Actualités

Le patrimoine industriel européen de la Première Guerre mondiale

Le patrimoine industriel européen de la Première Guerre mondiale

Du 6 au 8 décembre - Colloque international

Présentation

La Première Guerre mondiale a considérablement marqué l’histoire de l’Europe. Elle a été caractérisée par un effort sans précédent de la production industrielle, qui constitue aujourd’hui un patrimoine européen commun. Le patrimoine industriel de la Première Guerre mondiale semble cependant être invisible : il n’est pas identifié ni même défini comme tel, alors que cette guerre s’est différenciée par le recours massif aux techniques industrielles, tant dans le domaine de la production d’armes, d’avions que de produits chimiques à des fins militaires, que dans le domaine civil en particulier pour la production agro-alimentaire.

Quelle définition ?

Le patrimoine industriel de la 1e Guerre mondiale est celui des usines et de toute infrastructure – ferroviaire, portuaire, aéroportuaire, électriques… – construites pendant la guerre pour répondre à l’effort de guerre ou assurer la survie des populations. Il peut être constitué d’usines ou d’extensions d’usines créées spécifiquement, et il concerne aussi des usines déplacées en raison des combats et réinstallées, moyennant des adaptations, dans d’anciens sites industriels en zone libre. Les traces  matérielles peuvent aussi être celles de plans urbains hérités des bases militaires comme celles américaines en France. Il concerne l’ensemble des acteurs de cette guerre, « alliés » et « ennemis ». Sans doute existe-t-il aussi un patrimoine immatériel, des films ou des témoignages recueillis sur cette production de guerre, qui a vu notamment la participation massive des femmes.

Nous limitons volontairement le champ aux  industries qui ont été mises à contribution pendant la guerre pour l'effort de guerre et qui ont dû s'agrandir ou construire de nouveaux espaces. Il ne s'agit pas d'aborder le thème de la Reconstruction, qui a déjà fait l’objet de travaux.

Deux journées d’études consacrées à ce thème ont été organisées en décembre 2017 en France, et ont permis de dégager des premiers éléments de réflexion pour le cas français. Ainsi, les différents cas étudiés ont permis de souligner que selon les entreprises, les choix architecturaux avaient variés : maintien d’une architecture de prestige et soignée, recours à des techniques et matériaux de faibles qualités dans un contexte de pénurie ou encore usage de la préfabrication légère (structure métallique et brique) dans d’autres cas. Dans le premier cas, l’entreprise misait sur la réutilisation du lieu après le conflit car celui-ci devait être court, ou à l’inverse, à partir de 1917, parce qu’elle pensait qu’il allait bientôt se terminer. Dans le dernier cas, il s’agissait surtout de construire vite de grands espaces adaptés à des productions comme la mécanique ou la fabrication des obus. La question de la conservation de ces bâtiments et de leur patrimonialisation a également permis de montrer que beaucoup d’édifices construits pendant la Première Guerre mondiale ont été détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, ou plus tard, dans le contexte d’extension des usines pour répondre à la croissance du marché, ou à l’inverse, après la crise économique, dans le vaste mouvement de destruction des sites industriels abandonnés. L’intérêt des travaux ont été portés sur ceux qui restent : très souvent, les propriétaires actuels ignorent l’histoire de leur usine et son importance historique ; il en est de même des services de l’État pour qui ce critère ne figure pas dans les grilles d’analyse patrimoniale. Dans quelques cas, rares, le lien avec la Première Guerre mondiale est mis en valeur et constitue même un motif de visite.

Les caractéristiques architecturales, économiques et politiques dans lesquelles ont été construits les sites industriels de la Première Guerre mondiale justifient pourtant pleinement leur reconnaissance, aux côtés des cimetières et des champs de bataille.

L’organisation d’un colloque international, le premier sur ce thème, s’impose afin d’établir un état des lieux des traces matérielles existant encore aujourd'hui et d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’assurer leur conservation. Il participe également à la construction d’une histoire et d’un patrimoine commun européen.

Formulaire d'inscription

 

Programme

 

Lieu

Jeudi 6 décembre

Médiathèque de l'architecture et du patrimoine
11, rue du Séminaire de Conflans
94220 Charenton-le-Pont

Vendredi 7 décembre

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Samedi 8 décembre

Hôtel de l'Industrie
4, place Saint-Germain-des-Prés
75005 Paris
 

L’humanité exposée : Musées d’anthropologie en question

L’humanité exposée : Musées d’anthropologie en question

Vendredi 7 décembre 2018 de 9h30-18h - Atelier

Présentation

Dans cet atelier, nous proposons de réfléchir à une catégorie particulière de musée, le musée d’anthropologie, dans son rapport à l’histoire et à ses usages publics. Nous souhaitons en particulier examiner la question qui a été au centre de nombreuses polémiques ces dernières années : celle de l’exposition de l’humanité. Où et comment l’humanité a-t-elle été et continue-t-elle à être exposée ? De quelles manières squelettes, crânes, corps embaumés, photographies, moulages et autres artefacts ont-ils été et sont-ils utilisés pour rendre compte de la diversité humaine ? Le musée anthropologique est-il un lieu de renforcement des expressions des différences ? Quels ont été et sont les procédés techniques utilisés pour les faire apparaître ? Comment sont-elles érigées en objets (légitimes) de connaissance et de savoir ? Comment les populations représentées ont-elles été engagées dans les mises en scène de leurs représentations ? Et quelles questions les « collections sensibles » des espaces muséaux posent-elles aujourd’hui aux sciences sociales ?

Depuis les années 1980, la légitimité de collectionner ou de montrer les « différentes humanités » fait débat, du point de vue du droit international, mais aussi dans une opinion publique de plus en plus sensible à ces questions. Les musées ont du reste commencé à changer leur façon d’exposer, mais la question n’en demeure pas moins ouverte : est-il encore possible d’exposer des restes humains ? Comment gérer les demandes croissantes de restitutions ? À qui revient-il de juger et de trancher ces questions ?

Au carrefour de l’histoire de l’anthropologie, de la muséographie, de l’esthétique, de l’histoire de l’art, ainsi que des questions raciales et politiques, cet atelier se focalise sur l’exposition de l’humanité dans des contextes situés et spécifiques. Sans prétention à une quelconque exhaustivité sur de telles interrogations, on propose de les aborder à travers le choix de quelques musées anthropologiques en Italie, en France, au Japon, au Mexique et en Argentine.

Il s’agit d’un atelier préparatoire à la publication d’un numéro monographique de la revue Passés Futurs (https://www.politika.io/fr/page-simple/a-propos-passes-futurs). Les textes seront diffusés parmi les participants avant la rencontre ; ils ne feront pas l’objet d’une présentation intégrale, mais ils seront soumis à la discussion.

Inscription est obligatoire dans la limite des places disponibles auprès de nadja.vuckovic@ehess.fr

 

Programme

9h.30-9h.45 : Silvia Sebastiani (EHESS
Introduction à l’Atelier

9h.45-10h.40 : Anne Lafont (EHESS),
Des hommes dans un musée ? Processus d’objectification du corps humain autour de 1800

10h.40-11h.25 : Irina Podgorny (Museo de La Plata/CONICET)
Instrucciones para visitar la sala antropológica del Museo de La Plata

11h.25-11h.45 : Pause-café

11h.45-12h.30 : Alice Berthon (Université de Grenoble)
Lorsque l’amnésie de l’époque coloniale touche le musée d’ethnologie d’un ancien empire, comment y expose-t-on l’humanité ?

12h.30-14h : Déjeuner

14h-14h.45 : Lucia Piccioni (Musée du Quai Branly)
Moulages faciaux du Musée nationale d’anthropologie et d’ethnologie de Florence 

14h.45-15h.30 : Maddalena Carli (Université de Teramo)
Patrimonialiser la déviance.Aménagements et usages politiques autour du Musée d’anthropologie criminelle Cesare Lombroso (1876-2011)

15h.30-16h : Discussion du texte écrit par Silvano Montaldo (Université de Turin etdirecteur du Musée Lombroso)
Le mythe lombrosien, aujourd'hui

16h-16h.20 : Pause-café

16h.20-16h.50 : Discussion du texte écrit par Johannes Neurath (UNAM, Mexico)
El Museo Nacional de Antropología: templo de la nación, santuario de los wixaritari

16h.50-18h : Discussion générale

Avec la participation comme discutants de Pietro Corsi (EHESS), Rafael Mandressi (CNRS/EHESS),Elodie Richard (CNRS/EHESS), et de la rédaction de la revue Passés Futurs

Voir les résumés

 

Lieu

De 9h30 à 13h :

EHESS (Salle AS1_24)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

De 13h à 18h :

EHESS (Salle AS1_23)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Document(s) à télécharger

Des champs de coton aux cités de banlieue : Musiques et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire

Des champs de coton aux cités de banlieue : Musiques et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire

Jeudi 13 décembre de 17h-Minuit - Demi-journée d'étude

Présentation

Le prosélytisme stupéfiant dans le Hip-Hop. Né de la misère sociale, le Hip-Hop adopte une posture positive, solidaire, éducative et festive à la fois. A une époque où les ghettos américains et les quartiers populaires français sont décimés par les overdoses, les rappeurs affichent le visage de la sobriété et prônent l’abstinence avec des textes dissuasifs énumérant les méfaits des drogues. Générations après générations au cours de sa globalisation, le discours a évolué. Sacralisation de la figure du dealer et de son imagerie gangsta violente, popularisation actuelle des paradis artificiels, les psychotropes divisent la communauté. De la Zulu Nation à la culture populaire dominante, de l’épidémie d’héroïne des 80s à celles des opioïdes aujourd’hui, de « The Message » à « Mask Off », Solo livre la vision d’un MC qui a traversé ces époques.

Présentation des intervenants

Georges Lachaze : Administrateur d’ASUD. Auteur de la série d’articles sur le sizzurp, « Hip-Hop : le sirop de la rue », dans ASUD Journal. Ancien travailleur social dans des programmes de Réduction des Risques liés aux usages de drogues et aux IST. Hip-Hop head et beatmaker. Né en 73 dans le South Bronx, le Hip-Hop ouvre son micro aux sans voix. À l’origine mouvement contre-culturel revendiquant l’expression artistique comme alternative à la violence des gangs, au trafic et à la consommation de stupéfiants, le Hip-Hop va devenir un phénomène culturel de masse et une industrie multimilliardaire. Sur les murs, derrière des platines, sur un carré de lino ou micro en main, ce sont plusieurs générations à travers le monde qui extériorisent sans filtre la réalité de leur quotidien : les violences policières, socio-économiques, conjugales, criminelles, les injustices, les discriminations, l’abandon aussi bien que les potes, le sexe et la fête. Les dopes font rapidement parti des sujets récurrents et sont abordées différemment selon les lieux et les époques. Des projects des 5 boroughs new-yorkais, aux palmiers des ghettos californiens en passant par le Dirty South post-ségrégationniste et les quartiers de France, revuedes rapports ambivalents entre Hip-Hop et produits psychoactifs

Bertrand Lebeau Leibovici : médecin addictologue  dans deux hôpitaux franciliens. Secrétaire d'Asud (Auto Support des Usagers de Drogues).

Il présente quelques réflexions sur les liens entre musique et drogues à partir de celle qu'il écoutait dans les années 70 (rock) et de celle qu'écoute aujourd'hui son fils (rap).

Seär : rappeur. Il parlera de la manière dont le rap développe les capacités d’adaptation à différents univers sociaux (CSP, rural/urbain, milieu professionnel). Il parlera aussi de sa mission d’enseignement des arts de rue auprès des 16-22 ans.

Solo : DJ, acteur, rappeur, producteur et vice-champion du monde de Jiu-jitsu, Solo est inclassable. Du terrain vague de la Chapelle aux micros de Radio Nova, Solo est un pionnier du mouvement Hip-Hop. De la danse avec les Paris City Breakers au rap avec Assassin, en passant par la réalisation de la BO de La Haine, il a contribué à importer et populariser cette culture en France, en lui donnant une identité propre.

 

Programme

  • Georges Lachaze, administrateur d’ASUD
    Le Hip-Hop, la contre-culture et l’usage de produits psychoactifs

  • Bertrand Lebeau Leibovici, médecin addictologue
    La musique et les drogues : du rock au rap

  • Seär, rappeur (Label L’Or Noir)
    Le rap dans la vraie vie

  • Solo, rappeur
    Le prosélytisme stupéfiant dans le Hip-Hop

20h-21h : Pause détente et convivialité, bar et restauration sur place

21h-Minuit  : Projection du film « Les Etats-Unis et la drogue : une guerre sans fin », d’Eugène Jarecki (2009), suivie d’un débat

 

Lieu

Théâtre l’Echangeur
59, Avenue du Général de Gaulle
93170 Bagnolet

M° Gallieni

Voies/Voix de représentations : les émotions de l'Histoire dans les arts du spectacle entre Révolution et Restauration

Voies/Voix de représentations : les émotions de l'Histoire dans les arts du spectacle entre Révolution et Restauration

Lundi 17 décembre de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Les spectacles sont une arène et un laboratoire de choix pour exprimer et repérer après coup les traces de l’Histoire, particulièrement vives sous la Révolution. Les pouvoirs tentent de contrôler l’espace public, sans parvenir à fixer le sens des performances. Cette Rencontre du GEHM présente les recherches par Thibaut Julian menées au CRH dans le cadre de son postdoctorat visant à cerner, à travers les intentions auctoriales, les jeux de discours prévus par les pièces et l’étude de leur(s) réception(s), comment la communauté politique s’éprouve dans sa diversité critique par la médiation de spectacles réfléchissant les enjeux contemporains, y compris par des fables qui en semblent en tout point éloignées. Sans négliger le contexte social entre 1789 et 1815, l’on propose une lecture de l’histoire par le prisme du théâtre, à l’aune de l’histoire des représentations et des émotions : sont visés les sujets mémoriels et les objets historiques auxquels la scène donne une « consécration » symbolique – fût-elle condamnation.

 

Lieu

EHESS ( Salle A04_47)
54, boulevard raspail
75006 Paris

Espagne, Espagnes : regards français sur la réalité espagnole (XVIe-XXIe siècles) (2)

Espagne, Espagnes : regards français sur la réalité espagnole (XVIe-XXIe siècles) (2)

Mercredi 12 décembre à 19h - Cycle de tables rondes

Présentation

Les relations entre l’Espagne et la France pendant le XVIIIe siècle ont été déterminées par les pactes dits « de famille » qui ont uni les deux dynasties. Une circonstance qui aurait théoriquement dû rapprocher la culture espagnole du pays voisin. Mais la réalité a démontré le contraire. L’Espagne a été non seulement exclue du Grand Tour, mais a aussi été critiquée par l’Encyclopédie, tant dans sa première édition par Louis de Jacourt, que dans l’édition Méthodique de Panckoucke, contenant le célèbre article « Espagne » rédigé par Masson de Morvilliers, qui a largement contribué à la légende noire espagnole. Bien que certains journaux et certains hommes de lettres aient tenté d’adoucir cette image en présentant l’Espagne comme un pays ayant commencé son voyage sur le chemin de la modernité, les attaques des philosophes et de certains livres de voyage, le Voyage de Figaro en Espagne du marquis de Langle notamment, dominèrent la scène culturelle française.

Autant de regards croisés où les préjugés se déclinent aussi bien à travers des images indirectes - parmi lesquelles celles de personnages comme Voltaire, Montesquieu ou Boyer d’Argens - que par le biais de voyages imaginaires, qui ont pour objet de confirmer des certitudes. Cette production n’en décrit pas moins d’incontestables et paradoxales avancées : l’Espagne est en effet décrite comme le théâtre de profondes réformes sociales et économiques, mais se singularise en même temps par sa défense de la tradition et de l’humanisme, tandis que la presque absence de philosophie dans le pays et le maintien d’institutions comme l’Inquisition, la relèguent à la périphérie de l’Europe moderne. Ces lumières et ombres des visions de l’Espagne seront analysées à travers le monde du livre et de la littérature française.

Entrée libre

 

Programme

  • Sabine Juratic (Institut d'histoire moderne et contemporaine, CNRS-ENS)
    Les livres français et l’Espagne au temps de Figaro.

  • Daniel-Henri Pageaux (Université Sorbonne Nouvelle 3)
    Sur la pénétration des Lumières espagnoles en France: de l'information à la représentation.

  • Nicolás Bas Martín (Universidad de Valencia)
    Faisons connaître les Espagnols. L’image de l’Espagne à travers le monde du livre parisien du XVIIIe siècle.

 

Lieu

Instituto Cervantes de París (Auditorium)
7, Rue Quentin-Bauchart
75008 Paris

Pratiques contemporaines de l’histoire orale. De l’entretien aux archives orales

Pratiques contemporaines de l’histoire orale. De l’entretien aux archives orales

Date limite de dépôt : 30 décembre 2018 - Appel à communication

Présentation

Journées d’étude coorganisées par Ariane Mak (CRH) et Carine Lemouneau (Université Paris 1), avec le soutien du Campus Condrocet, l'Université Paris 1 et l'EHESS.

Face au dynamisme de l’oral history à l’international, l’invisibilisation de l’« histoire orale » en France pose question. Les pratiques historiennes de l’entretien font, aujourd’hui encore, l’objet de relativement peu de discussions dans le paysage universitaire français. Plus nombreux qu’on ne le pense sont pourtant les travaux d’historiens associant une démarche d’enquête orale à l’exploitation des archives écrites. Si l’histoire orale demeure principalement investie par l’histoire sociale, l’histoire des institutions, et l’histoire des conflits et traumatismes collectifs, le recours aux entretiens touche désormais des champs de plus en plus variés. Ainsi l’histoire de l’art en particulier témoigne depuis quelques années d’un intérêt inédit pour l’archive orale à laquelle elle était longtemps restée rétive : le chantier de collecte des témoignages oraux des proches et collaborateurs d’André Chastel en 2014 et la mise en place d’une base d’archives orales de l’art pour la période contemporaine (disponible sur la plateforme Agorha de l’Institut National d’Histoire de l’Art) attestent d’un renouveau des méthodes d’enquête, dépassant le traditionnel entretien d’artiste.  
L’objectif de ces journées est donc d’esquisser un état des lieux des travaux des doctorants et jeunes chercheurs en matière d’histoire orale. Elles se veulent un espace de discussion sur les apports, les usages et les enjeux propres à la pratique de l'entretien d’une part, et à l’exploitation des fonds d’archives orales d’autre part. Nous encourageons donc tout particulièrement les jeunes historiens et historiens de l’art à examiner la manière dont ils mobilisent les sources orales dans leurs travaux, et à proposer une réflexion critique sur la constitution et l’exploitation des archives orales.  
À travers le croisement des objets d’étude et des terrains, ces journées doctorales visent à mettre au jour les apports pluriels des sources orales. Dans cette perspective, les rapports entre archives écrites et orales nous intéressent au premier chef. Au-delà du recours à l’entretien conçu comme une manière de suppléer aux lacunes des matériaux écrits, quelles formes de jeux et d’articulations plurielles inventer entre archives écrites et orales ? Comment se nouent, dans la pratique, l’enquête orale et l’exploration des archives ?
Il s’agira d’engager une réflexion collective sur la critique de ces sources, soumises plus que toutes autres à la mémoire. Ce faisant, nous proposons d’investir les enjeux de la mémoire comme objet d’étude en soi, en réinscrivant les phénomènes de déformation, d’oublis, de silences et de non dits, de mythologie et d’influences plurielles, dans l’analyse des entretiens.
Par ailleurs, ces journées doctorales souhaitent replacer la pratique de l’entretien dans la boîte à outils des jeunes historiens. Nous encourageons donc les communications explorant l’ingénierie de l’histoire orale, les choix méthodologiques mis en œuvre et les difficultés éventuellement rencontrées. On pourra ainsi s’interroger sur le format et les méthodes d’entretien adoptées (entretien directif, semi-directif, récit de vie…) sur les multiples questions que soulèvent le choix du dispositif d’entretien (enregistrement vidéo, photographies, entretien collectif…) ainsi que sur les dimensions plus larges de l’enquête orale (modalités d’accès au terrain, relations enquêteur-enquêté…). Enfin, les défis de la transcription, de l’analyse et de la réinscription des entretiens au sein de la thèse forment des enjeux clefs souvent confinés aux coulisses de la recherche. Outre le versant méthodologique de ces questions, nous encourageons les communications abordant les enjeux épistémologiques, éthiques et juridiques de la collecte et de l’usage de témoignages. Du point de vue de l’exploitation des collections d’archives orales, les défis posés par le numérique et la démocratisation de l’accès aux témoignages, nous intéressent particulièrement.
Les journées d’études examineront enfin la question des formes de restitution aux interviewés et aux usages de l’histoire orale à destination d’une audience élargie. L’oral history anglo-saxonne, adossée à une public history dynamique, a ouvert la voie à de multiples usages des témoignages hors de la sphère universitaire, dont on trouve des échos en  France : plateformes collaboratives, documentaires, pièces de théâtre,  expositions… Dans le domaine de la muséographie en particulier, le dialogue entre histoire et histoire de l’art apparaît particulièrement fécond pour interroger la place nouvelle de l’oralité dans les dispositifs scénographiques. Plusieurs exemples récents témoignent de l’inventivité actuelle des dispositifs autour des entretiens (on pense notamment à l’exposition sonore « Voix cheminotes » organisée par Rails et histoire aux Archives nationales en 2015 ; ou encore à l’exposition « HER Story » de Julie Crenn et Pascal Lièvre qui s’est tenue à la Maison des Arts de Malakoff en 2017 puis à la galerie Le Cube de Rabat en 2018).

 

Calendrier et modalités de soumission

Les communications, d’une durée maximale de 20 minutes, seront discutées par des spécialistes des archives orales et praticiens de l’histoire orale.
Les propositions de communication d’environ 3 500 signes incluront :
    - Le titre et le résumé de la communication, précisant en particulier les entretiens ou les collections d’archives orales sur lesquelles elle s’appuie
    - Une brève présentation de l’auteur
Les propositions ainsi que toute demande d’information sont à envoyer de manière conjointe à : arianemak.t@gmail.com et c.lemouneau@gmail.com
30 décembre 2018 - Date limite d'envoi des propositions
15 janvier 2019 - Réponse des organisatrices des journées
15 mars  2019 - Envoi de la communication écrite
11 et 12 avril 2019 - Journées d’étude

Rural History 2019 - 4th EURHO Conference

Rural History 2019 - 4th EURHO Conference

Date limite de dépôt : 1er février 2019 - Appel à communication

Présentation

Rural History 2019, la quatrième conférence biennale de l’European Rural History Organisation (EURHO), se déroulera à Paris du mardi 10 septembre au vendredi 13 septembre 2019.

Après le succès de l’Appel à Panels (plus d’une centaine de propositions de 37 pays), l’EURHO lance le Call for papers (Appel à communication).

Tous les chercheurs travaillant sur l’histoire rurale sont invités à soumettre des propositions de communications en optant pour un des panels sélectionnés. Nous accueillerons des communications traitant de l’histoire économique, sociale, politique ou culturelle de la campagne (production agricole ou artisanale, reproduction sociale, consommation, culture matérielle, relations de pouvoir, genre, bien-être, vie du village, relations politiques, améliorations technologiques et scientifiques, tourisme etc.) en lien avec l’histoire environnementale et anthropologique. Les approches issues des sciences sociales (géographie,  sociologie, science politique, archéologie), de l’économie et des sciences du vivant (agronomie, biologie, zoologie) seront encouragées.

 

Calendrier et modalités de soumission

L'appel à communication sera ouvert du 4 décembre 2018 au 1er février 2019. Les candidats doivent choisir un des panels sélectionnés, dans une liste ajoutée dans le site web de la conférence, http://ruralhistory2019.ehess.fr/.
Une proposition de communication (paper) doit inclure un titre, le nom complet et l’affiliation de l’auteur (ou des auteurs le cas échéant), et un résumé (maximum 400 mots). Les participants ne peuvent pas proposer plus de deux communications. L’anglais est la langue officielle de l’EURHO.
Chaque session durera deux heures et comprendra quatre communications ou papers. Les sessions seront dirigées par un président (Chair) et un discutant.

Seules les candidatures en ligne seront acceptées via ce lien :

https://eurhoparis2019.sciencesconf.org/submission/submit

La date limite est le premier février 2019.

Organisation :École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à travers le Centre de recherches historiques (CRH), en collaboration avec le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme) et l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes).

 

Une histoire croisée de la fabrique du droit du travail

Une histoire croisée de la fabrique du droit du travail

Jeudi 17 janvier de 9h30-17h - Journée d'étude

Présentation

Cette journée d’étude en hommage à Sabine Rudischhauser est organisée par Bénédicte Zimmermann (Centre Georg Simmel), Patrick Fridenson (Centre de recherches Historiques) et Claude Didry (Centre Maurice Halbwachs), avec le soutien du Centre Marc Bloch, autour de son dernier ouvrage Geregelte Verhältnisse. Eine Geschichte des Tarifvertragsrechts in Deutschland und Frankreich 1890-1918/19 (Cologne, Böhlau, 2017, 878 p.)
Sabine Rudischhauser (1961-2017) a introduit un regard nouveau sur l’émergence de la négociation collective en intégrant, au-delà de la seule conflictualité sociale, les initiatives politiques, législatives, juridiques, mais aussi sociologiques qui contribuent à définir la catégorie même de convention collective en France et en Allemagne. Sur la séquence 1900-1920, elle met au jour une véritable dynamique institutionnelle, dans laquelle se justifie un rapprochement entre l’Allemagne et la France, en faisant apparaître non seulement un parallélisme, mais aussi des emprunts réciproques et une référence commune, l’Angleterre. Geregelte Verhältnisse, son dernier ouvrage, couronne ainsi une vie de recherche que sa disparition précoce a interrompue brutalement. Il constitue un apport de premier plan tant pour la discipline historique, que pour le droit, la sociologie et l’économie. Cette journée d’étude entend rendre hommage à Sabine Rudischhauser, non seulement en revenant sur son parcours, mais aussi en mettant en discussion les perspectives qu’ouvrent ses recherches.


Programme

 

Lieu

Institut d’Etudes Avancées
Hôtel de Lauzun
17, Quai d’Anjou
75004 Paris

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Mardi 10 janvier de 14h30-19h - Journée du CRH

Présentation

Cité italienne, byzantine, métropole coloniale, Venise fut l’une des villes les plus ouvertes de l’Europe médiévale. A son apogée, elle fut entre autres choses une ville allemande. Fruit d’une enquête longue et patiente, le livre de Philippe Braunstein met en lumière cette facette méconnue et essentielle de l’histoire vénitienne. Autour du Fondaco dei Tedeschi, centre des relations avec le monde germanique, s’activent marchands, tisserands, orfèvres, boulangers et imprimeurs, observés à travers leurs réseaux d’immigration, leurs familles, leurs institutions et leurs contributions au dynamisme vénitien. À la fois portrait de groupe et tableau intimiste d’une communauté soucieuse d’intégration, le livre donne à voir les dynamiques à l’œuvre dans la croissance de l’une des métropoles européennes. Mathieu Arnoux (CRH), Pierre Monnet (CRH) et Giuliano Milani (Università di Roma-La Sapienza) débattront autour de l’ouvrage en présence de l'auteur Philippe Braunstein.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris


Document(s) à télécharger

Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Lundi 30 janvier de 9h-18h - Journée du CRH

Présentation

Alain Dewerpe (1952-2015) est l’auteur d’une œuvre importante et diverse. Menés dans le cadre de sa direction d’études à l’EHESS depuis 1991, ses travaux sur la protoindustrialisation,  puis sur le monde des usines aux 19e et 20 siècles, sur les techniques, sur l’organisation du travail et les espaces dans lesquels elle s’est inscrite,  sont devenus classiques. Il n’a cessé de s’y consacrer, seul, avec les étudiants qu’il a formés et dans le programme de travail collectif auquel il a activement  participé avec des historiens et des économistes au sein de l’Atelier Simiand . Le grand livre qu’il a longuement préparé sur l’entreprise italienne Ansaldo et qui était presque achevé à sa mort sera bientôt publié. Mais A. Dewerpe s’est aussi fait connaître par trois grands ouvrages qui relevaient de ce qu’il concevait comme une anthropologie de l’Etat : Un Tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-1566),( avec D. Nordman et J. Boutier,1984), Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain (1994) et Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat (2006), sans doute son livre le plus connu.

Alain Dewerpe fut un grand historien et un enseignant convaincu. Il fut aussi pour beaucoup d’entre nous un compagnon de travail et un ami. A l’Ecole, dont il a dirigé pendant plusieurs années les Editions et à laquelle il était profondément attaché, il a beaucoup apporté. C’est à tous ces titres que le Centre de recherches historiques a décidé de lui rendre hommage de la manière dont nous voulons espérer qu’il l’aurait souhaitée, en réfléchissant sur son œuvre.


Organisateurs : Jacques Revel et Jean-Paul Zuñiga


Programme

 

Lieu

EHESS (Salles A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

Document(s) à télécharger

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

Rural History 2019 - 4th EURHO Conference

Appel à communication - Vendredi 01 février 2019 - 23:00Rural History 2019, la quatrième conférence biennale de l’European Rural History Organisation (EURHO), se déroulera à Paris du mardi 10 septembre au vendredi 13 septembre 2019.Après le succès de l’Appel à Panels (plus d’une centaine de prop (...)(...)

Lire la suite

Voie/Voix de représentations

Rencontre - Lundi 17 décembre 2018 - 16:00Les spectacles sont une arène et un laboratoire de choix pour exprimer et repérer après coup les traces de l’Histoire, particulièrement vives sous la Révolution. Les pouvoirs tentent de contrôler l’espace public, sans parvenir à fixer le sens des perform (...)(...)

Lire la suite

Pratiques contemporaines de l’histoire orale

Appel à communication - Dimanche 30 décembre 2018 - 23:00Journées d’étude coorganisées par Ariane Mak (CRH) et Carine Lemouneau (Université Paris 1), avec le soutien du Campus Condorcet, l'Université Paris 1 et l'EHESS.Face au dynamisme de l’oral history à l’international, l’invisibilisation de (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRH (UMR 8558)

EHESS
54, boulevard Raspail
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 49 54 24 42

Direction du CRH :
Béatrice Delaurenti
Thomas Le Roux

Dernière modification :
10/12/2018