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Mobilités, immobilités

Mobilités, immobilités

Date limite de dépôt : 20 avril 2021 - Appel à communication de l’atelier doctoral du Réseau Thématique n°9 de l’AFS Sociologie de l’urbain et des territoires

Présentation

L’atelier doctoral du RT9- Réseau Thématique de sociologie de l’urbain et des territoires de l’Association Française de Sociologie (AFS), constitue un espace d’échanges, de travail et de débats, ainsi qu’une plateforme de soutien aux doctorant·es dans la construction de leurs réseaux de recherche. Organisé en autogestion chaque année depuis 2010 par un comité ad-hoc de doctorant.es et soutenu par un comité scientifique de chercheur.ses spécialisé.es sur la thématique retenue, il est ouvert à l’ensemble des doctorant·es et jeunes docteur·es intéressé·es, quel que soit leur objet de recherche et l’état d’avancement de leur thèse. Des travaux s’inscrivant dans d’autres perspectives disciplinaires que la sociologie, telles que la géographie, l’aménagement, l’histoire, l’anthropologie ou la science politique, sont également les bienvenus. Par ailleurs, une attention particulière est portée à la diversité des terrains de recherche présentés, urbains ou ruraux, français comme étrangers, et des méthodes employées (qualitatives et quantitatives).

Comité d'organisation :

Céline BARZUN (CLERSE, Université de Lille), Grégoire BELLE (CMW, Université de Lyon2), Audrey CHERUBIN (CREDA, Université Sorbonne Nouvelle), Sophie GRUYER (CERAPS, Université de Lille), Sophie IFFRIG (SAGE, Université de Strasbourg), Pierre JOFFRE (CRH/CRESPPA-CSU, EHESS), Anis ZERDE (CERAPS, Université de Lille)

Comité scientifique :

Virginie BABY-COLLIN (TELEMME, Université d’Aix-Marseille), Joseph CACCIARI (IDHES,Université de Nanterre), Anaïs COLLET (SAGE, Université de Strasbourg), Benoît COQUARD (CESAER, INRAE), Josette DEBROUX (CMW, Université Lyon2), Sylvie FOL (GeoCité, Université Paris1), Nancy L. GREEN (CRH,EHESS), Vincent KAUFMANN (LASUR, EPFL), Denis MERKLEN (CREDA, Université Sorbonne Nouvelle), Natalia Muchnik (CRH, EHESS), Nicolas OPPENCHAIM (CITERES, Université deTours), Clément RIVIERE (CERIES,Université de Lille), Camille SCHMOLL (Géographies-Cités, EHESS), Marion TILLOUS (LEGS, Université Paris 8), Sylvie TISSOT (CSU-CRESPPA, Université Paris 8), Cécile VIGNAL (CLERSE, Université de Lille), Anne-Catherine WAGNER (CESSP-CSE, Université Paris1)

Argumentaire

Comme l’illustrent le Brexit, le mouvement des Gilets Jaunes ou encore la pandémie de la Covid-19, les mobilités spatiales et leur pendant, les immobilités, concentrent une multitude d’enjeux sociaux, politiques et économiques et se retrouvent fréquemment au cœur de l’actualité. Visant à questionner la dimension spatiale des rapports sociaux, cet atelier doctoral interrogera les im/mobilités dans l’espace physique, qu’elles soient subies ou choisies, en lien étroit avec les réflexions menées par les sciences sociales sur d’autres types de déplacements, déclinées au sujet de la mobilité sociale, de la mobilité professionnelle, de la mobilité des capitaux ou de la main d’œuvre, ou encore plus récemment de la mobilité durable.
Le recours au terme de « mobilités » pour décrire les mouvements spatiaux s’est peu à peu imposé dans le discours public comme dans le discours savant, alternativement voire en opposition à d’autres notions. Ainsi, alors que les travaux de l’École de Chicago, pionniers dans l’étude de ces dynamiques à l’échelle de la ville, associaient à la « mobilité » un changement résidentiel durable à la différence des « déplacements » recouvrant les trajets quotidiens (Burgess, 1925), les sociologues John Urry et Mimi Sheller revendiquent un usage générique du terme, appelant les sciences sociales à opérer un changement de paradigme (le “mobility turn”) afin de saisir la réalité d’un monde globalisé, caractérisé par la multiplication et la diversification des mouvements de personnes, d’idées, de marchandises et de capitaux depuis les années 1990 (Sheller et Urry, 2006). D’autres recherches consacrées notamment à l’aménagement urbain et territorial plaident pour leur part pour un renversement de perspective du « transport » à la « mobilité » afin de mettre l’accent sur les personnes et leurs nécessités de déplacement plutôt que sur les infrastructures et les flux (Flonneau et Guigueno, 2019). Néanmoins, cet intérêt croissant pour les mobilités spatiales, outre le fait qu’il surévalue fréquemment leur « nouveauté » (Wagner, 2007), peut conduire également à passer sous silence les obstacles qui les limitent (Green, 2019) et les phénomènes inverses d’ « immobilités », seulement visibles en creux de nombre d’analyses. A rebours de cette tendance, de nombreux travaux ont mis en évidence l’importance de l’ancrage local pour différents groupes sociaux (Authier et al., 2007) qu’il s’agisse de classes populaires (Renahy, 2005 et 2010; Coquard, 2019; Merklen 2009; Fol 2010) ou de classes supérieures (Zalio, 1999; Beckert, 2001; Pinçon- Charlot et Pinçon, 2007). Par ailleurs, l’attention ancienne portée par les sciences sociales aux lieux d’enfermement, paradigmatiques a priori de l’immobilisme, comme les asiles ou les prisons (Goffman, 1961; Foucault, 1975), est aujourd’hui renouvelée par des études s’intéressant par exemple aux processus d’encampement des populations migrantes (Agier et Lecadet, 2014).

Dans la lignée du renouvellement d’une réflexion interdisciplinaire sur ces questions (Tissot et Ripoll, 2010), cette journée a pour but de rassembler des recherches en cours portant sur les mobilités et sur les immobilités spatiales, afin d’interroger les relations entre ces deux faits sociaux dans une perspective dynamique et comparatiste. Le couple mobilité/immobilité peut dans cette optique être considéré comme un antagonisme mais également comme un continuum, être analysé au regard de sa résilience ou au contraire de sa fluidité, au fil de différentes séquences historiques ou biographiques. En suivant cet objectif, les communications pourront porter sur différents types d’im/mobilités spatiales (de travail, résidentielles, familiales…), sur leurs acteurs mais aussi sur leurs supports (physiques ou virtuels) et les temps et les lieux dans lesquels elles se déploient, à différentes échelles (du quotidien à l’évènement, du bâtiment à la planète). Elles sont invitées à prendre en compte l’intersection de rapports de domination de classe, de genre et de race, d’orientation sexuelle et d’origine géographique, qui se jouent dans ces processus. Sont attendues des présentations de cas d’étude aussi bien que des réflexions d’ordres théorique, méthodologique et/ou épistémologique. Les propositions pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes présentés ci-dessous, cette liste n’étant cependant pas exhaustive.

Axe 1 : Pratiques d’im/mobilités et effets socio-spatiaux

A quelle distance et à quelle fréquence se déplace-t-on? Pour quel(s) motif(s) ? A quelle vitesse? Par le biais de quelle infrastructure technique, matérielle ou immatérielle ? Suivant quel parcours ? Avec qui ? Ce premier axe vise en premier lieu à apporter à ces questions des réponses empiriques sur des terrains variés, considérant qu’il s’agit d’autant d’indicateurs de positions et/ou de déplacements dans l’espace social. Ainsi, l’aptitude à se mouvoir peut être considérée comme une capacité différentielle selon les groupes sociaux, porteuse d’ascensions et d’émancipations sociales ou au contraire de déclassements et d’enfermements vécus ou perçus par les agents (Kaufmann, 2002; Chamboredon et Lemaire, 1970). Les propositions mettant l’accent sur des rapports de domination au regard desquels ces dynamiques restent peu explorées, tels que les rapports de genre (Tillous, 2017; Schmoll, 2020; Bourdieu, 2002), de race (Nicholson, 2016) ou d’orientation sexuelle (Giraud, 2014) sont particulièrement encouragées. Les communications sont également invitées à mettre en question l’antagonisme mobilité/immobilité en s’intéressant par exemple aux micro-mobilités au sein d’espaces considérés comme clos (Muchnik, 2019; Solini et al., 2019; Doraï et Puig, 2008) ou aux ancrages qui sont maintenus malgré les déplacements, voire renforcées par ces derniers ( Fol et al., 2002, Latté et Hupfel, 2018).
Par ailleurs, si la mobilité (ou l’immobilité) donne « le pouls de l’agglomération » (Burgess, 1925) comment se déclinent ses effets sur le développement et l’évolution des territoires, qu’ils soient urbains, périurbains ou ruraux, de départ et d’arrivée ? Les propositions pourront porter ici un regard renouvelé sur les phénomènes d’urbanisation voire d’ « explosion urbaine » découlant de l’exode rural à l’échelle mondiale (Davis, 2007), ou de périphérisation liée aux migrations intra-urbaines (Dureau et Golaz, 2006). « La construction d’espaces de mobilités et de flux pour certains condui[san]t toujours à la construction de barrières pour les autres », elles pourront questionner la fragmentation du territoire induite par les déplacements (Graham et Marvin, 2001). Elles pourront enfin interroger l’impact des im/mobilités, ou les « effets structurants » des infrastructures de transports (Offner et al., 2014), sur l’évolution des prix du foncier et de l’immobilier (Collet, 2014), la création, le maintien ou l’ “adaptation” des activités économiques et des services publics (Ninot, 2014; Siblot, 2005), l’organisation politico-administrative et les mécanismes de gouvernance territoriale (Ghorra-Gobin, 2006; Halpern et Le Galès, 2016), la définition d’espaces plus ou moins “attractifs” (Vignal et al., 2014).
Enfin, quels outils théoriques et méthodologiques sont à même de saisir ces dynamiques protéiformes ? La focalisation sur les processus de (non) déplacements dans l’espace a conduit à l’apparition ou au renouvellement de concepts, comme la “motilité” (Kaufmann, 2002), de courants, tels que l’histoire globale (Maurel, 2013), et de champs de recherche, des migrations aux études

rurales (Baby-Collin, 2017; Coquard, 2019). Elle a donné lieu dans le même temps au développement et à l’adaptation de méthodes cartographiques (cartographie participative ou sensible [Palsky, 2013; Olmedo, 2015] ) ou ethnographiques (ethnographie « multi-située » ou
« globale » [Marcus, 1995; Burawoy et al., 2000] ), ainsi qu’au réinvestissement de sources biographiques ou statistiques. Des présentations critiques des travaux existants ou basées sur des recherches en cours, quel que soit leur niveau d’élaboration, sont en ce sens bienvenues.

Axe 2 : Im/mobilités, socialisations et légitimités

Par ce deuxième axe, il s’agit ensuite d’interroger les dimensions cognitives de ces im/mobilités, au regard des différents référentiels sociaux, spatiaux et temporels, endogènes et exogènes, au travers desquels les déplacements ou les ancrages sont perçus et vécus.
Les propositions sont invitées en premier lieu à s’intéresser aux « socialisations aux et par les [im/]mobilités spatiales », encore trop peu étudiées (Cacciari et al., 2019) malgré l’attention renouvelée aux socialisations par et à l’espace (Cayouette-Remblière et al., 2019) . Elles pourront d’une part porter sur l’intériorisation d’un ensemble de manières de penser et d’agir sur le fait de bouger ou non et sur la façon dont on bouge au fil de la trajectoire biographique, soit au cours des socialisations familiale, amicale et conjugale, scolaire et professionnelle, militante et politique (Léger et Hervieu, 1979; Fail et al., 2004; Kaufmann et Widmer, 2005), en prêtant attention aux socialisations spécifiques liées à la classe, au genre, à la race, à l’orientation sexuelle, à la génération ou au territoire d’appartenance (Wagner, 2007; Oppenchaim, 2016; Giraud, 2014; Sayagh, 2018; Debroux, 2018, Rivière, 2019). Elles pourront d’autre part mettre l’accent sur la façon dont les espaces occupés ou traversés, et les expériences, apprentissages et sociabilités qui y sont associés, contribuent à leur tour à forger les identités sociales et politiques des individus (Oppenchaim, 2016; Le Renard, 2018; Sayagh, 2018; Merklen, 2009).
En second lieu, cet axe vise à questionner les légitimités associées à ces im/mobilités spatiales, à différentes échelles et dans une variété de configurations sociales, économiques et politiques. Ainsi, les migrations internationales de classes supérieures ont longtemps soulevé peu d’interrogations, à la différence de celles des classes populaires, et sont même encouragées par certain·es au nom de l’ « immigration choisie ». De même, le recours à l’enfermement suscite plus ou moins de débats selon les groupes concernés, qu’il s’agisse des détenu·es, des migrant·es ou des malades. Les individus sont soumis en la matière à des injonctions qui renforcent les inégalités sociales, telles que les injonctions à la mobilité résidentielle ciblant les classes populaires (Vignal et al. 2014) ou les injonctions au travail à distance et/ou à la mobilité géographique pour l’emploi qui aggravent les inégalités entre les sexes (Marry et al., 2017). Réciproquement, les im/mobilités sont pourvoyeuses de légitimités, donnant lieu à la constitution de formes spatialisées de capital (« capital d’autochtonie » (Retière, 2003) / « capital international » (Wagner et Réau, 2015) ) différemment valorisables selon les contextes. A cet égard, les communications sont invitées à prêter attention à la balance des valeurs des ressources liées aux im/mobilités, changeantes dans le temps et l’espace et en fonction des autres ressources des agents (Colombi, 2016), ainsi qu’au possible cumul des légitimités attachées au local et à l’international, à la mobilité et à l’autochtonie (Dezalay et Garth, 2002; Wagner, 2010)
Cet axe pourra enfin être l’occasion d’un retour réflexif sur nos propres pratiques d’enseignant·es- chercheur·ses, faites de mobilités plus ou moins proches ou lointaines sur nos terrains et de mobilités géographiques pour des postes. Des communications portant sur la proximité ou la distance spatiale dans la conduite de la recherche, sur la socialisation à et par la mobilité au sein de l’ESR, sur les incitations croissantes à la mobilité, nationale et internationale, et leurs effets sur la production scientifique (Green, 2014) et sur les trajectoires biographiques et les carrières académiques (Goastellec, 2016), ou a contrario sur les discriminations socio-spatiales dans l’accès à certains espaces scientifiques, pour les étudiant·es comme pour les chercheur·ses, seront particulièrement appréciées.

Axe 3 : Im/mobilités en crise(s)

A l’instar de la diffusion rapide de la pandémie de la Covid-19 et des mesures de confinement et de fermeture des frontières qui s’en sont suivies, les im/mobilités engendrent des situations qualifiées de crises à différentes échelles (« crise migratoire », « crise des transports » ou
« crise des prisons ») tandis que des crises de différentes natures (sanitaires mais aussi écologiques, sociales, économiques et politiques) affectent directement les situations et les pratiques d’im/mobilités. Au vu de cette relation à double sens, ce dernier axe entend rendre compte des implications socio-spatiales de ces crises de divers ordres, relatives et différemment vécues en fonction des ressources des agents et des contextes géographiques et historiques.
Les communications pourront d’une part s’intéresser à la construction des im/mobilités comme problèmes publics et à ses conséquences, qu’il s’agisse de la restriction de l’immigration (Darley, 2010), des appels à désengorger et à transformer les prisons (Chabbal, 2019; Fassin, 2020), ou encore du développement de plans d’aménagement favorisant la multi-fonctionnalité des espaces afin de réduire les trajets (Dempsey, 2010). Elles pourront d’autre part analyser les ruptures que des crises exogènes introduisent quant aux phénomènes d’im/mobilités autant que les permanences qui les traversent, qu’elles accentuent ou qu’elles mettent en évidence. Ainsi, la crise sanitaire actuelle apparaît aggraver des inégalités de classe, de genre et de race face au contrôle des déplacements et aux conditions de logement et de travail à distance en confinement (Lambert et al., 2020), en même temps qu’elle est susceptible d’entraver les conditions de la reproduction sociale des élites internationalisées (RT9 et RT42, 2020). Elle réoriente les flux du tourisme vers le local et le national, ouvrant la voie à un réaménagement des infrastructures et des territoires d’accueil (Marcotte et al., 2020), tandis qu’elle contribue au développement controversé de multi-nationales dédiées à la vente en ligne, support d’une intensification de la circulation de marchandises à longue distance. Elle donne lieu à une augmentation des trajets à vélo mais plus encore en voiture, au détriment du transport collectif. En ce sens, elle renforce autant qu’elle limite les effets de la crise écologique, dont la prise en compte s’accompagne du développement de circuits-courts de consommation (Paranthoën, 2015), d’une revalorisation de l’ancrage local vis-à-vis d’une internationalisation synonyme de pollution, de la mise en place de modes de transport collectifs et peu contaminants (Giorgi, 2003). Les crises économiques peuvent limiter les déplacements en raison de leur coût financier mais également susciter leur augmentation pour accéder à un bassin d’emploi plus favorable, à des réseaux d’entraide ou à des marchandises à bas coût (Diaz Olvera et al., 2007; Fol, 2009). Elles donnent lieu à l’abandon de grands projets d’aménagement des transports ou au contraire à des formes de relance keynésienne par l’investissement dans l’infrastructure (Baron, 2019). Elles transforment des territoires d’arrivée en territoires de départ (Lacrampe-Camus, 2019). Ces effets interagissent enfin avec ceux des crises politiques, entre emprisonnements politiques, contrôle de la circulation des biens et des personnes et déplacements forcés (Kévonian, 2013), entre réformes et contestations, de l’imposition de la taxe carbone au mouvement des Gilets Jaunes (Coquard, 2018). Les communications sont invitées à appréhender la complexité de ces relations entre im/mobilités et crises en tenant compte de leurs effets combinatoires, et fluctuants selon les configurations étudiées.
Cet axe vise dans le même temps à ouvrir un espace de réflexion sur les liens entre crises et im/mobilités dans l’analyse et dans le travail scientifique. Il pourra s’agir à cet égard de penser les croisements entre les outils d’analyse des im/mobilités spatiales et les outils d’analyse des situations de crise (Dobry, 2009). Mais également d’interroger l’impact des im/mobilités en temps de crise sur les conditions de l’activité scientifique. Les propositions pourront à cet égard porter sur les manières de mener l’enquête face aux difficultés d’accès au terrain, dans une période de pandémie (Clouet et al., 2020) ou dans des zones réputées dangereuses (Calzolaio et al., 2016), sur les possibilités et les biais que représentent la production et la diffusion de la recherche en “distanciel”. Elles sont enfin encouragées à interroger les conditions du travail scientifique dans de tels contextes, et les sens qui lui sont attribués, au regard des rapports de genre, de classe, de race et des différences statutaires et fonctionnelles qui traversent le monde de la recherche et structurent les im/mobilités des chercheur·ses.

Bibliographie indicative

 

Calendrier et modalités de soumission

Lancement de l’appel à communication : 19 février 2021
Date limite de soumission des propositions (résumé de 3500 signes maximum, espaces compris, précisant la problématique, le cas d'étude, le positionnement théorique et la méthodologie employée, accompagné d'une courte bibliographie) : 20 avril 2021
Réponse du comité scientifique et sélection des communications retenues : 30 avril 2021
Envoi des textes des communications (entre 15 000 et 20 000 signes) : 11 juin 2021
Atelier doctoral: 5 juillet 2021
Les propositions et les textes des communications, en cas d’acceptation, doivent être transmis·es sur la plateforme SciencesConf de l’atelier : https://rt9-afs-ad2021.sciencesconf.org/
Pour toute question, veuillez nous contacter à l’adresse suivante : atelierdoctorantsrt9@gmail.com

Date: 5 juillet 2021
Lieu : Campus Moulins-Lille, 1 Place Déliot, 59024 Lille
En fonction de l’évolution de la situation sanitaire, l’atelier pourra se tenir au moins partiellement en distanciel.

Transmettre la Danse - Organiser (1)

Transmettre la Danse - Organiser (1)

Vendredi 2 avril de 9h-17h30 - Journée d'étude

Présentation

Histoire culturelle de la danse - 2021
Transmettre la danse : Organiser | Contaminer | Greffer

Cette année, Elizabeth Claire (CNRS), Emmanuelle Delattre-Destemberg (Univ. de Valenciennes), Marie Glon (Univ. de Lille), Mariem Guellouz (Univ. Paris-Descartes), Vannina Olivesi (EHESS-CRAL) proposent d’étudier des formes de la transmission en danse, entendue comme un ensemble d’actions, gestes et discours, énoncés oralement ou écrits, qui participent à la construction historique des danses et des communautés qui les pratiquent. Objet d’étude très vaste, la transmission a donné lieu à de nombreux travaux dépassant les frontières disciplinaires académiques pour penser la pédagogie, la consignation des danses, leur circulation, la restitution des danses du passé ou la création chorégraphique contemporaine.
Comme toute activité sociale historiquement, culturellement et géographiquement située, la pratique de la danse engage la production de biens matériels et symboliques qui favorisent les transmissions des danses : des pratiques et des techniques de danse ; des savoirs sur le corps et les danses ; des traces d’évènements, de rites, de divertissements, d’œuvres, de répertoires ; des transactions financières, des biens économiques ; des lieux plus ou moins spécifiquement consacrés à la pratique ou à la transmission des danses. Les activités sociales liées à la danse ont en partage la production de normes – coutumes, traditions et instruments juridiques – qui définissent les modalités d’accès des acteurs historiques aux pratiques, aux savoirs, aux institutions et collectifs qui encadrent la production des danses. Les acteurs historiques produisent ainsi des valeurs sociales, culturelles, religieuses et morales, s’échangent des représentations et des imaginaires sociaux qui s’adressent à des publics différenciés. Les modalités de transmission des danses s’appuient sur le genre, l’âge, l’origine sociale ou professionnelle, l’ethnicisation ou la racialisation des praticiens. Ces facteurs et processus contribuent à construire les notions de tradition ou d’innovation, établissent des canons culturels, catégorisent les pratiques de danse, conditionnent les appropriations et réappropriations, enfin, favorisent l’intégration ou l’exclusion des acteurs dans les communautés.
Le séminaire s’organise en forme de trois journées d’études qui privilégient l’exploration de trois axes thématiques : (1) « Organiser » qui aura pour objectif d’interroger les cadres juridiques et institutionnels qui ont pu façonner ou contraindre l’acte de transmission en danse ; (2) « Contaminer » qui portera sur la communication des danses et donnera une attention particulière à l’histoire des pouvoirs de l’imagination et à l’éloquence des gestes lors de la circulation, la réception, et la transformation des pratiques de danse hors-la-scène ; enfin (3) « Greffer », invitera à une perspective décentrée de l’histoire de la danse et proposera de réfléchir à une éthique de la (ré)appropriation des savoirs corporels (non)occidentaux, des notions d’étrangeté et d’altérité qui y sont liées.

En savoir plus

Inscription obligatoire : http://listsem.ehess.fr/courses/368/requests/new.

 

Programme Organiser

  • 9h00-9h15 : Accueil des participants

  • 9h15-9h30 : Elizabeth Claire
    «
    Présentation des trois journées d’étude sur « transmettre »

  • 9h30-10h : Emmanuelle Delattre-Destemberg, Vannina Olivesi
    « Introduction au thème « organiser, instituer les transmissions »

  • 10h-10h45 : Adrien Belgrano (EHESS-CRH
    « Danse et formation du jeune noble dans le Jehan de Saintré d’Antoine de la Sale »

  • 11h-11h45 : Marina Nordera (Université Côte d’Azur, Ctel)
    « Éléments pour une approche micro-historique de la transmission du métier de danseuse au cours du long XVIIIe siècle »

  • Discussion (11h45-12h30)

  • Pause déjeuner

  • 14h00-14h15 :  Accueil des participants

  • 14h15-15h00 : Bénédicte Jarasse (Paris III Sorbonne Nouvelle)
    « Généalogies réelles, généalogies imaginaires : l’invention d’une mémoire chorégraphique dans les écrits sur la danse au XIXe siècle »

  • 15h-15h45 : Léa Weill (Ecole des Chartes et UPHF)
    « Transmettre l’idée de prestige culturel de la France par le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris sous l’Occupation (1940-1944) »

  • 16h-16h45 : Sylvie Jacq-Mioche (École de danse de l’Opéra national de Paris)
    « Perspectives et enjeux de la vulgarisation en matière d’Histoire de la danse »

  • Discussion (16h45-17h30)

Lieu

EHESS (Salle 7)
105, boulevard Raspail
75006 Paris
 

Autour de l'ouvrage de Pierre Monnet, Charles IV. Un empereur en Europe

Autour de l'ouvrage de Pierre Monnet, Charles IV. Un empereur en Europe

Lundi 10 mai de 14h à 17h - Les Lundis du CRH

Dans une biographie inédite, Pierre Monnet dresse le portrait de ce souverain hors norme, infatigable bâtisseur, amasseur de reliques, grand lettré, inlassable voyageur. Un roi entre deux ponts, à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.
Charles IV (1316-1378) fut le roi et l’empereur d’une chrétienté en crise au xive siècle, déchirée par la peste, la guerre de Cent Ans et les débuts du schisme pontifical. Issu de la dynastie des Luxembourg, il est né à Prague, a été élevé à Paris, fit ses premières armes en Italie, devint roi des Romains, roi de Bohême, roi des Lombards, roi d’Arles et ceignit enfin la couronne impériale à Rome. Il parlait, lisait, écrivait le tchèque, le français, l’allemand, le latin, l’italien. Collectionneur passionné de reliques et d’œuvres d’art, notamment de ses propres portraits, il est l’auteur, fait rarissime, d’une autobiographie qui raconte son enfance, ses rêves, ses doutes à la première personne. Il est aussi le père de la Bulle d’Or de 1356, une Constitution qui ordonne l’élection et les institutions du Saint Empire jusqu’en 1806, établit un équilibre fédéral et territorial à l’allemande, d’une certaine manière toujours actuel.
Constructeur de châteaux, marié quatre fois, grand lettré, inlassable voyageur, Charles IV fut un roi et empereur à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.
La séance sera animée par Béatrice Delaurenti, avec les discussions de Christophe Duhamelle (CRH), Dominique Iogna-Prat (EHESS) et Marie Dejoux (Université de Paris I)

En savoir plus sur l'ouvrage

Inscription obligatoire : http://listsem.ehess.fr/courses/115/requests/new

Beyond Obsolescence, Sustainable Development: Discuss the Futures of Industrial Heritage

Beyond Obsolescence, Sustainable Development: Discuss the Futures of Industrial Heritage

Date limite de dépôt : 31 juillet 2021 - Appel à communication

Présentation

This XVIII TICCIH Congress considers the manifestations, discourses, policies, and stakes of industrial heritage — as an artifact, a phenomenon, a tool of empowerment; in communities, societies, or any material or mental environment. It seeks to strengthen the investigation and the understanding of industrial heritage as an inclusive topic to be addressed from diverse geographical regions and disciplinary fields. Subthemes range from the legacies of the Second Industrial Revolution to the future of working-class, company towns to heritage-based sustainable development, deindustrialization to issues of urban preservation.
The theme “Industrial Heritage Reloaded” is designed to encourage a redeployment of reflections and practices beyond classical “post-industrial” formulations coloured by escheat and obsolescence. It thus aims to further decompartmentalize industrial heritage, as instigated by previous congresses. While reserving a space for discussion on buildings and their conservation, as well as, naturally, on other industrial infrastructure and artefacts, the 2021 TICCIH congress in Montreal is designed to perpetuate and renew research and exchanges on less-discussed areas of industrial heritage, by addressing the identity of industrial civilization from the angle of its representations, culture, and territories, and of their documentation and enrichment.

 

Calendrier et modalités de soumission

The call for session-specific papers for the TICCIH 2021 Congress in Montreal, Canada remains open until 15 January 2021. There is still time to submit a proposal!
The Congress is scheduled to take place 29 August - 4 September 2021.
Please follow this link for a list and descriptions of the paper sessions.

The theme of the overall Congress is "Beyond Obsolescence, Sustainable Development: Discuss the Futures of Industrial Heritage."
Please use the following links to discover more about the Con
gress and to submit your proposal:

The deadline to submit full papers for accepted proposals is 31 july 2021.

Ça ne coule pas (toujours) de source. L’intangible en histoire

Ça ne coule pas (toujours) de source. L’intangible en histoire

Date limite de dépôt : 15 mai 2021 - Appel à comm

Présentation

L’intangible, dans son sens premier, désigne ce que l’on ne peut pas toucher, ce qui est impalpable et inaccessible. Le terme a un deuxième sens et s’applique aussi à ce que l’on ne peut pas modifier, l’immuable. Le rapport de l’historien au temps était au cœur des Forums du CRH de l’année 2018 (« Changement historique et découpages temporels ») et de l’année 2019 (« Tradition et histoire »). Pour le Forum de l’année 2020, nous proposons de centrer le propos non pas sur le temps, mais sur les objets difficilement accessibles à l’historien : l’intangible, au sens de ce qui est hors de portée et qui le demeure par-delà l’enquête historique.
L’objectif de ces journées est de permettre une réflexion collective sur les limites de la saisie historique du passé et sur les manières de contourner ces limites. Quels objets résistent à l’analyse historique ? Comment faisons-nous, dans nos enquêtes et nos lectures des sources, pour tenter de cerner l’indiscernable, de saisir l’insaisissable, d’atteindre l’intangible ou de le faire apparaître ? Cette interrogation pourra être conduite dans trois directions.

D’un côté, on se demandera comment se saisir, en histoire, de ce qui ne laisse pas ou peu de traces : les odeurs, les sons, les gestes, les affects en sont les exemples les plus évidents. On pourrait aussi mentionner la vie domestique, l'économie informelle, la notion de patrimoine immatériel ou la dimension orale de la vie passée. Ces objets de recherche atypiques se sont imposés depuis l’appel inaugural de Lucien Febvre en faveur d’une « histoire des sensibilités », que les travaux d’Alain Corbin, par exemple, ont l’explorées. L’histoire des émotions, foisonnante aujourd’hui, s’empare de cette problématique, mais il existe aussi d’autres voies, comme l’étude des modes de perception sensorielle des acteurs du passé, de leurs savoirs implicites, ou encore de catégories d’acteurs (milieux sociaux « sans voix », vaincus, femmes) ayant laissé peu de traces écrites ou délégitimés dans leur droit à la parole.

La notion d’intangible amène également à questionner d’autres objets qui, à première vue, offrent peu de prise à l’enquête historique. Ainsi, des concepts « en creux » comme le vide, le silence, l’oubli constituent souvent les angles morts d’une recherche, car ils sont difficiles à appréhender en tant que tels et demandent, pour le faire, de ruser avec les sources. Il en va de même de l’absence : comment interpréter un manque de données, une césure dans une série de documents, un blanc sur une carte, la disparition d’un texte ?

Dans ces différents cas, la question du choix des sources est centrale. Ce sont parfois les tableaux, les peintures, les images scientifiques et techniques qui donnent accès à l’intangible. Réfléchir à l’intangible en histoire, enfin, permet d’ouvrir un questionnement plus large sur la part d’implicite et d’insaisissable de nos travaux. L’enquête historique elle-même produit de l’intangible : certains éléments ne peuvent être saisis et sont laissés à la marge, non pas du fait du manque de documents, mais en raison des choix opérés, du découpage de l’objet, des connaissances de l’historien ou de ses motivations inconscientes. Dans le même ordre d’idées, on peut se demander jusqu’à quel point il convient de chercher à dévoiler l’intangible. Est-ce légitime ? Ces quelques pistes de réflexion sont indicatives ; le champ du questionnement autour de la notion d’intangible reste pleinement ouvert. Nous acceptons les propositions individuelles et collectives, même dans des formats inhabituels. N’hésitez pas à reprendre sous ces perspectives des objets ou des sources que vous avez déjà traitées dans d’autres contextes.

 

Calendrier et modalités de soumission

Ces quelques pistes de réflexion sont indicatives ; le champ du questionnement autour de la notion d’intangible reste pleinement ouvert. Nous acceptons les propositions individuelles et collectives, même dans des formats inhabituels. N’hésitez pas à reprendre sous ces perspectives des objets ou des sources que vous avez déjà traitées dans d’autres contextes.
Nous attendons vos propositions avant le 15 mai 2021 à adresser à :

thomas.le-roux@ehess.fr et beatrice.delaurenti@ehess.fr.

Merci d’indiquer dans votre réponse si vous avez un jour de préférence parmi les deux dates proposées. Le Forum du CRH se tiendra à Paris les 22 et 23 juin 2021.

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (2)

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (2)

Vendredi 16 avril de 9h-17h - Journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs.

Comme les années précédentes, le séminaire organisé par  Elizabeth Claire, Béatrice Delaurenti , Roberto Poma et Koen Vermeir. fonctionnera à partir et autour des textes à la manière d’un atelier, en s’attachant à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée.

 

Programme

  • 9h-10h30 : Suzanne Rochefort (CRH)
    L'imagination comme exercice dans les traités d'art de l'acteur (XVIIIe siècle- début du XIXe siècle)

 

  • Pause

 

  • 10h45-12h15 : Roberto Poma (UPEC)
    Mollesse du corps et force de l’imagination dans l’éducation des enfants (XVIe-XVIIe siècles)

  • Pause déjeuner

  • 13h30-15h : Jean-Pierre Cavaillé (EHESS -CRH)
    Magie naturelle et pouvoir de l'imagination dans quelques textes du XVIIe siècle : Campanella, Gaffarel, Naudé.

  • Pause

  • 15h15-16h45 : Marion Lieutaud (Université de Paris Sorbonne)
    Pouvoirs de l’imagination et contractions de l’esprit chez Giordano Bruno

 

Inscription obligatoire : http://listsem.ehess.fr/courses/135/requests/new.
Contacts : elizabeth.claire@ehess.fr ; beatrice.delaurenti@ehess.fr ; poma@u-pec.fr ; koen.vermeir@univ-paris-diderot.fr

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Dernière modification :
13/04/2021