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La nature sous contrat. Concessions, histoire et environnement

La nature sous contrat. Concessions, histoire et environnement

Date limite de dépôt : 15 novembre 2019 - Colloque

Présentation

Les formes de possessions collectives ou individuelles et les relations qu’elles nouent avec leur environnement ont fortement mobilisé les approches historiques récentes. Puisque l’utilisation des ressources naturelles et la transformation des milieux dépendent grandement des formes de la propriété, les relations entre propriété – sous ses différentes formes –, et environnement suscitent de vifs débats et des recherches fructueuses. Les questions des modalités d’exploitation des ressources naturelles et de l’organisation des acteurs en vue d’éventuels conflits pouvant survenir, d’une part, et la pérennisation de l’exploitation, d’autre part, orientent nombre de recherches. Ces approches mettent en lumière les relations entre formes juridiques de la propriété et conditions de construction de l’environnement.

Parmi les outils juridiques et financiers qui sont à l’interface de l’environnement et de la propriété figure la concession. Cette dernière permet d’historiciser la notion de propriété, dont l’origine a longtemps été une question philosophique, et d’aborder la notion conjointe de l’appropriation elle-même. En matière juridique, une concession est, selon l’Académie française, « un contrat par lequel l’administration confie à un particulier […] la gestion d’un service public [et/ou] la réalisation d’un ouvrage public ». La concession a des déclinaisons commerciales, mais elle peut aussi être un transfert de propriété sans enjeu capitalistique. La concession est limitée dans le temps et ses procédures d’attribution sont régulièrement renouvelées. Mais, dans l’usage, la concession désigne la chose sur laquelle s’exerce ce droit. Au cœur du questionnement, la dimension juridique de la concession n’épuise pas le sens du terme : celui qui concède cherche à apaiser un débat ou une contestation et, bien souvent, il répond à une demande. En ce sens, la concession participe d’un objectif politique, elle est ancrée dans un univers social. Elle est aussi un moyen au service d’une stratégie, comme l’occupation territoriale ou l’affirmation de la souveraineté.

Depuis l’apparition du mot au XIIIe siècle, la concession a été un outil régulièrement mobilisé par les pouvoirs notamment dans le cadre de politiques de développements économiques. Bien identifiée dans le domaine minier, mais aussi dans la construction d’infrastructure ou de conquête agricole, la concession a surtout attiré l’attention des historiens de l’économie et des entreprises. Quoique les types de concessions soient diversifiés en fonction des périodes, des secteurs d’application, des systèmes juridiques et des milieux naturels, il s’agit en général d’un outil mis en œuvre par la puissance souveraine pour parer son incapacité à financer une infrastructure ou une exploitation. Les raisons de cette délégation (différente de la « délégation de service public ») mêlent la nécessité de développer des équipements, l’entreprenariat des entreprises, et le défaut de fonds de l’autorité souveraine. Les dispositifs mis en place concourent aux rapports de l’État à ses administrés par les différentes modalités de délégations choisies.

L’approche historique de la concession, surtout envisagée sous l’angle de la politique économique, révèle que la nature et ses ressources se trouvent bien souvent au centre de l’intérêt des délégataires. Dès le Moyen Âge, les mines sont ouvertes sous le régime de la concession. À bien des égards, les franchises de conquêtes agricoles participent également de ce mouvement : les autorités politiques s’en servent pour peupler des terres qui leur échappent largement. Les concessions coloniales ont également de lourdes implications environnementales, à l’image de la sylviculture ou de l’extraction de matières premières, mais aussi sur la biodiversité animale. Le régime concessionnaire accompagne la conversion de la nature ou de l’environnement au service de la production. Agissant comme un puissant levier, il permet de donner de la valeur à un simple potentiel.

L’objectif de ce colloque est d’éclairer historiquement le rôle du régime concessionnaire dans la transformation des milieux et le façonnement de l’environnement. À l’heure où les ressources se réduisent dans un monde avide de consommation, au point que l’on peut parler d’extractivisme ou de prédation, il est important d’interroger l’historicité de ce dispositif qui n’a cessé de se transformer au fil du temps.

Ce colloque qui adopte en priorité une entrée historique est ouvert à toutes les sciences sociales. Il poursuivra plusieurs objectifs :

Une mise en contexte de la concession comme mode d’exploitation de l’environnement : elle permettra d’établir des comparaisons tant temporelles que géographiques, dans différents contextes nationaux et coloniaux, où le régime des concessions fut capital.

Une analyse de l’outil juridico-économique en tant que tel, de l’effet du discours juridique qui est créé, et du lien que la concession établit dans les structures de l’économie (aliénation du domaine, accumulation du capital, transferts de propriété, monopoles, économie des contrats, rejet des régies) et entre les structures sociales.

Une exploration des différentes formes de concession, dont celles qui pourraient avoir été actées par l’usage et sur les types d’espaces régulièrement affectés par le système de la concession conjointement, les périmètres de ces concessions : eau, mines, rivages, terres, forêts, transports, travaux publics et hydrauliques, etc.

L’approfondissement de l’histoire du mot, de son étymologie, de ses circulations culturelles, de ses imaginaires, en interrogeant les mythes et les reconstructions historiques qui légitiment la concession, qui en naturalisent le phénomène.

Concédant et concessionnaires s’entendent entre eux mais ils suscitent également des résistances, soit sur le plan théorique soit par des riverains exclus de leurs propriétés ou de leurs usages par les concessions. L’étude des concessions invitent ainsi à une étude sociale afin d’identifier les acteurs, leurs rapports et relations.

Les conséquences des concessions sur l’environnement, que cela soit la libéralisation vis-à-vis des entraves d’autres formes d’exploitation, ou l’arrivée de financements qui changent l’échelle des exploitations. Surexploitation, durabilité, modification des milieux, pollutions, etc., sont autant de thèmes à explorer. En quoi les concessions ont-elles modifier le rapport des sociétés à l’espace et à l’environnement ?

 

Calendrier et modalités de soumission

Les langues du colloque seront le français et l’anglais. Les propositions de jeunes chercheurs sont bienvenues. Les frais de mission seront ajustés en fonction du budget. Une publication des actes est envisagée.

Les propositions de communication (titre, résumé de 2000 signes maximum, court CV) devront être envoyées avant le 15 novembre 2019, à :
Raphaël Morera morera.raphael@gmail.com et Thomas Le Roux, oekoomeo@gmail.com. Une réponse sera donnée le 15 janvier 2020.
Le colloque aura lieu les 8 et 9 juin 2020.

Conflits d’appartenance et communautés : les formes de l’incompatibilité sociale aux XVIe-XVIIIe siècles

Conflits d’appartenance et communautés : les formes de l’incompatibilité sociale aux XVIe-XVIIIe siècles

Mardi 29 octobre de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

Le principe communautaire organise sous l’Ancien Régime l’inscription de l’individu dans la société, ainsi qu’il nourrit, pour les contemporains, l’intelligence même du social et de ses finalités. Sans vouloir revenir sur ce principe, cette journée d’études, organisée par Mathieu Marraud (Rhisop), voudrait le confronter aux conditions de l’appartenance. Non pour considérer l’irréductibilité des motivations personnelles à « appartenir », mais pour évoquer les tensions que génère l’appartenance, en tant que telle : une rupture entre les droits et statuts portés par la communauté, la valeur sociale qui leur est attribuée, et les droits et statuts personnels, antérieurs, avec lesquels l’individu peut se présenter, et leur propre valeur sociale. En quoi un anobli peut-il rester membre d’un métier juré ? En quoi un religieux peut-il siéger dans une cour de justice ? Au-delà, la question est celle du rapport de l'unité à une totalité politique, qui peut être également territoriale, féodale, confessionnelle, fiscale. Pour cela, les interventions mettront en parallèle différents terrains (France, Espagne métropolitaine et coloniale, Saint-Empire) dans le souci de les articuler à une même typologie ou chronologie.

Programme

Lieu

EHESS (Salle 7)
105, boulevard raspail
75006 Paris

Complaintes urbaines

Complaintes urbaines

Mardi 15 octobre de 9h30-17h - Journée d'études transdisciplaire

Présentation

Cette journée d’études transdisciplinaire, organisée par Isabelle Backouche (RHISOP) et Nathalie Montel (ENPC-LATTS), se propose de focaliser l’attention sur des plaintes écrites de citadins ayant la ville pour motif. Manuscrites la plupart du temps, ces lettres de plaintes appartiennent au répertoire protestataire et à la grande famille des courriers adressés aux autorités. Que nous disent, dans les différents contextes où elles s’expriment, ces complaintes à bas bruit de leurs auteurs, des relations qu’entretiennent les citadins avec ceux qui les gouvernent mais aussi des modes de vie urbains, de la vie quotidienne ou des sociabilités en ville ? Quelles formes prennent ces doléances couchées par écrit et quelles stratégies déploient les plaignants pour obtenir gain de cause ? Des intermédiaires sont-ils sollicités pour l’écriture de ces plaintes ? Comment les pouvoirs interpelés choisissent-ils de réagir face à ces exposés de griefs qui leur demandent au surplus d’intervenir ? Ces réclamations de citadins ordinaires et ces démarches individuelles ont elles le pouvoir d’infléchir les politiques mises en place ou de modifier certaines pratiques des pouvoirs urbains ?

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle Denys et Maurice Lombard)
96, boulevard Raspail

75006 Paris


Le CRH aux 22e Rendez-Vous de Blois - L'Italie

Le CRH aux 22e Rendez-Vous de Blois - L'Italie

9 au 13 octobre - Débats, livres, expositioons et cinéma

Présentation

Chaque année, des historiens se retrouvent à Blois afin d’exposer l’état de leurs réflexions, de présenter leurs travaux et de confronter leurs points de vue dans le but de concourir au progrès de la recherche et de la connaissance historique. En cette année du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci et le 500e anniversaire de la naissance de Catherine de Médicis, la 22e édition des Rendez-Vous de Blois se met à l'heure italienne.

 

Programme des membres du CRH

Mercredi 9 octobre

  • à 18h
    Le progrès social est-il encore possible ? Quel modèle social pour la France et l’Europe dans un monde de transition ?

    Soirée d’ouverture

Modération : Leïla de Comarmond
Intervenant(e)s : Laurent Berger, Marie-Laure Salles-Djelic, Bruno Grandjean et Hervé Le Bras.

Lieu : Hémicycle de la Halle aux Grains

 

Jeudi 10 octobre

  • de 16h30 à 18h
    L’Italie, des secousses à l’aménagement

    Table ronde - Carte blanche à l’Association pour l’Histoire de la
    Protection de la Nature et de l’Environnement

La beauté des paysages italiens naît souvent de défis environnementaux, politiques et économiques, en réaction aux catastrophes naturelles et industrielles, depuis l’Antiquité. L’histoire environnementale questionne les adaptations réalisées.

Modération : Charles-François MATHIS, Maître de conférences à l’Université Bordeaux Montaigne.
Intervenant(e)s : Elisabeth CROUZET-PAVAN, Professeur à l’université Paris IV, Paris-Sorbonne, Giacomo PARRINELLO, Assistant Professeur, Centre d’histoire de l’IEP de Sciences Po Paris, Bruno ZIGLIOLI, Professeur associé à l’Université de Pavie.

Lieu : Amphi Denis Papin de l’INSA

 

Vendredi 11 octobre

  • de 11h15 à 12h45
    Les Annales
    et L’Italie
    Table ronde - Carte blanche à la revue
    Annales HSS

Plusieurs générations de chercheurs formés en France à l’histoire italienne ont publié leurs recherches dans les Annales, contribuant à faire de l’Italie l’un des laboratoires par excellence de l’expérience historiographique.

Modération : Vincent AZOULAY, Directeur d’études à l’EHESS, directeur de la revue Annales HSS.
Intervenant(e)s :
Jacques REVEL, Directeur d’études à l’EHESS, Carlo GINZBURG, Professeur émérite de UCLA et Scuola Normale Superiore de Pise, Antonella ROMANO, Directrice d’études à l’EHESS, vice-présidente de l’EHESS, Catherine KIKUSHI, Maîtresse de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Lieu : Amphi 1 de l’Université

 

  • de 14h à 15h
    L’héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité

    Entretien

Les questions qu’ont posées les hommes et les femmes des Lumières sont toujours, pour l’essentiel, les nôtres. Qu’on s’en réclame ou qu’on les conteste, elles restent la scène primitive de nos accords et de nos désaccords. Qu’il s’agisse de la liberté d’expression, de la tolérance religieuse, de l’écologie politique ou encore du statut des sciences, l’héritage des Lumières est sans cesse invoqué. Or cet héritage est trop souvent réduit à une vision caricaturale, forgée aux xixe et XXe siècles : le culte du progrès, le libéralisme politique et un universalisme désincarné.

Modération : Étienne AUGRIS, de la revue L’éléphant.
Intervenant :
Antoine LILTI, Directeur d’études à l’EHESS, à l’occasion de la publication de son ouvrage aux éditions du Seuil

Lieu : Salle des Mariages de l’Hôtel de Ville

 

  • De 14h à15h30
    Générations historiennes

    Table ronde

A l’occasion de la sortie de Générations historiennes, dirigé par Yann Potin et Jean-François Sirinelli, les intervenants explorent les lignes de forces qui traversent le champ historien depuis la Révolution française jusqu’à nos jours, et interrogent leurs propres itinéraires à la lumière de leurs générations respectives.

Modération : Emmanuel LAURENTIN, de France Culture.
Intervenant(e)s :
Guillaume CALAFAT, Maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Claude GAUVARD, Professeur émérite de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Pascale GOETSCHEL, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Bibia PAVARD, Maître de conférences à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, Yann POTIN, Archiviste historien, maître de conférences associé à l’Université Paris Nord-Paris 13, Jacques REVEL, Directeur d’études à l’EHESS, Jean-François SIRINELLI, Professeur émérite de l’IEP Sciences Po de Paris.

Lieu : Maison de la Magie

 

Samedi 12 octobre

  • de 9h30 À 11h
    Une autre histoire des grandes découvertes

    Rencontre

Dans la lignée de l’Histoire mondiale de la France, l’ouvrage L’Exploration du monde. Une autre histoire des grandes découvertes (Le Seuil) rend compte des profonds renouvellements qui ont transformé la vision de ce qu’on appelait autrefois les « Grandes Découvertes ». Une histoire par dates, du VIIe au XXe siècle, où l’on croise de grands personnages et des voyageurs inconnus, des lieux familiers et d’étranges contrées...

Intervenant(e)s : Romain BERTRAND, Directeur de recherche au Centre de Recherches Internationales (Sciences Po-CNRS), Carmen BERNAND, Ethnologue et anthropologue, Antoine LILTI, Directeur d’études à l’EHESS, Hélène BLAIS, Professeur à l’ENS de Paris, Patrick BOUCHERON, Professeur au Collège de France, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Thimothy BROOK, Professeur à l’université de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l’Université de Shanghaï, Guillaume CALAFAT, Maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Claire FREDJ, Maîtresse de conférences à l’Université Paris Nanterre-Paris 10, Isabelle HEULLANT-DONAT, Professeur à l’Université de Reims-Champagne-Ardenne, Mélanie TRAVERSIER, Maître de conférences à Maître de conférences à l’Université de Lille 3, membre de l’Institut Universitaire de France.

Lieu : Hémicycle de la Halle aux Grains

 

  • de 11h30 À 13h30
    Où va l’Italie ? Evolutions sociales, politiques et culturelles

    Table ronde - Carte blanche au Laboratoire du changement
    social et politique, Institut Humanités Sciences et sociétés

Nous débattrons des raisons structurelles ayant conduit, en Italie, à une coalition de gouvernement inédite, guidée par des partis généralement liés à l’opposition. Nous présenterons le dernier numéro de la revue Tumultes (53/2), intitulé « Quo vadis, Italia? ».

Modération : Federico TARRAGONI, Maître de conférences à l’Université Paris 7-Denis Diderot.
Intervenant(e)s :
Alessandro STELLA, Directeur de recherche au CNRS, Aliénor BALLANGÉ, ATER à l’IEP Sciences Po de Bordeaux, Laura ODASSO, ATER à l’Université d’Aix-Marseille, Mathias SABOURDIN, Critique de cinéma.

Lieu : Amphi 2 du Site Chocolaterie de l’IUT

 

  • de 14h à 15h30
    Le commerce des plantes dans le monde : entre histoire des savoirs et histoire des Empires (XVIe-XXe siècles)

    Table ronde - Carte blanche à la Revue d’histoire moderne
    & contemporaine

Les plantes exotiques ont fait la fortune des empires coloniaux et de leurs plantations. Mais comment s’est fait le lien entre les intérêts marchands, les producteurs locaux, avec leurs savoirs vernaculaires, et les consommateurs occidentaux ?

Modération : Philippe MINARD, Professeur à l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, directeur d’études à l’EHESS.
Intervenant(e)s :
Hélène BLAIS, Professeur à l’ENS de Paris, Claire FREDJ, Maîtresse de conférences à l’Université Paris Nanterre-Paris 10, Samir BOUMEDIENE, Chargé de recherche au CNRS, Rahul MARKOVITS, Maître de conférences à l’ENS de Paris.

Lieu : Grand Amphi de l’Ecole du paysage

 

  • de 14h À 18h30
    Etude et protection du patrimoine : Dialogues entre histoire et droit

    Demi-journée d’études - Carte blanche au Comité d’histoire du ministère de
    la Culture

Cette demi-journée est l’occasion de questionner les rapports et dialogues entre l’histoire et le droit, dans le sillage de la publication des actes du colloque sur le rôle du conseil d’État en matière patrimoniale.

Modération : Maryvonne de SAINT-PULGENT, Présidente de section au Conseil d’État, présidente du Comité d’histoire du ministère de la Culture.
Intervenant(e)s : Marc-Olivier BARUCH
, Directeur d’études à l’EHESS, Jean-Michel LENIAUD, Directeur d’études à l’EPHE, Arlette AUDUC, Conservatrice en chef honoraire du patrimoine, Yann POTIN, Historien archiviste, maître de conférences associé à l’Université Paris Nord-Paris 13, Frédéric AUDREN, Directeur de recherche au CNRS, Jérôme FROMAGEAU, Président de l’ISCHAL, chercheur associé à l’Institut des sciences sociales, Noé WAGENER, Professeur à l’Université de Rouen, Yannick FAURE, Maître des requêtes au Conseil d’État, directeur de cabinet du Président du CSA, Marie CORNU, Directrice de recherche au CNRS, Vincent NÉGRI, Chercheur HDR à l’Institut des sciences sociales du politique.

Lieu : Salle Mansart du Château royal de Blois

 

  •  de 18h à 19h30
    À la source, «
    L’histoire et ses archives »
    Table ronde - Carte blanche aux éditions La Découverte

À la source » propose de revenir à des sources trop souvent négligées, et d’en faire le point de départ d’une expérience d’écriture qui, tout en obéissant aux canons de la méthode historique, accepte une approche sensible du passé.

Modération : Emmanuel LAURENTIN, Journaliste sur France Culture.
Intervenantes :
Hélène DUMAS, Chargée de recherche au CNRS, Arlette FARGE, Directrice de recherche émérite au CNRS, Clémentine VIDAL-NAQUET, Maîtresse de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne, membre junior de l’Institut Universitaire de France.

Lieu : Amphi 1 de l’Université

 

Programme complet

L’abstraction avant l’art abstrait. Couleurs et géométries médiévales

L’abstraction avant l’art abstrait. Couleurs et géométries médiévales

Mardi 1er octobre de 9h30-12h - Atelier de présentation d'un projet

Présentation

Atelier de présentation du projet Abstraction Before the Age of Abstract Art entre l’École des hautes études en sciences sociales, Paris (France) et Case Western Reserve University, Cleveland (USA), soutenu par la Fondation FACE (2018-2020)

Dans son application aux arts visuels, la notion d’abstraction a le plus souvent été associée à l’art moderne et contemporain. Selon cette tendance historiographique dominante, l’abstraction aurait été inventée et développée au début du xxe siècle pour apporter une réponse artistique à la violence des cataclysmes humains des années 1900-1920, et pour s’opposer aux traditions figuratives d’un passé incapable d’en témoigner. Le projet Abstraction before the Age of Abstract Art entre l’EHESS et Case Western Reserve University a pour objectif de nuancer cette histoire en ruptures, en libérant la notion d’abstraction de ses frontières modernes et contemporaines. Il s’attache pour cela à la longue tradition de l’art non figuratif, largement ignorée pour le Moyen Âge notamment. Il s’agit donc d’identifier et d’explorer la notion médiévale d’abstraction dans sa relation au visuel, relation qui se situe à l’articulation de la vérité, des faits et du langage. Là, l’abstraction est un véhicule pour la matérialisation de l’indicible, du non représentable, de l’ineffable. En mêlant les approches historiques, philosophiques et artistiques, ce projet voudrait reformuler certaines des grandes questions autour de l’histoire de la représentation. Après deux séances aux USA, cette séance à Paris est l’occasion de présenter les avancées collectives du projet et certaines des questions en cours d’exploration.

 

Programme

  • Elina Gertsman (Case Western Reserve University, Cleveland) et Vincent Debiais (EHESS-CRH, Paris)
    Introduction et présentation du projet FACE

  • Patrice Ceccarini (École nationale supérieure d’architecture, Paris)
    L'abstraction géométrique gothique. Hypothèses

  • Vincent Debiais (EHESS-CRH, Paris)
    La couleur nue

  • Elina Gertsman (Case Western Reserve University, Cleveland)
    Color/less. Vide et abstraction

Lieu

EHESS (Salle Mariette)
2, rue Vivienne
75002 Paris

 

Autour de l'ouvrage de Judith Lyon-Caen, La griffe du temps. Ce que l'histoire peut dire de la littérature

Autour de l'ouvrage de Judith Lyon-Caen, La griffe du temps. Ce que l'histoire peut dire de la littérature

Lundi 4 novembre de 14h-17h - Les Lundis du CRH

Présentation

Aux devantures des librairies, on ne compte plus les ouvrages d'historiens réfléchissant à leur rapport avec la littérature. Doivent-ils en faire une source de leur savoir, mais en contextualisant la fiction depuis leur surplomb, au risque de ne pas faire mieux que l'histoire littéraire et manquer ce que fait la littérature ? Ou bien recourir à l'écriture de la fiction, quitte à s'installer prosaïquement dans l'entre-deux-genres d'une classique monographie ? Judith Lyon-Caen propose une aventure plus ambitieuse : à partir d'une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly, "La vengeance d'une femme", elle part de ce qu'est la littérature : une expérience d'être au monde, pour mesurer l'éclairage que sa discipline peut apporter à la mise en écriture romanesque. Ainsi de ces myriades d'objets, de parures, de rues et boulevards ou de lieux parisiens dont la description a pour fonction d'attester la réalité du récit : l'historien décrypte ces traces du temps, que ce soit le temps de la rédaction ou celui de l'action du récit, en retrouve l'origine, réfléchit à la manière dont le romancier en a été affecté. Une invitation à apprendre à mieux lire ce qui fait la littérature et ce que fait un romancier.
La séance sera animée par Thomas Le Roux, avec les discussions d'Antoine Lilti (CRH), Nicolas Adell (Université de Toulouse) et Claude Millet (Université Paris Diderot).

 

Lieu

EHESS (salle AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Mardi 10 janvier de 14h30-19h - Journée du CRH

Présentation

Cité italienne, byzantine, métropole coloniale, Venise fut l’une des villes les plus ouvertes de l’Europe médiévale. A son apogée, elle fut entre autres choses une ville allemande. Fruit d’une enquête longue et patiente, le livre de Philippe Braunstein met en lumière cette facette méconnue et essentielle de l’histoire vénitienne. Autour du Fondaco dei Tedeschi, centre des relations avec le monde germanique, s’activent marchands, tisserands, orfèvres, boulangers et imprimeurs, observés à travers leurs réseaux d’immigration, leurs familles, leurs institutions et leurs contributions au dynamisme vénitien. À la fois portrait de groupe et tableau intimiste d’une communauté soucieuse d’intégration, le livre donne à voir les dynamiques à l’œuvre dans la croissance de l’une des métropoles européennes. Mathieu Arnoux (CRH), Pierre Monnet (CRH) et Giuliano Milani (Università di Roma-La Sapienza) débattront autour de l’ouvrage en présence de l'auteur Philippe Braunstein.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris


Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Lundi 30 janvier de 9h-18h - Journée du CRH

Présentation

Alain Dewerpe (1952-2015) est l’auteur d’une œuvre importante et diverse. Menés dans le cadre de sa direction d’études à l’EHESS depuis 1991, ses travaux sur la protoindustrialisation,  puis sur le monde des usines aux 19e et 20 siècles, sur les techniques, sur l’organisation du travail et les espaces dans lesquels elle s’est inscrite,  sont devenus classiques. Il n’a cessé de s’y consacrer, seul, avec les étudiants qu’il a formés et dans le programme de travail collectif auquel il a activement  participé avec des historiens et des économistes au sein de l’Atelier Simiand . Le grand livre qu’il a longuement préparé sur l’entreprise italienne Ansaldo et qui était presque achevé à sa mort sera bientôt publié. Mais A. Dewerpe s’est aussi fait connaître par trois grands ouvrages qui relevaient de ce qu’il concevait comme une anthropologie de l’Etat : Un Tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-1566),( avec D. Nordman et J. Boutier,1984), Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain (1994) et Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat (2006), sans doute son livre le plus connu.

Alain Dewerpe fut un grand historien et un enseignant convaincu. Il fut aussi pour beaucoup d’entre nous un compagnon de travail et un ami. A l’Ecole, dont il a dirigé pendant plusieurs années les Editions et à laquelle il était profondément attaché, il a beaucoup apporté. C’est à tous ces titres que le Centre de recherches historiques a décidé de lui rendre hommage de la manière dont nous voulons espérer qu’il l’aurait souhaitée, en réfléchissant sur son œuvre.


Organisateurs : Jacques Revel et Jean-Paul Zuñiga


Programme

 

Lieu

EHESS (Salles A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

Vous en reprendrez bien une tranche ? Changement historique et découpages temporels

Vous en reprendrez bien une tranche ? Changement historique et découpages temporels

15 et 16 novembre - Forum du CRH

Présentation

Le Forum du CRH, organisé par la direction du Centre de Recherches Historiques, est conçu commeun moment d’échanges annuel autour de questions transversales propres à la discipline historique. Le Forum 2018 se propose de revisiter les notions utilisées pour penser les séquences temporelles et le changement historique. D’une part, il s’agit d’interroger les modes de production des séquences temporelles : les découpages institutionnels, mais aussi sur l’usage anodin, presque conjoncturel, d’un vocabulaire spécifique visant à élaborer le cadrage temporel d’une recherche. Comment construisons-nous, dans notre mode d’écriture, les cadres temporels qui structurent nos travaux ? Quels principes justifient la sélection, la hiérarchisation, la mise en série, ou encore l’identification d’origines, de continuités, de ruptures et de tournants ? Comment conjuguer la périodisation, propre à l’exercice historique, avec les emprunts à l’anthropologie, la sociologie, la littérature ? D’autre part, la question concerne l’emploi de catégories temporelles par les acteurs historiques eux-mêmes. Le réflexe de penser en période, en ère etc. n’a pas les mêmes implications et le même sens dans toutes les sociétés. En outre, dans certains cas, les cadres conceptuels qui surgissent dans le débat social entrainent un changement du regard sur les périodes présentes et passées. Dans quelle mesure la continuité culturelle ou sociale, et les ruptures introduites dans cette continuité, sont-elles perçues et exprimées dans la vie courante ?

 

Programme

 

Lieu

FMSH (Salle du Conseil, A3-35, 3e étage)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

Qui est in, qui est out ? Tradition et histoire

20 et 21 juin - Forum du CRH

Présentation

La notion de tradition est régulièrement employée en histoire. Elle recouvre diverses significations : une tradition peut être culturelle, religieuse ou intellectuelle, manuscrite ou orale, aristotélicienne ou platonicienne, occidentale ou orientale, etc. Le terme est courant, mais il est aussi labile, plastique, car il s’applique à toutes sortes de phénomènes et se prête aisément aux variations de sens ou d’emploi. C’est pourquoi nous proposons d’engager une réflexion, de manière très large, dans deux directions : premièrement, sur la manière dont les historiens emploient le mot ‘tradition’ ; deuxièmement, sur ce qui fait tradition à une période donnée, c’est-à-dire sur ce que le terme implique du point de vue des acteurs historiques. Il ne s’agit pas de revenir sur le mythe de l’invention de la tradition. En revanche, dans les deux perspectives énoncées plus haut -la tradition revendiquée par les acteurs et celle identifiée par les historiens, la notion de tradition soulève des questionnements qui touchent aussi bien à l’histoire sociale et religieuse qu’à l’anthropologique historique ou à l’histoire intellectuelle. Trois problématiques peuvent être distinguées. Premièrement, la notion de tradition suppose la transmission d’une série d’éléments à l’identique, par-delà les âges et les contextes. Par là même, elle pose la question des modalités de circulation des pratiques, des doctrines, du vocabulaire et des textes eux-mêmes, dans leur matérialité, autant que celle des instruments intellectuels et rhétoriques qui construisent et soutiennent la continuité de la transmission. Sur quels mécanismes reposent les transferts intellectuels ou culturels qui fondent, ou sont supposés fonder une tradition ? Quels cadres - sociaux, politiques, religieux, culturels, intellectuels - rendent possible, ou non, cette transmission ? Quelle relation entretient la tradition avec la communauté – religieuse, politique, intellectuelle, émotionnelle – qui l’a construite ou en est la gardienne ? Un second axe de réflexion concerne les interactions entre différentes traditions. Lorsque plusieurs traditions apparaissent en concurrence, on peut se demander dans quelle mesure celles-ci sont cloisonnées, et comment se construit, se maintient et se traduit ce cloisonnement. Une tradition peut-elle en nourrir une autre ? Comment et pourquoi les acteurs historiques choisissent-ils de se placer à l’intérieur ou en-dehors d’une tradition ? La question pourrait s’appliquer en particulier aux traditions historiographiques. Un troisième axe, enfin, porte sur la dialectique entre tradition et innovation, autorité et création. Il s’agit de saisir les transformations socio-politiques et les diverses innovations qui peuvent exister à l’intérieur d’une tradition, qu’elles soient scientifiques, techniques, juridiques, politiques, etc. Quelles sont les formes de légitimation de la nouveauté ou de négociation entre une dynamique créative et une continuité revendiquée par la tradition ? Jusqu’à quel point cette dernière est-elle ouverte à de nouveaux apports, qu’ils soient intellectuels, culturels ou sociaux ? Quelle est la marge d’autonomie des acteurs historiques à l’intérieur du cadre constitué par la tradition ?

 

Programme

Dépliant du programme

 

Lieu

Jeudi 20 juin :

Institut Hongrois
92, rue Bonaparte
75006 Paris
Inscription obligatoire auprès de
: reservation@instituthongrois.fr

Vendredi 21 juin :

Columbia Global Centers
Reid Hall
4, rue de Chevreuse
75006 Paris

 


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Dernière modification :
17/10/2019