Actualités

La prison dans le monde : nouvelles perspectives

La prison dans le monde : nouvelles perspectives

Date limite de dépôt : 15 février - Appel à contributions

La revue Socio lance un appel à contributions sur le thème « La prison dans le monde – nouvelles perspectives ». Le dossier est coordonné par Falk Bretschneider (Centre Georg Simmel, EHESS) et Natalia Muchnik (Centre de recherches historiques, EHESS). Les intentions de contributions (titre, résumé de deux pages et bibliographie)doivent être envoyées à Socio avant le 15 février 2019. Les articles devront être remis pour le 15 mai 2019.

Argument

L’historiographie de la prison a, dès ses débuts, intégré la dimension transnationale de son objet en se focalisant notamment sur la circulation des projets et des expériences. Mais elle en a délaissé des pans entiers. La plupart des travaux portent ainsi sur le début du xixe siècle que d’aucuns, comme Michel Foucault ou Michael Ignatieff dans les années 1970 et 1980,considèrent comme le berceau de la peine privative de liberté telle que nous la connaissons encore aujourd’hui. L’attention s’est également centrée sur les réformes des systèmes pénaux des puissances occidentales, la France, l’Angleterre et les États-Unis principalement. C’est pourquoi la prison apparaît encore aujourd’hui comme une invention européenne et nord-américaine qui se serait ensuite diffusée dans les autres continents, notamment dans le sillage des colonisations.

Revisiter les origines de la prison contemporaine

Ce dossier vise à interroger cette construction, en suivant deux démarches principales.

Tout d’abord, en se demandant si l’enfermement pénal ne résulterait pas d’expériences antérieures à la Révolution française, comme le suggèrent certaines recherches récentes, sur les institutions mixtes d’Ancien Régime,à la fois caritatives et punitives, ou sur les continuités entre mondes monastiques et carcéraux. Ces études ne remettent certes pas en cause la généralisation de l’enfermement comme modèle punitif au xixe siècleet l’instauration concomitante d’un discours et de pratiques pénitentiaires spécifiques. Elles proposent néanmoins d’inscrire ces processus dans un contexte chronologique plus large qui inclut les multiples formes d’enfermement des marginaux aux xvie-xviiie siècles (hôpitaux,maisons de discipline, dépôts de mendicité, etc.), mais aussi l’incarcération de religieux et de laïcs déviants dans les monastères. Il semble donc judicieux dès lors d’approfondir ce questionnement, notamment en remontant l’histoire carcérale jusque dans l’Antiquité.

Mais cet élargissement chronologique est également géographique. Si les époques antiques, médiévale et moderne ont été traitées dans l’Oxford History of the Prison, ouvrage de référence publié en 1995, comme une forme de « préhistoire » de la prison, il en a été de même pour les espaces extra-européens, exclus d’office, comme le signale d’ailleurs le sous-titre de l’ouvrage : The Practice of Punishment in Western Society. Pour les contributeurs, la prison contemporaine est d’abord une invention européenne et nord-américaine qui s’est répandue au rythme des conquêtes coloniales sur les autres continents ; l’exemple australien, avec ses grandes colonies pénitentiaires, servant de modèle à d’autres espaces, asiatiques entre autres.

 Cette hypothèse « diffusionniste » a été confirmée aussi bien que démentie par de récents travaux. D’un côté, il est indéniable que des pratiques d’enfermements particulières ont existé dans certains espaces extra-européens, du moins avant l’arrivée des puissances occidentales, comme l’ont montré Fariba Zarinebaf pour l’Empire ottoman, Frank Dikötter pour la Chine ou Daniel Botsman pour le Japon moderne. Il ressort toutefois que, dans d’autres espaces, l’émergence de l’emprisonnement a été contemporaine de la colonisation. C’est par exemple le cas en Afrique, ainsi que l’évoquent les travaux de Florence Bernault, ou en Indochine où, selon Peter Zinoman, elle prend la suite des camps de prisonniers de guerre installés par les Français.

 Il faut par conséquent penser deux mouvements ensemble : d’une part, un mouvement global vers la « réforme pénitentiaire » au xixesiècle, dont l’impulsion se situerait dans le monde occidental, d’autre part,des reconfigurations de traditions locales qui ne résultent pas simplement d’une modernisation par alignement sur un type occidental. C’est dire qu’une nouvelle histoire de la prison et des pratiques d’enfermement, ouverte chronologiquement et géographiquement, est aujourd’hui nécessaire.

La prison à l’ère de la globalisation 

La peine privative de liberté domine désormais dans la plupart des pays du globe. Pourtant, si au xixesiècle la science pénitentiaire se construisait dans des congrès internationaux fréquentés par des spécialistes du monde entier, elle semble aujourd’hui largement dominée par des préoccupations nationales. D’un sujet transnational, la prison s’est-elle donc réduite à un objet local ? La diversité des systèmes est évidente. La gestion de certaines prisons africaines ou sud-américaines rappelle volontiers des usages européens des xvie-xviiie siècles (porosité,autogestion et autosubsistance des détenus, insertion dans l’environnement urbain). Il s’agit donc également d’interroger les modèles véhiculés par les sciences sociales du carcéral, qui partent souvent d’une expérience exclusivement occidentale et contemporaine. Ne peut-on néanmoins saisir des relations entre ces réalités discrètes et géographiquement situées ? Car l’emprisonnement constitue aujourd’hui à bien des égards un marché global (modèles de construction, techniques de surveillance, infrastructures…) marqué par une tendance à la privatisation des lieux d’incarcération et à la sous-traitance par des entreprises nationales ou internationales. À cette dimension économique,qui suscite quantité d’échanges autour des pratiques (méthodes de traitement des détenus, soins, thérapies, formes de travail) s’ajoute la question de la religion, dont l’importance s’accroît autour du problème de la radicalisation en milieu carcéral, en particulier, mais pas seulement, à propos de l’islam.

Ces différentes pistes ne sont bien évidemment pas exclusives.Toute autre proposition s’interrogeant sur la prison ou d’autres modes d’enfermement, pénaux ou non, dans sa dimension globale sera la bienvenue.

Texte de l’appel en français : https://socio.hypotheses.org/414
Texte de l’appel en anglais : https://socio.hypotheses.org/392

 

Calendrier et modalités de soumission

Les propositions d’articles d’environ 5 000 signes (2-3 pages, bibliographies et notes incluses) sont à soumettre jusqu’au 15 février 2019 au secrétariat de rédaction : <socio@msh-paris.fr>.Elles devront permettre de saisir précisément à la fois les matériaux de recherche sur lesquels reposera l’article, ainsi que sa problématique et la démarche intellectuelle dans laquelle l’auteur s’inscrit, les principales thèses et résultats des recherches menées et les principales notions et références mobilisées.

Après acceptation de la proposition, l’article, autour de 30 000 signes (notes et bibliographie comprises), devra parvenir à la revue au plus tard le 15 mai 2019. Il sera alors soumis au comité de lecture de la revue et à des rapporteurs extérieurs.

Il est attendu un effort particulier sur l’écriture et un style qui mettent suffisamment en perspective les enjeux de l’article pour qu’il puisse susciter un intérêt au-delà d’un cercle restreint de spécialistes.

Les auteurs sont invités à respecter autant que possible les recommandations figurant sur le site de la revue à l’adresse : <https://socio.revues.org/547>.

Genre, sphère privée et sphère publique

Genre, sphère privée et sphère publique

Date limite de dépôt : 28 février 2019 - Appel à communication

Présentation

Née de la volonté de créer un espace de rencontre et d’échanges pour les doctorant.e.s qui intègrent le genre dans leur travail de recherche, la journée d’études “Le Genre en Histoire” arrive cette année à sa troisième édition. Ce rendez-vous est organisé par le groupe Genre du CRH à l’EHESS,  et aura lieu le 28 mai 2019.

La thématique proposée, “sphère privée et sphère publique”, invite à réinterroger, au sein de différentes périodes et aires culturelles, les oppositions traditionnelles entre le foyer domestique et l’espace public du point de vue du genre. Les phénomènes de politisation du privé, la place des émotions et des croyances dans la sphère publique ou encore les interférences entre l’éducation familiale et les choix professionnels ou politiques incitent à étudier les dynamiques complexes entre deux espaces trop simplement opposés. En quoi le genre a-t-il un rôle dans ces reconfigurations ? Quelles sont les interactions entre les normes de ces deux dimensions et la construction des différences de genre ?

 

Calendrier et modalités de soumission

La journée est ouverte, en priorité, aux doctorant.e.s en Histoire du CRH. Cependant, nous souhaitons étendre cette journée aux doctorant.e.s des autres UMR de l’EHESS et d’autres universités, qui pourront participer en fonction des places disponibles. Toutes les périodes, aires culturelles et thématiques sont les bienvenues.

Pour animer le débat et permettre au/à la doctorant.e d’avoir un regard extérieur sur son travail, chaque intervention, de 30 min maximum, sera suivie d’un temps de discussion avec un.e chercheur.euse confirmé.e convié.e par les organisatrices, puis avec la salle.

Les propositions de communication d'un maximum de 2 000 signes (espaces compris), accompagnées d'une courte biographie devront être envoyées à suzanne.rochefort@ehess.fr et sofia.zuccoli@u-pec.fr au plus tard le 28 février 2019.

La journée d'étude se tiendra le 28 mai 2019 à l'EHESS (salle M. & D. Lombard) – 96, boulevard Raspail – 75006 Paris.

Autour de l'ouvrage d'Enrico Castelli Gattinara, La forza dei dettagli. Estetica, filosofia, storia, epistemologia da Warburg a Deleuze

Autour de l'ouvrage d'Enrico Castelli Gattinara, La forza dei dettagli. Estetica, filosofia, storia, epistemologia da Warburg a Deleuze

Lundi 18 février de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

La prochaine séance des Rencontres du GEHM sera consacrée à la discussion de l'ouvrage d'Enrico Castelli Gattinara, La forza dei dettagli. Estetica, filosofia, storia, epistemologia da Warburg a Deleuze (Milano, Mimesis, 2017), qui invite à une réflexion épistémologique sur la question du détail, à partir d'un ensemble de lectures qui le mènent de A. Warburg à G. Deleuze. L’auteur présentera les thèses et les enjeux de son livre, après quoi le débat sera ouvert par Sabina Loriga et Jacques Revel.

Pour en savoir plus sur l'ouvrage

 

Lieu

EHESS ( Salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris


Un « spectacle dérobé à l’histoire » :  théâtres et émotions de la Révolution française

Un « spectacle dérobé à l’histoire » : théâtres et émotions de la Révolution française

Date limite de dépôt : 28 février 2019 - Appel à communication

Présentation

Les spectacles constituent un laboratoire privilégié pour repérer et saisir l’articulation des représentations et des émotions qu’elles provoquent. À la suite de travaux collectifs récents consacrés à l’avènement d’une « société du spectacle » au XVIIIe siècle, à la politique du répertoire théâtral et aux fictions de la Révolution (voir la bibliographie), ce colloque, organisé par Thibaut Julian (EHESS-CRH) et Renaud Bret-Vitoz (Sorbonne Université Lettres) interdisciplinaire invite à explorer l’événement vécu, jusque dans son après-coup sous le Consulat et l’Empire, dans la perspective ouverte de l’histoire des émotions : l’on propose d’étudier en miroir comment la fiction théâtrale réfléchit et façonne des sensibilités en actes, tandis que des dispositifs spectaculaires sont mobilisés pour produire des effets sensibles dans la sphère publique, de sorte que les émotions sont agencées par des pratiques codifiées voire ritualisées mais s’y « dérobent » parfois de façon inattendue, déjouant l’effet escompté. Il s’agit ainsi de mettre au jour une politique des émotions sous la Révolution en confrontant le théâtre aux autres manifestations collectives ressortissant à la « forme spectacle » : de l’Assemblée à l’échafaud en passant par le champ de bataille, de la fête aux conférences, via la « culture des apparences » et les stratégies de publicité. Entre unanimité et dissensus, plaisir et choc, froideur et exaltation, quelles formes ces émotions prennent-elles ? Quel statut leur octroyer pour l’herméneutique des textes et des spectacles, et comment leurs traces (écrites, visuelles ou sonores) idéologiquement situées contribuent-elles à fixer une mémoire orientée de la Révolution ?

La réflexion pourra embrasser les axes suivants :

Diversité et redistribution des émotions théâtrales

La nouvelle donne politique bouscule les genres, l’économie des spectacles et les horizons d’attente des auteurs-spectateurs, ce qui se traduit dans les effets des pièces, diversement éprouvés selon les publics. Comment les émotions théâtrales entrent-elles en résonance avec la Révolution dans ses différentes phases ? Les caractériser à la faveur d’études ciblées suppose d’opérer des distinctions fines en prêtant attention aux discours et réseaux métaphoriques récurrents (comme l’« électricité du théâtre ») et d’historiciser les séances en fonction des contextes ainsi que des lieux de création et de reprises.

Que l’on mette l’accent sur un théâtre de divertissement, ou didactique et patriotique, voire épique, les réactions des spectateurs oscillent entre adhésion participative ou admiration et distance critique ou rejet. De même que le rire présente des formes et des significations diverses, les émotions tragiques ne se réduisent pas à la terreur et la pitié. La rupture révolutionnaire permet que de nouveaux sujets polémiques, voire traumatiques, soient mis en scène : selon un processus spéculaire entre la fable et le temps de la représentation, une poétique de la hantise propice à des transferts symboliques se fait jour. Aussi a-t-on souvent attribué au mélodrame une fonction réparatrice au sortir de la décennie. À l’heure où est promue l’exemplarité civique, qu’en est-il de la catharsis ?

L’on peut tâcher de ressaisir la « fermentation » des émotions en scène et par la scène en explorant les cas d’harmonie ou les discordances entre intentions auctoriales (et politiques) et performances publiques, grâce aux traces de leur réception : rapports de censure et de police, critiques dans la presse et autres témoignages (mémoires, essais, tableaux de la littérature…), que pourront éclairer des rapprochements bienvenus avec d’autres arts, visuels ou musicaux.

Politique des émotions et matérialité des spectacles

La libéralisation du secteur théâtral en janvier 1791 et l’apparitions de nouvelles formes de rituels politiques comme la fête accroissent les scènes, donc les expressions sensibles et les clivages idéologiques entre partisans et adversaires de la Révolution. En vue de caractériser ce marché du spectacle (entendu comme espace économique et arène de débat), pourront être étudiés :

  •  Les dispositifs remarquables où se cristallisent les émotions collectives : scènes improvisées, de plein air, théâtres publics ou de société ; fêtes, célébrations officielles, pompes funèbres ; séances d’assemblée, procès politiques, profanations... La pulsion scopique du public suscite des mises en récit et en images (tableaux officiels, caricatures…) et une analyse à chaud des événements spectaculaires ;
  • La valeur des émotions et leur « navigation » entre plusieurs régimes : comment se combinent ou s’opposent, par exemple, l’amour ou l’amitié et la haine, le rire, l’effroi ou la honte, le « grotesque » et le « sublime » ? Les polarités ambivalentes de l’enthousiasme patriotique, du deuil ou encore de la fraternité méritent une attention particulière ;
  • Les effets produits par la matérialité des spectacles : modulation de la voix du comédien ou de l’orateur, techniques de jeu et de déclamation, utilisation ancillaire de la musique, de la chorégraphie, détournement d’habits civils en costumes, rôle des décors signifiants ;
  • Les rôles des principaux « acteurs » : si l’on pense spontanément aux représentants politiques et aux militaires, Mercier, à qui l’on emprunte le titre du colloque, remarquait encore dans Le nouveau Paris « que les comédiens et les peintres avaient joué dans la révolution les rôles les plus absurdes et les plus sanguinaires ». Une approche anthropologique ou sociologique pourrait éclairer les enjeux et les risques de la médiatisation et de l’engagement.

Indications bibliographiques

 

Calendrier et modalités de soumission

Le colloque se tiendra à Paris les 18 et 19 juin 2019, à l’EHESS et à la Sorbonne.

Les propositions de communications (titre et résumé de 300 mots environ) devront parvenir avec une courte notice biobibliographique pour le 28 février aux deux adresses suivantes : thibaut.julian@ehess.fr et renaud.bret-vitoz@sorbonne-universite.fr.

Suite à la sélection des participants par le comité scientifique, les résultats seront transmis par les organisateurs vers le 15 mars.

Les communications, en français ou en anglais, ne devront pas dépasser 20 minutes. L’hébergement est à la charge des organisateurs.

Document(s) à télécharger

La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah

La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah

21 et 22 février - Colloque international

Présentation

Les 14 et 15 janvier 2005, la BNF accueillait le colloque « Les Juifs et la Pologne, 1939-2004 : aspects multiformes du passé ». Il avait été ouvert la veille par deux témoins capitaux,  Wladyslaw Bartoszewski et Simone Veil et s'était conclu par une conférence de Marek Edelman, alors le dernier survivant de l'état-major de l'insurrection du ghetto de Varsovie qui était venu de Lodz apporter son témoignage.

La nouveauté de ce colloque, organisé par Olga Byrska (Ehess),Audrey Kichelewski (Université de Strasbourg), Judith Lyon-Caen (EHESS), Jean-Charles Szurek (CNRS), Dominique Trimbur (FMS), Annette Wieviorka (CNRS), Claire Zalc (EHESS/CNRS), consistait en la présentation au public français des travaux d'une nouvelle école historique, travaux qui avaient pu être menés dans le contexte de l’irruption du passé juif dans la société polonaise et de l'ouverture des archives.

Près de quinze ans après, alors que les grands témoins ne sont plus parmi nous et que le gouvernement polonais mène une « politique historique » qui vise à minorer, voire à nier, la participation des populations polonaises dans la traque et la mise à mort des Juifs de Pologne, les chercheurs réunis à Paris en 2005 ont fait école. Avec d'autres, ils ont publié des travaux de grande importance, éclairant sous des angles divers la question des rapports judéo-polonais pendant la Seconde Guerre mondiale et dans les années qui suivirent.

C'est une exigence intellectuelle, morale et politique de faire connaître aux chercheurs français, et à un plus large public, la richesse du travail mené en Pologne.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard raspail
75006 Paris

Le lundi 21 février à 17h

Collège de France
11, place Marcelin Berthelot
75005 Paris

 

 

Psychédélisme, punk et techno : expériences croisées

Psychédélisme, punk et techno : expériences croisées

Jeudi 14 février de 17h-19h - Demi-journée d'étude

Présentation

Des débuts du psychédélisme aux raves parties contemporaines il est possible d’établir une filiation. Difficile en effet de ne pas penser à des teufeurs transportant leur sound system aux quatre coins de l’Europe quand on lit les aventures des Merry Pranksters sillonnant les USA dans un bus bariolé pour organiser des « acid tests » à grand renfort de stroboscopes, de peinture fluo, de déguisements exubérants… Et bien sûr de LSD !

Sans y appartenir, le mouvement punk s’entrecroise avec cette filiation. Son esthétique est différente, pourtant elle se rapproche de certaines composantes de la culture techno… Des punks qui s’éclatent en teknival aux Hells Angels invités à se défoncer avec les Merry Pranksters, la consommation de drogues favorise-t-elle les rapprochements entre les contre cultures qui partagent ce point commun ?

 

Programme

Isaac Abrams, artiste peintre : "Retour sur une carrière d'artiste psychédélique"
Elise Grandgeorge
(anthropologue, Université Aix Marseille) : traduction

Vincent Benso, sociologue (ASUD / Techno+) : « Techno et drogues, 35 ans de passion… Pour le meilleur et pour le pire ! »

Alexandre Marchant, historien (ISP Cachan) : « Culture et esthétique de la défonce : drogues et mouvement punk (années 1970-1980) »

Florian Bureau, militant associatif (ASUD / Techno+), modérateur

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Contagions. Influence, contamination, propagation. Regards pluriels sur un processus historique

Contagions. Influence, contamination, propagation. Regards pluriels sur un processus historique

Date limite de dépôt : 28 février 2019 - Appel à communication

Volume collectif, sous la direction de Béatrice Delaurenti et Thomas Le Roux

Argumentaire

La contagion est une forme d’interaction fondée sur la transmission homme à homme d’un ou plusieurs éléments. Elle peut être active ou passive, matérielle ou immatérielle, singulière ou collective. Elle met en relation un agent contaminant dont l’intervention est spontanée ou volontaire, un récepteur participant, peu ou prou, à l’interaction, et un processus relativement autonome, qui peut être non-maitrisé ou au contraire faire l'objet d'un effort d'expansionet de contrôle.

Cette description a minima donne à la notion un sens extrêmement large, avec un usage littéral ou métaphorique. Dans une telle acception, la contagion touche à des domaines divers, concernant à la fois le savoir et les pratiques sociales. Le phénomène relève de la science, en particulier la médecine et la biologie - la transmission d’une maladie nous apparaît aujourd’hui comme la forme la plus évidente de contagion ; il s’applique aussi à la technique – pensons à la pollution industrielle ou à la propagation des ondes ; à l’économie – dans le cas, par exemple, de la diffusion des crises financières ; à la politique – il permet d’aborder les questions d’influence, de manipulation et de rumeur ; à l’étude des phénomènes sociaux – par exemple appliqué aux mouvements de foule ou au pouvoir des images ; à la théologie et à la pastorale – l’idée de contagion des péchés a servi de modèle, aux premiers temps de l’ère chrétienne, pour penser la notion ; à la psychologie – les émotions sont contagieuses, comme dans l’exemple topique du fou rire ; enfin, à la littérature – le modèle de la contamination peut s’appliquer à la réception d’une œuvre et à ses transformations dans la durée. La contagion et ses corolaires, l’influence, la contamination, la propagation, l’imitation, apparaissent ainsi comme des outils pertinents pour les sciences sociales et historiques : ils permettent de penser et de modéliser une certaine catégorie de relations, à différentes échelles, depuis les pratiques de pouvoir jusqu’aux échanges interpersonnels, depuis les interactions entre groupes sociaux jusqu’à l’intersubjectivité.

Chacune de ces questions a mobilisé les sciences sociales ; la notion de contagion elle-même a fait l’objet en 2011 d’un numéro spécial de la revue Tracés qui appelait à « dénaturaliser, par la profondeur historique et le croisement des disciplines, ce qui s’impose comme une clé de compréhension de nombreux phénomènes contemporains »[1]. Le numéro répondait à ce projet par un éditorial, huit articles originaux, deux traductions et deux entretiens qui, à l’exception de deux articles de médiévistes, se concentraient sur les XIXe et XXe siècle, tout en mettant en évidence diverses implications de la notion. En histoire, toutefois, c’est surtout dans des contextes et des emplois spécifiques que l’idée de transmission contagieuse a été interrogée. Une histoire de la contagion qui prenne en considération la variété de phénomènes concernés, ensemble et sur la longue durée de l’étude des sociétés passées, reste à écrire.

Le projet présenté ici s’inscrit dans ces perspectives. Nous voudrions élaborer une grammaire historique des contagions donnant à voir un large éventail de situation sociales, culturelles, politiques ou anthropologiques pour lesquelles le concept est opérant, dans le temps long. La richesse et l’éclatement de la notion justifient d’employer le terme au pluriel, les contagions, pour l’utiliser comme un prisme permettant de rassembler dans un même regard des doctrines et des pratiques multiples, toutes historiquement situées. L’objectif est moins de mener une réflexion épistémologique sur le concept que d’explorer ses différentes facettes et applications dans des terrains et des études de cas concrets, pour faire apparaître une dynamique historique de la contagion ou des contagions prises dans leur diversité.

Calendrier et modalités de soumission

En cela, nous nous situons dans le prolongement des propositions formulées dans le volume de Tracés, tout en inscrivant notre projet dans un cadre chronologique et problématique plus large et dans un format quelque peu différent. Il s’agit de constituer une série de notices thématiques brèves (10 000 signes environ) assorties de pistes bibliographiques (4 à 8 références). La notion sera déclinée dans tout le champ historique et pourra concerner aussi bien l’histoire sociale que l’histoire intellectuelle, l’histoire des sciences, des techniques, du fait littéraire ou des pratiques. Le volume sera traduit en anglais et proposé à la publication dans une maison d’édition anglo-saxonne, si possible en co-édition avec un éditeur français.

Le projet « Contagions » ne vise donc pas l’exhaustivité et n’a pas de vocation encyclopédique, mais entend proposer une série d’éclairages historiques sur la problématique de la contagion, à partir et dans la perspective des recherches menées au sein du laboratoire.  Dans cette perspective, l’appel à communication s’adresse à tous les membres du laboratoire, y compris les doctorants et les associés. Les propositions de notices (une ou deux par personne) peuvent être envoyées à thomas.le-roux@ehess.fr et beatrice.delaurenti@ehess.fr jusqu’au 28 février 2019. Une fois acceptées, les textes définitifs des notices devront nous parvenir entre le mois de mars et le mois de décembre 2019. Elles seront traduites en anglais au fur et à mesure de leur arrivée. La publication de l’ouvrage est prévue pour 2021.

 

 


[1]Tracés 21/2 (2011) : contagions, éditorial de Florent Coste, Aurélien Robert et Adrien Minard, p. 8.

Résidence d'écriture

Résidence d'écriture

Date limite de dépôt : 4 mars 2019 - Appel à communication

Présentation

Depuis 2016, l’Atelier doctoral Histoire du Genre met en relation des doctorant.e.s intéressé.e.s par le concept de genre, son histoire et ses très nombreuses applications en sciences humaine et sociales. En plus de son séminaire mensuel hébergé par l’EHESS, l’Atelier s’est associé à l’organisation des journées d’études doctorales du groupe Genre de l’école, qui se sont tenues en février 2017 et en mai 2018. Aujourd’hui, l’objectif est de mettre en valeur notre travail de bientôt trois années en organisant une résidence d’écriture. En plus des membres actifs de l’Atelier, nous souhaiterions accueillir dans ce projet d’autres doctorant.e.s du CRH. Nous ne cherchons pas forcément des spécialistes du concept de genre et de son historiographie, mais plutôt des doctorant.e.s intéressé.e.s et motivé.e.s pour travailler ces questions de manière approfondie, même s’il ne s’agit pas du sujet principal de leur thèse.

La résidence d’écriture se tiendra du 3 au 7 juin 2019. Nous souhaitons interroger l’assimilation du masculin avec l’humain en général, c’est-à-dire la construction du masculin comme un référentiel neutre, universel, qui relègue les femmes dans l’altérité[1]. Mais les études sur lesmasculinités ont montré l’existence de rapports de pouvoirs qui placent seulement certains hommes au centre d’un ordre social, politique et symbolique donné[2]. L’objectif sera de comprendre comment l’universel masculin s’affirme, dans différents contextes historiques, comme principale source de pouvoir, par rapport à d’autres critères comme le rang, l’âge, l’origine sociale, la profession, etc. Quelles sources peuvent présenter un discours alternatif ? Quelles sont aussi les formes d’acceptation, de contournement ou de refus de cette norme par les individus exclus ?

Nous invitons les participant.e.s à réfléchir en amont à ce qu’ils/elles pourront apporter à la réflexion et à l’écriture collective au regard de leurs sujets de thèse respectifs. Toutes les périodes et toutes les aires géographiques de recherche sont les bienvenues. La résidence d’écriture s’organisera en deux phases. Seront d’abord tenues des tables-rondes, à définir selon les intérêts et compétences des participant.e.s, puis suivra une phase d’écriture collective d’articles, par petits groupes de deux ou trois.

A l’issue de ces journées, nous mettrons en forme des comptes rendus des discussions et de l’avancée de notre travail, qui seront transmis à la direction du CRH afin de témoigner de cette expérience de recherche. Pour celles et ceux qui le souhaitent, le processus de rédaction des articles se poursuivra par la soumission d’un dossier au comité de lecture de la revue l’Atelier du CRH.

 

Calendrier et modalités de soumission

Les éléments suivants sont attendus :

  • Description du sujet de thèse.
  • Présentation des liens entre ses recherches et la problématique proposée par la résidence d’écriture.
  • Présentation des sources montrant leur pertinence avec la problématique, en analysant la position d’énonciation de l’auteur.
  • Une courte biographie.

Le projet de 2000/3000 signes est à envoyer au plus tard le lundi 4 mars 2019 en un seul document PDF à l’adresse suivante atelierdoctoral.genre@gmail.com.

N.B. :le logement et le transport seront financés par le CRH. Seuls les frais de bouche et d’éventuels suppléments seront pris en charge par les participant.e.s.

 

Organisatrices de la résidence d’écriture

(biographies détaillées sur le site : https://ateliergenre.hypotheses.org/membres)

  •  Laura BALZER, Université Panthéon Sorbonne - EHESS, “Virilités et masculinités militaires : les enjeux du genre dans les armées françaises, seconde modernité (mi XVIIe siècle – fin XVIIIe siècle)”.
  • Juliette EYMEOUD, EHESS - CRH, “Hommes et femmes célibataires dans les familles nobles d’Ancien Régime, 1550-1750”.
  • Claire-Lise GAILLARD, Université Panthéon Sorbonne, “Agence et annonces matrimoniales : le marché de la rencontre du XIXe au XXe siècle”.
  • Marion PHILIP, Sorbonne Université - EHESS-CRH, “Sexualité et Masculinités à Paris, 1600-1750”.
  •  Suzanne ROCHEFORT, EHESS - CRH, “Le métier de comédien/ne à Paris dans le second XVIIIe siècle”.
  • Sofia ZUCCOLI, Université Paris-Est Créteil - LIS, “Lire le corps de la femme. Paradoxes, continuités et ruptures épistémologiques dans la médecine de la Renaissance”


[1]RIOT-SARCEY, Michèle, « L’historiographie française et le concept de genre », Revue d'histoire moderne et contemporaine, 47-4, octobre-décembre, 2000, pp. 807-808.

[2]CONNELL, Raewyn, Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie, dir, M. Hadège et A. Vuattoux, Editions Amsterdam, Paris, 2014, 285 p.

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Mardi 10 janvier de 14h30-19h - Journée du CRH

Présentation

Cité italienne, byzantine, métropole coloniale, Venise fut l’une des villes les plus ouvertes de l’Europe médiévale. A son apogée, elle fut entre autres choses une ville allemande. Fruit d’une enquête longue et patiente, le livre de Philippe Braunstein met en lumière cette facette méconnue et essentielle de l’histoire vénitienne. Autour du Fondaco dei Tedeschi, centre des relations avec le monde germanique, s’activent marchands, tisserands, orfèvres, boulangers et imprimeurs, observés à travers leurs réseaux d’immigration, leurs familles, leurs institutions et leurs contributions au dynamisme vénitien. À la fois portrait de groupe et tableau intimiste d’une communauté soucieuse d’intégration, le livre donne à voir les dynamiques à l’œuvre dans la croissance de l’une des métropoles européennes. Mathieu Arnoux (CRH), Pierre Monnet (CRH) et Giuliano Milani (Università di Roma-La Sapienza) débattront autour de l’ouvrage en présence de l'auteur Philippe Braunstein.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris


Document(s) à télécharger

Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Lundi 30 janvier de 9h-18h - Journée du CRH

Présentation

Alain Dewerpe (1952-2015) est l’auteur d’une œuvre importante et diverse. Menés dans le cadre de sa direction d’études à l’EHESS depuis 1991, ses travaux sur la protoindustrialisation,  puis sur le monde des usines aux 19e et 20 siècles, sur les techniques, sur l’organisation du travail et les espaces dans lesquels elle s’est inscrite,  sont devenus classiques. Il n’a cessé de s’y consacrer, seul, avec les étudiants qu’il a formés et dans le programme de travail collectif auquel il a activement  participé avec des historiens et des économistes au sein de l’Atelier Simiand . Le grand livre qu’il a longuement préparé sur l’entreprise italienne Ansaldo et qui était presque achevé à sa mort sera bientôt publié. Mais A. Dewerpe s’est aussi fait connaître par trois grands ouvrages qui relevaient de ce qu’il concevait comme une anthropologie de l’Etat : Un Tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-1566),( avec D. Nordman et J. Boutier,1984), Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain (1994) et Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat (2006), sans doute son livre le plus connu.

Alain Dewerpe fut un grand historien et un enseignant convaincu. Il fut aussi pour beaucoup d’entre nous un compagnon de travail et un ami. A l’Ecole, dont il a dirigé pendant plusieurs années les Editions et à laquelle il était profondément attaché, il a beaucoup apporté. C’est à tous ces titres que le Centre de recherches historiques a décidé de lui rendre hommage de la manière dont nous voulons espérer qu’il l’aurait souhaitée, en réfléchissant sur son œuvre.


Organisateurs : Jacques Revel et Jean-Paul Zuñiga


Programme

 

Lieu

EHESS (Salles A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

Document(s) à télécharger

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah

Colloque - Jeudi 21 février 2019 - 10:00Les 14 et 15 janvier 2005, la BNF accueillait le colloque « Les Juifs et la Pologne, 1939-2004 : aspects multiformes du passé ». Il avait été ouvert la veille par deux témoins capitaux, Wladyslaw Bartoszewski et Simone Veil, et s'était conclu par une confé (...)(...)

Lire la suite

Fleuves et sols affectés – Territoires et expériences des milieux dans les conflits et catastrophes écologiques

Journée(s) d'étude - Lundi 11 février 2019 - 09:30L’appréhension des crises écologiques tend aujourd’hui à se faire autour de notions totalisantes, comme celle du climat, qui constituent des opérateurs de globalisation des relations entre sociétés et environnements. Ces notions appellent des for (...)(...)

Lire la suite

Autour de l'ouvrage d'Alain Boureau, Le feu des manuscrits

Débat - Lundi 04 février 2019 - 14:00Ce livre entend donner une place plus juste aux scribes des manuscrits médiévaux, non loin du statut encore flou d’auteur. On présente d’abord les obstacles actuels à une saisie historique de ce rôle : les manuscrits, devenus l’objet d’adoration ou de convoit (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRH (UMR 8558)

EHESS
54, boulevard Raspail
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 49 54 24 42

Direction du CRH :
Béatrice Delaurenti
Thomas Le Roux

Dernière modification :
22/02/2019