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La nature sous contrat. Concessions, histoire et environnement

La nature sous contrat. Concessions, histoire et environnement

Date limite de dépôt : 15 novembre 2019 - Appel à communication

Présentation

Les formes de possessions collectives ou individuelles et les relations qu’elles nouent avec leur environnement ont fortement mobilisé les approches historiques récentes. Puisque l’utilisation des ressources naturelles et la transformation des milieux dépendent grandement des formes de la propriété, les relations entre propriété – sous ses différentes formes –, et environnement suscitent de vifs débats et des recherches fructueuses. Les questions des modalités d’exploitation des ressources naturelles et de l’organisation des acteurs en vue d’éventuels conflits pouvant survenir, d’une part, et la pérennisation de l’exploitation, d’autre part, orientent nombre de recherches. Ces approches mettent en lumière les relations entre formes juridiques de la propriété et conditions de construction de l’environnement.

Parmi les outils juridiques et financiers qui sont à l’interface de l’environnement et de la propriété figure la concession. Cette dernière permet d’historiciser la notion de propriété, dont l’origine a longtemps été une question philosophique, et d’aborder la notion conjointe de l’appropriation elle-même. En matière juridique, une concession est, selon l’Académie française, « un contrat par lequel l’administration confie à un particulier […] la gestion d’un service public [et/ou] la réalisation d’un ouvrage public ». La concession a des déclinaisons commerciales, mais elle peut aussi être un transfert de propriété sans enjeu capitalistique. La concession est limitée dans le temps et ses procédures d’attribution sont régulièrement renouvelées. Mais, dans l’usage, la concession désigne la chose sur laquelle s’exerce ce droit. Au cœur du questionnement, la dimension juridique de la concession n’épuise pas le sens du terme : celui qui concède cherche à apaiser un débat ou une contestation et, bien souvent, il répond à une demande. En ce sens, la concession participe d’un objectif politique, elle est ancrée dans un univers social. Elle est aussi un moyen au service d’une stratégie, comme l’occupation territoriale ou l’affirmation de la souveraineté.

Depuis l’apparition du mot au XIIIe siècle, la concession a été un outil régulièrement mobilisé par les pouvoirs notamment dans le cadre de politiques de développements économiques. Bien identifiée dans le domaine minier, mais aussi dans la construction d’infrastructure ou de conquête agricole, la concession a surtout attiré l’attention des historiens de l’économie et des entreprises. Quoique les types de concessions soient diversifiés en fonction des périodes, des secteurs d’application, des systèmes juridiques et des milieux naturels, il s’agit en général d’un outil mis en œuvre par la puissance souveraine pour parer son incapacité à financer une infrastructure ou une exploitation. Les raisons de cette délégation (différente de la « délégation de service public ») mêlent la nécessité de développer des équipements, l’entreprenariat des entreprises, et le défaut de fonds de l’autorité souveraine. Les dispositifs mis en place concourent aux rapports de l’État à ses administrés par les différentes modalités de délégations choisies.

L’approche historique de la concession, surtout envisagée sous l’angle de la politique économique, révèle que la nature et ses ressources se trouvent bien souvent au centre de l’intérêt des délégataires. Dès le Moyen Âge, les mines sont ouvertes sous le régime de la concession. À bien des égards, les franchises de conquêtes agricoles participent également de ce mouvement : les autorités politiques s’en servent pour peupler des terres qui leur échappent largement. Les concessions coloniales ont également de lourdes implications environnementales, à l’image de la sylviculture ou de l’extraction de matières premières, mais aussi sur la biodiversité animale. Le régime concessionnaire accompagne la conversion de la nature ou de l’environnement au service de la production. Agissant comme un puissant levier, il permet de donner de la valeur à un simple potentiel.

L’objectif de ce colloque est d’éclairer historiquement le rôle du régime concessionnaire dans la transformation des milieux et le façonnement de l’environnement. À l’heure où les ressources se réduisent dans un monde avide de consommation, au point que l’on peut parler d’extractivisme ou de prédation, il est important d’interroger l’historicité de ce dispositif qui n’a cessé de se transformer au fil du temps.

Ce colloque qui adopte en priorité une entrée historique est ouvert à toutes les sciences sociales. Il poursuivra plusieurs objectifs :

Une mise en contexte de la concession comme mode d’exploitation de l’environnement : elle permettra d’établir des comparaisons tant temporelles que géographiques, dans différents contextes nationaux et coloniaux, où le régime des concessions fut capital.

Une analyse de l’outil juridico-économique en tant que tel, de l’effet du discours juridique qui est créé, et du lien que la concession établit dans les structures de l’économie (aliénation du domaine, accumulation du capital, transferts de propriété, monopoles, économie des contrats, rejet des régies) et entre les structures sociales.

Une exploration des différentes formes de concession, dont celles qui pourraient avoir été actées par l’usage et sur les types d’espaces régulièrement affectés par le système de la concession conjointement, les périmètres de ces concessions : eau, mines, rivages, terres, forêts, transports, travaux publics et hydrauliques, etc.

L’approfondissement de l’histoire du mot, de son étymologie, de ses circulations culturelles, de ses imaginaires, en interrogeant les mythes et les reconstructions historiques qui légitiment la concession, qui en naturalisent le phénomène.

Concédant et concessionnaires s’entendent entre eux mais ils suscitent également des résistances, soit sur le plan théorique soit par des riverains exclus de leurs propriétés ou de leurs usages par les concessions. L’étude des concessions invitent ainsi à une étude sociale afin d’identifier les acteurs, leurs rapports et relations.

Les conséquences des concessions sur l’environnement, que cela soit la libéralisation vis-à-vis des entraves d’autres formes d’exploitation, ou l’arrivée de financements qui changent l’échelle des exploitations. Surexploitation, durabilité, modification des milieux, pollutions, etc., sont autant de thèmes à explorer. En quoi les concessions ont-elles modifier le rapport des sociétés à l’espace et à l’environnement ?

 

Calendrier et modalités de soumission

Les langues du colloque seront le français et l’anglais. Les propositions de jeunes chercheurs sont bienvenues. Les frais de mission seront ajustés en fonction du budget. Une publication des actes est envisagée.

Les propositions de communication (titre, résumé de 2000 signes maximum, court CV) devront être envoyées avant le 15 novembre 2019, à :
Raphaël Morera morera.raphael@gmail.com et Thomas Le Roux, oekoomeo@gmail.com. Une réponse sera donnée le 15 janvier 2020.

Drogues et genre

Drogues et genre

6 et 7 juin - Colloque

Présentation

 

La consommation de drogues n’échappe pas aux constructions sociales et culturelles genrées. Si, chez les jeunes occidentaux d’aujourd’hui, la consommation d’alcool s’est largement répandue chez les femmes, y compris dans les espaces publics, ce phénomène est tout-à-fait récent, car pour les générations précédentes d’Européens et d’Américains les femmes qui buvaient dans les cabarets, les tavernes et les bars, étaient stigmatisées et couvertes de toute sorte d’infamie. À l’instar de l’alcool chez les occidentaux, toutes les autres drogues psychotropes semblent avoir été historiquement des consommations majoritairement masculines. Que ce soit l’opium dans les sociétés indiennes, iraniennes, chinoises, la coca chez les peuples des Andes, ou encore le khat au Yémen et dans la Corne d’Afrique. Faut-il croire que les hommes ont éloigné les femmes de l’accès aux « plantes des dieux » ? Ou alors que les femmes ont pris elles-mêmes des distances avec des substances modifiant les comportements personnels et les relations sociales ? Pourtant, un peu partout, les curanderas, les sages-femmes et d’autres femmes moins sages, se sont appropriées des plantes soignantes. L’histoire au présent des usages de drogues semblent rompre bien de traditions, sous l’effet de la diffusion rapide et mondiale des substances et des changements des comportements personnels. L’hypothèse que nous formulons est que ce n’est pas le type de psychotrope en soi, ni les effets attendus qui produisent une consommation différente selon le genre, mais le cadre culturel, relationnel, dans lequel vivent des hommes et des femmes qui en influence l’usage. Entre psychotropes soignants, ludiques, performatifs, les drogues se mélangent aux construction de soi et à l’environnement collectif.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (3)

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (3)

Vendredi 7 juin de 9h-17h - Journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs. Comme l’année précédente, le séminaire fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée.

 

Programme

9h-10h30 : Francesco Paolo De Ceglia (Université de Bari)
« Naturel, préternaturel et
surnaturel à l’époque moderne »

10h45-12h15 : Didier Kahn (Paris, CNRS)
« Imagination, alchimie et paracelsisme »

13h30-15h : Roberto Poma (UPEC)
« Les merveilleux effets de l’extase. Pouvoirs du
corps, de l’esprit ou de l’imaginatio ? (XVIIe-XVIIIe siècle) »

15h15-16h45 : Julien Vella  (ENS, Lyon)
« Par suggestion. Remarques généalogiques sur une technique d’influence (XVIIIe-XXe siècle) »

 

Lieu

EHESS (Salle 4)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

David Mervart (Université d'Heidelberg),

David Mervart (Université d'Heidelberg), "Europe under the Warring States Period"

Lundi 17 juin de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

David Mervart est professeur associé d'histoire et de politique japonaises au Centro de Estudios de Asia Oriental de l'Universidad Autonoma de Madrid. Il a publié des articles en anglais, japonais et espagnol sur des sujets liés à ses recherches en histoire intellectuelle du début de la période moderne, en mettant un accent particulier sur le Japon au XVIIIe siècle au sein des réseaux mondiaux de transmission de savoir.

À partir de la fin du XVIIIe siècle, la géopolitique et la dynamique historique du monde européen ont suscité un intérêt accru de la part de certains Japonais qui, sur le plan linguistique et philologique, étaient capables d’interroger des sources européennes (ou du moins les traductions et les extraits de ces sources qui leur étaient parvenus). Cette activité intellectuelle a conduit à une prolifération d’histoires, de géographies et de traités politiques qui ont tenté de donner un sens au monde lointain des « barbares occidentaux » et qui essayaient d’expliquer les dynamiques qui avaient amené l’Occident à une hégémonie du monde. Dans ce cadre, les savants japonais faisaient souvent référence à quelque chose de bien connu pour toute personne instruite de la vaste sinosphère est-asiatique : il s’agissait de la situation désordonnée et conflictuelle de la période dite des Royaumes combattants, un topos historiographique établi pour la période déchirée de la Chine post-classique à la fin de la dynastie Zhou. Selon le portrait que l’histoire « universelle » (c'est-à-dire "chinoise") a fait des Royaumes Combattants, il existait à cette époque-là une pluralité d’États qui, dépourvus de toute référence à une autorité morale et concentrés sur leurs intérêts particuliers, se faisaient concurrence par tous les moyens disponibles, y compris l’armée. Ce topos historiographique a été repris au Japon au début du XIXe siècle afin de soutenir que la trajectoire historique récente de l'Europe était la même que celle de la période des « Royaumes combattants ». Ce procédé historiographique avait un double but : d’une part, décrire avec une métaphore familière la situation géopolitique que l'Occident avait générée et vers laquelle le Japon et toute l'Asie orientale étaient irrémédiablement amenés ; d’autre part, fournir une explication cruciale du type de lieu où se trouvait l'Europe et du type de modus operandi que l'on pouvait attendre des Européens. Alors que le XXe siècle a assisté à une reformulation des historiographies non-européennes dans les termes de l’historiographie européenne, cet épisode de l’historiographie japonaise du XIXe siècle nous offre l’image d’un passé européen rationalisé selon les catégories meta-historiques qui ont régi les traditions historiographiques de l’Est asiatique.

Discutant : Pablo Blitstein

La conférence sera en anglais :

From the late-eighteenth century, the historical dynamics and geopolitics of the European world became the object of intensified interest on the part of some Japanese who were linguistically and philologically capable of querrying European sources or gained access to translations and excerpts from these European sources made by others. This primarily intellectual activity led to a proliferation of histories, geographies and statecraft treatises that tried to make sense of this brave new world where Occidental barbarians were the newly prominent element one had to account for. The dynamics that had brought the West to an apparent world hegemony needed to be described and explained, preferably by reference to something familiar to every educated person around the broad East Asian Sinosphere. That reference turned out to be the messy and conflicted situation of the so-called Warring States period, an established historiographical container for the fractious period in the post-classical ancient China at the end of the Zhou dynasty. That period had seen a plurality of states with no overarching moral authority above their particular interests competing against one another by all means available, including military. This conventional trope from universal (i.e., ‘Chinese’) historiography was now, in the early nineteenth century Japan, being brought back into active duty to describe by uncomfortably familiar metaphor the kind of Western-dominated geopolitical stage onto which Japan and all East Asia were being drawn. But describing Europe's recent historical trajectory as the Warring States period also crucially provided an explanation of the sort of place Europe was and the kind of modus operandi that could be expected of the Europeans. To us, this moment offers a tantalising glimpse of a European past chopped and twisted to fit the mould of the metahistorical categories of a different historiographical tradition, a thing that in the real world of course normally tends to happen to non-European pasts as they are stuffed into containers of European provenience that claim universal applicability."

 

Lieu

EHESS (Salla A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Un

Un "spectacle dérobé à l'histoire". Théâtres et émotions de la Révolution française

18 et 19 juin - Colloque international

Présentation

Les spectacles constituent un laboratoire privilégié pour repérer et saisir l’articulation des représentations et des émotions qu’elles provoquent. À la suite de travaux collectifs récents consacrés à l’avènement d’une « société du spectacle » au XVIIIe siècle, à la politique du répertoire théâtral et aux fictions de la Révolution (voir la bibliographie), ce colloque, organisé par Thibaut Julian (EHESS-CRH) et Renaud Bret-Vitoz (Sorbonne Université Lettres) interdisciplinaire invite à explorer l’événement vécu, jusque dans son après-coup sous le Consulat et l’Empire, dans la perspective ouverte de l’histoire des émotions : l’on propose d’étudier en miroir comment la fiction théâtrale réfléchit et façonne des sensibilités en actes, tandis que des dispositifs spectaculaires sont mobilisés pour produire des effets sensibles dans la sphère publique, de sorte que les émotions sont agencées par des pratiques codifiées voire ritualisées mais s’y « dérobent » parfois de façon inattendue, déjouant l’effet escompté. Il s’agit ainsi de mettre au jour une politique des émotions sous la Révolution en confrontant le théâtre aux autres manifestations collectives ressortissant à la « forme spectacle » : de l’Assemblée à l’échafaud en passant par le champ de bataille, de la fête aux conférences, via la « culture des apparences » et les stratégies de publicité. Entre unanimité et dissensus, plaisir et choc, froideur et exaltation, quelles formes ces émotions prennent-elles ? Quel statut leur octroyer pour l’herméneutique des textes et des spectacles, et comment leurs traces (écrites, visuelles ou sonores) idéologiquement situées contribuent-elles à fixer une mémoire orientée de la Révolution ?

La réflexion pourra embrasser les axes suivants :

Diversité et redistribution des émotions théâtrales

La nouvelle donne politique bouscule les genres, l’économie des spectacles et les horizons d’attente des auteurs-spectateurs, ce qui se traduit dans les effets des pièces, diversement éprouvés selon les publics. Comment les émotions théâtrales entrent-elles en résonance avec la Révolution dans ses différentes phases ? Les caractériser à la faveur d’études ciblées suppose d’opérer des distinctions fines en prêtant attention aux discours et réseaux métaphoriques récurrents (comme l’« électricité du théâtre ») et d’historiciser les séances en fonction des contextes ainsi que des lieux de création et de reprises.

Que l’on mette l’accent sur un théâtre de divertissement, ou didactique et patriotique, voire épique, les réactions des spectateurs oscillent entre adhésion participative ou admiration et distance critique ou rejet. De même que le rire présente des formes et des significations diverses, les émotions tragiques ne se réduisent pas à la terreur et la pitié. La rupture révolutionnaire permet que de nouveaux sujets polémiques, voire traumatiques, soient mis en scène : selon un processus spéculaire entre la fable et le temps de la représentation, une poétique de la hantise propice à des transferts symboliques se fait jour. Aussi a-t-on souvent attribué au mélodrame une fonction réparatrice au sortir de la décennie. À l’heure où est promue l’exemplarité civique, qu’en est-il de la catharsis ?

L’on peut tâcher de ressaisir la « fermentation » des émotions en scène et par la scène en explorant les cas d’harmonie ou les discordances entre intentions auctoriales (et politiques) et performances publiques, grâce aux traces de leur réception : rapports de censure et de police, critiques dans la presse et autres témoignages (mémoires, essais, tableaux de la littérature…), que pourront éclairer des rapprochements bienvenus avec d’autres arts, visuels ou musicaux.

Politique des émotions et matérialité des spectacles

La libéralisation du secteur théâtral en janvier 1791 et l’apparitions de nouvelles formes de rituels politiques comme la fête accroissent les scènes, donc les expressions sensibles et les clivages idéologiques entre partisans et adversaires de la Révolution. En vue de caractériser ce marché du spectacle (entendu comme espace économique et arène de débat), pourront être étudiés :

  •  Les dispositifs remarquables où se cristallisent les émotions collectives : scènes improvisées, de plein air, théâtres publics ou de société ; fêtes, célébrations officielles, pompes funèbres ; séances d’assemblée, procès politiques, profanations... La pulsion scopique du public suscite des mises en récit et en images (tableaux officiels, caricatures…) et une analyse à chaud des événements spectaculaires ;
  • La valeur des émotions et leur « navigation » entre plusieurs régimes : comment se combinent ou s’opposent, par exemple, l’amour ou l’amitié et la haine, le rire, l’effroi ou la honte, le « grotesque » et le « sublime » ? Les polarités ambivalentes de l’enthousiasme patriotique, du deuil ou encore de la fraternité méritent une attention particulière ;
  • Les effets produits par la matérialité des spectacles : modulation de la voix du comédien ou de l’orateur, techniques de jeu et de déclamation, utilisation ancillaire de la musique, de la chorégraphie, détournement d’habits civils en costumes, rôle des décors signifiants ;
  • Les rôles des principaux « acteurs » : si l’on pense spontanément aux représentants politiques et aux militaires, Mercier, à qui l’on emprunte le titre du colloque, remarquait encore dans Le nouveau Paris « que les comédiens et les peintres avaient joué dans la révolution les rôles les plus absurdes et les plus sanguinaires ». Une approche anthropologique ou sociologique pourrait éclairer les enjeux et les risques de la médiatisation et de l’engagement.

 

Programme

Dépliant du programme

 

Lieu

Mardi 18 juin :

Sorbonne Université
Maison de la Recherche (Salle D040)
28, rue Serpente
75006 Paris

Mercredi 19 juin :

EHESS (Salle du Conseil)
54, boulevard Raspail
75006 Paris


 

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

20 et 21 juin - Forum du CRH

Présentation

La notion de tradition est régulièrement employée en histoire. Elle recouvre diverses significations : une tradition peut être culturelle, religieuse ou intellectuelle, manuscrite ou orale, aristotélicienne ou platonicienne, occidentale ou orientale, etc. Le terme est courant, mais il est aussi labile, plastique, car il s’applique à toutes sortes de phénomènes et se prête aisément aux variations de sens ou d’emploi. C’est pourquoi nous proposons d’engager une réflexion, de manière très large, dans deux directions : premièrement, sur la manière dont les historiens emploient le mot ‘tradition’ ; deuxièmement, sur ce qui fait tradition à une période donnée, c’est-à-dire sur ce que le terme implique du point de vue des acteurs historiques. Il ne s’agit pas de revenir sur le mythe de l’invention de la tradition. En revanche, dans les deux perspectives énoncées plus haut -la tradition revendiquée par les acteurs et celle identifiée par les historiens, la notion de tradition soulève des questionnements qui touchent aussi bien à l’histoire sociale et religieuse qu’à l’anthropologique historique ou à l’histoire intellectuelle. Trois problématiques peuvent être distinguées. Premièrement, la notion de tradition suppose la transmission d’une série d’éléments à l’identique, par-delà les âges et les contextes. Par là même, elle pose la question des modalités de circulation des pratiques, des doctrines, du vocabulaire et des textes eux-mêmes, dans leur matérialité, autant que celle des instruments intellectuels et rhétoriques qui construisent et soutiennent la continuité de la transmission. Sur quels mécanismes reposent les transferts intellectuels ou culturels qui fondent, ou sont supposés fonder une tradition ? Quels cadres - sociaux, politiques, religieux, culturels, intellectuels - rendent possible, ou non, cette transmission ? Quelle relation entretient la tradition avec la communauté – religieuse, politique, intellectuelle, émotionnelle – qui l’a construite ou en est la gardienne ? Un second axe de réflexion concerne les interactions entre différentes traditions. Lorsque plusieurs traditions apparaissent en concurrence, on peut se demander dans quelle mesure celles-ci sont cloisonnées, et comment se construit, se maintient et se traduit ce cloisonnement. Une tradition peut-elle en nourrir une autre ? Comment et pourquoi les acteurs historiques choisissent-ils de se placer à l’intérieur ou en-dehors d’une tradition ? La question pourrait s’appliquer en particulier aux traditions historiographiques. Un troisième axe, enfin, porte sur la dialectique entre tradition et innovation, autorité et création. Il s’agit de saisir les transformations socio-politiques et les diverses innovations qui peuvent exister à l’intérieur d’une tradition, qu’elles soient scientifiques, techniques, juridiques, politiques, etc. Quelles sont les formes de légitimation de la nouveauté ou de négociation entre une dynamique créative et une continuité revendiquée par la tradition ? Jusqu’à quel point cette dernière est-elle ouverte à de nouveaux apports, qu’ils soient intellectuels, culturels ou sociaux ? Quelle est la marge d’autonomie des acteurs historiques à l’intérieur du cadre constitué par la tradition ?

 

Programme

Dépliant du programme

 

Lieu

Jeudi 20 juin :

Institut Hongrois
92, rue Bonaparte
75006 Paris
Inscription obligatoire auprès de
: reservation@instituthongrois.fr

Vendredi 21 juin :

Columbia Global Centers
Reid Hall
4, rue de Chevreuse
75006 Paris

 


Les dispositifs de formation professionnelle au Moyen Âge et à l’époque moderne

Les dispositifs de formation professionnelle au Moyen Âge et à l’époque moderne

Jeudi 3 juillet de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

La formation professionnelle dans les sociétés « préindustrielles » ne se limite pas aux dispositifs institutionnels d’apprentissage associés à des activités artisanales urbaines et aux corporations. Elle dépasse aussi des formes contractuelles souvent évanescentes dans une chronologie qui remonte au Moyen Âge. On propose ici de s’appuyer sur la notion de professionnalisation pour étudier une « formation professionnelle » qui prévoit l’acquisition des gestes et des techniques du métier, mais aussi d’une culture commune. Cette grille de lecture large appelle la comparaison d’études de cas qui concernent artisans, artistes ou marchands, en Occident ou dans l’empire ottoman. Les rôles sociaux des formateurs, des apprentis et de leur entourage seront interrogés, ainsi que les modalités de connaissance des relations formatives, et, lorsque c’est possible, le contenu des savoirs et savoir-faire transmis.

Organisateurs : Mathieu Marraud (RHISOP-LaDéHiS) et François Rivière (Labex Hastec, LAMOP)

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

La mer : histoires et sciences sociales des mondes liquides

La mer : histoires et sciences sociales des mondes liquides

Date limite de dépôt : 20 juin - Appel à candidatures

Présentation

Comment l’histoire et les sciences sociales étudient-elles les mers et les océans ? Existe-t-il des méthodes, des échelles et des temporalités privilégiées pour décrire, représenter et analyser ces vastes espaces liquides qui occupent plus de 70 % de la surface de notre planète ? Cet atelier doctoral propose d’aborder ces questions en réfléchissant, dans la longue durée et avec les outils des sciences humaines et sociales, à la façon dont les sociétés humaines vivent et pensent les mondes aquatiques, les phénomènes maritimes (marées, vagues, courants, moussons, etc.) et les êtres vivants qui les peuplent (du taret aux coraux, poissons, coquillages et autres mammifères marins).

Espaces de contraintes et de ressources, de séparations et de connexions, de frontières et d’échanges, les mers constituent un laboratoire privilégié pour remettre en question les échelles d’analyse conventionnelles héritées de l’histoire politique des États-nations ou des empires. C’est ainsi que la Méditerranée, les océans Indien Atlantique ou Pacifique, les mers de Chine méridionale, les mers Baltique, Noire, Rouge, ou des Caraïbes, sont devenus des champs d’études à part entière, abordés depuis leurs géomorphologies particulières jusqu’aux mouvements des biens et des populations qui maillent leurs différentes rives. Faut-il donc étudier les mers depuis les continents adjacents, les îles, les golfes, les promontoires, les ponts des navires ou éventuellement sous les eaux ? Autrement dit, quels types de sources et de documents mobilise-t-on pour mener l’enquête ?

Notre atelier s’inscrira dans le sillage des « Sea » ou « Oceanic Studies », « thalassologie » et autre « thalassographie » qui proposent, au carrefour des différentes disciplines des sciences sociales, d’analyser la façon dont mers et océans s’inventent, se distinguent, se tracent, s’approprient et se disputent. Nous porterons ainsi une attention particulière aux outils (scientifiques, cartographiques, techniques, littéraires) qui ont permis de connaître et de figurer le globe terraqué. Nous interrogerons également l’épineuse question du statut juridique des mers, et des possibilités effectives de leur domination : la mer est-elle un bien commun ? ou bien la considère-t-on comme l’une de ces res nullius dont le premier occupant peut revendiquer la propriété ? Ces questions toucheront à la politique des puissances bordières, mais aussi aux querelles de toponymes, de frontières et d’usages des ressources de la mer. Nous réfléchirons aux formes d’exploitation des écosystèmes marins, aux conflits et aux économies qu’elles génèrent. Cela nous conduira à traiter des questions environnementales, depuis l’histoire des sciences jusqu’à la géographie contemporaine des pollutions des mers et des menaces qu’elles font peser aujourd’hui à la planète, à l’humanité et aux non-humains.

Il s’agira également de montrer les potentialités comme les limites des analogies formelles opérées entre plaines liquides, mais aussi entre mers et – par exemple – grandes zones désertiques. De ce point de vue, les mers ne seront pas envisagées comme des entités géographiques immuables ou des unités culturelles homogènes, mais bien comme des espaces vécus et des constructions sociales et intellectuelles évolutives.

Parmi les thématiques au cœur de cette rencontre, nous envisageons :« Géographie et cartographie des mers et des océans » ;« À qui appartiennent les mers ? Frontières et droits de la mer » ;« Économies et sociétés maritimes : ressources et usages de la mer » ; « Échelles et temporalités des études maritimes ».

L’atelier est ouvert aux doctorants et étudiants à partir du M2 de toutes disciplines et de toutes nationalités. Des séminaires historiographiques et problématiques alterneront avec des ateliers centrés sur la présentation des travaux des étudiants. Les langues de travail sont le français, l’italien et l’anglais.

Comité scientifique : Jean-Marc Besse (EHESS), Guillaume Calafat (Paris 1 Panthéon- Sorbonne), Fabrice Jesné (EFR), Silvia Sebastiani (EHESS).

Pour en savoir plus :
http://www.efrome.it/la-recherche/actualite-et-appels/evenement/la-mediterranee-un-laboratoire-de-lhistoire-globale-et-des-processus-de-globalisation-2019/

 

Calendrier et modalités de soumission

Le dossier de candidatures comprendra les deux pièces jointes suivantes à attacher directement au formulaire en ligne (format pdf) :

1. Champ « lettre de motivation » (un seul pdf)

  • une lettre de motivation ;
  • un résumé (max. 4000 caractères) de l’intervention proposée ;
  • une lettre de recommandation écrite par un.e titulaire dans l’enseignement supérieur et la recherche qui prendra soin de dater et signer la lettre et de faire explicitement référence au présent atelier.

2. Champ « CV » (un seul pdf)

  • un curriculum vitae (max. 3 pages) accompagné d’une présentation des recherches en cours et d’un programme de travail.

Tous ces documents peuvent être rédigés en français, italien ou anglais.

Envoi du dossier de candidature

La réception des dossiers de candidature pour l’EFR est ouverte via le formulaire en ligne accessible à l’adresse suivante :

https://candidatures.efrome.it/atelier_doctoral_interdisciplinaire_mediterrannee_5_2019

Réception des dossiers et résultats

La réception des dossiers s'achèvera le 20 juin 2019 à 17 h (heure de Rome).

  • ATTENTION : L'envoi du dossier de candidature est définitif, il ne sera pas possible de revenir sur une candidature.

  • ATTENTION : Pour éviter tout problème technique, veillez à ne pas déposer votre candidature au dernier moment.

Les candidats retenus sont tenus d’assister à l’ensemble des cours et ateliers.

Il sera demandé à chaque participant d’envoyer aux organisateurs, avant le 23 septembre 2019, 10.000 signes de présentation de leurs travaux comprenant une description de leur corpus de sources, en y joignant une bibliographie synthétique.

La formation, les déjeuners et le logement des participants seront assurés par l’École française de Rome et l’École des hautes études en sciences sociales. Les participants devront prendre en charge les frais du voyage à Rome.

Pour toute information, vous pouvez contacter Claire Challéat, assistante scientifique pour les époques moderne et contemporaine à l’École française de Rome, Piazza Farnese 67, 00186 Rome, secrmod(at)efrome.it

Drogues et résistances des populations amérindiennes

Drogues et résistances des populations amérindiennes

Jeudi 13 juin de 17h-20h - Demi journée d'étude

Présentation

Comme on sait, la colonisation européenne des Amériques s’est faite par l’épée, le sang, la traîtrise, la peur. Elle s’est faite aussi par l’extermination « naturelle » causée par les maladies importées d’Europe. Mais elle n’aurait pas pu s’accomplir sans la colonisation de l’imaginaire. Comment autrement quelques milliers d’européens auraient pu gagner contre des millions d’Amérindiens ? Pourtant, la colonisation a dû faire face à bien de résistances, sous toutes ses formes, armée, administrative, idéologique. Dans cette confrontation, les drogues utilisées par les populations amérindiennes, transmises aux Noirs, aux Métis, aux sang-mêlé, ont joué un rôle non négligeable. Les colonisateurs ont bien essayé d’interdire la consommation du peyotl, de la coca et d’autres herbes magiques utilisées depuis longtemps par les populations amérindiennes, mais sans aucun succès. Malgré les interdits, malgré la répression, les Amérindiens et les populations métissées ont continué à consommer ces plantes qu’elles pensaient un don des dieux.

 

Programme

Carmen Salazar-Soler : « Coca et travail dans les entrailles de la terre : les mineurs du Pérou au XXe siècle »

À partir de l’analyse des données recueillies dans les mines de Huancavelica, sierra centrale du Pérou, cette communication se propose de réfléchir sur les différents sens que revêt la consommation de feuilles de coca dans le contexte du travail minier. Tous les matins les mineurs fument des cigarettes au soleil et préparent ensemble leur pichou : une boule de feuilles de coca enroulées autour d’un morceau de chaux, que l’on garde au creux de la bouche. C’est un moment essentiel de leur vie quotidienne, pendant lequel ils discutent de leurs problèmes, organisent leur journée de travail, se réchauffent avant de plonger dans les entrailles de la terre.  Les mineurs affirment que la coca les prépare mentalement pour le travail, qu’elle les met en forme et qu’elle les encourage. Elle facilite aussi la communication avec l’esprit gardien de la mine, et son goût permet de prédire le déroulement de la journée de travail. Souvent consommées avec l’alcool, les feuilles de coca facilitent le passage entre le monde des hommes et le monde souterrain. Divers rituels qui incluent de l’eau-de-vie, de la coca et du sang animal permettent aux mineurs de domestiquer les dangers du monde de ténèbres.

Alessandro Stella : « La prohibition du peyotl par l’Inquisition de Mexico : un conflit entre mondes magiques »

« La plante qui fait les yeux émerveillés » (A. Rouhier, thèse de 1927) mais aussi stimulant coupe-faim, le peyotl a été interdit par l’Inquisition de Mexico en 1620, car sa consommation rituelle constituait une forme de mysticisme concurrent à celui de l’Eglise catholique. L’on découvre ainsi qu’à l’origine des politiques prohibitionnistes se trouvent non pas des préoccupations de santé, mais une condamnation religieuse et morale, et en définitive un rapport de pouvoir, l’exercice d’une domination politique et culturelle. Comme souvent, les populations amérindiennes ont répondu « sí, señor », et ont continué leurs pratiques, rituels et consommations, parfois avec des subtiles dissimulations.

Mike Jay : “A religion of our own: the adoption of peyote by the Plains tribes of the USA’”

The Native American peyote ceremony emerged and spread rapidly among the tribes during the era of forced captivity on the reservations. It drew on the forms of Protestant worship mandated by the dominant culture while also creating a distinctively Indian world beyond its reach. Its advocates, both Indian tribal leaders and western ethnologists, presented it as a companion rather than a rival to Christianity and stressed its medical and spiritual benefits. It became a focus for resistance to the US federal policy of assimilation and constituted itself as the Native American Church for its legal protection. During recent years it has expanded rapidly, and now claims over 250,000 members.

 

Bibliographies :

Carmen Salazar-Soler est anthropologue, Directrice de Recherche au CNRS. Elle est l’auteure d’Anthropologie des Mineurs des Andes. Dans les entrailles de la Terre (Paris, L’Harmattan, 2002) et de Supay Muqui, dios del socavón. Vida y mentalidades mineras(Lima, Fondo Editorial del Congreso de la República, 2006). Elle est co-auteure avec F. Langue du Diccionario de términos mineros para América española (siglos XVI-XIX) (Paris, ERC, 1993). Elle est éditrice en collaboration avec V. Robin du El regreso de lo indígena. Retos, problemas y perspectivas, (Lima, IFEA/CBC/Coopération Régionale avec les Pays Andins- Ambassade de France au Pérou, 2009). Ses recherches actuelles portent sur l’étude des conflits miniers socio-environnementaux et sur les processus des catégorisations sociales au Pérou.

Alessandro Stella, historien, Directeur de Recherche au CNRS. Après avoir travaillé sur les révoltes sociales, l’esclavage, le métissage, le genre, ses études récentes portent sur la problématique des « drogues ». Ouvrages sous presse : L’herbe du diable ou la chair des dieux ? La prohibition du peyotl par l’Inquisition de Mexico, Paris, éditions Divergences, automne 2019 ; avec Anne Coppel (dir.), Vivre avec les drogues / Living with drugs, London, ISTE, automne 2019 (éditions en français et en anglais).

Mike Jay is an author who has written widely on the history of science and medicine, and in particular on psychoactive drugs. His books include High Society: mind-altering drugs in history and culture (2011) and the recent Mescaline: a global history of the first psychedelic (2019). He lives in London and is a research affiliate at the Centre for Health Humanities at University College London. His website is mikejay.net.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

L'influence et ses limites : un atelier international

L'influence et ses limites : un atelier international

20 et 21 juin - Colloque international

Présentation

L’atelier, organisé par Répine (Réseau d’étude des pratiques d’influence) et le CRH (Yves Cohen) et soutenu par le LabEx Tepsis confrontera diverses formes d’étude de l’influence et de la contre-influence. Il importe en effet que les sciences sociales affinent leurs moyens de s’emparer d’un phénomène qui ne cesse de proliférer et d’envahir la vie publique aussi bien que personnelle. Parler d’« influence » permet d’étudier ensemble de nombreuses pratiques développées au XXe siècle, publicité, propagande, marketing, relations publiques, communication, psychologie sociale, lobbying… Ces pratiques prennent constamment des formes nouvelles, comme celle des « influenceurs » ou de l’invasion des réseaux sociaux par l’infox. Elles se déploient à l’échelle globale comme à celle, non pas tant du local que de l’intime. Elles recourent aux sciences, de la psychologie à l’informatique, et mobilisent les arts. D’où cet atelier multidisciplinaire, international et rapprochant chercheurs et membres de la société civile.

 

Programme

 

Lieu

EHESS 5salle M. &D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Linguistique et écrits (8)

Linguistique et écrits (8)

Jeudi 13 juin de 9h-19h - Journée d'étude

Présentation

Cette 8e édition des journées d'études "Linguistique et écrit", organisée par Marion Carel (CRAL) et Dinah Ribard (GRIHL),  sera consacrée à la présentation et à la discussion de travaux en cours sur des questions d'énonciation, de performativité, d'oralité écrite, de narrativité hors du récit, à la croisée de l'histoire et de la linguistique. Différents types d'écritures seront envisagés, séparément ou simultanément : écritures littéraires, publicitaires, juridiques, poétiques, savantes, politiques ; mises en livres ou arrimées à l'oral, en mots ou en images.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle 8)
105, boulevard raspail
75006 Paris

Citizenship until further notice? Refugees and revocation of nationality in the 20th century

Citizenship until further notice? Refugees and revocation of nationality in the 20th century

Date de limite de dépôt : 30 juin - Appel à communication

Présentation

La notion d’apatride a été reconnue comme l'une des maladies majeures du XXe siècle. Historiens, juristes, philosophes politiques et d’autres ont critiqué le pouvoir d’exclusion de l’État-nation et dénoncé la position des personnes privées de leur passeport et de leurs droits. Un réfugié apatride, sans protection de l'État et dépendant éventuellement d'un « passeport Nansen », devient le symbole de l'exclusion du monde politique. La révocation de la citoyenneté n'était pas une mesure sans conséquence et peut être assimilée à une décision de vie ou de mort. 

Comité d'organisation : Claire Zalc (CNRS, IHMC-EHESS) et Michal Frankl (Masaryk Institute and Archives of the Czek Academy of Sciences)

L’atelier bénéficie du soutien de la Fondation scientifique tchèque, projet «Citoyens du no man’s land», n ° 18-16793S et du projet TREMPLIN de l’Agence nationale de la recherche (France), n ° 18-ERC1-0003-01.

Lire la suite de l'appel en anglais

 

Calendrier et modalités de soumission

Le workshop se déroulera en anglais.

Les résumés de 300 mots maximum ainsi qu'un bref CV doivent être adressés à Wolfgang Schellenbacher, schellenbacher@mua.cas.cz avant le 30 juin 2019.

Les candidats seront informés avant le 31 juillet. Un remboursement de l'hébergement et des frais de voyage sera fourni aux participants actifs.

Le colloque aura lieu les 19 et 20 novembre 2019 à la Villa Lanna de Prague.

 

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Mardi 10 janvier de 14h30-19h - Journée du CRH

Présentation

Cité italienne, byzantine, métropole coloniale, Venise fut l’une des villes les plus ouvertes de l’Europe médiévale. A son apogée, elle fut entre autres choses une ville allemande. Fruit d’une enquête longue et patiente, le livre de Philippe Braunstein met en lumière cette facette méconnue et essentielle de l’histoire vénitienne. Autour du Fondaco dei Tedeschi, centre des relations avec le monde germanique, s’activent marchands, tisserands, orfèvres, boulangers et imprimeurs, observés à travers leurs réseaux d’immigration, leurs familles, leurs institutions et leurs contributions au dynamisme vénitien. À la fois portrait de groupe et tableau intimiste d’une communauté soucieuse d’intégration, le livre donne à voir les dynamiques à l’œuvre dans la croissance de l’une des métropoles européennes. Mathieu Arnoux (CRH), Pierre Monnet (CRH) et Giuliano Milani (Università di Roma-La Sapienza) débattront autour de l’ouvrage en présence de l'auteur Philippe Braunstein.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris


Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Lundi 30 janvier de 9h-18h - Journée du CRH

Présentation

Alain Dewerpe (1952-2015) est l’auteur d’une œuvre importante et diverse. Menés dans le cadre de sa direction d’études à l’EHESS depuis 1991, ses travaux sur la protoindustrialisation,  puis sur le monde des usines aux 19e et 20 siècles, sur les techniques, sur l’organisation du travail et les espaces dans lesquels elle s’est inscrite,  sont devenus classiques. Il n’a cessé de s’y consacrer, seul, avec les étudiants qu’il a formés et dans le programme de travail collectif auquel il a activement  participé avec des historiens et des économistes au sein de l’Atelier Simiand . Le grand livre qu’il a longuement préparé sur l’entreprise italienne Ansaldo et qui était presque achevé à sa mort sera bientôt publié. Mais A. Dewerpe s’est aussi fait connaître par trois grands ouvrages qui relevaient de ce qu’il concevait comme une anthropologie de l’Etat : Un Tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-1566),( avec D. Nordman et J. Boutier,1984), Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain (1994) et Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat (2006), sans doute son livre le plus connu.

Alain Dewerpe fut un grand historien et un enseignant convaincu. Il fut aussi pour beaucoup d’entre nous un compagnon de travail et un ami. A l’Ecole, dont il a dirigé pendant plusieurs années les Editions et à laquelle il était profondément attaché, il a beaucoup apporté. C’est à tous ces titres que le Centre de recherches historiques a décidé de lui rendre hommage de la manière dont nous voulons espérer qu’il l’aurait souhaitée, en réfléchissant sur son œuvre.


Organisateurs : Jacques Revel et Jean-Paul Zuñiga


Programme

 

Lieu

EHESS (Salles A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

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Dernière modification :
26/06/2019