsi qu’aux tensions entre les différents usages sociaux de l’espace du jardin.



ISBN : 979-10-267-0968-8
Fiche éditeur : http://www.champ-vallon.com/
1848 et la littérature

1848 et la littérature

Textes réunis par Mathieu Roger-Lacan et Véronique Samson

Fabula, Fabula / Les Colloques, 2021

Présentation

Les révolutions de 1848 ont été perçues comme des révolutions littéraires dans plus d’un sens. Pour beaucoup de leurs contemporains, d’abord, les événements de Février et de Juin auraient été précipités par la littérature. Mais 1848 s’est aussi avéré être une révolution pour la littérature, ou dans la littérature. Le grand récit de cette révolution littéraire, amorcé dès la seconde moitié du XIXe siècle, s’est cristallisé au siècle suivant avec les travaux de Sartre, de Barthes et de Bourdieu, tout en imposant le canon Flaubert-Baudelaire pour caractériser la modernité formelle et l’autonomie du champ littéraire dont 1848 aurait marqué le point de départ.

Le présent dossier, issu d’une journée d’étude organisée par le GRIHL, Paris Diderot et Sorbonne Nouvelle, qui devait avoir lieu à l’EHESS en mai 2020, propose d’offrir de nouvelles perspectives sur ce grand récit, autant par l’inclusion de corpus que celui-ci a rendus invisibles que par un retour sur des textes que la distance temporelle a rendus moins lisibles. Il ne s’agit donc pas simplement d’étudier la représentation des révolutions de 1848 et du coup d’État de 1851, mais plutôt de comprendre comment ces événements ont transformé les conceptions du littéraire et redéfini le mode d’action de la littérature dans le monde social. Le dossier se tourne également vers les années 1850 et 1860, afin de questionner les présences comme les silences de 1848 dans les œuvres de ces deux décennies.

 

Sommaire

GRIHL II

GRIHL II

Autorité(s) dans la littérature, Autorité(s) de la littérature

Tokyo, Yoshida Publishing, 2021,  330 p.
Prix : 4500 yens

GRIHL II - Autorité(s) dans la littérature, Autorité(s) de la littérature est le deuxième livre issu du travail commun du Grihl et de ses partenaires japonais, qui animent depuis plusieurs années la discussion, au sein des études françaises au Japon, sur les rapports entre histoire et littérature ; le premier a paru en 2017. Ce second volume rassemble les contributions à un colloque consacré aux questions d'autorité dans, sur et par la littérature qui a été une des étapes de cette discussion ; il est dirigé par Yasushi Noro (Université d'Okayama), ancien professeur invité à l'EHESS et accueilli à cette occasion au CRH, qui avait organisé ce colloque en septembre 2017.

 

TABLE DES MATIÈRES

Les autorités mises en écrit et en action, Yasushi NORO


Première Partie : Littérature(s) et autorité(s)

Chapitre 1 : « Qu'est-ce qu'un auteur "extraordinaire" ? - À partir des marges du champ culturel à l'âge classique »

1. « L'autorité paternelle et l'auctoriarité mineure : sur le sujet de l'écriture chez Rétif de La Bretonne », Atsuo MORIMOTO

2. « Sur les « Auteurs » des Fêtes de Ramire : lecture d’un passage des Confessions de Rousseau », Shojiro KUWASE

3. « L’auteur en excès. Deux inconnus des Lumières, Cassier et Déforges-Maillard », Dinah RIBARD

 

Chapitre 2 : « La construction de l'événement : autorité historique et autorité historiographique »

1. « La construction de l'autorité des mémorialistes du temps de la Fronde », Christian JOUHAUD

2. « La mort de Louis XIV et l'autorité des témoignages : journal, mémoires et historiographie », Hiroaki SHIMANAKA

 

Chapitre 3 : « Autorité politique et autorité littéraire : XIXe et XXe siècles »

1. « Légiférer sur la fiction littéraire ? L’amendement Riancey, 1850 » Judith LYON-CAEN et Keiko TSUJIKAWA

2. « L'engagement anti-intellectuel de Céline - les années 20 et 30 », Yoriko SUGIURA

 

Chapitre 4 : « Écriture de la censure et autorité : XVIIe et XIXe siècle »

1. « L'approbation des docteurs au XVIIe siècle : les usages d'une littérarisation », Nicolas SCHAPIRA

2. « Jouer ou déjouer l'autorité sous la IIIe République : discours sur les livres censurés », Hiroyuki NAKAHATA

 

Chapitre 5 : « Autorités au pluriel »

1. « Autorité(s) de derrière : autorités dans la polémique autour de De la fréquente communion d'Antoine Arnauld », Yasushi NORO

 

Deuxième Partie : Problèmes de la représentation de l'histoire

1. « Frontière des mazarinades », Christian JOUHAUD

2. « "Cela ne s'est pas passé comme ça" : premières représentations de l'irreprésentable après la Shoah », Judith LYON-CAEN

 

Postface : Hiroyuki NAKAHATA

Borders, Thresholds, Boundaries: A Social History of Categorizations

Borders, Thresholds, Boundaries: A Social History of Categorizations

Isabelle Backouche, Fanny Cosandey, Christophe Duhamelle, Marie-Elizabeth Ducreux, Elie Haddad, Laurent Joly et Mathieu Marraud (eds.)
Paris, CRH, L'atelier du CRH, 21bis, 2021

Présentation

The subjects of these essays range from the sixteenth to the twentieth centuries, from Hungary to France, from a localized case taken at a precise moment to a national evolution covering three centuries. Their themes -- spanning the religious, political, economic and juridical -- are just as varied. What could they have in common? Principally, a collective approach, the approach of RHiSoP, a research group of the Centre de Recherches Historiques. A group where every researcher practices a situated history of society making that can enounce or leave unspoken, affirm or dispute, hierarchies, categories and boundaries – the structures.

Sommaire


 

 


ISSN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/12036
Histoire des modernisations agricoles au XXe siècle

Histoire des modernisations agricoles au XXe siècle

Christophe Bonneuil [Dir.], Léna Humbert, Margot Lyautey
Rennes, Presses Universitaires Rennes, Histoire, 2021,  366 p.
Prix : 29€

Présentation

Enrichi des apports de l’histoire environnementale ou de l’histoire des sciences et des techniques, cet ouvrage donne à comprendre les modernisations agricoles du XXe siècle non plus comme un triomphe nécessaire de la modernité mais comme un ensemble de choix sociotechniques, parmi des possibles multiples, portés par des groupes d’acteurs. Il fait aussi une large place aux perspectives transnationales et comparatives, aux acteurs (agriculteurs, scientifiques, conseillers, fonctionnaires modernisateurs, mais aussi industriels, médecins, etc.), ainsiqu’aux controverses, marges d’adaptations et alternatives aux modèles dominants de modernisation agricole.

Avec le soutien de l’École des hautes études en sciences sociales-CRH et de l’Association Histoire de la protection de la nature et del’environnement (AHPNE).

 

Table des matières


ISBN : 978-2-7535-8088-6
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=5176
Abuser / Forcer / Violer

Abuser / Forcer / Violer

Didier Lett, Sylvie Steinberg & Fabrice Virgili (dir.)
Paris, Éditions Belin, Clio. Femmes, Genre, Histoire n°52, 2020-2, 2021Prix : 26€

Ce numéro de Clio est consacré aux violences sexuelles perpétrées dans le quotidien et l'intimité, jusque dans le cercle du couple et de la famille, de façon occasionnelle ou répétée. Ces violences sont devenues un enjeu politique essentiel dans les sociétés contemporaines. Ce numéro les inscrit dans une histoire longue, de l'Égypte ancienne à la Suède du XXIe siècle. Il retrace les principales étapes de la recherche historique sur le sujet : si le viol des femmes a fait l'objet d'études importantes depuis bientôt un demi-siècle, celles sur les violences sexuelles à l'encontre des enfants sont bien plus récentes. Chacun de ces objets sont envisagés en prêtant attention à la spécificité des contextes historiques, des sources qui y donnent accès, des mots et notions qui les désignent. À travers les configurations dans lesquelles elles se déroulent, les relations de pouvoir qui s'y nouent, les modalités de leur répression ou de leur tolérance, ce sont aussi des régimes historiques de genre et de sexualité qui sont mis en lumière.

Éditorial

  • Didier LETT, Sylvie STEINBERG, Fabrice VIRGILI, avec Camille NOÛS
    Les violences sexuelles au coeur de l'intime

Dossier

  • Nephélé PAPAKONSTANTINOU
    Le raptus saisi par le droit. Enseigner un crime dans les écoles de rhétorique à Rome (Ier-IIe siècle)

  • Didier LETT
    Femmes violentées, femmes violées dans la procédure judiciaire de Bologne (XIVe-XVe siècle)

  • Vincenzo LAGIOIA
    Qualifier et poursuivre la pédocriminalité des clercs dans l’Italie des XVIe et XVIIe siècles

  • Marion PHILIP
    « Une action dont on rougit mesme dans les solitudes les plus secrètes » : enquête sur les violences sexuelles conjugales (Paris, XVIIe-XVIIIe siècle)

  • Claude LANGLOIS
    Le coitus interruptus comme fiction de viol ? Le point de vue d’un théologien catholique au début du XIXe siècle

Actualités de la recherche

  • Dorothea NOLDE
    Les violences sexuelles faites aux enfants. Un état des recherches

  • Sylvie STEINBERG
    Lire et interpréter les récits de viol dans les archives judiciaires (Europe, époque moderne)

Documents

  • Mathieu LAFLAMME
    Un viol dénoncé dans une déclaration de grossesse à Toulouse en 1742

  • Christine HUE-ARCÉ
    Les sagesses démotiques et la question du consentement sexuel (Égypte, Ve-Ier siècle)

Témoignage

  • Elisabeth ELGÁN
    Le #MeToo en Suède, 2017-2019 (entretien par Fabrice VIRGILI)

Varia

  • Françoise F. LAOT
    Le « recyclage des femmes ». Représentations télévisuelles de la formation professionnelle

  • Marianne LEMAIRE
    Lettres d’amour et de science. Denise Paulme en correspondance avec André Schaeffner


ISBN : 978-2-410-01710-6
Dossier : Race, sang et couleur à l’époque moderne : histoires plurielles (I)

Dossier : Race, sang et couleur à l’époque moderne : histoires plurielles (I)

Elie Haddad [dir.]
Paris, Belin, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2021,  192 p.
Prix : 25

Le terme de « race » est devenu un enjeu brûlant de l’actualité politique et scientifique, suscitant nombre de malentendus et de débats. En portant le regard vers l’époque moderne qui voit l’extension des usages de ce mot dans différentes langues européennes et différents contextes, en plaidant pour une réelle historicisation de cette notion et de ses emplois, attentive à la manière dont les acteurs l’utilisent ou ne l’utilisent pas, en confrontant différents points de vue historiographiques, différents champs d’application et différents moments (de la fin du Moyen Âge au début du xixe siècle), l’objet de ce dossier est de préciser les termes de ces débats et de réintroduire de la complexité et de la nuance là où la tendance est à la simplification et l’opposition binaire, au niveau scientifique comme politique. Cette première partie du dossier porte plus spécifiquement sur les usages de la race dans les champs théologiques et religieux d’une part, en contexte nobiliaire d’autre part.

Vichy et les préfets. Le corps préfectoral français pendant la Deuxième Guerre mondiale

Vichy et les préfets. Le corps préfectoral français pendant la Deuxième Guerre mondiale

Marc Olivier Baruch et Maurice Edenz [dir.]
Paris, Éditions de la Documentation française, 2021,  327 p.
Prix : 19€

René Bousquet, Maurice Papon. En deux noms, la cause est entendue, et la légende noire écrite : les hauts fonctionnaires de l’administration préfectorale de Vichy, issus du radicalisme républicain, servirent sans ciller l'État français jusque dans les pires errements de la collaboration d’État. Après une épuration particulièrement douce, ils constituèrent les cadres administratifs ou économiques de la Quatrième République.
On compense en général, dans l’histoire administrative sécrétée par les institutions, cette image uniformément sombre par la rédemption collective payée, pour l’ensemble du corps, par le sacrifice de quelques-uns, sacrifice résumé par le portrait en pied de Jean Moulin, dont la gloire préfectorale ne se dément pas depuis 35 ans.
Voici dessiné, en ses deux faces, le préfet des années sombres. La réalité est sans doute plus complexe que ces deux faces de la médaille.
Ces actes sont une série de trois colloques organisés en 2016 par le Comité d’histoire préfectoral sur le thème des préfets et des préfectures sous la Seconde guerre mondiale. Sous le titre Vichy et les préfets. Le corps préfectoral français pendant la Deuxième Guerre mondiale, cet ouvrage coordonné par Marc Olivier Baruch restitue les contraintes, les choix et les motivations des personnels préfectoraux qui eurent à conduire l’administration territoriale du pays entre 1939 et 1945.


ISBN : 978-2-11-145673-0
Fiche éditeur : https://www.vie-publique.fr/publications
Instants de vie

Instants de vie

Arlette Farge
Paris, Éditions de l'EHESS, Audiographie, 2021,  136 p.
Prix : 8,50€

Le XVIIIe siècle d’Arlette Farge est sonore, odorant, tactile, à la fois familier et exotique, attachant. Elle a rencontré le peuple de Paris dans les archives, bavardes et hautes en couleur, de la police ; depuis, chacun de ses travaux redonne vie et laisse la parole à ces oubliés de l’histoire, à ce qui les occupe, les bouscule, leur tient à coeur.

Dans ces entretiens avec Perrine Kervran, Laure Adler et Patrick Boucheron, elle raconte sa formation, sa découverte des archives, son engagement féministe, les hasards et rencontres qui ont jalonné son parcours. Elle élabore également une réflexion sur la sensibilité, l’écriture de l’histoire, et le rôle de l’historien dans le présent.

Instants de vie dessine ainsi le portrait d’une historienne pour qui réflexivité, émotion et recherche scientifique sont inséparables.


ISBN : 978-2-7132-2815-5
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
Dossier: La historia rural europea, evoluciones recientes

Dossier: La historia rural europea, evoluciones recientes

Pablo F. Luna (dir.)
Mundo Agrario, 49, vol. 22, Avril-Juillet, 2021,  En ligne p.
Prix : Gratuit

El dossier que estamos presentando en este número de la revista tiene como finalidad la de brindar un amplio panorama de la evolución reciente de la historiografía rural europea. La idea original ha sido la de presentar, especialmente de cara a los jóvenes investigadores de nuestro continente latinoamericano, como estímulo para sus futuros trabajos y análisis (o incluso tesis), un inventario historiográfico, lo más completo posible, de los nuevos objetos y temáticas examinados por los historiadores europeos en este campo del saber, en el seno de nuestra disciplina histórica. Para ello, se ha solicitado a los más connotados especialistas de cada sector de estudios, quienes han aceptado de muy buena gana ceñirse al objetivo fijado por los editores. Por ello, les quedamos muy agradecidos.

 

L'objectif du dossier L’histoire rurale européenne, les évolutions récentes est de fournir un large aperçu de l'historiographie rurale européenne la plus récente. Il est tout spécialement adressé aux jeunes chercheurs du continent latino-américain, comme stimulant pour leurs travaux et analyses (voire leurs thèses en cours). L'idée originale était de présenter un inventaire historiographique, aussi complet que possible, des nouveaux objets et thèmes examinés par les historiens européens dans ce domaine de connaissance de notre discipline historique. À cette fin, les spécialistes les plus renommés dans chaque domaine d'étude ont été invités à apporter leur contribution, et le directeur de publication et le comité de rédaction de Mundo Agrario sont très reconnaissants qu’ils aient accepté volontiers d'adhérer à l'objectif fixé.

Lire ici


ISSN : 1515-5994
Fiche éditeur : https://www.mundoagrario.unlp.edu.ar
Regards savants sur la banlieue parisienne (XIXe-XXe siècles)

Regards savants sur la banlieue parisienne (XIXe-XXe siècles)

Gilles Montigny et Annick Tanter-Toubon
Louvain-la-Neuve, Éditions EME, Sociologie, 2021,  302 p.
Prix : 31€

Présentation

Quel objet et quels territoires désigne-t-on lorsque l’on écrit sur la banlieue parisienne ? Quel sens donne-t-on à cette « simple » expression ? Face à la sur-médiatisation tendant à unifier les représentations qui lui sont associées sous des aspects le plus souvent négatifs, force est de s’interroger sur la fabrique des savoirs concernant cet espace à l’identité mouvante.
Tout au long des XIXe et XXe siècles, cette banlieue n’a cessé d’être observée et étudiée de près. En témoigne l’imposante bibliographie (consultable sur le site du collectif de recherche « Inventer le Grand Paris », IGP) de près de 6 000 titres dressée par Gilles Montigny et Annick Tanter-Toubon. Ces deux chercheurs tirent ici les enseignements de cette longue entreprise scientifique à laquelle ont participé des représentants de toutes les sciences sociales.
Deux clés de lecture  sont privilégiées à titre de synthèse  : la première interroge la dimension territoriale. Comment différencie-t-on la banlieue de la ville-centre d’une part, des zones dites péri-urbaines de l’autre ? La seconde examine les questionnements que ce territoire a suscités depuis les années cinquante. Comment se croisent-ils dans une réflexion interdisciplinaire ? Une chronologie détaillée portant sur ces divers aspects (économiques, sociaux, urbanistiques, politiques, culturels, religieux…) et couvrant l’ensemble de la période étudiée (1784-2000) introduit ce double cadrage.

Gilles MONTIGNY, ancien élève de l’ENS de Cachan, docteur en sciences so-ciales, est membre associé de l’UMR Géographie-cités (équipe E.H.GO, Épisté-mologie et histoire de la géographie)
Annick TANTER-TOUBON est ingénieure de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, membre de l’UMR Géographie-cités (équipe E.H. GO, Épistémologie et histoire de la géographie).


Table des matières


ISBN : 978-2-8066-2966-1
Capital Terre

Capital Terre

Une histoire longue du monde d'après (XIIe-XXIe siècle)

Alessandro Stanziani
Paris, Payot, Histoire Payot, 2021,  432 p.
Prix : 22€

Un ouvrage ambitieux à la focale mondiale qui retrace une histoire du capitalisme sur le temps long afin de trouver des solutions viables pour sortir d’un système devenu obsolète. Alessandro Stanziani tente de concilier croissance économique et démographique, justice sociale et protection de l’environnement, avec une attention particulière à la production agricole et à l’alimentation, pour que l’ensemble de l’humanité puisse enfin jouir de ce « capital Terre » qui est notre bien commun.

Diversity and Rabbinization

Diversity and Rabbinization

Jewish Texts and Societies between 400 and 1000 CE

Gavin McDowell, Ron Naiweld, Daniel Stökl Ben Ezra (ed.)
Cambridge, OpenBooks Publishers, Semitic languages and Cultures, 2021,  504 p.
Prix : 19,95£

Présentation

This volume is dedicated to the cultural and religious diversity in Jewish communities from Late Antiquity to the Early Middle Age and the growing influence of the rabbis within these communities during the same period. Drawing on available textual and material evidence, the fourteen essays presented here, written by leading experts in their fields, span a significant chronological and geographical range and cover material that has not yet received sufficient attention in scholarship.

The volume is divided into four parts. The first focuses on the vantage point of the synagogue; the second and third on non-rabbinic Judaism in, respectively, the Near East and Europe; the final part turns from diversity within Judaism to the process of "rabbinization" as represented in some unusual rabbinic texts.

Diversity and Rabbinization is a welcome contribution to the historical study of Judaism in all its complexity. It presents fresh perspectives on critical questions and allows us to rethink the tension between multiplicity and unity in Judaism during the first millennium CE.

L’École Pratique des Hautes Études has kindly contributed to the publication of this volume.

 

Sommaire


ISBN : 978-1783749935
Fiche éditeur : https://www.openbookpublishers.com
Mazarin

Mazarin

L’art de gouverner

Olivier Poncet
Paris, Éditions Perrin et la BnF, Bibliothèque des illustres, 2021,  256 p.
Prix : 24€

Cardinal et principal ministre de la France de 1642 à 1661, le Romain Jules Mazarin (1602-1661) a accompagné l’avènement complexe d’un État qu’il a enrichi de son art du gouvernement, notamment en distinguant très tôt des personnalités exceptionnelles comme Colbert ou Fouquet.
Cet homme d’État à la fois passionné et froidement calculateur, qui manifesta ses premiers talents de diplomate francophile auprès de Richelieu, incarne une modernité politique méconnue qui se déploie au service de son filleul Louis XIV, de la paix de Westphalie de 1648 au traité des Pyrénées de 1659 en passant par la crise de la Fronde, qui le prit pour cible principale pendant près de cinq ans comme en témoignent les « mazarinades ». Ce mécène fastueux et bibliophile averti, héros de roman par la grâce d’Alexandre Dumas, laissa en mourant au Roi-Soleil un royaume agrandi, pacifié et propre à passer pour le premier de l’Europe.


ISBN : 978-2262085889
Fiche éditeur : http://editions.bnf.fr/mazarin-l%E2%80%99art-de-gouverner
Pietro di Giovanni Olivi e i francescani spirituali

Pietro di Giovanni Olivi e i francescani spirituali

Sylvain Piron
Milan, Edizioni Biblioteca Francescana, Fonti e ricerche, 32, 2021,  414 p.
Prix : 38€

Pierre de Jean Olivi (1248-1298) est une figure complexe qui appartient d'un côté à la scolastique universitaire, d'un autre aux courants qui prolongent l’interprétation de l’histoire de Joachim de Fiore, et dont la personnalité est structurée par son identité franciscaine. Ce recueil contient, en traduction italienne, une douzaine d'études qui proposent une approche globale du théologien franciscain, des mondes qu'il a traversés et des courants dissidents qu'il a inspirés, entre Languedoc et Italie, de la fin du XIIIe siècle au début du XVe, en s'attardant autant sur certaines figures majeures de mouvement (Ange Clareno, Ubertin de Casale, Barthélemy Sicard, Jean de Roquetaillade) que sur la foule des anonymes qui le constituent. 


ISBN : 978-887962352
Fiche éditeur : http://www.libreriafrancescana.it
Académies et universités en France et en Italie (1500-1800). Coprésence, concurrence(s) et/ou complémentarité ?

Académies et universités en France et en Italie (1500-1800). Coprésence, concurrence(s) et/ou complémentarité ?

Déborah Blocker (dir.)
Paris, CRH-GRIHL, Les Dossiers du GRIHL, 2, 2021

Présentation

Issu des contributions présentées lors d’une journée d’études interdisciplinaires organisée à l’EHESS à l’initiative de Dinah Ribard et de Déborah Blocker, ce numéro des Dossiers du GRIHL étudie la coprésence des académies et universités en France et en Italie durant l’époque moderne comme un fait culturel important et significatif, en mettant l’accent sur les formes de symbiose ayant existé localement entre ces deux types d’institutions. Les six contributions rassemblées mettent en évidence les effets que l’imbrication de ces deux types d’institutions a pu avoir sur les carrières des hommes lettres et des savants, sur la redéfinition des disciplines savantes, sur le renouvellement des contenus de savoir et sur la transformation tant des structures pédagogiques, que des principes d’enseignement.

La perspective comparatiste mise en œuvre vise à faire apparaître des lignes de force nationales ou même transnationales, à travers une investigation contrastée de configurations locales spécifiques. Envisageant les académies comme des lieux de formation à part entière, les études rassemblées considèrent ensemble tant le cas des hommes de science et des disciplines qu’ils développent, que celui des lettrés et de leur pratique des arts et des studia humanitatis. Enfin, les articles réunis scrutent le rapport des institutions académiques et des universités aux pouvoirs, aussi bien politiques que religieux, dans les contextes régionaux qui furent les leurs. Elles s’efforcent en particulier de saisir comment ces pouvoirs ont joué de la coprésence de ces deux types d’institutions, et en quoi ces formes de coprésence institutionnelle ont pu, à l’occasion, favoriser l’émergence de pratiques contestataires ou l’expression de perspectives hétérodoxes sur le plan religieux.

 

Sommaire


ISSN : 1958-9247
Fiche éditeur : https://doi.org/10.4000/dossiersgrihl.8562
Dénoncer les Juifs sous l'Occupation

Dénoncer les Juifs sous l'Occupation

Laurent Joly
Paris, CNRS ♫4ditions, Biblis, 2021,  288 p.
Prix : 10€

Omniprésente dans l’imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n’avait pourtant jamais fait l’objet d’une enquête approfondie. L’ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune.
Croisant approche institutionnelle et études de cas individuels, il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et du journal Au Pilori. À partir de correspondances privées inédites, il fait également revivre le destin de victimes, telle Annette Zelman, dénoncée à la Gestapo par les parents de son fiancé non juif et déportée en juin 1942.
Tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris est ainsi ressuscité : des contextes sociaux conflictuels, des stratégies de sauvetage anéanties, des vengeances sordides se donnant libre cours jusqu’aux dernières heures de l’Occupation.
La délation contre les juifs n’est pas ce phénomène de masse que l’on imagine communément. Instrument de la politique génocidaire des nazis, elle n’en a pas moins provoqué la mort de plusieurs milliers de femmes, hommes et enfants.


ISBN : 978-2271138286
Fiche éditeur : https://www.cnrseditions.fr/
Une histoire inquiète

Une histoire inquiète

Les historiens et le tournant linguistique

Sabina Loriga et Jacques Revel
Paris, Seuil, Hautes Études, 2022,  392 p.
Prix : 25€

L'histoire est une discipline traditionnellement confiante. Depuis le XIXe siècle au moins, les historiens se sont accordés sur un ensemble de règles et de conventions qui garantissaient tout à la fois la production de connaissances objectives et vérifiables, l'affirmation d'une communauté de métier et l'élaboration d'un récit partagé. Ce sont ces convictions essentielles qu'est venu ébranler le tournant linguistique, qui pose que le langage, loin d'être un medium neutre, participe de la construction du monde dans lequel nous vivons et que nous étudions.
Il s'agit d'un moment relativement bref - deux décennies à partir des années 1970 - mais intense, qui, depuis les Etats-Unis, a été à l'origine de fortes turbulences au sein de l'historiographie et, au-delà, dans toute une part des sciences sociales et des humanités. Dans ses versions les plus radicales, il a pu aboutir à une rupture entre les mots et les choses, au déni de tout rapport à la réalité et à la mise en cause de la possibilité même d'une connaissance du passé.
Des questions ont été posées, dont certaines restent ouvertes. L'histoire est aujourd'hui moins assurée de ses certitudes qu'elle ne l'était. Elle est sans nul doute plus inquiète. Les auteurs se proposent de reconstruire à travers cet ouvrage la dynamique d'un mouvement, le patchwork théorique qu'il a mobilisé, pour comprendre l'attraction qu'il a exercée, les polémiques et les rejets qu'il a suscités, en replaçant le tournant linguistique dans le cadre plus large du moment postmoderne qui, dans les mêmes années, traduit le sentiment d'un épuisement des valeurs et des formes sociales, politiques, culturelles, associées à la modernité.


ISBN : 9782021516753
Fiche éditeur : https://www.seuil.com/
Mesure, espace, sciences sociales (varia)

Mesure, espace, sciences sociales (varia)

Paris, Éditions de l'EHESS, Histoire & Mesure, vol. XXXVII, no 1, 2022,  210 p.
Prix : 22,50€

Présentation

Comment oublier l’œuvre insurpassée de Jean-Claude Perrot, sa capacité à faire interagir les savoirs et les pratiques économiques et statistiques, notamment en histoire urbaine ? Ce numéro lui rend hommage par une évocation de ses travaux, suivie de deux thématiques qui lui étaient chères : la mesure en sciences sociales et la mesure de l’espace. Les trois premières contributions, croisant histoire et, respectivement, mathématiques, sociologie et biométrie, illustrent l’ambition de décloisonner les tensions entre dimensions qualitatives et quantitatives. Les trois contributions suivantes abordent les transformations dans l’organisation spatiale à l’aune de critères quantitatifs dans des domaines extrêmement sensibles de nos jours, à savoir l’éducation nationale et la localisation/identification des personnes.

 

Sommaire

Nous avons mangé la Terre

Nous avons mangé la Terre

L'événement anthropocène

Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz et Jean-Robert Viallet
Paris, Seuil, Beaux-Livres, ,  192 p.
Prix : 29.90 €

De l’espace notre Terre est blanc et bleu. Des continents et des mers. En bas… un paradis. La douceur de l’air, l’odeur de l’iode et la fraîcheur de l’eau. Là, entre zéro et quinze kilomètres au-dessus du niveau de la mer, tout autour du globe, il y a ces 1 400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Le CO2 que nous avons émis depuis le début de l’industrialisation. Des milliards de tonnes prisonnières de la basse atmosphère.

Migrations d’élites.

Migrations d’élites.

Une histoire-monde XVIe-XXIe siècle

Marianne Amar & Nancy L. Green (dir.)
Tours, Presses Universitaires François Rabelais, Migrations, 2022,  304 p.
Prix : 26€

Présentation

Faut-il relire l’histoire des migrations en partant des élites ?
Longtemps cantonnée aux prolétaires, la recherche s’est progressivement élargie : des hommes aux femmes, de la grande industrie aux ateliers et aux commerces, de l’immigration à l’émigration, et d’une perspective centrée sur les pays d’arrivée à une approche plus globale.
Reste que l’on a rarement questionné, dans la durée, l’ensemble des classes sociales et des mobilités, et réfléchi à ce que l’expérience professionnelle fait aux trajectoires migratoires (et réciproquement).
Les migrations d’élite ne sont pas un phénomène nouveau. D’une certaine manière, les « expatriés » contemporains, passés au crible de la sociologie, apparaissent comme des héritiers, non comme des pionniers. Par ailleurs, les « élites » ne sont pas une catégorie stable et renvoient à une multitude d’états et de parcours.
Qui sont ces élites (politiques, économiques, scientifiques et culturelles) ? Quelles sont les conditions de leur départ ? Qu’apportent-elles aux sociétés dans lesquelles elles s’installent ? En montrant le phénomène de la migration des élites depuis l’époque moderne, ce livre interroge la complexité de ces mobilités et leur place dans le temps long des migrations.


Sommaire


ISBN : 978-2-86906-887-2
Fiche éditeur : https://pufr-editions.fr/
Animalité

Animalité

Silvia Sebastiani (dir.), Sylvie Steinberg (coord.)
Paris, Belin, Clio. Femmes, genre, histoire, 55, 2022,  340 p.
Prix : 26€

L’histoire des animaux et l’histoire des relations avec les animaux sont en plein développement. Ce numéro de Clio est centré sur la notion d’animalité et présente quelques croisements possibles entre les « Animal Studies » et l’histoire du genre. Des mythes antiques à l’exégèse biblique et à l’hagiographie médiévale, nombreuses sont les productions culturelles du passé qui proposent des représentations du genre à travers le récit de relations symboliques entre animaux et humains. À l’époque des Lumières et au XIXe siècle, ce sont surtout les naturalistes (Buffon, Darwin, Lombroso) qui ont tenté de percer les mystères de la reproduction ou des comportements sociaux des humains, à partir de l’observation des animaux. Mais les expériences de vie avec les animaux, qu’ils soient de compagnie ou d’élevage, modèlent également les relations de genre dans beaucoup de sociétés humaines où les animaux occupent une place centrale. Le numéro 55 se penche aussi sur les nouvelles formes de militantisme féministe, queer et antispéciste qui entendent transformer les hiérarchies entre humain et animal, femme et homme, féminin et masculin.


ISBN : 978-2-410-02555-2
Fiche éditeur : https://www.belin-editeur.com
Las formas de la Hispanofilia

Las formas de la Hispanofilia

José Javier Ruiz Ibañez et Bernard Vincent (dir.)
Salamanca, Ediciones Universidad Salamanca, 2022,  232 p.
Prix : 24€

Présentation

Les affinités envers la monarchie du roi d'Espagne étaient au centre de la capacité de projection et de la présence impériale ibérique à travers le monde. Ces affinités ont permis d'articuler un plus grand pouvoir d'influence sur les territoires et les sociétés en dehors de la Monarchie, au bénéfice d’acteurs politiques qui l'identifiaient comme leur allié naturel dans leurs conflits civils, de rebelles qui voulaient s'appuyer sur elle pour résister aux pouvoirs constitutifs, de familles qui ont développé une relation de clientèle avec la puissance ibérique vers laquelle convergeaient leurs rejetons pour travailler dans son administration, servir dans ses armées ou étudier dans ses universités ; de factions qui se sont maintenues grâce à leurs subsides, de financiers et de marchands qui cherchaient à profiter des possibilités offerte par le commerce et les contrats royaux ; de religieux ayant vu dans le modèle ibérique le moyen de renforcer le catholicisme... Tout cela s'est produit partout, aussi bien en Europe qu'en Asie, en Afrique ou en Amérique. Toutes ces sympathies définissent de multiples catégories qui ont eu un effet important à la fois sur les sociétés d'accueil et sur les possibilités politiques d'hégémonie espagnole.
Ce volume réunit les contributions de douze chercheurs d'Europe et d'Amérique étudiant les diverses typologies de ce phénomène complexe abordé généralement une par une et dont l'importance historique, prisonnière de l'attention apportée à la " Légende Noire ", n'a guère été soulignée.

Las afinidades hacia la Monarquía del rey de España estuvieron en el centro de la capacidad de proyección y de la presencia imperial ibérica a lo largo del mundo. Estas afinidades permitieron articular una mayor potencia de influencia sobre los territorios y las sociedades exteriores a la Monarquía, generando actores políticos que la identificaron como su aliado natural en sus conflictos civiles, rebeldes que se quisieron apoyar en ella para resistir a los poderes constitutivos, familias que desarrollaron una relación clientelar con el poder ibérico hacia el que confluían sus vástagos para trabajar en su administración,  servir en sus ejércitos o estudiar en sus Universidades; facciones que se sostenían en sus recursos en los conflictos cortesanos; financieros y mercaderes que buscaban beneficiarse de las posibilidades económicas del comercio y los asientos regios; religiosos que identificaban en un modelo ibérico la vía de refuerzo del catolicismo…  Todo esto se dio por doquier, tanto en Europa como en Asia, África o América. Todas estas simpatías definen múltiples categorías que tuvieron un importante efecto tanto sobre las sociedades receptoras, como sobre las posibilidades políticas de la hegemonía española.
Este volumen estudia las diversas tipologías que definieron un fenómeno tan complejo, intangible en ocasiones, y que ha sido analizado sólo desde perspectivas aisladas, sin llegar a percibir su importancia histórica, prisionero en parte de la Leyenda Negra. Para ello se ha reunido un equipo de investigadores europeos y americanos cuyos textos permiten comprender la pluralidad del sentido político, territorial, cultural y social de este fenómeno.


ISBN : 978-84-1311-540-5
Fiche éditeur : https://eusal.es
La circulation de la parole dans les communautés religieuses

La circulation de la parole dans les communautés religieuses

Marie Anne Polo de Beaulieu (dir.)
Paris, Centre de Recherches Historiques (CRH), L'atelier du CRH, 25, 2022

Le dossier consacré à la circulation de la parole dans les communautés religieuses confronte sources normatives et sources narratives du XIIIe au XVIIe siècle en Occident pour saisir toutes les variations de cette communication, paradoxale dans un monde voué au silence et au retrait du monde. Il s’ouvre par une introduction de J. Berlioz, articulant réflexion théorique sur la communication verbale et entretien avec un moine trappiste. Ph. Henriet propose une approche de la parole monastique à travers les lettres de Pierre Damien. Puis M. A. Polo de Beaulieu et V. Smirnova analysent les modalités de la circulation de la parole dans les communautés cisterciennes et dominicaines. Enfin, A. Roullet poursuit l’enquête dans les communautés religieuses féminines de la péninsule ibérique à l’époque moderne. Ces échanges de paroles très encadrés et hiérarchisés étaient destinés à cimenter la vie en communauté, à faire « sens commun » et à constituer et partager un savoir collectif.


ISBN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/
Explorer les archives et écrire l'Histoire

Explorer les archives et écrire l'Histoire

Autour de Roger Nougaret

Hubert Bonin et Laure Quennouëlle-Corre (dir)
Genève, Droz, Histoire économique et sociale internationale, 2022,  672 p.

Cet ouvrage collectif entend rendre hommage à l’un des archivistes bancaires les plus dynamiques et les plus compétents de sa génération, Roger Nougaret. Gardien vigilant des archives, tout en étant le promoteur de leur valorisation, il s’est aussi distingué par sa capacité à faire dialoguer trois mondes, celui des archivistes, des historiennes et historiens d’entreprise et des banquiers.

En témoignent ces mélanges qui réunissent une quarantaine d’auteurs français et étrangers qui ont souhaité rendre hommage à sa compétence et à son rôle fédérateur. La diversité des approches et des échelles, fréquente dans un ouvrage d’hommage, trouve toutefois ici un dénominateur commun, l’histoire d’entreprises, qu’elles soient industrielles ou bancaires, qu’il s’agisse de PME ou de grands groupes.


ISBN : 978-2-600-06379-1
Fiche éditeur : https://www.droz.org/france/product/9782600063791
L’État contre les juifs

L’État contre les juifs

Vichy, les nazis et la persécution antisémite (1940-1944)

Laurent Joly
Paris, Grasset, 2018,  368 p.
Prix : 20,90€

Sur Vichy et la Shoah, on pensait tout savoir. Ce livre démontre qu’il reste encore beaucoup à découvrir. Répondant à une série de questions clés, Laurent Joly renouvelle profondément l’histoire de la persécution des juifs sous l’Occupation et balaie bien des idées reçues.
Pourquoi, dès l’été 1940, le régime du maréchal Pétain a-t-il impulsé une politique antisémite  ? Pourquoi a-t-il accepté de contribuer aux déportations massives décidées par les nazis en 1942 et d’assumer pleinement ces opérations, à Paris comme en zone libre  ? Dans quelle mesure l’administration a-t-elle collaboré à la politique génocidaire  ?
S’appuyant sur de nombreuses sources inédites, restituant les marges de manœuvre des agents (du dirigeant étatique jusqu’au simple gardien de la paix) et les effets concrets de leurs décisions, Laurent Joly écrit une histoire incarnée, au plus près des exécuteurs, des victimes et des témoins.
Le lecteur apprendra ainsi que le statut d’octobre 1940 n’est pas une simple transposition de la tradition antisémite française  : Vichy cherche surtout à suivre le modèle nazi. Sur le Vel d’Hiv, il découvrira une histoire qu’on ne lui a jamais racontée  : l’opération du point de vue policier. Enfin, il réalisera que l’idée selon laquelle la persécution des juifs a été occultée par la justice de l’épuration mérite d’être fortement nuancée.
Au bout du compte, Laurent Joly montre que si toute la puissance de l’État a été mobilisée pour persécuter puis rafler les juifs, les logiques propres à l’appareil étatique, ses objectifs contradictoires, ses pesanteurs et finalement les résistances ont contribué à ce que la majorité des juifs de France, frappés de plein fouet par la persécution, échappent malgré tout à la mort.


ISBN : 978-2-246862994
Fiche éditeur : https://www.grasset.fr
L'Europe

L'Europe

Encyclopédie historique

Christophe Charle et Daniel Roche (dir.), Stéphane Van Damme, Brigitte Marin, Antoine Lilti, en collaboration avec Paul Boulland, Christophe Duhamelle, Bruno Dumézil, Antoine Lilti, Brigitte Marin, Stéphane Van Damme, Blaise Wilfert-Portal
Arles, Actes Sud, 2018,  2400 p.
Prix : 59€

De la fin de l’Antiquité à nos jours circulent les cultures, se métissent les peuples, se transforment les sociétés, s’étendent les pouvoirs au sein d’une Europe aux dimensions variables selon les époques et ses rapports changeants avec le reste du monde.
L’Europe livre tous les éléments indispensables pour comprendre la multiplicité des strates, des conflits ou des échanges qui ont fait naître, déployé ou remodelé ce continent. Celui-ci cumule paradoxes et contradictions historiques : à la fois fort et faible, temporairement réuni ou profondément divisé ; y alternent phases d’expansion et de repli, périodes de certitude et de supériorité proclamée et moments de dépression ou de décadence réelle ou supposée.
En ressort un portrait polyphonique et dynamique, raisonné et critique, d’une civilisation, une et plurielle, à bien des égards plus unie qu’on ne le croit, dont l’histoire tour à tour exalte, instruit ou désespère.
Ce faisant, L’Europe offre le guide d’exploration nécessaire au moment crucial que nous traversons :

  • une organisation des savoirs à la fois chronologique et thématique ;

  • une présentation des cultures matérielles et immatérielles ;

  • la diversité spatiale et temporelle des Europes ; la pluralité productive des approches historiques : intellectuelle, politique, économique, sociale, technique, religieuse, culturelle, symbolique ;

  • la contribution multinationale de plus de 430 spécialistes.

Parmi les auteurs, on relève de nombreux membres ou anciens membres du CRH :henriette Asséo, Jean Baumgarten, Gérard Béaur, Patrice Bourdelais, André Burguière, Roger Chartier, Fanny Cosandey, Gérard Delille, Christophe Duhamelle, Sylvie-Anne Goldberg, Alice Ingold, Dominique Julia, Wolfgang Kaiser, Emmanuel Le Roy Ladurie, Antoine Lilti, Natalia Muchnik, Adeline Rucquoi, Silvie Sebastiani, Sylvie Steinberg et Bernard Vincent.

Images de soi dans l’univers domestique (XIIIe-XVIe siècle)

Images de soi dans l’univers domestique (XIIIe-XVIe siècle)

Gil Bartholeyns, Monique Bourin et Pierre-Olivier Dittmar (dir.)
Rennes, PUR, Art et Société, 2018,  248 p.

Quand et comment les images sont-elles entrées dans la maison ? Quel était leur rôle dans la vie de tous les jours ? Certaines protègent les lieux, d’autres servent d’aide-mémoire ou de support à la prière, la plupart des décors sont des signes de prestige. Cet ouvrage propose un premier jalon d’une histoire sociale et intime des images, en s’attachant aux décors et aux signes qui exprimaient la culture et l’identité des habitants mais aussi des familles et des réseaux de connaissance. L’histoire de la personne et l’histoire des images trouvent dans la maison un lieu de rencontre plein de surprises.


ISBN : 978-2-7535-7480-9
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr
La singularité / Singularity

La singularité / Singularity

Samuel Hayat, Judith Lyon-Caen et Federico Tarragoni (dir.)

Openedition Journals, Tracés, 2018,  245 p.

 Ce numéro construit la notion de singularité, entre les sciences sociales, la philosophie et les arts, en prenant un double point d’appui. Le premier est celui des opérations analytiques consistant à produire un savoir généralisant et ouvert à la comparaison à partir d’objets réputés singuliers, uniques, irréductibles, contingents. Tout en s’inscrivant dans la continuité des débats fondateurs en sciences sociales sur l’articulation de la représentativité et du « cas limite », les différents articles du dossier les prolongent sur des bases nouvelles, en s’inspirant des savoirs de la philosophie, du droit ou des arts. Le deuxième point d’appui, plus empirique, est celui des processus concrets de singularisation des individus, à partir de pratiques, d’interactions et de sociabilités dans des domaines divers (représentation politique, engagement militant et usages du droit, pratiques artistiques et culturelles, pratiques d’esthétisation du corps, sociabilités de voisinage). Il s’agit ici d’analyser, cas par cas, les logiques de construction d’identités singulières chez les individus, et de comprendre comment elles interagissent avec les déterminations sociales.


ISSN : 1963-1812
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/traces/
Histoire des sexualités

Histoire des sexualités

Sylvie Steinberg, Christine Bard, Sandra Boehringer, Gabrielle Houbre et Didier Lett (dir.)
Paris, PUF, 2018,  528 p.
Prix : 22€

Accessible et riche, inventive sur le plan de la recherche documentaire comme dans la réflexion, cette histoire des sexualités propose de retracer les grandes étapes et les évolutions des normes et des mentalités. « Fait social total », la sexualité est à l'intersection de plusieurs types d'approches historiques : sociales, anthropologiques, culturelles, linguistiques. Sous les projecteurs croisés de la démographie historique, de l'anthropologie culturelle et de l'histoire sociale, son histoire pose l'hypothèse que les comportements humains qui lui sont liés – fantasmes et représentations, pratiques érotiques et procréatives – sont eux aussi des objets qu'il s'agit d'étudier sans les détacher des autres pans de l'histoire humaine. Mais on ne saurait aujourd'hui s'intéresser à la sexualité sans y faire également entrer des outils forgés dans le champ de l'histoire du genre. Plus que jamais, la sexualité est devenue un domaine incontournable de l'histoire.


ISBN : 978-2-13-072979-2
Fiche éditeur : https://www.puf.com
Paris au fil de la Seine

Paris au fil de la Seine

les Carnets des Guides Bleus

Isabelle Backouche
Paris, Hachette, Tourisme, 2018,  160 p.
Prix : 10€

Savez-vous que l’île Saint-Louis était encore, à l’époque de Voltaire, « un quartier de Paris qui est éloigné de tout » ? Que la Seine, avec ses bouquinistes, est la plus grande librairie à ciel ouvert du monde ? Que la baignade était autrefois autorisée, à l’intérieur de bateaux spéciaux ? Que lors de la crue de 1910, le fleuve atteignait la gare Saint-Lazare ?

Ce nouveau carnet de la collection des Guides Bleus propose une balade à la découverte du cœur historique de Paris, de l’Institut du monde arabe à la Concorde, en passant d’une rive à l’autre, avec des visites inédites de Notre-Dame de Paris et du jardin des Tuileries.

  • Des visites commentées qui vous racontent l’art et l’histoire à la manière d’un guide-conférencier.

  • Une foule d’anecdotes pour découvrir les personnages plus ou moins célèbres qui ont façonné l’usage du fleuve ou habité ses rives, les petites histoires des gens resituées dans la grande histoire de Paris.

  • Une animation audio « Gens de la Seine » qui restitue l’ambiance du fleuve au 18e siècle, avec ses métiers disparus.

  • Des focus pour vous représenter mieux la Seine autrefois, et des « Petits plus » pour faire ressortir des éléments qui aident à la compréhension de la visite.

  • Des quiz pour tester vos connaissances tout en vous amusant.


ISBN : 9782017032380
Fiche éditeur : http://www.guides-hachette.fr
Transferts de mémoire

Transferts de mémoire

Sabina Loriga (dir.)
Paris, Politika/Labex Tepsis, Passés/Futurs, 2018

À partir d’œuvres, de sources de nature diverse, et dans un dialogue avec la notion de « postmémoire » thématisée par Marianne Hirsch, les cinq contributions de ce dossier interrogent les mémoires au « second » ou au « troisième » degré, qui occupent dans l’espace public une place croissante, ainsi que les processus de transmission ou de constitution de ces mémoires en réalité discontinues, transformées par les consciences de ceux qui en sont aujourd’hui les dépositaires.

Cette question est encore au cœur du dialogue entre un historien, Justo Serna, et un grand romancier qui ne cesse d’explorer le passé, ses traces dans le présent, sa reconstitution et les limites de la réalité : Javier Cercas.

Acteur majeur des études sur la mémoire, Andreas Huyssen fait pour sa part le point, dans un entretien mené par Patrick Eser, sur sa trajectoire et les tendances de ce champ de recherche ; tandis que l’historienne Carolyn Dean revient sur la constitution contemporaine de la figure du témoin, et que Fernando Molina Aparicio questionne les incidences politiques des mémoires de la guerre civile espagnole au Pays Basque.

Transferts de mémoire : ou les manières selon lesquelles le passé ne passe pas.

Capitalisme/Kapitalismus

Capitalisme/Kapitalismus

Hinnerk Bruhns, Patrick Fridenson, Jürgen Kocka (dir.)
Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Trivium, revue électronique, 2018

Capitalisme : un mot français d'origine, une première conceptualisation essentiellement allemande. Ce numéro de Trivium se fait l'écho des manières nouvelles dont dans les deux pays l'histoire, la sociologie, les sciences de gestion rendent compte des transformations du capitalisme induites par la globalisation, la financiarisation, la révolution numérique et la fin des régimes communistes à l'Est comme des questions qu'elles posent sur l'économie, la société, la politique et la culture, ainsi que sur le passé et l'avenir du capitalisme. Elles mettent en évidence dans les sciences sociales les changements des concepts, le renforcement de l'analyse des pratiques et les termes nouveaux de la critique. Elles ouvrent trois débats : sur les relations entre dirigeants et actionnaires des entreprises modernes par rapport aux exigences sociales et environnementales, sur la croissance ou la diminution de la place de l'industrie  et  sur les inégalités entre personnes, groupes sociaux et pays.

Ce numéro a été réalisé avec l’aide de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (Ministère de la Culture), de la Fondation Fritz Thyssen (Cologne) et du Centre de recherches historiques (EHESS/CNRS).

Sommaire


ISSN : 1963-1820
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/trivium/
Le travail de l'histoire

Le travail de l'histoire

Etienne Anheim
Paris, Editions de la Sorbonne, 2018,  234 p.
Prix : 18€

Qu'est devenu aujourd’hui le « métier d’historien » dont parlait Marc Bloch ? En suivant le fil d’une expérience individuelle, ce livre s’interroge sur le travail de l’histoire, entendu dans un double sens. C’est d’abord le travail sur l’histoire, comme matériau de recherche, qui pose des questions intellectuelles mais aussi pratiques. Comment devient-on chercheur en histoire ? Que signifie lire, écrire, éditer des textes quand on est historien ? Quels sont les enjeux de l’enseignement de l’histoire ? Pourquoi participer à l’évaluation ou à l’administration au sein des institutions universitaires ? Qu’implique le fait d’intervenir dans la sphère publique ? Ces questions font le quotidien de l’historien autant, voire plus, que la fréquentation des archives et des bibliothèques. En filigrane, le travail de l’histoire désigne aussi, dans un sens qui mêle les dimensions personnelle et professionnelle, l’histoire au travail. Non seulement l’histoire comme flux temporel, qui transforme les êtres et les choses, mais aussi comme discipline, qui produit des effets sur celui qui la pratique et qui est, en retour, travaillé par cette histoire.


ISBN : 979-10-351-0080-3
Fiche éditeur : http://www.editions-sorbonne.fr
Michel de Certeau et la littérature

Michel de Certeau et la littérature

Jean-Christophe Abramovici et Christian Jouhaud (dir.)

Paris, CRH, Les Dossiers du GRIHL, 2, 2018,  392 p.
Prix : 27,50€

Version papier en impression à la demande

Présentation

La littérature dans l’œuvre de Michel de Certeau, c’est un peu comme le bocage où l’arbre est partout et la forêt nulle part. Les mots du littéraire foisonnent (littérature, roman, fiction, poétique, etc.), qu’il s’agisse de mystique, de psychanalyse, des cultures contemporaines, de l’écriture de l’histoire. Mais ces mots que désignent-ils exactement, de quoi sont-ils les noms ou les opérateurs ? Quel « pratiquant » de la « littérature » révèlent-ils ? Et quel écrivain ?

Les vingt communications issues du colloque « Michel de Certeau et la littérature » publiées dans ce volume apportent des réponses à ces questions. Elles le font en visant trois objectifs : dresser un état des lieux du littéraire certalien ; décrire et comprendre pourquoi et comment Certeau historien a constamment envisagé l’historiographie la plus rigoureuse comme « fiction » et comme « littérature » ; saisir comment la problématique des actes de lecture débouche sur une éthique et une politique de la présence et de l’absence. Elles le font aussi en tentant de prendre la mesure des potentialités théoriques du recours à la littérature chez Certeau qui a écrit que « la littérature est le discours théorique des procès historiques » et que le roman « c’est le rapport que la théorie entretient avec l’apparition événementielle de ses limites ».

Sommaire

Fable

  • Patrick Goujonet Sophie Houdard : Jean-Joseph Surin et « L’illettré éclairé » : une série littéraire (1968-1982), p. 9-26.

  • Diana Napoli : La Fable mystique : une phénoménologie de l’écriture, p. 27-44.

  • Clément Duyck : Le faire poétique chez Michel de Certeau, p. 45-60.

Historio-graphies

  • Andrés G. Freijomil : Pratique du réemploi textuel et lecture de soi-même chez Michel de Certeau, p. 63-74.

  • Christian Jouhaud : « Roman » psychanalytique et écriture de l’histoire, p. 75-90.

  • Denis Pelletier : Histoire, littérature et psychanalyse. Michel de Certeau et l’école des Annales (1974-1975), p. 91-108.

  • Agnès Guiderdoni : De quel genre littéraire l’hagiographie est-elle le nom chez Michel de Certeau ?, p. 109-122.

Ecriture(s)

  • Michèle Clément : Michel de Certeau : critique et pratique de la littérature, p. 125-142.

  • Boris Lyon-Caen : Certeau cannibale ? Les ressources de la « relation “ethnographique” », p. 143-156.

  • Alain Cantillon : « Le supplément défectueux », p. 171-192.

  • Dinah Ribard : La première personne du singulier, p. 193-208.

  • Norihiro Morimoto : « Introït à l’écriture » : Michel de Certeau et les préfaces des mystiques, p. 209-224.

Fictions

  • Laurence Giavarini : La fiction-sorcière : contre la littérature ?, p. 227-244.

  • Annick Louis: Le concept de braconnage. Présences de Borges dans l’œuvre de Michel de Certeau, p. 245-262.

  • Daniel Wanderson Ferreira : Michel de Certeau et l'écriture poétique de l'histoire, p. 263-274.

  • Mohammed Chaouki Zine : L’instant littéraire. Une “tactique” dans la configuration du savoir moderne d’après Michel de Certeau, p. 275-308.

Traces

  • Romuald Fonkoua : Paroles et prises de parole chez les "écrivains subalternes", p. 311-328.

  • Nicolas Schapira : Quand le diable écrit et publie. Le littéraire comme pratique sociale dans la correspondance de Surin et La Possession de Loudun, p. 329-342.

  • Jean-Christophe Abramovici : Les traces littéraires dans La Fable mystique, p. 343-354.

  • François Trémolières : Conclusions, p. 357-360.

 


ISBN : 978-2-908452-08-2
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/6799
L’art de poser les (bonnes ?) questions

L’art de poser les (bonnes ?) questions

Jacques Berlioz
Paris, Arkhé Éditions, 2018,  218 p.
Prix : 14,90€

Les questions sont partout : en famille ou en couple, à la fin d’une conférence ou au beau milieu d’une réunion. Sans elles, pas de dialogue possible et difficile de sonder les profondeurs d’un discours.
L’étendue des possibilités est sans limites : questions ouvertes ou fermées, de béotien ou d’érudition, de bonne ou de mauvaise foi… Parce qu’il est grand temps d’apprendre à poser – ou pas ! – les bonnes questions, découvrez les techniques qui marchent, depuis celles des gourous du coaching en Questiologie©, jusqu’à celles des plus machiavéliques, qui programment la sonnerie de leur téléphone pour qu’elle perturbe leur interlocuteur. Décryptez les rapports de force entre intervenants et écoutants, et passez maître dans l’art de l’interrogation !
Entre le Umberto Eco de Comment écrire sa thèse et le David Lodge d’Un tout petit Monde, cet essai en forme de guide pratique, émaillé de références savantes et d’exemples hilarants décrypte la marche à suivre.


ISBN : 978-2918682462
Fiche éditeur : http://www.arkhe-editions.com/
Une fiscalité de guerre ?

Une fiscalité de guerre ?

Contraintes, innovations, résistances

Florence Descamps, Laure Quennouëlle-Corre (dir.)
Paris, IGPE, Animation de la recherche, 2018,  360 p.
Prix : 44€

Après la publication consacrée à la mobilisation financière pendant la Grande guerre (2015) et celle centrée sur le désordre des finances publiques en temps de guerre (2016), ce troisième volume entend se pencher sur l’appel à la fiscalité. L'ouvrage poursuit l'étude comparée du financement de la Grande Guerre par les différents pays belligérants. Le patriotisme financier, qui s'est manifesté lors des emprunts, s'est-il prolongé dans un consensus autour de l'impôt ou bien s'est-il conjugué avec des résistances, voire le développement de fraudes, face l'augmentation des contributions fiscales ? Dans ce volume, l'analyse comparative des effets de l'élévation de la fiscalité dans les pays européens nourrit la réflexion historique et permet de tracer là encore des similitudes et des différences parfois inattendues entre les territoires.


ISBN : 978-2-11-129429-5
Fiche éditeur : https://www.lgdj.fr
La légende de Yosef della Reina, activiste messianique

La légende de Yosef della Reina, activiste messianique

Jean Baumgarten
Paris, Editions de l'éclat, Eclats, ,  160 p.
Prix : 10€

Activiste messianique ou “accélérateur de Messie”, Yosef della Reina fait partie des anti-héros de la mythologie juive. Son impatience obstinée le pousse à vouloir hâter la venue du Messie. Pour cela, il lui faut combattre et vaincre les forces du mal, incarnées dans un chien, afin d’accomplir le tikkun ha-olam, la “réparation du monde”, préalable indispensable à l’ère messianique. Le fiasco de son entreprise et sa fin tragique nous mettent en garde contre tous ceux qui s’arrogent des prérogatives divines pour finalement mener les hommes à la ruine.

Jean Baumgarten présente ici trois versions de cette célèbre légende, étudiée naguère par Gershom Scholem et Zalman Shazar. La première, en hébreu, date du XVIIe siècle, la deuxième fut rédigée en yiddish au XVIIIe, et la dernière est l’un des premiers poèmes composés en yiddish par le jeune Shmuel Yosef Agnon, alors âgé de 15 ans, bien avant donc qu’il ne devienne Prix Nobel de littérature.


ISBN : 978-2-84162-445-4
Fiche éditeur : http://www.lyber-eclat.net/
le Feu des manuscrits

le Feu des manuscrits

Lecteurs et scribes des textes médiévaux

Alain Boureau
Paris, Les Belles Lettres, 2018,  192 p.
Prix : 22€

Les manuscrits se consument moins que leurs lecteurs. Et ici, je veux parler de l’éclat lumineux des manuscrits et de l’obscurité qui les menace toujours et dire ma passion des manuscrits, ou plutôt de l’activité manuscrite.
"J’aime l’unicité fragile des manuscrits, sans leur vouer l’adoration ou la convoitise suscitées par des trésors, que j’évoque d’abord avant de livrer mon expérience des rapports incommodes entre les institutions détentrices, les lecteurs et les scribes. La suite, sur mes péripéties de déchiffreur, s’intitule « la peau des scribes » : à partir du matériau d’écriture, le cuir des moutons, je veux me mettre dans la peau des scribes face à leurs détracteurs, ceux qui veulent « avoir leur peau »".
Mais entre les scribes et moi, s’interpose l’institution d’une discipline qui s’est voulue « scientifique », avec une exigence de généalogie qui se fondait sur une recherche en paternité, bien vaine pour les textes médiévaux où les traces de l’auteur s’effacent au profit de celles des scribes, malgré d’illustres exceptions. Même en se libérant de ces carcans, le lecteur n’accède pas facilement aux textes des manuscrits : l’objet qui les porte, matériel, subit les aléas et infortunes des choses et les inadvertances des hommes qui en gèrent la fabrication. J’en viens alors à mes frères, les scribes eux-mêmes, quand je traite des marges du manuscrit comme lieu d’organisation du texte par les scribes, avant de présenter leur intervention directe et inventive dans le texte.
Ce livre raconte une rencontre heureuse.


ISBN : 978-2-251447940
Fiche éditeur : https://www.lesbelleslettres.com
Un moment, des histoires

Un moment, des histoires

Jacques Revel
Paris, Les Editions de l'EHESS, Audiographie, 2018,  166 p.
Prix : 9,80€

 Avec une postface de Christophe Prochasson

Un moment historiographique : depuis un demi-siècle, l'histoire s'est profondément renouvelée dans les questions qu'elle pose et dans celles qu'on lui pose, dans ses propositions comme dans ses pratiques. D'autres histoires ont été possibles. Un demi-siècle, c'est très peu dans le cours d'une très ancienne discipline. Ce n'est pas tout à fait rien dans une vie d'historien. Cinq entretiens radiophoniques proposés par Emmanuel Laurentin dans le cadre de l'émission À Voix Nue en 2017 donnent à Jacques Revel, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, codirecteur des Annales, l'occasion de revenir sur les enjeux d'une expérience collective, dont il présente ici une lecture personnelle.


ISBN : 978-2-7132-2732-5
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
Eurocentrism and the Politics of Global History

Eurocentrism and the Politics of Global History

Alessandro Stanziani
Palgrave Mac Millan, 2018,  153 p.
Prix : 69,99$

De l’histoire universelle, à la comparaison, à l’histoire connectée, l’histoire globale inclut toute approche qui ne soit pas étroitement centrée sur une aire culturelle ou un pays. Ces approches foisonnantes opèrent un décentrement de perspective et remettent en discussion des chronologies et des orientations affirmées. Jamais l’histoire de la Chine, de l’Inde, de plusieurs pays d’Afrique n’aura attiré autant d’attention parmi les historiens, sociologues, politistes, les enseignants et le public qu’au cours des dernières années. En même temps, les différents courants de l’histoire globale se rassemblent autour de leur critique de l’européocentrisme.  Cette critique, quoique en bonne partie  justifiée, est trop souvent confuse, voire même – de manière paradoxale-  elle-même européocentrique.  L’histoire globale s’appuie essentiellement sur des sources anglo-saxonnes et a du mal être acceptée dans des pays où le nationalisme historiographique est important, non seulement en Europe mais aussi et surtout en Afrique et en Asie. Cet ouvrage cherche alors à tracer une histoire connectée de l’européocentrisme, si bien qu’il existe, à partir du XVIIe siècle à nos jours, et suggère des pistes permettant de dépasser aussi bien le cloisonnement par aires culturelles que la globalité anglo-saxonne.

 

Table of contents (6 chapters)

Why We Need Global History (pp. 1-19)

Connected Historiographies in Expanding Worlds: Sixteenth and Seventeenth Centuries (pp. 21-57)

Inventing Modernity (pp. 59-90)

The End of the Old Order: History, Nationalisms, and Totalitarianism (pp. 91-116)

Global History in the Cold War and Decolonization (pp. 117-143)

Conclusion: Global History in the Face of Globalization and the Return of Nationalisms (pp. 143-150)

 


ISBN : 978-3-319-94740-2
Fiche éditeur : https://www.palgrave.com
Les Règles de la parenté, entre histoire et anthropologie

Les Règles de la parenté, entre histoire et anthropologie

Autour des travaux de Gérard Delille

Elie Haddad (dir.)
Paris, CRH, L'Atelier du CRH, 19bis, 2018

Sept historiennes et historiens confrontent leurs objets et leurs méthodes à l’interprétation générale du système de parenté européen médiéval et moderne proposée par G. Delille pour mieux mettre en avant les différents enjeux historiques, théoriques et documentaires des débats en cours dans ce champ de recherche. Le lecteur est ainsi invité à arpenter quelques terrains sur lesquels se déploient des questionnaires visant à mieux comprendre les changements des sociétés d’Europe et d’ailleurs, au croisement de l’anthropologie et de l’histoire.

 

Sommaire

Elie Haddad
Système de parenté et histoire sociale : éléments pour un débat- Introduction

Gérard Delille
Logique générale de l’échange, stratégies de l’alliance et changement historique 

Anita Guerreau-Jalabert
L’apport des données médiévales à l’analyse du système d’alliance européen

Sylvie Steinberg
Sang des bâtards, sang de la noblesse : à propos des « contextes durables » en anthropologie historique de la parenté

Jean-Paul Zuñiga
Généalogie, parenté et histoire sociale. Composition et re-compositions des familles en milieu colonial, Santiago du Chili (mi-XVIe-fin XVIIe siècles)

Michaël Gasperoni
Le « nom fragile » : mobilité onomastique, sociale et géographique entre Marches et Romagne (Italie centrale) à l’époque moderne

Robert Descimon
Le trop proche ? Mariages dans le nom du père à Paris aux XVIe et XVIIe siècles

Claire Chatelain
Système de parenté et acteur : quelles médiations ?

Elie Haddad
Bibliographie indicative - Anthropologie et histoire de la parenté, de la famille et de la transmission

Histoire des sexualités

Histoire des sexualités

(Volume 2)

Sylvie Steinberg (dir.)
Paris, Presses Universitaires de France et Frémeaux & Associés, Cours particulier, Vol. 2, 5 CD audio, 2018Prix : 29,99€

Les Presses Universitaires de France et Frémeaux & Associés proposent des cours particuliers sous forme de CD audio, sur l’Histoire des sexualités, racontée, expliquée et analysée par Sylvie Steinberg, Gabrielle Houbre et Christine Bard, historiennes (Volume 2). L’œuvre de Michel Foucault a mis l’accent sur le caractère culturel de toute sexualité, variable dans l’espace et le temps, sur sa dépendance aux discours et aux enjeux religieux, scientifiques et politiques. Cet ouvrage vise à rendre compte, de façon accessible et vivante, des évolutions historiographiques récentes. Se plaçant sur la longue durée « occidentale », il aborde l’ensemble des constructions culturelles de la sexualité, les spécificités de chaque période historique (de l'âge des Lumières au XXIe siècle) et leurs évolutions significatives.

CD 1 par Sylvie Steinberg : L’âge des Lumières: La limitation des naissances, une pratique émergente. L’influence des nouvelles conceptions médicales. La politisation des pratiques sexuelles. Libertinage, la condition masculine, la condition féminine.

CD 2 et 3 par Gabrielle Houbre : Le XIXe siècle: Le romantisme rompt avec le libertinage. L’apprentissage de la sexualité chez les jeunes gens de l’élite et dans la jeunesse paysanne. La sexualité procréative conjugale et le discours de l’Eglise et des médecins. L’élaboration de la norme. Les sexualités interlopes. La prostitution et la pornographie. L’homosexualité. Les violences et les crimes sexuels.

CD 4 et 5 par Christine Bard : Le XXe siècle et le XXIe siècle: La maîtrise de la fécondité. Révolutions dans l’hétérosexualité. La libération homosexuelle. La révolution sexuelle face aux violences. Les représentations du sexe « libéré ». Représentations/Interprétations.

Voir le volume 1

Fiche éditeur : https://www.fremeaux.com
Clemens Heller

Clemens Heller

Impresario des sciences de l'homme

Hinnerk Bruhns, Joachim Nettelbeck, Maurice Aymard (ed.)
Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2018,  180 p.
Prix : 19€

Le nom de Clemens Heller est étroitement associé au rôle éminent qu'il a joué dans le développement des sciences sociales et humaines dans la ­deuxième moitié du xxe siècle. Dans ce livre, des auteurs de plusieurs pays présentent le portrait d’un créateur d’institutions et d’un initiateur de connexions intellectuelles dont les réalisations ont pu être qualifiées comme une des plus grandes réussites de la France dans le domaine de l’orientation et du développement de la recherche. La première partie du livre s’ouvre par un essai de Wolf Lepenies (« Une personnalité c’est une institution à elle seule »), suivi de témoignages éclairant différents aspects de la personnalité de Clemens Heller et de sa façon d’agir (Robert Darnton, Immanuel Wallerstein, Dominique Moïsi, Roger Chartier, David Gugerli, Reinhart Meyer-Kalkus). La deuxième partie comprend des analyses historiques et sociologiques. La création du Salzburg Seminar après la Deuxième Guerre mondiale est étudiée par Joachim Nettelbeck, l’histoire de la longue (1951-1985) et très étroite collaboration de Clemens Heller avec Fernand Braudel est retracée par Maurice Aymard. L’introduction et l’institutionnalisation des études sur les aires culturelles à la VIe section de l’EPHE sont analysées par Ioana Popa (« Ressources biographiques et configurations d’acteurs ») et Anne Kwaschik (« Le management des projets »). Suivent une interrogation de Hinnerk Bruhns sur le rapport entre institution et personnalité dans le fonctionnement de la Maison des sciences de l’homme créée par Braudel et Heller, ainsi qu’une réflexion de Patrick Fridenson, à propos de l’apport de Clemens Heller à l’internationalisation de l’histoire sociale et économique, sur sa capacité d’agir librement à l’intérieur d’un monde des organisations de recherche et sur sa foi dans la dynamique des sciences sociales.


ISBN : 2-7351-2404-5
Fiche éditeur : http://www.editions-msh.fr
Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Jacques Revel (dir.)
Paris, L'Atelier du CRH, 17bis (version papier), 2018,  212 p.

La mort prématurée d’Alain Dewerpe (1952-2015) a laissé inachevée l’œuvre d’un historien majeur. Présentés à l’occasion d’une journée d’études organisée par le Centre de recherches historiques le 30 janvier 2017, les essais rassemblés dans ce volume en proposent une première reconnaissance.

A l’École des hautes études en sciences sociales qu’il avait rejointe en 1991, la recherche et l’enseignement d’A. Dewerpe ont, pour l’essentiel, été consacrés à l’histoire des mondes de l’industrie du xviiie au xxe siècle. Depuis ses premiers travaux, sur la proto-industrialisation en Italie et en France, jusqu’à à la longue recherche qu’il a consacrée à la grande entreprise génoise de sidérurgie et de mécanique Ansaldo, les mêmes thèmes se font écho : la formation d’une main d’œuvre, l’organisation du travail industriel et ses tensions,  les formes de la production et  les espaces matériels dans lesquels elle s’inscrit.

Parallèlement, A. Dewerpe a très tôt amorcé une réflexion sur l’État, qu’il n’a cessée d’approfondir. Le programme de ce qu’il a lui-même défini comme une « anthropologie de l’État » est explicité dans deux grands livres savants, longuement préparés, Espions. Une anthropologie historique du secret d’État contemporain (1994) et dans Charonne. Anthropologie historique d’un massacre d’État (2006), qui illustrent l’ambition, l’audace et le sens de l’expérimentation d’un grand historien.

Entre ses deux versants de l’œuvre, on retrouve des préoccupations communes : une attention soutenue aux pratiques qui font exister les institutions, aux espaces dans lesquelles elles s’inscrivent, un intérêt pour les formes de l’agrégation sociale,, une fascination pour les techniques et leurs gestes ; et, à l’arrière-plan, le souci des enjeux politiques qui sont inséparables de la vie sociale jusque dans son détail.

l'ouvrage pourra très prochainement être commandé à partir de la version en ligne, à l'URL suivante : http://journals.openedition.org/acrh/7955


ISBN : 978-2-908452-07-5
Fiche éditeur : http://journals.openedition.org/acrh/7955
Des châteaux en Espagne

Des châteaux en Espagne

Gouvernement des finances et mobilité sociale au XVIIe siècle

Sébastien Malaprade
Limoges, PULIM, 2018,  352 p.
Prix : 26€

Jusqu’à quel point était-il souhaitable de s’enrichir et de s’élever au XVIIe siècle en Espagne ? Sous l’Ancien Régime, l’ascension sociale demeurait problématique, surtout pour les hommes nouveaux impatients de constituer un lignage nobiliaire. En brûlant les étapes d’un processus réclamant du temps, ils faisaient fi des usages et des conceptions alors prégnantes de la mobilité.

Ce livre raconte et analyse les ambitions, les stratégies, les réussites et les déconvenues de Rodrigo Jurado y Moya, fils d’un laboureur andalou qui amassa l’une des plus belles fortunes d’Espagne dans la première partie du règne de Philippe IV, avant d’être l’objet d’une visite judiciaire. Accusé de malversations et de corruption, il fut dépouillé des hautes charges qu’il exerçait au sein de l’appareil financier de la monarchie et mourut en 1650, couvert d’ignominie.

À partir du cas Rodrigo Jurado y Moya, l’ouvrage mobilise un très vaste corpus documentaire sur sa famille, sa parenté, ses relations, ses activités d’officier, ses rêves seigneuriaux. Les potentialités de la micro-histoire sont finement exploitées et permettent de dévoiler les modalités méconnues de la participation des juristes au gouvernement des finances.

À rebours de l’image convenue d’une société espagnole ankylosée et asphyxiée par la « crise », la recherche démontre l’inventivité et les intérêts partagés des experts de l’acrobatie financière et fiscale. Grâce à leurs savoirs, leurs compétences, leurs ressources, ces hommes forts du siècle de Vélasquez maintiennent à flot la monarchie hispanique comme le démontre de façon probante cette enquête au cœur de son système financier réalisée par Sébastien Malaprade.

Table des matières


ISBN : 978-2-84287-776-7
Fiche éditeur : http://www.pulim.unilim.fr/
Passés/Futurs

Passés/Futurs

Sabina Loriga [dir.]
Paris, Plateforme Politika, 2018

Le deuxième numéro de la revue Passés Futurs, dirigée par Sabina Loriga, vient d’être mis en ligne sur la plateforme Politika. Préparé pour l’essentiel par la partie sud-américaine du comité de rédaction, il propose un certain nombre d’analyses de cas – sur le Brésil actuel ou l’Argentine des dernières décennies – et de réflexions qui interrogent les multiples usages du passé dans l’espace public, les interactions et confrontations entre les différentes formes de connaissance du passé et la responsabilité que les historiens (et plus généralement les intellectuels) ont dans ce processus.

Aux entretiens avec Carlo Ginzburg et Jürgen Kocka, s’ajoutent encore un débat sur le rôle des historiens dans la transition démocratique en Argentine ainsi que des articles d’Éric Michaud et Carolina Vanegas.

Présentation de la revue et du comité de rédaction : https://www.politika.io/fr/page-simple/a-propos-passes-futurs

Fourrier, Kafka, Houellebecq

Fourrier, Kafka, Houellebecq

Trois théories sur l'enfer conjugal

Marcela Iacub, Hervé Le Bras et Russel Williams
Paris, Editions Descartes & Cie, 2018,  88 p.
Prix : 14€

Le couple est une association impossible à laquelle nous sommes pourtant contraints. En dépit de ses échecs cuisants, les individus ne peuvent survivre socialement que dans son cadre. Le choix qui s’ouvre à chacun étant soit la précarité de la vie à deux soit le célibat qui est souvent l’antichambre de l’isolement et de sa cohorte de malheurs. Car le couple est le point nodal de la sociabilité, celui dont la survie des autres liens en dépend. Personne-ou-presque ne vous pardonnera l’affront que vous faites à l’ordre social en restant seul. Ce livre dont l’origine est un colloque sur la crise de la conjugalité cherche à explorer cet écueil et ses issues. Nous avons choisi de le faire à l’aide de trois auteurs que tout éloigne : Michel Houllebecq, Franz Kafka et Charles Fourrier. Pourtant, confrontées les unes aux autres, leurs théories se complètent, se réfutent et s’agrandissent.


ISBN : 978-2-87623-326-5
L'industrie dans la Grande Guerre

L'industrie dans la Grande Guerre

Patrick Fridenson et Pascal Griset (dir.)
Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Animation de la recherche, 2018,  556 p.
Prix : 35€

 

 

Comment la France peut-elle faire face à sa dépendance vis-à-vis de l’étranger pour certains produits, développer l’application des sciences et l’innovation dans l’industrie, mieux articuler ses PME et ses grandes entreprises, dynamiser son secteur public, adapter le marché du travail, rénover les relations public-privé, renforcer sa coopération avec certains États européens et avec les États-Unis ? Ces défis ne datent pas d’aujourd’hui. Ils sont d’abord ceux de la guerre de 1914-1918. Les entreprises, leurs syndicats professionnels, les ouvrières et les ouvriers, les ingénieurs, les militaires et les fonctionnaires les affrontent dans l’urgence. Ils mettent l’État à l’épreuve - entre les différents ministères concernés : la Guerre, l’Armement, le Commerce et l’Industrie, les Travaux publics, le Travail et les Affaires étrangères, entre eux et les Finances, entre les gouvernements successifs et le parlement - car le voici sommé de gagner en agilité et en cohérence, de lutter contre les pénuries et les destructions, de permettre à tous de vivre, d’organiser les approvisionnements, les transports et les fabrications pour le combat, et de conjuguer les positions différentes des territoires. Les défis sont aussi ceux des enjeux de long terme créés par l’occupation d’une partie de la France, les ravages et blocages subis par le reste du pays, l’expérience des changements ordinaires et extraordinaires survenus pendant le conflit armé, l’accroissement du rôle de l’État, les désirs d’Europe face à la montée du pouvoir américain et à l’ébullition à l’Est du continent. Ce livre écrit par des historiens étrangers et français s’inscrit dans la suite des volumes sur les Finances dans la guerre. Il présente le premier panorama d’ensemble de l’industrie française dans cette guerre et des multiples réseaux qui la relient au monde. Il donne à voir le pluralisme du modèle français, sa capacité à gagner mais aussi les coûts de la victoire.

 

 

 


La Ville est à nous

La Ville est à nous

Isabelle Backouche, Nicolas Lyon-Caen, Nathalie Montel, Valérie Theis, Loïc Vadelorge et Charlotte Vorns (dir.)
Paris, Éditions de la Sorbonne, 2018,  368 p.
Prix : 25€

Si l’urbanisme, comme discipline, s’est constitué au xxe siècle, les mouvements sociaux qui remettent en cause l’aménagement urbain ont une histoire beaucoup plus longue. Ce livre s’attache aux multiples formes de mobilisations collectives qui, depuis le Moyen Âge, ont pris la ville ou, à une autre échelle, la région et le quartier, comme objet. Des Pays-Bas médiévaux à l’actuelle cité phocéenne, ce livre cerne les relations sociales qui s’élaborent lorsque des groupes voient leur espace matériel se modifier, qu’ils s’opposent aux changements ou s’engagent en faveur de transformations alternatives. En prêtant attention à la variété des cadres d’expérience des protagonistes et à celle de leurs répertoires d’action, de la consultation à la prise d’armes, ce livre cherche aussi à historiciser les résistances aux gestes de modernisation des pouvoirs publics. Ce faisant, il éclaire la question de la participation, versant institutionnalisé de l’implication des populations dans l’aménagement urbain. Il s’efforce d’en restituer les contextes concrets et leurs évolutions suivant trois grandes interrogations : qu’est-ce qu’un processus de politisation ? Comment s’articulent les différents intérêts en jeu, individuels et collectifs ? Comment faire une histoire sociale des grands travaux ?


ISBN : 979-10-351-0056-8
Fiche éditeur : http://www.publications-sorbonne.fr/
Jacques Le Goff

Jacques Le Goff

L'Italie et l'histoire

Étienne Anheim,Massimo Miglio,Catherine Virlouvet (dir.)
Rome, École française de Rome; Istituto Storico Italiano per il Medio Evo, Collection de l'École française de Rome, 2018,  224 p.
Prix : 25€

Réalisé en partenariat avec l’Istituto storico italiano per il Medio Evo, issu du colloque de 2015 qui avait été organisé par l'Ecole française de Rome et l'Istituto Storico Italiano per il Medio Evo, avec le soutien du CRH, ce livre, plus encore qu’un hommage à un immense savant, l’un des grands esprits de notre temps, est un essai collectif sur l’utilité scientifique et sociale de l’histoire à travers deux préoccupations majeures de Jacques Le Goff, le rôle de l’historien dans la compréhension du monde contemporain et le dialogue ininterrompu entre les chercheurs de toute l’Europe – plus particulièrement, l’importance des échanges scientifiques entre la France et l’Italie. Il propose un parcours thématique à travers l’histoire et l’historiographie de Jacques Le Goff, entre France et Italie, faisant dialoguer des chercheurs français et italiens, mais aussi des historiens et d’autres témoins du travail de Le Goff, en particulier des éditeurs. À travers la figure à la fois impressionnante et attachante de Jacques Le Goff, il s’agit donc aussi dans ce livre de s’interroger sur cette relation entre France et Italie, unique au monde du point de vue historiographique : c’est aussi un part de son héritage, un héritage partagé.


ISBN : 978-2-7283-1276-4
Fiche éditeur : http://www.publications.efrome.it
A l'enseigne du Grihl

A l'enseigne du Grihl

Quelques parcours en histoire du littéraire

Christian Jouhaud, Cécile Soudan et Alain Viala (dir.)
Paris, GRIHL, Les Dossiers du Grihl, 2017-02, 2017

Présentation 

En vingt ans d’existence, le Grihl, fondé en 1996, a accueilli des chercheurs venus de divers lieux, de divers pays, pour des séjours de recherche plus ou moins longs, pour des visites épisodiques ou régulières. A l’occasion de cet anniversaire, nous avons souhaité leur donner la parole. Le jeu était simple dans son principe et n’imposait aucune règle préalable : chacun pouvait, s’il le souhaitait, envoyer une contribution, avec toute liberté quant à la forme et au sujet de celle-ci. La seule requête était qu’elle manifeste ce que le Grihl avait apporté ou apportait encore, ou non, à leurs propres recherches.

Quatorze contributions ont été regroupées en trois ensembles : terrains et figures, lectures et mises en contexte, regards et images. Ce dossier « à l’enseigne du Grihl » s’ouvre, sous la forme d’un récit, sur une réflexion à propos de la dimension nationale des parcours académiques et se clôt avec un film, sur une réflexion en image donc, à propos d’une peinture allégorique, une allégorie politique du bon gouvernement qui pourrait aussi passer pour une figure de la bonne interdisciplinarité.

 

Table des matières

Un parcours académique et le Grihl : vu d'Allemagne

Terrains et figures

Lectures et mises en contextes

Regards et images

Une recherche-création

Labor on the Fringes of Empire

Labor on the Fringes of Empire

Voice, Exit and the Law

Alessandro Stanziani
New York, Palgrave Macmillan, 2018,  334 p.
Prix : 106,99€

After the abolition of slavery in the Indian Ocean and Africa, the world of labor remained unequal, exploitative, and violent, straddling a fine line between freedom and unfreedom. This book explains why. Unseating the Atlantic paradigm of bondage and drawing from a rich array of colonial, estate, plantation and judicial archives, Alessandro Stanziani investigates the evolution of labor relationships on the Indian subcontinent, the Indian Ocean and Africa, with case studies on Assam, the Mascarene Islands and the French Congo. He finds surprising relationships between African and Indian abolition movements and European labor practices, inviting readers to think in terms of trans-oceanic connections rather than simple oppositions. Above all, he considers how the meaning and practices of freedom in the colonial world differed profoundly from those in the mainland. Arguing for a multi-centered view of imperial dynamics, Labor on the Fringes of Empire is a pioneering global history of nineteenth-century labor.

Table des matières


ISBN : 978-3-319-70392-3
Fiche éditeur : https://www.palgrave.com
Pouvoirs et environnement

Pouvoirs et environnement

Entre confiance et défiance XVIe-XXIe siècle

Laurent Coumel, Raphaël Morera, Alexis Vrignon (dir.)
Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Histoire, 2018Prix : 22€

Les questions environnementales cristallisent des enjeux de pouvoirs comme le montrent les controverses actuelles autour du changement climatique, de la pollution de l’air, de la mise en péril de la biodiversité et de la transition énergétique. Depuis une quarantaine d’années, elles suscitent des mobilisations et font l’objet de négociations et d’oppositions à toutes les échelles. Or cette tendance récente s’ancre dans un passé plus lointain. Fruit d’un colloque qui s’est tenu à l’université Rennes 2 en octobre 2014, ce livre a l’ambition de montrer l’ancienneté et la richesse des liens entre pouvoirs institutionnels et environnement. Les quatorze contributions réunies ici interrogent les modalités de cette relation en balayant plusieurs siècles d’histoire sur trois continents (Europe, Amérique, Afrique). D’abord, les questions environnementales participent de l’affirmation des pouvoirs : les catastrophes naturelles et le surgissement des risques apparaissent comme des moments privilégiés de cette coconstruction. Ensuite, la définition de l’environnement constitue un attribut essentiel des institutions et des acteurs qui, pour défendre des milieux, sont parfois amenés à les politiser. À travers les aménagements et la gestion des conflits, l’environnement apparaît en n en tant que sujet de négociations et objet de jeux d’acteurs complexes au sein desquels les pouvoirs publics jouent un rôle souvent difficile, à l’interface entre des intérêts divergents.


ISBN : 978-2-7535-6507-4
Fiche éditeur : http://www.pur-editions.fr
Experiments in Global History

Experiments in Global History

A collaborative approach

Gabriela Goldin Marcovich (dir.)
Paris, CRH, L'Atelier du CRH- Vol 18, 2018

Experiments in Global History - a Collaborative Approach  entend explorer deux questions distinctes mais reliées : comment écrire l’histoire globale ? comment faire de l’histoire de façon collaborative ? Les articles ont été écrits à quatre ou six mains par des doctorants travaillant dans quatre pays différents, à partir de leurs propres recherches, autour de questions communes. Le dossier est composé de trois articles : « The Era of Chinese Global Hegemony: Denaturalizing Money in the Early Modern World », « Fighting Marginality: The Global Moment of 1917-1919 and the Re-Imagination of Belonging », « A Conversation about Global Lives in Global History: South Korean overseas travelers and Angolan and Mozambican laborers in East Germany during the Cold War » et d’une introduction qui rend compte du projet et des enjeux épistémologiques et méthodologiques. Ce dossier est le résultat de deux années de travail qui suivirent l'école d'été du Global History Collaborative qui eut lieu au Japon en septembre 2015.

En savoir plus


ISSN : 1760-7914
Fiche éditeur : http://journals.openedition.org/acrh/
Moyen Âge et médiévalisme

Moyen Âge et médiévalisme

Les formes de domination

Doina Craciun, Elise Haddad et Alicia Viaud (dir.)
Paris, CRH, L'Atelier du CRH- Vol 19, 2018

Bandes dessinées, jeux vidéos, films ou séries diffusent aujourd’hui largement auprès du grand public des images ré-inventées du Moyen Âge. Ce sont des media accessibles au plus grand nombre, dont l’objet n’est pas, le plus souvent, de transmettre une information, mais qui se servent d’images, de clichés ou de décors médiévaux, et contribuent ce faisant à en assurer la pérennité ou la propagation. Quelques contributions, issues de journées d’études tenues en mars 2016 à l’INHA, ont été retenues pour documenter cette question, notamment autour de la notion de domination et ses mécanismes. Elles interrogent plusieurs formes de la domination dans le médiévalisme au XXe et au XXIe siècle, à travers des productions cinématographiques, littéraires et télévisuelles.

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1983, un tournant libéral ?

1983, un tournant libéral ?

Florence Descamps, Laure Quennouëlle-Corre et al.
Paris, Presses de Sciences Po, Vingtième Siècle- Vol 138, 2018,  228 p.
Prix : 56€

Avec ce dossier, la revue Vingtième Siècle revient sur ce qui a longtemps été considéré comme le tournant de la rigueur et le début de politiques « néolibérales » en France, et replace le plan de mars 1983 dans son contexte national et international.

En croisant des approches d'histoire politique et d’histoire économique, à partir de sources inédites, les auteurs se demandent si les ministres socialistes et les experts du ministère de l’Économie et des Finances ont pris ce virage par conviction, par contrainte ou par pragmatisme.

Du ministère de Pierre Mauroy à celui de Pierre Bérégovoy en passant par celui de Jacques Delors, la chronologie de ce moment politique offre des ruptures décalées et des continuités inattendues.

Sommaire


ISBN : 978-2724635751
Fiche éditeur : http://www.pressesdesciencespo.fr
Que faire de nos vieux ?

Que faire de nos vieux ?

Une histoire de la protection sociale de 1880 à nos jours

Christophe Capuano
Paris, Presses de Sciences Po, 2018,  352 p.
Prix : 26€

Il est probable que nous vivions vieux, incertain que nous vivions en bonne santé. Pour mieux cerner la question de la dépendance des personnes âgées, de plus en plus aiguë avec le vieillissement de la population, Christophe Capuano apporte son regard d'historien et revient sur la genèse de l’État social depuis les années 1880. Les dispositifs mis en place, fondés sur l'assistance ou l'aide sociale, ont toujours été déficients. Longtemps assimilés aux grands infirmes ou aux handicapés, les personnes âgées ont perdu les bénéfices de la politique du handicap à la fin du XXe siècle. Quant au cinquième risque de la Sécurité sociale - celui de la dépendance - , sa création s'est vue constamment repoussée jusqu'à nos jours. Au travers du sujet de la dépendance, l'auteur souligne la priorité donnée aux économies budgétaires et aux logiques des finances publiques dans les politiques sociales menées envers les troisième et quatrième âges. Il insiste également sur le rôle essentiel des familles, qui se maintient au fil du temps n'en déplaise aux pouvoirs publics qui ne cessent de pointer leur désengagement.


ISBN : 978-2-7246-2265-2
Fiche éditeur : http://www.pressesdesciencespo.fr/
Die Grenze im Dorf

Die Grenze im Dorf

Katholische Identität im Zeitalter der Aufklärung

Christophe Duhamelle
Wurtzbourg, Ergon Verlag, Religion und Politik- Vol 16, 2018,  325 p.
Prix : 48€

Traduction en allemand par Falk Bretschneider de La frontière au village. Une identité catholique allemande au temps des Lumières (Paris, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, En Temps & Lieux, 20, 2010, 325 p.)

Résumé :

Dans un temps de crispation des identités confessionnelles, les différences confessionnelles deviennent des points d'ancrage de distinctions locales et sociales, de revendications territoriales et politiques. Une histoire de l'identité à l'époque moderne.
Au XVIIIe siècle, le Saint-Empire forme un espace politique et confessionnel morcelé où les frontières sont omniprésentes. Dans une enclave catholique entourée de protestants, les paysans, confrontés aux réformes des Lumières, soumis aux sarcasmes de leurs voisins, y développent des formes de résistance.
Ces conflits locaux constituent un laboratoire riche pour saisir à la fois la spécificité du contexte allemand et l’importance de l’identité confessionnelle dans la lecture du monde social.
Jeux d’échelles entre les différents pouvoirs, importance du droit dans le règlement des relations confessionnelles, construction de l’espace faite de proximité et de distinction, transgression/construction des frontières : l’histoire du confessionnel dans l’Empire apporte des renseignements non seulement sur l’histoire religieuse allemande, mais au-delà sur les liens qu’elle entretient avec l’histoire politique, juridique et sociale.

 

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ISBN : 978-3956502804
Fiche éditeur : http://www.ergon-verlag.de/
Le Saint-Empire

Le Saint-Empire

Histoire sociale (XVIe-XVIIIe siècle)

Falk Bretschneider et Christophe Duhamelle (dir.)
Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, collection « Librairie allemande », série « dialogiques », 2018,  315 p.
Prix : 23€

Le « Saint Empire Romain Germanique » : au siècle de Louis XIV ou à celui des Lumières, ce corps politique encore féodal, avec ses centaines de princes, comtes et villes libres, semblait condamné par l’histoire. Du moins est-ce ainsi que les historiens l’ont longtemps considéré. Depuis, ils ont changé d’avis, allant jusqu’à en faire un précurseur de l’Union européenne. Ils ont toutefois avant tout étudié ses institutions – ses tribunaux, sa Diète – distinguant soigneusement entre ce qui relevait de l’Empire, et ce qui se jouait dans les différents territoires (la Prusse, la Bavière, la Saxe etc.).
Mais l’Empire ce sont aussi des routes, du commerce, l’échange à travers les omniprésentes frontières, ce sont des carrières qui vont d’un territoire à l’autre, ou des querelles entre voisins catholiques et protestants – bref, toute une histoire sociale qui traverse les échelles et confère au Saint-Empire une spécificité vécue.
La découverte de cette histoire sociale est un champ de recherche dynamique. C’est aussi désormais un lieu de rencontre entre historiens allemands et français. Cet ouvrage réunit les jeunes chercheurs qui animent cette nouvelle façon d’écrire l’histoire du Saint-Empire, à travers un spectre thématique large, en mêlant les bilans historiographiques et les études de cas, et en s’efforçant d’intégrer l’Empire dans une réflexion comparative. Car l’histoire sociale du Saint-Empire permet de poser à nouveaux frais la question de la modernité politique et de l’État.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7351-2395-7
Fiche éditeur : http://www.editions-msh.fr
L'occupation du monde

L'occupation du monde

Sylvain Piron
Bruxelles, Zones sensibles, 2018,  240 p.
Prix : 19€

Occupation Empr. au lat. occupatio ; angl.business || Subst. fem. Action d’occuper (un lieu, un espace, une surface, une position stratégique) : occupation militaire d’un territoire. || Dr. civil Titre juridique accordé au premier occupant d’une terre. || Occupation du sol : utilisation de l’espace d’un point de vue productif (agriculture, industrie). || Psych. État mental de celui qui n’est pas libre de ses pensées (« un homme trop occupé ne peut rien faire de bien », Sénèque).  || Être occupé : avoir toujours quelque chose à faire (« occupations professionnelles »). || Action d’occuper (un lieu, un espace) sans autorisation ou par la force : occuper un lieu de pouvoir.

Face à l’aggravation des crises environnementales qu’elle a provoquées, la société industrielle semble frappée d’aveuglement. Elle est bercée de l’illusion que tout finira par s’arranger, grâce à la souplesse du marché, l’innovation technique et l’inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation. Dans le but de défaire cette mythologie, ce livre cherche à en comprendre l’histoire, en associant deux voies complémentaires. Le désastre vers lequel nous avançons est annoncé depuis un demi-siècle. Parmi les penseurs de l’écologie politique des années 1967-72, les parcours de Gregory Bateson et d’Ivan Illich permettent d’observer l’émergence de cette réflexion, puis son occultation sous l’effet du tournant néo-libéral des années 1980. Mais pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter bien plus haut. L’appétit de transformation du monde naturel par l’action humaine correspond à une pente générale de l’Occident dans la longue durée du second millénaire de l’ère chrétienne. C’est ce que l’on peut décrire comme une dynamique d’occupation du monde, au double sens d’une occupation objective par des êtres subjectivement occupés à le transformer.

Les théologiens scolastiques ont été les premiers à observer le phénomène au XIIIe siècle. Point de départ d’une pensée de l’économie, leur philosophie morale peut aujourd’hui fournir des arguments critiques face aux dogmes de la pensée économique contemporaine. Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l’occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeurée prisonnière de présupposés qui lui confèrent à présent une texture quasiment théologique. Cet impensé est le premier responsable de notre incapacité à faire face aux crises actuelles.

Cet essai d’histoire de longue durée propose une interprétation globale du destin économique de l’Occident, en vue de défendre la nécessité d’un autre rapport au monde. Il sera suivi d’un second volume qui exposera la formation des mythes et des concepts économiques modernes.

 

Sommaire

Introduction
1. Les conséquences historiques de l’Anthropocène
2. La grande asphyxie
3. L’âge du plastique
4. Habiter le monde
5. La dynamique occidentale
6. Les bifurcations de l’histoire chrétienne
7. L’économie des scolastiques
8. Critiques de l’économie politique
Conclusion
Notes
Bibliographie sélective
Remerciements
Index personarum et animalium

 



ISBN : 978-2-930601335
Fiche éditeur : http://www.zones-sensibles.org
La culture matérielle : un objet en question

La culture matérielle : un objet en question

Anthropologie, archéologie et histoire

Luc Bourgeois, Danièle Alexandre-Bidon, Laurent Feller, Perrine Mane, Catherine Verna et Mickaël Wilmart (dir.)
Caen, Publications du CRAHAM – Presses universitaire de Caen, 2018,  264 p.
Prix : 45€

Depuis près d’un siècle, la notion de culture matérielle a été utilisée pour aborder la part matérielle des cultures dans des perspectives successives : émanant d’une lecture marxiste née vers 1920, elle participe de l’intérêt porté à la matérialité médiévale et aux techniques par les historiens et les archéologues dans les années 1950-1980. Depuis lors, elle se développe principalement dans le cadre de Material Culture Studies ancrées dans le post-modernisme. Si l’expression « culture matérielle » demeure couramment utilisée, elle semble s’être banalisée et il convient de s’interroger sur sa pertinence actuelle dans le champ des sciences humaines.

Principalement centrées sur la période médiévale, les contributions rassemblées dans ce volume (Actes du colloque international de Caen, 9 et 10 octobre 2015) font dialoguer archéologues, anthropologues, historiens et géographes pour dresser l’historiographie de la notion de culture matérielle à l’échelle européenne et proposer une série d’études de cas illustrant la « vie des objets » à partir de sources et de terrains variés.

 

 

Sommaire

 

Laurent Feller : Introduction

La culture matérielle : une histoire européenne ?

  • Luc Bourgeois : Une réception incertaine : la notion de culture matérielle et l’archéologie médiévale française

  • Anne Nissen : La culture matérielle : approches scandinaves

  • Caroline Goodson : La culture matérielle et l’Angleterre médiévale

  • Aleksandr Musin : L’histoire de la culture matérielle en Russie du XXe au début du XXIe siècle : entre enjeux politiques, tâches académiques et réalités archéologiques

  • Jan Klapště : La « culture matérielle » de la période hussite en Bohême (XVe siècle)

  • Sauro Gelichi : La culture matérielle dans la médiévistique italienne. Le point de vue de l’archéologie

  •  Eduardo Manzano Moreno : Entre faits et artefacts : interprétations historiques et données archéologiques en al-Andalus

  • Michel Colardelle : Culture matérielle, musées d’ethnologie en France : le rejet du « populaire » ?

Regards disciplinaires

  • Catherine Verna et Philippe Dillmann : Histoire des techniques médiévales et culture matérielle

  • Jean-René Trochet : La géographie française et la « culture matérielle » : esquisse d’une rencontre

  • Perrine Mane : « Une image vaut mille mots » ou Iconographie et culture matérielle (images des techniques agraires)

  • Laurent Feller : Culture matérielle et histoire économique

  • Thierry Bonnot : Anthropologie et culture matérielle : que faire des choses ?

La vie des objets

  • Danièle Alexandre-Bidon : Les choses de la vie. Objets domestiques et culture matérielle (XIIe-XXe siècle)

  • Daniel Lord Smail : La culture matérielle des pauvres à Lucques au XIVe siècle

  • Mickaël Wilmart : La culture matérielle dans les sources judiciaires de la fin du Moyen Âge (de la Brie au comté de Foix)

  • Christopher Fletcher : Gouvernance, genre et culture matérielle dans les villes anglaises du bas Moyen Âge

 

Luc Bourgeois : Conclusions


ISBN : 978-2-84133-890-0
Fiche éditeur : https://www.unicaen.fr
L'écriture de l'histoire : sciences sociales et récit

L'écriture de l'histoire : sciences sociales et récit

Anaïs Fléchet et Elie Haddad (dir.)
Paris, Belin, Revue d'histoire moderne & contemporaine, 2018,  221 p.
Prix : 25€

 

La parution de plusieurs romans se situant à la frontière de la discipline historique, parfois reçus avec crispation par les historiens, invite à reprendre à nouveaux frais la question de l’écriture de l’histoire, de ses rapports à la littérature et de son inscription dans les science sociales. Les pratiques professionnelles des historiens, la part du travail empirique et théorique dans l’écriture, les dynamiques du marché éditorial, l’essor de la littérature du réel sont au cœur du débat. Les enjeux sont vastes : ils tiennent à l’historicité des catégories, à l’expérimentation de formes d’écriture novatrices, mais aussi à l’importance prise par les notions de témoignage et de mémoire et à la place de l’histoire dans le débat public.


ISBN : 978-2-410-01398-6
Fiche éditeur : https://www.belin-editeur.com/
Les pendus de Londres

Les pendus de Londres

Crime et société civile au XVIIIe siècle

Édition préfacée et annotée par Philippe Minard (ed.)
Montréal, Collectif des Métiers de l’Édition/Lux Éditeur, 2018,  648 p.
Prix : 29€

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Frédéric Cotton et Elsa Quéré

 

Au XVIIIe siècle à Londres, la potence ne sert pas seulement à punir les criminels. Elle contribue aussi à imposer aux pauvres la tyrannie du capitalisme moderne naissant. La pendaison est un spectacle dissuasif pour quiconque tenterait de contrevenir à la loi de la propriété privée, ne fût-ce que pour ne pas mourir de faim.Mêlant habilement l’analyse historique minutieuse et le récit picaresque, Les pendus de Londres dresse une histoire sociale du crime, le récit de la justice et de la peine capitale. En recourant à une abondance de sources – archives judiciaires, chansons et poèmes populaires, confessions et dernières paroles de condamnés –, l’auteur fait revivre les pendus, ces travailleurs ordinaires que rien ne destinait à la potence mais dont les usages et les coutumes apparaissaient comme une menace pour les élites au pouvoir.

Peter Linebaugh, disciple d’E.P. Thompson, a publié ce classique de l’« histoire par en bas » en 1991, ouvrage enfin traduit en français grâce aux efforts communs du CMDE et de Lux.

 


ISBN : 978-2-895962755
Fiche éditeur : http://www.luxediteur.com
Agrarian Change and Imperfect Property

Agrarian Change and Imperfect Property

Emphyteusis in Europe (16th to 19th centuries)

Rosa Congost, Pablo F. Luna (dir)
Turnhout, Brepols Publishers, 2018,  311 p.
Prix : 71€

La problématique posée par cet ouvrage se situe au cœur de deux questions fondamentales de l’histoire des campagnes : les contrats agraires et les droits de propriété. L’emphytéose, qu’il met en relief, apparaît au centre de l’histoire agraire dans la mesure où elle fait le lien entre, d’une part, l’agriculture et ses évolutions et, d’autre part, la nature des relations sociales et leur dynamique dans les sociétés rurales modernes et contemporaines.
En dépit de ce constat, l’emphytéose et ses formes contractuelles ont longtemps été ignorées ou méprisées, soit parce qu’elles sont difficiles à identifier et à cerner, compte tenu de leur adaptabilité essentielle, soit parce qu’elles ont souvent été perçues, à tort, comme un facteur négatif pour le progrès agricole et productif. Pourtant, l’emphytéose se retrouve à peu près partout, ainsi que le prouvent les recherches contenues dans ce livre, même dans les régions ayant nié sa présence, et il semble bien qu’elle soit loin d’être obsolète ou dépassée.
Les différents chapitres de ce volume montrent les multiples facettes et les formes variées de ce type de contrat et des droits de propriété « imparfaits » qui sont à l’œuvre, d’une façon pratique.


ISBN : 978-2-503-57923-8
Fiche éditeur : http://www.brepols.net
Les Projets

Les Projets

Une histoire politique (XVIe-XXIe siècles)

Martin Giraudeau et Frédéric Graber (dir.)
Paris, Presses des Mines, Sciences sociales, 2018Prix : 29€

Nous vivons dans un monde de projets. Vous voulez des enfants : faites un projet parental ! Vous êtes étudiant : songez à votre projet d’orientation ! Vous êtes au chômage : développez votre projet de réinsertion professionnelle ! Vous êtes chef d’entreprise : élaborez un projet d’investissement ! Le projet semble être devenu la forme incontournable d’un nombre croissant d’activités humaines, souvent en prétendant s’opposer aux lourdeurs de la routine ou de la bureaucratie.  Cet ouvrage sort des discours convenus sur les vertus libératrices du projet pour en sonder les multiples modalités historiques. Il rend compte de la diversité des manières de faire projet à travers de nombreuses études sur l’architecture, les programmes politiques, les grand projets d’infrastructure, les fondations de couvents, les projets de films et bien d’autres formes de projets encore, du XVIe au XXIe siècle. A chaque fois, il s’agit de dépasser les projets individuels, pour saisir des formes de projets régulières, révélatrices de rapports socio-politiques établis : dans chaque forme de projet, les rôles et les ressources sont distribués d’une manière donnée entre les acteurs, des outils de conception et de gestion spécifiques s’imposent à eux. Cette histoire des formes de projets, conduit, bien au-delà d’une histoire du management, à réinvestir les histoires de l’État, du capitalisme, des libéralismes, de la science, des professions. Les projets sont au coeur de tous ces grands débats.


ISBN : 978-2356715203
Fiche éditeur : https://www.pressesdesmines.com
Les entrelacements du monde

Les entrelacements du monde

Histoire globale, pensée globale

Alessandro Stanziani
Paris, CNRS Editions, 2018,  280 p.
Prix : 25€

Qu’on la nomme histoire globale, mondiale, connectée, histoire-monde ou world history, c’est elle qui aujourd’hui suscite l’intérêt des lecteurs, des médias, des universitaires, et tend à façonner notre représentation du passé. Mais qu’est-ce que l’histoire globale ? Que propose-t-elle ? La belle synthèse d’Alessandro Stanziani fournit toutes les clés pour comprendre l’essor et les ambitions de cette histoire plurielle. Filiations multiples, bifurcations inattendues, brassages et métissages : affranchie de l’européocentrisme, l’histoire globale élargit les horizons géographiques, déborde les cadres nationaux, pense le monde à partir des connexions et des relations au sein d’entités politiques ou économiques hétérogènes. Elle a pour objet les migrations d’hommes, de biens, d’idées, de savoirs, de symboles, mais aussi le changement climatique, les révolutions technologiques, l’évolution des mentalités…
Saisies dans la longue durée, et à l’intersection de plusieurs mondes, Alessandro Stanziani explore à nouveaux frais les relations que l’histoire établit avec la philosophie, la sociologie, la philologie et l’économie : ces interactions délimitent la portée de l’histoire globale par rapport aux autres approches.
Face aux progrès du nationalisme, cette façon de faire de l’histoire permet de revisiter le passé d’un certain nombre d’événements, de culture et/ou de régions. De l’Inde à la Russie, des décolonisations à l’islam, cet ouvrage montre que l’histoire globale invite à multiplier les angles de vue, mais aussi à dépasser la vision de l’histoire comme choc entre les civilisations.


ISBN : 978-2-271-11507-2
Fiche éditeur : http://www.cnrseditions.fr
Histoire et Mesure

Histoire et Mesure

Mesurer la forêt

Paris, Editions de l'EHESS, 2018,  196 p.
Prix : 22,50€

La dernière livraison de la revue Histoire & Mesure vient de paraître. Dans le droit fil de sa ligne éditoriale, s’y déclinent des contributions qui traitent pour les unes de l’histoire de la mesure et pour d’autres de méthodes quantitatives appliquées à l’histoire.

Sous le titre « Mesurer la forêt », quatre articles saisissent l’histoire de l’espace forestier sous l’angle économique autant qu’environnemental, dans une perspective diachronique pour partie connectée aux politiques d’aujourd’hui. Une large place y est faite aux outils et techniques (SIG historiques ou télédétection par lidar) qui renouvellent l’histoire et l’archéologie du paysage en mobilisant un riche matériau archivistique.

En marge de ce dossier, une contribution originale entend rendre à la politique d’intéressement salarial d’une grande entreprise publique sa véritable profondeur historique.

Deux notes critiques, enfin, discutent l’une de la « grande transition » climatique décrite par B. Campbell, l’autre des apports d’une histoire globale des sciences et des techniques.


ISBN : 978-2-7132-2702-8
Fiche éditeur : http://www.editions.ehess.fr/
Travail et mobilité en Europe (XVIe-XIXe siècles)

Travail et mobilité en Europe (XVIe-XIXe siècles)

Andrea Caracausi, Nicoletta Rolla, Marco Schnyder (ed.)
Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, Histoire et civilisations, 2018,  270 p.
Prix : 25€

Les changements importants que le monde du travail est en train de vivre ces dernières années ont encouragé la réflexion historiographique autour de la précarité et de la flexibilité professionnelles. Loin d'être un trait exclusif des sociétés actuelles, la mobilité des travailleurs a aussi caractérisé l'époque moderne. Les traces de cette mobilité professionnelle, vécue aussi bien comme condition d’instabilité que comme opportunité de promotion sociale, se retrouvent partout, dans les archives des insti-tutions étatiques, des tribunaux, des corps de métier, des instituts d’assistance et des familles. Le présent ouvrage réunit neuf essais qui offrent, à la lumière des récents débats historiographiques, autant de points de vue sur la mobilité professionnelle, en montrant l’intérêt et la complexité du phénomène. Les stratégies des acteurs face à l’intermittence du travail, la défense de la mobilité professionnelle en tant que ressource, le rapport entre mobilité profes-sionnelle et mobilité géographique figurent parmi les nombreux thèmes abordés.


ISBN : 978-2-7574-2094-2
Fiche éditeur : http://www.septentrion.com
Posséder la nature

Posséder la nature

Environnement et propriété dans l'histoire

Frédéric Graber et Fabien Locher (dir.)
Paris, Editions Amsterdam, 2018,  350 p.
Prix : 24€

Les dernières décennies ont vu l’essor des préoccupations environnementales, en même temps que l’émergence d’un mouvement en faveur des communs. Malgré cela, les débats sur les enjeux écologiques contemporains ont eu tendance à délaisser la question centrale de la propriété. Une fausse alternative s’est dessinée entre une certaine orthodoxie économique, qui voit dans la propriété privée un cadre optimal d’exploitation et de conservation des écosystèmes, et des visions parfois trop romantiques des pratiques communautaires.
C’est oublier que les formes de la propriété sont consubstantielles aux dynamiques d’appropriation de la nature : des vagues successives de marchandisation à l’instrumentalisation par les États des politiques de protection environnementale, elles sont un lieu crucial où se nouent nature et capital, pouvoir et communauté, violence et formes de vie. À l’heure où le développement des technosciences et les bouleversements géopolitiques internationaux reconfigurent les liens entre environnement et propriété, ce recueil propose un éclairage inédit sur une histoire longue et conflictuelle.

 

Table des matières

Frédéric Graber & Fabien Locher

Jouir et Posséder. 
Environnement et Propriété dans l’histoire
 

I. Déconstruire la propriété

 

William Cronon
Borner la terre

 

Nancy Lee Peluso

La fabrique de territoires racialisés dans le Kalimantan occidental indonésien

 

Morton Horwitz

La transformation de la conception de la propriété

 

II. Marchandiser la nature

 

Theodore Steinberg
Les eaux de l’industrie

 

Daniel J. Kevles

Nouveau sang, nouveaux fruits

 

III. Les Enclosures de la Conservation

 

Richard Hölzl

Forêts en guerre : Populations rurales et foresterie moderne dans l’Allemagne préindustrielle, 1760-1860

 

Roderick P. Neumann

Nature État Territoire. Théoriser les enclosures de la conservation

 

IV. Communs, Environnement et Communautés

Robert Mc C. Netting

Ce que les paysans des Alpes ont en commun.
 Quelques observations sur le régime foncier communal dans un village suisse

 

James C. Scott

L’économie morale des paysans

 

Paul Warde
Réguler les communs en Allemagne à l’époque moderne

 

V. La propriété au temps de la crise environnementale

 

Adam Rome

Une éthique de la terre.
 La révolution silencieuse de l’usage des sols

 

Stuart Banner


Renaissance de la propriété


ISBN : 978-2354801830
Fiche éditeur : http://www.editionsamsterdam.fr
Visions et visualités

Visions et visualités

Maxime Boidy et Francesca Martinez Tagliavia (dir.)
Paris, Poli éditions, Poli, 15, 2018,  206 p.
Prix : 15€

Depuis l’annonce d’un « tournant visuel » au début des années 1990, la vision s’est imposée comme un terme clé dans les sciences humaines et sociales. La visualité, en dépit d’usages foisonnants dans les débats anglo-américains, demeure une notion plus méconnue. Incluant la première traduction française du texte fondateur de W. J. T. Mitchell sur le pictorial turn, cet ouvrage propose une brève archéologie des Visual Studies sous la forme d’un tour d’horizon de ces notions polysémiques et plurielles.

Des savoirs féministes sur l’image au rôle séminal du visible dans l’œuvre de Michel Foucault, des icônes byzantines aux stars d’Hollywood, les six textes rassemblés constituent une anthologie à la fois critique et accessible, qui éclaire les mutations de la pensée contemporaine après

l’essor global des études visuelles. Où l’on apprend que la visualité n’est pas réductible à un regard socialement construit, mais qu’elle désigne historiquement une capacité politique : une vision en mesure

de redéfinir ce qu’est aujourd’hui l’imagination de l’égalité et de l’émancipation.

 


ISBN : 979-1094646052
Fiche éditeur : https://polirevue.wordpress.com/
Matérialiser les désirs

Matérialiser les désirs

Techniques votives

Pierre-Olivier Dittmar, Pierre Antoine Fabre, Thomas Golsenne et Caroline Perrée (dir.)
Paris, Les Editions de l'EHESS, Techniques & Culture, 70, 2018,  267 p.
Prix : 28,50€

Que fait-on avec un intestin de plâtre, une patte d’âne en bois, un sein en cire, des pièces coincées dans l’écorce d’un arbre, mais aussi un tableau de Raphaël, le vélo d’Eddy Merckx, un bâton d’encens, une voiture en argent, un christ en coquillage, des cadenas d’amour, un ex-voto peint pour l’équipage d’un navire, la poupée d’une ancêtre… que l’on ne pourrait faire avec des mots ? Tous ces objets matérialisent des désirs, comblent une attente, soignent des maux ou célèbrent un petit miracle.
Ce numéro constitue l’aboutissement de recherches menées conjointement par des équipes à Paris, Mexico et New York, au cours des cinq dernières années. Il comporte une large iconographie inédite provenant des enquêtes de terrain conduites en Europe, en Amérique latine, en Amérique centrale et en Asie.

Voir le sommaire


ISBN : 978-2-7132-2751-6
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
Histoire maîtrisée, histoire méprisée

Histoire maîtrisée, histoire méprisée

Sabina Loriga (dir.)
Paris, Labex Tepsis/Politika, Passés/Futurs, 4, 2018

Comment l’histoire est-elle mobilisée – et souvent méprisée – sur la scène politique aujourd’hui ? À la différence sans doute de ce qu’eût été un tel dossier voici quinze ou vingt ans, la période des années 1930 et de la Seconde Guerre mondiale n’y occupe pas l’essentiel de l’espace. Un seul article leur est ici consacré, autour de la Casa del Fascio à Predappio. Deux remémorations d’épisodes du XIXe siècle, nées l’une comme l’autre de l’émergence d’acteurs politiques se présentant comme « anti-système », ont gagné leurs lettres de crédibilité : la relecture de la guerre de Sécession indulgente à la cause esclavagiste, autour de la question des « statues confédérées », d’une part ; la glorification de la lutte menée contre l’unification italienne par les derniers souverains Bourbon du royaume des Deux-Siciles, de l’autre. S’y ajoutent les relectures de la longue durée historique – de Vercingétorix à Pompidou, de Guillaume le Conquérant à Churchill – par deux acteurs individuels ou collectifs que sont le jeune président de la République française et les Brexiteers. Et les enjeux historiques de la sécession catalane discutés par cinq historiens.

Dans les « Varia » Teresa Pinheiro interroge la « mémoire culturelle » portée par la série à succès 14 de Abril. La República, tandis que Francisco Javier Caspistegui questionne le projet du Museo del Carlismo de Estella et que Frédéric Pouillaude donne les clés de lecture des différents modes de représentation non fictionnelle de l’histoire sur les scènes théâtrales.

Contact : contact@politika.io

Se sentir mal dans une France qui va bien

Se sentir mal dans une France qui va bien

La société paradoxale

Hervé Le Bras
La Tour d’Aigues, Éditions de l'Aube, 2019,  200 p.
Prix : 17,90€

94 % des Français s’estiment heureux de vivre dans leur pays, selon un sondage de mars 2018. Mais alors, pourquoi, six mois après, 280 000 Gilets jaunes déferlent-ils dans toute la France et, des semaines durant, crient-ils leur dénuement et leurs souffrances ? Pourquoi, surtout, recueillent-ils 70 % d’adhésion de l’opinion lors de leur première manifestation ?

Comment résoudre cette contradiction entre l’importance du budget social de la nation, le sentiment immédiat de vivre heureux dans son pays et le sentiment contraire de souffrir de nombreuses carences sociales ? Ni partisan ni naïf, Hervé Le Bras propose une lecture fine de sondages et études, en compare les résultats dans différents pays européens. Partant du constat que la France est à la fois l’un des pays les plus égalitaires de l’Union européenne et l’un de ceux qui procèdent à la plus large redistribution sociale, le démographe s’interroge sur ce qui peut alors expliquer la contradiction entre l’état objectif du pays et le sentiment subjectif de ses habitants. Une lecture aussi passionnante que nécessaire.

ISBN : 978-2-8159-3407-7
Fiche éditeur : http://editionsdelaube.fr/catalogue_de_livres
Minhagim

Minhagim

Custom and Practice in Jewish Life

Jean Baumgarten, Hasia Diner, Naomi Feuchtwanger-Sarig, Simha Goldin, Joseph Isaac Lifshitz (ed.)
Berlin, De Gruyter, 2019,  280 p.
Prix : 99,95€

Parallel to the Halakhic laws, the minhagim (customs) are dependent on local practices and the regional schools of sages and rabbis. The minhagim played a decisive role in the history of the Jewish communities and in the formation of traditions of religious rulings. They gave stability, continuity, and authority to the local institutions.

The impact of Jewish custom on daily life cannot be overestimated. Evolving spontaneously as an ascending process, it presents undercurrents that emanate from the folk, gradually bringing about changes that eventually become part of the legislative code. It further reflects influences of social, cultural, and mythological tendencies and local historical elements of every-day life of the period.

The aim of this volume is to examine the concept of minhag in the broadest sense of the word. Focusing on the relationship between various types of customs and their impact on every aspect of Jewish life, the volume studies the historical, anthropological, religious, and cultural development and function of rites and rituals in establishing the Jewish self-definition and the identity of the local communities that adhered to them. The volume’s articles cover the subject of custom from three perspectives: an analysis of the theoretical and legal definition of custom, an analysis of the social and historical aspects of custom, and an anecdotal study of several particular customs.

Customs are a wonderful historical prism by which to examine fluctuations and changes in Jewish life.

 

résumé en français : Parallèlement à la Loi (Halakha), les coutumes (Minhagim) dépendent de pratiques locales et d'écoles régionales de rabbins et de décisionnaires. Les Minhagim ont joué un rôle fondamental dans l’histoire des communautés juives et dans la formation des traditions de règles religieuses. Les coutumes furent un facteur de stabilité et d’autorité pour les institutions juives locales. Les auteurs de ce volume collectif explore la notion de Minhag (coutume) dans son sens le plus large, notamment concernant leur impact dans les aspects les plus divers et complexes de la vie juive. Les articles étudient leur fonction anthropologique, religieuse, culturelle, économique, ainsi que le rôle des rites et rituels dans la définition de l’identité juive et dans l’organisation interne des communautés. Le volume privilégie trois perspectives:  la définition théorique et légale de la coutume; sa dimension historique et sociale; l’étude de coutumes spécifiques dans leur contexte communautaire. Les coutumes juives permettent de comprendre et de mesurer les permanences et les transformations de la société juive.      


ISBN : 978-3-11-035752-3
Fiche éditeur : https://www.degruyter.com
Les Polonais et la Shoah

Les Polonais et la Shoah

Une nouvelle école historique

Audrey Kichelewski, Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek, Annette Wieviorka (dir.)
Paris, CNRS Editions, 2019,  320 p.
Prix : 25€

La disparition de la quasi-totalité des Juifs de Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale est due à leur assassinat systématique par les Allemands. Mais que sait-on des comportements de la population polonaise ? La paix revenue, que sont devenus les derniers survivants ? Que nous dit aujourd’hui l’irruption de ce passé dans la société polonaise ? Comment vivre avec la mémoire d’Auschwitz, de Treblinka, de Belzec, autant de mémoriaux situés en Pologne ?
Depuis une quinzaine d’années, des historiens de ce pays ont montré combien il était difficile aux Juifs qui tentaient d’échapper aux tueurs de trouver appui auprès des populations locales, surtout en milieu rural, tant en raison de la politique de terreur menée par l’occupant que de l’hostilité de la société polonaise à l’égard des Juifs. Leurs travaux font désormais autorité dans le monde entier. Pourtant, depuis quelques années, les autorités de Varsovie mettent en œuvre une « politique historique » qui vise à minorer, voire à nier, la participation de franges importantes de la population polonaise à la traque des Juifs.
Sur place, malgré les embûches et les intimidations, les historiens travaillent, publient, organisent des colloques, forment des étudiants. Les auteurs réunis dans cet ouvrage témoignent de la vitalité de cette historiographie. Faire connaître aujourd’hui la fécondité scientifique et la portée critique de la nouvelle école historique polonaise est une exigence intellectuelle, morale et politique.


ISBN : 978-2271128997
Fiche éditeur : https://www.cnrseditions.fr
Stocks, seasons and sales

Stocks, seasons and sales

Food supply, storage and markets in Europe and the New World, c. 1600-2000

W. Ronsijn, N. Mignemi, L. Herment (eds.)
Turnhout, Brepols, Comparative Rural History Network- Publications , 17, 2019,  224 p.
Prix : 74€

Présentaton

À travers dix cas d’études situés dans des terrains différents (Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Italie, France, Mexique), cet ouvrage analyse les ressorts de l’évolution de l’approvisionnement urbain et des politiques de régulation en matière de denrées de première nécessité sur la longue durée (XVIIe-XXe siècles). Il met en particulier l’accent sur les problématiques liées aux phénomènes de saisonnalité, à la gestion des flux et des stocks alimentaires, qui permettent d’envisager de nombreuses questions sociales, politiques, économiques et environnementales.

4e de couverture :

This volume presents a long-term history of the tools for regulating the rhythms and the seasonal patterns of the agricultural production. The contributing authors adopt different approaches and investigate cases from England, Belgium, Germany, Austria, Italy, France and Mexico. The focus on the stocks and flows of grains and other foodstuffs raises new questions combining economic, social, political, and environmental issues in the study of agricultural markets and food policies.

This book presents ten case-studies by eminent scholars dealing with food supply, storage and markets from c. 1600 to c. 2000. Together they present a long-term history of the tools to regulate the rhythms and seasonal patterns of the food production and distribution process. How were the vast flows of staple food needed for metropolitan areas organised? What practical difficulties had to be overcome to preserve this food safely? Did people respond to price patterns in search for profit? Were governments successful in imposing regulation? In dealing with these issues, the contributing authors adopt different approaches and investigate cases from England, Belgium, Germany, Austria, Italy, France and Mexico. The focus on the stocks and flows of grains and other foodstuffs raises new questions combining economic, social, political, and environmental issues in the study of agricultural markets and food policies.

 

Table of Contents

Introduction: stocks, seasons and sales
Wouter Ronsijn and Niccolò Mignemi

1. Landlords as rational investors? Grain storage on noble manors in the Rhineland area, 1650-1850
Friederike Scholten

2. Prices and seasons in late seventeenth-century England
Richard W. Hoyle

3. A case study of corn sales: Harston Manor’s corn book 1823-1842
Liam Brunt and Edmund Cannon

4. Production and provisioning: the Tumulto of 1692 in Mexico City
Pablo F. Luna

5. The need for wheat: the pre-industrial expansion of Vienna’s grain supply, 1800-1840
Jonas M. Albrecht

6. The respiration of Paris’ catchment area in the nineteenth century: stocks and flows
Laurent Herment

7. Urban development and local food production. Ability and inability of feeding growing cities by urban agriculture in nineteenth-century industrialising Belgium
Pieter De Graef

8. Between fearing shortage and stockpiling fresh fish: did the Venetian Republic have an environmental policy in the eighteenth century?
Solène Rivoal

9. Preventing subsistence crises: the state and granaries of abundance in Old Regime France
Gérard Béaur

10. Storage and financing of the French wheat market in the inter-war period
Alain Chatriot


ISBN : 978-2-503-58509-3
Fiche éditeur : http://www.brepols.net/
Le pouvoir des listes au Moyen Âge - I

Le pouvoir des listes au Moyen Âge - I

Écriture de la liste

Claire Angotti, Pierre Chastang, Vincent Debiais et Laura Kendrick (dir.)
Paris, Editions de la Sorbonne, Histoire ancienne et médiévale,165, 2019,  272 p.
Prix : 14,99€

Les listes constituent une forme d'écriture très présente dans les textes du Moyen Âge, quels que soient leur nature et leur genre. Cette forme syntaxique, graphique et sémantique singulière a été l’objet d’une enquête collective menée dans le cadre d’un projet interdisciplinaire de recherche intitulé « Pouvoir des listes au Moyen Âge » (Polima), qui a bénéficié du soutien de l’ANR. Trois volumes collectifs rassemblent les études de cas issus des ateliers organisés dans le cadre de ce programme. Ils explorent les usages sociaux de cette forme d’écriture dotée de pouvoirs pragmatiques, poétiques et cognitifs. Ce volume propose une approche matérielle de la liste, qui vise à la saisir dans le rapport que son écriture construit avec le support ainsi qu’avec les lieux, démultipliés, de son installation (pages, livres, murs, monuments, reliquaires, objets du quotidien, etc.). Ces singularités documentaires, liées à des procédures ou à des jeux de dénombrement, permettent de rendre compte de l’abondance des listes dans les productions écrites du Moyen Âge et d’interroger ce que les différentes scènes sociales du Moyen Âge font de cet opérateur matériel et cognitif qui produit savoir et agency. Au cours de cette période, les listes et les formes de pensée qu’elles engendrent se transforment sous l’effet de l’apparition de nouveaux enjeux de dénombrement et de catégorisation. À l’arrière-plan des cas étudiés percent ainsi la transformation grégorienne de l’Occident, la formation du savoir scolastique et l’essor des rationalités pratiques.


ISBN : 979-1035103170
Fiche éditeur : https://books.openedition.org/psorbonne/54932
Popular Memories of the Mao Era

Popular Memories of the Mao Era

From Critical Debate to Reassessing History

Sebastian Veg (dir.)
Hong Kong, Hong Kong University Press, 2019,  256 p.
Prix : 52$

On assiste depuis quelques années à l’essor en Chine continentale d’une mémoire populaire critique de l’époque maoïste, dont ce livre propose un panorama. Alors que l’État cherche à cantonner la mémoire critique dans le domaine privé, ses manifestations sont multiples en ligne et dans la presse, dans les productions culturelles, et dans les publications d’historiens amateurs, même si elles ont subi récemment une répression plus forte. Cette mémoire populaire remet en question l’historiographie officielle, et a commencé à modifier les récits communément partagés de l’histoire de la période maoïste. Des débats publics ont ainsi eu lieu depuis une décennie sur des épisodes clés de l’histoire de la République populaire : le mouvement anti-droitier, la grande famine de 1959-1961 et la Révolution culturelle. À la différence de la mémoire traumatique ou nostalgique qui dominait précédemment, ces nouveaux récits, apparus dans des revues semi-officielles ou informelles, dans des films documentaires indépendants, dans des musées privés, dans des projets d’histoire orale ou dans des recherches d’archives réalisées par des historiens amateurs, cherchent à ouvrir un espace de débat critique sur le passé récent de la Chine.


ISBN : 978-988-8390-76-2
Fiche éditeur : https://hkupress.hku.hk/pro/1690.php
Une femme a passé

Une femme a passé

Méditation sur la Gradiva

Christian Jouhaud
Paris, Éditions Gallimard, NRF, Connaissance de l'inconscient, 2019,  144 p.
Prix : 16€

Ce livre traite de Freud lecteur de romans. En regardant Gradivade ce point de vue, on découvre qu’elle n’est peut-être pas celle que l’on croyait : « fragment » du discours amoureux de Barthes, « charme » chez Pontalis, modèle de peintre et maîtresse d’Eugène Delacroix au Maroc chez Alain Robbe-Grillet, escort girlde la théorie du rêve et Jeanne d’Arc de la jeune psychanalyse.

Freud réussit à transmettre le trouble poétique de l’histoire un peu niaise inventée par Wilhelm Jensen, tout en estompant – c’est un comble – la part la plus érotique du récit. Il n’en reste pas moins qu’au bout de l’enquête sur le lecteur ordinaire de fiction qu’est aussi Freud, l’énigme de sa présence au temps demeure : image intime et insaisissable – « la passante de toujours, celle des ruines là-bas et celle de Paris, celle du trouble et de l’émotion incomprise », celle des Fleurs du mal.


ISBN : 978-2-07-282681-8
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr
Histoire de Yahvé

Histoire de Yahvé

Ron Naiweld
Paris, Fayard, L'épreuve de l'histoire, 2019,  240 p.
Prix : 20€

En livrant une lecture inédite de l’Ancien Testament, récit mythique de l’histoire d’un dieu particulier, Ron Naiweld démontre que la lecture monothéiste de ce mythe biblique n’allait pas de soi et qu’elle s’est faite au contact d’autres cultures, perse, romaine ou encore grecque, pour faire de ce dieu le Dieu universel.

On prétend parfois que l’«  homme occidental  » serait le seul être humain pouvant vivre sans mythes. Il n’en est rien.
À l’aune d’une lecture inédite de l’Ancien Testament, Ron Naiweld nous plonge dans ce grand mythe, support de la rencontre, fondatrice pour l’Occident, de la Bible et de la philosophie. Contre le récit traditionnel d’un dieu créateur unique et tout-puissant, sa lecture fait émerger une autre histoire. Son héros est un dieu motivé par le désir d’être reconnu comme tel par les hommes. Avec le temps et au contact des empires assyrien, babylonien et perse, le dieu développe son intelligence politique. Il apprend la puissance du peuple, l’utilité de l’ordre impérial et, de sa rencontre avec la pensée grecque, l’intérêt de l’idée monothéiste. Mais c’est avec saint Paul qu’il assouvit pleinement son désir.
En suivant pas à pas l’histoire de ce dieu, cet essai fascinant montre comment, à force de torsions, de relectures, d’appropriations, le mythe d’un peuple marginal dans la fabrique culturelle du monde ancien est devenu l’un des mythes fondateurs de la civilisation occidentale. Comment Yahvé est devenu Dieu.


ISBN : 978-2213710310
Fiche éditeur : https://www.fayard.fr
La griffe du temps

La griffe du temps

Ce que l'histoire peut dire de la littérature

Judith Lyon-Caen
Paris, Éditions Gallimard, NRF, Essais, 2019,  304 p.
Prix : 22€

Aux devantures des librairies, on ne compte plus les ouvrages d'historiens réfléchissant gravement à leur rapport avec la littérature. Doivent-ils en faire une source de leur savoir, mais en contextualisant la fiction depuis leur surplomb, au risque de ne pas faire mieux que l'histoire littéraire et manquer ce que fait la littérature ? Ou bien recourir à l'écriture de la fiction, quitte à s'installer prosaïquement dans l'entre-deux-genres d'une classique monographie ? Judith Lyon-Caen propose une aventure plus ambitieuse : à partir d'une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly, "La vengeance d'une femme" , l'historienne part de ce qu'est la littérature : une expérience d'être au monde, pour mesurer l'éclairage que sa discipline peut apporter à la mise en écriture romanesque. Ainsi de ces myriades d'objets, de parures, de rues et boulevards ou de lieux parisiens dont la description a pour fonction d'attester la réalité du récit : l'historien décrypte ces traces du temps, que ce soit le temps de la rédaction ou celui de l'action du récit, en retrouve l'origine, réfléchit à la manière dont le romancier en a été affecté. Non pas pour réduire l'écriture romanesque à un ancrage dans une époque, mais, au contraire, pour éclairer comment une époque nourrit le sens d'une écriture. L'historien en "herméneute" du matériau littéraire, en quelque sorte. Une invitation à apprendre à mieux lire ce qui fait la littérature et ce que fait un romancier.


ISBN : 978-2072826696
Fiche éditeur : http://www.gallimard.fr
Spinoza, philosophe grammairien

Spinoza, philosophe grammairien

Jean Baumgarten , Irène Rosier-Catach, Pina Totaro
Paris, CNRS Editions, Cahiers Alberto Benveniste, 2019,  126 p.
Prix : 25€

L’Abrégé de grammaire hébraïque de Baruch Spinoza (le Compendium grammatices linguae hebraeae) parut en 1677 à Amsterdam dans l’édition latine de ses oeuvres posthumes. Il avait été rédigé à la demande de ses amis qui s’intéressaient à l’étude de l’hébreu et connaissaient ses compétences en la matière. L’intention explicite de Spinoza dans cet ouvrage avait été d’expliquer la grammaire hébraïque « selon la méthode géométrique » et d’écrire une grammaire d’une langue vivante plutôt que celle de la langue biblique. De toutes ses oeuvres, celle-ci, inachevée, est la moins connue et étudiée, et fut longtemps considérée comme un texte marginal.
Les contributions publiées dans le présent ouvrage tendent à resituer le Compendium dans le contexte culturel, linguistique, religieux et intellectuel de l’Europe du xviie siècle. Elles visent à en éclairer les sources, à analyser la méthode élaborée par Spinoza dans sa grammaire, à mettre en rapport ses idées linguistiques avec les principes de sa philosophie, en particulier celles du Traité théologico-politique.
Ainsi l’Abrégé pourrait-il être reconsidéré comme une création originale et essentielle au sein du corpus spinoziste.


ISBN : 978-2-271-11895-0
Fiche éditeur : http://www.cnrseditions.fr/
Se faire un nom

Se faire un nom

L'invention de la célébrité à la Renaissance

Christiane Klapisch-Zuber
Paris, Les éditions Arkhe, Oblique S, 2019,  172 p.
Prix : 18,50€

Giotto, Leonardo ou encore Raphaël... Pour chacune de ces légendes de la Renaissance, l'histoire retient un simple prénom, dont la puissance évocatrice contribue, des siècles après leur mort, à consolider leur gloire. Dès le XIVe siècle, ce choix précurseur des peintres contribue ainsi à leur célébrité. Curieusement, à cette époque où l'artiste s'autonomise et sérige en groupe social d'élite, le nom de famille tel qu'onb le connaît aujourd'hui n'était pas encore fixé et se transmettait uniquement dans les familles de notables variant souvent d'une génération à l'autre... Ainsi, être connu par son seul prénom était-il un véritable signe de distinction !

Il ne s'agit pas d'un détail : le nom conditionne et décrit la filiation, la réputation, et donc la renommée de quelqu'un. Cet essai décrypte, à travers la vie intime des peintres et des sculpteurs illustres, cette époque où la figure de l'artiste émerge, annonciatrice de la valorisation de l'individu à l'oeuvre aujourd'hui.


ISBN : 978-2918682509
Fiche éditeur : http://www.arkhe-editions.com/
1969 : Michel Foucault et la question de l'auteur

1969 : Michel Foucault et la question de l'auteur

"Qu'est-ce qu'un auteur ? " Texte, présentation, et commentaire

Dinah Ribard
Paris, Honoré Champion, Textes critiques français, 2019,  112 p.
Prix : 20€

Michel Foucault donne en 1969 à Paris, puis en 1970 aux États-Unis, une conférence sur la question de l’auteur dont la formule-clé, « Qu’importe qui parle », est empruntée à Samuel Beckett. Il existe plusieurs manières de donner un contexte aux propositions avancées dans ce texte qui fit événement, de raconter l’histoire de son impact sur la théorie, la critique, l’histoire du fait littéraire, d’y réagir enfin. On s’efforce ici d’éclairer ces interprétations, ces récits, leurs évolutions et leurs enjeux, en s’intéressant notamment à leur caractère contradictoire, ainsi qu’à l’importance qu’ont eue, pour l’évolution des études littéraires, des choses que Foucault ne dit pas dans « Qu’est-ce qu’un auteur ? ».


ISBN : 978-2745348326
Fiche éditeur : https://www.honorechampion.com
La necessità del segreto. Indagini sullo spazio politico nell’Italia medievale ed oltre

La necessità del segreto. Indagini sullo spazio politico nell’Italia medievale ed oltre

Jacques Chiffoleau, Étienne Hubert Roberta Mucciarelli
Rome, Viella, 2019,  388 p.
Prix : 34€

Le secret, comme le dit son étymologie, agit de manière sélective, distinctive, actionnant des processus d'inclusion et d'exclusion, des rapports de force, des dynamiques de pouvoir. Ingrédient constitutif de la définition du sujet, le secret est un levier fondamental de la construction du public.
Les essais proposés dans ce volume veulent en suivre quelques trajectoires qui, de l'Italie des cités-états (qui en forme le centre privilégié), se prolongent jusqu'à la Chine du XIe siècle et à l'Ethiopie du XVIIe siècle, pour en explorer les rituels, les configurations, les significations.
Construction de l'espace politique, gouvernement des hommes, comportements et agir social, techniques de la visibilité et de l'occultation, langages, savoirs commerciaux et artisanaux, mémoire et communication, rapports de famille sont les sphères sur lesquelles le secret déploie sa nécessité.


ISBN : 978-8833130880
Fiche éditeur : https://www.viella.it
Etudier les migrations internationales

Etudier les migrations internationales

Emmanuel Ma Mung, Marie-Antoinette Hily, Yann Scioldo-Zürcher (dir.)
Tours, Presses Universitaires François Rabelais, 2019,  388 p.
Prix : 25€

Les migrations internationales sont une clef de compréhension essentielle du fonctionnement du monde actuel. Elles constituent un enjeu fondamental dans chacune des sociétés qu’elles concernent, qu’il s’agisse des régions d’origine, des pays d’installation ou des zones de transit. Le « paradigme migratoire » offre un puissant outil d’analyse des transformations sociales et spatiales à l’oeuvre dans le monde. Aurait-on pu par exemple imaginer, il y a trente ou quarante ans, que la question migratoire marquerait à ce point les élections nord-américaines, britanniques, allemandes, hongroises, autrichiennes, néerlandaises, italiennes… et bien entendu françaises ?

Les auteurs – géographes, sociologues, historiens, anthropologues, juristes, démographes – font le point sur la façon dont ont été conçues, élaborées et traitées les problématiques relatives aux migrations depuis une trentaine d’années. Chaque chapitre montre comment un domaine de recherche a émergé, tiraillé entre demande publique (possédant ses propres objectifs généralement de court terme) et autonomie de la recherche attachée à la construction des savoirs. Il en résulte un ouvrage qu’on peut utiliser comme un manuel, utile à tous ceux qui veulent comprendre la complexité des migrations internationales.

Avec les contributions de :

Karen Akoka, Cédric Audebert, Marine Bertrand, Marie Chabrol, Pascaline Chappart, Olivier Clochard, Victoire Cottereau, Fathallah Daghmi, Kamel Doraï, Hadrien Dubucs, Antoine Dumont, Françoise Dureau,  Lucine Endelstein, Eleonora Guadagno, Marie-Antoinette Hily, Anne-Cécile Hoyez, Christophe Imbert, Thomas Lacroix, Véronique Lassailly-Jacob, David Lessault, Pierre-Yves, Emmanuel Ma Mung, Adelina Miranda, Naïk Miret,  Véronique Petit,  Isabelle Rigoni,  Nelly Robin,  Yann Scioldo-Zürcher, Hélène Simon-Lorière,  Alain Tarrius, Marie-Françoise Valette


ISBN : 978-2-86906-695-3
Fiche éditeur : https://pufr-editions.fr
Les Règles de la parenté, entre histoire et anthropologie

Les Règles de la parenté, entre histoire et anthropologie

Autour des travaux de Gérard Delille

Elie Haddad (dir.)
Paris, CRH, L'Atelier du CRH, 2019,  332 p.
Prix : 24€

L’étude des phénomènes de parenté, revenue à l’ordre du jour depuis presque deux décennies, pose des questions centrales concernant l’histoire de l’Europe médiévale et moderne, ses méthodes et ses objectifs. Sept historiennes et historiens sont réunis dans ce volume autour de Gérard Delille. Ils confrontent leurs terrains et leurs méthodes à sa proposition d’interprétation générale du système de parenté européen pour mieux mettre en avant les différents enjeux historiques, théoriques et documentaires des débats en cours dans ce champ de recherche.

Depuis les logiques générales de l’échange vues au prisme des transmissions de terres jusqu’aux rapports micropolitiques dans la parenté révélés par les actions individuelles, depuis les fondements théologiques médiévaux du système de l’alliance jusqu’aux multiples pratiques d’apparentement possibles en dehors du mariage dans le monde colonial hispanique et aux transformations de la filiation révélées par l’évolution de la bâtardise en France, des transformations tardives du système onomastique des Marches en Italie centrale aux mariages dans le nom du père à Paris aux XVIe et XVIIe siècles, le lecteur est invité à arpenter quelques terrains sur lesquels se déploient des questionnaires qui visent à mieux comprendre les changements des sociétés d’Europe et d’ailleurs, au croisement de l’anthropologie et de l’histoire.

Pour se le procurer : https://www.i6doc.com/fr/book/?gcoi=28001100140290



ISBN : 978-2-908452-10-5
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/
L'Europe des diasporas (XVIe-XVIIIe siècles)

L'Europe des diasporas (XVIe-XVIIIe siècles)

Mathilde Monge et Natalia Muchnik
Paris, PUF, 2019,  544 p.
Prix : 29€

Huguenots, séfarades, catholiques britanniques, mennonites, morisques, frères moraves, quakers, ashkénazes... Qu'ont en commun ces populations qui parcourent l'Europe durant toute l'époque moderne ? Toutes s'inscrivent dans des communautés dont les ramifications traversent les frontières politiques, culturelles et religieuses ; toutes entretiennent des réseaux dynamiques à travers lesquels circulent informations, personnes et biens.
Unis par la mémoire des persécutions, l'attachement à une terre d'origine, réelle ou rêvée, et par des liens économiques, ces groupes n'en sont pas moins extrêmement divers. Formant des minorités au sein de la cité, ils entretiennent des rapports complexes tant avec les autorités et les populations locales qu'avec les autres populations diasporiques. Cet essai explore ces tensions, entre unité et hétérogénéité, mobilité et sédentarité, marginalisation et perméabilité des frontières sociales.
Aussi synthétique qu'informé, il s'adresse à la fois aux spécialistes des minorités et des diasporas, qui y trouveront une proposition de lecture globale, comme à ceux qui s'intéressent à la coexistence religieuse, aux questions d'intégration et aux migrations.


ISBN : 978-2-13-079844-6
Fiche éditeur : https://www.puf.com
La monarquía en el siglo XXI

La monarquía en el siglo XXI

Jordi Canal
Madrid, Turner Libros, Minor, 2019,  96 p.
Prix : 9,90€

Bien que formuler des hypothèses soit risqué, nous devons nous demander si la Couronne est toujours nécessaire, si elle est devenue une institution anachronique ou si, au contraire, il est essentiel de maintenir la démocratie.

Jordi Canal analyse la monarchie espagnole, son origine et son histoire la plus récente. Il présente ses réalisations et ses erreurs, telles que la crise qui a conduit à l'abdication de Juan Carlos I ou les scandales familiaux.


ISBN : 978-84-17141-77-6
Fiche éditeur : http://www.turnerlibros.com
Minjian: the Rise of China’s Grassroots Intellectuals

Minjian: the Rise of China’s Grassroots Intellectuals

Sebastian Veg
New-York, Columbia University Press, 2019,  368 p.
Prix : 65$

Who are the new Chinese intellectuals? In the wake of the crackdown on the 1989 democracy movement and the rapid marketization of the 1990s, a novel type of grassroots intellectual emerged. Instead of harking back to the traditional role of the literati or pronouncing on democracy and modernity like 1980s public intellectuals, they derive legitimacy from their work with the vulnerable and the marginalized, often proclaiming their independence with a heavy dose of anti-elitist rhetoric. They are proudly minjian - unofficial, unaffiliated, and among the people.

In this book, Sebastian Veg explores the rise of minjian intellectuals and how they have profoundly transformed China’s public culture. An intellectual history of contemporary China, Minjian documents how, amid deep structural shifts, grassroots thinker-activists began to work outside academia or policy institutions in an embryonic public sphere. Veg explores the work of amateur historians who question official accounts, independent documentarians who let ordinary people speak for themselves, and grassroots lawyers and NGO workers who spread practical knowledge. Their interventions are specific rather than universal, with a focus on concrete problems among disenfranchised populations such as victims of Maoism, migrant workers and others without residence permits, and petitioners. Drawing on careful analysis of public texts by grassroots intellectuals and the networks and publics among which they circulate, Minjian is a groundbreaking transdisciplinary exploration of crucial trends developing under the surface of contemporary Chinese society.

Acknowledgments
Introduction
1. Grassroots Intellectuals: Theoretical and Historical Perspectives
2. Wang Xiaobo and the Silent Majority: Redefining the Role of Intellectuals After Tiananmen
3. Minjian Historians of the Mao Era: Commemorating, Documenting, Debating
4. Investigating and Transforming Society from the Margins: The Rise and Fall of Independent Cinema
5. Professionals at the Grassroots: Rights Lawyers, Academics, and Petitioners
6. Journalists, Bloggers, and a New Public Culture
Conclusion
Appendix: Minibiographies of Thirty Minjian Intellectuals
Notes
Index


ISBN : 978-0231191401
Fiche éditeur : https://cup.columbia.edu
Fièvre et vie du théâtre sous la Révolution française et l’Empire

Fièvre et vie du théâtre sous la Révolution française et l’Empire

Thibaut Julian, Vincenzo De Santis (dir.)
Paris, Classiques Garnier, Rencontres, n°384, 2019,  345 p.
Prix : 32€

Durant la Révolution française et l’Empire, le théâtre présente un répertoire original et des structures de transition : expérimentations et héritages, audaces et conformismes se bousculent à l’heure où pièces, salles, auteurs, comédiens et spectateurs évoluent dans une activité frénétique que les autorités cherchent à canaliser. L’interaction étonnante du public et de la représentation, la labilité du procès de signification, le poids de l’histoire et de la politique forment le fil rouge de ces études, qui font apparaître une tension entre tradition et nouveauté dans les genres, les répertoires et les pratiques de la vie théâtrale, à Paris comme dans les autres territoires de la « Grande Nation ».

Sommaire


ISBN : 978-2-406-08310-8
Fiche éditeur : https://classiques-garnier.com
The Limits of Transnationalism

The Limits of Transnationalism

Nancy L. Green
Chicago, The University of Chicago Press, 2019,  208 p.
Prix : 27,50$

 

L’engouement pour le transnational ne tarit pas, avec de bonnes raisons, mais The Limits of Transnationalism propose de nuancer notre enthousiasme en rappelant les empêchements, les difficultés, et les rapports de force qui font aussi partie d’une histoire d’échanges et de circulations. Le transnationalisme peut impliquer la traversée des frontières physiques ou des frontières intellectuelles.  Pour les historiens, il est à la fois une perspective de recherche ainsi qu’une recherche de transnationalismes passés, qu’il s’agit du mouvement des idées, des matières primaires, ou des gens.  Ce livre cherche à questionner ce « moment transnational » – qui accompagne le langage sur la globalisation depuis la fin du 20ème siècle – en particulier en ce qui concerne les migrations, de manière historique et historiographique.  Malgré la « nouveauté » du phénomène initialement postulé par les anthropologues, la longue histoire du transnationalisme des migrants ne fait pas de doute.  Or, mettre l’accent sur une certaine héroïsation de l’agent transnational, capable de saisir l’occasion et mobiliser les réseaux a fait oublier les entraves.  Si l’accent mis sur le transnational a permis de sortir d’une historiographie ancrée dans le sturm und drang des experiences migratoires, il a peut-être induit une vision par trop optimiste de la capacité d’action individuelle.  On doit questionner les frictions de la mobilité afin de compléter le tableau, se rappelant les complexités, voire l’éventuelle faillite des réseaux.

 

 

Résumé en anglais :

Transnationalism means many things to many people, from crossing physical borders to crossing intellectual ones. The Limits of Transnationalism reassesses the overly optimistic narratives often associated with this malleable term, revealing both the metaphorical and very real obstacles for transnational mobility. Nancy L. Green begins her wide-ranging examination with the story of Frank Gueydan, an early twentieth-century American convicted of manufacturing fake wine in France who complained bitterly that he was neither able to get a fair trial there nor to enlist the help of US officials. Gueydan’s predicament opens the door for a series of inquiries into the past twenty-five years of transnational scholarship, raising questions about the weaknesses of global networks and the slippery nature of citizenship ties for those who try to live transnational lives. The Limits of Transnationalism serves as a cogent reminder of this topic’s complexity, calling for greater attention to be paid to the many bumps in the road.

 

Summary

Introduction: The “Transnational Moment” and Its Limits
Chapter 1: Fake Wine and Future Cadaver: The Trials of an American in France
Chapter 2: Old History, New Historiography
Chapter 3: Expatriation: The Obverse of Transnationalism
Chapter 4: On States and Exit: Letting People Go . . . with Gritted Teeth
Chapter 5: “Au secours”: Individuals Betwixt and Between
Conclusion: It’s Not as Easy as It Looks
Acknowledgments
Bibliography

ISBN : 978-0226608280
Fiche éditeur : https://press.uchicago.edu
Social Relations, Politics, and Power in Early Modern France

Social Relations, Politics, and Power in Early Modern France

Robert Descimon and the Historian’s Craft

Barbara B. Diefendorf (ed.)
Pennsylvanie, Penn State University Press, 2019,  320 p.
Prix : 50$

La sociabilité est essentielle à l'activité de l'historien, l'échange d'idées se faisant par écrit, lors de séminaires, et souvent dans des discussions informelles autour d'un repas. Ces essais sont le fruit d'un réseau de sociabilité dont le centre est l'historien français Robert Descimon. Ils se concentrent sur les relations entre société, politique et pouvoir en France des guerres de Religion à l'affirmation de l'absolutisme. A partir d'une grande variété d'approches et de méthodes historiques, ces contributions offrent de nouvelles perspectives sur l'évolution du rôle des élites à l'époque moderne et sur les influences sociales, familiales et culturelles qui ont façonné leurs valeurs et leurs choix.

The study of history is a fundamentally sociable practice, with the exchange of ideas taking place in writing, over the seminar table, and often in informal discussions over food. These essays grew out of a web of sociability centered around French historian Robert Descimon, and focus on the nexus of social relations, politics, and power in France as it moved from the age of religious wars into the age of absolutism. Using a wide variety of historical approaches and methods, these essays offer new insights into the evolving role of early modern elites and the social, familial, and cultural influences that shaped their values and priorities.

 

Contents

Introduction: Robert Descimon and the Historian’s Craft

by Barbara B. Diefendorf

1. Robert Descimon, the Annales Tradition, and the Social History of the Ruling Classes

by Jonathan Dewald

2. Law and Social History in Early Modern France

by Michael P. Breen

3. Local Officials and Torture in Seventeenth-­Century Bordeaux

by Sara Beam

4. Urban Elites and Politics in Sixteenth-­Century Dijon

by Mack P. Holt

5. The Notary as Rural Power Broker: Maître Coujard and Pierre Collenot, Syndic of Alligny

by James B. Collins

6. Reading Municipal Lists, Interpreting Civic Practice from the Insights of Robert Descimon to Seventeenth-­Century Bourges

by Hilary J. Bernstein

7. Qui étaient les députés? An Unknown Group of Protestant Leaders on the Eve of the First War of Religion

by Philip J. Benedict

8. Civic Engagement and Public Assistance in Sixteenth-­Century Paris

by Barbara B. Diefendorf

9. Unfinished Business: An Edition of the “Manuscript History of the League”

by Mark Greengrass, with Marco Penzi and Mark Critchlow

10. Gallicans Not Magistrates: The Dupuy Cabinet in the Age of Richelieu

by Robert A. Schneider

11. Intellectual Trajectories and Relationships of a French Historian

by Robert Descimon

Bibliography of Robert Descimon’s Writings

Glossary

Contributors

Index


ISBN : 978-1-61248-163-0
Fiche éditeur : https://www.psupress.org
La mesure des effectifs de partis politiques en France (PS et PCF)

La mesure des effectifs de partis politiques en France (PS et PCF)

Paris, Editions de l'EHESS, Histoire & Mesure, XXXIII-1, 2018,  176 p.
Prix : 22,50€

Présentation

Consacrés aux usages de la mesure des effectifs de partis politiques de gauche en France, les deux premiers articles examinent les pratiques et usages du dénombrement des membres du Parti socialiste (F. Cépède) et du Parti communiste français (P. Boulland).

Deux articles relèvent de l’histoire de la mesure : O. Reguin étudie la transmission des mesures agraires dans l’espace italien, de l’Antiquité au Moyen Âge, en posant l’hypothèse d’une étape byzantine ; G. Serra décrit l’élaboration, par la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies, d’indicateurs de développement pour mener les réformes libérales à partir de 1980.

Deux autres articles appliquent des méthodes statistiques à des objets d’histoire. Au départ d’une base de données prosopographique relatives aux officiers d’État de Lorraine sous la première modernité, A. Fersing aborde la question de la catégorisation à partir de la structure des données, explorées par une analyse des correspondances multiples et une classification ascendante hiérarchique. L. Herment et É. Mermet analysent la diffusion spatiale des différents engrais commerciaux en France au milieu du XIXe siècle en s’appuyant sur un SIG et un modèle de régression logistique suivi d’une analyse en composantes principales.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2752-3
Fiche éditeur : http://www.editions.ehess.fr/
Histoire rurale de l'Europe (XVIe-XXe siècle)

Histoire rurale de l'Europe (XVIe-XXe siècle)

Laurent Herment (dir.)
Paris, Editions de l'EHESS, En temps & lieux, 87, 2019,  335 p.
Prix : 25€

La croissance agricole qu’a connue l’Europe entre le XVIe et le XXe siècle est un facteur essentiel de la construction du monde moderne. Mais il reste à en comprendre la nature, le rythme et les causes. Trois grandes approches ont stimulé depuis près de 30 ans les débats des historiens dans ce domaine : la diversité des systèmes agraires, les méthodes quantitatives et le rôle des institutions. Ce livre s’appuie sur ces trois thématiques pour proposer une vision synthétique de la recherche européenne sur l’histoire agraire moderne et contemporaine, aux antipodes des traditionnelles monographies régionales. Il témoigne ainsi du renouveau et de la vitalité des études sur un monde rural qui reste essentiel à la compréhension de notre temps.

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2774-5
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
Les prisons de la foi

Les prisons de la foi

L'enfermement des minorités (XVIe-XVIIIe siècle)

Natalia Muchnik
Paris, PUF, 2019,  352 p.
Prix : 25€

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les prisons ont été des espaces d’autonomie, voire de liberté, pour les minorités religieuses clandestines des XVIe et XVIIIe siècles. Récusants catholiques dans l’Angleterre protestante, crypto-protestants français après la révocation de l’édit de Nantes, morisques et marranes qui pratiquaient l’islam ou le judaïsme dans l’Espagne inquisitoriale, en ont fait des lieux de résistance, de culte et de sociabilité. Ils y ont laissé des graffiti, rédigé des lettres ou des livres, propagé des rumeurs et dissimulé des objets. L’expérience de l’incarcération et la figure du détenu ont alors acquis une fonction centrale dans la construction de ces communautés, dont la résistance à la répression passait par le sentiment du sacré et l’usage du secret.Natalia Muchnik propose à travers cette exploration vivante des prisons d’Ancien Régime, et du sort des minorités religieuses en leur sein, une étude novatrice des lieux d’enfermement.


ISBN : 978-2-13-081514-3
Fiche éditeur : http://www.puf.com
L'héritage des Lumières

L'héritage des Lumières

Ambivalences de la modernité

Antoine Lilti
Paris, Editions de l'EHESS, Hautes études, 2019Prix : 25€

Les Lumières sont souvent invoquées dans l’espace public comme un combat contre l’obscurantisme, combat qu’il s’agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné.

Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n’ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d’autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu’un prêt-à-penser rassurant.

Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd’hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l’esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique postcoloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L’Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d’un mouvement qu’il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.


ISBN : 978-2-02-142789-9
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr
Vies oubliées

Vies oubliées

Au cœur du XVIIIe siècle

Arlette Farge
Paris, La Découverte, 2019,  200 p.
Prix : 18€

Comment saisir les vies oubliées, celles dont on ne sait rien ? Comment reconstituer au plus près l’atmosphère d’une époque, non pas à grands coups de pinceau, mais à partir des mille petits événements attrapés au plus près de la vie quotidienne, comme dans un tableau impressionniste ?
Arlette Farge offre ici ce qu’on appelle les « déchets » ou les « reliquats » du chercheur : ces bribes d’archives déclarées inclassables dans les inventaires, délaissées parce que hors des préoccupations présentes de l’historien. Ce sont des instantanés qui révèlent la vie sociale, affective et politique du siècle des Lumières. Prêtres, policiers, femmes, ouvriers, domestiques, artisans s’y bousculent.
De ces archives surgissent des images du corps au travail, de la peine, du soin, mais aussi des mouvements de révolte, des lettres d’amour, les mots du désir, de la violence ou de la compassion.
Le bruit de la vague, expliquait Leibnitz, résulte des milliards de gouttelettes qui la constituent ; Arlette Farge immerge son lecteur dans l’intimité de ces vies oubliées. Une nouvelle manière de faire de l’histoire.


ISBN : 978-2-348046513
Fiche éditeur : https://editionsladecouverte.fr
La nationalité, une histoire de chiffres

La nationalité, une histoire de chiffres

Politique et statistiques en Europe centrale (1848-1919)

Morgane Labbé
Paris, Presses de Sciences Po, 2019,  382 p.
Prix : 29€

Lorsque l'historien consulte les archives administratives du XIXe siècle, il découvre avec étonnement de longues séries de chiffres sur les nationalités, les langues, les religions, comme autant de tableaux d’une Europe disparue.
Il constate la précision des enregistrements des minorités et relève que ce travail bureaucratique méticuleux protégeait autant leurs droits qu’il dessinait le cadastre des minorités nationales et confessionnelles bientôt expulsées, assimilées, persécutées.
À partir de l’exemple de la Pologne, territoire alors partagé entre la Prusse, la Russie et l’Autriche-Hongrie, l’auteure démontre que le recensement des populations, l’édification de cartes, le choix de critères démographiques, linguistiques et confessionnels ont servi des projets politiques plus divers que la littérature historique ne l’a longtemps laissé supposer. C’est ainsi qu’en 1919, par un retournement de l’histoire, les statistiques démographiques officielles des trois empires annexionnistes, réappropriées tant par les opposants polonais que par les experts de la Conférence de la paix, ont contribué à l’édification d’un nouvel État polonais.

 

 


ISBN : 978-2724624953
Fiche éditeur : http://www.pressesdesciencespo.fr
Hommage à Adeline Rucquoi

Hommage à Adeline Rucquoi

Minorias, poder, saberes e trocas culturais: do Império Romano ao medievo

Vitória, Université Fédérale Espíritu Santo, Dimensões - Revista de Historia da UFES, 42, 2019,  350 p.

Présentation

La revue d’histoire Dimensões de l’Université Fédérale Espíritu Santo (Vitória, Brésil) a consacré son nº 42 (juin 2019) à un hommage à Adeline Rucquoi, sous le titre “Minorités, pouvoir, savoirs et échanges culturels: empire romain et Moyen Âge”.

Autour d’un article d’A. Rucquoi, dix collègues du Brésil, d’Argentine, d’Italie, du Portugal et des États-Unis ont participé à ce numéro. En préface, Sérgio A. Feldman rappelle l’accueil reçu lors son année de post-doctorat à l’EHESS (2012-2013) et, avec sa collègue, Leni Ribeiro Leite, sa décision de lui rendre cet hommage. Ariel Guiance y retrace la carrière d’A. Rucquoi et souligne ses apports à la connaissance de l’histoire de l’Espagne médiévale, tandis que Ruy de O. Andrade Filho évoque ses qualités d’enseignante et son érudition.

 

Sommaire


ISBN : 2179-8869
Fiche éditeur : http://www.periodicos.ufes.br
Menaces sur l’alimentation

Menaces sur l’alimentation

Emballages, colorants et autres contaminants alimentaires, XIXe-XXe siècle

Florence Hachez-Leroy
Tours, Presses Universitaires François Rabelais, 2019,  348 p.
Prix : 25€

Au XIXe siècle, l’apparition de nouveaux matériaux d’emballage et des additifs alimentaires de synthèse révolutionne la conservation des aliments. Pourtant ces progrès induisent des menaces sur l’alimentation – intoxications ou fraude avérée – contre lesquelles pouvoirs publics et scientifiques engagent une lutte commune. Un long processus de régulation s’amorce dans les pays industrialisés et aboutit après-guerre à la création d’organismes supra nationaux comme la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations-Unis.
Analysant plusieurs cas emblématiques et fascinants comme l’arrivée progressive des colorants dans les aliments, le développement des emballages en cellophane, ou l’utilisation des sels d’aluminium, cet ouvrage propose une histoire croisée des cultures de l’alimentation et de la toxicologie alimentaire à l’échelle internationale.
Cette histoire des colorants et des emballages alimentaires met en exergue des controverses du XIXe siècle qui résonnent avec les questions actuelles comme celle sur l’aluminium et la santé ou encore les emballages plastiques et l’environnement. Cette réflexion neuve dessine un paysage historique fascinant où circulent scientifiques, industriels, législateurs, hommes politiques et simples citoyens.


Préface de Patrick Fridenson


ISBN : 978-2-86906-716-5
Fiche éditeur : https://pufr-editions.fr/
Histoire & Mesure

Histoire & Mesure

Statistique du Nouveau Monde et nouveaux terrains de la statistique

Paris, Editions de l'EHESS, XXXIII-2, 2018,  196 p.
Prix : 22,50€

Présentation

Ce numéro d’Histoire & Mesure, consacré aux Amériques et aux nouveaux terrains de la statistique, est dédié à la mémoire du grand américaniste que fut Jean Heffer, un des fondateurs de la revue. Avec une disponibilité constante pour les rédactions successives de la revue, il ne cessa d’encourager l’exploration de nouveaux thèmes et de défendre une histoire économique ouverte à l’innovation méthodologique.

L’histoire de la statistique s’est déployée selon de multiples axes durant les dernières années. Les contributions ici rassemblées montrent comment le savoir statistique a été mobilisé à des fins très diverses, entre la fin du XVIIIe siècle et l’immédiat après Seconde Guerre mondiale dans divers pays (Mexique, Argentine, Antilles françaises, Hongrie, France, Grèce) : développement de l’État-providence, affirmation de la profession médicale, contrôle de populations, édification d’une bureaucratie. Un bilan de l’importante recherche en Amérique latine sur l’histoire de la statistique est également proposé.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2753-0
Fiche éditeur : http://www.editions.ehess.fr/
Ars dictaminis

Ars dictaminis

Handbuch der mittelalterlichen Briefstillehre

Florian Hartmann, Benoît Grévin (ed.)
Stuttgart, Anton Hiersemann Verlag, 2019,  720 p.
Prix : 196€

Ars dictaminis. Handbuch der mittelalterlichen Briefstillehre est le résultat d'un projet de la Deutsche Forschungsgemeinschaft commencé en 2012. L'objectif était de réunir une équipe internationale, à dominante franco-italo-allemande, pour construire un ouvrage de synthèse qui donne une idée actuelle et la plus large possible des enjeux de la recherche sur l'ars dictaminis, art rédactionnel créé vers 1080, et qui s'affirma rapidement comme la tentative la plus originale du Moyen Âge de créer une pensée rhétorique autonome, centrée sur la rédaction des lettres et des actes structurant les rapports sociaux (mais débordant à son apogée ce cadre déjà vaste). On a tenté ici de donner une vue perspective de la naissance, du développement et des transformations de cette discipline jusqu'au XVe siècle, de l'Angleterre à la Pologne, de l'Italie à la Castille, mais aussi d'aborder un grand nombre de domaines thématiques et méthodologiques (typologies textuelles, problèmes d'édition, lieux d'enseignements, rapport entre la théorie et la pratique, interactions avec d'autres disciplines médiévales, fonctions sociales) afin de donner aux chercheurs non-spécialistes la vision la plus claire possible de l'état de la recherche et de la place de la discipline dan les cultures textuelles et la société médiévale. Comment une discipline pensée en latin s'adapta-t-elle aux langues vernaculaires ? Quelles furent les relations entre l'ars dictaminis et la naissance de l'humanisme ? Y eut-il une ars dictaminis au féminin ? Ce sont quelques-unes des questions que soulève cet ouvrage rendant compte du dynamisme des recherches actuelles sur l'ars.

4e de couverture :

Während die Urkundenlehre zu einem Klassiker der mediävistischen Forschung zählt, führt die mittelalterliche Briefstillehre ein Schattendasein, obwohl vom 11. bis 15. Jahrhundert Hunderte von Briefstillehren (artes dictandi) in über 10 000 Handschriften überliefert sind. Eine umfassende Darstellung oder ein Handbuch zu dieser wirkmächtigen Gattung fehlt bis heute. Dabei lassen sich diese Texte über das Verfassen von öffentlichen Schreiben als Norm für die ›richtige‹ Kommunikation lesen. Außerdem wirkten die in ihnen etablierten Vorstellungen affirmativ und normativ in die Gesellschaft zurück. Das Potential der Texte für historische und philologische Fragestellungen wurde in den letzten Jahren immer besser erkannt. Vor diesem Hintergrund wird jetzt erstmals eine auf breiter Quellenkenntnis basierende Entwicklungsgeschichte der mittelalterlichen ars dictaminis vorgelegt.

 

 


ISBN : 978-3-7772-1906-6
Fiche éditeur : https://www.hiersemann.de
La Biographie revisitée

La Biographie revisitée

Études de cas et questions méthodologiques

Marilisa Mitsou et Maria Christina Chatziioannou (dir.)
Paris, CRH, L'Atelier du CRH, 21, 2019

Qu’est-ce qui relie, en tant que sujets biographiques, la génération du Courtisan en Italie du XVIe siècle au Menuisier de Nevers, poète-ouvrier français, les mémoires d’hommes d’affaires grecs aux récits de vie d’un groupe d’institutrices chrétiennes et musulmanes en Turquie, à l’(auto)biographie d’un architecte, d’une philosophe et d’une militante communiste ?

À partir d’échantillons hétérogènes, puisés dans différentes époques et différents pays, ce dossier tente d’explorer les sources et les enjeux de l’écriture biographique, les hypothèses de travail du biographe, ses contraintes et ses libertés, dans le cadre de l’histoire intellectuelle, politique et sociale. Il ne s’agit pas de l’histoire de la biographie − depuis sa canonisation vers la fin du XVIIIe siècle à sa décanonisation au cours du XIXe siècle, puis à son renouveau dans les années 1980 − mais plutôt du genre (auto)biographique dans le présent : ses aspects narratifs, ses acteurs, ses fonctions.

Ce numéro de lAtelier est dédié à notre collègue Yannis Tsiomis, qui nous a quittés le 18 octobre 2018.


ISSN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/
Les architectures du bonheur

Les architectures du bonheur

De Charles Fourier aux Grands Voisins

Marcela Iacub (éd.), avec la collaboration de William Dufourcq, Maude Antoine et Bernard Desmars
Paris, Cent Mille Milliards, Descartes & Cie, 2019,  108 p.
Prix : 15€

Transformer les espaces de vie pour susciter des nouvelles manières de nous lier les uns aux autres est un vieux rêve de la pensée politique occidentale. Souvent taxés d’utopiques, ces projets n’ont pas cessé d’être conçus et parfois réalisés.  C’est à partir de l’un d’entre eux, Les Grands Voisins, la plus importante des utopies urbaines contemporaines réalisées, que nous avons réuni les textes de ce volume.

Situé en plein Paris et conçu à l’origine comme logement d’urgence pour les sans-abris, le succès des Grands Voisins nous a incités à faire une autre histoire de ces projets utopiques, en particulier des phalanstères de Charles Fourier et des cités radieuses de Le Corbusier. Ces analyses et ces expériences nous ont permis de jeter un nouveau regard sur les façons de nous loger dans les sociétés post familiales d’aujourd’hui. Notamment sur l’essor spectaculaire de la vie en solo, la transformation la plus décisive de notre modernité.


ISBN : 978-2-85071-043-8
Fiche éditeur : https://centmillemilliards.com
Les vitrines de l'humanité

Les vitrines de l'humanité

Silvia Sebastiani (dir.)
Paris, Labex Tepsis-Politika, Passés/Futurs, n°6, 2019

Présentation

Depuis les années 1980, la légitimité de collectionner ou de montrer les « différentes humanités » fait débat, du point de vue du droit international, mais aussi dans une opinion publique de plus en plus sensible à ces questions. Où et comment l’humanité a-t-elle été et continue-t-elle à être exposée ? De quelles manières squelettes, crânes, corps embaumés, photographies, moulages et autres artefacts ont-ils été et sont-ils utilisés pour rendre compte de la diversité humaine ?
Les musées anthropologiques ont certes commencé à changer leur façon d’exposer, la question n’en demeure pas moins ouverte : est-il encore possible d’exposer des restes humains ? Comment gérer les demandes croissantes de restitutions ? À qui revient-il de juger et de trancher ces questions ?
Au carrefour de l’histoire de l’anthropologie, de la muséographie et de l’histoire de l’art, ainsi que des questions raciales et politiques, ce dossier se focalise sur l’exposition de l’humanité dans des contextes situés et spécifiques. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, il les aborde au travers de plusieurs musées anthropologiques en Italie, en France, au Japon, au Mexique et en Argentine.

Illustrations par Andrea Jacchia

 

Table des matières

d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png  Questions aux musées d’anthropologie : une introduction
         Silvia Sebastiani

d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Du dessin au musée : comment faire des êtres humains des objets ?
         Anne Lafont    
 
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   En finir avec Cesare Lombroso ? 
         Silvano Montaldo 
 
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Patrimonialiser la déviance  
         Maddalena Carli 
 
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Dupliquer et hiérarchiser l’humanité  
         Lucia Piccioni
    
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Du musée au Panthéon en Argentine  
         Irina Podgorny 
  
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Temple de la nation et lieu sacré wixarika  
         Johannes Neurath
    
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Dénis d’empire au Japon
        Alice Berthon
 
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Du Museum pictum au specimen dans les musées : conclusions  
        Pietro Corsi 
       
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Note critique : Les 55 jours d’Aldo Moro   
         Enrico Castelli Gattinara  
  
d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Note critique : Soul of an Nation
         Nicolas Kwiatkowski 

d04d7436-d5c4-4406-bffd-ccd26208ee6f.png   Compte rendu de Siraj Ahmed, Archaeology of Babel. The Colonial Foundation of the Humanities (Stanford University Press, 2017)    
         Henning Trüper
Jean Jacob, l'homme de 120 ans

Jean Jacob, l'homme de 120 ans

Doyen du genre humain (1669-1790)

Antoine de Baecque et Jacques Berlioz
Paris, Tallandier, 2019,  224 p.
Prix : 19,90€

Dans la presse, en octobre 1789, on peut lire : « Jean Jacob, le bon vieillard, s’est présenté ; les membres de l’Assemblée nationale se sont levés et cet homme extraordinaire (proche de 120 ans), qu’on peut appeler le doyen des hommes, qui a vu trois règnes si différents – ceux de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI –, est venu s’asseoir au milieu des législateurs. »

Cet étonnant destin exigeait une enquête historique. Retrouver les empreintes laissées par l’existence de Jean Jacob. Retracer sa vie d’infortune et de providence par les monts et les vallées du Jura. Comprendre comment s’est fabriquée sa célébrité et pourquoi il s’est soudain trouvé à Paris. Éclairer la portée symbolique d’une telle cérémonie du grand âge en politique.

Mais ce « supercentenaire » n’échappe pas à ces interrogations : Jean Jacob a-t-il vraiment vécu 120 ans ? Est-il un vénérable phénomène ou un imposteur ? L’enquête ici déployée au plus près des archives y répond. Car si l’on connaît l’usage politique que fit la Révolution de Jean Jacob, « doyen du genre humain », les faits n’en possèdent pas moins une implacable vérité.



ISBN : 979-1-021040991
Fiche éditeur : https://www.tallandier.com
Favelas, bidonvilles, <em>baracche</em>, etc.: recensements et fichiers

Favelas, bidonvilles, baracche, etc.: recensements et fichiers

Paris, Editions de l'EHESS, Histoire & Mesure, XXXIV-1, 2019,  220 p.
Prix : 22,50€

Favelas, bidonvilles, baracche, des catégories urbaines sont forgées dans la première moitié du xxe siècle pour désigner des zones d’habitat à la fois illégal et matériellement précaire. Un travail de documentation accompagne alors la construction de ce nouveau problème, que l’on entend endiguer et traiter. Ce numéro d’Histoire & Mesure explore les tentatives de mesure du phénomène. Compter les baraques et les bidonvilles, recenser leurs habitants pose la question de la définition de ces catégories, des modalités et des objectifs de telles opérations, ainsi que de l’identité des acteurs qui les mettent en œuvre. La comparaison des différents cas étudiés, au Brésil, en Italie, en Espagne, en Algérie à l’époque coloniale, en France métropolitaine et en Inde, permet de dégager des invariants et de mettre en évidence les effets des contextes nationaux et locaux.

 

Table des matières


ISBN : 978-2-7132-2790-5
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
La crise de la dette publique

La crise de la dette publique

Gérard Béaur et Laure Quennouëlle-Corre (dir.)
Paris, IGDPE Editions publications, XIXe-XXe siècles, 2020,  534 p.
Prix : 43€

Comment un État ou un groupe d’États peut-il entrer dans une crise de la dette publique et comment peut-il s’en sortir ? Ce livre a pour objectif de soumettre à l’expertise des historiens la question qui agite autant le monde savant que les politiques, les citoyens et les médias : leur champ expérimental est vaste, il autorise les comparaisons dans le temps et dans l’espace, de l’Amérique latine à la Russie. Leurs observations et leurs constats entrent en résonance avec les théories ou les faits énoncés ou révélés par les économistes et les sociologues, ouvrant ainsi la voie à un véritable dialogue interdisciplinaire.

Cet ouvrage  entend rendre compte de ces épisodes sans doute improprement appelés « crises ». Il s’agit, en effet, de solliciter l’expertise des auteurs sur un faisceau d’expériences historiques depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, et leur demander d’analyser à la fois les évolutions qui ont conduit à une montée de la dette publique et les remèdes qui ont pu être appliqués pour tenter de la juguler.

C’est un nouvel éclairage sur des processus qui peuvent faire déraper la dette publique et sur les méthodes employées pour la réduire, l’endiguer, voire l’annuler.


ISBN : 978-2-11-129463-9
Fiche éditeur : https://www.economie.gouv.fr/igpde-editions-publications/
Sociologie de Jérusalem

Sociologie de Jérusalem

Sylvaine Bulle avec la participation de Yann Scioldo-Zürcher

Paris, La Découverte, Repères, 2020,  128 p.
Prix : 10€

Alors que Jérusalem, proclamée capitale éternelle par l’État d’Israël, est au cœur d’un conflit religieux, politique et média-tique, ses transformations contemporaines montrent une image contrastée. Singulière au plan géo politique, elle fait cependant l’objet, comme d’autres villes, d’un processus de reconquête et de spéculation. Celui-ci s’opère principalement à des fins religieuses et conforte la séparation entre Israéliens juifs et Palestiniens de Jérusalem ou d’Israël, au détriment de la mixité urbaine et sociale. En inscrivant l’analyse des transformations de la ville dans une perspective historique, l’ouvrage aborde tour à tour la sociologie et la démographie de Jérusalem-Ouest depuis 1948, sa gouvernance de plus en plus religieuse et son orientation croissante vers le tourisme et les classes aisées. Jérusalem-Est, quant à elle, apparaît de plus en plus isolée et périphérique. Le livre montre de façon réaliste les récentes mutations sociologiques, économiques et urbaines de la ville trois fois sainte, marquée par une inexo-rable tendance au repli, malgré la volonté politique d’en faire une capitale internationale.


ISBN : 978-2-348-05560-7
Fiche éditeur : https://www.editionsladecouverte.fr/
Ce que les artistes font à l'histoire

Ce que les artistes font à l'histoire

Olivier Abel, Thomas Hirsch et Sabina Loriga (dir.)
Paris, Labex Tepsis - Politika, Passés Futurs, 8, 2020

Présentation

Si pour Nietzsche l’art exige l’oubli, de nombreux artistes cultivent aujourd’hui la mémoire, et certains d’entre eux se proposent même comme les véritables médiateurs du passé. Ils convoquent archives et témoignages en quête d’une vérité longtemps enfouie derrière une histoire « officielle », ou qui passe pour telle. Quelles sont les motivations de ces ressaisies de certains moments de l’histoire ? Comment les différentes traces de ces temps perdus sont-elles utilisées, sélectionnées, recoupées ? Quelles sont les stratégies adoptées pour restituer ces passés ? Voici quelques-unes des questions abordées par les auteurs de ce dossier consacré aux usages artistiques de l’histoire, de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours.

 

Sommaire

  • Ce que les artistes font à l'histoire
    Olivier Abel, Thomas Hirsch et Sabina Loriga

  • Anselm Kiefer et le reenactment esthétique du national-socialisme
    Éric Michaud

  • Produire de l’empathie ou de la distance ?
    Monica Martinat

  • L’art après l’histoire
    Maria Stavrinaki

  • Les séductions de l’enquête
    Annick Louis

  • Musique de guerre, paroles de paix
    Esteban Buch

  • Le monde social de la littérature, entre patrimoine et contemporain (1980-2020)
    Philippe Roussin

  • L’histoire et la fiction ne s’affrontent pas mais avancent côte à côte
    László Krasznahorkai, Damien Marguet

  • « El documental hace de la dificultad de representar al pasado su propia premisa »
    Nicolás Prividera, Daniel Bernardo Sazbón

Varias

  • « À partir du moment où le futur perd sa force d’entraînement, l’histoire nationale devient problématique »
    François Hartog, Omar Acha, Fernando J. Devoto, Martha Rodríguez, Daniel Bernardo Sazbón, Carolina Vanegas

  • Une nouvelle figure intellectuelle ?
    Sebastian Veg, Pablo Blitstein, Isabelle Thireau, Antoine Lilti

Notes critiques

  • Criollismo y nación, cultura y estado
    Alejandra Laera

  • Sociedad civil y autoritarismo, el lado oscuro del terrorismo do estado en Argentina
    Aldo Marchesi

  • Les vitrines de la foi conquérante et ses objets païens
    Gaetano Ciarcia

  • La política revolucionaria latinoamericana en un contexto global
    Hernán Eduardo Confino

  • La psichiatria jugoslava nella Seconda Guerra Mondiale
    Roberta Guarnieri



 

Fiche éditeur : https://www.politika.io
Les maîtresses du roi. De Henri IV à Louis XIV

Les maîtresses du roi. De Henri IV à Louis XIV

Flavie Leroux

Ceyzérieu, Champ Vallon, Époques, 2020,  424 p.
Prix : 27€

Volontiers qualifiées de « favorites », de « presque reines » et même parfois de « sultanes », les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l’Ancien régime. Si, depuis le début du xixesiècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l’anecdote et la « petite histoire » : elle propose une perspective plus large en rendant compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L’enjeu est d’étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l’aide de sources largement inédites.

À cet effet, est considérée une période charnière dans l’histoire de France : les règnes d’Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l’avènement et l’expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d’Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L’étude ne s’arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu’elles protègent sont également au cœur de la réflexion.

Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, sœurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d’affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d’action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.

Docteure en Histoire et civilisations de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Flavie Leroux est coordinatrice de recherche au Centre de recherche du château de Versailles, membre associée du CRH au sein du groupe de recherches RHISOP..


ISBN : 979-10-267-0852-0
Fiche éditeur : http://www.champ-vallon.com
Al di là delle fonti ‘classiche’

Al di là delle fonti ‘classiche’

Le Epistole dantesche e la prassi duecentesca dell’ars dictaminis

Benoît Grévin
Venise, Ca’ Foscari editions, Filologie medievali e moderne. Serie occidentale, 22/18 22/18, 2020,  181 p.
Prix : 24€

Ce livre électronique, téléchargeable gratuitement sur le site de l’université de Venise Ca’ Foscari, propose une analyse des techniques d’écriture utilisées par Dante pour rédiger les treize lettres qui nous sont parvenues. Il s’agit d’une opération de ré-historicisation de son style, qui tente de ne pas mettre l’accent sur son originalité comme cela est généralement fait, mais d’étudier au contraire les points de contact avec la rhétorique épistolaire papale, impériale et communale du XIIIe siècle qui a pu l’inspirer. A travers la mise en évidence de micro-parallèles liés à des semi-automatismes d’écriture diffus dans l’Italie des années 1220-1320, on rapproche la rhétorique de Dante de celle des grandes institutions (université de Bologne, chancellerie papale, chancellerie sicilienne…) qui ont fourni les modèles et procédés d’écriture communs à la société italienne et européenne de son temps.

Lo studio stilistico delle Lettere di Dante è fino ad ora stato condotto in un’ottica che mirava soprattutto a individuare le specificità del suo latino. Tale prospettiva ha forse contribuito a occultare un’altra possibilità: quella d’iscrivere la retorica dantesca nella cultura del tempo attraverso una messa a fuoco più sistematica dei tratti comuni con la prassi epistolare di un lungo Duecento. Effettuato a partire da una base di oltre duemila testi, questo saggio riporta alla luce diversi tratti ‘semi-formularistici’, spesso legati al cursus, comuni a Dante e alla prassi dell’ars dictaminis siciliana, papale, comunale che lo ispirò.

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ISBN : 978-88-6969-449-3
Fiche éditeur : https://edizionicafoscari.unive.it
Der mittelaterliche Brief zwischen Norm und Praxis

Der mittelaterliche Brief zwischen Norm und Praxis

Benoît Grévin, Florian Hartmann (dir.)
Wien Köln Weimar, Böhlau Verlag, Beihefte zum Archiv für Kulturegeschichte, 92, 2020,  340 p.
Prix : 44,99€

Ce volume collectif poursuit l’entreprise initiée par un groupe de recherche franco-italo-allemand depuis 2012 pour préciser les conditions de diffusion dans la société européenne des techniques de rédaction épistolaire normée durant le bas Moyen Âge. Quinze contributions écrites en allemand, en italien et en français explorent différentes facettes de la production épistolaire, en interrogeant les liens entre la théorie et la pratique, l’écriture épistolaire au féminin, les rapports entre la culture rhétorique et la culture notariale, entre l’art d’écrire des lettres et d’autres formes de communication (poésie, sermon), entre l’épistolographie latine et celle en langue moderne. Un vaste tour d’horizon sur les problèmes actuels de la recherche concernant soit la théorie épistolaire que la pratique (études des collections) est également proposé.

In den letzten Jahren hat die Forschung zur mittelalterlichen Brieftheorie ebenso wie zur Briefpraxis erhebliche Fortschritte gemacht. Angesichts dieser Forschungsentwicklung ist es an der Zeit, das Wechselverhältnis von Theorie und Praxis in den Blick zu nehmen. Der Band versammelt eine Reihe methodisch ganz unterschiedlicher Beiträge zum spätmittelalterlichen Briefwesen und verfolgt das Ziel, die Vielfalt spätmittelalterlicher Briefkultur zu demonstrieren und zugleich deren Verwurzelung in älteren Traditionen und theoretischen Vorlagen zu analysieren. Ein wesentliches Anliegen besteht darin, exemplarisch den Blick für das Potential und den Reichtum zu schärfen, den die wissenschaftliche Beschäftigung mit dem reichen Bestand mittelalterlicher Brieftheorie und Briefpraxis bereithält.
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ISBN : 978-3-412-51962-9
Fiche éditeur : https://www.vandenhoeck-ruprecht-verlage.com
Vida y violencia

Vida y violencia

Élmer Mendoza y los espacios de la novela negra en México

Jordi Canal
Zaragoza, PUZ-Prensas de la Universidad de Zaragoza, Humanidades, 2020,  292 p.
Prix : 18€

Élmer Mendoza écrit, comme c'est presque toujours le cas avec la grande littérature, sur son pays et son époque. Ses œuvres, notamment les romans noirs avec le détective Zurdo Mendieta comme protagoniste, nous permettent d'entrevoir une société complexe marquée par des contrastes, qui respire la vie au-delà des clichés et des légendes et des réalités de la violence et du trafic de drogue. Culiacán, capitale de l’état mexicain de Sinaloa, est le centre de ce monde fascinant. L'essai de Jordi Canal, aux airs hybrides et très personnels, qui naît d'un dialogue entre histoire et critique littéraire, propose une approche des espaces construits par Mendoza, définis par des lieux, des territoires, des rencontres, des aliments, des sons et beaucoup de mots.

 

Résumé en espagnol :

Élmer Mendoza, escribe, como ocurre casi siempre con la gran literatura, sobre su país y sobre su tiempo. Sus obras, en especial las novelas noir protagonizadas por el Zurdo Mendieta, permiten entrever una sociedad compleja y marcada por los contrastes, que rezuma vida más allá de los tópicos y leyendas y de las realidades sobre la violencia y el narco. Culiacán, capital de Sinaloa, es el centro de este mundo fascinante. El ensayo de Jordi Canal, de aires híbridos y muy personales, que emerge de un diálogo entre historia y crítica literaria, propone una aproximación a los espacios construidos por Mendoza, definidos por lugares, territorios, encuentros, comidas, sonidos y muchas palabras.


ISBN : 978-84-1340-098-3
Fiche éditeur : https://puz.unizar.es
Sous tutelle

Sous tutelle

Biens sans maître et successions vacantes dans une perspective comparative, XIIIe-XXe siècles

Alessandro Buono et Luca Gabbiani (dir.)
Paris, CRH, L'Atelier du CRH, 22, 2020

Présentation

Fondés sur l’analyse de cas tirés du contexte prémoderne de l’Europe et de ses mondes coloniaux ainsi que de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l’Asie orientale, les articles présentés dans ce numéro abordent les différentes approches élaborées par les sociétés en question pour résoudre le problème de l’incapacité (temporaire ou permanente) des êtres humains à prendre soin des ressources et à respecter les obligations inhérentes à la propriété. Les institutions et les procédures conçues au fil du temps et à travers l’espace pour garantir qu’aucun patrimoine ne reste sans propriétaire, assurer l’exécution des obligations réciproques et sauvegarder les relations sociales et économiques, témoignent de ce que les biens et leur droit à être correctement utilisés et préservés ont joué un rôle moteur dans l’élaboration et la prolifération de dispositifs et d’organismes divers ayant pour objectif de les protéger du risque de discontinuité sociale résultant du caractère précaire et éphémère de la vie humaine.

Through the analysis of a variety of cases observed in the premodern contexts of Europe and its colonial worlds as well as North Africa, the Middle East, and East Asia, the articles presented in this issue all deal with the different ways through which these societies solved the problem of the inability of human beings (either temporary or permanent) to take care of resources and meet the obligations inherent in ownership. The institutions and procedures devised in order to ensure that no patrimony should remain without an owner, so as to guarantee the performance of reciprocal obligations and safeguard social and economic relations, illustrate how goods and their right to be properly used and preserved were prominent factors in the conception and proliferation, in time and across geographical space, of mechanisms and bodies that aimed at protecting them from the risk of social discontinuity intrinsic to the precarious and ephemeral nature of human life.

 

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Sommaire

  • Alessandro Buono et Luca Gabbiani
    Introduction [Texte intégral]

ISSN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/
Aux sources juives de l’histoire de France

Aux sources juives de l’histoire de France

Mathias Dreyfuss
Paris, CNRS Éditions, 2021,  414 p.
Prix : 26€

Préface de Yann Potin

Les Juifs seraient absents de la mémoire historique de la France. À contre-courant de cette idée, ce livre propose de relire le processus de construction de l’histoire des Juifs de France en partant à la recherche de ses sources. Centré sur le XIXe siècle, il prend pour point de départ les ardents débats relatifs à la citoyenneté des Juifs sous la Révolution française.
Tandis que la recherche historique se voit portée en France, à partir des années 1830, par la volonté politique de mise en ordre du passé archivé au sein des dépôts publics, de nombreux documents se voient identifiés, classés, inventoriés et publiés. Parmi eux, des documents relatifs à l’histoire des Juifs. Certains sont disséminés dans les fonds des archives locales, d’autres au contraire sont retrouvés au cœur même des collections les plus prestigieuses de la royauté française. Parallèlement, la fièvre archéologique qui gagne les élites provinciales cherchant à célébrer les racines chrétiennes de la France, fait émerger, presque par hasard, des inscriptions hébraïques. Celles-ci sont néanmoins intégrées difficilement et marginalement au domaine alors florissant des antiquités nationales.
Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu’un cercle restreint de savants ancre une histoire française des Juifs depuis le Moyen Âge, non pas séparée, mais intégrée à l’histoire de France. Cette histoire « judéo-française », répondant à distance aux attaques antisémites de la presse nationaliste d’alors, permet de révéler la part juive insoupçonnée de l’histoire de France. Mais cette reconnaissance a un prix : la perte et la dislocation de nombreuses archives issues des anciennes communautés juives de France, fragilisant à terme la possibilité de reconstituer leur histoire « intérieure ».


ISBN : 978-2-271121431
Fiche éditeur : https://www.cnrseditions.fr
Sunflowers and Umbrellas

Sunflowers and Umbrellas

Social Movements, Expressive Practices, and Political Culture in Taiwan and Hong Kong (CRM 76)

Thomas Gold et Sebastian Veg (eds.)
Berkeley, Institute of East Asian Studies, University of California, China Research Monographs, 2020,  263 p.
Prix : 25$

This collection of papers on the Sunflower and Umbrella Movements brings together not only studies of Taiwan and Hong Kong, but also contributions from the social sciences and humanities. The volume compares and contrasts the two movements, which both occurred in 2014, focusing on their political dynamics, their expressive practices, and their immediate aftermath and potential long-term traces.

Table of contents


ISBN : 978-155729-191-2
Fiche éditeur : https://ieas.directfrompublisher.com
Living with Drugs

Living with Drugs

Alessandro Stella et Anne Coppel (dir.)
Londres, ISTE publishing knowledge / Elsevier, 2020,  350 p.
Prix : 175 USD

Présentation

While the war on drugs is limited to a simplistic rallying cry of “no to drugs”, a diversity of approaches can open up new perspectives on the drug policies which have been tested since the beginning of the 20th Century. Living with Drugs presents the views and findings of sociologists, historians, economists, philosophers, lawyers, practitioners and activists on the use of psychotropic substances in both traditional and modern societies. It also explores the significance of this use, the consequences of the war on drugs (equivalent to a humanitarian plague), the moral dilemma facing traffickers, and working drug users.

Part of a long investigative tradition, Living with Drugs reflects current developments in French research in the context of new regulations (such as the medical prescription of opiates), the legalization of psychotropic plants (coca, khat, peyotl, ayahuasca or kava) in some traditional areas, and finally the legalization of cannabis in North America. These legalizations put into question the boundaries between illegal substances and legal drugs such as alcohol and pharmaceuticals, and demand a renewal of human and social science research for a drug policy based on the reality of current use and risk taking, and the diversity of drug policies.

 

Sommaire

Part 1. Traditional and Modern Drug Use

1. The Treatment of Intoxication and Ecstasy in Christian Churches, Jean-Pierre Albert.
2. Between Boredom and Intoxication, Véronique Nahoum-Grappe.
3. Drugs and Development: Qat, Ethiopia’s “GreenGold”, Alain Gascon.
4. Qatin Yemen, a War Profiteer, Franck Mermier.
5. A History of the Present on Drugs: Opium, Heroin and Methamphetamine, Maziyar Ghiabi.
6. “White Death” Heroin’s Odyssey in Greece During the 20th Century, Kostis Gotsinas.
7. Drug Prohibition in Vietnam, Philippe Le Failler.
8. “Ganja in the Mountains, Sabu in the Sea” : The Rural Drug Landscape in Aceh, Indonesi, Silvia Vignato.
9. A “Pacific” Drug? Vanuatu’s Kava and the American Market, Eric Wittersheim.

Part 2. The Waron Drugs: A Humanitarian Plague

10. Punitive Rationales in Anti-drug Legislation in the Light of International Law, Renaud Colson.
11. From Prison to the Death Penalty: Human Rights Violations in the War on Drugs, Sonny Perseil.
12. Drugs as Weapons of Subversion: Forging the Internal Enemy in Brazil at the Crossroads of the Revolutionary War and the War on Drugs, Mariana Broglia de Moura.
13. The Lost War: The Prohibition of Impossible Drugs, Public Policies and Social Practices in Latin America in the 21st Century, Edgardo Manero.

Part 3. Drugs and Morals

14. Dealers, the Modern-day Demons, Vincent Benso.
15. Heroin Markets in Paris in the Years 1968–2000: Prohibition, at the Heart of the Dynamics of Drug Diffusion?, Aude Lalande.
16. Street Dealers in Geneva, Loïc Pignolo.
17. The Media Representation of Drug Deaths, Sandro Cattacin and Fiorenza Gamba.

Part 4. Living and Working with Drugs

18. The Issues of Psychotropic Drug Use in the Workplace: Working Drug Users or Workers Who Use Drugs?, Astrid Fontaine.
19. The Notion of “Technical Activity” as a Definition of the Use of Psychoactive Substances (PASs), Marie Ngo Nguene.
20. Towards a Regulatory Framework for Legalized Cannabis in France, Christian Ben Lakhdar.
21. Medical Prescription in the Context of Drug Prohibition: The Example of Opiates, Bertrand Lebeau Leibovici.
22. Drugs, Pleasure and Collective Addictions, Patrick Pharo.


ISBN : 9781785483172
Fiche éditeur : http://www.iste.co.uk
Généalogie de la morale économique

Généalogie de la morale économique

L’Occupation du monde, t.2

Sylvain Piron
Bruxelles, Zones sensibles, 2020,  448 p.
Prix : 23€

Présentation

Plus d’un siècle après que Nietzsche a proclamé la mort de Dieu, ce livre reprend le marteau de la critique pour éprouver les nouvelles idoles de l’époque avec une détermination égale. Appeler à l’inversion de toutes les valeurs revient aujourd’hui à destituer la seule valeur régnante. Il n’y aura pas d’issue à l’impasse dans laquelle s’enferre la société industrielle tant que la mesure sociale fondamentale sera fournie par la production d’unités de valeur marchande et non pas, disons, par la contribution au bien-être collectif de tous les hôtes de la biosphère.

Pour apprécier les embarras du monde contemporain, l’histoire intellectuelle du Moyen Âge occidental offre un excellent observatoire. Le privilège de la période médiévale tient à la position qu’elle occupe: elle constitue l’altérité la plus proche du monde moderne. De ce fait, elle propose un point de vue sans égal pour juger de son devenir. Placé dans une perspective de longue durée, le moment présent perd un peu de son caractère de surgissement indéchiffrable.

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Sommaire

1. Exorcisme du capital
2. Mythologies du travail
3. Ève au fuseau
4. Adam jardinier
5. L’expulsion de la déesse
6. L’occupation du temps
7. L’industrie humaine
8. Généalogie de la valeur
9. Risque et capital
10. Monnaie et souveraineté
11. Le devoir de gratitude
12. Puissance de la poésie
Bibliographie
Index


ISBN : 978-2-930601-44-1
Fiche éditeur : http://www.zones-sensibles.org/
Les mesures de l'eau

Les mesures de l'eau

Frédéric Graber (dir.)
Paris, Editions de l'EHESS, Histoire & Mesure, 34-2, 2019,  234 p.
Prix : 22,50€

Jusqu’à la fin de l’époque moderne l’eau n’existe qu’au pluriel, dans une diversité d’eaux incommensurables qui reflètent autant de localités, qualités, droits, usages et valeurs. L’eau, telle qu’elle nous apparaît aujourd’hui, est le résultat d’un processus d’abstraction qui permet de la penser comme un objet interchangeable et global, alors même qu’elle reste toujours inscrite dans un contexte et des relations sociales locales.

En quatre articles, ce dossier explore le mouvement progressif qui, entre les xviiie et XIXe siècles en France et en Belgique, conduit à définir et représenter l’eau comme une entité abstraite et unifiée. Chacun montre que si elle a pu être appréhendée comme ressource et bien commensurable, c’est que des mesures ont réduit l’eau à un objet de gestion, que ce soit dans le contexte d’un partage, d’une distribution ou d’un manque.

Navigant sur une mer de chiffres, le premier article de la rubrique varia tente, lui, de cerner les activités d’un grand marchand vénitien au départ de l’analyse de livres de comptes tenus à l’occasion de deux voyages vers la Flandre et l’Angleterre dans le dernier tiers du XVe siècle. Traitant de la noblesse d’apparence, porteuse d’un patronyme à particule, le deuxième article interroge, à partir de larges bases de données nominatives, les stratégies sociales distinctives de ce groupe, depuis la fin de l’Ancien Régime. Le volume se clôt avec l’analyse d’un large corpus de photos vernaculaires prises dans l’Inde du xxe siècle, livrant à la fois une proposition méthodologique novatrice et un examen de l’évolution d’une pratique sociale située.

 

SOMMAIRE

DOSSIER

  • Frédéric Graber, Introduction

  • Raphaël Morera, « Mesurer l’eau vive en France auXVIIIe siècle. Autour des établissements privilégiés »

  • Constance de Font-Réaulx, « Du porteur au consommateur d’eau. Parcours et quantités d’eau livrées dans les foyers parisiens au xviiie siècle »

  • Frédéric Graber, « Le robinet libre. Mesurer sans compteur les abonnements à l’eau (France, XIXe siècle) »

  • Laurent Honnoré, « Bactériologie et distribution d’eau potable. La mesure de la qualité de l’eau à Mons (Belgique) au xixe siècle (1870-1914) »

VARIA

  • Jean-Claude Hocquet, « Le marchand de Venise sur la route de Flandre au XVe siècle »

  • Baptiste Coulmont, « Dupont n’est pas du Pont. Sociographie de la noblesse d’apparence »

  • Alexandra de Heering & Sébastien Michiels, « Un cliché pour l’éternité ? Un siècle de pratique du portrait photographique en Inde du Sud (1915-1990) »


 


ISBN : 978-2-7132-2791-2
Fiche éditeur : https://www.cairn.info/revue-histoire-et-mesure-2019-2.htm
Comprender la expulsión de los moriscos de España (1609-1614)

Comprender la expulsión de los moriscos de España (1609-1614)

Bernard Vincent (ed.)
Oviedo, Ediciones de la Universidad de Oviedo, Iberia & Berbería, 1, 2020,  592 p.
Prix : 36,50€

L'expulsion des morisques fut un événement majeur de l'histoire de la monarchie hispanique. L'exil organisé ( 1609-1614 ) de près de 300.000 personnes , descendant des musulmans qui, en 1502 pour ceux qui résidaient dans les territoires de la Couronne de Castille, en 1525 pour ceux qui résidaient dans les territoires de la Couronne d'Aragon, avaient préféré être convertis au christianisme plutôt que de devoir émigrer, a eu un immense écho dans toute l'Europe , de Paris à Istanbul et dans tout le Maghreb, de Marrakech à Tunis. Ce livre fournit, à travers 18 contributions, des analyses permettant de comprendre le processus ayant conduit la monarchie hispanique à prendre une telle décision et retrace les cheminements de cette massive diaspora des lieux de départ aux terres d'accueil.

La expulsión de los moriscos fue un hecho de gran trascendencia. El exilio organizado (1609-1614) de unas 300.000 personas descendientes de musulmanes que, en 1502, para los que residían en los territorios de la Corona de Castilla y en 1525, para los que residían en los territorios de la Corona de Aragón, habían preferido convertirse al cristianismo antes que tener que emigrar, marcó profundamente los ánimos en toda Europa, desde París a Estambul y en todo el norte de África, desde Marrakech a Túnez. A pesar de su fuerte sentido de pertenencia a suelo español, los moriscos fueron expulsados Este libro pretende aportar tanto elementos de comprensión del proceso que llevó a la monarquía hispánica a tomar esta medida como a reflejar las realidades de una diáspora masiva desde el lugar de partida hasta la instalación final en la tierra de la bienvenida


ISBN : 978-84-16343-87-4
Fiche éditeur : https://publicaciones.uniovi.es/catalogo/colecciones
Prisons

Prisons

Falk Bretschneider et Natalia Muchnik (coord.)
Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, Revue Socio, 14, 2020,  20 p.
Prix : 20€

Présentation

L'historiographie de la prison a, dès ses débuts, intégré la dimension transnationale de son objet en se focalisant notamment sur la circulation des projets et des expériences. Mais elle en a délaissé des pans entiers, considérant le xixe siècle comme le berceau de la peine privative de liberté telle que nous la connaissons encore aujourd’hui et se focalisant sur les puissances occidentales. Ce dossier vise à interroger cette construction, en suivant deux démarches principales. Tout d’abord, il s’agit d’élargir l’analyse chronologiquement en se demandant si l’enfermement pénal ne résulterait pas d’expériences antérieures à la Révolution française. Ensuite il convient de l’élargir géographiquement et de penser deux mouvements ensemble : d’une part, un mouvement global vers la « réforme pénitentiaire » au XIXe siècle, dont l’impulsion se situerait dans le monde occidental, d’autre part, des reconfigurations de traditions locales qui ne résultent pas simplement d’une modernisation par alignement sur un type occidental.


Sommaire


ISBN : 978-2-7351-2665-1
Fiche éditeur : https://www.fmsh.fr/fr/diffusion-des-savoirs/
Échos du fascisme ?

Échos du fascisme ?

Federica Bertagna et Sabina Loriga (dir.)
Paris, Labex Tepsis/Politika, Passés Futurs, n°7, revue électronique, 2020

En 2000, les partis d’extrême droite étaient cantonnés aux marges du paysage politique européen. En quelques  années, ils ont gagné du terrain dans la plupart des parlements nationaux. Leur avancée, parallèle aux victoires d'Erdoğan en Turquie, de Modi en Inde, de Duterte aux Philippines, de Trump aux États-Unis ou de Bolsonaro au Brésil, a provoqué une radicalisation identitaire d’une partie de la droite traditionnelle.

Assistons-nous à une « fascisation » de la vie politique ? Faut-il craindre un « retour du fascisme » ? Loin de rester cantonnées aux seuls spécialistes, ces questions ont mobilisé de nombreux écrivains, artistes, politiciens (et jusqu'au pape François).

Elles ont ravivé aussi des débats historiographiques d’envergure : le fascisme est-il un phénomène historique spécifique ou une notion qui dépasse le cadre géographique et temporel qui l’a engendré ? Quel est le rôle de l’analogie et de l’anachronisme dans l’analyse historique ? Quatorze historiens et politistes ont accepté de s’exprimer sur le sujet.

Dans les premiers jours de la crise sanitaire, nous nous sommes demandées si notre dossier risquait d’apparaître déplacé, voire obsolète. Tel ne semble pas être le cas. Dans le monde entier, les partis d’extrême droite ont cherché à tirer profit de l’urgence sanitaire. Ils ont proposé des lectures complotistes, sollicité la fermeture des frontières et instruit un réquisitoire contre les mesures de confinement.

C’est dans cette conjoncture que nous avons découvert le travail de Sosthen Hennekam, qui a bien voulu illustrer ce numéro, sur les architectures de Milan, le lieu de naissance du fascisme et l’une des villes le plus touchées par la pandémie du Covid.

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Fiche éditeur : https://www.politika.io
À vos poubelles citoyens !

À vos poubelles citoyens !

Environnement urbain, salubrité publique et investissement civique (Paris, XVIe-XVIIIe siècle)

Nicolas Lyon-Caen et Raphaël Morera
Ceyzérieu, Champ Vallon, 2020,  240 p.
Prix : 22€

Présentation

Enterrer, brûler, réutiliser, recycler : que faire des déchets qui encombrent les villes ? Quels destins pour nos résidus ? Ne faudrait-il pas éviter d’en produire ? D’apparences triviales, ces questions travaillent profondément nos sociétés contemporaines. À vos poubelles citoyens ! aborde ces questions dans le cadre du Paris moderne. Entre Renaissance et Révolution, la capitale du royaume de France a connu non seulement une forte croissance spatiale et démogra-phique mais aussi une importante transformation des modes de vie et de consommation. Les Parisiens ont ainsi produit des quantités croissantes d’ordures dont le traitement a constitué un défi constant pour eux comme pour les autorités municipales et royales. Pour comprendre comment il a été relevé, les auteurs proposent une autre histoire des Parisiens en montrant que leurs liens avec leur envi-ronnement immédiat, la rue, constitue une question politique. S’écartant d’une vision noire décrivant les villes anciennes comme des cloaques immondes, l’enquête interroge l’édilité de la capitale et le soin que les Parisiens apportent à la propreté de leur ville. Leur récit rend compte des expériences des habitants et tente d’aborder la question du nettoiement et des services urbains sous de multiples points de vue : économique, politique, environnemental. Chemin faisant, ce livre trace une nouvelle voie pour qui veut aborder l’histoire de l’Ancien Régime.

Sommaire


ISBN : 979-10-267-0928-2
Fiche éditeur : http://www.champ-vallon.com/
Serons-nous submergés ?

Serons-nous submergés ?

Épidémie, migrations, remplacement

Hervé Le Bras
La Tour d’Aigues, Éditions de l'Aube, 2020,  200 p.
Prix : 19,90€

Le risque de décès par Covid-19 a varié de 1 à 170 selon le département considéré tandis que le taux de pauvreté s’étend seulement de 1 à 3, de même que la proportion de personnes âgées. Le pourcentage d’immigrés d’Afrique par département passe de 0,3 à 11,2, sans rapport avec la proportion d’ouvriers qu’ils sont censés constituer. Le Pas-de-Calais, siège du deuxième plus fort score de Marine Le Pen en 2017, est l’un des trois départements où la proportion d’immigrés est la plus petite.
Dans tous ces cas, les différences sociales sont secondaires aux deux sens du terme : elles viennent à la suite des différences géographiques et elles sont bien plus faibles que celles-ci. À l’aune de ce constat, cet ouvrage d’Hervé Le Bras réexamine des questions sensibles telles que l’extension de l’épidémie, le risque de « submersion » africaine, celui d’un « grand » remplacement ou encore l’origine et la nature des demandes d’asile.


ISBN : 978-2-8159-3786-3
Fiche éditeur : http://editionsdelaube.fr/catalogue_de_livres
Alternative Agriculture in Europe (sixteenth-twentieth centuries)

Alternative Agriculture in Europe (sixteenth-twentieth centuries)

Gérard Béaur (ed)
Turnhout, Brepols, 2020,  349 p.
Prix : 80€

Les conditions d'émergence et d'expansion de formes d'agriculture qui étaient et sont encore en contradiction avec le modèle d'une céréaliculture productiviste ont suscité et suscite encore débats et controverses. En proposant l'hypothèse d'une agriculture alternative considérée comme une riposte des agriculteurs confrontés à des phases de dépression des prix, Joan Thirsk entendait proposer un modèle explicatif qui alimenta cependant doutes et critiques.

Les textes de cet ouvrage constituent autant de scénarios envisagés sur le long terme (du XVe au XXe siècle) et dans un vaste espace qui correspond à une partie de l'Europe (de la Flandre à l'Espagne et de la France à la Russie, en passant par l'Italie et la Suisse), afin de tester ce modèle. Ils illustrent de manière problématique le lien entre la croissance de cultures comme les fruits et légumes, les fleurs et les cultures industrielles, et le contexte économique qui impose ses exigences aux producteurs.

4e de couverture en anglais :

The issue of long-term agricultural transformations remains a hot topic in historiography. The texts of this book intend to take this debate seriously into account by putting several models of alternative crops to facts.

The treatment of long-term agricultural transformation remains a lively topic for historians. Much debate arose when agricultural development patterns were discovered that did without a dominant, production-oriented cereal crop, even when it was accompanied by livestock farming. Joan Thirsk hoped to conclude this debate by putting forward the hypothesis that such “alternative agriculture” was the farmers’ way of responding to the difficulties caused by periods of low agricultural prices. This theory stirred up controversy and arguments both for and against.

The contributions to this volume take this hypothesis seriously and attempt to assess its validity. Examining a large number of “alternative agricultures” over the long term, from the fifteenth to the twentieth century, they discuss the issues encountered in tracing the links between the spread of alternative crops, such as fruits and vegetables, flowers, and industrial crops, and the general economic environment, across a vast swathe of territory stretching from Flanders to Spain and from France, through Italy and Switzerland, as far as Russia.

Gérard Béaur is Directeur de Recherches « émérite » at the French CNRS and Directeur d’études at the École des hautes études en sciences sociales. He is currently president of the European Rural History Organisation (EURHO). His research focus mainly about the history of the countryside and more precisely about land market, credit and agriculture. He has recently co-edited Property rights, land market and economic growth, and Measuring agricultural growth. Land and labour productivity in Western Europe from the Middle Ages to the Twentieth century (England, France and Spain), in 2013 and 2014.

Table of Contents

1. ‘Alternative Agriculture’ or ‘Alternative Crops’?, Gérard Béaur

The Debate

2. Another Look at Joan Thirsk’s Concept of ‘Alternative Agriculture’, and why it should be Discarded, Jean-Pierre Poussou

Alternative Agriculture and the City

3. Turnips, Flax and Clover. Farmers, Landowners and Agricultural Innovation in the Antwerp Countryside in the Sixteenth and Seventeenth Centuries, Michael Limberger

4. Adapting to the Paris Market. Montreuil in the Second Half of the Seventeenth Century, Hervé Bennezon

5. Was Horticulture an Alternative Crop? A Case Study of Parisian Horticultural Suburbs in the Nineteenth Century, Nadine Vivier

Crises and Alternative Agriculture

6. War, Crisis and Alternative Crops. The Case of Hemp and Wine in France from 1688 to 1697, Caroline Le Mao

7. Was there an Agrarian Crisis in the Mediterranean World during the Last Third of the Seventeenth Century? The Case of the Island of Majorca, Gabriel Jover Avellà

8. The Battle of Wheat and Other Fascist Battles in Italian Agriculture (1920s-1930s), Niccolò Mignemi

Alternative Agriculture and Growth

9. Alternative Agriculture in Northern Burgundy. The Wines of the Hôpital Général of Dijon in the Eighteenth Century, T. J. A. Le Goff

10. The Emergence of the Breton ‘Golden Belt’. The Region of Saint-Malo in the Eighteenth Century, Emmanuelle Charpentier

11. Between Conversion and Innovation. Alpine Fruit Growing in Trentino-South Tyrol and the Valais, 1860-1960, Luigi Lorenzetti

Changing Alternative Crops

12. New Crops in the Crisis of Mediterranean Agriculture. Valencia, 1800-1950, Salvador Calatayud

13. Alternative Agricultural Production in Switzerland, Sixteenth to Twentieth Century. Successes and Failures, Anne-Lise Head-König

14. Considerations on Hemp and Alternative Agriculture in Italy, France and Russia from the Seventeenth to the Nineteenth Century, David Celetti

15. Conclusion. Agrarian Crises and Alternative Agriculture, Salvatore Ciriacono


ISBN : 978-2-503-58674-8
Fiche éditeur : http://www.brepols.net
Mariages à la florentine

Mariages à la florentine

Femmes et vie de famille à Florence. XIVe-XVe siècle

Christiane Klapisch-Zuber
Paris, Seuil/Éditions de l'EHESS/Gallimard, Hautes Études, 2020,  216 p.
Prix : 21,50€

Les femmes de la Renaissance florentine régnaient-elles sur la ville, comme tant d’images du Quattrocento et d’historiens depuis le XIXe siècle l’ont suggéré ? Cette vision idéalisée est-elle confirmée par la documentation historique touchant aux rapports de genre et à la vie familiale ?

En Toscane, dans la pratique, les femmes ne sont pas encouragées par le droit et la coutume à investir ou à gérer de façon autonome leurs affaires. La tradition confine les femmes dans la sphère domestique. Même les missions qui sont le plus volontiers abandonnées aux mères, l’éducation des tout-petits par exemple, tombent sous le feu de la critique des clercs. Christiane Klapisch-Zuber suit le fil de la vie des Florentines avant, pendant et après leur mariage. En étudiant les représentations mentales et figurées, elle éclaire les multiples facettes de la domination masculine dans une société renaissante où l’écriture et la culture sont largement partagées par les maris, mais encore fort peu par leurs soeurs et leurs épouses. L’historienne nous conduit ainsi, au-delà des témoignages et des images de l’époque qui sont presque toujours produits par des hommes, au plus près de la vie des femmes et de la manière dont elles ont vécu, entre exclusion et intégration.


ISBN : 978-2021466010
Fiche éditeur : https://www.seuil.com
Vichy, les Français et la Shoah : un état de la connaissance scientifique

Vichy, les Français et la Shoah : un état de la connaissance scientifique

Laurent Joly (dir.)
Paris, Memorial de la Shoah, Revue d’Histoire de la Shoah, 2/212, 2020,  344 p.
Prix : 20€

Dès 1945, face à l’épuration, les dirigeants de Vichy, Pétain et Laval les premiers, ont ainsi justifié leur politique contre les Juifs : sous la pression allemande, ils ont dû, pour protéger les Français « israélites », abandonner les étrangers à leur triste sort. À l’époque, les mécanismes de la collaboration d’État n’ont pas encore été mis au jour et l’on ignore le détail des chiffres. La thèse du « moindre mal » paraît logique, surtout quand l’on compare les statistiques de la « Solution finale » en France aux bilans glaçants de l’extermination en Pologne, en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Or, dès les années 1950, les travaux sur la persécution des Juifs de Joseph Billig, Léon Poliakov ou Georges Wellers, fondés sur les archives, ont réduit à néant ce postulat du « moindre mal ». Se déclenche alors un mouvement qui, depuis près de soixante-dix ans, tente de faire la lumière sur les responsabilités réelles de chaque échelon de la hiérarchie étatique dans la politique antisémite de Vichy.

Le présent dossier rend compte de cette historiographie et de son essor depuis les sommes fondatrices de Marrus et Paxton (Vichy et les Juifs, 1981) et de Serge Klarsfeld (Vichy-Auschwitz, 1983-1985), parues dans un contexte mémoriel dominé par le souvenir de la Shoah et rythmé pendant une décennie par les affaires judiciaires (Leguay, Bousquet, Papon, etc.). L’état des connaissances présenté ici se concentre donc sur les dirigeants et l’appareil administratif de Vichy ainsi que sur le rôle de l’opinion française dans l’évolution de la persécution raciale, questionnant les faits d’hier et leurs interprétations à la lumière des recherches les plus récentes.


ISBN : 978-2916966212
Fiche éditeur : http://www.memorialdelashoah.org
Frontières, seuils, limites

Frontières, seuils, limites

Histoire sociale des catégorisations

Isabelle Backouche, Fanny Cosandey, Christophe Duhamelle, Marie-Elizabeth Ducreux, Elie Haddad, Laurent Joly et Mathieu Marraud (dir.)
Paris, Centre de Recherches Historiques, L'atelier du CRH, 21bis, 2020

Présentation

Qu’ont en commun sept textes dont les objets vont du XVIe au XXe siècle, de la Hongrie à la France, d’un cas local à une évolution nationale, et qui semblent relever de thématiques aussi disparates que le religieux, le politique, l’économique ou le juridique ? Avant tout une approche collective : celle du groupe RHiSoP du CRH plaçant l’objectif de l’histoire sociale au-dessus de ces différences et pratiquant une histoire située du travail social qui actualise, tait ou dit, affirme ou conteste, les hiérarchies, les catégories, les limites, sociales et spatiales – les structures.

Sommaire

  • Isabelle BACKOUCHE, Fanny COSANDEY, Christophe DUHAMELLE, Marie-Elizabeth DUCREUX, Élie HADDAD, Laurent JOLY et Mathieu MARRAUD : Frontières, seuils, limites : histoire sociale des catégorisations. Introduction

  • Élie HADDAD : Noblesse d’épée, noblesse de robe : espaces sociaux et frontières idéologiques

  • Marie-Elizabeth DUCREUX : Reconstruction de l’Eglise catholique, restitution du pouvoir du souverain : le clergé dans la monarchie composite des Habsbourg au XVIIe siècle

  • Mathieu MARRAUD : Privilège frontalier et exercice corporatif, les métiers parisiens aux XVIIe et XVIIIe siècles

  • Laurent JOLY : La frontière entre « judaïsme » et « aryanisme ». Logique antisémite, contentieux juridique et pratiques bureaucratiques autour du classement des « demi-juifs » en France occupée (1940-1944)

  • Fanny COSANDEY : Quelles frontières entre public et privé ? Réflexions à partir du domaine royal

  • Isabelle BACKOUCHE : Des Parisiens écrivent à l’administration. Le jeu des frontières sociales et spatiales (1920-1945)

  • Christophe DUHAMELLE : Confessions et frontières dans le Saint-Empire moderne : le Brandebourg, Minden et le calendrier en 1668


ISSN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/10678
Agricultures américaines

Agricultures américaines

Les voies de la croissance (XVIIIe-XXe siècles)

Pablo F. Luna et Alejandro Tortolero (dir.)
Paris, Éditions de l'EHESS, Études rurales, 205, 2020,  256 p.
Prix : 32,50€

La rhétorique des « voies nationales » ou des « modèles incontournables » de croissance agricole est désormais nettement délaissée par la recherche scientifique, au profit d’une approche qui met en valeur la singularité et la diversité des itinéraires et des parcours. Les effets de ce changement de paradigme ne touchent pas seulement le continent européen. Les Mondes américains, où la confrontation d’expériences ne fait que commencer, sont également un espace où ce questionnement interroge de plus en plus les spécialistes.

Les éditeurs de ce dossier d’Etudes rurales ont souhaité reprendre la discussion entamée lors du IV Congrès de l’Eurho (European Rural History Organisation) célébré à Paris en 2019. Elle a ouvert un chantier de réflexion pluridisciplinaire sur les voies de la croissance agricole à l’échelle du continent américain, en faisant se confronter des historiographies et des traditions de recherche qui n’ont pas eu jusqu’ici l’habitude d’échanger entre elles. Ainsi, sept textes ont été choisis parmi les communications présentées à Paris, afin de montrer la variété des processus américains de croissance agricole : deux textes sur les Etats-Unis, deux sur le Mexique, un sur le Brésil et deux sur le Monde andin. Il s’agit d’une première approche comparatiste et nous espérons qu’elle pourra être suivie d’autres semblables.


ISBN : 78-2-7132-2834-6
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/revues/
L'arsenale di Venezia

L'arsenale di Venezia

Da grande complesso industriale a risorsa industriale

Paola Lanaro et Christophe Austruy (ed.)
Venezia, Marsilia, Ricerche, 2020,  224 p.
Prix : 19€

Présentation

Ce livre vise à présenter, expliquer et aider à comprendre les multiples mutations et transformations de l’Arsenal de Venise, envisagé dans sa plus longue durée historique de plus grand « complexe industriel » de l’Europe médiévale et moderne : une longue durée qui couvre la presque totalité du second millénaire, et déborde aujourd’hui sur les premières décennies du troisième.

Fruit d’une étroite collaboration entre chercheurs italiens et français venus d’horizons scientifiques différents, ce livre propose d’interroger sous des angles d’analyse originaux l’histoire de l’Arsenal et d’en restituer des aspects plus profonds ou méconnus.

Parmi les questions ainsi posées et revisitées, figurent aussi bien celle d’une histoire du travail autant féminin que masculin, celle de la mobilisation et de la gestion des ressources essentielles en matières premières, mais également des techniques de leur utilisation et des technologies mises en œuvre, celle de la recherche d’une nouvelle rationalité dans l’organisation des différents processus productifs, et enfin celle de la conservation de cet ensemble architectural de près de 50 hectares, et du quartier du Castello dont il constitue le cœur, et de son utilisation comme une ressource patrimoniale, culturelle pour répondre aux demandes et aux interrogations les plus actuelles de nos sociétés contemporaines, et permettre à celles-ci de s’appuyer sur le passé pour innover et se projeter sur le futur.

Le livre ne néglige pas pour autant la question du lien à la fois profond et étroit entre l’Arsenal et le pouvoir politique (local et/ou national) qui, à chaque époque, a exercé une influence déterminante sur ses modes de fonctionnement économiques et sociaux ainsi que sur sa vie réelle et quotidienne : la vision de très longue durée n’exclut ni les lectures diachroniques de scansions temporelles variables parce que pertinentes, ni les lectures synchroniques de moments privilégiés parce que décisifs.

Le livre cherche ainsi à dessiner les trajectoires historiques de ce grand complexe en interrogeant ses points de paralysie, de rupture, et d’évolution à partir de ses choix, de ses acceptations douloureuses, et de ses renoncements consentis. Notamment le choix, qui a dominé au cours des dernières décennies, du passage d’une vie industrielle au service d’un État urbain puis national à une vie centrée à la fois sur la création culturelle et sur un tourisme qui apprend enfin à découvrir le troisième pôle de la vie de la Sérénissime triomphante, trop longtemps négligé au profit des deux autres, San Marco et le Rialto. Cette mutation a mobilisé toutes les forces intellectuelles de la ville, et témoigne directement des efforts de ses élites, de l’écho rencontré dans le public et de la volonté des autorités politiques de tutelle : elle constitue en fait un véritable cas d’école.

Auteurs

Le livre a été élaboré à partir des contributions de Marie-Morgane ABIVEN (Université de Bretagne Occiddentale Brest, de Martina BURAN (Autorité Portuaire de la Mer Adriatique Septentrionale, Venise), de Paola LANARO (Université Ca’ Foscari de Venise), de Christophe AUSTRUY (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales – Institut Supérieur de Gestion), David CELETTI (Université de Padoue), Giovanni FAVERO (Université Ca’ Foscari de Venise), Filippo Maria PALADINI (Université de Turin), Guido ZUCCONI (Institut Universitaire d’Architecture de Venise).

Le projet éditorial et l’introduction sont le fruit du travail de Paola LANARO et Christophe AUSTRUY et les conclusions en sont proposées par Maurice AYMARD.

 

 

 


 


ISBN : 978-8829707935
Fiche éditeur : https://www.libroco.it
L’édition en sciences humaines et sociales

L’édition en sciences humaines et sociales

Enjeux et défis

Étienne Anheim & Livia Foraison (dir.)
Paris, Éditions de l'EHESS, Cas de figure, 53, 2020,  397 p.
Prix : 15€

En moins de vingt ans, l’édition en sciences humaines et sociales a été considérablement bouleversée. Tout a été réinventé : le marché du livre s’est transformé, le cadre légal a été radicalement modifié, la publication et la lecture en ligne ont connu un formidable essor, l’écriture même des sciences humaines s’est métamorphosée.

Face à ces révolutions intellectuelles, techniques et socio-économiques d’une ampleur inégalée, en faisant dialoguer éditeurs privés et publics, économistes, documentalistes, libraires, juristes, traducteurs, chercheurs, cet ouvrage collectif offre à celles et ceux qui se préoccupent du destin de l’édition en sciences humaines et sociales un premier bilan, à la fois clair et lucide, des changements survenus depuis le début du XXIesiècle.

Avec les contributions de : Bruno Auerbach, Céline Barthonnat, Michelle Bergadaà, Chérifa Boukacem-Zeghmouri, Isabelle Boutoux, Ghislaine Chartron, Philippe Chevallier, Benoît Epron, Gabriel Galvez-Behar, Émile Gayoso, Julie Gazier, Stéphane Gioanni, Isabelle Gras, Véronique Ginouvès, Françoise Gouzi, Pauline Labey, Isabelle Laboulais, Charles-Henri Lavielle, Mariannig Le Béchec, Christopher Leichtnam, Anne Madelain, Olivier Mannoni, Cédric Michon, Béatrice Milard, Éric Monnet, Pierre Mounier, Sophie Noël, Matthieu Noucher, Lionel Obadia, Thomas Parisot, Samuel Péricaud, Camille Prime-Claverie, Daniel Renoult, Charles Ruelle, Anne-Laure Stérin


ISBN : 978-2-7132-2850-6
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
Le pouvoir des listes au Moyen Âge - II

Le pouvoir des listes au Moyen Âge - II

Listes d’objets, listes de personnes

Etienne Anheim, Laurent Feller, Madeleine Jeay, Giuliano Milani (dir.)
Paris, Éditions de la Sorbonne, Histoire Ancienne Et Medievale, 2020,  272 p.
Prix : 22€

Que met-on en liste et quels effets cette pratique produit-elle ?

Le Moyen Âge aimait les listes. En énumérant et organisant les êtres et les choses, pour les gérer ou simplement les connaître, les listes médiévales éprouvaient la performativité de l’écriture dans une société où son usage restait restreint à une élite. En effet, ces listes étaient une façon d’agir sur le monde, et pas seulement de se le représenter. La rédaction d’inventaires de livres, de joyaux et d’outils, mais aussi de listes de serfs d’un domaine ou d’habitants d’une ville, comme l’utilisation littéraire d’énumérations inspirées de ces pratiques sociales, ont marqué la manière dont l’Europe médiévale a construit les relations entre les hommes et les objets dans la longue durée. Ce volume, qui est le deuxième volet d’un projet collectif consacré au « pouvoir des listes » au Moyen Âge, dont le premier a été publié en 2019, poursuit une exploration anthropologique du Moyen Âge rendue possible par la pratique de la mise en listes et la transmission de celles-ci à l’intérieur des documents les plus divers. En confrontant les travaux de sociologues et d’anthropologues, comme Bruno Latour et Philippe Descola, à la documentation médiévale, l’ouvrage tente de comprendre le statut de ces unités individualisables et mobiles que sont les personnes et les objets dans l’Europe du VIIe au XVe  siècle. Le livre montre ainsi comment la pratique médiévale de la liste est révélatrice de formes singulières de dominations socio-politiques et d’évaluations juridique et économique, mais aussi de relations entre humains et non-humains, entre sujets et objets, profondément différentes de celles qui se sont mises en place avec la modernité...

Ontcollaboré à cet ouvrage : Étienne Anheim, Karin Becker, Philippe Bernardi, Thierry Bonnot, Diane Chamboduc de Saint Pulgent, Laurent Feller, Madeleine Jeay, Bruno Laurioux, Eliana Magnani,Giuliano Milani, Laurence Moulinier Brogi, Jean-Claude Mühlethaler, Carlos Manuel Reglero de la Fuente, Hanno Wijsman.


ISBN : 979-1035105747
Fiche éditeur : http://www.editionsdelasorbonne.fr
Un siècle de réforme des retraites

Un siècle de réforme des retraites

Patrick Fridenson (dir.)
Paris, Comité d'histoire de la sécurité sociale, avec le soutien de l'Association pour l'étude de l'histoire de la sécurité sociale, Revue d'histoire de la protection sociale, 13, 2020,  166 p.

Présentation

Un aperçu sur un siècle de réformes des retraites en France, tel est le propos de ce numéro, introduit et coordonné par Patrick Fridenson, directeur d’études à l’EHESS. Off rir des réponses aux questions qui, depuis septembre 2019, revenaient sans cesse dans l’opinion sur la place dans l’histoire française de la réforme des retraites engagée, mettre à disposition un outil permettant de trouver des repères au-delà de l’actualité, proposer un ensemble d’analyses relativement pérennes qui permettent des réflexions ultérieures : tels sont les objectifs de ce recueil. La perspective historique de ce numéro pluridisciplinaire permet de mieux saisir les grands enjeux des réformes des retraites.

L’âge est toujours présent mais il n’est jamais seul. L’articulation entre démographie, solidarité, croissance économique et financement privé ou/et public est toujours au coeur des réformes, mais aussi les nécessaires choix comptables et financiers inscrits dans des options beaucoup plus vastes. Notre système est la conjonction entre une vision globale de la société française, héritage de la Révolution, et la mise en place graduelle de 42 régimes de retraite. Son évolution est le produit des choix de l’État, des travaux des experts et de deux types de jeux d’acteurs : les uns veulent un régime universel, les autres entendent défendre ou accroître le bénéfice d’un régime particulier. L’articulation entre retraites des fonctionnaires et retraites du secteur privé est un dernier enjeu et la mise en place d’un régime unifié, assimilant les fonctionnaires aux autres salariés pose deux problèmes au moins : l’uniformisation des conditions de départ à la retraite et du calcul des retraites ; le rôle spécifique de l’État en matière de financement des retraites des fonctionnaires.

Les articles de Pierre Saly, Bruno Valat, Michel Laroque, Christophe Capuano et Vincent Viet éclairent en amont la genèse du modèle français de retraites, qui apparaît formellement en 1945, et son devenir en aval. Les articles de Didier Blanchet et d’Anne-Marie Guillemard replacent le projet actuel de réforme universelle dans l’histoire des réformes des trente à quarante dernières années tout en l’analysant au prisme du futur d’une société du vieillissement et de la longévité. Enfin, pour donner un écho de la multiplication des textes d’actualité publiés par d’autres acteurs que des universitaires et des chercheurs, la rédaction a choisi deux textes fort diff érents de spécialistes de la protection sociale, François Charpentier et Gilles Johanet, parce que tous deux portaient un regard sur l’histoire des politiques antérieures des retraites. Enfin deux textes de Pierre Laroque, l’un de 1941, l’autre de 1987, apportent un éclairage précieux pour la réflexion actuelle.

La variété des approches retenues dans les diff érents textes et la période longue qu’ils permettent de mettre en perspective pourront ainsi servir à une meilleure compréhension d’un enjeu aussi central que celui de la réforme des retraites. C’est l’objectif de ce numéro.

 

Sommaire


ISSN : 491-3049
Fiche éditeur : https://www.cairn.info/
L'Homme et la mesure

L'Homme et la mesure

Nouvelles approches en sciences humaines et sociales des pratiques et représentations des poids et mesures

Grégory Chambon & Lionel Marti (dir.)
Paris, Éditions de l'EHESS, Histoire & Mesure, XXXV-1, 2020,  180 p.
Prix : 22,50€

Présentation

Les recherches s’intéressant à la simple identification des unités de mesure du passé et à leur conversion dans notre système moderne, destinées à les rendre plus intelligibles, demandent à être dépassées au profit d’une approche sociale et culturelle des pratiques de mesure, dans le prolongement des travaux de Witold Kula.


Ce dossier réunit plusieurs études de cas réalisées par des archéologues et des historiens – antiquisants et médiévistes –, qui mènent un double travail d’objectivation à partir de la culture matérielle, en s’intéressant, d’une part, aux modes d’intellection et de représentation des Anciens concernant les poids et mesures et, d’autre part, aux catégories historiographiques modernes. Les notions de « valeur » et de « consensus », avec toutes leurs nuances subjectives, jouent alors un rôle central, non seulement dans l’établissement des étalons et des normes métriques dans les sociétés anciennes, mais également dans toute approche réflexive des questions de mesure.

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7132-2841-4
Fiche éditeur : https://www.cairn.info/revue-histoire-et-mesure-2020-1.htm
L’herbe du diable ou la chair des dieux ?

L’herbe du diable ou la chair des dieux ?

La prohibition des drogues et l'inquisition

Alessandro Stella
Paris, Editions Divergences, Pensées radicales, 2019,  225 p.
Prix : 15€

Le peyotl, appelé "la chair des dieux" par les ethnies amérindiennes du Mexique, est une plante psychotrope emblématique. Consommé durant les fêtes, entre chants et danses, il est utilisé lors de cérémonies religieuses pour deviner l'avenir et employé pour soigner différentes maladies psychosomatiques. Les bienfaits de cette plante étaient évidents pour les peuples qui la consommaient, notamment pour ses effets stimulant et coupe-faim. Mais les colonisateurs européens, missionnaires chrétiens en tête, trouvèrent cette plante éminemment maléfique. Non seulement elle rendait ses consommateurs ivres et déraisonnables, mais le culte que lui vouaient les Indiens ne pouvait qu'être l'oeuvre du démon. Ainsi ils la rebaptisèrent "herbe du diable" et, en 1620, l'Inquisition de Mexico publia un édit de prohibition du peyotl. Une mesure répressive qui toucha en premier lieu les Noirs, les Métis et les Mulâtres, les Mulâtresses en particulier, considérées comme les sorcières du Nouveau Monde. Cependant, malgré l'interdit et la répression, le peyotl continua d'être consommé durant la période coloniale et jusqu'à nos jours. Par cette monographie sur le peyotl, Alessandro Stella aborde plus largement la question des usages de psychotropes et de leur prohibition, de la "guerre à la drogue" comme guerre aux "drogués", de l'instrumentalisation d'une guerre fondée sur "la morale" pour mener la guerre aux minorités racisées.


ISBN : 979-10-97088-18-7
Fiche éditeur : https://www.editionsdivergences.com
De la contagion

De la contagion

Béatrice Delaurenti et Thomas Le Roux (dir.)
Paris, Vendémiaire, 2020,  448 p.
Prix : 25€

Présentation

Épidémies, mouvements de foule, frénésie de la valse, possessions démoniaques, modes vestimentaires… De la diffusion du Covid-19 sur l’ensemble de la planète à la pollution généralisée des espaces naturels, du mouvement MeToo aux rumeurs qui se propagent comme un feu de poudre sur les réseaux sociaux, des attaques de hackers aux bâillements qui se transmettent irrépressiblement d’un individu à un autre, la contagion, loin d’être uniquement un concept médical, est un processus omniprésent dans le monde d’aujourd’hui, aussi bien à l’échelle des nations qu’à celle des événements les plus infimes de notre vie
quotidienne.
Dépassant l’actualité à partir de cas précis allant de l’Antiquité à l’époque contemporaine (lutte contre la variole au XVIIIe siècle, assimilation de l’antisémitisme à une maladie contagieuse, propagation des innovations chez les enlumineurs et sculpteurs du Moyen Âge ou inquiétante contamination de la planète par la diffusion de particules radioactives…), des chercheurs venus de tous les horizons tracent les contours de ce phénomène multiforme – clé de compréhension des temps à venir.

Voir la version anglaise

Auteurs

Stéphane Baciocchi, Jean Baumgarten, Pablo Blitstein, Olof Bortz, Patrice Bourdelais, Diane Carron, Jean-Pierre Cavaillé, Simona Cerutti, Elizabeth Claire, Yves Cohen, Maria Cecilia D’Ercole, Vincent Debiais, Béatrice Delaurenti, Pierre-Olivier Dittmar, Marie-Elisabeth Ducreux, Catherine Fhima, Sergi Sancho Fibla, Jean-Baptiste Fressoz, Nancy L. Green, Benoît Grévin, Sebastian Grevsmühl, Florence Hachez-Leroy, Elise Haddad, Marcella Iacub, Thibaut Julian, Christiane Klapisch-Zuber, Thomas Le Roux, Judith Lyon-Caen, Catarina Madeira Santos, Ariane Mak, Sébastien Malaprade, Perrine Mane, Davide Mano, Nassima Mekaoui-Chebout, Niccolo Mignemi, Raphaël Morera, Natalia Muchnik, Ron Naiweld, Sofia Navarro Hernandez, Hugo Perina, Thomas Piketty, Marie-Anne Polo de Beaulieu, Dinah Ribard, Suzanne Rochefort, Paul-André Rosental, Antoine Roullet, Nicolas Sarzeaud, Jean-Claude Schmitt, Silvia Sebastiani, Alessandro Stanziani, Frédéric Vagneron, Sebastian Veg, Mickaël Wilmart.

 

Table des matières


ISBN : 978-2-36358-353-6
Fiche éditeur : https://www.editions-vendemiaire.com
Les révoltes du ciel

Les révoltes du ciel

Une histoire du changement climatique XVe-XXe siècles

Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher
Paris, Seuil, L'univers historique, 2020,  320 p.
Prix : 24€

De l'aube de l’époque moderne au milieu du XXe siècle, les sociétés occidentales ont débattu du changement climatique, de ses causes et de ses effets sur les équilibres écologiques, sociaux, politiques.
On ne se préoccupait alors ni de CO2, ni d‘effet de serre. On pensait par contre que couper les forêts et transformer la planète modifierait les pluies, les températures, les saisons. Cette question fut posée partout où l'histoire avançait à grands pas : par les Conquistadors au Nouveau Monde, par les révolutionnaires de 1789, par les savants et les tribuns politiques du XIXe siècle, par les impérialistes européens en Asie et en Afrique jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Cette enquête magistrale raconte pour la première fois les angoisses et les espoirs de sociétés qui, soumises aux aléas du ciel, pensent et anticipent les changements climatiques.
Elle montre que la transformation du climat fut au cœur de débats fondamentaux sur la colonisation, Dieu, l'État, la nature et le capitalisme, et que de ces batailles ont émergé certains concepts-clés des politiques et des sciences environnementales contemporaines. Si, pendant un bref laps de temps, l’industrie et la science nous ont inculqué l’illusion rassurante d’un climat impassible, il nous faut, à l'heure du réchauffement global, affronter de nouveau les révoltes du ciel.
 


ISBN : 978-2-021058147
Fiche éditeur : https://www.seuil.com
Charles IV

Charles IV

Un empereur en Europe

Pierre Monnet
Paris, Fayard, 2020,  404 p.
Prix : 24€

Dans une biographie inédite, Pierre Monnet dresse le portrait de ce souverain hors norme, infatigable bâtisseur, amasseur de reliques, grand lettré, inlassable voyageur. Un roi entre deux ponts, à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.

Charles IV (1316-1378) fut le roi et l’empereur d’une chrétienté en crise au xive siècle, déchirée par la peste, la guerre de Cent Ans et les débuts du schisme pontifical. Issu de la dynastie des Luxembourg, il est né à Prague, a été élevé à Paris, fit ses premières armes en Italie, devint roi des Romains, roi de Bohême, roi des Lombards, roi d’Arles et ceignit enfin la couronne impériale à Rome. Il parlait, lisait, écrivait le tchèque, le français, l’allemand, le latin, l’italien. Collectionneur passionné de reliques et d’œuvres d’art, notamment de ses propres portraits, il est l’auteur, fait rarissime, d’une autobiographie qui raconte son enfance, ses rêves, ses doutes à la première personne. Il est aussi le père de la Bulle d’Or de 1356, une Constitution qui ordonne l’élection et les institutions du Saint Empire jusqu’en 1806, établit un équilibre fédéral et territorial à l’allemande, d’une certaine manière toujours actuel.
Constructeur de châteaux, marié quatre fois, grand lettré, inlassable voyageur, Charles IV fut un roi et empereur à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.


ISBN : 978-2213699523
Fiche éditeur : https://www.fayard.fr
Les métamorphoses du travail contraint

Les métamorphoses du travail contraint

Une histoire globale XVIIIe-XIXe siècles

Alessandro Stanziani
Paris, Presses de SciencesPo, 2020,  336 p.
Prix : 24€

L'ouvrage montre par son approche globale que l'histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d'une difficile émancipation.

Les récits de Conrad m'accompagnent depuis mon enfance. À cette époque, j’aimais surtout l’aventure, le bruit et le parfum de la mer. […] Je pensais avoir mis de côté Conrad jusqu’à ce que, il y a quelques années, un ami […] me dise : as-tu remarqué que tes terrains de recherche suivent à peu près les périples de Conrad ?

Le livre de l’historien Alessandro Stanziani ne parle pas des voyages de Joseph Conrad, mais des travailleurs et des asservis que l’écrivain polonais a côtoyés : les serfs de Russie, les salariés et les marins des empires français et britannique, les esclaves et les immigrés de l’océan Indien. Il s’achève au Congo, dans les violences extrêmes perpétrées contre les indigènes par des compagnies coloniales en quête effrénée de profits.

De la pensée des Lumières à l’évolution du droit et à la réalité des conditions de travail, Alessandro Stanziani montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre mutuellement pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.


ISBN : 9782724626209
Fiche éditeur : http://www.pressesdesciencespo.fr
Comment s'écrit l'histoire juive

Comment s'écrit l'histoire juive

Sylvie Anne Goldberg (dir.)
Paris, Albin Michel, 2019,  256 pages p.
Prix : 22€

L’écriture de l’histoire est un geste éminemment politique. Des chroniques royales au « roman national », c’est autour de l’écriture de l’histoire que s’est constituée l’histoire des nations.
L’Émancipation des Juifs, initiée par la Révolution française et diffusée en Europe par les guerres révolutionnaires, a incité les Juifs à vouloir prendre place dans les cultures nationales. Confrontés à une société chrétienne qui les considérait comme « sortis de l’histoire » depuis près de deux millénaires, des intellectuels et rabbins juifs, érudits accomplis, se firent historiens pour promouvoir une approche scientifique du judaïsme qui devait leur permettre d’intégrer le panthéon culturel des nations. Quelles sont les méthodes et les pratiques mises en œuvre par ces pionniers, quels étaient leurs objectifs affichés ou inavoués ? En quoi l’étude des fragments de la Geniza du Caire, de l’histoire de la dynastie hasmonéenne,  de l’attention portée à l’histoire des « Juifs de France » ou encore à la préservation et la transmission de la culture yiddish peut-elle être porteuse d’un projet de civilisation ? Et, dans quelle mesure le regard porté par ces constructions historiques s’exerce-t-il, sur l’histoire juive elle-même ? Autant de questions fondamentales pour la compréhension du présent auxquelles viennent répondre les auteurs réunis ici par Sylvie Anne Goldberg, parmi les plus éminents des études juives contemporaines.


ISBN : 978-2226400659
Fiche éditeur : https://www.albin-michel.fr
La dérogation, le droit et le travail (XIXe-XXIe siècle)

La dérogation, le droit et le travail (XIXe-XXIe siècle)

Patrick Fridenson, Laure Machu et Jérôme Pélisse (dir.)
Paris, Comité d’histoire des administrations chargées du travail, de l’emploiet de la formation professionnelle, Cahiers du Comité d'histoire, n°23, 2020,  116 p.

Les cahiers du Comité d’histoire des administrations chargées du travail de l’emploi et de la formation professionnelle (CHATEFP) comportent des études et documents dans l’objectif de servir l’histoire de l’administration du travail.

Pourquoi depuis 1814 le droit du travail français comporte-t-il des dérogations aux règles qu'il pose ? Comment et par quels groupes sont-elles obtenues ? Quelles en sont les fonctions et les usages ? Comment les réformes récentes ont-elles fait évoluer les domaines de compétence respectifs de la loi et des accords collectifs et introduit la notion de supplétivité ?  Cette histoire longue est traitée en quatre parties : fabriquer les dérogations ; interpréter les dérogations ; quand la dérogation devient la règle ; controverses : la dérogation dans  les réformes récentes du droit du travail, dans ce n° spécial pluridisciplinaire des Cahiers du Chatefp (Comité d'histoire des administrations chargées du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle).

Accessible en ligne : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/chatefp_-_cahier_23_janvier_2020.pdf

Communiquer, de l'audiovisuel au numérique

Communiquer, de l'audiovisuel au numérique

Patrick Fridenson et Larissa Zakharova
Paris, La Découverte, Le Mouvement social, n° 268, juillet-septembre, 2019,  222 p.
Prix : 16€

Ce numéro spécial du Mouvement Social, dirigé par Patrick Fridenson (CRH) et Larissa Zakharova (CERCEC) dans le prolongement de leur séminaire, propose trois ensembles pluridisciplinaires d'articles pour une histoire sociale longue de  la communication médiatisée, de l'audiovisuel au numérique : d'abord les usagers et les créateurs de contenus ; ensuite le rôle des salariés et des syndicats ; enfin les programmes audiovisuels dans des domaines antérieurs à l'audiovisuel. Il se termine par un article sur le numérique comme nouveau territoire pour l'historien. De nombreux comptes rendus de livres complètent les articles. L'éditorial examine la question centrale du numéro : l'histoire des interactions entre tous les acteurs de la communication.

 

Sommaire

Le Baal Shem Tov

Le Baal Shem Tov

Mystique, magicien et guérisseur

Jean Baumgarten
Paris, Albin Michel, 2020,  208 p.
Prix : 19€
Connu comme le fondateur du hassidisme, celui qu’on surnomme le Baal Shem Tov, le « maître du Bon Nom », ne cesse de fasciner. Qui était-il : un mystique détenteur de secrets ? Un réformateur religieux venu valoriser la foi simple des humbles contre l’érudition talmudique ? Un annonciateur du messie? Un guérisseur, voire un chamane pratiquant la transe et la prière extatique ? A-t-il seulement fondé un nouveau mouvement, ou la légende a-t-elle dépassé l’histoire ?
Jean Baumgarten, spécialiste du hassidisme, nous invite à le suivre dans sa recherche du « vrai » Baal Shem Tov. À la fois portrait spirituel et plongée dans la sociologie religieuse des Juifs polonais du milieu du xviiie siècle, cet ouvrage nous livre la synthèse des travaux les plus récents sur cette figure majeure dont se réclament les « amis de Dieu » bien au-delà du monde juif.

ISBN : 978-2226435255
Fiche éditeur : https://www.albin-michel.fr
Varia

Varia

Paris, CRH, L'Atelier du CRH, revue électronique, 20, 2019
 
L’Atelier du CRH inaugure la nouvelle année avec un numéro de varia, regroupant quatre articles, qui illustrent tous les objectifs de la revue : l’un est théorique, les autres apportent des savoirs sur des aires culturelles particulières incluant la Chine, les Antilles et le continent sud-américain ;  deux sont en langue française, l’un est en anglais, l’autre en espagnol ; tous portent enfin  sur des périodes historiques différentes. C’est-là l’occasion de rappeler à nos lecteurs, dont nos étudiants, l’importance de ces numéros de varia, comme autant de points de vue sur les savoirs en train de se construire et l’importance des relations historiques, tissées sur le temps long, entre des espaces géographiques lointains et dont il importe de savoir mettre au jour les liens
 

Sommaire :

  • Adrien Delmas
    De la simultanéité en histoire globale
  • Baptiste Bonnefoy
    Les langages de l’appartenance. Miliciens de couleur et changements de souveraineté dans les îles du Vent (1763-1803)
    The Languages of Belonging. Free Colored Militiamen and Changes of Sovereignty in the Windward Islands (1763-1803)
  • Inés Gómez González
    Sobre el matrimonio de los magistrados de las Audiencias indianas : prohibición real y defensa judicial de los ministros inculpados en el siglo XVII
    Du mariage des magistrats des audiences indiennes : interdiction royale et stratégies judiciaires des ministres inculpés au XVIIe siècle
    Regarding the Marriage of Officers from Courts in the Americas: Royal Ban and Legal Strategies of Accused Ministers in 17th Century
  • Sophie Desrosiers
    Scrutinizing Raw Material between China and Italy: the Various Processing Sequences of Bombyx mori Silk
    Au plus près de la matière entre la Chine et l’Italie : Les différentes chaînes opératoires de transformation de la soie du Bombyx mori

     

ISBN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/9594
Haciendas en el Mundo Andino, Siglos XVI-XX

Haciendas en el Mundo Andino, Siglos XVI-XX

Pablo F. Luna & Francisco Quiroz Chueca (eds.)
Lima, Institut français d’études andines (UMIFRE 17)/Fondation M. J. Bustamante de la Fuente, avec le soutien du CRH, Collection Actes & Mémoires, 46,, 2019,  253 p.

Confrontée aux orientations récentes de la recherche historienne, l’histoire rurale andine (celle de la terre et des paysans andins), a traversé quelques décennies de doute, de désaffection et de crise. A partir de ce constat, le symposium sur les haciendas d’août 2017, réuni à Arequipa (Pérou), dans le cadre du III Congrès péruvien d’histoire économique, a souhaité rappeler l’importance de ce genre de travail historien, sur le terrain, en dépit des difficultés documentaires et opérationnelles inhérentes à ce type de recherche. Les résultats obtenus, qui ont dépassé les attentes des organisateurs (avec une affluence de communications venant de plusieurs pays andins), sont présentés dans cet ouvrage. Les éditeurs espèrent ainsi contribuer à relancer les travaux historiens sur les ruralités andines, tellement utiles si l’on veut mieux connaître leurs évolutions actuelles.

 

Dejada de lado frente al auge de las recientes tendencias de la investigación histórica, pero también por las dificultades documentales y metodológicas inherentes a su estudio, la historia de las haciendas y los latifundios en el mundo rural andino ha atravesado algunas décadas de silencio, salvo excepciones situadas por lo general en el cuadro de la historia local o regional. Partiendo de tal balance, el simposio sobre las haciendas organizado en agosto de 2017 en Arequipa, en el marco del III Congreso Peruano de Historia Económica, tuvo como objetivo plantear la necesidad de volver a asumir de forma directa la investigación histórica en dicho campo del conocimiento histórico.
El libro que se presenta aquí reúne las principales ponencias de dicho evento, que sobrepasó las expectativas iniciales de sus organizadores y que concitó el interés de historiadores peruanos y de varios países andinos. De esta manera, sus coordinadores desean relanzar las investigaciones sobre un asunto de tanta importancia para la comprensión de la compleja realidad histórica de la América andina

En savoir plus sur l'ouvrage


ISBN : 978-612-4358-06-7
Fiche éditeur : http://www.ifea.org.pe/libreria/
Les usages de la temporalité dans les sciences sociales

Les usages de la temporalité dans les sciences sociales

Vom Umgang mit Temporalität in den Sozial- und Geisteswissenschaften

Pierre Monnet, Thomas Maissen, Barbara Mittler (Hg.)
Bochum, Verlag Dr. Dieter Winkler, 2020,  340 p.
Prix : 70€

En coopération avec / im Zusammenarbeit mit Jean-Louis Georget

Il n’est guère de société qui ne compte et organise son temps, manière pour les hommes de l’habiter. Multiples sont ainsi les façons de le représenter et de le découper. Il en va de même pour les sciences sociales, et notamment pour l’histoire (européenne) qui, dans sa constitution académique moderne, s’est consacrée longtemps à la périodisation, pour en imposer les scansions d’abord aux autres matières puis au reste du monde. Cette série de réflexions a animé les concepteurs d’une rencontre internationale dont les présents actes sont issus. Dans une approche interdisciplinaire mais aussi comparative, entre les traditions française et allemande, et convaincus que les tempo ralités multiples maniées par les sciences sociales aident à la compréhension des temporalités multiples qui traversent la vie sociale elle-même, ils ont voulu regarder comment chacune des grandes démarches propres aux sciences de l’homme interrogeait la temporalité en termes de conscience, de pratique et d’usage, c’est-à-dire plaçait son objet et son discours dans le temps et qualifiait ce qui, pour chacune de ces disciplines, appartenait au temps.

Mit Beiträgen von Aleida Assmann, Gérard Béaur, Christophe Bouton, Christoph Cornelißen, Moritz Epple, Jean-Louis Georget, Hans-Peter Hahn, Jean- Louis Halpérin, Liliane Hilaire-Perez, Richard Kuba, Gérard Lenclud, Silke Leopold, Günter Leypoldt, Judith Lyon-Caen, Thomas Maissen, Barbara Mittler, Pierre Monnet, Marie-Vic Ozouf-Marignier, Jaques Revel, Raphael Rosenberg, Martin Seel, Alessandro Stanziani, Maria Stavrinaki, Michael Stolleis, Michael Werne

 

Sommaire


ISBN : 978-3-89911-264-1
Fiche éditeur : https://www.winklerverlag.com
Penser les migrations pour repenser la société

Penser les migrations pour repenser la société

Fathallah Dagmi, Françoise Dureau, Nelly Robin, Thomas Lacroix, Yann Scioldo-Zürcher
Paris, Presses Universitaires François Rabelais, 2020,  316 p.
Prix : 25€

Les migrations internationales contribuent à définir l’État et ses formes de citoyenneté. Elles modifient les relations professionnelles, transforment les espaces géographiques et jouent un rôle fondamental dans les expressions artistiques. Par effet miroir, les pratiques des migrants sont, elles aussi, tributaires des contraintes et opportunités qu’ils rencontrent dans les espaces qu’ils traversent, sinon investissent.
De l’Europe au continent américain en passant par l’Afrique, ce livre illustre la façon dont les études migratoires permettent d’éclairer les sociétés contemporaines, depuis leur construction politique jusqu’aux multiples échelles servant à l’analyse des pratiques sociales quotidiennes. Prises ensemble, elles initient un dialogue nécessaire entre spécialistes des migrations et des sciences sociales.
En d’autres termes, penser les migrations est « un moyen de penser la société », au-delà de la question du contrôle des frontières par les États, à laquelle elles sont trop souvent réduites.

En savoir plus


ISBN : 978-2-86906-735-6
Fiche éditeur : https://pufr-editions.fr/
Mouvements et dissidences spirituels XIIIe-XIVe siècles

Mouvements et dissidences spirituels XIIIe-XIVe siècles

Sylvain Piron (dir.)
Paris, CRH-ALHOMA, Oliviana, 6 (revue électronique), 2020

Consacrée au mouvement des spirituels franciscains, Oliviana, revue savante paresseuse qui paraît quand ça lui chante, a peut-être trouvé son rythme de croisière en devenant une revue annuelle paraissant tous les 29 février. Le sixième volume contient un ensemble de travaux concernant Pierre de Jean Olivi (chronologie de ses oeuvres, édition d'inédits) ; une série d'études consacrées à Angelo Clareno, son réseau et les manuscrits qui contiennent ses écrits ; un dossier d'hommages à l'oeuvre de notre collègue milanais Gian Luca Potestà, issu d'un table ronde organisée à l'occasion de la traduction française de son dernier livre.


ISSN : 1765-2812
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org
Histoire de l’adoption

Histoire de l’adoption

I. Formes adoptives (XVIe-XXe siècles)

Fábio Macedo, Jean-François Mignot, Isabelle Robin (dir.)
Paris, Belin, Annales de Démographie Historique,1, 141, 2021,  272 p.
Prix : 25€

Présentation

Cette introduction au dossier sur l’histoire de l’adoption dresse un panorama mondial de l’adoption de mineur au début du xxie siècle et pose le problème de la définition de l’adoption, avant de présenter chacun des deux numéros de ce volume des Annales de démographie historique et leur contribution à la connaissance sur les droits, pratiques et acteurs de l’adoption du XVIe au XXIe siècles.
On peut dresser un panorama mondial de l’adoption de mineur au début du XXIe siècle grâce aux données nationales compilées dans un rapport des Nations unies en 2009. Ce rapport renseigne sur la fréquence (les pratiques) mais aussi sur la légalité (le droit) de l’adoption de mineur autour de l’année 2005.
L’adoption de mineur existe dans 181 pays sur 201. Si la plupart de ces 181 pays autorisent à la fois les adoptions nationales et les adoptions internationales, certains interdisent l’adoption internationale, c’est-à-dire que leurs mineurs ne sont adoptables que par des nationaux. C’est le cas, notamment, au Nigeria, au Bangladesh et au Myanmar. L’Argentine, quant à elle, interdit depuis 1997 l’adoption des mineurs nationaux aux candidats résidant à l’étranger.
Les pays qui autorisent au moins l’adoption nationale de mineur peuvent reconnaître la forme de l’adoption « simple », qui ne coupe pas le lien de filiation entre l’adopté et ses parents d’origine (et peut donc aboutir à ce qu’un mineur ait quatre parents à la fois, comme en France depuis 1923), et/ou celle de l’adoption « plénière », qui coupe le lien de filiation entre l’adopté et ses parents d’origine pour créer une filiation exclusive avec les adoptants…

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Sommaire

Figures du notaire dans la France méridionale

Figures du notaire dans la France méridionale

Institutions, clientèles et actes (XIIe-XVIe siècle)

Olivier Poncet, Sylvie Desachy, Olivier Guyotjeannin (eds.) (ed.)
Paris, École nationale des chartes - PSL, 2022,  366 p.
Prix : 34

Ce livre offre une vue d’ensemble des pratiques du notariat méridional, du xiie siècle jusqu’à la fin du XVIe siècle, à travers des approches variées (diplomatique, archivistique, histoire du droit, histoire sociale et économique), qui visent à restituer à ses actes et à cette institution leur caractère protéiforme et leur diversité géographique.

Pour les historiens qui fréquentent les archives des départements du Sud de la France, l’étude des actes notariés est une démarche usuelle, quel que soit leur champ d’investigation, tant le notaire au Moyen Âge et jusqu’au XVIe siècle a pris une place essentielle et parfois centrale dans la société et les institutions du Midi. Les travaux n’ont d’ailleurs pas manqué depuis des décennies autour de ce phénomène, aussi bien du côté juridique qu’historique. Toutefois, une approche globale de ce notariat méridional, dans sa genèse comme dans sa diffusion, de l’évolution de cette institution, de ses actes et de leur archivage restait à faire. C’est l’ambition que se donne le présent ouvrage : offrir une vue kaléidoscopique des pratiques du notariat méridional du XIIe au XVIe siècle à travers des approches variées (diplomatique, archivistique, histoire du droit, histoire sociale et économique), qui visent à restituer son caractère protéiforme – en fonction notamment des espaces géographiques – et à replacer son rôle dans l’histoire institutionnelle et sociale de la France du Sud en regard de pratiques plus septentrionales.


ISBN : 978-2-35723-167-2
Fiche éditeur : https://www.chartes.psl.eu
L'autre famille royale

L'autre famille royale

Bâtards et maitresses d'Henri IV à Louis XVI

Flavie Leroux
Paris, Passés Composés, 2022,  272 p.
Prix : 22€

Maîtresses et bâtards sont au coeur de l'histoire monarchique et tiennent, à l'avènement de ce qu'on appelle «?l'absolutisme?», un rôle de premier plan. Mais quel est-il ? Et surtout comment la famille royale peut-elle s'en accommoder alors que sur elle reposent la légitimité et la continuité du pouvoir ?

C'est à cette question que Flavie Leroux répond en relisant les règnes des Bourbon, d'Henri IV à Louis XVI. Elle redonne leur place aux maîtresses successives et à leurs enfants, aussi bien dans l'idéologie monarchique que dans la réalité du pouvoir et de la vie de cour. D'abord famille de substitution sous Henri IV, avec Gabrielle d'Estrées et les Vendôme, ils s'imposent ensuite, avec Henriette d'Entragues, Louise de La Vallière ou Mme de Montespan, comme une famille parallèle que le roi garde auprès de lui et impose aux côtés de sa lignée légitime.

Cette « 'contre famille'» va concurrencer la «?véritable?» famille à un point tel que, sous Louis XV puis Louis XVI, c'est la crédibilité du pouvoir des Bourbon qui est mise en péril par cette nouvelle organisation. Entre famille, pouvoir et société, un livre inédit, brillant et décisif sur l'inexorable déclin de la monarchie française avant la Révolution française. Entre famille, pouvoir et société, un livre inédit, brillant et décisif sur l'inexorable déclin de la monarchie française avant la Révolution française. Entre famille, pouvoir et société, un livre inédit, brillant et décisif sur l'inexorable déclin de la monarchie française avant la Révolution française.


ISBN : 978-2-3793-3480-1
Fiche éditeur : https://passes-composes.com
La falsification de l'Histoire

La falsification de l'Histoire

Éric Zemmour, l'extrême droite, Vichy et les juifs

Laurent Joly
Paris, Grasset, Essais et documents, 2022,  140 p.
Prix : 12€

Spécialiste de l’extrême droite et du régime de Vichy, Laurent Joly resitue Éric Zemmour dans la tradition politique du « nationalisme ethnique », né au tournant du XXe siècle et dont les idées ont été portées au pouvoir en 1940.

Si Zemmour veut réécrire l’histoire de Vichy et de la persécution des juifs, c’est que son projet vise à rendre possibles des politiques disqualifiées depuis les crimes de la collaboration : mettre à bas l’État de droit, stigmatiser des minorités, expulser deux millions d’étrangers et de « mauvais Français »…

Se fondant sur des sources inédites, exhumant des controverses oubliées, Laurent Joly démontre dans cet essai implacable qu’Éric Zemmour n’hésite pas à falsifier les faits historiques afin d’unir les droites sous l’étendard de l’anti-islamisme. Ce que le polémiste dit et écrit sur Pétain, Vichy et la Shoah est révélateur de ce qu’il est, de ce qu’il pense et de ce qu’il veut faire si lui-même ou ses idées arrivaient au pouvoir.

Les mensonges anciens ne font pas des « vérités » nouvelles : l’histoire scientifique est un acte de salubrité publique à l’ère de la malhonnêteté intellectuelle triomphante.

Le cimetière juif dans la Shoah

Le cimetière juif dans la Shoah

Jean-Marc Dreyfus et Judith Lyon-Caen (dir.)
Paris, Mémorial de la Shoah, Revue d’histoire de la Shoah, n°215, 2022Prix : 25€

Qu’est-il advenu des cimetières juifs, certains récents, d’autres immémoriaux, dans la persécution et la Shoah ? Paysages péri-urbains ou ruraux singuliers, ils ont, comme toutes les institutions juives, été bouleversés en Allemagne dès 1933 puis tout au long de la guerre. Suicides et déportations s’y lisent. Parfois, ils ont disparu et été désacralisés, tandis que les corps ont été transférés dans des fosses communes. Pourtant, la plus grande partie des cimetières juifs d’Allemagne et d’Europe n’ont pas été détruits par les nazis. 

Pendant la guerre, le cimetière juif fut un espace de passage, de transit au cœur de la ville hostile (comme le cimetière juif de Varsovie, adjacent au ghetto) ; il servit à rassembler les Juifs et à leur donner refuge, lorsque tous les autres lieux leur étaient interdits ; il fut le dépôt ultime des corps des victimes (juives ou non) auxquels était refusé tout traitement funéraire humain, entraînant l’ouverture de fosses communes ; il offrit aussi un cadre aux exécutions. 

Après la Shoah, les cimetières abandonnés, privés de leurs morts « naturels », sont demeurés les lieux témoins de la catastrophe juive, en dépit des mouvements de réenterrement – les parents survivants recherchant les corps des disparus pour les rendre au cimetière juif. À l’absence des tombes répond la construction de milliers de mémoriaux dans les cimetières mêmes, dédiés à ceux qui sont morts dans les camps, dans la clandestinité. 

Lieu du recueillement, lieu pour penser à la mort des disparus de la Shoah, le cimetière juif est aussi le lieu des traces d’années de persécution, celles gravées sur les pierres tombales des morts prématurées, celles que forment les espaces vides, en attente de morts jamais venus…

Permis de Séjour

Permis de Séjour

Le combat des Juifs à Paris pour la liberté et l'égalité

André Burguière
Paris, Arkhé, Homo Historicus, 2022,  180 p.
Prix : 17,50€

« Cinquante mille Français se sont levés aujourd’hui esclaves : il dépend de vous qu’ils se couchent libres. » Abbé Grégoire

Négligés ou haïs par le monde des Lettres – dont un Voltaire franchement antisémite – admirés par un Rousseau ou un Mirabeau fascinés par leur culture et leurs valeurs, les juifs parisiens ont joué un rôle décisif sous la Révolution en obtenant de la France qu’elle devienne le premier pays d’Europe à en faire des citoyens à part entière.

Alors que les juifs sont formellement interdits de résidence à Paris et subissent des pogroms en Province, ils sont une poignée à évoluer dans la capitale au début du XVIIIe siècle : les juifs de l’Est sur la rive droite et les juifs du Midi sur la rive gauche. André Burguière observe leurs allers et venues, rue par rue, maison par maison. Il met en lumière leurs aspirations, exhume le détail de leur vie quotidienne, ausculte leurs relations de voisinage et décrypte les archives du service de Police chargé de leur surveillance rapprochée.

Permis de séjour montre comment, par un jeu de hasard, d’audace et de réticences, ils sont parvenus à remporter ce combat pour la citoyenneté. Un statut qui ne sera plus remis en cause… avant les années 1940.


ISBN : 9782918682950
Fiche éditeur : https://www.arkhe-editions.com
Los colores de la política en la España contemporánea

Los colores de la política en la España contemporánea

Jordi Canal (ed.)
Madrid, Marcial Pons, Ediciones de Historia, Historia de las Culturas Políticas en España y América Latina, 2022,  474 p.
Prix : 34,20€
Les couleurs inondent la politique. Par et avec elles, on nomme, on insulte, on identifie, on marque, on exhibe, on symbolise, on déplace, on provoque des émotions, on communique, on tue, on vend et on habille la politique. L'histoire de l'Espagne contemporaine offre des cas abondants, de tous ses drapeaux à l'orange de Ciudadanos et au violet de Podemos, en passant, entre autres, par les combats entre blancs contre-révolutionnaires et noirs libéraux du XIXe siècle et les rouges de la guerre civile. Les couleurs nommées et visualisées, représentées et symbolisées, supposées réelles et imaginées ou imaginaires, génératrices d'émotions et de passions, font l'objet d'étude dans ce volume.

ISBN : 9788418752643
Fiche éditeur : https://www.marcialpons.es
Tradition and Revolution: Jewish Polity and Politization in Europe, 18th–20th Centuries

Tradition and Revolution: Jewish Polity and Politization in Europe, 18th–20th Centuries

Davide Mano [dir.]
Leiden, Brill, Zutot,, 2022,  172 p.

Ce numéro spécial de la revue Zutot réunit six études sur le politique dans les mondes juifs russe, italien, français et israélien (XVIIIe-XXe siècles) signés par Davide Mano, François Guesnet, Danny Trom, Nils Renard, Silvana Greco et Saverio Campanini. Ces travaux sont issus de la journée d'études "Political Jews? Rhetoric and Politization among Jews in Enlightened and Revolutionary Europe" qui s'était tenue au CRH en 2019. Les trois premiers articles de ce numéro thématique forment une contribution à l'histoire du politique dans la sphère du collectif juif, tandis que les trois dernières contributions se concentrent sur les conséquences de la politisation des individus. Les corpus documentaires interrogés vont de la littérature rabbinique aux sources de la diplomatie communautaire, des mémoires de Jakob Meyer à la correspondance de Gershom Scholem.

Pour en savoir plus


ISBN : 1875-0214
Fiche éditeur : https://brill.com
Le grand enfumage

Le grand enfumage

Populisme et immigration dans sept pays européens

Hervé Le Bras
Editions de l'Aube, Monde en cours, 2022,  168 p.
Prix : 18 €

Même si les partis populistes d’extrême droite ont connu un développement différent dans les pays étudiés dans cet ouvrage (Autriche, Allemagne, Angle- terre, Espagne, France, Italie, Suisse), ils ont en commun de nombreux carac- tères. Parmi ceux-ci, l’un des plus inquiétants touche à l’évolution de leur ligne idéologique.

La notion de grand remplacement prolongeant celle du rejet de l’immigration en est un indice, mais plus généralement, après s’être dégagés des groupuscules nostalgiques du nazisme, du franquisme ou du fascisme et avoir tenté de présenter une façade respectable, force est de constater que les partis populistes de ces pays évoluent vers une vision identitaire. Un livre admirablement construit et documenté. 


ISBN : 978-2-8159-4566-0
Fiche éditeur : http://editionsdelaube.fr/auteurs/herve-le-bras/
Public and Private Welfare in Modern Europe

Public and Private Welfare in Modern Europe

Productive Entanglements

Fabio Giomi, Célia Keren, Morgane Labbé (eds.)
New York, Routledge, 2022

Depuis les années 1980, les néolibéraux contestent ouvertement l'idée que l'État est censé protéger le bien-être socio-économique de ses citoyens, faisant de la « privatisation » leur mantra. Pourtant, comme l'ont montré les historiens et les chercheurs en sciences sociales, la protection sociale a toujours relevé d’une « économie mixte » dans laquelle les acteurs privés et publics interagissent de manière dynamique, collaborant ou rivalisant dans l’offre de services sociaux. Ce livre développe trois approches novatrices qui intéresseront particulièrement les étudiants, les universitaires et les praticiens de la protection sociale. Premièrement, il met en lumière l’effet productif des enchevêtrements entre secteurs public et privé. Loin de se résumer à un jeu à somme nulle, leurs interactions ont modifié au fil du temps ce que recouvre la protection sociale, ses contenus et ses publics cibles, engendrant souvent la création de nouveaux champs d'intervention. Deuxièmement, ce livre s'écarte d'une tradition bien établie de comparaison entre les États-nations occidentaux en mêlant différentes échelles d'analyse (locale, nationale, internationale et mondiale) dans des études de cas allant de l'Espagne à la Pologne, et de la France à la Grèce aux XIXe et XXe siècles. Troisièmement, ce livre va au- delà du centrisme étatique dominant dans les études sur la protection sociale en mettant en avant une multitude d'acteurs publics et privés, des municipalités aux organisations internationales, des œuvres caritatives aux ONG modernes.

Ecriture du groupe. Ecriture en groupe

Ecriture du groupe. Ecriture en groupe

Laurence Giavarini et Camille Noûs (dir.)
Paris, CRH-GRIHL, Les Dossiers du GRIHL, 1, 2022

Présentation

Ce numéro des Dossiers du Grihl est le deuxième volet d’une enquête qui aborde le fait littéraire à partir du problème spécifique des collectifs. Telle qu’ils nous arrivent du passé après nombre d’opérations éditoriales et critiques, telle qu’ils sont largement configuré par l’histoire littéraire, les écrits nous apparaissent pour une bonne part dans une perspective « groupale » qui contribue à opacifier notre appréhension dans le passé de ce que Lanson a appelé le « fait social de la littérature ». Une partie des contributions de ce volume travaille ainsi à interroger les fictions de groupes qu’ont produites non seulement l’histoire littéraire mais les opérations éditoriales du XVIIe siècle qui réunissaient des pièces poétiques, collectaient des fragments, rassemblaient des lettres. « Trio d’acteurs », groupement de conteuses, académies instituées, « ordinaires » ou fantasmées, pratiques poétiques ou épistolaires, République des Lettres : qu’en fut-il de la réalité de ces « groupes » transmis par l’histoire ? Comment comprendre le surgissement du « groupe », parfois du « corps », dans la désignation des pratiques sociales des acteurs du passé qui furent des professionnels de l’écriture, mobilisèrent la « littérature » ou furent enrôlés dans l’institution du littéraire? et dans quelle mesure ces « groupes » travaillaient-ils avec les autres appartenances et les intérêts de ces acteurs ? L’enquête collective proposée dans ce numéro du Grihl auquel contribuent plusieurs jeunes chercheurs en histoire et en littérature peut ainsi se lire comme une enquête sur la production et les fictions du social par l’écriture et la littérature. Et elle est une invitation à prendre en charge, dans la réflexion sur cette question si constituée des « écritures collectives », les modalités d’ordonnancement voire d’archivage des écrits, ainsi que les opérations de littérarisation et de production de la valeur indissociables de leur transmission.

 

Sommaire

Laurence Giavarini, Écrire le groupe, écrire en groupe : pour une histoire du fait social de la littérature sous l’Ancien Régime

1.1. Le travail du fait littéraire : Groupements et collectifs

Flavie Kerautret, Le « trio » de farceurs de l’Hôtel de Bourgogne. Penser la construction du collectif théâtral

Elise Roussel, Le « groupe des conteuses » de la fin du XVIIe siècle : une construction ? Le cas de Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon

1.2. Le travail du fait littéraire : trompe-l’oeil

Nicolas Schapira, Tallemant des Réaux et ses amis dans le Manuscrit 19142. Le groupe par la mise en recueil

Stephanie Bung, Le Recueil Lauvergne(1680) de Claude Barbin. Écriture en groupe ou coup d’éditeur ?

Juliette Deloye, Écriture du groupe et institution. Retour sur l’Académie politique de Torcy

2. Faire corps par l’écriture

Sophie Houdard, Jean-Joseph Surin et le Royaume intérieur. La construction d’un groupement volontaire spirituel

Léa Renucci, Épistolairement vôtre. Faire académie à l’Arcadia au XVIIIe siècle

Maxime Martignon, Usages et désignation du groupe chez les nouvellistes du temps de Louis XIV

3. Retour sur la « République des Lettres »

Laurent-Henri Vignaud, Biens précieux et actions épistolaires. L’économie du savoir dans la République des Lettres au XVIIe siècle

Un théâtre pour la nation

Un théâtre pour la nation

L'histoire en scène (1765-1806)

Thibaut Julian
Lyon, Presses Universitaires de Lyon (PUL), Théâtre et société, 2022,  340 p.
Prix : 24€

À la fin du XVIIIe siècle, la France traverse une succession de bouleversements majeurs, du crépuscule de la monarchie absolue à l’Empire de Napoléon. Le théâtre connaît une vitalité sans précédent que traduit le renouveau des thèmes, des genres et des spectacles. Dans le sillage de Voltaire et de Belloy, de nombreux auteurs sensibles à l’essor du patriotisme s’emparent de l’histoire de France ou de l’actualité, faisant de la scène un mémorial et un tribunal du passé qui réfléchit le temps présent.
Ce « théâtre national » est conçu comme un dispositif moral et civique, mais l’idéal d’un peuple uni se heurte aux représentations de figures antagonistes, monarchiques ou révolutionnaires, selon des idéologies en constante évolution. Médiatisant les tensions de la société, le théâtre national exprime de puissantes émotions ­collectives oscillant entre l’admiration et l’attendrissement, la ferveur et le rire, mais aussi la déploration et l’horreur face aux blessures du passé.
En étudiant plus de 250 pièces et leur réception grâce aux comptes rendus des périodiques, Thibaut Julian offre à tous les passionnés un ouvrage de référence sur l’histoire du théâtre et des représentations au temps des Lumières et de la Révolution française.

En savoir plus


ISBN : 9782729713935
Fiche éditeur : https://presses.univ-lyon2.fr
Matérialités intimes, la production quotidienne d’intimités genrées

Matérialités intimes, la production quotidienne d’intimités genrées

Claire Lise Gaillard, Irène Gimenez et Suzanne Rochefort (dir.)
Mnemosyme, Genre & Histoire, 27, Printemps 2021, 2021

Présentation

Co-dirigé par Claire-Lise Gaillard (CHXIXe), Irène Gimenez (LARHRA) et Suzanne Rochefort (CRH), ce dossier thématique de Genre & Histoire est consacré à une étude des matérialités intimes au prisme du genre. Les intimités sont comprises comme des processus qui se construisent et se réactivent toujours de manière située, dans le temps mais aussi dans l'espace. Dès lors, il est possible d’appréhender de manière incarnée les évolutions du rapport à soi et aux autres tel qu’il est produit à travers la médiation d’objets et de lieux dont les usages et les significations ne sont pas figés. Aïcha Salmon questionne un espace et des objets dont le caractère intime relève d’une forme d’évidence (la chambre nuptiale au XIXe siècle) pour montrer la pluralité des injonctions qui les ont constitués comme des lieux d’intimités légitimes. Le détour par les pratiques prouvent qu'ils se dérobent aux déterminations sociales : les couples ont tendance à fuir la chambre nuptiale pour construire leur intimité dans un ailleurs, qui échappe aux regards familiaux entourant la chambre à coucher. Laure Sizaire analyse l’espace virtuel des réseaux du « marché matrimonial globalisé » entre hommes occidentaux et femmes non-occidentales. Face à leur « objectification » dans ce qui s’apparente à des catalogues marchands sur les sites de rencontres, ces femmes en font des usages stratégiques, investissant de leur capacité d’agir ces espaces de domination masculine. L’intime, saisi par les matérialités, apparaît bien comme un outil privilégié d’interrogation des mondes sociaux, particulièrement dans leur dimension genrée.

Sommaire


ISBN : 2102-5886
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/genrehistoire/
Spécial Roda de Isábena

Spécial Roda de Isábena

Vincent Debiais (dir.)
Paris, Corpus des inscriptions de la France médiévale, in-Scription, Quatrième livraison, 2021

Présentation

Le cloître de l'ancienne cathédrale Saint-Vincent de Roda de Isábena, au coeur des montagnes aragonaises, abrite la collection la plus importante d'inscriptions du Moyen Âge en Europe. Les arcades, les chapiteaux et les murs des quatre galeries présente aujourd'hui encore plus de 230 textes funéraires gravés dans la pierre entre le XIIe et le XIVe siècle et destinés aux membres du chapitre cathédral, aux chanoines et aux familiers de l'institution. Une telle quantité de textes, dont la qualité de composition et l'état de conservation sont exceptionnels, pose un certain nombre de questions historiques et anthropologiques autour de la culture écrite du Moyen Âge et de la commémoration des défunts ; elle représente également un défi épistémologique dans le relevé et l'exploitation des données. Jusqu'à ce jour, le cloître de Roda de Isábena avait bénéficié d'examens épigraphiques partiels, principalement centrés sur l'écriture des inscriptions. Avec la publication de ce dossier dans la revue In-Scription.Revue d'études épigraphiques en ligne, hébergé par le Corpus des inscriptions de la France médiévale, il s'agit de donner à la collection de Roda la place qu'elle mérite dans les études de la literacy médiévale. Ce dossier, composé de 17 textes et de plus de 200 figures, est le fruit d'importantes missions de terrain menées entre 2018 et 2020 par une équipe de six chercheuses et chercheurs aux compétences diverses (paléographie, épigraphie, histoire, archéologie, histoire des techniques, histoire des institutions). La publication cherche à mettre en lumière les stratégies commémoratives déployées par les chanoines de Roda sur le temps long de l'histoire de la communauté pour assoir et diffuser l'influence de la cathédrale sur les Pyrénées. Il montre également qu'une approche strictement épigraphique n'aurait pas permis d'apprécier les différentes modalités d'usage de l'écriture, les choix formels dans les graphies, les modifications qui ont affecté la structure du cloître et l'emplacement des inscriptions, les relations entre institutions ecclésiastiques, et la création de réseaux documentaires et de discours politiques complexes. Un travail collectif nécessaire pour une lecture en profondeur des phénomènes graphiques au Moyen Âge.

Sommaire


ISBN : 2553-5293
Fiche éditeur : https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr
Échos des Lumières. Un XVIIIe siècle pour aujourd’hui

Échos des Lumières. Un XVIIIe siècle pour aujourd’hui

Guillaume Lancereau, Suzanne Rochefort, Jan Synowiecki
Paris, Nouveau monde Éditions, 2022Prix : 20€

Postface d'Antoine Lilti

Désastres environnementaux, violences policières, fake news, épidémies... Ces sujets qui animent nos conversations au quotidien ont un passé, et l'ouvrage Echos des Lumières nous montre qu'ils furent d'actualité dès le XVIIIe siècle. Les fake news ? Rien de bien nouveau : en 1780, on annonçait qu'un monstre chilien - tête de furie, ailes de chauve-souris et queue de dragon ! - avait bel et bien été vu en Espagne...
L'écologie ? Les Lumières lui ont donné ses premiers grands porte-paroles, en particulier Buffon, qui en véritable lanceur d'alerte, s'inquiétait déjà de la régression des forêts, triste préfiguration de désastres écologiques plus grands encore... L'ouvrage interroge ainsi sur des sujets très divers notre rapport au politique, à l'économie, aux moeurs, à l'écologie, et remet en perspective nos conceptions de la modernité.
La complexité des Lumières, leur richesse, c'est d'avoir su poser des questions dont nous cherchons toujours aujourd'hui les réponses les plus adéquates. Comprendre l'histoire, pour mieux regarder le présent : tel est le défi que relève cet ouvrage. Une véritable immersion dans un siècle dont notre époque n'a décidément pas fini de tirer tous les enseignements.


ISBN : 978-2-38094-264-4
Fiche éditeur : https://www.nouveau-monde.net/
Le Cantique des cantiques

Le Cantique des cantiques

Exégèse et histoire, de Rashi

Ron Naiweld
Paris, Éditions du Cerf, Judaïsme ancien et christianisme primitif, 2022,  146 p.
Prix : 20€

Introduction, traduction et annotations par Ron Naiweld


Les commentaires des livres bibliques par Rashi nourrissent les débats exégétiques depuis plus d’un millénaire. Son commentaire du Cantique des cantiques ne fait pas exception et révèle tout le génie du rabbin de Troyes. Grâce à une méthodologie sans pareille, il montre comment le discours de l’homme et de la femme reflète l’évolution de la relation entre le peuple d’Israël et son Dieu. On en apprend d’ailleurs autant sur le texte biblique que sur le savoir rabbinique du Moyen Âge.
Le brillant exégète apparaît en commentateur engagé de la réalité politique et religieuse de son temps, et en visionnaire. Alors que se joue la première croisade, il élabore un projet de rassemblement des Juifs à Jérusalem, avec l’aide des nations qui paieront ainsi leur dette accumulée pendant les siècles d’exploitation du peuple d’Israël.
Un saisissant précis d’exégèse qui a traversé les siècles.
Une traduction et un appareil critique entièrement inédits.
 


ISBN : 978-2-204-14894-8
Embryon, personne et parenté

Embryon, personne et parenté

Séverine Mathieu et Enric Porqueres i Gené (dir.)
Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 54, 2022,  268 p.
Prix : 21€

Présentation

L'ouvrage présenté ici trouve son origine dans un séminaire de l’EHESS, animé par Enric Porqueres I Gené de 2014 à 2017. Ce séminaire a été l’occasion de mener un travail collectif aux perspectives fructueuses et heuristiques. Le point central de la réflexion s’est focalisé sur le statut de l’embryon dans le champ de l’histoire et de l’anthropologie. L’Afrique de l’Ouest, la Mélanésie, le monde Inuit, la médecine ayurvédique constituent autant de cas explorés dans le cadre de ce séminaire, souvent accompagné de spécialistes de ces différentes aires culturelles. La mise en parallèle de ces ethnographies avec les travaux sur les contextes des biotechnologies contemporaines a permis de dégager une série de récurrences qui semblent bonnes à penser. Les parallélismes entre les discours embryologiques dans une approche ontogénétique, de constitution de l’être, et ceux sur les origines de l’humanité propres à chacun des contextes analysés ont été étudiés. Deux parties structurent cet ouvrage qui comporte douze textes, mêlant approche anthropologique, philosophique, historique, sociologique et ethnographique. Une première partie porte sur la vie prénatale, d’abord mise en perspective par l’histoire des idées. Est également évoqué l'embryon tel qu’ici et ailleurs il est thématisé.

Contributions de : de Luc Brisson (CNRS), Christèle Barois (Universitat Wien), Stéphane Dugast (IRD/MNHN), Laurent Dousset (EHESS), Mary Picone (EHESS), Alejandro Bilbao (Université de los Lagos, Chili). Une deuxième partie est consacrée à l'embryon dans le cadre des biotechnologies de la reproduction contemporaines en Europe. Y figure les textes de Enric Porqueres i Gené (EHESS, LAIOS-IIAC), Simone Bateman (CNRS, CERMES 3), Anne-Sophie Giraud (CNRS, LISST), Séverine Mathieu (EPHE), Giulia Colavolpe Severi (EHESS),,Noémie Merleau-Ponty (CNRS-IRIS) et Giulia Zanini (Queen Mary University of London).

 

Sommaire


ISBN : 978-2-7351-2798-6
Fiche éditeur : http://www.editions-msh.fr/
Histoire globale des inégalités

Histoire globale des inégalités

Autour de Capital et idéologie, de Thomas Piketty

Philippe Minard et Daniel Roche (dir.)
Paris, Belin, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 68-4, 2022Prix : 25€

Présentation

« Chaque régime inégalitaire, chaque idéologie inégalitaire, repose sur une théorie de la frontière et une théorie de la propriété » : cette phrase de l’introduction de Capital et Idéologie, cristallise les principales discussions de ce dossier de la Revue d’histoire moderne & contemporaine. Dans cet ouvrage (qui fait suite au Capital au XXIe siècle), Thomas Piketty continue d’explorer l’évolution historique des inégalités de revenu, de patrimoine et de statut. Il élargit la focale – cette fois non limitée aux États-Unis et à l’Europe de l’Ouest – et recourt à la notion d’idéologie pour étudier les modes de justification des inégalités et, ce faisant, les ressorts du changement et les transitions entre différents régimes inégalitaires. Cette perspective amène à consacrer de nombreuses pages à l’histoire des systèmes éducatifs et à la représentation politique, vecteurs essentiels de l’idéologie, en plus du système fiscal qui était un objet privilégié du Capital au XXIe siècle. Elle rend aussi centrales les notions de frontière et de propriété qui participent à toute justification des inégalités. La frontière justifie que les droits et les modes de vie diffèrent radicalement entre deux communautés. La propriété divise une communauté entre propriétaires et non-propriétaires, créant ou entérinant ainsi des inégalités qui structurent les relations sociales et économiques entre les individus.
Les textes de ce numéro de la RHMC traitent donc de frontière et de propriété à travers diverses aires géographiques, dans une perspective d’histoire globale : États-Unis, Chine, etc. Les auteurs reviennent sur le poids de l’idéologie « propriétaire » dans différents contextes, et sur le legs de l’esclavage colonial, entre autres. 

 

Sommaire

Dossier coordonné par Éric Monnet

  • Éric Monnet : Introduction : idéologies de la frontière et de la propriété
  • Arnaud Orain : Naissance de l’économie politique, idéologie propriétariste et Révolution française
  • Patricia Hudson : Inégalité et histoire
  • Emmanuelle Perez Tisserant : Retour sur le capitalisme étatsunien
  • Sebastian Veg : Capital rouge et idéologie de la stabilité : la perspective depuis Pékin
  • Thomas Piketty : Capital et idéologie : Éléments pour une histoire des régimes inégalitaires

ISBN : 978-2-410-02277-3
Fiche éditeur : https://www.belin-editeur.com/
Individuo, persona y parentesco en Europa

Individuo, persona y parentesco en Europa

Enric Porqueres i Gené
Barcelone, Universitat de Barcelona Edicions, Antropologia, 2022,  300 p.
Prix : 28€

El sistema de parentesco en los países occidentales permite conocer tanto las dinámicas de las comunidades de las antiguas colonias como las de las sociedades actuales. La presente obra, publicada originalmente en francés, arranca con una aproximación a las uniones familiares en la Edad Media, poniendo el foco en la dimensión sagrada de la sexualidad en el seno del cristianismo y el papel del consensualismo en el sistema jurídico-teológico. Continúa luego un recorrido histórico investigando la importancia que adquirió el individuo en detrimento de los grupos sociales en la época moderna y en la proliferación de matrimonios entre parientes en el siglo XIX. Cierra el volumen un estudio sobre los efectos de técnicas más actuales, como la reproducción médicamente asistida, que han reavivado el debate sobre el lugar del individuo en esta estructura social. En síntesis, Individuo, persona y parentesco tiene la virtud de ofrecer una lectura antropológica del parentesco occidental y explorar con tanto rigor como profundidad la influencia de los actos personales en su evolución histórica.


ISBN : 978-84-9168-641-5
Fiche éditeur : http://www.edicions.ub.edu/
Le Gabon, la France et la Banque des États de l’Afrique centrale (1959-1992)

Le Gabon, la France et la Banque des États de l’Afrique centrale (1959-1992)

De la décolonisation à l'internationalisation des relations monétaires

Chislain Moupebele Makadjoka
Paris, L'Harmattan, Études Eurafricaines, 2022,  510 p.
Prix : 42

Préface de Laure Quennouëlle-Corre.

Riche d'archives inédites, cet ouvrage traite des relations monétaires, financières, économiques et politiques entre la France, le Gabon et les Etats de la BEAC. Il révèle l'âpreté des débats, des rapports de force entre acteurs et la forte politisation de la banque centrale qui nuit gravement à son mandat et décrédibilise sa politique monétaire.

Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de l’Italie communale et du Midi de la France (XIIe-XVe siècle)

Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de l’Italie communale et du Midi de la France (XIIe-XVe siècle)

Didier Lett (dir.), avec la collaboration d'Étienne Anheim, Pierre Chastang et Valérie Theis
Rome, École Française de Rome, Collection de l'École française de Rome, 584, 2022,  384 p.
Prix : 33€

Ce volume est l’aboutissement d’un itinéraire de recherche collective de plusieurs années regroupant des chercheurs français et italiens. Issu d’un programme de l’EFR intitulé « Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale (XIIe-XVsiècle) » (2012-2016), il rassemble les papiers de synthèse des cinq colloques qui ont été organisés dans la cadre de ce programme accompagnés d’une introduction et d’une conclusion.

Les « corpus statutaires » définis comme « tout type de texte qui se présente comme une forme écrite et stabilisée du droit local, édictée par une autorité publique » y sont étudiés de leur confection à leur usage social dans un souci comparatiste entre deux aires géographiques et traditions historiographiques distinctes : l’Italie communale et le Midi de la France. Après l’analyse de leur forme matérielle, du vocabulaire et des langues utilisées, l’ouvrage s’intéresse aux « acteurs » de la norme, à la rhétorique et à l’écriture puis replace la matière statutaire dans son paysage documentaire pour mesurer les circulations documentaires en analysant les points de contact entre les statuts et les autres documents produits par les autorités communales, par des institutions de la commune et par une autorité supérieure, avant d’étudier l’organisation interne des statuts, le plan adopté et les principaux thèmes abordés pour terminer sur l’usage des statuts dans les autres formes documentaires.

L’historiographie italienne a fait des statuts communaux des monuments. Nous avons tenté d’en refaire ce qu’ils étaient, c’est-à-dire des documents, objets matériels produits en contexte par des hommes de terrain pour vivre en commun et créer du lien social.


ISBN : 978-2-7283-1528-4
Fiche éditeur : http://www.publications.efrome.it
Dante

Dante

Correspondance I. L'amour et l'exil. Introduction générale. Lettres I-IV / Epistolae I-IV

Benoît Grévin (édition, traduction, commentaire par)
Paris, Les Belles Lettres, Classiques de l'humanisme, 58, 2022,  386 p.
Prix : 55€

La correspondance de Dante couvre ses années d’exil (1302-1321), qui le virent batailler contre les Florentins, soutenir l’aventure d’Henri VII, exiger le retour des papes à Rome et écrire la Comédie. Les treize lettres subsistantes ont été écrites dans un latin raffiné, rythmé et métaphorique.
Dans les lettres I-IV (1304-1309), Dante, homme de parti, proche des débuts de son exil, négocie le retour de Guelfes Blancs à Florence et chante la mort d’un protecteur tout en dissertant avec Cino da Pistoia et Moroello Malaspina sur la nature de l’amour. Les lettres V-VII (1311), sont portées par un souffle messianique. La venue d’Henri VII de Luxembourg est accueillie par le penseur de la Monarchie comme l’aube d’une ère nouvelle. Les Italiens sont invités à se tourner vers l’astre impérial, Florence maudite et vouée à la défaite, le souverain critiqué pour ses lenteurs. Dans les lettres VIII-X, un Dante au féminin se fait le secrétaire d’une comtesse s’adressant à la reine des Romains. Les lettres XII-XIII reflètent les pensées de la vieillesse. Dante y refuse un retour d’exil au prix d’une compromission, y stigmatise les errances de l’Église, y offre la Comédie achevée au seigneur de Vérone. Cette nouvelle édition en trois tomes propose à la fois une version nouvelle du texte des Lettres, une traduction et un commentaire qui guide le lecteur dans la pensée et le style du poète. Elles révèlent un Dante méconnu, brillant de son génie, mais enraciné dans la culture de son temps.

Ce premier volume de la correspondance de Dante Alighieri comprend trois parties. Une introduction générale fait le point sur les connaissances concernant les Lettres, suggérant leur place dans la vie de Dante et dans l’histoire de la rhétorique épistolaire. Elle détaille leur tradition manuscrite, leurs procédés de rédaction, leur rapport avec l’art rhétorique du XIIIe siècle, comme avec les tendances de l’humanisme naissant. L’édition-traduction (présentant une nouvelle version des textes) et le commentaire analysent ensuite les quatre lettres correspondant aux premières années d’exil de Dante (1302-1309). Les lettres I-II concernent le politicien, membre de la faction des Blancs florentins. Les lettres III et IV nous transportent dans l’atmosphère onirique d’une méditation sur l’amour.

 

Table des matières


ISBN : 9782251452456
Fiche éditeur : https://www.lesbelleslettres.com
Le Siècle de Marie Du Bois

Le Siècle de Marie Du Bois

Écrire l'expérience au XVIIe siècle

Christian Jouhaud
Paris, Seuil, "L'Univers historique", 2022,  384 p.
Prix : 25€

Comment penser et écrire une histoire de l’expérience de vivre ? Telle est la question posée par Christian Jouhaud à partir de « l’espèce de journal » tenu pendant trente ans par Marie Du Bois, gentilhomme du Vendômois, valet de chambre des rois Louis XIII et Louis XIV. Cet écrit singulier surprend d’abord par la difficulté de lui trouver un statut : ce n’est ni un livre de raison, ni une autobiographie, ni un journal spirituel, ni une histoire, et pourtant il peut être abordé sous tous ces aspects.
Il ne s’agit pas non plus d’une histoire de vie, mais d’une histoire des expériences d’un homme « ordinaire » en ses territoires de vie. Le je de Du Bois, qui s’exprime continûment, ne sert en effet aucun épanchement autobiographique, mais, de page en page, il permet de comprendre l’itinéraire de l’intériorisation des normes et des contraintes par quelqu’un qui a confié à l’activité d’écrire régulièrement la représentation de sa vie comme action. L’exercice pourrait sembler futile, ou mineur, si l’événement politique ne venait pas brutalement fracasser la mécanique diariste, finissant par politiser l’écriture, par exemple dans l’expérience intime de signes de désordre, comme pendant la Fronde, qui menacent la lisibilité d’un monde dont l’ordre est la valeur cardinale.
Depuis la chambre du roi et la campagne du Vendômois sont ainsi revisités les rapports entre local et national au XVIIe siècle, l’histoire politique de l’État, l’histoire anthropologique de l’acte d’écrire et de transmettre par l’écriture, inscrivant, dans le siècle de Louis XIV, un siècle de Marie Du Bois.


ISBN : 9782021492026
Fiche éditeur : https://www.seuil.com
Revisiter l’histoire des sociétés rurales

Revisiter l’histoire des sociétés rurales

Gérard Béaur (coord.)
Paris, Presses de Sciences Po, Le Mouvement Social, 4, 277, 2021,  226 p.
Prix : 14€

Présentation

On la croyait morte et enterrée. L’histoire des campagnes figurait comme un champ tellement labouré qu’il en paraissait stérile et elle semblait désormais dénuée de tout ressort historiographique. Tout au moins en France. Tout n’avait-il pas été dit sur un sujet jadis central dans les préoccupations des historiens et des historiennes ? Tout renouvellement n’était-il pas interdit par l’abondance et la qualité des travaux anciens ? Pourtant, à l’écart des courants historiographiques dominants, des chercheurs continuaient d’irriguer ce champ en déshérence, par leurs travaux de plus en plus critiques et de plus en plus innovants. Depuis une bonne vingtaine d’années, les historiens et les historiennes du rural ont, en effet, revu leurs analyses, leurs méthodes, leurs paradigmes. La création d’une Association (française) d’histoire des sociétés rurales (AHSR) en 1993, et surtout le lancement d’une nouvelle revue l’année suivante – Histoire et Sociétés rurales – ont largement contribué à cette révision et aux débats qui l’ont entourée. L’une et l’autre ont permis non seulement de fédérer des chercheurs et chercheuses isolés mais aussi de revitaliser ce champ historiographique et de servir de caisse de résonance pour les travaux engagés sur ces thématiques. Aujourd’hui, l’histoire des campagnes est pensée sur un mode différent. C’est cet aggiornamento que l’on entend mettre en scène dans ce numéro du Mouvement social.
L’objectif de cette sélection d’articles est précisément de suivre quelques-unes des pistes parcourues au cours des dernières années par les historiens et les historiennes, en se focalisant sur les questions qui concernent l’agriculture ainsi que les sociétés qui la pratiquent et en vivent…

 

Sommaire

Reines et mères

Reines et mères

Famille et politique dans la France d'Ancien Régime

Fanny Cosandey
Paris, Fayard, Divers Histoire, 2022,  350 p.
Prix : 21,50€

Anne de Bretagne, Catherine de Médicis, Marie-Thérèse : le poids de la maternité a façonné
le destin de ces femmes dont la monarchie attendait, avant tout, qu’elles fournissent au royaume les héritiers. Alliances, naissances, décès, éducation et vie de cour forment ici la trame d’une histoire où les conditions d’existence des mères avec leurs enfants suivent l’évolution de la monarchie. Jusqu’à dessiner le tableau d’une famille royale marquée par les impératifs étatiques.


ISBN : 78-2-213-71183-6
Fiche éditeur : https://www.fayard.fr/
Le Puy du Faux

Le Puy du Faux

Enquête sur un parc qui déforme l'histoire

Florian Besson, Pauline Ducret, Guillaume Lancereau, Mathilde Larrere
Paris, Les Arènes, Arts et spectacles, 2022,  250 p.
Prix : 18€

 

Le Puy du Fou séduit chaque année deux millions de personnes. Prenant ce succès au sérieux, quatre historiens et historiennes se sont immergés dans le parc, ont assisté à tous les spectacles et frissonné avec le public. Ils livrent ici une enquête minutieuse et pleine d'humour où apparaît, derrière les effets spéciaux et les décors somptueux, un univers rempli d'erreurs et de simplifications, le tout au service d'une propagande diffuse qu'il s'agit de repérer si on veut la combattre.


ISBN : 979-10-375-0590-3
Fiche éditeur : https://www.arenes.fr/
Eppeville, la sucrerie sauvée ?

Eppeville, la sucrerie sauvée ?

Florence Hachez-Leroy (dir.)
Paris, CILAC, Patrimoine industriel, 78, juin, 2021,  96 p.
Prix : 25€

Présentation

En couverture de ce numéro « varia », la revue Patrimoine industriel met en exergue la sucrerie d’Eppeville, dans la Somme, usine dont l’intérêt exceptionnel, notamment en raison de son architecture Art déco, est reconnu de longue date : une enquête d’inventaire dans le cadre du repérage du patrimoine industriel dès 1983 et une photographie publiée dans la revue du CILAC en juillet de la même année. Menacée de destruction il y a quelques mois à la suite de sa fermeture par le géant sucrier allemand qui en était devenu propriétaire en 2001, l’usine a suscité une forte mobilisation associative, à laquelle le CILAC et le TICCIH ont apporté leur contribution. L’instance de classement qui s’en est suivie a évité une démolition intempestive, et, à l’heure de boucler ce numéro de la revue, nous attendons la publication de l’arrêté d’inscription du site au titre des Monuments historiques. Mais alors même que la protection est en bonne voie, la vigilance reste de mise afin d’inventer un avenir pour les lieux qui n’enlève rien à leur valeur patrimoniale, enfin reconnue.

Sommaire


ISSN : 0220-5521
Fiche éditeur : https://www.cilac.com
La rafle du Vél d'Hiv

La rafle du Vél d'Hiv

Paris, juillet 1942

Laurent Joly
Paris, Grasset, Essais et documents, 2022,  300 p.
Prix : 20€

Les 16 et 17 juillet 1942, 12.884 femmes, enfants et hommes sont arrêtés par la police parisienne. 8.000 d'entre eux sont enfermés dans le Vél'd'Hiv. A partir des archives de la police et de l'administration, l'auteur retrace l'histoire de ces deux jours, restituant le contexte de la politique nazie et de la collaboration d'Etat ainsi que les points de vue des victimes et de leurs tortionnaires.


ISBN : 978-2-246-82779-5
Fiche éditeur : https://www.grasset.fr/collections/essais-et-documents
Il n'y a pas de grand remplacement

Il n'y a pas de grand remplacement

Hervé Le Bras
Paris, Grasset, Essais et documents, 2022,  140 p.
Prix : 14€

"Depuis plus d’un siècle, l’extrême-droite agite la peur de l’invasion : celle des Italiens et des Allemands avant 1914, des Polonais et des Yougoslaves avant 1939, des Maghrébins puis de tous les Africains, récemment. Cette panique a pris depuis peu la forme d’une « théorie » du « grand remplacement ». On verra ici que de « théorie », il n’y en a guère, ni de « grand remplacement » d’ailleurs. Mais une fable efficace, fausse, imagée, travaillant la peur, et dont il faut comprendre la cause.
A l’approche de l’élection présidentielle, ce fatras idéologique sert de justification à d’inquiétantes menaces politiques : remigration, dénaturalisation, musellement des médias, interdiction de prénoms non catholiques, suppression des corps intermédiaires accusés d’encourager ce prétendu « remplacement ».
On montrera ici, point par point, thème par thème, que tout cela constitue un dangereux mensonge, qui masque et déforme les problèmes parfois graves posés par l’immigration au détriment de réponses sérieuses. Faits et données à l’appui, on verra ainsi que l’immigration et l’étranger occupent en France une place plus modeste que dans la plupart des pays occidentaux."
H.L.B


Dans cet essai insicif, l’auteur analyse, raconte, compare. Restez libre, ne vous laissez pas manipuler par les semeurs de haine, lisez ces pages.

Early Modern Diasporas

Early Modern Diasporas

A European History

Mathilde Monge et Natalia Muchnik
Abingdon, Routledge, 2022,  284 p.
Prix : 96£

Présentation

This book is the first encompassing history of diasporas in Europe between 1500 and 1800. 

Huguenots, Sephardim, British Catholics, Mennonites, Moriscos, Moravian Brethren, Quakers, Ashkenazim… what do these populations who roamed Europe in the sixteenth to eighteenth centuries have in common? Despite an extensive historiography of diasporas, publications have tended to focus on the history of a single diaspora. Each of these groups was part of a community whose connections crossed political and cultural as well as religious borders. Each built dynamic networks through which information, people, and goods circulated. United by a memory of persecution, by an attachment to a homeland—be it real or dreamed—and by economic ties, those groups were nevertheless very diverse. As minorities, they maintained complex relationships with authorities, local inhabitants, and other diasporic populations. This book investigates the tensions they experienced. Between unity and heterogeneity, between mobility and locality, between marginalisation and assimilation, it attempts to reconcile global- and micro-historical approaches.

The authors provide a comparative view as well as elaborate case studies for scholars, students, and the public who are interested in learning about how the social sciences and history contribute to our understanding of integration, migrations, and religious coexistence.

 

Table of Contents

Chapter 1. The Tribulations of an "Umbrella Term"

Chapter 2. Shared Memory, Culture, and Religion

Chapter 3. Migration and Social Ties

Chapter 4. Diasporic Metropolises

Chapter 5. Temporalities and Diasporic Segments

Chapter 6. Diasporas and Political Authorities

Chapter 7. Aggregation, Segregation, Neighbouring

Chapter 8. Minorities in the City

Chapter 9. Inter-diasporic relationships

Conclusion

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ISBN : 978-1032046822
Fiche éditeur : https://www.routledge.com
Liés par le métier

Liés par le métier

Les professionnels du métal à Douai à la fin du Moyen Âge

Lise Saussus
Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2022,  312 p.
Prix : 40€

Présentation

Entre les XIIIe et XVe siècles, à Douai, comme dans d’autres villes, les métallurgistes du fer, du cuivre, de l’étain, du plomb, de l’or et de l’argent participent à un marché varié et polymorphe d’objets et de fournitures en métal. À partir de quelques milliers de documents, cet ouvrage s’intéresse à la vie collective et individuelle des membres de ce groupe professionnel : leur nombre, leur répartition topographique, leur niveau de vie, leurs activités, parfois multiples. Les liens entre ces hommes, ces femmes et ces familles sont étudiés, qu’ils relèvent de la confiance, de l’amitié ou de la mobilité des capitaux, qu’ils soient le socle de stratégies matrimoniales ou de transmission de ce qui fait le métier, y compris l’atelier, les outils et les savoir-faire.

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Table des matières


ISBN : 978-2-8031-0842-8
Fiche éditeur : https://academie-editions.be
Au-delà de la couleur

Au-delà de la couleur

Miliciens noirs et mulâtres de la Caraïbe (XVIIe-XVIIIe siècles)

Baptiste Bonnefoy
Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Des Amériques, 2022,  302 p.
Prix : 25€

Présentation

Préface de Renaud Morieux et Jean-Paul Zuñiga

Espace de belligérance, la Caraïbe rassemble des territoires impériaux discontinus et précaires. Dans les villes coloniales, la milice constituait souvent la principale force armée pour la défense du territoire et pour la police urbaine, en particulier la police des esclaves. Ce livre porte sur les miliciens noirs et mulâtres de ces villes caribéennes, gardiens d'un ordre colonial qui mobilise volontiers le lexique de la couleur pour dire les hiérarchies sociales.
Ils servaient fréquemment dans des compagnies séparées et commandées par des officiers de couleur. La séparation était un moyen de récompenser les élites de couleur locales tout en fixant des limites théoriques à leur ascension. En s'intéressant à ces miliciens et à ces officiers de couleur, l'ouvrage interroge le rôle et les significations de la couleur des hommes en milieu colonial, ainsi que l'émergence, la perpétuation et les limites des élites de couleur aux Amériques.
Grâce à une approche multi-située, et sans minimiser l'extrême violence des sociétés coloniales, il s'affranchit des discours des acteurs, dans lesquels la couleur est omniprésente, pour disséquer les pratiques et les critères de classement, et ainsi rendre compte de la fabrique locale de la domination sociale.

 

Table des matières


ISBN : 978-2-7535-8382-5
Fiche éditeur : https://pur-editions.fr
La vie sociale des dossiers

La vie sociale des dossiers

Genèses, 126, 2022/1

Belin, Genèses, 126 (avril), 2022,  158 p.
Prix : 25€

Présentation

Dossier médical, dossier de carrière, dossier de renseignements, dossier de travail savant dans un tiroir ou sur un bureau d’ordinateur… : le monde social s’organise en dossiers. Qu’il soit privé ou professionnel, ouvert ou clos, papier ou numérique, le dossier structure un large pan des activités sociales et fonde l’action politique et administrative. Par-delà la diversité de ce qui peut être mis en dossier, ce numéro de Genèses explore la forme dossier, entre accumulation matérielle et catégorisation intellectuelle, en tirant parti des apports croisés de l’histoire de l’administration, de l’histoire des sciences et des techniques, de la sociologie pragmatique et de l’anthropologie de l’écriture.

 

Sommaire

- Introduction
Yaël Kreplak et Yann Potin, p. 5

- Quand le pouvoir vint à l’écrit. Les bureaux des secrétaires d’État de Villeroy à Richelieu
Jérémie Ferrer-Bartomeu, p. 11

- Le patient dit « qu’il ne peut pas penser de manière marxiste ». Faire des dossiers psychiatriques des sources d’histoire sociale (RDA, Berlin-Est, années 1960)
Fanny Le Bonhomme, p. 34

- La vie secrète des œuvres ? Une lecture de la section confidentielle des dossiers d’œuvres d’art contemporain au musée
Yaël Kreplak, p. 56

- Quantifier le moral des Allemands et des Japonais ? Des experts évaluent l’efficacité des bombardements « stratégiques » de la Seconde Guerre mondiale
Mathias Delori, p. 80

- Sacrifier sa vie pour le travail ? Les ressorts paradoxaux de l’engagement dans le métier de banquier d’affaires
François Schœnberger, p. 102

SAVOIR-FAIRE
- Proximité et distance dans l’entretien sur l’intime en période de crise sanitaire
Karine Roudaut et Benjamin Derbez, p. 125

LECTURES
Le genre du capital et la difficile conciliation des logiques
(À propos de : Céline Bessière et Sibylle Gollac, Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités, La Découverte, 2020)
Laurence Fontaine, p. 140

Retraverser la Commune de Paris
(À propos de : Quentin Deluermoz, Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle, Seuil, 2020)
Michel Offerlé, p. 147


ISBN : 978-2-410-02561-3
Fiche éditeur : https://geneses.hypotheses.org/1899
Textométrie et temporalité

Textométrie et temporalité

Stéphane Lamassé (dir.)
Paris, Éditions de l'EHESS, Histoire & Mesure, XXXVI-2, 2022,  240 p.
Prix : 22,50 €

Les corpus et les méthodes d’analyse de textes outillés par l’ordinateur sont aujourd’hui nombreux et efficaces. Ces méthodes ont transformé les approches et la compréhension des textes en rendant observables des aspects auparavant inatteignables. Si les logiciels mettent à disposition des techniques, des outils donnant rapidement des résultats, nous souffrons souvent d’un manque d’exemples et d’analyses permettant de démultiplier nos curiosités sur nos propres corpus. L’ensemble des articles regroupés ici remplit cette fonction d’étude de cas.
Avec ce numéro spécial, la revue interroge à nouveau les enjeux de la mesure du texte en entrecroisant les disciplines autour de corpus historiques. Mais sa spécificité est de mettre une seule question en partage, à expérimenter, celle des séries textuelles temporelles. Et en ce domaine, les interactions entre linguistes, informaticiens, statisticiens et historiens demeurent aujourd’hui encore assez faibles. Ce volume souhaite donc contribuer à la formalisation de réflexions et d’échanges sur la dimension temporelle des textes et des formes qui les constituent. Il privilégie des techniques devenues « classiques », sans négliger des approches novatrices, qui toutes permettent de faire émerger des aspects particuliers du temps lexical : évolution, chronologie, cycle, changements de sens, perception du temps par les acteurs.

La formation professionnelle au Moyen Âge et à l'époque moderne : diversité et enjeux

La formation professionnelle au Moyen Âge et à l'époque moderne : diversité et enjeux

Mathieu Marraud et François Rivière (dir.)
Paris, Centre de Recherches Historiques, L'Atelier du CRH, 24, 2022

Présentation

Pourquoi consacrer un dossier à la « formation professionnelle » alors que l’historiographie sur la transmission des savoirs et savoir-faire est actuellement déjà florissante ? Notre démarche se place en réalité sur un autre plan que les grandes enquêtes qui renouvellent ces dernières années nos connaissances sur l’apprentissage, et portent l’interrogation à une échelle chronologique, spatiale et quantitative jusque-là inusitée. Ces travaux ont mis en avant le pouvoir structurant des relations entre maîtres et apprentis, ou, moins souvent, entre maîtresses et apprenties, dans le cadre des corporations, des entreprises ou des familles. Les comparaisons internationales ont fait ressortir la force anthropologique des dispositifs d’entrée dans les métiers, autant que la grande variété des relations sociales ou économiques qu’ils recouvrent. Toutefois, ces approches n’ont guère tempéré des systèmes d’équivalence érigés par une ancienne historiographie entre l’apprentissage et ses différentes voies institutionnelles, que ce soient des corporations de métiers ou des formes contractuelles. Certes, la figure de l’apprenti n’est plus étudiée comme un simple statut préalable à une carrière de maître, dans un schéma corporatif. Il a également été abondamment démontré que la transmission du métier n’est qu’un aspect d’une relation de travail, voire de domesticité, qui peut prendre le premier plan. En revanche, il a moins été souligné que l’acquisition de compétences techniques ou de droit d’accès à une profession peut aussi contourner les modalités canoniques de l’apprentissage.

 

Sommaire

  • Mathieu Marraud et François RivièreIntroduction. La formation professionnelle au Moyen Âge et à l’époque moderne : diversité et enjeux
  • Denise BezzinaMécanismes d'apprentissage dans la Gênes du Moyen Âge tardif : formation, acteurs et réseaux (XIIIe–XIVe siècles)
  • Clémentine StunaultLa formation technique dans les métiers de bouche toulousains (fin XIVe-début XVIe siècle) : un renouvellement des perspectives
  • Hugo PerinaLes contrats d’apprentissage et leurs alternatives dans la formation des organistes et des facteurs d’orgues italiens (1400-1550) 
  • Ingrid Houssaye Michienzi et Agnès Pallini-MartinÉcrire, compter, entreprendre. Formation, recrutement et carrières au sein de compagnies d’affaires florentines d’après des archives d’entreprise (XIVe-XVIe siècles)
  • Laurence Croq et Mathieu MarraudSavoirs marchands ou artisanaux ? Normes et pratiques en tension dans la formation aux métiers parisiens, XVIIe et XVIIIe siècles
  • François RivièrePostface : histoire de l’apprentissage ou de la formation professionnelle ? Un changement de perspective

ISBN : 1760-7914
Fiche éditeur : https://journals.openedition.org/acrh/
Vida y Violencia

Vida y Violencia

Élmer Mendoza y los espacios de la novela negra in México

Jordi Canal
Zaragoza, Prensas de la Universidad de Zaragoza, 2022Prix : 18€

Élmer Mendoza écrit, comme c'est presque toujours le cas dans la grande littérature, sur son pays et sur son époque. Ses œuvres, en particulier les romans noirs mettant en vedette Zurdo Mendieta, nous permettent d'entrevoir une société complexe marquée par des contrastes, qui respire la vie au-delà des clichés et des légendes et des réalités de la violence et du trafic de drogue. Culiacán, capitale du Sinaloa, est le centre de ce monde fascinant. L'essai de Jordi Canal, à l'air hybride et très personnel, qui émerge d'un dialogue entre histoire et critique littéraire, propose une approche des espaces construits par Mendoza, définis par des lieux, des territoires, des rencontres, des aliments, des sons et de nombreux mots.


ISBN : 978-8413400983
Fiche éditeur : https://puz.unizar.es
Cartes et fictions (XVIe-XVIIIe siècle)

Cartes et fictions (XVIe-XVIIIe siècle)

Roger Chartier
Paris, Éditions du Collège de France, "Faire savoir", 2022,  112 p.
Prix : 24€

Présentation

Bilbo le Hobbit, les Chroniques de Narnia et Le Seigneur des anneaux ont habitué leurs lecteurs à rencontrer dans le livre une ou plusieurs cartes des territoires qu’ils décrivent. En allait-il de même pour les lecteurs des fictions de la première modernité, entre les XVIe etXVIIIe siècles ? L’introduction de cartes n’allait pas de soi. Leur impression augmentait le coût des ouvrages, et la capacité des mots à produire des images mentales les rendait inutiles. Néanmoins, les cartes apparurent dans les œuvres d’imagination.
Initiée avec les cartes des itinérances de don Quichotte et menant jusqu’aux éditions vénitiennes d’œuvres de L’Arioste et de Pétrarque, cette enquête s’est principalement attachée à deux généalogies. La première, anglaise, donne à voir les périples d’un voyageur imaginaire présenté comme bien réel : elle conduit des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift à L’Utopie de Thomas More. La seconde, française et allégorique, a pour origine la Carte de Tendre, insérée dans la Clélie de Mademoiselle de Scudéry, et inclut les cartes galantes ou polémiques qui l’ont imitée. Selon les époques et les lieux, les cartes des fictions ont assumé divers rôles. Elles ont représenté des mondes à l’envers, satiriques, critiques ou utopiques ; elles ont brouillé la distinction entre le monde du livre et celui du lecteur ; elles ont nourri la raison et les rêves, au-delà même de la lettre du texte.
Cheminant d’œuvre en œuvre, Roger Chartier offre dans cet essai une nouvelle approche de la mobilité des fictions et de leurs interprétations.

 

Sommaire

 

Accéder à la vidéo de présentation de l'ouvrage

Revendiquer l'espace public

Revendiquer l'espace public

Nilüfer Göle, Richard Rechtman, Sandra Laugier et Yves Cohen
CNRS Éditions, Philosophie, Histoire, 2022

Maïdan, Tahrir, Gezi, Occupy Wall Street, Nuit debout, etc. : les mouvements d'occupation de la place publique qui ont émergé dans les années 2010 dans différentes parties du monde signalent une nouvelle manière de faire de la politique. A chaque fois, des individus de tout horizon se réunissent pour résister ensemble aux pouvoirs en place, proclamer leur présence publiquement sans mettre en avant de leader, partager des émotions, se rendre visibles les uns aux autres et célébrer leur diversité sans chercher à la dépasser par une représentation politique. Espace fondamentalement démocratique, la place publique occupée met en avant une autre conception du politique : les citoyens s'emparent des questions d'intérêt général afin de peser concrètement sur le bien commun. Avec ces mouvements, la démocratie semble réalisable ici et maintenant.
Comment saisir la signification de ces mouvements de la place ? Annoncent-ils véritablement une nouvelle ère politique ? Ou bien ne sont-ils que des épiphénomènes isolés ? Jusqu'ici, ils se sont soit « naturellement » essoufflés, soit ont été étouffés par une violente répression. Ceux-ci ne représentent-ils donc qu'un rêve éphémère et déjà lointain ? Rien n'est moins sûr, tant ces mouvements mettent en lumière une tendance de fond : la rencontre verticale désormais impossible entre le pouvoir politique national (qui perd sa capacité d'action face aux problèmes d'ordre planétaire que sont la crise financière, la corruption intrinsèque au système du capitalisme mondial, les flux permanents de migration, l'expansion du terrorisme, la dévastation environnementale et la pauvreté croissante) et une société hétérogène.
L'occupation de la place publique semble donc avoir de beaux jours devant elle, d'autant que les effets de ces mouvements perdurent, même après leur extinction (comme on le voit dans le cas de Maïdan).
 


ISBN : 978-2-271-09410-0
Fiche éditeur : https://www.cnrseditions.fr/
Cabu. La Rafle du Vel D'Hiv

Cabu. La Rafle du Vel D'Hiv

Dessins présentés par Laurent Joly

Laurent Joly
Paris, Tallandier, Deuxième Guerre mondiale, 2022,  56 p.
Prix : 18€

La rafle du Vel d’Hiv, qui fit près de 13000 victimes, dont 4000 enfants, les 16 et 17 juillet 1942, est l’un des épisodes les plus terribles de la collaboration de Vichy avec l’occupant nazi.
En 1967, à l’occasion de la sortie du livre de Claude Lévy et Paul Tillard, La Grande Rafle du Vel d’Hiv, Cabu, jeune dessinateur de presse, met tout son talent pour illustrer cette tragédie. Ces dessins restituent de manière poignante cette page sombre de notre histoire.
Cabu est mort le 7 janvier 2015 sous les balles de l’islamisme, dans les locaux de Charlie Hebdo à Paris. Il a dessiné le pire du XXᵉ siècle et a été lui-même la victime du pire du XXIᵉ siècle. Ce destin confère à ses dessins une charge émotionnelle particulière, et pour tout dire vertigineuse.


ISBN : 979-10-210-5398-4
Fiche éditeur : https://www.tallandier.com/livre/cabu-la-rafle-du-vel-dhiv/
Histoire, Économie et Société (2/2022)

Histoire, Économie et Société (2/2022)

1986-1988 : le moment libéral français ?

Florence Descamps & Laure Quennouëlle-Corre (dir.)
Paris, Armand Colin, Histoire, Économie et Société, 2022,  136 p.
Prix : 18 €

Présentation

Les années 1980-2010 ont vu l’épanouissement d’une littérature abondante sur le néolibéralisme et son développement en Europe. Après avoir interrogé la question de  son implantation dans les années 1980 à travers l’étude des politiques économiques et financières menées entre 1981 et 1985 (Vingtième siècle. Revue d'histoire, 2018), nous  avons souhaité ici analyser précisément ce moment 1986-1988, marqué par une série de mesures impressionnantes (réduction du périmètre de l’Etat, économies budgétaires, abrogation du contrôle des prix, mesures fiscales...). S’il constitue une étape irréversible  d’un mouvement de moyen et long terme vers la libéralisation et l’insertion de l’économie françaises dans la mondialisation, ce court et dense épisode paraît toutefois bien différent du néolibéralisme anglo-saxon par ses influences intellectuelles comme par sa mise en œuvre. Le maintien d’un Etat fort, la recherche d’un capitalisme populaire et d’une démocratie économique dessinent les contours d’un libéralisme à la française.

 

Sommaire

  • Introduction. Un libéralisme économique français. L’expérience Chirac-Balladur 1986-1988 en accès libre sur Cairn - Florence Descamps & Laure Quennouëlle-Corre

  • « La liberté des prix devient la règle ». La libération des prix et l’établissement de la politique de la concurrence en 1986 - Laurent Warlouzet

  • Les privatisations de 1986-1988 : Un moment libéral du capitalisme français ? - Laure Quennouëlle-Corre

  • Édouard Balladur et la question monétaire - Christian De Boissieu

  • La réforme de l’État et de ses administrations : Une ambition balladurienne ? - Florence Descamps

  • Édouard Balladur, ministre des Finances, et les finances publiques. Discours fiscal d’un libéral - Xavier Cabannes

  • Margaret Thatcher et la réforme du Civil Service : Les obstacles et les réalisations (1979 à 1990) - Marie-Claude Esposito

  • Édouard Balladur, un pompidolien à l’Économie et aux Finances ? - Sabrina Tricaud

Les affinités sélectives

Les affinités sélectives

Un parcours historiographique

André Burguière
Paris, Éditions de l'EHESS, Cas de figure, 2022Prix : 14€

André Burguière est l’une des grandes figures de l’historiographie française des cinquante dernières années. Membre du comité de rédaction des Annales à partir de 1969, il prolonge l’effort de Fernand Braudel et des fondateurs, Marc Bloch et Lucien Febvre. Il est aussi l’une des grandes voix de l’historiographie contemporaine, dont les lectures des auteurs des Annales, mais aussi de Paul Lacombe, Norbert Elias ou Jean-Paul Sartre ont fait date.
C’est précisément à cet aspect de son oeuvre qu’est consacré ce livre, qui rassemble
une dizaine d’articles essentiels publiés sur plus de quarante ans, éclairant les grands débats qui ont façonné l’histoire de l’École des Annales depuis les années 1970 et son dialogue avec la sociologie, l’anthropologie ou la philosophie.

En savoir plus


ISBN : 978-2-7132-2938-1
Fiche éditeur : http://editions.ehess.fr/
Le metamorfosi del lavoro coatto

Le metamorfosi del lavoro coatto

Una storia globale, XVIII-XIX secolo

Alessandro Stanziani
Bologne, Il Milano, 2022,  352 p.
Prix : 29€

Présentation

En Italien

I servi dell'Impero russo, i salariati e i marinai in seno all'Impero francese e a quello britannico, gli schiavi e i migranti nell'Oceano indiano battuto dai monsoni, e il Congo, dove le violenze estreme perpetrate verso le popolazioni indigene sono pari solo alla paura, alla solitudine dei bianchi e alla brama di profitto delle compagnie coloniali. Sono questi tra i protagonisti dei libri di Conrad e il punto di partenza per il libro di Alessandro Stanziani. Un viaggio per comprendere che lavoro libero e lavoro coatto (servile, forzato) non sono due modalità che si escludono a vicenda ma si intrecciano, si sovrappongono e quasi sempre rispondono l'una all'altra; per capire le mutazioni delle forme storiche del lavoro, le conseguenze in termini di libertà e di costrizione e, in ultima analisi, afferrare le ragioni per cui i progressi intellettuali, politici e delle condizioni di vita, soprattutto in Occidente, non sono riusciti a sradicare la coercizione al lavoro anche nelle sue forme più estreme su buona parte del pianeta.

En français

L’ouvrage montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.

Les récits de Conrad m’accompagnent depuis mon enfance. À cette époque, j’aimais surtout l’aventure, le bruit et le parfum de la mer. […] Je pensais avoir mis de côté Conrad jusqu’à ce que, il y a quelques années, un ami […] me dise : as-tu remarqué que tes terrains de recherche suivent à peu près les périples de Conrad ?

Le livre de l’historien Alessandro Stanziani ne parle pas des voyages de Joseph Conrad, mais des travailleurs et des asservis que l’écrivain polonais a côtoyés : les serfs de Russie, les salariés et les marins des empires français et britannique, les esclaves et les immigrés de l’océan Indien. Il s’achève au Congo, dans les violences extrêmes perpétrées contre les indigènes par des compagnies coloniales en quête effrénée de profits.

De la pensée des Lumières à l’évolution du droit et à la réalité des conditions de travail, Alessandro Stanziani montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre mutuellement pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.

 

L’ouvrage montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.

Les récits de Conrad m’accompagnent depuis mon enfance. À cette époque, j’aimais surtout l’aventure, le bruit et le parfum de la mer. […] Je pensais avoir mis de côté Conrad jusqu’à ce que, il y a quelques années, un ami […] me dise : as-tu remarqué que tes terrains de recherche suivent à peu près les périples de Conrad ?

Le livre de l’historien Alessandro Stanziani ne parle pas des voyages de Joseph Conrad, mais des travailleurs et des asservis que l’écrivain polonais a côtoyés : les serfs de Russie, les salariés et les marins des empires français et britannique, les esclaves et les immigrés de l’océan Indien. Il s’achève au Congo, dans les violences extrêmes perpétrées contre les indigènes par des compagnies coloniales en quête effrénée de profits.

De la pensée des Lumières à l’évolution du droit et à la réalité des conditions de travail, Alessandro Stanziani montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre mutuellement pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.

 

L’ouvrage montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.

Les récits de Conrad m’accompagnent depuis mon enfance. À cette époque, j’aimais surtout l’aventure, le bruit et le parfum de la mer. […] Je pensais avoir mis de côté Conrad jusqu’à ce que, il y a quelques années, un ami […] me dise : as-tu remarqué que tes terrains de recherche suivent à peu près les périples de Conrad ?

Le livre de l’historien Alessandro Stanziani ne parle pas des voyages de Joseph Conrad, mais des travailleurs et des asservis que l’écrivain polonais a côtoyés : les serfs de Russie, les salariés et les marins des empires français et britannique, les esclaves et les immigrés de l’océan Indien. Il s’achève au Congo, dans les violences extrêmes perpétrées contre les indigènes par des compagnies coloniales en quête effrénée de profits.

De la pensée des Lumières à l’évolution du droit et à la réalité des conditions de travail, Alessandro Stanziani montre par son approche globale que l’histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu’en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre mutuellement pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d’une difficile émancipation.

Migrations et frontières de l’Ukraine en guerre

Migrations et frontières de l’Ukraine en guerre

Antonin Durand, Thomas Chopard, Catherine Gousseff et Claire Zalc (coord.)
Paris, Institut Convergences Migrations, De Facto, #33, juin 2022, 2022,  48 p.

La guerre en Ukraine déclenchée par l’agression russe du 24 février 2022 et l’arrivée massive de réfugiés fuyant le conflit ont profondément affecté notre perception des frontières qui traversent l’Est européen. Frontières nationales contestées, fantasme des frontières soviétiques, retour d’une forme de « rideau de fer », apparition de nouvelles solidarités transfrontalières, la prise en compte de ces différents enjeux est nécessaire pour comprendre la diversité des migrations ukrainienne. Ce nouveau dossier de De Facto entend rendre à cette question sa profondeur historique...

Pour en savoir plus

 

 


ISBN : 2534-532X
Fiche éditeur : http://icmigrations.fr/defacto
Inutilité publique

Inutilité publique

Histoire d’une culture politique française

Frédéric Graber
Éditions Amsterdam, 2022,  208 p.
Prix : 18€

Les grands projets d'infrastructures constituent l'un des repoussoirs par excellence des mouvements écologistes. Dénoncés comme "inutiles et imposés" , ces projets font l'objet de multiples résistances. Pourtant, la notion d'utilité publique est au coeur de leur légitimation par les pouvoirs publics français. Car aux yeux de l'administration, l'utilité publique ne renvoie pas à l'idée générale de bien commun, mais prend un sens bien plus spécifique : c'est un principe au nom duquel il est juridiquement possible de transformer l'état du monde - y compris si certaines populations doivent en subir les conséquences.
Et la conformité ou non d'un projet à ce principe résulte d'une procédure administrative aussi précise que méconnue : l'enquête publique, mise en scène par excellence du consentement. L'historien Frédéric Graber propose dans ce livre un décryptage minutieux de ce rouage central de l'économie des projets dans laquelle nous vivons. Retraçant l'histoire longue de la fiction juridique qu'est l'utilité publique, il montre comment la référence à ce principe, formulé sous l'Ancien régime pour favoriser certains intérêts tout en se prévalant d'une forme de justice, a été maintenue après la Révolution, jusqu'à nos jours.
Il en résulte un éclairage saisissant sur l'aversion au débat caractéristique de la culture politique française, et sur l'état de la démocratie dans ce pays.


ISBN : 978-2-35480-255-4
Fiche éditeur : http://www.editionsamsterdam.fr/
L'Héritage des Lumières

L'Héritage des Lumières

Antoine Lilti
Paris, Points, Histoire, 2022,  656 p.
Prix : 13,20€

Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun.
En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon.


ISBN : 978-2757896990
Fiche éditeur : https://www.editionspoints.com/
L'invention de la célébrité 1750-1850

L'invention de la célébrité 1750-1850

Antoine Lilti
Paris, Fayard, Pluriel, 2022,  448 p.
Prix : 12€

Bien avant le cinéma, la presse à scandale et la télévision, les mécanismes de la célébrité se sont développés dans l'Europe des Lumières, puis épanouis à l'époque romantique. Voltaire ou Liszt furent de véritables stars, suscitant la curiosité et l'attachement passionné de leurs "fans" . La politique n'échappa pas à ce bouleversement culturel : Marie-Antoinette ou Napoléon en furent les témoins. Lorsque le peuple surgit sur la scène révolutionnaire, il ne suffit plus d'être légitime, il importe désormais d'être populaire.
A travers cette histoire de la célébrité, Antoine Lilti retrace les profondes mutations de la société des Lumières et révèle les ambivalences de l'espace public. A la fois désirée et dénoncée, la célébrité apparaît comme la forme moderne du prestige personnel, adaptée aux sociétés démocratiques et médiatiques, comme la gloire était celle des sociétés aristocratiques. L'histoire de cette notion éclaire les fascinantes contradictions de notre modernité.
Préface inédite


ISBN : 978-2-8185-0682-0
Fiche éditeur : https://www.fayard.fr/pluriel
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29/11/2022