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Développement économique et transformations environnementales dans les périphéries extractives en Europe (XVIe–XXIe siècles)

Appel à communication - Mercredi 30 mai 2018 - 18:00L’extraction de ressources est à la base de l’économie. Elle concerne toute activité tirant de la nature des matières premières qui sont directement utilisées ou transformées en vue d’un ajout de valeur. D’échelles variables, allant des usages traditionnels des sociétés prémodernes aux formes modernes d’exploitation mettant en jeu de larges infrastructures et des technologies complexes, les activités extractives relèvent du secteur primaire. Des exemples d’extraction sont la chasse, la pêche, l’agriculture, la sylviculture, l’exploitation minière, le forage de pétrole et de gaz. Partant du constat que la géographie des ressources a joué un rôle central dans le développement économique de l’Europe, la journée d’étude vise à analyser le rôle de l’extraction en se concentrant plus particulièrement sur les territoires impliqués dans de telles activités au sein du continent lui-même.En dépit de l’expansion européenne outre-mer, les zones essentiellement dédiées à l’extraction de ressources ne disparurent jamais du continent. Entre les XVIe et XXIe siècles, de nombreux territoires européens connurent à un moment de leur histoire une spécialisation dans l’extraction de ressources. Toutes les parties du continent furent concernées, que ce soit au niveau national, régional ou local. On peut citer quelques exemples parmi bien d’autres : les plaines de Pologne, principal fournisseur européen de céréales aux XVIe et XVIIe siècles ; la forêt du Morvan, spécialisée dans la récolte de bois pour le marché parisien ; les bassins houillers du Yorkshire et du Lancashire, au centre du décollage britannique au XVIIIe siècle ; le Norrland, qui a alimenté l’économie suédoise en produits forestiers et en divers minéraux durant l’industrialisation du pays ; la mer du Nord, qui reste encore aujourd’hui un fournisseur majeur de pétrole et de gaz, etc.Considérant les économies extractives dans une perspective de long terme, les historiens ont abordé la question du développement inégal, s’interrogeant sur les raisons faisant que certains pays ou régions se développent plus rapidement et intensément que d’autres. Il apparaît que, dans certains cas, l’extraction de ressources peut apporter d’importants revenus supplémentaires à l’économie d’une région, encourageant le bien-être de la population si une partie des revenus sont investis dans le développement humain, l’éducation par exemple. Si ce n’est pas le cas, une spécialisation dans l’extraction de ressources peut causer des problèmes comme la dépendance, l’extraversion et la désarticulation de l’économie locale. Les territoires extractifs deviennent alors des périphéries dominées technologiquement, économiquement et politiquement par les régions qui importent et transforment leurs matières premières. Ces relations déséquilibrées sont intimement liées aux problèmes environnementaux. Récemment, des études ont mis l’accent sur la tendance que les pays et régions centrales ont à déplacer les fardeaux environnementaux dans les périphéries de l’économie mondiale, ce qui contribue à ralentir ou à entraver leur développement économique[1]. Les travaux consacrés aux flux inégaux de matière et d’énergie entre les pays riches et pauvres affirment que la détérioration des termes de l’échange et la persistance d’un échange inégal rendent les périphéries extractives non seulement sous-développées, mais aussi écologiquement appauvries. L’extraction inconsidérée peut affecter l’écosystème de plusieurs façons. Cela peut entraîner la dégradation de l’environnement par l’épuisement des ressources et/ou la pollution de l’air, de l’eau et du sol, ainsi que par la destruction de l’habitat, de la flore et de la faune.          Puisque l’environnement et l’économie sont de plus en plus étudiés ensemble, nous encourageons les auteurs à soumettre des articles explorant l’histoire du développement dans les périphéries extractives européennes en lien avec les changements ayant affecté leur environnement. Les communications peuvent porter sur n’importe quelle partie de l’Europe entre les XVIe et XXIe siècles, que cela soit dans une perspective de long terme ou en se concentrant sur une période spécifique. Les questions suivantes illustrent certains aspects pouvant être abordés : ■ Où sont apparus des périphéries extractives en Europe et quelles étaient leurs caractéristiques environnementales ? Comment sont-elles passées sous la domination des centres ?■ Sous l’influence de quels acteurs ces territoires sont-ils devenus des pourvoyeurs de ressources naturelles aux niveaux local, régional, national et européen ?■ Quels ont été les modes d’extraction utilisés dans ces périphéries et comment ces derniers ont-ils façonné l’évolution des environnements locaux et des modes de développement à court, moyen et long terme ?■ Quels étaient les savoirs sur l’extraction de ressources dans les périphéries d’une part, et dans les centres, de l’autre? À partir de quand ont émergé des préoccupations concernant l’environnement ?■ De quelle manière et à quel rythme les transformations de l’environnement ont-elles influencé l’évolution des activités extractives dans les périphéries ?■ Quelle a été la contribution des périphéries extractives au développement de l’Europe, des pays européens et des villes européennes, et à quels coûts environnementaux ?■ Quels changements ont permis aux périphéries extractives de diversifier leurs activités et de sortir de la domination des centres ?Informations complémentaires : Les langues utilisées durant la journée d’étude seront l’anglais et le français. Si vous souhaitez participer, envoyez votre candidature à jawad.daheur@ehess.fr en copie à nadja.vuckovic@ehess.fr avant le 30 mai 2018. Les propositions doivent inclure dans un même fichier votre adresse e-mail, un court CV, un titre et un résumé (500 mots maximum). La réponse des organisateurs est prévue pour le 30 juin 2018. Les versions écrites des présentations sont attendues pour le 15 octobre 2018, afin de les faire circuler entre participants. L’un des objectifs de l’atelier est de consolider le groupe de chercheurs travaillant sur les ressources naturelles au sein du réseau Tensions of Europe[2]. Le lendemain de la journée d’étude, une session spéciale, pour les participants potentiellement intéressés, sera consacrée à la discussion sur de possibles projets collaboratifs et à la recherche de sources de financement. Un autre débouché possible de la journée pourrait être une publication dans une revue à comité de lecture. Les organisateurs et partenaires du projet finalisent actuellement le financement de l’atelier et devraient être en mesure d’assurer l’hébergement pour la majorité des participants, en particulier ceux qui ne disposent pas de financement propre. Les frais de déplacement pourront être pris en charge pour certains étudiants et chercheurs en début de carrière. Merci de nous indiquer si vous avez besoin d’une aide financière pour vous loger et/ou vous rendre à Paris. Organisateur :Jawad Daheur, postdoctorant au CERCEC/CRH, EHESS (Paris, France). Comité scientifique :- Marc Elie, CNRS-CERCEC (Paris, France) - Laurent Herment, CNRS-CRH (Paris, France) - Matthias Heymann, Université d’Aarhus (Danemark) - Thomas Le Roux, CNRS-CRH (Paris, France) - Raphaël Morera, CNRS-CRH (Paris, France) Partenaires du projet : - Tensions of Europe. Technology and the Making of Europe - Le RUCHE, branche française de l’ESEH - École des hautes études en sciences sociales (EHESS) - Centre d'études sur la Russie, le Caucase et l'Europe centrale (CERCEC, EHESS) - Centre d'études historiques (CRH, EHESS) - Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) - GDRI AAA Agriculture, Approvisionnement, Alimentation CNRS[1] Voir par exemple : Alf Hornborg, « Towards an Ecological Theory of Unequal Exchange Articulating World System Theory and Ecological Economics », Ecological Economics, vol. 25, n°1, 1998, p. 127-136 ; Juan Martinez-Alier et Maite Cabeza-Gutes, « L’échange écologiquement inégal », in Michel Damian et Jean-Christophe Graz (ed.), Commerce international et développement soutenable, Paris, Economica, 2001, p. 175 ; James Rice, « Ecological unequal exchange: international trade and uneven utilization of environmental space in the world system », Social Forces, vol. 85, n°3, 2007, p. 1369-1392 ; Cyria  Emelianoff,  « La  problématique  des  inégalités écologiques, un nouveau paysage conceptuel », Écologie  &  politique, vol. 35, n°1, 2008, p. 19-31 ; Alf  HORNBORG,  « Zero-Sum  World:  Challenges  in  Conceptualizing  Environmental  Load Displacement and Ecologically Unequal Exchange in the World-System », International  Journal  of Comparative  Sociology, vol. 50,  n°3/4, 2009,  p. 237-261.[2] Pour plus d’informations sur ce groupe, voir http: //toe2.du -de.nl/technology-environment-and-resources/ ou contacter les coordinateurs : Elena Kochetkova len.kochetkova@gmail.com / Matthias Heymann matthias.heymann@css.au.dk

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Disettes. Rhétoriques, savoirs et régulations de la pénurie (XVIIe-XIXe siècle)

Journée(s) d'étude - Jeudi 28 juin 2018 - 09:00Journée d’études organisée avec le soutien du LabEx HASTEC, du Centre Alexandre-Koyré et du Centre de Recherches Historiques, par Romain Grancher (LabEx HASTEC/EHESS, CAK), Alice Ingold (EHESS, CRH) et Marie Thébaud-Sorger (CNRS, CAK/Maison française d’Oxford). Longtemps associé dans l’historiographie à la seule question des grains, le terme « disette » apparaît doté d’un champ d’application beaucoup plus vaste dans les sources de l’Ancien Régime et de la période postrévolutionnaire. Il s’étend en effet bien au-delà du seul domaine frumentaire, ou même alimentaire, pour englober une large gamme de situations caractérisées par la rareté momentanée, ou la raréfaction en cours, d’une « ressource » – qu’il s’agisse de matières premières d’origine naturelle (« disette de bois », « disette d’or », « disette d’eau », « disette de gibier », « disette de poisson », etc.), de produits agricoles et manufacturés (« disette de fourrage », « disette d’engrais », « disette de laine », « disette de monnaie », etc.) ou encore de catégories de la population (« disette d’ouvriers », « disette de marins », « disette de nourrices », « disettes de prêtres », etc.).La diversité des emplois du mot « disette » invite ainsi à opérer des rapprochements entre des objets de recherche assez éloignés les uns des autres, et c’est la raison pour laquelle cette journée d’études se veut d’abord un lieu de dialogue, à partir de la question transversale de la pénurie, entre des historiennes et des historiens s’inscrivant dans des champs historiographiques distincts, allant de l’histoire environnementale à l’histoire économique, en passant par l’histoire du travail et l’histoire des sciences et des techniques. Proposant de décloisonner l’étude des phénomènes (réels ou supposés) de rareté des hommes et des choses pour les envisager de manière globale, cette rencontre est organisée autour de trois principaux axes de comparaison, afin de faire ressortir à la fois les spécificités propres et les caractéristiques communes aux différents cas de disette présentés. 1) Les rhétoriques de la pénurieNous souhaiterions tout d’abord prêter attention aux rhétoriques de la pénurie, autrement dit à tous les discours consistant à déplorer une situation de pénurie chronique ou à alarmer sur les risques d’une pénurie à venir. La résurgence, à l’échelle de toute l’Europe et au long de plusieurs siècles, de ces discours souvent très formalisés, voire stéréotypés, a déjà fait l’objet de travaux importants (à propos de la disette du bois notamment), mais il s’agira ici de les envisager à partir d’un questionnaire commun :- Dans quels contextes peut-on repérer l’émergence de tels discours ?- Comment ces rhétoriques de la pénurie circulent-elles d’un texte à l’autre et d’un lieu à l’autre ? Est-il possible de repérer des variations à la fois dans le temps et dans l’espace ?- Par quels acteurs sont-elles mobilisées et à quelles fins ? 2) Les savoirs et les mécanismes de la pénurieL’un des objectifs de la journée sera de parvenir à réinscrire cette analyse des discours tenus par les contemporains sur la rareté et la raréfaction des ressources dans une réflexion plus générale sur la construction des savoirs relatifs à la pénurie et à ses mécanismes naturels, économiques, sociaux et politiques.Dans cette optique, nous voudrions accorder une attention particulière aux catégories employées par les acteurs pour penser la rareté. En français, par exemple, le terme « pénurie » tend à supplanter progressivement le terme « disette » au cours des XVIIIe-XIXe siècles et il serait intéressant de déterminer si, d’une part, ce changement d’ordre lexical traduit un changement plus profond, d’ordre conceptuel, dans la façon d’appréhender les situations de rareté et si, d’autre part, des évolutions similaires peuvent être repérées au sein d’autres espaces linguistiques.À l’échelle locale, nationale, voire transnationale, les disettes ont donné lieu à des controverses de longue durée relatives à leurs causes, à leurs mécanismes et à leur réalité même. Nous proposons donc de les regarder ici comme des « lieux de savoirs » conflictuels, où se reconfigurent les théories sur la pénurie et où s’inventent de nouvelles formes d’expertise en la matière. Plusieurs approches de ces controverses peuvent être combinées :- Une approche par les théories, centrée sur les causes imputées aux situations de pénurie et, plus généralement, sur les manières de les interpréter (comme des faits naturels ou comme des faits sociaux) et de les concevoir (comme des événements conjoncturels ou comme des processus structurels).- Une approche par les acteurs, visant notamment à mettre l’accent sur la confrontation, dans le temps de la controverse, entre des acteurs issus de différents « mondes » (savants, professionnels, administratifs, etc.).- Une approche par les procédures, axée sur les modes de validation ou de disqualification des savoirs sur la pénurie, ainsi que sur les modes d’évaluation et de mesure de la rareté mis en place notamment par les États et leurs administrations au cours de la période envisagée (enquêtes, dénombrements, statistiques, etc.). 3) Les formes de régulation de la pénurieL’ambition de cette journée d’études sera enfin de parvenir à articuler une réflexion sur la construction des savoirs relatifs à la pénurie avec une histoire de ses formes de régulation. En somme, la question que nous aimerions soulever est la suivante : comment gouverne-t-on des ressources, que ce soit des ressources naturelles, des productions agricoles et manufacturières ou de la main d’œuvre, en tenant compte du problème de leur rareté ou de leur raréfaction ? Cette question peut être abordé sous différents angles :- Sous l’angle des dispositifs techniques et des mesures juridiques visant à prévenir ou à enrayer les situations de pénuries.- Sous l’angle des juridictions spécialisées et des appareils administratifs encadrant les ressources, leurs usages, leur appropriation et leur circulation.- Sous l’angle des projets et des expériences visant, soit à encourager l’usage de certains produits de substitution, soit à « multiplier » les ressources et à « procurer l’abondance », en particulier au XIXe siècle où l’on parle, par exemple, de « réempoissonner » la mer et les rivières, de « régénérer » la nature, de « reboiser » les montagnes ou de « repeupler » certains territoires.Cette rencontre entend donc réunir des chercheuses et des chercheurs issus de différents horizons historiographiques autour du problème de la pénurie. À travers la présentation de toute une série de cas de « disette », nous souhaiterions qu’elle permette d’engager une réflexion collective sur la manière dont la nature, mais aussi la population elle-même, en sont venues progressivement à être considérées, et gouvernées, comme des ressources. Programme9h. Romain Grancher (LabEx HASTEC/EHESS, CAK), Alice Ingold (EHESS, CRH) et Marie Thébaud-Sorger (CNRS, CAK/Maison française d’Oxford) : Introduction Session 1. Approches économiques de la disette9h30. Steven Kaplan (Cornell University) - « Disette “réelle” et disette “d’opinion” : l’épistémologie de la pénurie »10h. Jérôme Jambu (BNF/Université de Lille 3, IRHIS) - « La disette monétaire dans l'espace colonial américain (XVIIe-XVIIIe siècle) : du discours aux réponses »10h30. Discussion ouverte par Anne Conchon (Université Paris 1, IDHE.S)11h-11h15. Pause-caféSession 2. Disettes et ressources de la terre11h15. Laurent Herment (CNRS, CRH) - « À propos de la pénurie d’engrais (XIXe siècle) »11h45. David Plouviez (Université de Nantes, CRHIA) - « “Je ne dois pas vous taire que le port est entièrement dépourvu de bois…”. Représentations et réalités à propos de la disette des bois de construction navale en France au XVIIIe siècle »12h15.  Discussion ouverte par Caroline Ford (UCLA)13h-14h. DéjeunerSession 3. Disettes et subsistances14h. Clyde Marlo-Plumauzille (LabEx EHNE, IHMC) - « Faire face aux “disettes de nourrices” : l'administration policière et la naissance d'un service public nourricier dans le Paris du XVIIIe siècle »14h30. Solène Rivoal (Université Aix-Marseille, TELEMME) - « D'une pénurie à l'autre : Venise entre disettes de poissons sur les marchés et fragilité des ressources halieutiques (XVIIIe siècle) »15h. Discussion ouverte par Monica Martinat (Université Lumière Lyon 2, TRIANGLE)Session 4. Les communs face à la disette15h45. Romain Grancher (LabEx HASTEC/EHESS, CAK) - « Ce que la “disette” fait aux communs. L’État et les communautés face à l’épuisement de la ressource huitrière (France, XVIIIe-XIXe siècle) »16h15. Alice Ingold (EHESS, CRH) - « La pénurie, un dispositif d’exclusion du partage de l’eau ? France, XVIIIe-XIXe siècle. Comment le droit et l’histoire charpentent la réalité du fleuve »16h45. Discussion ouverte par Philippe Minard (Université Paris 8, IDHE.S/EHESS, CRH)17h15-18h. Discussion générale ouverte par Steven Kaplan (Cornell University)

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Les archives de l’histoire sociale du monde ibérique (XVIe-XIXe siècles)

Journée(s) d'étude - Jeudi 12 avril 2018 - 09:00Baptiste Bonnefoy et Sébastien Malaprade du Groupe d'Etudes Ibériques (CRH) organisent une journée de formation consacrée à l’usage et à l’analyse des sources du monde ibérique. Informés des attentes de certains étudiants, évoquant des difficultés à rassembler et exploiter des ressources dispersées entre plusieurs pays, les organisateurs conçoivent cet atelier comme une séance de travail pratique sur ces sources, et comme un lieu de rencontre qui puisse fédérer les étudiants des sociétés hispaniques résidant en région parisienne.Dans le sillage des propositions d’une nouvelle histoire sociale régénérée par la place accordée aux individus et à leurs réseaux, nous aimerions ouvrir un espace de dialogue sur la manière dont les fonds d’archives permettent de reconstituer des trajectoires d’individus, de familles, et plus largement de groupes sociaux. Cette journée d’étude aura comme objectif de construire une boîte à outils « clé en main » pour les jeunes chercheurs. Quelles traces sont susceptibles de laisser les acteurs au cours de leurs existences ? Quelles institutions produisent ces documents ? Comment sont-ils organisés et classés ? Comment les localiser ? Où la numérisation permet-elle d’épargner de longs et coûteux déplacements ?Ce panorama des ressources disponibles permettra de relever les continuités et les ruptures dans la fabrique des documents au sein de l’espace monarchique. Cette présentation doit par ailleurs encourager les étudiants à pratiquer la comparaison et à décloisonner des territoires souvent réduits aux frontières politiques contemporaines, l’organisation actuelle des fonds rendant souvent illisibles des dynamiques politiques et sociales anciennes.Les interventions seront l’occasion d’une réflexion sur la valeur épistémologique de plusieurs types de documents : 1. Les registres paroissiaux, 2. Les actes notariés, 3. Les sources judiciaires et de l’Inquisition, 4. Les sources nobiliaires conservées dans des institutions privées. À l’appui d’exemples décryptés à plusieurs voix, les intervenants présenteront une réflexion critique sur la valeur, l’usage et les potentialités des sources.Entrée sur inscription auprès de : Sébastien Malaprade : smalaprade@hotmail.comBaptiste Bonnefoy : basptiste.bonnefoy1@gmail.com

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Drogues et Politiques dans les Amériques

Colloque - Mercredi 11 avril 2018 - 09:00Depuis quelques années, le continent américain connaît une effervescence de réformes législatives et d’expérimentations innovantes en matière de politiques publiques des drogues. Longtemps inscrites dans une stratégie de guerre –  qui a été promue, financée et armée par les États-Unis depuis les années 1970 – ces « nouvelles » politiques intègrent des dispositifs expérimentaux, tant au niveau de l’encadrement des usages, qu'à celui de la régulation de la production et du commerce des stupéfiants.Ce colloque a pour vocation d’interroger ce temps présent, tout en ancrant son analyse dans son histoire. Du Canada à l’Argentine, en passant par le Mexique, la Colombie ou le Brésil, nous allons explorer les modalités et les effets de la mise en place des régimes prohibitionnistes, les inégalités et les violences qui traversent les politiques des drogues – qu’elles soient vieilles ou nouvelles – et les contradictions et les possibilités ouvertes par les alternatives à la prohibition. De quoi alimenter la réflexion et le débat aussi en France, à la traine dans la réforme tant comparée aux Amériques qu’aux autres pays européens.Comité organisateur : Mariana Broglia de Moura (TEPSIS/CMH-EHESS), Chiara Calzolaio (IRIS-EHESS), Ann Coppel (Présidente AFR), Sabine Guez (IRIS-EHESS), Edgardo Manero (Mondes Américains, CNRS-EHESS) et Alessandro Stella (CRH, CNRS-EHESS)Avec le soutien de : Centre national de la recherche scientifique (CNRS), École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), Centre de recherches historiques (CRH), Centre Maurice Halbwachs (CMH), Fondation Argentine - Cité Internationale Universitaire de Paris, Institut de Recherches Interdisciplinaires sur les enjeux Sociaux (IRIS), Mondes Américains, Institut des Amériques (IdA) et Maison de l’Amérique latine (MAL).

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Les enjeux du prophétisme médiéval

Table ronde - Vendredi 23 mars 2018 - 14:30La parution de la traduction française du dernier livre de Gian Luca Potestà, Le dernier messie. Prophétie et souveraineté au Moyen Âge (Belles-Lettres, 2018), issu de conférences que l’auteur avait prononcées à l’occasion d’une invitation à l’EHESS, fournit une bonne occasion d’engager une discussion collective sur le prophétisme médiéval, en le considérant dans toutes ses dimensions : ses ressorts théologiques, ses usages politiques, les formes littéraires de sa diffusion, en latin et en vernaculaire. Sur tous ces aspects, nous évoquerons l’ampleur du travail mené par Gian Luca Potestà et dans son sillage, les chantiers ouverts et les nouvelles perspectives de recherche.En présence de l’auteur, avec la participation d’Alain Boureau, Michele Lodone, Antonio Montefusco et Sylvain Piron.Cette rencontre est organisée dans le cadre du projet ERC BIFLOW (Bilingualism in Florentine and Tuscan Works, ca. 1260 – ca. 1416).

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Ce que les artistes font à l'histoire

Journée(s) d'étude - Samedi 10 mars 2018 - 09:30Après Nietzsche, la conscience historique a été ressentie comme une « fièvre », une entrave à la compréhension profonde de l’expérience humaine, à son appropriation présente. Paul Valéry, Virginia Woolf, Italo Svevo, partageaient le sentiment exprimé par Stephen Dedalus dans l’Ulysse : l’histoire est un cauchemar à oublier. En revanche, aujourd’hui, de nombreux romanciers et artistes se proposent comme les véritables médiateurs du passé. Ils le « cherchent », et certains d’entre eux visent à combler les failles de l’histoire, d’autant plus que les sujets historiques traités sont imprégnés de questions métahistoriques, comme l’expérience du temps, les temporalités régressives et asynchrones. Le rapprochement est encore plus poussé lorsque les artistes se plongent dans les archives, ou entreprennent des opérations de « re-enactment », comme pour prouver le caractère ouvert et non définitif du passé, ou encore lorsque les frontières entre le documentaire et la fiction s’avèrent plus poreuses que jamais. Les historiens, de leur côté, ont remis en discussion le « noble rêve de l’objectivité » et leurs dispositifs de représentance, et sont devenus plus sensibles à la question de l’imagination-pour-le réel du passé.Bref le grand partage entre un passé plastique, ouvert à tous les ordres du temps, et un passé révolu et définitif, se retrouve plein de brèches. Pour autant, ces passages ne relèvent pas d’une résolution dialectique des anciens conflits, ni d’une coexistence irénique. Il y a toujours un risque d’esthétisation de l’histoire au détriment des faits. Il y a aussi l’ambivalence de la fiction, lorsqu’elle prétend faire parler les disparus. A travers la diversité des œuvres et des cas qu’il s’agira de traiter, cette journée d'étude, portée par Sabina Loriga (GEHM) et Olivier Abel (Faculté de théologie protestante de Montpellier), avec le soutien du Fonds Ricœur et de la revue Passés/Futurs, cherchera à décrire et comprendre plusieurs configurations possibles des usages de l’histoire par les artistes, depuis la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, époque où l’art contemporain semble à nouveau imprégné d’une certaine « urgence de l’histoire ».Matin (9h30-12h30)Olivier Abel et Sabina LorigaPrésentation de la journéeEsteban BuchL’opéra documentaire, un genre aporétique ?Lisa GinzburgTrois cas d'usage fictionnel de l'histoire dans la production romanesque italienne d'aujourd'huiAprès-midi (14h-17h30)Eric MichaudAnselm Kiefer et le nazisme : l’histoire plombéeVicente Sánchez-BioscaFilmer le bourreau en temps de justice. Rithy Panh face à DuchMaria StavrinakiLa préhistoire au présent. Remarques sur l'historicité de l'art contemporain

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Les Lundis du CRH autour de l'ouvrage de Jean Baumgarten

Débat - Lundi 05 mars 2018 - 15:00Le corps humain fut longtemps considéré comme un objet d’étude secondaire. Or les textes de la tradition juive comprennent un ensemble impressionnant de références portant sur les réalités somatiques qui, toutes, nous montrent que l’être humain est un monde en miniature.L’ouvrage foisonnant de Jean Baumgarten, en s’appuyant sur l’analyse de sources juives mises en regard avec des textes issus d’autres traditions religieuses et philosophiques, montre comment les discours juifs sur le corps se sont formés, développés et transformés, depuis la Bible jusqu’au XVIIIe siècle. Leur étude donne accès aux valeurs, aux codes culturels, et éclaire tout particulièrement les controverses entre les différents courants religieux qui particularisent le judaïsme.En marge des conceptions sur la prééminence de l’âme, cette synthèse inédite des représentations du corps humain nous permet d’accéder à la compréhension des catégories légales, des principes philosophiques, des normes morales et des idées mystiques propres à la religion et à la culture juives. Le débat autour de cet ouvrage sera animé par Béatrice Delaurenti, en présence de l'auteur Jean Baumgarten et avec la participation de Natalia Muchnik (EHESS-CRH), Thierry Pillon (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne-Cetcopra) et Claudine Vassas (CNRS-LISST).Entrée libre

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Vie et mort des concepts

Rencontre - Lundi 28 mai 2018 - 14:00Comment naissent les idées neuves ? Comment les reconnaît-on ? Et comment s’imposent-elles et à qui ?A ces questions qui sont posées depuis longtemps, les philosophes, les historiens et leurs partenaires des autres sciences sociales ont apporté toute une gamm (...)(...)

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L’édition du Zohar (Mantoue, 1558) et la diffusion de la cabale

Colloque - Dimanche 27 mai 2018 - 09:00Parmi les trésors de la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle (AIU), à Paris, se trouve un exemplaire unique de la première édition du Zohar imprimé à Mantoue en 1558. Rédigé en araméen médiéval, le Sepher ha-Zohar (Livre de la Splendeur) est l’œ (...)(...)

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Régulations économiques et sociales au XXe siècle

Journée(s) d'étude - Mercredi 04 avril 2018 - 09:00Le XXe siècle a été celui de la régulation économique et sociale de très grande ampleur, à l’échelle tant nationale que transnationale. Cette journée d’étude, organisée par Paul-André Rosental (Sciences Po-ESOPP), en abordera des aspects centrau (...)(...)

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Dernière modification :
20/04/2018