Actus RSS

Actualités

Le corporatisme des marchands

Journée(s) d'étude - Mardi 19 septembre 2017 - 09:00Le colloque « Le corporatisme des marchands. Fonctions et mutations du commerce incorporé en Europe occidentale (fin XVIIe-début XIXe siècles) » aura lieu le mardi 19 septembre à l'EHESS (salle M.& D. Lombard) - 96 boulevard Raspail, 75006 Paris. Organisateurs : Laurence Croq (Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense)Nicolas Lyon-Caen (IHMC-CNRS)Mathieu Marraud (CRH-CNRS)Philippe Minard (Université de Paris 8-IDHES et EHESS)  Depuis longtemps sujet à controverses, le rôle des corporations dans la société d’Ancien Régime a depuis une quinzaine d’années été réévalué, en particulier pour ce qui concerne le processus de fabrication des biens manufacturés, dont l’organisation collective du travail a assurément permis la complexification technique. Concomitante de profondes mutations commerciales, l’incorporation des activités marchandes n’a pas (ou peu) fait l’objet d’une telle réflexion, et quand bien même cela a pu être le cas, on n’a guère examiné ses résonances concrètes dans les champs économiques, politiques et sociaux où elle se manifeste.Ce colloque voudrait donc poser la question du corporatisme marchand en interrogeant à la fois sa singularité, mais aussi ses affinités avec le corporatisme artisanal, c’est-à-dire envisager ses échelles d’intervention, de la ville au supra-national, de la confection à la commercialisation, de l’action économique à l’encadrement politique, de la discipline familiale à l’identité territoriale ou confessionnelle, etc. La multiplicité des communautés marchandes est-elle réductible à une essence commune qui transcenderait les contextes locaux ? Jouissant le plus souvent de monopoles sur l’écoulement des produits, ces communautés emportent-elles une catégorisation différente des hommes et des choses ? Afin de mieux rendre compte de ces diverses échelles, l’espace géographique envisagé intègre une dimension comparative entre différentes aires européennes, inégalement travaillées sous l’angle des économies incorporées (France, Allemagne, Europe du Sud).La réflexion pourrait suivre quatre axes majeurs : Le périmètre de l’incorporation marchande. Quels sont les gestes économiques, les normes, les comportements sociaux sujets à l’incorporation ? Quels sont les actes imputables à la corporation et qu’est-ce qui relève des choix propres de ses membres ?La relation réciproque qu’entretiennent les autorités, locales ou souveraines, avec les corporations. Quel est l’impact du travail de réglementation sur l’activité corporative, sur sa définition ? Et inversement, quel est l’impact d’une organisation corporative des marchandises sur ces pouvoirs ?Les relations entre corporations marchandes et artisanales. Sont-elles concurrentes ou complémentaires ? Comment s’organisent-elles dans l’espace ? Comment articuler les modèles économiques d’analyse des relations entre les marchands et les fabricants (Verlagssystem, domestic system…) avec l’évolution des valeurs et pratiques des communautés marchandes ?L’accès féminin à l’économie marchande. Comment la présence des femmes se formalise-t-elle dans l’appartenance à la corporation ? Quelles sont les différences avec le monde artisanal, aujourd’hui mieux connu sous cet angle du genre ?Il s’agit en somme d’examiner l’horizon de singularité du corporatisme marchand, le terrain exact de ses actions et de ses taxinomies sur la société d’Ancien Régime. Sans négliger la structuration des échanges économiques, nous souhaitons inviter à mieux prendre en compte toutes les autres dimensions du fait corporatif.  Programme et intervenants :09h30-10h00 : accueil introduction10h00-10h30 : Guillaume Foutrier (IDHES) : "L’attribution du travail aux uns et du trafic aux autres, tel est l’ordre du Commerce : enjeux et réalités de la séparation du commerce et de la fabrique dans le système corporatif (Rouen, XVIIe-XVIIIe siècles)"10h30-11h00 : Laurence Croq (Université Paris Nanterre-CHISCO) : "Fabriquer ou vendre? Les combinaisons du travail artisanal et marchand dans les communautés de métiers parisiennes au XVIIIe siècle11h00-11h20 : discussion11h20-11h40 : pause11h40-12h10 : Agustín Gonzalez-Enciso (Universidad de Navarra) : "Merchant corporatism in eighteenth Century Spain and the Five Great Guilds of Madrid"12h10-12h30 : discussion14h00-14h30 : Guillaume Garner (Ecole Normale Supérieure de Lyon) : "Corporatisme marchand et production de marchandises : le cas de Mayence dans la seconde moitié du XVIIIe siècle"14h30-15h00 : Nicolas Lyon-Caen (CNRS-IHMC) : "La bonneterie parisienne : entre segmentation corporative et continuités professionnelles"15h00-15h20 : discussion15h20-15h40 : pause15h40-16h10 : Emilie Fiorucci (Institut Européen de Florence) : "La mercerie vénitienne aux XVIe-XVIIe siècles, entre projet hégémonique et résistances artisanales"16h10-16h40 : Mathieu Marraud (CNRS-CRH) : "Incorporer : capture et consolidation des droits parmi les métiers marchands parisiens"16h40-17h00 : discussion17h00-17h30 : Philippe Minard (Université Paris 8-IDHES-EHESS) : conclusion-discussion générale

Lire la suite

Rencontre avec Dorothea von Mücke, Columbia University

Compte-rendu - La table ronde avec l’historienne Dorothea von Mücke était organisée autour de son livre The Practices of Enlightenment. Aesthetics, Authorship, and the Public, paru chez Columbia University Press, en 2015. Dans le cadre des échanges PSL-Columbia, l’historienne Dorothea von Mücke (Columbia) a présenté son dernier ouvrage aux étudiants de PSL et de l’Institut d’histoire allemand à Paris lors d’une table ronde organisée jeudi 22 juin à l'EHESS à l’initiative de Dinah Ribard (EHESS-CRH-Grihl) et de Gisèle Sapiro (EHESS-CESSP-CSE).Comme son titre le laisse deviner, The Practices of Enlightenment. Aesthetics, Authorship, and the Public (2015) montre le rôle décisif joué au dix-huitième siècle par les pratiques de débat ou d’écriture dans la transformation de catégories de pensée aussi essentielles que le goût, l’auteur et le public. L’ouvrage met en évidence les fondements religieux de ces catégories, déplaçant ainsi le regard historien de l’héritage des Lumières vers leurs origines.Après un exposé de Dorothea von Mücke revenant sur les principales thèses de l’ouvrage et une discussion du livre par Thibault Debail (doctorant, EHESS-CRH), Dinah Ribard et Gisèle Sapiro, notre invitée s’est prêtée avec enthousiasme à un échange en réponse aux questions des participants. Ont ainsi été abordés plusieurs thèmes, comme celui de l’écriture autobiographique au siècle des Lumières avec les figures célèbres de Jean-Jacques Rousseau et de Johann Wolfgang von Goethe ou celle, moins connue, de la paysanne Johanna Eleonora Petersen. La conversation a aussi permis d'aborder de manière critique le modèle habermassien de la sphère publique et d'éclairer l’affirmation au cours de la période d'un courant néo-humaniste séculier. Antoine Lilti (EHESS-CRH) a quant à lui situé le livre dans son contexte historiographique, rappelant en outre les questions de méthode qu’il soulève.Compte-rendu par Thibault Debail

Lire la suite

L'un et le tout

Journée(s) d'étude - Jeudi 22 juin 2017 - 09:30Dans la lignée des grands rendez-vous scientifiques qu'il a initiés par le passé (sur les thèmes du Transnational, du Contexte), le CRH organise un grand forum de débat qui se tiendra les 22 et 23 juin. Animée par les membres, groupes et équipes du laboratoire, cette rencontre souhaite offrir une plateforme de réflexion sur les multiples manières de travailler la matière historique au sein du CRH, à la fois en distinction et en écho des enjeux historiographiques du temps présent. C'est pourquoi le thème retenu cette année, sous l'intitulé « L'un et le tout », veut questionner les relations déployées entre unicité et totalité, donnée et série, individualité et collectivité, au sein des multiples méthodes, terrains et conclusions que nos travaux mettent en œuvre. C'est là l'occasion, en confrontant les approches, d'exposer toutes les richesses interprétatives nourries par le laboratoire.

Lire la suite

Hommage d'Arlette Farge à Pierre Laborie

Hommage - Pierre Laborie, directeur d'études de l’EHESS est décédé le 15 mai 2017, à l'âge de 81 ans.Spécialiste de l'« histoire de l'imaginaire social » pendant la seconde guerre mondiale, il avait été élu directeur d'études à l'École en 1998 sur un projet portant sur « La construction de l'événement ».OuvragesRésistants vichyssois et autres. L’évolution de l’opinion dans le Lot de 1939 à 1944, Paris, Editions du CNRS, 1980, 395 p.L’opinion française sous Vichy. Les Français et la crise d’identité nationale, 1936-1944, Paris, nouvelle édition, Points Histoire, Le Seuil, 1990, réédition augmentée 2001, 448 p.Français des années troubles : de la guerre d’Espagne à la Libération, Paris, Desclée de Brouwer, 2001, 265 p.Les Français des années troubles : De la guerre d’Espagne à la Libération, nouvelle édition augmentée, Points Histoire, 2003, 288 p.Les Français sous Vichy et l’Occupation, Toulouse, Les Essentiels, éditions Milan, 2003, 64 p. (réédition 2012)Les mots de 39-45, Toulouse, Presses Universitaires du Midi, 2006, 128 p.(avec François Icher) Ils ont su dire non. Paroles de résistants, Paris, Editions de la Martinière, coll. Histoire des sociétés, 2008.(avec Denis Peschanski et Jean Quillien), Guerre mondiale, guerre totale, Paris, Gallimard, 2010, 173 p.Le chagrin et le venin. Occupations, résistance. Idées reçues, Paris, Gallimard, coll. Folio Histoire, 2014(dir.) (en collaboration avec Jean-Marie Guillon), Mémoire et histoire. La Résistance, Toulouse, Privat, 1995.(dir.) (en collaboration avec Patrick Cabanel) Penser la défaite, éditions Privat, Toulouse, 2003, 318 p.(dir.) (en collaboration avec François Marcot), Comportements collectifs en France et dans l'Europe allemande. Historiographie, normes, prismes (1940-1945), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015(dir.) (en collaboration  avec Jacqueline Sainclivier, Jean-Marie Guillon), Images des comportements sous l'occupation, Rennes, Pesses Universitaires de Rennes, 2016, 258 p. Hommage d'Arlette Farge à Pierre LaborieEvoquer Pierre Laborie qui vient de nous quitter et avec lequel j’ai eu la chance de diriger un séminaire commun à l’EHESS « Construction et réception de l’événement (XVIIIe-XXe siècles) » pendant sept ans (1996-2003), c’est tout d’abord exprimer une vive émotion et une grande tristesse. Il n’y avait rien de commun entre le siècle des Lumières et le régime de Vichy, pourtant nous nous sommes réunis (sur une idée de Nicole Loraux) avec l’intense conviction, qu’apprendre, c’est apprendre autrement. Avec Pierre Laborie, nous partagions semaine après semaine des regards croisés sur des interrogations communes, et des questionnements sur la manière d’étudier le passé. Pierre Laborie, homme si sensible, cherchait alors à bousculer les idées reçues, ce confort intellectuel des vulgates multiples qui l’entouraient alors, notamment à propos du « politiquement mémoriel » faisant croire que la France sous l’Occupation aurait été toute entière plus ou moins d’accord avec la collaboration. Ainsi avons-nous travaillé sur la mémoire, le tranchant de l’événement, le sens du silence, les pensées multiples et tant d’autres choses. Mais on ne peut parler de ce séminaire sans évoquer l’ambiance qui y régna : les étudiants y étaient fort nombreux et passionnés. Devenus « grands » aujourd’hui, ils m’en parlent encore, se disant marqués par cette aventure intellectuelle, étonnante, innovante, bousculant tous les stéréotypes et les idées reçues. Je veux aussi parler de Pierre Laborie : son intense sensibilité, son exigence profonde, son sens de la nuance, son désir de vérité ne l’empêchaient pas de pourfendre les évidences, et de trouver, dans les interstices des événements les plus ordinaires, des sens nouveaux et éclairants. Il faisait cela avec humour, tendresse, et aussi une grande conviction. Transmettre aux plus jeunes était sa plus grande joie, et le séminaire ressemblait parfois à un tourbillon de questionnements aidants à penser le réel, à se loger dans l’infinie complexité des comportements. Dans cet heureux travail  de déconstruction, le séminaire tout entier était partageur et très aimé. Un de ses étudiants qu’il avait formé (alors qu’il n’avait pas le bac) aimait à dire : « Il nous conduit vers notre propre intelligence. Il travaille avec notre imaginaire et y confronte son savoir. Avec humour souvent car il était taquin ».De lui, avec lui, j’ai énormément appris, autant sur le plan humain qu’intellectuel et ce travail en commun m’emmena sur des chemins nouveaux. Je les lui dois. Je n’oublie pas qu’il fut l’objet de contestations et d’oppositions. J’ai su les blessures qu’il ressentit de n’être pas toujours compris. Cela n’abîmait jamais son enthousiasme pour transmettre et écrire. Notre grande amitié prit place dans ce contexte unique.De Pierre Laborie, je ne veux rien oublier, tant il fut un exemple et un être d’affection.

Lire la suite

Pourquoi faire une thèse d’histoire aujourd’hui ?

Appel à communication - Dimanche 16 juillet 2017 - 18:00« Que fabrique l’historien, lorsqu’il « fait de l’histoire » ? À quoi travaille-t-il ? Que produit-il ? Interrompant sa déambulation érudite dans les salles d’Archives, il se détache un moment de l’étude monumentale qui le classera parmi ses pairs et, sorti dans la rue, il se demande : Qu’est-ce que ce métier ? », Michel de Certeau, « L’opération historiographique », L’écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, 1975, p. 77.Que fabrique le doctorant, lorsqu’il « fait sa thèse d’histoire » ? pourrions-nous nous demander à notre tour. Michel de Certeau propose de considérer l’histoire comme une « opération », c’est-à-dire « la combinaison d’un lieu social, de pratiques “scientifiques” et d’une écriture », i.e. « le rapport entre une place (un recrutement, un milieu, un métier, etc.), des procédures d’analyse (une discipline) et la construction d’un texte (une littérature). »[1] Un groupe de doctorants du CRH invite ses collègues à réfléchir sur ces questions qui intéressent - et rassemblent - tous les doctorants du CRH, et de l’EHESS.Si le CRH a fait l’objet d’enquêtes historiques et réflexives (notamment en 2005 pour le cinquantenaire[2]), l’implication des doctorants en son sein a reçu quant à elle moins d’attention. Or, le CRH compte à ce jour 178 doctorants inscrits, qui appartiennent à la fois au plus grand laboratoire d’histoire et à la plus grande école doctorale de France[3]. Aujourd’hui, la place des sciences sociales et des chercheurs dans la société fait l’objet de réflexions renouvelées, à l’instar du doctorat dont les formes et les exigences évoluent rapidement. Les chercheurs du CRH et de l'École, dans leur grande diversité, privilégient les approches ouvertes, transversales et interdisciplinaires et partagent une pensée et une pratique, dont le recoupement mérite par ailleurs d’être interrogé. Il nous appartient, en tant que doctorants, de nous interroger sur notre inscription dans ce lieu.Le projet est donc d’engager une réflexion commune et un débat collectif autour de la question : « pourquoi faire une thèse d’histoire aujourd’hui ? », à la croisée de ces trois fronts : institution, doctorat, société. Les présentations courtes, d’une dizaine de minutes, sur la manière dont chacun d’entre nous - dès la première année de doctorat -  appréhende ses recherches, feront émerger différentes visions de l’histoire dont il s’agira de débattre. Plusieurs conceptions de la recherche historique peuvent coexister, converger, voire s’affronter. De façon non limitative, nous suggérons ici des thématiques variées qui peuvent nourrir la trame de cette journée : une conception militante, une position plus scientiste, une volonté d’ancrage dans des questions d'actualité, la nécessité de l’autonomie de la recherche historique, ou encore un questionnement conjoint de l’utilisation de concepts dans le débat public et les sciences sociales, etc. Cette journée, dont nous souhaitons souligner le caractère proprement expérimental, fera apparaître des points de rassemblement et de fracture à partir de la multiplicité de nos expériences. Ce sera l’occasion d’envisager l’émergence d’une voix commune qui aurait vocation à se constituer en programme théorique potentiel. C’est un premier pas dans l’affirmation de notre génération de doctorants du CRH. A nous aussi de tenter l’expérience ! Modalités de soumission des propositionsPour préparer le programme de cette journée, nous vous remercions de bien vouloir nous envoyer par mail (quefabriqueledoctorant@gmail.com), le 16 juillet 2017, au plus tard, vos propositions sous la forme d’un fichier comprenant un bref résumé de la communication (une demi-page argumentative), avec vos nom, prénom, adresse électronique, sujet de thèse et directeur de recherche. La journée est prévue en janvier 2018. Les courtes présentations seront suivies de discussions modérées par des chercheurs du CRH. N’hésitez pas à nous faire part de vos questionnements, idées ou remarques. Pour information, le comité d’organisation de cette première « journée des doctorants du CRH » est composé de quatre doctorants du laboratoire : Aliénor Cadiot, Sarah Claire, Gabriela Goldin et Romain Trichereau.___________________________________________________________________________________________________[1] Michel de Certeau, « L’opération historiographique », L’écriture de l’histoire, Gallimard, 2002, [1975], p. 78-79.[2] « Pour une histoire de la recherche collective en sciences sociales. Réflexions autour du cinquantenaire du Centre de recherches historiques », Cahiers du Centre de recherches historiques, n°36, 2005. On peut également se référer au grand nombre d’écrits sur l’école des Annales. Voir par exemple les articles à l’occasion des anniversaires de la revue, notamment Fernand Braudel, « Les “nouvelles” Annales », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1969, vol. 24, n° 3, p. 571, et Jacques Revel, « Histoire et sciences sociales : le paradigme des Annales », Annales. ESC, 1979, vol. 34, n°6, p. 1360-1376.[3] L’école doctorale 286 compte à ce jour 1592 doctorants.

Lire la suite

Le logement comme lieu de persécutions anti-juives dans les villes européennes, 1933-1945

Appel à communication - Lundi 03 juillet 2017 - 18:00Conférence internationaleAmerican University of Paris (January 11 and 12, 2018) Co-organisée par :Le George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention, American University of ParisLe Centre de Recherches Historiques (EHESS-CNRS)L'Institut de Sciences sociales du Politique, Université Paris Nanterre-ENS Paris Saclay-CNRSComité d’organisation : Isabelle Backouche (EHESS-CRH), Eric Le Bourhis (FMS-ISP), Shannon Fogg (Missouri S&T), Sarah Gensburger (CNRS-ISP), Constance Pâris de Bollardière (AUP), Brian Schiff (AUP). L’histoire de la Shoah a récemment emprunté des concepts et outils à la géographie. Deux publications ont marqué ce tournant spatial  : Geographies of the Holocaust (Knowles et al. 2014) et Hitler’s Geographies (Giaccaria and Minca 2016). Ces dernières études locales et spatiales se sont cependant presque exclusivement concentrées sur les lieux d’exécution, les camps et les ghettos. Elles se sont peu tournées vers les villes « ordinaires » de l’Ouest et du Sud-Est de l’Europe dans lesquelles les persécutions se déroulèrent dans l’espace de manière plus diffuse. Or, les persécutions anti-juives ne se limitèrent nullement à des espaces conçus et transformés tels que les camps et les ghettos, mais envahirent l’ensemble de la vie quotidienne dans les villes européennes : les espaces publics, les lieux de travail et les espaces privés tels que les logements. Dans ce paysage du quotidien, circulent non seulement des Juifs et des agents de la persécution mais également tout l’environnement résidentiel des victimes : concierges, voisins, nourrices, propriétaires, gérants immobiliers, sous-locataires, administrations locales etc. Bien que l’historiographie ait peu souligné de telles interactions, ces derniers acteurs occupent une place centrale dans la mémoire des rescapés juifs. Le tournant spatial qui touche depuis une quinzaine d’années le monde anglophone de la recherche sur la Shoah s’est concentré sur les lieux symboliques du génocide. De nombreux travaux ont certes été réalisés sur les saisies et réaffectations d’appartements occupés par des Juifs ainsi que sur les spoliations, le plus souvent dans les villes du Reich, mais les immeubles et villes ordinaires en tant que lieux de persécutions, les interactions entre voisins Juifs et non-Juifs ainsi que d’autres aspects spatiaux restent à explorer. Des contributions récentes ont ouvert ce nouveau terrain de recherche et sont à l’origine de cette conférence.Ce colloque souhaite articuler plusieurs perspectives et méthodes concernant le logement urbain et les persécutions anti-juives. Nous espérons rassembler des chercheurs en sciences sociales issus de plusieurs disciplines afin de confronter diverses approches et études de cas, qu’il s’agisse de villes du Reich comme de villes occupées d’Europe occidentale ou orientale. Inspirée par les recherches récentes sur le cas parisien, cette conférence portera en partie sur les saisies et réaffectations d’appartement des Juifs de la capitale française mais ne se restreindra pas à ces questions.Nous invitons les chercheurs à nous faire part de propositions d’une page pour des contributions portant sur les sujets suivants :la relation entre les persécutions et les politiques de logement / l’aménagement urbain ;les bénéficiaires des spoliations des appartements occupés par des Juifs ;les interactions entre Juifs et non-Juifs autour de la saisie des logements, de leur réaffectation ou de leur restitution après la libération ;la question du logement dans les expériences individuelles (l’usage de témoignages tels que ceux de la Visual History Archive sont les bienvenus) Modalités de soumission et calendrierLes propositions sont à envoyer à : cparisdebollardiere@aup.edu and ericlebourhis@hotmail.com, avant le 3 juillet 2017. Les réponses seront données aux candidats le 20 juillet.Les demandes de soutien financier pour les participants ne résidant pas en région parisienne seront étudiées.

Lire la suite

Enquêter sur les réputations

Journée(s) d'étude - Lundi 26 juin 2017 - 09:30Les réputations structurent l’expérience individuelle et collective du monde social, en particulier au sein d’univers fortement soumis aux enjeux de confiance des pairs, de distinction et de singularisation, de notoriété et de célébrité, ou encore de neutralisation des rumeurs. Cet objet, souvent présent au cœur de nos travaux sans être nécessairement thématisé, constitue une base stimulante de discussion interdisciplinaire.Cette journée, réunissant 19 sociologues, historiens et politistes, permettra d’aborder les questions suivantes : quels outils et méthodes mobiliser pour enquêter sur les phénomènes de réputation ? Comment cet objet peut-il éclairer le fonctionnement d’espaces sociaux marqués par de forts enjeux symboliques ? Quels sont les usages possibles de la réputation comme ressource ou comme stigmate, selon quelles contraintes, à quel prix et pour quel gain ?Accès libre

Lire la suite

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

Le chiffre et la carte

Colloque - Jeudi 21 septembre 2017 - 09:00Les réseaux latino-américain et européen ont eu peu d’occasions d’entrer en relation. L’un des objectifs du colloque est précisément de connecter les réseaux continentaux ou subcontinentaux de chercheurs travaillant sur le chiffre et la carte. Et de le f (...)(...)

Lire la suite

Calendriers d'Europe et d'Asie

Journée(s) d'étude - Mercredi 04 octobre 2017 - 09:30Alors que l’aspect astronomique et mathématique du calendrier des grandes civilisations est relativement bien connu, le calendrier manuscrit ou imprimé, utilisé au quotidien pour « habiter le temps », a été peu étudié pour lui-même, que ce soi (...)(...)

Lire la suite

Travail de care et genre

Journée(s) d'étude - Jeudi 14 septembre 2017 - 09:30Définissant les contours d’un travail subalterne fondé sur des relations de proximités relationnelles et de moindre reconnaissance salariale, Pascale Molinier laisse entrapercevoir la richesse heuristique de la mobilisation du concept de care p (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRH UMR 8558

EHESS
54, boulevard Raspail
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 49 54 24 42

Dernière modification :
22/09/2017