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Les vitrines de l’humanité. Questions aux musées d’anthropologie

Les vitrines de l’humanité. Questions aux musées d’anthropologie

ANNULATION - Mardi 17 mars de 18h-20h - Présentation d'un numéro de revue

Présentation

A l'occasion de la publication du numéro 6 de la revue Passés Futurs, le labex TEPSIS en collaboration avec le GEHM organise une rencontre sur le thème des vitrines de l’humanité. Questions aux musées d’anthropologies .
Depuis les années 1980, la légitimité de collectionner ou de montrer les « différentes humanités » fait débat, du point de vue du droit international, mais aussi dans une opinion publique de plus en plus sensible à ces questions. Où et comment l’humanité a-t-elle été et continue-t-elle à être exposée ? De quelles manières squelettes, crânes, corps embaumés, photographies, moulages et autres artefacts ont-ils été et sont-ils utilisés pour rendre compte de la diversité humaine ?
Les musées anthropologiques ont certes commencé à changer leur façon d’exposer, la question n’en demeure pas moins ouverte : est-il encore possible d’exposer des restes humains ? Comment gérer les demandes croissantes de restitutions ? À qui revient-il de juger et de trancher ces questions ?
Au carrefour de l’histoire de l’anthropologie, de la muséographie et de l’histoire de l’art, ainsi que des questions raciales et politiques, ce numéro se focalise sur l’exposition de l’humanité dans des contextes situés et spécifiques. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, il les aborde au travers de plusieurs musées anthropologiques en Italie, en France, au Japon, au Mexique et en Argentine.

En présence de :
Marianne Amar (Musée national de l’histoire de l’immigration),
Pietro Corsi (EHESS/Université d'Oxford/Università di Cassino),
Silvia Falconieri (CNRS, IMAF),
Nicolás Kwiatkowski (Universidad Nacional de San Martín, Buenos Aires)
Débat animé par Silvia Sebastiani (EHESS, CRH), coordinatrice du dossier
 

Lieu

EHESS (Salle 8)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Ça ne coule pas (toujours) de source. L’intangible en histoire

Ça ne coule pas (toujours) de source. L’intangible en histoire

Date limite de dépôt : 30 avril - Appel à comm

Présentation

L’intangible, dans son sens premier, désigne ce que l’on ne peut pas toucher, ce qui est impalpable et inaccessible. Le terme a un deuxième sens et s’applique aussi à ce que l’on ne peut pas modifier, l’immuable. Le rapport de l’historien au temps était au cœur des Forums du CRH de l’année 2018 (« Changement historique et découpages temporels ») et de l’année 2019 (« Tradition et histoire »). Pour le Forum de l’année 2020, nous proposons de centrer le propos non pas sur le temps, mais sur les objets difficilement accessibles à l’historien : l’intangible, au sens de ce qui est hors de portée et qui le demeure par-delà l’enquête historique.

L’objectif de ces journées est de permettre une réflexion collective sur les limites de la saisie historique du passé et sur les manières de contourner ces limites. Quels objets résistent à l’analyse historique ? Comment faisons-nous, dans nos enquêtes et nos lectures des sources, pour tenter de cerner l’indiscernable, de saisir l’insaisissable, d’atteindre l’intangible ou de le faire apparaître ? Cette interrogation pourra être conduite dans trois directions.

 On se demandera ainsi comment se saisir, en histoire, de ce qui ne laisse pas ou peu de traces : les odeurs, les sons, les gestes, les affects en sont les exemples les plus évidents. On pourrait aussi mentionner la vie domestique, l'économie informelle, la notion de patrimoine immatériel ou la dimension orale de la vie passée. Ces objets de recherche atypiques se sont imposés depuis l’appel inaugural de Lucien Febvre en faveur d’une « histoire des sensibilités », explorée par exemple par les travaux d’Alain Corbin. L’histoire des émotions, foisonnante aujourd’hui, s’empare de cette problématique, mais il existe aussi d’autres voies, comme l’étude des modes de perception sensorielle des acteurs du passé, de leurs savoirs implicites, ou encore de catégories d’acteurs (milieux sociaux « sans voix », vaincus, femmes) ayant laissé peu de traces écrites ou délégitimés dans leur droit à la parole.

            La notion d’intangible amène également à questionner d’autres objets qui, à première vue, offrent peu de prise à l’enquête historique. Ainsi, des concepts « en creux » comme le vide, le silence ou l’oubli constituent souvent les angles morts d’une recherche, car ils sont difficiles à appréhender en tant que tels et demandent, pour le faire, de ruser avec les sources. Il en va de même de l’absence : comment interpréter un manque de données, une césure dans une série de documents, un blanc sur une carte, la disparition d’un texte ? Dans ces différents cas, la question du choix des sources est centrale. Ce sont parfois les tableaux, les peintures, les images scientifiques et techniques ou d’autres sources atypiques qui donnent accès à l’intangible.

Réfléchir à l’intangible en histoire, enfin, permet d’ouvrir un questionnement plus large sur la part d’implicite et d’insaisissable de nos travaux. L’enquête historique elle-même produit de l’intangible : certains éléments ne peuvent être saisis et sont laissés à la marge, non pas du fait du manque de documents, mais en raison des choix opérés, du découpage de l’objet, des connaissances de l’historien ou de ses motivations inconscientes. On pourrait même se demander jusqu’à quel point il convient de chercher à dévoiler l’intangible. Est-ce légitime ?

Calendrier et modalités de soumission

Ces quelques pistes de réflexion sont indicatives ; le champ du questionnement autour de la notion d’intangible reste pleinement ouvert. Nous acceptons les propositions individuelles et collectives, même dans des formats inhabituels. N’hésitez pas à reprendre sous ces perspectives des objets ou des sources que vous avez déjà traitées dans d’autres contextes.
Nous attendons vos propositions avant le 30 avril 2020 à adresser à thomas.le-roux@ehess.fr et beatrice.delaurenti@ehess.fr. Merci d’indiquer dans votre réponse si vous avez un jour de préférence parmi les deux dates proposées.
Le Forum du CRH se tiendra à Paris les 22 et 23 juin 2020.

La techno : entre libération, répression et institutionnalisation

La techno : entre libération, répression et institutionnalisation

ANNULATION - Jeudi 12 mars de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

Laissons place au bricolage sonore, à la danse libre et à la transe collective !
Il y a près de 30 ans que la techno est arrivée en France pour bouleverser les pratiques festives des jeunes générations des campagnes et des villes. Et pourtant, certaines de ces pratiques continuent à être incomprises, stigmatisées et réprimées. En effet, des clubs aux raves et aux free parties, le mouvement techno s’est progressivement décliné en une multiplicité de formes qui se distinguent, non seulement par leur façon de faire la fête, mais aussi par leur rapport à la légalité et aux dogmes moraux dominants de la société. Une question se pose : En quoi consistent ces pratiques festives et pourquoi les autorités publiques prennent-elles des dispositions stratégiques à leur sujet ? Nous tenterons d’y répondre en accordant une attention particulière aux free parties – projets de fête libre, gratuite et clandestine – sans délaisser pour autant une vision globale du mouvement techno. Ainsi, cette séance sera l’occasion de rendre compte du lien qu’entretiennent la fête, les drogues et les mouvements contestataires tout en interrogeant la dimension politique du recours à l’art, au rêve et à l’imagination.

 

Programme

  • Vincent Benso est sociologue, membre de Techno +, d’ASUD et observateur pour TREND Île de France. Acteur de terrain engagé dans le champ de la réduction des risques depuis près de 15 ans, il a mené des recherche-actions sur le trafic, les "nouvelles" drogues, les consommations en espace festif techno et les usages d’Internet liés aux drogues.

  • « Renard » est membre du Collectif de Soundsystems des « Insoumis » et de Techno + depuis plus de 15 ans. Teufeur de longue date, compositeur tekno, Renard est aussi militant pour la revendication de l’autogestion au travers de la confrontation festive. (A MODIFIER OU PAS)

  • Nathan Gimenez est masterant d’Etudes Politiques à l’EHESS et volontaire à Techno +. Amateur de free party et de musique techno, il consacre ces recherches aux enjeux politiques et militants du mouvement en France tout en s’engageant dans la réduction des risques liés à la consommation de drogues en milieu festif.

Lieu

EHESS Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

A table au Moyen Âge

A table au Moyen Âge

Du 6 janvier au 24 mai - Exposition

Présentation

La nouvelle exposition à la Tour Jean sans Peur se consacre à la table au Moyen Âge. Les deux commissaires de cette exposition, Danièle Alexandre-Bidon et Perrine Mane, ont conçu toutes les bannières explicatives avec des textes clairs et plein d’anecdotes et Véronique Durey toutes les reconstitutions des poteries. Comment se déroulait le repas ? Que mangeait-t-on et dans quel ordre ? L'exposition présente un parcours complet de la manière de se nourrir à l'époque médiévale entre pratique sociale et nécessité vitale.

En savoir plus

Commissaires d'exposition : Danièle Alexandre-Bidon (GAM) et Perrine Mane (GAM), avec la collaboration de Véronique Durey (La poterie des Grands Bois).


Dossier de presse

 

Lieu

Tour Jean sans Peur
20, rue Étienne Marcel
75002 Paris


Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion (4)

Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion (4)

Reporté - Jeudi 19 mars de 14h-18h - Demi-journée d'étude

Présentation

La mise en voir du droit


Dans le cadre des actions de SCRIPTA PSL “Histoire et pratiques de l’écrit”, le programme Afficher le droit au Moyen Âge. Regards croisés sur les chartes lapidaires entend poser les bases d’une réflexion sur les liens entre les pratiques d’écriture exposée et l’exercice du droit dans la culture écrite du Moyen Âge occidental. Il est conçu comme un cycle de séminaires débouchant sur la publication d’une synthèse bibliographique et thématique, et sur la mise à disposition du corpus rassemblé au cours de la recherche.
La quatrième et dernière séance du programme se tiendra le jeudi 19 mars 2020 à l’École des hautes études en sciences sociales. Il s’agira cette fois-ci d’analyser les éléments visuels - les signes - prenant en charge la validité, l’authenticité ou l’autorité des textes et des objets, au premier rang desquels se trouvent l’ensemble des dispositifs héraldiques. L’épigraphie a eu jusqu’à présent tendance à ignorer les armes et les devises entrant en interaction avec l’écriture exposée, considérant l’héraldique et l’inscription comme deux systèmes de signes indépendants, y compris quand ils prennent place sur un même objet ou monument. Les chartes lapidaires, et plus généralement les inscriptions rapportant des décisions ou des gestes de nature diplomatique, sont pourtant souvent au contact des pratiques héraldiques, par fonction ou par contexte. Dans quelle mesure ce que l’on sait des relations entre l’exposition des armoiries et le droit permet d’éclairer le statut des inscriptions de type diplomatique ? C’est l’interrogation que nous étendrons aux images probatoires ou d’autorité présentes dans les manuscrits et aux figurations monumentales des actes pour penser la valeur juridique des systèmes visuels médiévaux indépendamment de leur support mais en fonction de leur contexte d’usage. Cette dernière séance du séminaire Afficher le droit au Moyen Âge sera enfin l’occasion d’un bilan collectif des réflexions entamées en septembre dernier.

Programme

  • Catherine Marchal
    La charte lapidaire de Simon de Montfort dans l'église de Saint-Arnoult-en-Yvelines

  • Laurent Hablot (EPHE)
    Baliser le droit : le marquage héraldique et l'expression des droits au Moyen Âge

  • Maria Alessandra Bilotta (Institut d’études médiévales, Université Nouvelle Lisbonne)
    Les images avec valeur de droit : quelques réflexions sur la valeur de droit des illustrations des manuscrits des compilations de droit civil et canonique au Moyen Âge (XIIIe – XIVe siècle)

  • Laurent Morelle (EPHE)
    Conclusions

Lieu

EHESS (Salle AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Genre, féminismes et post-colonialisme au Maghreb et au Moyen-Orient

Genre, féminismes et post-colonialisme au Maghreb et au Moyen-Orient

Reporté en septembre - 16 au 20 mars - Ecole thématique

Présentation

Les études postcoloniales constituent une grille d’analyse précieuse des rapports de pouvoir Nord/Sud. Ce courant de pensée émet une proposition théorique forte, à savoir qu’au Nord comme au Sud, les héritages coloniaux façonnent les trajectoires individuelles et collectives, les pratiques, les discours, les représentations et les mouvements sociaux. Si ces études n’ont initialement pas été élaborées pour expliquer précisément les rapports sociaux de sexe, plusieurs travaux ont montré la nécessité de les mobiliser dans l’analyse de la construction du genre (Puar, 2012 ; Spivak, 2006 ; Abu Lughod, 2013). La « question des femmes » et les rapports de genre, politiquement centraux au Maghreb et au Moyen-Orient, ont été, depuis la fin du 19ème siècle, marqués par les colonialismes, les nationalismes post-indépendance, les capitalismes et impérialismes contemporains. Les études postcoloniales invitent à repenser les études de genre et féministes, principalement élaborées à partir des histoires des sociétés européennes. Construites par des chercheur.e.s issu.e.s de pays anciennement colonisés, ces études sont discutées dans certaines universités du Nord mais restent, en raison de divers facteurs, peu diffusées au Sud. Cette École thématique vise, dès lors, à opérer un déplacement épistémologique et pratique, en faisant dialoguer, à Tunis, les études postcoloniales et les études de genre portant sur le Maghreb et le Moyen-Orient. La révolution tunisienne de 2010/2011 s’est accompagnée de la création d'un grand nombre d'initiatives féministes qui offrent aux étudiant.e.s et aux chercheur.e.s une occasion inédite de renouveler les études de genre. Tunis apparaît ainsi comme le lieu idéal pour organiser cette École, initiée par Selima Kebaili (CRH) et Florie Bavard (CRH),  dont l’objectif est de favoriser les échanges et les rencontres entre étudiant.e.s/chercheur.e.s du Maghreb et du Moyen-Orient ou travaillant sur ces sociétés, de contribuer à la discussion, diffusion et réappropriation des outils théoriques et méthodologiques issus des études féministes et post- coloniales. Dans la lignée de ces dernières, l’École sera pluri-disciplinaire et rassemblera des étudiant.e.s/chercheur.e.s sociologues, historien.ne.s, anthropologues, politistes, linguistes, philosophes, etc.

Ecole thèmatique financée par Centre Maurice Halbwachs, Centre Max Weber, LabEx Tepsis, Centre de recherche historique, RTP Islam et chercheurs dans la Cité, ERC DREAM.

Programme

Lundi 16 mars

  • 9h-11h : Sélima Kebaili et Florie Bavard, Introduction: genre et situations postcoloniales

  • 11h15 -12h45 : Soumaya Mestiri, Décentrer le féminisme
    Discutante : Rania Majdoub

  • 19h-20h : Performance de Meriem Guellouz et Cécile Canut, Les Africain-e-s peuvent iels parler ?

Mardi 17 mars

  • 9h -11h : Amélie Le Renard et Ines Mrad, Rapports sociaux de race au Maghreb et Moyen-Orient
    Discutante : Maha Abdelhamid

  • 14h30-16h30 : Table-ronde : Genre et racisme en Tunisie

  • 17h-18h : Performance de Mohamed El Issaoui

Mercredi 18 mars

  • 9h -11h : Gianfranco Rebucini et Sofian Merabet, Sexualité en contexte postcolonial

  • 19h-20h : Table-ronde : Militantisme LGBT et rapports de pouvoir Nord/Sud

JeudiI 19 mars

  • 9h-11h : Sarah Barrières et Abir Kréfa, Le genre au Maghreb et Moyen-Orient: quelles révolutions depuis 2011 ?
    Discutante : Leyla Dakhli

  • 19h-20h : Florie Bavard, Diffusion documentaire Womahood

Vendredi 20 mars

  • 9h -11h : Jocelyne Dakhlia et Mariem Guellouz, Corps et orientalisme
    Discutante: Meryem Sellami

 

Lieu

Hotel Majestic
36, Avenue de Paris
Tunis
Tunisie

Enquêter sur les siens : autour du livre de Mark Mazower, What You Did Not Tell

Enquêter sur les siens : autour du livre de Mark Mazower, What You Did Not Tell

ANNULATION -Lundi 16 mars de 15h à 18h - Les Rencontres du GEHM en collaboration avec HHS

Présentation

On connaît bien l’œuvre de Mark Mazower. Spécialiste de l’histoire de la Grèce au XXesiècle, il a écrit sur le sujet plusieurs livres marquants, embrassant en particulier la période de la guerre, de l’occupation et de l’après-guerre : en témoigne par exemple Inside Hitler's Greece: The Experience of Occupation, 1941-1944 en 1993. Parfois, son enquête s’est élargie au continent tout entier, avec deux ouvrages marquants : The Dark Continent: Europe's Twentieth Century en 2000 et Hitler's Empire: How the Nazis Ruled Europe, en 2008.

Son nouveau livre est très différent. What You Did Not Tell: A Russian Past and the Journey Home, publié en 2017, s’éloigne de la Grèce et rompt avec une approche globale. L’historien, cette fois, s’est engagé dans une enquête familiale pour prendre la mesure de la complexité du XXsiècle. Il n’est pas indifférent que la famille en question soit la sienne. Il s’inscrit ainsi dans une tendance récente de l’historiographie où enquêter sur l’histoire de sa propre famille fait espérer à l’historien de pousser l’enquête plus loin qu’avec un sujet plus traditionnel. Plus loin dans quelle direction ? Et pour quels gains d’intellection ? Telles seront quelques-unes des questions qui seront abordées lors de la table ronde, organisée conjointement par le GEHM et HHS,  en présence de l’auteur.

La table ronde réunira, en présence de l’auteur, Florent Brayard, Marie-Elisabeth Mitsou, Judith Lyon-Caen, Juliette Cadiot, Stéphane Audouin-Rouzeau et Jacques Revel.

 

Lieu

EHESS (Salle AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

ANNULATION - Vendredi 13 mars de 9h-17h - Journée d'étude

Présentation

Journée d’étude organisée par Elizabeth Claire (CNRS-CRH), Béatrice Delaurenti (EHESS-CRH), Roberto Poma (Université Paris Est-Créteil) et Koen Vermeir (CNRS); financée par les laboratoires SPHERE et CRH.

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs.

Comme l’année précédente, le séminaire fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée.

 

Programme

  • 9h-10h30 : Thibaut Trochu (Université de Lille/INSPE)
    « L'imagination religieuse selon William James »

  • 10h45-12h15 : Benoit Grévin (CNRS/CRH)
    « Boncompagno, l'intellectus imaginarius et la transumptio. "Imaginer" le monde à travers la métaphore au XIIIe siècle »

  • 13h30-15h : Nicolas Weill-Parot (EPHE/Saprat)
    « Action à distance et imagination dans les commentaires de la Physique d'Aristote (XIIIe-XVe siècle) »

  • 15h15-16h45 : Roberto Poma (UPEC)
    « Misère et grandeur Della forza della fantasia umana (1745) de Ludovico Muratori »

Lieu

EHESS (Salle A05_51)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Droit et environnement. Historicité des régimes de gouvernement de la nature

Droit et environnement. Historicité des régimes de gouvernement de la nature

ANNULATION - Vendredi 13 mars de 9h-13h - Demi-journée d'étude

Présentation

Séance commune du GRHEN (Groupe de Recherches en Histoire Environnementale),
du PRI "Terrains du droit"
et de l’Atelier "Droit et politique" du Labex TEPSIS
 
Coordination : Alice Ingold (EHESS) et Romain Grancher (CNRS-TEMOS)
 

Les questions ouvertes par la perspective de l’Anthropocène laissent peu de place à celle du droit. Les critiques du gouvernement de la nature incriminent une modernité occidentale qui serait responsable d’une mise en savoirs de l’environnement favorable à ses appropriations, tandis que les réponses du droit de l’environnement resteraient contraintes par une gangue souverainiste, dans un système de normes pensées et conçues par les États nationaux et peu adaptées aux réels défis des régulations environnementales et de leurs échelles.

L’histoire très ancienne de la régulation des ressources (eaux, forêts, pêcheries, mines, etc.) et des nuisances est étroitement associée en France à celle du pouvoir incarnant la puissance publique. Faire l’histoire des régulations des choses de l’environnement engage ainsi à faire l’histoire de la souveraineté. Le droit de l’environnement comme discipline académique est largement issu de cette construction historique : s’inscrivant d’abord dans le droit public, il assume une filiation avec le droit administratif et tend à développer des formes de restriction des libertés propriétaires ou contractuelles. Une lecture en termes de continuités historiques des régulations environnementales, sous la houlette de l’État, masque cependant des déplacements cruciaux sur lesquels nous souhaitons porter l’attention. D’une part, elle tend à minimiser le rôle joué dans l’histoire par d’autres collectifs en charge de gérer les ressources de l’environnement. Cette dimension est sans doute la mieux explorée aujourd’hui, grâce notamment au développement des études sur les communs qui ont mis en lumière des dispositifs collectifs de gestion des ressources à des échelles régionales, locales, voire infra communales. D’autre part, cette lecture ne rend pas compte des transformations radicales de l’État entre Ancien Régime et période contemporaine et renforce une tendance historiographique lourde qui conforte une naturalisation de l’administration, présentée comme première fonction de l’État, voire comme constitutive de l’État depuis son origine. C’est à l’aune de la nouveauté d’une administration étatique ‘séparée d’avec l’autorité judiciaire, mais dotée, par ses attributions en matière de police, d’un pouvoir à la fois coercitif et réglementaire que nous voudrions analyser une série de processus qui modifient les formes de régulation des environnements.

Quels sont les effets de la disparition des multiples juridictions anciennement dotées de compétences sur les ressources et les nuisances (des juridictions des eaux de l’Espagne méridionale aux juridictions de la mer et des rivages qu’étaient les amirautés anglaises ou françaises, etc.) ? De quelles manières des institutions ayant des compétences en matière de réglementation des usages de la nature subsistent-elles, bien qu’elles soient devenues des sortes d’objets juridiques non identifiés dans la nouvelle architecture des États administratifs (prud’homies de pêche, communautés d’habitants ou consulats, syndics de propriétaires pour la gestion de marais, de pâturages, de ressources en eau, etc.) ? Comment d’autres institutions sont-elles inventées, pour donner corps à des collectifs qui ne coïncident pas avec l’échelle administrative locale (sections de communes pour la gestion de forêts ou de terres communes, etc.) ?

Le sort des choses de la nature, de leurs usages et des institutions qui les soutiennent, pose donc de manière aiguë la question des formes de régulation dans la période postrévolutionnaire et la place des régulations juridiques parmi elles. Tout en se gardant de tomber dans une idéalisation des régulations juridiques des environnements face à une logique administrative en soutien de l’industrialisation, d’une juridicité coutumière ou d’une police de la nature attentive à l’environnement des habitants, nous interrogerons collectivement les catégories au travers desquelles les sociétés ont pensé les savoirs et les régulations de leurs environnements (police, juridictions, droit civil, etc.).

Avec :
Thomas Le Roux (CNRS - CRH)
Dinah Ribard (EHESS - CRH)
Simona Cerutti (EHESS)
Maria de Benedetto (Roma 3)
Raphaël Morera (CNRS - CRH)
Frantz Mynard (Université de Nantes)
Paolo Napoli (EHESS - CENJ)
Michele Spano (EHESS - CENJ)

 

Lieu

EHESS( Salle 2)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Agriculture et approvisionnement des populations dans l’Histoire

Agriculture et approvisionnement des populations dans l’Histoire

Annulation Mercredi 1er avril de 20h-22h - Table ronde

Présentation

L’approvisionnement des populations en denrées alimentaires a obligé et oblige encore l’agriculture à relever un défi qui va croissant. Dans quelle mesure a-t-elle réussi ou non, dans le long terme, à subvenir aux besoins alimentaires des populations rurales et urbaines ? De quelle manière a-t-elle assuré cet approvisionnement et à quelles difficultés s’est-elle heurtée ? Dans quelle mesure a-t-elle pu et peut-elle encore faire face à la croissance exponentielle de la population mondiale et assurer à l’humanité un développement agricole soutenable ? Comment peut-elle aujourd’hui à la fois se convertir à des pratiques plus satisfaisantes sur le plan écologique et produire plus pour empêcher le retour des famines ? Comment peut-elle ainsi espérer échapper à l’agrobashing et en même temps nourrir des consommateurs plus nombreux et plus exigeants sur la qualité des produits qu’elle offre ?

Table ronde de l’EHESS et du CRH organisée par Gérard Béaur (CNRS, EHESS - CRH), dans le cadre de la première édition des Nocturnes de l'Histoire

Avec Christophe Bonneuil (CNRS, CRH), Antoni Furio (Université de Valence), Alessandro Stanziani (CNRS & EHESS, CRH) et Nadine Vivier (Université du Mans, présidente de l’Académie d’agriculture)

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Vous en reprendrez bien une tranche ? Changement historique et découpages temporels

Vous en reprendrez bien une tranche ? Changement historique et découpages temporels

15 et 16 novembre 2018 - Forum du CRH

Présentation

Le Forum du CRH, organisé par la direction du Centre de Recherches Historiques, est conçu commeun moment d’échanges annuel autour de questions transversales propres à la discipline historique. Le Forum 2018 se propose de revisiter les notions utilisées pour penser les séquences temporelles et le changement historique. D’une part, il s’agit d’interroger les modes de production des séquences temporelles : les découpages institutionnels, mais aussi sur l’usage anodin, presque conjoncturel, d’un vocabulaire spécifique visant à élaborer le cadrage temporel d’une recherche. Comment construisons-nous, dans notre mode d’écriture, les cadres temporels qui structurent nos travaux ? Quels principes justifient la sélection, la hiérarchisation, la mise en série, ou encore l’identification d’origines, de continuités, de ruptures et de tournants ? Comment conjuguer la périodisation, propre à l’exercice historique, avec les emprunts à l’anthropologie, la sociologie, la littérature ? D’autre part, la question concerne l’emploi de catégories temporelles par les acteurs historiques eux-mêmes. Le réflexe de penser en période, en ère etc. n’a pas les mêmes implications et le même sens dans toutes les sociétés. En outre, dans certains cas, les cadres conceptuels qui surgissent dans le débat social entrainent un changement du regard sur les périodes présentes et passées. Dans quelle mesure la continuité culturelle ou sociale, et les ruptures introduites dans cette continuité, sont-elles perçues et exprimées dans la vie courante ?

 

Programme

 

Lieu

FMSH (Salle du Conseil, A3-35, 3e étage)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

20 et 21 juin 2019 - Forum du CRH

Présentation

La notion de tradition est régulièrement employée en histoire. Elle recouvre diverses significations : une tradition peut être culturelle, religieuse ou intellectuelle, manuscrite ou orale, aristotélicienne ou platonicienne, occidentale ou orientale, etc. Le terme est courant, mais il est aussi labile, plastique, car il s’applique à toutes sortes de phénomènes et se prête aisément aux variations de sens ou d’emploi. C’est pourquoi nous proposons d’engager une réflexion, de manière très large, dans deux directions : premièrement, sur la manière dont les historiens emploient le mot ‘tradition’ ; deuxièmement, sur ce qui fait tradition à une période donnée, c’est-à-dire sur ce que le terme implique du point de vue des acteurs historiques. Il ne s’agit pas de revenir sur le mythe de l’invention de la tradition. En revanche, dans les deux perspectives énoncées plus haut -la tradition revendiquée par les acteurs et celle identifiée par les historiens, la notion de tradition soulève des questionnements qui touchent aussi bien à l’histoire sociale et religieuse qu’à l’anthropologique historique ou à l’histoire intellectuelle. Trois problématiques peuvent être distinguées. Premièrement, la notion de tradition suppose la transmission d’une série d’éléments à l’identique, par-delà les âges et les contextes. Par là même, elle pose la question des modalités de circulation des pratiques, des doctrines, du vocabulaire et des textes eux-mêmes, dans leur matérialité, autant que celle des instruments intellectuels et rhétoriques qui construisent et soutiennent la continuité de la transmission. Sur quels mécanismes reposent les transferts intellectuels ou culturels qui fondent, ou sont supposés fonder une tradition ? Quels cadres - sociaux, politiques, religieux, culturels, intellectuels - rendent possible, ou non, cette transmission ? Quelle relation entretient la tradition avec la communauté – religieuse, politique, intellectuelle, émotionnelle – qui l’a construite ou en est la gardienne ? Un second axe de réflexion concerne les interactions entre différentes traditions. Lorsque plusieurs traditions apparaissent en concurrence, on peut se demander dans quelle mesure celles-ci sont cloisonnées, et comment se construit, se maintient et se traduit ce cloisonnement. Une tradition peut-elle en nourrir une autre ? Comment et pourquoi les acteurs historiques choisissent-ils de se placer à l’intérieur ou en-dehors d’une tradition ? La question pourrait s’appliquer en particulier aux traditions historiographiques. Un troisième axe, enfin, porte sur la dialectique entre tradition et innovation, autorité et création. Il s’agit de saisir les transformations socio-politiques et les diverses innovations qui peuvent exister à l’intérieur d’une tradition, qu’elles soient scientifiques, techniques, juridiques, politiques, etc. Quelles sont les formes de légitimation de la nouveauté ou de négociation entre une dynamique créative et une continuité revendiquée par la tradition ? Jusqu’à quel point cette dernière est-elle ouverte à de nouveaux apports, qu’ils soient intellectuels, culturels ou sociaux ? Quelle est la marge d’autonomie des acteurs historiques à l’intérieur du cadre constitué par la tradition ?

 

Programme

Dépliant du programme

 

Lieu

Jeudi 20 juin :

Institut Hongrois
92, rue Bonaparte
75006 Paris
Inscription obligatoire auprès de
: reservation@instituthongrois.fr

Vendredi 21 juin :

Columbia Global Centers
Reid Hall
4, rue de Chevreuse
75006 Paris

 


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Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion

Journée(s) d'étude - Jeudi 19 mars 2020 - 14:00"Regards croisés sur les chartes lapidaires" entend poser les bases d’une réflexion sur les liens entre les pratiques d’écriture exposée et l’exercice du droit dans la culture écrite du Moyen Âge occidental. Il est conçu comme un cycle de séminaires (...)(...)

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Les Nocturnes de l'Histoire

Table ronde - Mercredi 1 avril 2020 - 20:00Table ronde de l’EHESS et du CRH organisée par Gérard Béaur (CNRS, EHESS - CRH), dans le cadre de la première édition des Nocturnes de l'Histoire.Mercredi 1er avril 2020, de 20h à 22hAmphithéâtre François Furet, 105 boulevard Raspail, 75006 ParisAvec :C (...)(...)

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La techno : entre libération, répression et institutionnalisation

Journée(s) d'étude - Jeudi 12 mars 2020 - 17:00Laissons place au bricolage sonore, à la danse libre et à la transe collective !Il y a près de 30 ans que la techno est arrivée en France pour bouleverser les pratiques festives des jeunes générations des campagnes et des villes. Et pourtant, certai (...)(...)

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Dernière modification :
02/04/2020