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Danser le genre. Réflexions historiographiques

Danser le genre. Réflexions historiographiques

18 janvier de 14h-20h et 19 janvier de 13h-16h - Présentation d'ouvrages

Présentation

Pour fêter les dix ans du séminaire Histoire culturelle de la danse, et avec la participation de Adrien Belgrano (EHESS), Esteban Buch (EHESS), Elizabeth Claire (CNRS), Marie Glon(Univ. Lille), et Vannina OLIVESI (EHESS), nous allons parler des thématiques – la morale, le genre, et la circulation de la danse – qui ont fait l’objet du séminaire depuis des années, et qui ont donné naissance aux numéros des revues scientifiques dirigés en 2017 par les membres de l’Atelier d’histoire culturelle de la danse : Clio. Femmes, genre, histoire (No. 46) Danser (Elizabeth Claire, dir.) et European Drama and Performance Studies, Danse et morale, une approche généalogique (Marie Glon, Juan Ignacio Vallejos (dirs.)).

Ces deux publications ont été l’occasion d’interroger la danse au croisement d’autres pratiques sociales et culturelles comme l’éducation, la religion, la politique, la prostitution, les arts visuels, la science, le nationalisme, le féminisme . . . Elles seront présentées lors d'une  table ronde à l'EHESS le vendredi 19 janvier. La revue de Clio. femmes, genre, histoire sera également présentée le jeudi 18 janvier dans le cadre des Exposés de la recherches du Centre National de la Danse.


Lieu

Jeudi 18 janvier

Centre National de la Danse
1, rue Victor Hugo
93507 Pantin

Vendredi 19 janvier

EHESS (Salle 13)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Journée doctorale en histoire du genre

Journée doctorale en histoire du genre

Date limite de dépôt : 28 février 2018 - Appel à communication

Comité organisateur :
Laura BALZER (doctorante, EHESS/Paris 1Panthéon-Sorbonne),
Marion PHILIP (doctorante, EHESS/Paris-Sorbonne)

Présentation

Depuis les années 1960, l'utilisation du genre comme démarche et objet d'étude a généré une définition plus fine de ce concept, qui a permis aux historien.ne.s de déconstruire l'idée d'un binarisme sexuel reposant sur la complémentarité des rôles sociaux masculins et féminins. Les rapports sociaux de sexe sont devenus l'objet de travaux universitaires, collectifs et individuels. Ils constituent un facteur d’analyse des sociétés, souvent oublié, mais qui renouvelle pleinement l’histoire sociale[1]. Le Centre de Recherches Historiques accueille dès 1978, un groupe de chercheur.se.s travaillant sur l'histoire du genre, qui se structure, en 2007, comme axe transversal. L'objectif du groupe, en organisant cette deuxième édition d’une journée doctorale, est de développer le dialogue entre les doctorant.e.s en histoire de l'EHESS adoptant une perspective de genre dans leurs travaux.

Pour montrer de quelle manière l’histoire du genre s’inscrit dans une histoire sociale et des représentations, nous proposons que les communications développent les thématiques suivantes : 

I- Stéréotypes et normes genrées

Les interventions peuvent proposer une analyse des normes de genre et des représentations genrées véhiculées par les corpus de sources étudiées (textes normatifs, écrits personnels, iconographie, littérature ...), ainsi que de la réception de ces normes par les individus, groupes, ou sociétés concernés. Il s’agit également d’interroger le rôle de ces représentations dans l’organisation et la hiérarchisation du tissu social.

II- Genre et identification de soi

Parallèlement au développement du concept de genre, le concept d'identité a été largement remis en question par les sciences humaines depuis plus d'une quarantaine d'années, en critiquant sa tendance à réifier un processus pourtant relatif et contextuel ou au contraire à diluer des identités, qui perdent leur pertinence analytique[2]. Les doctorant.e.s seront invité.e.s à questionner cette notion d' "identité", grâce à sa confrontation avec la question du genre. Il.elle.s pourront également étudier les phénomènes d'identification genrée, et montrer comment il.elle.s manient l'outil d'analyse du genre, de concert avec d'autres facteurs d'identification sociale : l'âge, le statut social, le rang, la "race", l'engagement politique, le statut professionnel ... 

 

Modalités de soumission et calendrier

La journée est ouverte, en priorité, aux doctorant.e.s en histoire du CRH, qui intègrent le genre à leurs problématiques. Cependant, nous souhaitons ouvrir cette journée aux doctorant.e.s des autres UMR de l’EHESS et d’autres universités, qui pourront participer en fonction des places disponibles. Toutes les périodes, aires culturelles et thématiques sont les bienvenues. Les communications, d'une durée maximale de 30 minutes, seront suivies d'un temps de discussion.

Les propositions de communication d'un maximum de 3 000 signes, accompagnées d'une courte biographie devront être envoyées à marion.philip@laposte.net et laura.balzer21@gmail.com avant le 28 février 2018.
La journée d'étude se tiendra le 28 mai 2018 à l'EHESS (salle M. & D. Lombard).


 


[1]Brian, I., Lett, D., Sebillotte-Cuchet, V.,Verdo, G., « Le genre comme démarche », Hypothèses, 2005 (1)/8 pp.277-295.

[2]Brubaker, R., Cooper, F., « Beyond Identity », in Theory and society, vol. 29, n° 1, 2000, pp1-47.

Être juif et pauvre. Rôles sociaux et capacités d’agir en mondes chrétiens et musulmans (Moyen Âge - époque moderne)

Être juif et pauvre. Rôles sociaux et capacités d’agir en mondes chrétiens et musulmans (Moyen Âge - époque moderne)

Date limite de dépôt : 1er février - Appel à communication

Comité scientifique

Davide Mano, chercheur post-doctorant à l’EHESS de Paris (Centre de recherches historiques-Etudes juives). Ses recherches s’orientent vers l’histoire sociale des juifs, avec une attention particulière portée à la période révolutionnaire (XVIIIe-XIXe siècles) et sur l’Italie.

Michael Gasperoni, chargé de recherche au CNRS (Centre Roland Mousnier, UMR 8596), travaille sur l’histoire de la ségrégation sociale et de la famille en Italie à l’époque moderne. Il a publié différents travaux sur les pratiques matrimoniales et les systèmes de parenté juif et chrétien à l’époque moderne et sur les aspects démographiques, juridiques, économiques et sociaux des ghettos juifs en Italie.

Contacts : davidemano@gmail.com, michael.gasperoni27@gmail.com

Argumentaire

Dans l’historiographie, qu’elle soit ancienne ou plus récente, les juifs apparaissent souvent comme une catégorie d’acteurs assez figée et monolithique. Les historiens n’ont en effet jamais été très à l’aise lorsqu’il s’agit d’appréhender dans son ensemble et dans toute sa complexité une population numériquement assez réduite qui, au Moyen Âge et à l’époque moderne, cohabitait avec les sociétés chrétiennes ou musulmanes dans lesquelles elle se trouvait insérée. Les populations juives étaient plus ou moins bien perçues ou acceptées selon les lieux et les époques ; elles jouissaient de « privilèges », c’est-à-dire d’un statut et de droits s’inscrivant dans un cadre juridique précis, dont l’ampleur et la durée pouvaient considérablement varier, favoriser ou compromettre leur présence sur un territoire donné. De fait, les juifs apparaissent souvent comme un groupe « minoritaire », une sorte de « bloc » confronté à un autre « bloc », c’est-à-dire les sociétés qui les accueillirent, elles-mêmes définies comme un groupe « majoritaire ». L’apparition du concept-clé de « minorité » pour désigner la ou les populations juives, dont la définition classique revient à Louis Wirth a, au fond, renforcé cette polarisation terminologique, qu’il conviendrait d’ailleurs de discuter plus en profondeur .
L’étude systématique de la stratification sociale et de la diversité interne des sociétés juives est assez récente, et témoigne de cette difficulté à s’engouffrer pleinement dans leur histoire économique et sociale en tenant compte de leurs différents degrés de complexité . Pourtant, les sources ne manquent pas, qu’elles soient d’ailleurs produites par les sociétés majoritaires ou par les minorités juives. Si certaines sources anciennes ou plus récentes, souvent teintées d’antijudaïsme ou d’antisémitisme vindicatif ont insisté sur la supposée « richesse » des juifs, de nombreux autres documents et témoignages montrent au contraire combien la pauvreté aurait été une question et un problème récurrents dans les sociétés juives du passé, en particulier dans certains contextes à l’époque moderne . L’attention réservée aux élites marchandes est en partie responsable d’avoir caché la condition de ces autres acteurs juifs, itinérants et non – la masse des petits colporteurs et des petits marchands, des artisans, des étrangers, des marginaux, vagabonds ou réfugiés – qui n’ont pas encore fait l’objet de recherches approfondies.

De manière plus générale, l’historiographie a défini trois types de pauvres : les pauvres « structurels », dont l’état de besoin est permanent (vieillards, infirmes) ; les pauvres « conjoncturels », dont la situation de fragilité est provoquée le plus souvent par une crise économique, une guerre, une épidémie ou une catastrophe naturelle ; et les pauvres « honteux », à savoir les déclassés, ceux qui sont contraints à quitter leur groupe social suite à une chute économique. Les historiens ont ainsi fait la distinction entre un état de pauvreté, à savoir une condition de dépendance ou d’exclusion permanente, et un processus d’appauvrissement, déclenché à la suite d’une faillite ou d’un surendettement . Ils ont aussi abordé la pauvreté selon des catégories qui dépassent l’idée du seuil économique et qui reconnaissent toute l’importance du lien social dans la définition des statuts individuels. Pendant le Moyen Âge et l’époque moderne, le manque de liens stables et de réseaux de protection à l’échelle locale reflète une condition d’insuffisance de capital relationnel qui peut entraver la possibilité de jouir des droits de citoyenneté .
L’expérience juive incarne ces typologies de pauvretés de manière composite et variable selon les périodes et les contextes. Si les questions théologiques et théoriques de la richesse supposée et du statut juridique des juifs, ainsi que leurs représentations ont été très largement abordées par les chercheurs, en particulier pour le monde chrétien , une histoire sociale de la pauvreté juive reste encore très largement à écrire, en particulier dans une perspective comparative et de longue durée. Que signifiait être juif et pauvre dans les sociétés du passé ? Et comment mesurer l’évolution socio-économique et la complexification des populations juives au milieu des mondes chrétiens et musulmans ?
Ce colloque entend donc faire le point sur un certain nombre d’aspects bien balisés tout en se proposant de développer de nouvelles questions et perspectives de recherche. Il invite à une contextualisation des expériences sociales juives à partir du Moyen Âge et jusqu’à l’émancipation, les bornes chronologiques choisies étant également un appel à reconsidérer l’évolution des modes de gestion de la présence juive en Europe et dans l’Empire ottoman sous l’angle de l’histoire de la pauvreté. Quatre axes seront au cœur des travaux :

1. Étudier la pauvreté : catégories, sources et méthodes
2. Rôles sociaux et inégalités dans les sociétés juives
3. Acteurs et réseaux : stratégies, tactiques, capacités d’agir
4. Encadrements institutionnels de la pauvreté

1. Étudier la pauvreté : catégories, sources et méthodes

Cet axe propose d’interroger la construction de la notion de pauvreté en association avec celle de juif, à partir de formulations théologiques et juridiques, d’écrits économiques, politiques et
littéraires. La présentation de sources d’archives originales, ainsi que l’analyse des représentations sociales que ces sources reproduisent, seront au centre de cette réflexion. La pauvreté est le plus souvent conçue comme une construction sociale et une catégorie socio-politique dans un système de catégorisation binaire du pouvoir, de l’appartenance, de la réputation (puissant/faible, autochtone/allochtone, honorable/infâme, etc.). Au Moyen Âge et à l’époque moderne, le terme de « pauvre » renvoie à un état de faiblesse non exclusivement économique, mais aussi lié à une absence de ressources et de relations sociales. Il est également assimilé à une image de nocivité, danger et trouble à l’ordre public. L’objectif de cet axe sera donc d’interroger la pertinence pour les populations juives des catégories de pauvreté fondées sur l’étude des sociétés chrétiennes et musulmanes. Ou inversement, est-ce que les définitions de la pauvreté en mondes juifs mettent à l’épreuve ou bousculent ces catégories ?

2. Rôles sociaux et inégalités dans les sociétés juives

Cet axe cherche à susciter le débat entre médiévistes et modernistes autour de la notion de stratification sociale en mondes juifs. Il s’agit d’aborder la réalité des pauvretés juives dans une perspective de longue durée et comparative entre sociétés chrétiennes et musulmanes. Qui sont les pauvres juifs, quand le deviennent-ils et comment sont-ils définis ? Les historiens ont étudié le cycle de vie des hommes et des femmes du passé et y ont distingué une diversité dans les séquences de la fragilité sociale. Ces séquences sont différentes selon les sexes, les trajectoires de vie, les communautés et les secteurs économiques . Est-ce que ce paradigme demeure valable pour le cas juif, après considération des distinctions dans le cycle de vie et des limitations imposées aux juifs dans l’espace social et économique ? Nous chercherons également à interroger les fondements culturels et les rôles sociaux qui organisent le lien social à l’intérieur des communautés juives. La condition des femmes juives sera abordée notamment à travers l’examen des configurations de la famille juive et des rôles sociaux en mondes juifs. Outre le sexe et l’âge des individus, d’autres catégories pourront être prises en considération comme éléments constitutifs de la stratification sociale : par exemple, l’origine géographique, la profession, ou le niveau d’instruction. La tension entre inégalités et solidarités sera donc au centre de cette réflexion. Une place sera également accordée aux convertis et aux descendants de convertis qui continuent souvent à maintenir des liens, conflictuels ou non, avec leurs familles d’origine.

3. Acteurs et réseaux : stratégies, tactiques, capacités d’agir

Ce troisième axe propose d’aborder la notion d’« agency » (en français, « capacité d’agir » ) et de placer la focale sur les moyens utilisés par des pauvres juifs pour faire face et lutter contre les mécanismes d’appauvrissement. Il s’agira d’interroger notamment les capacités des pauvres juifs à tirer des ressources à travers la mobilisation des liens sociaux, autant dans la sphère des besoins économiques que dans la sphère des relations sociales. Quel est le rôle joué par les réseaux de protection informels, tels que la parenté, le voisinage et l’association de métier, dans le combat des pauvres juifs contre la faim, l’exclusion et l’inactivité ? Cette perspective à partir des acteurs pauvres considère également les tactiques employées , les facultés d’adaptation, les arrangements des économies privées, ainsi que les formes de la polyactivité parmi les pauvres juifs. Nous chercherons donc à examiner la diversité des actions en mondes juifs. Survie économique et
survie sociale sont-elles deux conditions interdépendantes ? Quelle place est occupée par la déviance, par l’abandon des pratiques religieuses ou l’entrée dans la criminalité ?

4. Encadrements institutionnels de la pauvreté

Ce dernier axe se focalisera sur la diversité des modalités de mobilisation des réseaux de l’entraide disponibles à l’intérieur de la communauté religieuse ou à différentes échelles (locale, régionale, ou même supranationale). Nous chercherons à examiner d’abord les modalités de saisie des institutions censées gérer la pauvreté au sein de la communauté juive et plus largement dans la cité . Comment les pauvres juifs utilisent les dispositifs de la charité qui leur sont accessibles ? Il s’agira également de considérer les difficultés rencontrées par certains individus dépourvus de capital relationnel pour mobiliser les institutions et les réseaux de solidarité. Qui peut prétendre à être assisté et qui ne le peut pas et qui sont les bienfaiteurs ? Comment s’opère la redistribution des richesses à l’intérieur du groupe juif ?

Modalités de soumission et calendrier

Le colloque se déroulera les 5 et 6 novembre 2018 au Collège d’Espagne (Cité internationale universitaire de Paris 7E, bd Jourdan – 75014 Paris) et comportera quatre sessions, chacune de 3 communications. Chaque session comportera un discutant pour commenter les communications et animer les débats.
Les langues officielles seront : le français et l’anglais. Les intervenants devront faire parvenir un résumé de leur communication et un powerpoint détaillé dans une autre langue (anglais ou français) que celle d’exposition de manière à favoriser les échanges entres les participants.
L’hébergement (2 nuitées) et les frais de déplacement seront pris en charge (en classe économique).
Merci d’envoyer vos propositions accompagnées d’un CV court

Lumières d’été なつのひかり

Lumières d’été なつのひかり

Vendredi 12 janvier de 17h-21h - Projection-débat

Présentation

Akihiro, réalisateur japonais, vient de Paris, où il vit, interviewer à Hiroshima des survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko, métaphore du processus mémoriel. Petit à petit, il se laisse porter par sa gaité et décide de la suivre pour un voyage improvisé à travers la ville, jusqu’à la mer.
 
En présence du réalisateur Jean-Gabriel Périot
avec
Florence Hachez-Leroy (Grhen- CRH, EHESS)
Nicolas Pinet (CRJ-CCJ, EHESS)
Sezin Topçu (CEMS-IMM, EHESS)
 

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Contact: crj@ehess.fr

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

La sociologie de la ‘personne’

La sociologie de la ‘personne’

Lundi 15 janvier de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Avec au fond un regard critique de la société moderne, la sociologie de la « personne » s'installe dès le départ dans une perspective comparative qui se veut unifiante (il faut rappeler aux modernes le « roc humain » sur lequel se bâtit également leur propre société) mais qui encourt toujours le risque de perdre cette unité. La primauté accordée à l'« individu » ou à la « personne » devient dans ce cas stratégique : elle véhicule une certaine thèse au sein de la « comparaison radicale », à l'intérieur d'une tension entre radicaliser la différence ou reconstituer l'identité. On peut notamment distinguer quatre types de thèses : 1) les modernes sont les seuls individus, car l'individualisation, qui a pour origine et effet un type singulier de société, n'est pas à la portée de tous. 2) Les modernes sont les seuls individus mais ne sont pas que des individus, car l'individualisation étant nécessairement désocialisante doit toujours se combiner avec d'autres principes que les modernes partagent avec les traditionnels. 3) Moderne ou pas, nous sommes tous des personnes, car l'élaboration de la personne s'ensuit directement des exigences fondamentales de toute vie sociale. 4) Moderne ou pas, nous sommes tous des individus, car l'individuation est d'abord l'aboutissement d'une opération mentale de tout homme avant de servir à structurer la société. Jing Xie, professeure invitée de l'EHESS par Bruno Karsenti,  interviendra donc sur les différentes « stratégies » au sein de la sociologie de la « personne », dans la tradition française, de Durkheim au structuralisme, en élargissant ses réflexions récentes sur le cas de la Chine - Pablo Blistein en sera le discutant.

Xie Jing enseigne à la faculté de philosophie de l'université Fudan à Shanghaï. Elle est membre associée du LIER (EHESS/CNRS, Paris). Elle a fait une thèse à l’EHESS de Paris sous la direction de Vincent Descombes sur la philosophie sociale holiste en France. Ses domaines de spécialité comprennent : la philosophie sociale, l’histoire conceptuelle de la sociologie française et de l’anthropologie structurale, les théories de la modernité.

 

Lieu

EHESS (Salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

"Parler des drogues sous un jour favorable". Contraintes légales et politiques

Jeudi 8 février de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

L’article L3421-4 du Code de la santé publique dispose que la présentation sous un jour favorable de l’usage illicite de stupéfiants est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Conçue pour décourager le prosélytisme du consommateur de drogues, cette incrimination a un spectre d’action qui s’étend bien au-delà de ce simple cas de figure. C’est en effet l’ensemble des propos, publics et privés, de tout un chacun qui se trouve contraint par cette disposition législative. La loi pénale étant d’interprétation stricte, on peut se demander dans quelle mesure l’article L3421-4 du Code de la santé publique s’oppose à la description objective de tous les effets, y compris hédoniques et thérapeutiques des drogues classées illicites. En l’absence de réponse jurisprudentielle précise, l’interdit symbolique demeure. Quels en sont aujourd’hui les effets dans l’ordre des discours scientifique, politique et médical ?

Renaud Colson est maître de conférences à la faculté de droit et des sciences politiques de l’université de Nantes et honorary lecturer à l’université de Cardiff. Il a été accueilli en qualité de British Academy visiting fellow à l’université de Cardiff en 2008, de Marie Curie fellow à l’Institut universitaire européen (Florence) de 2011 à 2013, et de visiting scholar à l’Institut d’étude avancée de l’université Jawaharlal Nehru (New Delhi) en 2016. Renaud Colson a travaillé sur des sujets variés (droit processuel, droit pénal européen, criminologie...). Il a récemment dirigé deux ouvrages collectifs consacrés aux politiques des drogues : Les drogues face au droit (PUF, 2015) et European Drug Policies: The Ways of Reform (Routledge, 2017).

Ivana Obradovic est sociologue, spécialisée dans l’analyse des politiques publiques liées aux drogues, en particulier dans le champ pénal. Elle est directrice adjointe de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et chercheure associée au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP). Elle a enseigné à l’Université de Picardie Jules-Verne et à Sciences Po Paris. Ses travaux les plus récents portent sur la comparaison internationale des politiques menées à l’égard du cannabis, avec un intérêt particulier pour les initiatives de régulation menées aux Etats-Unis, en Uruguay et au Canada.

Didier Jayle. Ancien président (2002-2007) de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Didier Jayle est professeur d’addictologie au Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) et médecin dans le service d’immunologie de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou. Il est aussi directeur de la publication de vih.org et de la revue Swaps.

William Lowenstein est spécialiste en Médecine interne et addictologue. Auteur de nombreux livres sur les drogues et les dépendances, il a écrit plus de 60 publications médicales à impact factor. Il est président de SOS Addictions depuis janvier 2002. Président du Groupe T2R -Addictologie à la DGS / Ministère de la Santé. Co-Auteur avec le Dr L. Karila de Tous addicts. Et après ?, Paris, Flammarion, 2017.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Du harcèlement sexuel au travail à #BlanaceTonPorc

Du harcèlement sexuel au travail à #BlanaceTonPorc

9 et 10 février - Journée d'étude

Présentation

Journées d’études bilingues organisées par Marcela Iacub (CNRS-CRH) et Lissa Lincoln (AUP) avec la collaboration d’Anna Breteau

Le mouvement « #BalanceTonPorc » dont la puissance ne cesse d’étonner est à ce jour rétif à toute interprétation et ne semble pouvoir être approprié par aucune force politique. La justice est incapable de le contenir, les médias de le traduire. Par ailleurs, aucune association féministe, syndicat ou parti n’est en mesure de le représenter, d’incarner sa force, de parler en son nom. Si l’on peut affirmer ce que « #BalanceTonPorc » n’est pas, on peut tout au moins convenir qu’il s’agit d’un mouvement punitif qui puise sa force dans les actions entamées à l’encontre de certaines stars du spectacle et de la politique. Or ce que les femmes dénoncent ici, c’est une domination sexuelle structurelle qui est devenue anachronique, incompatible avec le pouvoir réel -social, économique, politique et culturel -qu’elles ont acquis depuis plusieurs années. C’est de cette contradiction que « #BalanceTonPorc » est le symptôme.

 

Programme

Vendredi 9 février de 14h-19h

14h00 à 15h00 : #BalanceTonPorc dans les médias et dans les réseaux sociaux

  • Félix Tréguer (CNRS) : Twitter et la révolte des femmes
  • Anna Breteau (Lepoint.fr) : Les réactions de la presse écrite et des médias audiovisuels
  • Cécile Daumas (Libération) : #BalanceTonPorc à Libération

15h-16h : Discussion puis pause

16h-16h45 : De #BalanceTonPorc à #MeToo

  • Anne Edelstam (Opulens) : La révolte des femmes en Suède
  • Sanae Alouazen (AUP) : #MeToo aux États-Unis

16h45-17h30 : Discussion puis pause

17h30-18h30 : Cinéma et violences sexuelles

  • Marie Regan (AUP) : Le cinéma américain et #MeToo
  • Léa Forestier (Barreau de Paris) : La violence sexuelle dans le cinéma français

18h30-19h : Discussion et conclusion

 

Samedi 10 février de 9h-12h30

9h-9h45 : La métaphore du porc

  • Pierre Olivier Dittmar (CRH - EHESS) : Pourquoi le porc de #BalanceTonPorc ?
  • Misgav Har Peled (IIAC - EHESS) : Le porc dans les luttes féministes américaines

9h45-10h30 : Discussion puis pause

10h30-12h : Le symptôme #BalanceTonPorc

  • Janine Mossuz-Lavau (CNRS) : Que nous dit #BalanceTonPorc sur l’évolution des mœurs ?
  • Marcela Iacub (CNRS - CRH) : De quoi #BalanceTonPorc est-il le symptôme ?

12h-12h30 : Discussion et conclusion

 

Lieu

EHESS(Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Joseph Wulf : Un historien juif polonais en RFA  Savoir du témoin, engagement de l’historien, écriture de l’histoire

Joseph Wulf : Un historien juif polonais en RFA Savoir du témoin, engagement de l’historien, écriture de l’histoire

Vendredi 16 février de 9h-18h - Journée d'étude internationale

Présentation

Une journée d’études internationale du projet franco-allemand (ANR/DFG) PREMEC (Premiers modes d’écriture de la Shoah), le 16 février 2018

Survivant de la Shoah en Pologne, Joseph Wulf (1912-1974) est l'un de ces premiers historiens de la Catastrophe dont l’œuvre demeure trop méconnue. 

Après avoir été membre de la Commission historique juive de Cracovie (1944-47), il émigra à Paris puis s’installa en RFA en 1952, où il vécut jusqu’à son suicide en 1974. À travers la publication d’anthologies de documents, il tenta de confronter la société ouest-allemande aux crimes perpétrés sous le régime nazi. Son œuvre a bénéficié ces dernières années d’un regain d’attention en Allemagne, où elle est considérée aujourd’hui comme pionnière au sein de l’historiographie de la Shoah, à la fois par son « style documentaire » (N. Berg) et par sa dimension testimoniale (B. Breysach). Cette rencontre permettra approfondir la connaissance de l’itinéraire et de l’œuvre polymorphe de Wulf, en prenant en compte sa formation littéraire, son parcours de survie et d’exil, son multilinguisme, ainsi que les différentes formes de son engagement historiographique et politique.

Programme

 

Lieu

Académie polonaise des sciences à Paris
74, rue Lauriston
75016 Paris
 

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Mardi 10 janvier de 14h30-19h - Journée du CRH

Présentation

Cité italienne, byzantine, métropole coloniale, Venise fut l’une des villes les plus ouvertes de l’Europe médiévale. A son apogée, elle fut entre autres choses une ville allemande. Fruit d’une enquête longue et patiente, le livre de Philippe Braunstein met en lumière cette facette méconnue et essentielle de l’histoire vénitienne. Autour du Fondaco dei Tedeschi, centre des relations avec le monde germanique, s’activent marchands, tisserands, orfèvres, boulangers et imprimeurs, observés à travers leurs réseaux d’immigration, leurs familles, leurs institutions et leurs contributions au dynamisme vénitien. À la fois portrait de groupe et tableau intimiste d’une communauté soucieuse d’intégration, le livre donne à voir les dynamiques à l’œuvre dans la croissance de l’une des métropoles européennes. Mathieu Arnoux (CRH), Pierre Monnet (CRH) et Giuliano Milani (Università di Roma-La Sapienza) débattront autour de l’ouvrage en présence de l'auteur Philippe Braunstein.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris


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Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Lundi 30 janvier de 9h-18h - Journée du CRH

Présentation

Alain Dewerpe (1952-2015) est l’auteur d’une œuvre importante et diverse. Menés dans le cadre de sa direction d’études à l’EHESS depuis 1991, ses travaux sur la protoindustrialisation,  puis sur le monde des usines aux 19e et 20 siècles, sur les techniques, sur l’organisation du travail et les espaces dans lesquels elle s’est inscrite,  sont devenus classiques. Il n’a cessé de s’y consacrer, seul, avec les étudiants qu’il a formés et dans le programme de travail collectif auquel il a activement  participé avec des historiens et des économistes au sein de l’Atelier Simiand . Le grand livre qu’il a longuement préparé sur l’entreprise italienne Ansaldo et qui était presque achevé à sa mort sera bientôt publié. Mais A. Dewerpe s’est aussi fait connaître par trois grands ouvrages qui relevaient de ce qu’il concevait comme une anthropologie de l’Etat : Un Tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-1566),( avec D. Nordman et J. Boutier,1984), Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain (1994) et Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat (2006), sans doute son livre le plus connu.

Alain Dewerpe fut un grand historien et un enseignant convaincu. Il fut aussi pour beaucoup d’entre nous un compagnon de travail et un ami. A l’Ecole, dont il a dirigé pendant plusieurs années les Editions et à laquelle il était profondément attaché, il a beaucoup apporté. C’est à tous ces titres que le Centre de recherches historiques a décidé de lui rendre hommage de la manière dont nous voulons espérer qu’il l’aurait souhaitée, en réfléchissant sur son œuvre.


Organisateurs : Jacques Revel et Jean-Paul Zuñiga


Programme

 

Lieu

EHESS (Salles A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

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"Parler des drogues sous un jour favorable"

Journée(s) d'étude - Jeudi 08 février 2018 - 17:00L’article L3421-4 du Code de la santé publique dispose que la présentation sous un jour favorable de l’usage illicite de stupéfiants est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Conçue pour décourager le prosélytisme du cons (...)(...)

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Attribution du label "Collex" à trois bibliothèques de l'EHESS

Communiqué -Les résultats de l'appel à manifestation d'intérêt pour la sélection des collections bénéficiant du label "Collex" dans le cadre du Groupement d'intérêt scientifique Collex-Persée viennent d'être communiqués. Le label "Collex" est attribué à 3 bibliothèques de l'EHESS pour une durée (...)(...)

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Du harcèlement sexuel au travail à #BalanceTonPorc

Journée(s) d'étude - Vendredi 09 février 2018 - 14:00Journées d’études bilingues organisées par Marcela Iacub (CNRS-CRH) et Lissa Lincoln (AUP) avec la collaboration d’Anna Breteau. Le mouvement « #BalanceTonPorc » dont la puissance ne cesse d’étonner est à ce jour rétif à toute interprétation e (...)(...)

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