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Les Cafés-débats internationaux de l'EHESS : « Bilan et perspectives après quatre ans sous Bolsonaro »

Débat - Lundi 21 novembre 2022 - 13:00Au printemps 2022, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) a lancé les « cafés-débats internationaux ». Ouverts à tous et gratuits, ces rendez-vous récurrents ont pour ambition d’observer et d’analyser une actualité internationale, de chercher à l’anticiper et d’offrir aux publics, par la confrontation des points de vue de chercheurs du monde entier et issus de différentes disciplines des sciences sociales, une ouverture pertinente sur la complexité et la diversité du monde.Autour d’un café, dans une atmosphère conviviale et en proximité avec les intervenants, les participants, des plus initiés aux simples curieux, sont invités à vivre et faire vivre un débat organisé en trois temps :une introduction et contextualisation du débat avec les chercheurs invités ;une discussion-débat avec le public animée par un modérateur ;un moment d’échange informel et de convivialité (pause-café) avec l’ensemble des participants.Ainsi, ces « cafés-débats internationaux » permettent non seulement la diversité de points de vue et le décentrement des regards, mais également la proximité de tous les publics avec les meilleurs spécialistes et la possibilité d’ouvrir la réflexion avec des interlocuteurs variés, tant dans leur approche que dans leurs savoirs. « Bilan et perspectives après quatre ans sous Bolsonaro. Conflits fonciers et droits de l'Homme au Brésil »Lundi 21 novembre 2022, 13h-15h30, au Faculty Club - Campus CondorcetLa prochaine édition des « cafés-débats internationaux » aura lieu lundi 21 novembre, de 13h à 14h30 au Faculty Club du Campus Condorcet (3, cours des Humanités - 93322 Aubervilliers) où un public large sera en interaction directe avec les intervenants :Carmen Alveal, professeure associée au Département d'histoire de l'Université fédérale de Rio Grande do Norte, au Brésil. Elle est spécialiste de l'histoire sociale de la propriété avec un focus particulier sur le Brésil. Elle est titulaire d’un doctorat en histoire réalisé à l’Université Johns Hopkins (2007). Elle a récemment publié (2022) l’ouvrage Senhorios Coloniais: direitos e chicanas forenses na formação da propriedade na América Portuguesa (Colonial Landlords: Forensic Rights and Chicanas in the Formation of Portuguese America). Au cours de l’année universitaire 2022-2023, elle sera chercheuse invitée à l'Université Brown (États-Unis) et elle est actuellement professeure invitée à l’EHESS.Avec le participation de :Paul Fabie, doctorant en ethnologie au Centre de recherches du Brésil colonial et contemporain (CRBC - Mondes Américains), sous la direction de Véronique Boyer. Sa thèse porte sur les conflits fonciers qui opposent une population Guarani, les Paĩ Tavyterã/Kaiowa et les producteurs de soja à la frontière entre le Mato Grosso du Sud au Brésil et le département d’Amambay au ParaguayFelipe Freller, titulaire d'un doctorat (2020) en sciences politiques de l'université de São Paulo (USP) et de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Felipe Freller est actuellement chercheur-post-doctorant au département de philosophie de l’Université Fédérale de São Carlos (Brésil), il est accueilli depuis novembre 2022 pour un séjour de recherche au Cespra (EHESS)Felipe Linden, doctorant en Études politiques au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (Cespra) à l'EHESS, sous la direction de Frédéric Brahami et de Jean-Claude Monod. Son sujet porte sur le peuple comme sujet politique : analyse critique de la notion de populismeCarolina Rezende, doctorante au Centre de recherches historiques (CRH) à l’EHESS sous la direction de Sabina Loriga. Son sujet de thèse porte sur les victimes de la dictature militaire brésilienne, le statut d’amnistié politique et les mobilisations pour une reconnaissance sociale au BrésilModératrice du débat :Claudia Damasceno Fonseca, directrice d'études à l'EHESS, membre de l'UMR Mondes américains et du Centre de recherches sur le Brésil colonial et contemporain (CRBC) À propos du programme Professeurs invitésInitié par l’EHESS, ce moment de rencontre donne à voir ce que permet l’ambition du « programme professeurs invités » qui est propre à l’établissement.Ce dernier, participant fortement au rayonnement international de l’École répond à trois objectifs :contribuer à la diversité de l'offre d'enseignement de l'École. Chaque invité anime au moins quatre séminaires pendant son séjour et prend part à la vie scientifique de l’École et du laboratoire d’accueil ;contribuer au développement des réseaux internationaux de l’École ;proposer aux étudiants de l’EHESS un dialogue scientifique avec des enseignants-chercheurs du monde entier.Découvrir les professeurs invités en 2022

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La communication informelle dans les sociétés occupées La recherche de sens dans les sociétés en guerre (Seconde Guerre mondiale et sorties de guerre)

Colloque - Mercredi 23 novembre 2022 - 14:00Dans toute l’Europe, la Seconde Guerre mondiale a profondément modifié les paysages communicationnels. La guerre et l’occupation ont mis à mal les sources d’information et les sphères publiques établies, tandis que des régimes dictatoriaux ont mis en œuvre des degrés de censure, de propagande et de surveillance sans précédent pour restreindre, modeler et (ré)orienter l’opinion publique. Les informations fiables et vérifiables sont devenues rares. L’Europe occupée est devenue un terrain propice à l’émergence de canaux d’information alternatifs et informels, dans lesquels les rumeurs, les commérages et les récits exagérés et fictifs (tall tales) ont contribué à façonner les actions des individus et leur sens de la réalité.Adoptant une approche interdisciplinaire et transnationale, cet atelier, organisé par Caroline Mezger, Manuel Mork, Florent Brayard, Alexandre Bibert et Jürgen Finger, explore le rôle de la communication informelle dans les sociétés européennes, tout en prenant en compte sa relation avec les communications officielles de l’État »d’en haut« et son ancrage dans des réalités sociales particulières »d’en bas«. Il s’agit de comprendre comment les individus ont donné un sens à une situation en constante évolution, souvent menaçante, en adaptant leurs pratiques de communication et d’interprétation.Si vous souhaitez participer à l’événement en ligne, merci de vous inscrire à travers les liens ci-dessous:Lien zoom pour le 23.11.2022Lien zoom pour le 24.11.2022Lien zoom pour le 25.11.2022En savoir plus

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Res(t)ituer les adresses des almanachs et annuaires commerciaux parisiens du XIXe siècle

Journée(s) d'étude - Jeudi 10 novembre 2022 - 09:30Les almanachs, annuaires ou autres types de publications proposant des listes d’adresses de commerçants, fabricants, industriels, etc. centrées sur un espace urbain donné est un genre en pleine expansion au XIXe siècle. Ces ouvrages collectionnent et intègrent une masse d’informations qui ne cesse d’augmenter et de se diversifier tout au long de la période. Ils connaissent une diffusion croissante et un succès public et commercial illustrés par le passage dans le langage commun du nom Bottin.Ce phénomène éditorial profite de la diffusion et de la démocratisation de l’imprimé. Il est l’un des théâtres de la mise en pratique de multiples innovations techniques, éditoriales et commerciales dans un contexte alternant des phases d’expansion, de forte concurrence et de crise du livre.Ces ouvrages constituent aussi et surtout de véritables objets spatiaux et sociaux qui témoignent de l’évolution de la société du XIXe. Les ensembles de référence spatiales indirectes qu’ils contiennent (les adresses et localisations en tout genre) accompagnent et décrivent le développement des villes – notamment celle de Paris – , et l’augmentation de leur population. Ils exposent de manière fine les concentrations et les évolutions du commerce, de l’artisanat et de l’industrie, tout en témoignant d’une “démocratisation” de la société dans son ensemble.L’exploitation de ces informations de localisation en grand nombre constitue une source privilégiée pour étudier sur le long terme l’évolution des dynamiques sociales en contexte urbain, qui plus est à différentes échelles et niveaux d’observation et d’analyse.Un tel projet ne peut toutefois être envisagé sans être accompagné d’une étude critique de l’ensemble documentaire ainsi réuni, et d’une véritable évaluation de la nature, de la qualité et de la complétude des données numériques que l’on peut extraire – de manière automatisée – de cet ensemble et, in fine, de celle des informations et des espaces urbains véritablement décrits par cette source éditoriale de première main.L’objet de la journée-atelier du 10 novembre est de faire un premier bilan de l’ensemble de ces questions à l’aune des premières exploitations de ce corpus.

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Les Lundis du CRH autour de l'ouvrage de Christian Jouhaud : Le Siècle de Marie Du Bois. Écrire l'expérience au XVIIe siècle

Débat - Lundi 7 novembre 2022 - 14:00Comment penser et écrire une histoire de l’expérience de vivre ? Telle est la question posée par Christian Jouhaud (CRH-GRIHL) à partir de « l’espèce de journal » tenu pendant trente ans par Marie Du Bois, gentilhomme du Vendômois, valet de chambre des rois Louis XIII et Louis XIV. Cet écrit singulier surprend d’abord par la difficulté de lui trouver un statut : ce n’est ni un livre de raison, ni une autobiographie, ni un journal spirituel, ni une histoire, et pourtant il peut être abordé sous tous ces aspects.Il ne s’agit pas non plus d’une histoire de vie, mais d’une histoire des expériences d’un homme « ordinaire » en ses territoires de vie. Le je de Du Bois, qui s’exprime continûment, ne sert en effet aucun épanchement autobiographique, mais, de page en page, il permet de comprendre l’itinéraire de l’intériorisation des normes et des contraintes par quelqu’un qui a confié à l’activité d’écrire régulièrement la représentation de sa vie comme action. L’exercice pourrait sembler futile, ou mineur, si l’événement politique ne venait pas brutalement fracasser la mécanique diariste, finissant par politiser l’écriture, par exemple dans l’expérience intime de signes de désordre, comme pendant la Fronde, qui menacent la lisibilité d’un monde dont l’ordre est la valeur cardinale.Depuis la chambre du roi et la campagne du Vendômois sont ainsi revisités les rapports entre local et national au XVIIe siècle, l’histoire politique de l’État, l’histoire anthropologique de l’acte d’écrire et de transmettre par l’écriture, inscrivant, dans le siècle de Louis XIV, un siècle de Marie Du Bois.Le débat sera animé par Raphaêl Morera, en présence de l'auteur, avec la participation Elie Haddad (RHISOP), Tiphaine Samoyault (CRAL) et Luc Daireaux (Collège Sévigné/LEM). Le Siècle de Marie Du Bois. Écrire l'expérience au XVIIe siècle, Christian Jouhaud, Seuil, 2022

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Federico Del Giudice, accessit du prix de thèse 2021 de l'EHESS

Prix et distinctions -Federico Del Giudice a reçu l'accessit du prix de thèse 2021 de l'EHESS pour sa thèse « L’étranger face à la naissance de la protection sociale : étude de l’action en justice des travailleurs italiens en France et en Argentine dans l’entre-deux-guerres », sous la direction en cotutelle d'Alessandro Stanziani et Ilaria Pavan.  L’EHESS a également remis le prix de thèse 2021 de l’EHESS à Cécile Petitdemange pour sa thèse « Bricoler au rythme du politique : l'ambivalence des islams au Tchad », et le prix du meilleur mémoire 2021 en vue du Diplôme de l’EHESS à Michel Périllat pour son mémoire « De l’adhésion à la Révolution nationale au non-consentement. Itinéraire d’un notable sous le régime de Vichy (Haute-Savoie 1941-1944) ». Comment résumeriez-vous votre thèse en quelques lignes ?Ma thèse porte sur les droits sociaux des travailleurs italiens résidant en France et en Argentine pendant l’entre-deux-guerres. À cette époque, ces deux pays représentent les deux principales destinations de l’émigration italienne - les États-Unis ayant décidé de réduire les flux migratoires au début des années 1920 - et sont marqués par l’introduction d’un grand nombre de droits sociaux en matière d’accidents du travail, chômage, maladie, etc. L’objectif est de voir quels sont les critères d’inclusion et/ou d’exclusion des étrangers dans ces nouveaux systèmes de protection sociale et, surtout, de voir de quelle manière les étrangers revendiquent l’inclusion dans ces nouveaux droits.La thèse peut être divisée en deux parties principales. Dans la première, j’adopte une perspective d’en haut, en menant une comparaison des normes adoptées dans les deux contextes, ainsi que de la législation internationale qui se développe à partir de la Grande Guerre en matière de migrations et de droits sociaux. En effet, au début du XXe siècle, la manière d’inclure les étrangers dans la législation sociale peut varier beaucoup d’un pays à l’autre. Les droits sociaux sont utilisés comme des leviers pour favoriser certaines typologies de migrations en fonction des priorités économiques, politiques et/ou sociales.Dans la deuxième partie de la thèse, j’opère un jeu d’échelle en adoptant davantage une méthodologie microhistorique. Dans les derniers chapitres, en effet, j’ai examiné des contentieux judiciaires entre des travailleurs étrangers et leurs employeurs afin d’analyser la manière dont les étrangers s’emparent des normes locales pour revendiquer l’accès aux nouvelles formes de protection sociale. Les sources judiciaires permettent d’étudier le droit en action, c’est-à-dire de saisir la manière dont les acteurs utilisent le langage du droit pour parvenir à améliorer leur condition socio-économique. Les documents produits par les tribunaux nous permettent en outre de reconstruire les liens qui entourent les travailleurs, afin d’analyser les différentes formes de solidarité mobilisées dans l’arène judiciaire.  Pourquoi avoir choisi ce sujet de thèse ?Les migrations internationales et la crise des modèles de protection sociale sont deux phénomènes qui ont profondément marqué l’Europe au cours des dernières décennies. Ces deux thématiques ont largement polarisé le débat public et politique, et les sciences sociales se sont ainsi interrogées autour de la relation qui existe entre les flux migratoires et les systèmes de welfare state.Je souhaitais donc étudier la multiplicité d’imbrications possibles entre ces deux phénomènes dans des contextes différents, à l’époque où naît la protection sociale et où les migrations internationales ont désormais gagné une dimension de masse.  Comment avez-vous effectué vos recherches ?Pendant le doctorat, l’un des défis majeurs a été de parvenir à maîtriser la méthode de la comparaison. Les historiographies française et argentine ont souvent travaillé sur des questions et des problématiques très différentes. Dans une première période, j’ai donc étudié les bibliographies des deux pays, en les lisant à rebrousse-poil afin d’en tirer une image cohérente et capable de fournir des premières réponses à mes questions et, en parallèle, de faire émerger les silences historiographiques et méthodologiques.Ensuite, j’ai mené un travail similaire sur les sources primaires. J’avais commencé à enquêter sur les archives françaises et italiennes au cours de mon master, mais j’ai dû reprendre les documents étudiés pour répondre aux nouvelles questions qui émergeaient de la comparaison. Je me suis ensuite rendu en Argentine pour un séjour de recherche de trois mois en 2019. Les documents que je trouvais dans un pays me permettaient de lire d’une manière différente les sources étudiées dans l’autre. Quand la pandémie a éclaté en 2020, j’ai donc concentré mon effort sur la relecture des documents trouvés au cours des années précédentes, en essayant d’écrire une thèse cohérente, tout en montrant les différences profondes qui émergeaient de la comparaison des sources.  Quelle suite donner à votre thèse ?La langue d’écriture de la thèse est l’italien, alors que les thématiques traitées se réfèrent aux contextes français et argentin. Je compte ainsi faire connaître les résultats de mes recherches en dehors de l’Italie, d’abord en publiant des articles en anglais, français et espagnol et, ensuite, en traduisant une partie de la thèse en anglais, afin de publier une monographie pour le public international.En novembre et décembre prochains, je vais en outre conduire un deuxième séjour de recherche en Argentine grâce à un financement international dont j’ai été récemment le lauréat. Au cours de ce séjour, je compte approfondir l’analyse des archives argentines afin d’améliorer l’œuvre de comparaison en vue de la publication de ma thèse.  Racontez-moi votre parcoursMes études universitaires en histoire ont commencé à l’Université La Sapienza de Rome. À la fin de mon diplôme, j’ai commencé à étudier l’émigration politique des antifascistes italiens en France, ce qui m’avait amené à vouloir poursuivre mes études à Paris. Je souhaitais étudier le rôle des immigrés dans le syndicalisme français de l’entre-deux-guerres et, pour ce faire, j’avais envoyé un projet à Alessandro Stanziani, qui est ainsi devenu mon tuteur pour mon master en histoire au sein de l’EHESS.Les années passées à l’EHESS ont été une période incontournable de formation à la recherche en sciences sociales. Au cours de mon master, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de la protection sociale et à travailler sur les sources judiciaires. Vers la fin de mon master, j’ai donc rédigé un projet de thèse où je proposais d’étudier les droits sociaux des travailleurs immigrés à travers leurs conflits judiciaires. J’ai ainsi été sélectionné par la Scuola Normale Superiore de Pise pour conduire un doctorat, élargi ensuite à l’EHESS dans le cadre d’une cotutelle. Mon parcours de doctorat s’est donc développé entre ces deux institutions, mais je dois également remercier l’Université Franco-Italienne, l’institution binationale qui gère la coopération scientifique entre les deux pays, qui a financé une partie de mes déplacements à travers une bourse Vinci. Pendant le doctorat, avec mes directeurs de thèse, nous avons décidé d’élargir la recherche à l’Argentine, où j’ai pu mener une période de recherche, heureusement avant que la pandémie n’empêche tout nouveau déplacement. Pendant le confinement j’ai donc commencé la rédaction de ma thèse, en utilisant le matériel que j’avais recueilli et celui que je pouvais trouver numérisé. Ma thèse est ainsi le résultat d’un long parcours qui s’est développé au fil des années et qui intègre des méthodologies et des approches apprises dans différents établissements universitaires, héritiers de traditions historiographiques et méthodologiques les plus diverses. 

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Gouverner les fleuves ? Eaux, savoirs et pouvoirs dans l’Europe moderne

Journée(s) d'étude - Vendredi 7 octobre 2022 - 10:00Organisation : Elisa Andretta (CNRS-LARHRA) et Raphaël Morera (CNRS-CRH).Les fleuves européens sont des objets d’histoire désormais anciens et légitimes. Leur importance économique et politique, voire stratégique et culturelle pour les sociétés du passé, est mise en valeur de longue date. Dans l’historiographie française, chaque fleuve bénéficie ainsi d’un regard spécifique. Le Rhin de Lucien Febvre (1935) constitue un jalon important dans sa capacité à confronter regards historique et géographique. Joël Le Gall, dans Le Tibre, fleuve de Rome(1952)s’attache quant à lui à mettre en perspective le rôle du Tibre dans l’essor de l’Urbs. L’évolution de l’historiographie des fleuves s’est par la suite modelée sur la différenciation progressive entre les deux approches jadis complémentaires de l’histoire et de la géographie. L’histoire des levées de la Loire de Roger Dion, parue en 1961, jette les fondements de la géo-histoire en s’attachant à comprendre les grandes étapes de construction du fleuve et de transformation du fleuve. De leur côté, les historiens ne se sont de nouveau emparés du sujet que dans les années 1990, certes par le prisme spatial, mais surtout par à la lumière des enjeux économiques et culturels. Les ouvrages d’Isabelle Backouche sur la Seine (2000) et de Jacques Rossiaud sur le Rhône (2007), incomparables dans leurs formes et leurs contenus, sont les marqueurs les plus frappants de cette évolution.Mais ces grands fleuves n’ont pas été passés au crible de l’histoire environnementale qui considère davantage les cours d’eau en tant que tels et moins comme des supports de l’activité humaine. Pour Donald Worster (1985), fleuves et rivières sont bien plus analysés comme des victimes subissant le développement des activités économiques humaines. Les besoins de l’industrie et de l’agriculture dégradent en effet fortement le fonctionnement des hydro-systèmes. De manière comparable à political ecology, l’histoire environnementale s’attache bien à saisir comment les sociétés ont modelé les hydrosystèmes et ce faisant, ont créé du risque. En ce sens, l’histoire des fleuves ne peut plus être une histoire de conquête et de domestication au service de la production, mais doit prendre en considération aussi le point de vue des cours d’eau eux-mêmes, à l’image des approches de Chloé Deligne (2016) ou de Milja van Tielhof (2021).L’ambition de cette journée d’étude consistera à confronter les acquis d’une histoire héritée aux enjeux posés non seulement par les défis environnementaux contemporains (Ingold 2012) mais aussi par des analyses historicisées du rapport à l’espace et à la nature à l’époque moderne (Besse (2003), Van Damme (2020)). Entre les XVIe et XVIIIe siècles, les fleuves prennent une importance politique nouvelle en ce qu’ils deviennent plus clairement non seulement des axes au sein de territoires économiques mais aussi des territoires de souveraineté. Ils deviennent des enjeux pour les États qui n’ont pas les moyens de les gouverner et ne les connaissent pas vraiment. Ils deviennent des enjeux pour les États qui saisissent de plus en plus leur importance économique, politique, symbolique, même s’ils n’ont pas toujours les moyens de les gouverner et de les contrôler. Il s’agira ainsi de comprendre comment les États s’approprient ces éléments naturels pour les intégrer dans leur domaine de compétences. Pour ce faire, nous nous interrogerons sur deux processus complémentaires qui ont un rôle décisif dans la transformation des fleuves en objets politiques  : la constitution de savoirs et techniques spécifiques liés aux fleuves et celle des fleuves en tant qu’objets de connaissance. Ces questionnements seront conduits par le croisement d’approches politiques, administratives, scientifiques et en accordant une attention particulière aux sources qui permettent d’écrire une histoire des cours d’eau, de leur gouvernement et de leur place dans l'ordre du monde à l’époque moderne. L’échelle européenne permettra d’apprécier la circulation des savoirs mais aussi des modèles de gouvernance.Consulter le programme

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Noblesse, féodalité, rapport à la terre : un questionnaire comparatif (XIVe-XIXe siècles) Noblesse, féodalité, rapport à la terre :

Colloque - Jeudi 6 octobre 2022 - 09:15Ces deux journées, organisées par Elie Haddad (RHISOP-LADEHIS-GRIHL), Valérie Piétri (Université Nice-Côte d'Azur, URMIS) et Antoine Roullet (GEI), proposeront un état comparatif de l’historiographie et des questionnements autour de la féodalité et des transformations du rapport à la terre dans la noblesse dans plusieurs pays européens (Angleterre, Espagne, France, Italie, Saint-Empire) de la fin du Moyen Âge au XIXe siècle. Il s’agira notamment de relire les débats abandonnés concernant la transition du « féodalisme » au « capitalisme » ou la « modernisation » sociale et économique plus ou moins aboutie des différents pays européens à l’aune des développements récents de l’histoire des noblesses et de l’histoire de la propriété.Ce colloque se veut le prélude à une recherche comparée collaborative de plus grande ampleur sur les changements de la féodalité, du régime seigneurial et du rapport à la terre de la noblesse, cette dernière étant comprise non comme une réalité homogène et posée a priori, mais comme un rapport social changeant dans l’espace et dans le temps.

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Journée(s) d'étude - Mercredi 14 décembre 2022 - 09:00PrésentationJournée d’études organisée par Constance Barbaresco (EHESS/CRH) et Samia Myers (Université de Strasbourg), soutenue par le Centre de recherches historiques (CRH), en partenariat avec la Ville de Cachan, l’Association des Amis Henr (...)(...)

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Les Lundis du CRH, autour de l'ouvrage de Laurent Joly, La Rafle du Vel d'Hiv. Paris, juillet 1942

Débat - Lundi 5 décembre 2022 - 14:00Les 16 et 17 juillet 1942, 12.884 femmes, enfants et hommes sont arrêtés par la police parisienne. 8.000 d'entre eux sont enfermés dans le Vél'd'Hiv. A partir des archives de la police et de l'administration, l'auteur retrace l'histoire de ces deux jours, res (...)(...)

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Repensar la ciudad iberoamericana. Construir el pasado y diseñar el futuro

Rencontres scientifiques - Mardi 22 novembre 2022 - 09:00L'Association ibéro-américaine d'histoire urbaine (AIHU), par l'intermédiaire du Comité d'organisation du IIIe Congrès ibéro-américain d'histoire urbaine, réunit des chercheurs et des universitaires qui contribuent au développement de l'ét (...)(...)

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Dernière modification :
29/11/2022