Actualités

Ça ne coule pas (toujours) de source. L’intangible en histoire

Ça ne coule pas (toujours) de source. L’intangible en histoire

Date limite de dépôt : 30 avril - Appel à comm

Présentation

L’intangible, dans son sens premier, désigne ce que l’on ne peut pas toucher, ce qui est impalpable et inaccessible. Le terme a un deuxième sens et s’applique aussi à ce que l’on ne peut pas modifier, l’immuable. Le rapport de l’historien au temps était au cœur des Forums du CRH de l’année 2018 (« Changement historique et découpages temporels ») et de l’année 2019 (« Tradition et histoire »). Pour le Forum de l’année 2020, nous proposons de centrer le propos non pas sur le temps, mais sur les objets difficilement accessibles à l’historien : l’intangible, au sens de ce qui est hors de portée et qui le demeure par-delà l’enquête historique.

L’objectif de ces journées est de permettre une réflexion collective sur les limites de la saisie historique du passé et sur les manières de contourner ces limites. Quels objets résistent à l’analyse historique ? Comment faisons-nous, dans nos enquêtes et nos lectures des sources, pour tenter de cerner l’indiscernable, de saisir l’insaisissable, d’atteindre l’intangible ou de le faire apparaître ? Cette interrogation pourra être conduite dans trois directions.

 On se demandera ainsi comment se saisir, en histoire, de ce qui ne laisse pas ou peu de traces : les odeurs, les sons, les gestes, les affects en sont les exemples les plus évidents. On pourrait aussi mentionner la vie domestique, l'économie informelle, la notion de patrimoine immatériel ou la dimension orale de la vie passée. Ces objets de recherche atypiques se sont imposés depuis l’appel inaugural de Lucien Febvre en faveur d’une « histoire des sensibilités », explorée par exemple par les travaux d’Alain Corbin. L’histoire des émotions, foisonnante aujourd’hui, s’empare de cette problématique, mais il existe aussi d’autres voies, comme l’étude des modes de perception sensorielle des acteurs du passé, de leurs savoirs implicites, ou encore de catégories d’acteurs (milieux sociaux « sans voix », vaincus, femmes) ayant laissé peu de traces écrites ou délégitimés dans leur droit à la parole.

            La notion d’intangible amène également à questionner d’autres objets qui, à première vue, offrent peu de prise à l’enquête historique. Ainsi, des concepts « en creux » comme le vide, le silence ou l’oubli constituent souvent les angles morts d’une recherche, car ils sont difficiles à appréhender en tant que tels et demandent, pour le faire, de ruser avec les sources. Il en va de même de l’absence : comment interpréter un manque de données, une césure dans une série de documents, un blanc sur une carte, la disparition d’un texte ? Dans ces différents cas, la question du choix des sources est centrale. Ce sont parfois les tableaux, les peintures, les images scientifiques et techniques ou d’autres sources atypiques qui donnent accès à l’intangible.

Réfléchir à l’intangible en histoire, enfin, permet d’ouvrir un questionnement plus large sur la part d’implicite et d’insaisissable de nos travaux. L’enquête historique elle-même produit de l’intangible : certains éléments ne peuvent être saisis et sont laissés à la marge, non pas du fait du manque de documents, mais en raison des choix opérés, du découpage de l’objet, des connaissances de l’historien ou de ses motivations inconscientes. On pourrait même se demander jusqu’à quel point il convient de chercher à dévoiler l’intangible. Est-ce légitime ?

Calendrier et modalités de soumission

Ces quelques pistes de réflexion sont indicatives ; le champ du questionnement autour de la notion d’intangible reste pleinement ouvert. Nous acceptons les propositions individuelles et collectives, même dans des formats inhabituels. N’hésitez pas à reprendre sous ces perspectives des objets ou des sources que vous avez déjà traitées dans d’autres contextes.
Nous attendons vos propositions avant le 30 avril 2020 à adresser à thomas.le-roux@ehess.fr et beatrice.delaurenti@ehess.fr. Merci d’indiquer dans votre réponse si vous avez un jour de préférence parmi les deux dates proposées.
Le Forum du CRH se tiendra à Paris les 22 et 23 juin 2020.

Paradoxes de la modernité

Paradoxes de la modernité

Lundi 24 février de 15h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Pablo Blitstein, Cyril Lemieux (dir.), Paradoxes de la modernité, Politix. Revue des sciences sociales du politique, 2018, n° 123 (vol. 31)

Souvent renvoyé du côté d’un évolutionnisme plus ou moins implicite et parfois accusé d’entretenir la domination néocoloniale, le champ des études sur la modernité et les processus de modernisation a été progressivement discrédité dans les sciences sociales ces quarante dernières années. Depuis quelque temps, un certain nombre d’historiens et de sociologues ont cependant entrepris de le réinvestir sur de nouvelles bases. C’est à la démarche qui les réunit et aux renouvellements méthodologiques qu’ils proposent que ce dossier de Politix est consacré.
Comme les coordinateurs du numéro, Pablo Blitstein et Cyril Lemieux (LIER-FYT), l’exposent dans leur article introductif, les travaux qu’il s’agit ici de considérer puisent dans des méthodologies et des sources d’inspiration théoriques diverses. En outre, ils étudient des contextes sociohistoriques très différents en les appréhendant à des échelles variables. Au-delà de cette grande diversité, ils ont toutefois en commun d’entretenir une même distance à l’égard de ce qu’on peut appeler le paradigme évolutionniste/misérabiliste, consistant à mesurer les « retards » et les « manques » des groupes humains et des sociétés selon les standards, réputés les plus élevés, de la modernité euro-américaine. De surcroît, ces travaux partagent également une forte insatisfaction à l’égard du paradigme opposé, que l’on peut nommer exceptionnaliste/populiste, consistant à affirmer l’autonomie culturelle des « peuples » non-occidentaux vis-à-vis de l’ « Occident », jusqu’à considérer parfois que la modernité serait une idée ne représentant rien dans la culture « authentique » des autres peuples et qu’elle ne correspondrait pas, en outre, à ce que ces autres peuples attendent réellement.

Sommaire :

  • Pablo A. Blitstein et Cyril Lemieux. "Comment rouvrir la question de la modernité? Quelques propositions". Pages 7 à 33. Voir ici
     
  • Gildas Salmon. "Les paradoxes de la supervision. Le « règne du droit » à l’épreuve de la situation coloniale dans l’Inde britannique (1769-1781)". Pages 35 à 62. 
     
  • Pablo A. Blitstein. "L’opération typologique. Réforme politique et perceptions de la modernité chez les mandarins chinois au tournant du 20e siècle". Pages 63 à 86.
     
  • Fanny Charrasse. "Modernes parce que traditionnels? La légitimation du magnétisme en France et du chamanisme au Pérou". Pages 87 à 113. 
     
  • Cyril Lemieux. "Paradoxe de la modernisation. Le productivisme agrcole et ses critiques (Bretagne, années 1990-2000)". Pages 115 à 144. 

Lieu

EHESS (Salle A05_51)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

L’histoire germano-polonaise. Un nouveau champ historiographique et ses contributions pour une histoire de l’Europe

L’histoire germano-polonaise. Un nouveau champ historiographique et ses contributions pour une histoire de l’Europe

12 et 13 février - Colloque

Présentation

Polish-German History. A New Historiographical Field and its Contribution to the History of Europe
Deutsch-polnische Geschichte. Ein junges Forschungsfeld und sein Beitrag für eine Geschichte Europas

German-Polish history is an innovative and stimulating field in the history of Central and Eastern Europe and beyond. We propose to reflect the historiographical and memorial challenges that governed the formation of this field as well as the concepts and methods on which it has since been built. They are now the basis for the dynamics of the field, due in particular to its ability to associate different scales of analysis from the local to the global level. Special attention will be paid to the contribution of Polish-German history and other »bi-national« historiographies like Franco-German history to the project of writing European history especially when it comes to the specific approaches forged or adopted by historians in these fields (transfer, shared history, histoire croisée, connected history, entangled history, Zwischenraum).

Partners: Centre national de la recherche scientifique (CNRS) – Deutsches Historisches Institut Warschau (DHI Warschau) – Deutsches Historisches Institut Paris (DHIP) – École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Paris: Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen, Centre Georg Simmel, Centre de recherches historiques – Polska Akademia Nauk, Stacja Naukowa w Paryżu – Université de Lille: Institut de recherches historiques du Septentrion – Uniwersytet im. Adama Mickiewicza w Poznaniu.

Scientific Committee: Jawad DAHEUR (CNRS, Paris), Jürgen FINGER (DHIP), Maciej GÓRNY (DHI Warschau), Catherine GOUSSEFF (CNRS, Paris), Morgane LABBÉ (EHESS, Paris), Thomas SERRIER (université de Lille).

Information and reservation:

Conference languages: English, German
1st conference day and 1st round table: event@dhi-paris.fr
2nd conference day and 2nd round table: secretariat@paris.pan.pl

Pour en savoir plus

 

Programme

 

Lieux

12 February 2020

Deutsches Historisches Institut Paris
Institut historique allemand
8, rue du Parc-Royal
75003 Paris

13 February 2020

Centre scientifique de l’Académie polonaise des sciences
74, rue Lauriston
75116 Paris

Dentro e fuori ghetto. Vita e cultura ebraica a Siena in età moderna

Dentro e fuori ghetto. Vita e cultura ebraica a Siena in età moderna

Jeudi 27 février de 9h-17h30 - Colloque

Présentation

Sous l’angle d’une histoire sociale et culturelle de la présence juive, ce colloque invite à l’étude des sociétés et des cultures juives dans le ghetto de Sienne (siècles XVIe-XIXe), ainsi qu’à l’observation des expériences des Juifs siennois en dehors du ghetto, au milieu du monde catholique toscan, dans l’espace de la ville de Sienne et du Grand-Duché de Toscane. La diversité des populations juives du ghetto, la condition de minorité juridique, la précarité socio-économique ainsi que la persévérance culturelle face à la ghettoïsation, seront parmi les sujets au cœur des recherches présentées. Organisé par les Archives d’Etat de Sienne et la Communauté juive de Florence en collaboration avec le CRH (représenté par Davide Mano, chercheur associé), ce colloque réunira une quinzaine de spécialistes du monde juif, du droit, de l’histoire sociale, culturelle ou économique italienne. Les actes du colloque seront publiés en 2021 par les éditions de la Direzione Generale degli Archivi.


Programme

 

Lieu

Archivio di Stato di Siena
Banchi di Sotto, 52
53100 Siena SI, Italie

 

Culture techno, entre libération, répression, confiscation

Jeudi 13 février de 17h-20h - demi-journée d'étude

Présentation

Laissons place au bricolage sonore, à la danse libre et à la transe collective !
Il y a près de 30 ans que la techno est arrivée en France pour bouleverser les pratiques festives des jeunes générations des campagnes et des villes. Et pourtant, certaines de ces pratiques continuent à être incomprises, stigmatisées et réprimées. En effet, des clubs aux raves et aux free parties, le mouvement techno s’est progressivement décliné en une multiplicité de formes qui se distinguent, non seulement par leur façon de faire la fête, mais aussi par leur rapport à la légalité et aux dogmes moraux dominants de la société. Une question se pose : En quoi consistent ces pratiques festives et pourquoi les autorités publiques prennent-elles des dispositions stratégiques à leur sujet ? Nous tenterons d’y répondre en accordant une attention particulière aux free parties – projets de fête libre, gratuite et clandestine – sans délaisser pour autant une vision globale du mouvement techno. Ainsi, cette séance sera l’occasion de rendre compte du lien qu’entretiennent la fête, les drogues et les mouvements contestataires tout en interrogeant la dimension politique du recours à l’art, au rêve et à l’imagination.

 

Programme

  • Vincent Benso est sociologue, membre de Techno +, d’ASUD et observateur pour TREND Île de France. Acteur de terrain engagé dans le champ de la réduction des risques depuis près de 15 ans, il a mené des recherche-actions sur le trafic, les "nouvelles" drogues, les consommations en espace festif techno et les usages d’Internet liés aux drogues.

  • « Renard » est membre du Collectif de Soundsystems des « Insoumis » et de Techno + depuis plus de 15 ans. Teufeur de longue date, compositeur tekno, Renard est aussi militant pour la revendication de l’autogestion au travers de la confrontation festive. (A MODIFIER OU PAS)

  • Nathan Gimenez est masterant d’Etudes Politiques à l’EHESS et volontaire à Techno +. Amateur de free party et de musique techno, il consacre ces recherches aux enjeux politiques et militants du mouvement en France tout en s’engageant dans la réduction des risques liés à la consommation de drogues en milieu festif.

Lieu

EHESS Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

A table au Moyen Âge

A table au Moyen Âge

Du 6 janvier au 24 mai - Exposition

Présentation

La nouvelle exposition à la Tour Jean sans Peur se consacre à la table au Moyen Âge. Les deux commissaires de cette exposition, Danièle Alexandre-Bidon et Perrine Mane, ont conçu toutes les bannières explicatives avec des textes clairs et plein d’anecdotes et Véronique Durey toutes les reconstitutions des poteries. Comment se déroulait le repas ? Que mangeait-t-on et dans quel ordre ? L'exposition présente un parcours complet de la manière de se nourrir à l'époque médiévale entre pratique sociale et nécessité vitale.

En savoir plus

Commissaires d'exposition : Danièle Alexandre-Bidon (GAM) et Perrine Mane (GAM), avec la collaboration de Véronique Durey (La poterie des Grands Bois).


Dossier de presse

 

Lieu

Tour Jean sans Peur
20, rue Étienne Marcel
75002 Paris


Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion (4)

Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion (4)

Jeudi 16 mars de 14h-18h - Demi-journée d'étude

Présentation

La mise en voir du droit


Dans le cadre des actions de SCRIPTA PSL “Histoire et pratiques de l’écrit”, le programme Afficher le droit au Moyen Âge. Regards croisés sur les chartes lapidaires entend poser les bases d’une réflexion sur les liens entre les pratiques d’écriture exposée et l’exercice du droit dans la culture écrite du Moyen Âge occidental. Il est conçu comme un cycle de séminaires débouchant sur la publication d’une synthèse bibliographique et thématique, et sur la mise à disposition du corpus rassemblé au cours de la recherche.
La quatrième et dernière séance du programme se tiendra le jeudi 19 mars 2020 à l’École des hautes études en sciences sociales. Il s’agira cette fois-ci d’analyser les éléments visuels - les signes - prenant en charge la validité, l’authenticité ou l’autorité des textes et des objets, au premier rang desquels se trouvent l’ensemble des dispositifs héraldiques. L’épigraphie a eu jusqu’à présent tendance à ignorer les armes et les devises entrant en interaction avec l’écriture exposée, considérant l’héraldique et l’inscription comme deux systèmes de signes indépendants, y compris quand ils prennent place sur un même objet ou monument. Les chartes lapidaires, et plus généralement les inscriptions rapportant des décisions ou des gestes de nature diplomatique, sont pourtant souvent au contact des pratiques héraldiques, par fonction ou par contexte. Dans quelle mesure ce que l’on sait des relations entre l’exposition des armoiries et le droit permet d’éclairer le statut des inscriptions de type diplomatique ? C’est l’interrogation que nous étendrons aux images probatoires ou d’autorité présentes dans les manuscrits et aux figurations monumentales des actes pour penser la valeur juridique des systèmes visuels médiévaux indépendamment de leur support mais en fonction de leur contexte d’usage. Cette dernière séance du séminaire Afficher le droit au Moyen Âge sera enfin l’occasion d’un bilan collectif des réflexions entamées en septembre dernier.

Programme

  • Catherine Marchal
    La charte lapidaire de Simon de Montfort dans l'église de Saint-Arnoult-en-Yvelines

  • Laurent Hablot (EPHE)
    Baliser le droit : le marquage héraldique et l'expression des droits au Moyen Âge

  • Maria Alessandra Bilotta (Institut d’études médiévales, Université Nouvelle Lisbonne)
    Les images avec valeur de droit : quelques réflexions sur la valeur de droit des illustrations des manuscrits des compilations de droit civil et canonique au Moyen Âge (XIIIe – XIVe siècle)

  • Laurent Morelle (EPHE)
    Conclusions

Lieu

EHESS (Salle AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Autour de l'ouvrage de Nancy L. Green, The Limits of transnationalism

Autour de l'ouvrage de Nancy L. Green, The Limits of transnationalism

Lundi 2 mars de 14h-17h - Les Lundis du CRH

Présentation

L’engouement pour le transnational ne tarit pas, avec de bonnes raisons, mais The Limits of Transnationalism propose de nuancer notre enthousiasme en rappelant les empêchements, les difficultés, et les rapports de force qui font aussi partie d’une histoire d’échanges et de circulations. Le transnationalisme peut impliquer la traversée des frontières physiques ou des frontières intellectuelles.  Pour les historiens, il est à la fois une perspective de recherche ainsi qu’une recherche de transnationalismes passés, qu’il s’agit du mouvement des idées, des matières primaires, ou des gens. Ce livre cherche à questionner ce « moment transnational » – qui accompagne le langage sur la globalisation depuis la fin du XXe siècle – en particulier en ce qui concerne les migrations, de manière historique et historiographique.  Malgré la « nouveauté » du phénomène initialement postulé par les anthropologues, la longue histoire du transnationalisme des migrants ne fait pas de doute.  Or, mettre l’accent sur une certaine héroïsation de l’agent transnational, capable de saisir l’occasion et mobiliser les réseaux a fait oublier les entraves.  Si l’accent mis sur le transnational a permis de sortir d’une historiographie ancrée dans le sturm und drangdes expériences migratoires, il a peut-être induit une vision par trop optimiste de la capacité d’action individuelle.
En présence de l'auteur, la séance sera animée par Thomas Le Roux, avec les discussions de Jocelyne Dakhlia (CRH), Cecilia d'Ercole (ANHIMA) et Laurent Jeanpierre (Université de Paris 8).

En savoir plus sur l'ouvrage

 

Lieu

EHESS (Salle AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

 


 

Vous en reprendrez bien une tranche ? Changement historique et découpages temporels

Vous en reprendrez bien une tranche ? Changement historique et découpages temporels

15 et 16 novembre 2018 - Forum du CRH

Présentation

Le Forum du CRH, organisé par la direction du Centre de Recherches Historiques, est conçu commeun moment d’échanges annuel autour de questions transversales propres à la discipline historique. Le Forum 2018 se propose de revisiter les notions utilisées pour penser les séquences temporelles et le changement historique. D’une part, il s’agit d’interroger les modes de production des séquences temporelles : les découpages institutionnels, mais aussi sur l’usage anodin, presque conjoncturel, d’un vocabulaire spécifique visant à élaborer le cadrage temporel d’une recherche. Comment construisons-nous, dans notre mode d’écriture, les cadres temporels qui structurent nos travaux ? Quels principes justifient la sélection, la hiérarchisation, la mise en série, ou encore l’identification d’origines, de continuités, de ruptures et de tournants ? Comment conjuguer la périodisation, propre à l’exercice historique, avec les emprunts à l’anthropologie, la sociologie, la littérature ? D’autre part, la question concerne l’emploi de catégories temporelles par les acteurs historiques eux-mêmes. Le réflexe de penser en période, en ère etc. n’a pas les mêmes implications et le même sens dans toutes les sociétés. En outre, dans certains cas, les cadres conceptuels qui surgissent dans le débat social entrainent un changement du regard sur les périodes présentes et passées. Dans quelle mesure la continuité culturelle ou sociale, et les ruptures introduites dans cette continuité, sont-elles perçues et exprimées dans la vie courante ?

 

Programme

 

Lieu

FMSH (Salle du Conseil, A3-35, 3e étage)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

20 et 21 juin 2019 - Forum du CRH

Présentation

La notion de tradition est régulièrement employée en histoire. Elle recouvre diverses significations : une tradition peut être culturelle, religieuse ou intellectuelle, manuscrite ou orale, aristotélicienne ou platonicienne, occidentale ou orientale, etc. Le terme est courant, mais il est aussi labile, plastique, car il s’applique à toutes sortes de phénomènes et se prête aisément aux variations de sens ou d’emploi. C’est pourquoi nous proposons d’engager une réflexion, de manière très large, dans deux directions : premièrement, sur la manière dont les historiens emploient le mot ‘tradition’ ; deuxièmement, sur ce qui fait tradition à une période donnée, c’est-à-dire sur ce que le terme implique du point de vue des acteurs historiques. Il ne s’agit pas de revenir sur le mythe de l’invention de la tradition. En revanche, dans les deux perspectives énoncées plus haut -la tradition revendiquée par les acteurs et celle identifiée par les historiens, la notion de tradition soulève des questionnements qui touchent aussi bien à l’histoire sociale et religieuse qu’à l’anthropologique historique ou à l’histoire intellectuelle. Trois problématiques peuvent être distinguées. Premièrement, la notion de tradition suppose la transmission d’une série d’éléments à l’identique, par-delà les âges et les contextes. Par là même, elle pose la question des modalités de circulation des pratiques, des doctrines, du vocabulaire et des textes eux-mêmes, dans leur matérialité, autant que celle des instruments intellectuels et rhétoriques qui construisent et soutiennent la continuité de la transmission. Sur quels mécanismes reposent les transferts intellectuels ou culturels qui fondent, ou sont supposés fonder une tradition ? Quels cadres - sociaux, politiques, religieux, culturels, intellectuels - rendent possible, ou non, cette transmission ? Quelle relation entretient la tradition avec la communauté – religieuse, politique, intellectuelle, émotionnelle – qui l’a construite ou en est la gardienne ? Un second axe de réflexion concerne les interactions entre différentes traditions. Lorsque plusieurs traditions apparaissent en concurrence, on peut se demander dans quelle mesure celles-ci sont cloisonnées, et comment se construit, se maintient et se traduit ce cloisonnement. Une tradition peut-elle en nourrir une autre ? Comment et pourquoi les acteurs historiques choisissent-ils de se placer à l’intérieur ou en-dehors d’une tradition ? La question pourrait s’appliquer en particulier aux traditions historiographiques. Un troisième axe, enfin, porte sur la dialectique entre tradition et innovation, autorité et création. Il s’agit de saisir les transformations socio-politiques et les diverses innovations qui peuvent exister à l’intérieur d’une tradition, qu’elles soient scientifiques, techniques, juridiques, politiques, etc. Quelles sont les formes de légitimation de la nouveauté ou de négociation entre une dynamique créative et une continuité revendiquée par la tradition ? Jusqu’à quel point cette dernière est-elle ouverte à de nouveaux apports, qu’ils soient intellectuels, culturels ou sociaux ? Quelle est la marge d’autonomie des acteurs historiques à l’intérieur du cadre constitué par la tradition ?

 

Programme

Dépliant du programme

 

Lieu

Jeudi 20 juin :

Institut Hongrois
92, rue Bonaparte
75006 Paris
Inscription obligatoire auprès de
: reservation@instituthongrois.fr

Vendredi 21 juin :

Columbia Global Centers
Reid Hall
4, rue de Chevreuse
75006 Paris

 


EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

Dentro e fuori ghetto. Vita e cultura ebraica a Siena in età moderna

Colloque - Jeudi 27 février 2020 - 09:00Sous l’angle d’une histoire sociale et culturelle de la présence juive, ce colloque invite à l’étude des sociétés et des cultures juives dans le ghetto de Sienne (siècles XVIe-XIXe), ainsi qu’à l’observation des expériences des Juifs siennois en dehors du (...)(...)

Lire la suite

Paradoxes de la modernité

Rencontres scientifiques - Lundi 24 février 2020 - 15:00Les Rencontres du GEHM (CRH)Pablo Blitstein, Cyril Lemieux (dir.), Paradoxes de la modernité, Politix. Revue des sciences sociales du politique, 2018, n° 123 (vol. 31)Souvent renvoyé du côté d’un évolutionnisme plus ou moins implicite et pa (...)(...)

Lire la suite

L’histoire germano-polonaise.

Colloque - Mercredi 12 février 2020 - 13:30L’histoire germano-polonaise est un domaine novateur et stimulant dans l’histoire de l’Europe centrale et orientale et au-delà. Ce colloque, organisé par Jawad Daheur (CNRS), Jürgen Finger (DHIP), Maciej Górny (DHI Warschau), Catherine Gousseff (CNRS), (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRH (UMR 8558)

EHESS
54, boulevard Raspail
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 49 54 24 42

Direction du CRH :
Béatrice Delaurenti
Thomas Le Roux

Dernière modification :
14/02/2020