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Les Lundis du CRH - Constructions identitaires : le cas des marranes

Les Lundis du CRH - Constructions identitaires : le cas des marranes

3 mars de 15h-18h

Natalia Muchnilk

A l'occasion de la parution de
De paroles et de gestes. Constructions marranes en terre d'Inquisition (2014)

Cet ouvrage n’est ni une fresque sur l’héroïsme des crypto-judaïsants ibériques face à l’Inquisition, ni un essai sur la modernité du marrane, précurseur d’une conception laïque du religieux. Il traite moins d’une spécificité marrane que des discours et des pratiques par lesquels une identité se constitue. C’est la parole, abondante, des acteurs pour se définir qui est analysée. Si la répression et le secret sont fondamentaux pour assurer la cohésion sociale, la culture de la mobilité, les mythes de l’origine, les codes et les signes d’appartenance le sont tout autant. Loin d’être déchirés entre une existence sociale catholique et une intériorité judaïsante, les marranes disposent en fait de plusieurs identités potentielles qu’ils alternent selon les situations et les interlocuteurs.

Débat sous la direction de Sylvain Piron (CRH-EHESS)

Discutants

  • Jean-Paul Zuniga (CRH-EHESS)

  • Christophe Duhamelle (CRH-EHESS)

  • Dominique Schnapper (Cespra-EHESS)

Lieu :

EHESS-Bât. Le France
Salle Jean-Pierre Vernant (8e étage)
190-198 av.  de France
75013 Paris

Les Lundis du CRH (2 décembre de 15h-18h)

Les Lundis du CRH (2 décembre de 15h-18h)

Une histoire critique des campagnes européennes

Gérard Béaur

A l'occasion de la parution de Property Rights, Land Markets and Economic Growth in the European Countryside (Thirteenth-Twentieth Centuries), Gérard Béaur, Phillipp R. Schofield, Jean-Michel Chevet, María Teresa Pérez Picazo (ed.), (Brepols)

Sous la présidence de Fabrice Boudjaaba (CRH,  EHESS-CNRS) interviendront Pablo Luna, Étienne Hubert,  Alessandro Stanziani (CRH,  EHESS-CNRS), et Michela Barbot (IDHE, ENS Cachan)

Lieu :
EHESS- Le France
salle Jean-Pierre Vernant, 8e étage
190-198 av.  de France, 75013 Paris

Les Lundis du CRH (4 novembre de 15h-18h)

Les Lundis du CRH (4 novembre de 15h-18h)

Quelle liberté pour quelle histoire ?

Marc Olivier Baruch

à l'occasion de la parution de
Des lois indignes ? Les historiens, la politique et le droit (Tallandier)
 

Débat sous la présidence de Florent Brayard, directeur de recherches (CRH,  EHESS-CNRS)
avec :

Sabina Loriga, directrice d'études (CRH, EHESS-CNRS)
Michel Troper, professeur émérite (université de Paris X)
Pieter Lagrou, professeur (université libre de Bruxelles) 

 

Le France
Salle Jean-Pierre Vernant (8e étage)
190-198 avenue de France, 75013 Paris

Les Lundis du CRH - Le voeu religieux, entre liberté et institution

Les Lundis du CRH - Le voeu religieux, entre liberté et institution

Lundi 7 avril de 15h-18h, Séminaire

Alain Boureau

Engagement volontaire personnel pris face à Dieu, le voeu religieux est en même l'instrument d'une construction institutionnelle qui constitue les clercs réguliers en une classe distincte au sein de l'Eglise. Le dernier livre d'Alain Boureau, Le désir dicté. Histoire du voeu religieux dans l'Occident médiéval (2014), explore cette tension en suivant les débats que suscitent le voeu de croisade et les voeux monastiques du XIe au XIVe siècle.

Emanuele Coccia (CENJ, EHESS),
Catherine Darbo-Peschanski (MFO, CNRS),
Pierre-Antoine Fabre (CRH, EHESS)

interviendront pour discuter cet ouvrage novateur et le situer dans une perspective comparatiste.

 

Lieu :
EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Les Lundis du CRH - 6 janvier

Les Lundis du CRH - 6 janvier

François Hartog, Croire en l'histoire

6 janvier de 15h-18h

Longue est la réflexion de François Hartog sur le temps et sur l'histoire. Son dernier ouvrage est assurément la poursuite de ce cheminement, mais également un plaidoyer : Croire en l'histoire. Croire en l'histoire? Quand la mémoire s'est imposée partout? Quand l'historien est devenu prisonnier du présent ? Ce sont toutes ces questions que nous essaierons d'aborder, avec François Hartog, dans ce lundi du CRH sous la présidence de Florent Brayard, ainsi que :

  • Roger Chartier (Collège de France-CRH)

  • Jean-Marie Schaeffer (CRAL-EHESS)

  • Etienne Anheim (Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines)

 

Lieu :

EHESS-Le France
salle Jean-Pierre Vernant (8e étage)
190-198, avenue de France
75244 Paris cedex 13

Les Lundis du CRH - L'image et le sacré, du monde roman à l'âge baroque

Les Lundis du CRH - L'image et le sacré, du monde roman à l'âge baroque

3 février de 15h-18h

La question des images préoccupe les historiens depuis bien longtemps. Ce n'est pas une raison pour ne pas l'interroger encore. Ce sera le cas lors du prochain Lundi du CRH, à l'occasion de la parution de l'ouvrage collectif dirigé par Jérôme Baschet, Jean-Claude Bonne, Pierre-Olivier Dittmar, Le Monde roman par-delà le Bien et le Mal – Une iconographie du lieu sacré, et et du livre de Pierre Antoine Fabre, Décréter l'image. La XXVe Session du Concile de Trente. Ces deux contributions nouvelles à un débat ancien seront discutées entre autres par Giovanni Careri (EHESS, CRAL), Dominique Iogna-Prat (EHESS, CEIFR) et Brigitte Derlon (LAS-EHESS).

Les lundis du CRH - Histoire religieuse : bilans et enjeux Le catholicisme entre XVIe et XVIIIe siècles

Les lundis du CRH - Histoire religieuse : bilans et enjeux Le catholicisme entre XVIe et XVIIIe siècles

Lundi 5 de 16h-18h30, Séminaire

Dominique Julia
A l'occasion de la parution de Réforme catholique, religion des prêtres et « foi des simples » (2014), de Dominique Julia
 
Entrecroisant bilans historiographiques et études de cas, le nouveau livre de Dominique Julia, explore les transformations du catholicisme entre XVIe et XVIIIe siècles, tout en observant les déplacements qui se sont opérés dans le domaine de l’histoire religieuse.
 
Débat animé par Sylvain Piron (CRH, EHESS)
avec Robert Descimon (CRH, EHESS), Jean-Pascal Gay (Université de Strasbourg) et Nicolas Lyon-Caen (CNRS)
 
 
Lieu :
EHESS
(Salle Jean-Pierre Vernant)
190-198 av.  de France
75013 Paris
Nancy L. Green - Des Américains à Paris

Nancy L. Green - Des Américains à Paris

3 novembre de 15h-18h, Le Lundi du CRH

Le premier Lundi du CRH de la nouvelle année sera consacré au nouveau livre de Nancy L. Green, Des Américains de Paris. Hommes d’affaires, comtesses et jeunes oisifs, 1880-1941. Il sera l'occasion d'un débat dirigé par Fabrice Boudjaaba qui rassemblera autour de l'auteur Annick Foucrier (CRHNA-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Romain Huret (CENA-EHESS) et Yves Cohen (CRH-EHESS).

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

L'invention de la célébrité 1750-1850 d'Antoine Lilti

L'invention de la célébrité 1750-1850 d'Antoine Lilti

Lundi 1er décembre de 15h-18h, Séance exceptionnelle de séminaire

Le livre d'Antoine Lilti, L'invention de la célébrité 1750-1850, paru en septembre 2014, sera l'occasion d'un nouveau Lundi du CRH, débat en présence de l'auteur avec les interventions de Roger Chartier (Collège de France), d'Anne Simonin (Maison Française d’Oxford-CNRS), de Jacques Revel (CRH) et sous la présidence de Florent Brayard

Lieu

EHESS
Salle 1
190, avenue de France
75013 Paris

Les Lundis du CRH - Un siècle d'historiennes. Un regard pluridisciplinaire

Les Lundis du CRH - Un siècle d'historiennes. Un regard pluridisciplinaire

Lundi 5 janvier de 15h-18h, Séminaire exceptionnel

Un siècle d’historiennes, sous la direction d’André Burguière et Bernard Vincent, se donne pour objectif de mettre en lumière l’apport décisif des femmes à l’écriture de l’histoire au cours du XXe siècle. Il fera l’objet d’un débat sous la direction de Jean-Paul Zuniga et en présence des auteurs, qui rassemblera Christiane Klapisch-Zuber (CRH), Alban Bensa et Marc Bessin (IRIS, EHESS). Ce sera en particulier l’occasion de s’interroger sur l’ouverture des autres sciences sociales à la féminisation de leur discipline.

Lieu :

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Les rythmes au Moyen Âge

Les rythmes au Moyen Âge

Lundi 28 novembre de 15h-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

Les raisons de l’ordre social et de la domination se cachent bien souvent dans les lieux, les objets, le langage, les modes de vie ou les gestes. Les rythmes sociaux en sont un exemple, qui concerne l’ensemble des sphères de la société et des activités sociales et individuelles. Philosophes, sociologues, anthropologues, musicologues s'interrogent depuis deux siècles sur les rythmes sociaux. Pourtant, il n'existe pas à ce jour une histoire des rythmes confrontant notre monde moderne, où les rythmes sont partout, à la civilisation holiste de l'Europe médiévale. Pour celle-ci, la notion de rythme paraît ne concerner que la musique, la poésie et la danse, mais elle entre en fait en résonance avec la totalité de la Création, que Dieu aurait façonnée en six jours. C'est à ce rythme fondateur que ce livre emprunte sa propre scansion, en explorant successivement les significations du rhythmus médiéval, les rythmes du corps et du monde, ceux du temps, de l'espace et du récit, avant de s'interroger sur la fonction des rythmes dans le changement social et la marche de l'histoire. Olivier Cullin (Université F. Rabelais, Tours), Catarina Guenzi (EHESS-CEIAS) et RonNaiweld (CNRS-CRH) débattront autour de cet ouvrage.

 

Lieu

EHESS (Salle Jean-Pierre Vernant)
190, avenue de France
75013 Paris

Les lundis du CRH. Paris, ville ouvrière. Une histoire occultée

Les lundis du CRH. Paris, ville ouvrière. Une histoire occultée

Lundi 2 février de 15h-18h - Séminaire exceptionnel

Avec Paris ville ouvrière, une histoire occultée 1789-1848, Maurizio Gribaudi fait la démonstration que l'image d'une capitale de la modernité, focalisée sur sa périphérie bourgeoise, répond bien dans le cadre parisien à une construction sociale, dont la vision d'un centre populaire et archaïque est le corollaire direct. Sa thèse fera l’objet d’un débat sous la direction de Mathieu Marraud, en présence de l'auteur et des discutants Judith Lyon-Caen (CRH-EHESS), Alain Cottereau (CEMS-EHESS) et Gilles Postel-Vinay (INRA/EHESS), qui reviendront sur ce modèle d'une démocratie locale portée par les quartiers historiques et les formes de production économique qu'ils continuent d'abriter.

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190,a venue de France
75013 Paris

Les lundis du CRH - Richelieu et l'écriture du pouvoir. Autour de la Journée des Dupes

Les lundis du CRH - Richelieu et l'écriture du pouvoir. Autour de la Journée des Dupes

Lundi 2 mars de 15h-18h - Séminaire exceptionnel

Présentation

Dans son nouveau livre, Christian Jouhaud s’est penché sur la fabrique discursive de la fameuse « journée des Dupes » qui avait vu le cardinal de Richelieu passer de la disgrâce au triomphe. Retraçant l’histoire du pouvoir politique à travers les traces écrites qui disent l’action du pouvoir, il cherche à rendre intelligible le « coup textuel » qui rend possible et accompagne le « coup politique ». Nous discuterons ses propositions lors d’un nouveau Lundi du CRH présidé par Jean-Paul Zuniga et réunissant, en présence de l’auteur, Robert Descimon (historien), Patrick Goujon (théologien) et Jean-Bernard Ouédraogo (sociologue).

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de FRance
75013 Paris

La culture de l'imago au Moyen Âge. Images textuelles, mentales, figurées

La culture de l'imago au Moyen Âge. Images textuelles, mentales, figurées

Lundi 4 mai de 15h-18h - Séminaire exceptionnel

Présentation

Autour de la parution Les images dans l'Occident médiéval sous la direction de Jérôme Baschet et Pierre-Olivier Dittmar et Alphabetum narrationum sous la direction d'Elise Brilli avec la collaboration de Jacques Berlioz et Marie Anne Polo de Beaulieu, débattront en présence des auteurs, sous la présidence de Mathieu Marraud , Giovanni Careri (EHESS-CEHTA), Sylvain Piron (EHESS-CRH) et Daniel Russo (ARTHEIS, Dijon)

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant (8e étage)
190, avenue de France
75013 Paris

Autour des livres d'Alessandro Stanziani. Le travail contraint aux 18e et 19e siècles (Europe, Russie, Océan indien)

Autour des livres d'Alessandro Stanziani. Le travail contraint aux 18e et 19e siècles (Europe, Russie, Océan indien)

Lundi 2 novembre de 15h-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

En présence de l'auteur et sous la présidence de Florent Brayard, Jeremy Adelman (Princeton University), Antonio de  Almeida Mendes (Université de Nantes), et Philippe Minard (EHESS-CRH) interviendront autour des deux derniers ouvrages d'Alessandro Stanziani, Bondage. Labor and rights from the sixteenth to the early twentieth centuries et Sailors, Slaves, and Immigrants. Bondage in the Indian Ocean World (1750-1914)

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris
 

Roger Chartier : La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur

Roger Chartier : La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur

Lundi 7 décembre de 15h-18h - Les lundis du CRH

Présentation

Avec ce nouveau recueil d’articles, Roger Chartier étudie la complexité de la notion d’auteur dans l’Europe de la première modernité. La Main de l’auteur et l’Esprit de l’imprimeur revient ainsi sur la fabrique des livres, de leur rédaction à leur impression. Roger Chartier y montre que si les auteurs font largement appel à des citations et à des emprunts très libres, les imprimeurs quant à eux, maîtres de la mise en page et de la ponctuation, peuvent également intervenir en profondeur dans le sens d’un texte. Lire Cervantès ou Shakespeare, c’est par conséquent se confronter à une sédimentation d’intervenants multiples. Qu’il s’agisse de la notion de propriété intellectuelle, ou de celle de la matérialité du livre, Roger Chartier ouvre ainsi un dialogue passionnant avec des problèmes contemporains. Sous la présidence de Florent Brayard, Patrick Boucheron (Université Paris I-Panthéon-Sorbonne), Daniel Fabre (EHESS-LAHIC) et Christian Jouhaud (EHESS-CRH) animeront le prochain Lundi du CRH autour des questions soulevées par ce livre en présence de l’auteur.

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Enric Porqueres i Géné : Individu, personne et parent en Europe

Enric Porqueres i Géné : Individu, personne et parent en Europe

Lundi 15 février de 15h-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

Sous la présidence de Jean-Paul Zúñiga, Anne Cadoret (CNRS), Sylvie Steinberg (EHESS-CRH) et Irène Théry (EHESS-Centre Norbert Elias) débattront autour de l'ouvrage d'Enric Porqueres i Géné, Individu, personne et parenté en Europe.

Ce livre revisite l’idée selon laquelle la notion de personne serait un produit de « l’exceptionnalité » de la modernité occidentale. Se fondant sur les débats des quarante dernières années sur la nature de la parenté, il propose de se détacher de la grille généalogique et souligne, par le biais des discours vernaculaires de la parenté occidentale, les ancrages corporels et métaphysiques recouverts par cette notion. Ceux-ci fournissent un cadre de sens aussi bien aux situations pré modernes, marquées par l’emprise des représentations chrétiennes sur le droit matrimonial, qu’aux débats contemporains entourant le don de gamètes. Dans les deux cas, la centralité de l’individu est manifeste et de puissants discours identitaires s’articulent autour du corps.

En savoir plus sur l'ouvrage

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Christiane Klapisch-Zuber. Le voleur de Paradis : le bon larron dans l'art et la société (XIVe-XVIe siècle)

Christiane Klapisch-Zuber. Le voleur de Paradis : le bon larron dans l'art et la société (XIVe-XVIe siècle)

Lundi 7 mars de 15h-18h - Les lundis du CRH

Le dernier ouvrage de Christiane Klapisch, Le voleur de Paradis. Le bon larron dans l'art et la société (XIVe-XVIe siècles), est une leçon d'anthropologie historique et religieuse qui, à partir d'une lecture iconographique, revient sur les fondements de la doctrine du châtiment, du salut, et sur ses évolution au cours du bas Moyen-Âge. Entrée par laquelle le livre interroge les pratiques cultuelles et pédagogiques entourant la formation des images, la symbolique est au cœur de la démonstration. Elle interroge les significations sensibles qu'une figure sainte donnait de l'expérience chrétienne à chacun. La séance comprendra les présentations de l'auteur, de Giordana Charuty (EPHE), Pierre-Olivier Dittmar (EHESS), Yves Hersant (EHESS), sous la conduite de Mathieu Marraud.

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Autour du livre d'Isabelle Backouche, Paris transformé. Le Marais, 1900-1980

Autour du livre d'Isabelle Backouche, Paris transformé. Le Marais, 1900-1980

Lundi 2 mai de 15h-18h - Le Lundi du CRH

Présentation

Isabelle Backouche revient, dans son dernier livre, sur la construction de la ville à travers ses politiques d'aménagement public au XXe siècle. A partir d'un secteur du Marais, elle montre la manière dont les critères se heurtent à travers la période et les différents intervenants, et la manière dont des thèmes courants tels l'insalubrité, la modernisation, le ghetto, la patrimonialisation, sont de puissantes constructions sociales en conflit, selon les conjonctures politiques et les rapports de force que celles-ci produisent. La ville est alors un perpétuel enjeu d'assignation, aux conséquences matérielles et humaines souvent irréversibles.

Viendront discuter avec l'auteur François Chaslin (critique d'architecture), Laurent Joly (CRH) et Sylvain Laurens (Centre Georg Simmel). Le débat sera animé par Mathieu Marraud.

 

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Autour de l'ouvrage de Béatrice Delaurenti La contagion des émotions Compassio, une énigme médiévale

Autour de l'ouvrage de Béatrice Delaurenti La contagion des émotions Compassio, une énigme médiévale

Lundi 6 juin de 15h-18h - Le lundi du CRH

Présentation

Bâiller fait bâiller, pleurer fait pleurer, apercevoir une personne qui mange fait saliver : le livre de Béatrice Delaurenti, La contagion des émotions. Compassio, une énigme médiévale, Paris, « Classique Garnier », 2016, s’intéresse à la façon dont les expressions corporelles et psychologiques se conjuguent au Moyen Âge, à partir de l’analyse de la notion de compassion, propre à cette période, qui désigne les effets de contamination des mouvements émotionnels. A travers la trajectoire d’un mot et de ce qu’il révèle de cette société, l’enquête éclaire alors la culture savante des derniers siècles du Moyen Âge, attentive à intégrer l’être humain dans un univers qui le dépasse et l’englobe.

La séance, animée par Fanny Cosandey, comprendra une présentation de l’auteur et les interventions d’Alain Boureau (CRH-EHESS),  Gérard Jorland (CRH-CNRS) et Nicolas Weill-Parot (CRHEC, Paris-Est Créteil Val de Marne).

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Autour de l'ouvrage de Fanny Cosandey, Le rang. Préséances et hiérarchies dans la France d’Ancien Régime

Autour de l'ouvrage de Fanny Cosandey, Le rang. Préséances et hiérarchies dans la France d’Ancien Régime

Lundi 27 mars de 15h-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

A partir d'une interrogation profondément transdisciplinaire, le livre de Fanny Cosandey questionne les hiérarchies d'Ancien Régime, leurs structures, depuis les manifestations mêmes du désordre. L'anthropologie et la sociologie y secondent une approche historienne des conflits de préséance dans le cérémonial royal, en tant que révélateurs des enjeux sociaux pour chacun des acteurs en présence, et des règles qui président alors à l'organisation politique de la société. Ce lundi du CRH sera l'occasion d'en discuter la méthode, innovante dans l'usage des sources, ainsi que les propositions fortes sur les évolutions du pouvoir monarchique au long des XVIe et XVIIe siècles.

 

Lieu

EHESS (Salle Jean-Pierre Vernant)
190, avenue de FRance
75013 Paris

Autour de l'ouvrage d'Alain Boureau, L'errance des normes. Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV]

Autour de l'ouvrage d'Alain Boureau, L'errance des normes. Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV]

Lundi 24 avril de 15h-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

Ce Lundi du CRH animé par Fanny Cosandey, avec la participation de Sylvie Anne Goldberg (CRH), Rainer Maria Kiesow (EHESS, Centre Georg Simmel) et Christophe Grellard (EPHE), sera consacré à l'ouvrage L'errance des normes. Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV], en présence de son auteur Alain Boureau.

Ce livre tente d'historiciser la notion de jugement moral, en partant de la pensée médiévale et scolastique du XIIIe siècle. Celle-ci, en quête d'une éthique spécifique et immanente, a travaillé à la délégation affectée à l’homme pour la production de normes morales. L’éthique de cette période tourne autour de la notion juridicomorale de responsabilité, qui demeure jusqu’à nos jours, et sans vraie résolution, une ligne de faîte de la vie éthique. Alain Boureau montre comment, par une orchestration cohérente de l’éthique, ces débats rencontrent des échos dans le monde contemporain occidental : le long cycle des jugements formels conduit à l’impératif catégorique (le Sollen) de Kant, et de là à une réaction intense où l’éthique avait à juger singulièrement les actes humains. À ce mouvement, il faut associer la période 1860-1960 (Renouvier, Nietzsche, Freud, Arendt), à laquelle succède un nouveau formalisme. Certes, le droit est revenu absorber la morale, notamment avec une nouvelle prégnance de la responsabilité, qui réduit les conduites humaines au risque de faute. Mais l’histoire montre que d’autres retours sont possibles.

 

Lieu

EHESS (Salle AS-1-24, sous-sol)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Regards et résistances Performances, archives et les figurants de l'Histoire

Regards et résistances Performances, archives et les figurants de l'Histoire

30 mai - Journée d'étude

Présentation

La journée d’étude organisée par Elizabeth Claire (Histoire du Genre), Felicia McCarren (Tulane Univ./IEA Paris) et Jean-Pierre LeGlaunec (Univ. Sherbrooke, Canada), avec le soutien du CRH et du CRAL, rassemblera un groupe de chercheurs (enseignants, étudiants) historiens du spectacle, de l’esclavage et des arts vivants. L’objectif est d’explorer, au plus près des sources, des archives et des images, la mise en scène des regards (des acteurs, des spectateurs comme des chercheurs) sur ce qui résiste, désoriente, se déplace dans des performances aux traces infimes, disparues ou à reconstruire. La journée d’étude permettra d’interroger le rôle des figurants dans l’histoire. Que nous disent les femmes et les hommes dont on ne voit dans les sources que les silhouettes, les ombres, les jeux de rôles et les figures (des visages, des pas de danse, des mises en scène) tronquées? Comment rendre compte, « visibiliser », « présent-er  » ces figures altérées productrices de sociabilités, de rencontres et de relations de pouvoir? Les communications porteront sur l’espace atlantique (Louisiane, Antilles, France) à l’époque moderne et contemporaine. La journée sera divisée en deux parties, une matinée de communications et de réflexion autour des notions de figurants et de figures et un après-midi de partage sur les sources (images, archives, documents imprimés) des chercheurs.

Pour s'inscrire : http://www.paris-iea.fr/fr/evenements/regards-et-resistances-performances-archives-et-les-figurants-de-l-histoire

 

Programme


9:00 - 9:30   Introduction
Felicia McCarren (IEA-Paris / Université Tulane)

9:30-10:00   Regards et Échos
Elizabeth Claire (CNRS)

10:00 - 10:45   Lire les ombres d’esclaves dansants
Julia Prest (Université de St. Andrews)

10:45 - 11:30   Rituel et contrepouvoir
Alexia Clorinda (Chercheuse indépendante)

11:30 - 11:45   Pause

11:45 - 12:30   Résistances
Jean-Pierre LeGlaunec (Université de Sherbrooke)

12:30 - 13:15   The question of the archive, the performativity of testimony
Sophie White

13:15 - 14:30   Pause déjeuner

14:30 - 15:15   Des voix muettes? Femmes et résistances dans la poésie du Nkombo Journal à la Nouvelle-Orléans (1968-1974)
Tomas Garriss

15:15 - 16:00   TBA

16:00 - 16:30   Pause

16:30 - 18:00    Atelier sur les sources : iconographie, archives
Felicia McCarren, Jean-Pierre Le Glaunec, Elizabeth Claire

 

Lieu

Institut d'études avancées
17, quai d'Anjou
75004 Paris

Le secret et l'espace politique

Le secret et l'espace politique

7 au 9 juin - Colloque international

Présentation

Comprendre les transformations des rapports de pouvoir et les catégories utiles à la construction de l’espace et du sujet politique à la fin du Moyen Âge, en sortant des mailles d’une histoire institutionnelle. Elargir les frontières de l’enquête en déplaçant le regard, des institutions, des lieux et des procédures formelles de la politique, et en le portant sur le développement des stratégies, des comportements, des réseaux de relations qui structurent la vie quotidienne, sur les domaines sociaux et sur les pratiques légitimées que cet espace crée et auxquels il donne forme, sont les enjeux méthodologiques de ce colloque oragnisé par Jacques Chiffoleau (CIHAM) et Etienne Hubert (CRH), qui veut étudier, à partir de la leçon de Jacques Chiffoleau (La Chiesa, il segreto e l’obbedienza, Il Mulino 2010), dans l’usage du secret un levier fondamental dans la construction du ‘public’, dans ses règles et sa légitimation. 

La vérification se joue sur la scène des pouvoirs étatiques de la fin du Moyen Âge, son horizon privilégié est l’Italie des cités-états, sur la toile de fond que dessinent le poids, l’influence et l’exemple exercés par l’Église romaine et par la praxis de son administration sur les développements non seulement idéologiques mais aussi constitutionnels des gouvernements et de la société de la fin du Moyen Âge. Le cadre est enrichi par la lecture comparée qu’offrent les pratiques gouvernementales et le recours au secret dans le monde arabo-musulman, dans le royaume d’Éthiopie et dans le monde chinois.

Le cadre historiographique, bien que riche de lectures suggestives (Micrologus, 14, 2006), laisse une large place à la définition d’un paradigme aussi puissant qu’ambigu (qui renvoie aux arcanes du pouvoir, mais aussi à la zone obscure, opaque, cachée, du complot et de sa mise en discussion) dont l’usage doit être mesuré et évalué de manière cohérente sur le terrain de la pratique et non seulement sur celui de la pensée ou de la doctrine : il semble ainsi utile d’enrichir et d’approfondir l’enquête autour de la construction, de la qualification et des configurations, dans lesquelles s’inscrit tour à tour le secret dans la société de la fin du Moyen Âge, non seulement dans le cadre des politiques d’affirmation étatique, du gouvernement des hommes, de la répression pénale, de la gestion de l’ennemi, mais aussi dans la sphère économique (production, marché, écritures: les livres secrets des marchands) et dans l’agir social.

Le sujet ouvre des pistes de recherche et d’enquête multiples que des spécialistes de différents domaines (politique, économie, histoire des institutions, des normes, de la justice, de la religion et de l’Église, de la société et de la famille) sont invités à parcourir dans la variété et dans la spécificité des approches et des méthodes autour d’une constellation de thèmes et des problèmes que le secretum soulève et auxquels il renvoie: « arcanus, occultus, tacitus, obscurus, clam, clandestinus, absconditus »...

 

Programme

 

Lieu

Mercredi 7 juin

Università degli studi di Siena
Dipartimento di Scienze storiche e beni culturali
Aula S (ingresso anche da via Fieravecchia)
Via Roma, 47
53100 Sienne
Italie

Jeudi 8 et vendredi 9 juin

Certosa di Pontignano
Pontignano, 5
53019 Ponte A Bozzone
Italie

Ce qui a changé depuis le XXe siècle. À quoi sert encore l’histoire juive ?

Ce qui a changé depuis le XXe siècle. À quoi sert encore l’histoire juive ?

Mardi 9 juin de 19h30-21h - Conférence

Présentation

Dans le cadre du cycle De l'histoire juive à l'histoire des juifs, cette table ronde, avec la participation de Sylvie Anne Goldberg (EHESS), David Ohana, (Université Ben Gourion du Néguev), Ada Rapoport-Albert (University of London) et  Judith Schlanger (EPHE) examinera les récentes manières d'appréhender l’histoire des Juifs, en tenant compte des apports les plus récents de l’historiographie, tout en s’interrogeant sur son éventuel détachement de ses précédents enjeux politiques.

En savoir plus

 

Lieu

Musée d'art et d'histoire du judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris

 

L'un et le tout

22 et 23 juin - Forum du CRH

Présentation

Dans la lignée des grands rendez-vous scientifiques qu'il a initiés par le passé (sur les thèmes du Transnational, du Contexte), le CRH organise un grand forum de débat qui se tiendra les 22 et 23 juin. Animée par les membres, groupes et équipes du laboratoire, cette rencontre souhaite offrir une plateforme de réflexion sur les multiples manières de travailler la matière historique au sein du CRH, à la fois en distinction et en écho des enjeux historiographiques du temps présent. C'est pourquoi le thème retenu cette année, sous l'intitulé "L'un et le tout", veut questionner les relations déployées entre unicité et totalité, donnée et série, individualité et collectivité, au sein des multiples méthodes, terrains et conclusions que nos travaux mettent en œuvre. C'est là l'occasion, en confrontant les approches, d'exposer toutes les richesses interprétatives nourries par le laboratoire.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Enquêter sur les réputations

Enquêter sur les réputations

26 juin - Journée d'étude doctorale

Présentation

Les réputations structurent l’expérience individuelle et collective du monde social, en particulier au sein d’univers fortement soumis aux enjeux de confiance des pairs, de distinction et de singularisation, de notoriété et de célébrité, ou encore de neutralisation des rumeurs. Cet objet, souvent présent au cœur de nos travaux sans être nécessairement thématisé, constitue une base stimulante de discussion interdisciplinaire.
Cette journée, réunissant 19 sociologues, historiens et politistes, permettra d’aborder les questions suivantes : quels outils et méthodes mobiliser pour enquêter sur les phénomènes de réputation ? Comment cet objet peut-il éclairer le fonctionnement d’espaces sociaux marqués par de forts enjeux symboliques ? Quels sont les usages possibles de la réputation comme ressource ou comme stigmate, selon quelles contraintes, à quel prix et pour quel gain ?

Comité scientifique

Benoît de l’Estoile (CNRS), Raphaëlle Laignoux (Université Paris I Panthéon-Sorbonne), Antoine Lilti (EHESS), Michel Offerlé (École normale supérieure), Gisèle Sapiro (EHESS).

Comité d'organisation

Adeline Denis (adeline.denis@sfr.fr), Sarah Kolopp (sarah.kolopp@gmail.com) et Guillaume Lancereau (guillaume.lancereau@gmail.com)

 

Programme

9h00-9h30 – Introduction : Gisèle Sapiro (EHESS-CNRS)

Premier panel – Marginalité et célébrité

9h30-11h

Sidonie Verhaeghe (docteure en science politique, Université Lille 2),
« Croiser marginalité et célébrité politiques : Louise Michel, personnalité révolutionnaire du dernier tiers du XIXe siècle »

Pascal Laucoin (doctorant, CESPRA)
« Mirabeau, le Capitole et la roche Tarpéienne. Du bon usage politique d'une mauvaise réputation »

Ludovic Lestrelin (maître de conférences, Université de Caen Normandie)
« “À jamais le premier. Enquêter sur la réputation d’un défunt dans le monde du football professionnel ».

Discussion : Antoine Lilti (EHESS).

11h00-11h20 : Pause-café

Deuxième panel – Jeux de qualification

11h-12h40

Charles Bosvieux-Onyerwelu (docteur en sociologie, Laboratoire Printemps, CNRS-UVSQ)
« La réputation de désintéressement et son capital symbolique : la “pieuse hypocrisie” des théoriciens du service public (1873-1940) ».

Clément Lescloupé (doctorant, Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
« La disqualification comme instrument d’action publique ? Attaquer la réputation des maires pour les contraindre à appliquer la loi »

Discussion : Bruno Cousin (Sciences Po Paris)

12h40-14h – Pause déjeuner

Troisième panel – Les supports de la réputation

14h-15h40

Laurent Cuvelier (doctorant, Centre d’histoire de Sciences Po)
« L’actualité politique sur les murs de Paris en Révolution. Construire une popularité médiatique pendant la Révolution française ».

Marine Carcanague (doctorante, Paris I)
« Défendre son honneur, mettre en récit sa réputation, jouer avec les identités : stratégies de femmes sur la scène judiciaire au XVIIIe siècle en France ».

Thomas Collas (ATER, EHESS)
« Travail de réputation et considération des pairs : saisir les constructions d'un nom dans le monde des pâtissiers ».

Discussion : Raphaëlle Laignoux (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

15h40-16h00 – Pause-café

 

Quatrième panel – Jeux d’échelle et circulations

16h00-17h30

Damian Clavel (doctorant, Institut des Hautes Études Internationales et du Développement, Genève)
« “La réputation aux trousses” : le Cacique du Poyais et “sa” dette souveraine, 1820-1838 ».

Noémie Recous (doctorante, Université Jean Moulin Lyon 3)
« Discrédit et postérité : Nicolas Fatio de Duillier et l’Affaire des French Prophets ».

Discussion : Tristan Leperlier (Centre européen de sociologie et de science politique)

Conclusion : Pierre-Marie Chauvin (Université Paris-Sorbonne)

 

Programme téléchargeable

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Vers un monde avec drogues?

Vers un monde avec drogues?

Jeudi 8 juin de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

  • Raquel Peyraube, médecin, conseillère du gouvernement d’Uruguay
    Légalisation et régulation du cannabis en Uruguay

  • Anne Philibert, sociologue, assistante de recherche à l’Université de Genève
    Les politiques de régulation des drogues en Colorado, Uruguay, Hollande

  • Esther Benbassa, sénatrice EELV, rapporteur du projet de loi de légalisation du cannabis en France
    Sortir de la prohibition, réguler le commerce et la consommation du cannabis

  • Discutante : Julia Monge, anthropologue, EHESS

 

Après l’échec patent, aux conséquences désastreuses, de la « guerre à la drogue », qui prétendait assécher l’offre et la demande, pour parvenir à « un monde sans drogues », on peut se demander si c’est bien le contraire qui est en train de se produire, et qu’il faudrait plutôt envisager de « vivre avec les drogues ».

Pour cette dernière séance de l’année, consacrée aux expériences de légalisation en cours dans le monde, nous accueillons deux invitées étrangères et la sénatrice d’EELV Esther Benbassa. Mme Benbassa est l’une des rares parlementaires français qui depuis des années prônent une autre politique publique en matière de drogues, et a présenté au Parlement, sans succès, un projet de loi de légalisation du cannabis en France.

Raquel Peyraube est docteure en psychiatrie, spécialisée en psychothérapie psychanalytique de l’enfant et de l’adolescent. Elle fait partie des membres fondateurs de l’International Center for Ethnobotanical Education Research and Services (ICEERS), qu’elle dirige depuis 2012. L’établissement en question est chargé d’effectuer des recherches sur l’utilisation thérapeutique des plantes dans le monde et d’œuvrer à la préservation des cultures indigènes. Raquel Peyraube est par ailleurs consultante pour le Conseil national des drogues en Uruguay, un rôle qui lui a permis d’impulser et promouvoir des décisions importantes concernant la légalisation du cannabis à visée thérapeutique.

Anne Philibert, assistante de recherche au département de sociologie de l’Université de Genève, fera le tour d’horizon des expériences de légalisation de par le monde, présentant et analysant les différents modèles législatifs, sanitaires et sociaux mis en place en Europe et aux Amériques.

Cette demi-journée d’études sera animée par Julia Monge, anthropologue, doctorante à l’EHESS, qui termine sa thèse sur un phénomène récent en Occident, la consommation de drogues en famille, entre parents et enfants adolescents ou majeurs. Une autre forme de légalisation de fait et d’intégration sociale et culturelle des psychotropes dans la vie ordinaire.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Transiciones en la agricultura y la sociedad rural. Los desafíos globales de la historia rural. II Congreso Internacional

Transiciones en la agricultura y la sociedad rural. Los desafíos globales de la historia rural. II Congreso Internacional

Appel à communication - Date limite de dépôt : 30 septembre 2017

Présentation

Appel à communication - Date limite de dépôt : 30 septembre 2017 - Universidade de Santiago de Compostela, Saint-Jacques de Compostelle

Le 16e Congrès de la Société espagnole d'histoire agraire (SEHA) et le 2e Congrès International Les transitions dans l’agriculture et dans la société rurale. Les défis globaux de l’histoire rurale, de juin 2018, qui se réuniront à Saint-Jacques de Compostelle (Galice, Espagne), ont réservé une session spéciale (Session 113) - organisée par Jorge Gelman (Université de Buenos Aires, CONICET), Angelo Alves Carrara (Université Fédérale de Juiz de Fora), Alejandro Tortolero Villaseñor (Université autonome métropolitaine de Iztapalapa) et Pablo Luna (CRH) - afin de rendre hommage à Juan Carlos Garavaglia, décédé cette année.
Ce sera une session qui portera sur l'histoire rurale et des campagnes de l'Amérique ibérique (et latine). Les communications proposées pourront aborder toutes les problématiques de l’histoire des campagnes, par pays ou par régions du continent latino-américain. Les approches comparatistes et de moyen et de long terme seront particulièrement appréciées.

Pour les conditions de soumission

Propriété et environnement dans les pays en développement

Propriété et environnement dans les pays en développement

7 et 8 juin - Colloque international ANR GOVENPRO

Présentation

La question de savoir quelles sont les formes de propriété qui participent le plus efficacement à la conservation et/ou à l’exploitation économique des environnements – de la propriété privée à la propriété d’État, en passant par les différentes formes de propriété collectives, communes ou patrimoniales a suscité des débats théoriques intenses et disputés dans le champ académique (Coase 1960; Hardin 1968; Ostrom 1990). Nous proposons d’embrasser toutes ces théories par le terme – théories environnement/propriété – et d’étudier leur déploiement dans les pays en développement dans la construction de ce qu’on peut appeler des « régimes de ressources » (Vatn 2007, 2015). Nous gageons en effet que loin de s’être imposées de manière monolithique aux cours de phases successives, ces théories ont été mises en œuvre de manière très pragmatique par toute une série d’acteurs nationaux et internationaux pour tenter de les adapter aux usages locaux des ressources naturelles mais en ignorant souvent les conceptions locales de l’appropriation et de la mise en commun.

Ce phénomène a conduit à un réagencement de la propriété qui ne doit pas être seulement compris comme une tendance générale et uniforme à la privatisation de la nature. Durant la période coloniale, par exemple, l’enjeu est certes l’appropriation des ressources par les colons (l’emprise foncière des concessions agricoles, forestières ou minières est extrêmement importante dès les années 1920), mais bien plus encore la montée en puissance de l’Etat, la constitution d’un Domaine public colonial, la création des services techniques, qui visent tous à transformer les modes d’exploitations indigènes de la nature au nom du développement alors appelé « mise en valeur » (Thomas 2009 ; Chouquer 2011). De même, la dénonciation du land grabbing comme une nouvelle forme de colonisation et de privatisation des terres par des firmes étrangères (Merlet 2010 ; TNI 2013) oblitère la nature juridique de ces contrats souvent tripartites entre des bailleurs internationaux, des investisseurs privés et des Etats propriétaires fonciers qui affirment tous, plus ou moins (mal)honnêtement, agir dans l’intérêt des populations locales et du développement économique du pays (Holmen 2015 ; Chouquer 2011). D’autres formes plus insidieuses d’accaparements fonciers consistent à reconnaître des droits “coutumiers” pour gager cette reconnaissance au maintien de pratiques traditionnelles jugées favorables à la conservation des milieux : c’est la logique des programmes de paiement pour services environnementaux – ou PSE (Kosoy and Corbera 2010). On les voit aussi à l’œuvre dans les programmes de développement financés par des grands bailleurs, comme la Banque mondiale. Les prêts sont alors conditionnés à des mesures dites de compensations environnementales à l’origine de la constitution de nouvelles emprises foncières à vocation de conservation de la nature (Benabou 2014). Les grandes conventions internationales sur le climat, la biodiversité, la mer, le traitement des déchets... véhiculent aussi de profondes recompositions de la propriété dans les pays du Sud. L’octroi de vastes concessions à des opérateurs privés s’appuie de plus en plus sur la capacité des acteurs les mieux dotés en capital à répondre aux engagements environnementaux internationaux, à se conformer aux standards dans les processus de production et de “reporting” que ces engagements réclament. Ces mécanismes sont particulièrement visibles dans l’octroi de concessions marines et de droits de pêche qui, adossés aux standards d’exploitation durable des ressources halieutiques, ont de très forts effets d’exclusion des petits opérateurs locaux (Dahou, Elloumi, and Molle 2013).

Ces grandes conventions environnementales incitent aussi les Gouvernements à définir juridiquement qui sont les ayants-droits traditionnels d’une ressource à partir des usages coutumiers des ressources locales. L’objectif est d’en faire des parties (personnes morales, individuelles ou collectives) dans des contrats de conservation de l’environnement (contrats d’accès et de partage des avantages, REDD+, paiements pour services environnementaux, etc.). Les États leur reconnaissent donc de nouveaux titres qui viennent bouleverser des arrangements plus anciens d’appropriation des ressources naturelles (Thomas 2012, 2014 ; Clement and Amezaga 2013 ; Dahou 2013). Mais, dans un contexte où le droit à l’accès devient plus important que le droit d’exclure (Rifkin 2000 ; Joly 2009), ces contrats consistent plus à ouvrir l’accès des ressources locales à des usages globaux qu’à en réserver l’accès aux populations locales. Il faut par conséquent repenser la propriété comme un « faisceau de droits », et replacer le gouvernement de l’environnement par la propriété dans le champ plus vaste des relations sociales qui contraignent ou permettent de bénéficier de l’usage des ressources (Ribot and Peluso 2003 ; Silva-Castaneda et al., 2014). Dans cette perspective, l’accaparement réfère essentiellement à un « accaparement du contrôle » (control grabbing), c’est-à-dire à un processus de captation du pouvoir de contrôler le foncier et les autres ressources associées telles que l’eau, les minéraux ou les forêts, afin de contrôler les bénéfices liés à leurs utilisations (McCarthy, Vel, and Afiff 2012). Les formes de propriété développées dans les situations post-collectivistes sont, de ce point de vue, particulièrement intéressantes à analyser. Elles ne produisent pas forcément les mêmes rapports entre propriété, individu et Etat que ceux des démocraties libérales (Verdery 1998). La propriété ne peut donc manifestement pas y jouer le même rôle incitatif dans les politiques de conservation que celui que la théorie standard prédit.

Cependant, si l’on perçoit bien l’importance du phénomène et sa diversité (d’objets et d’échelles), on ne dispose pas de travaux académiques qui permettent d’établir sérieusement une filiation entre les théories environnement/propriété et la succession de modes de gouvernement de l’environnement dans les pays en développement. La périodisation très grossière en trois temps (l’âge de la conservation par la propriété d’Etat et l’extension du domaine public ; l’âge du salut par la propriété privée exclusive ; l’âge du retour à la gestion communautaire) n’est pas satisfaisante. Elle ne permet pas de rendre compte, pour chaque période de l’histoire nationale d’un pays, des diverses manières dont ont pu s’articuler dans le temps les modes d’appropriation privilégiée par ces théories, ainsi que les usages complexes de ces arguments théoriques dans chaque contexte économique, social et culturel. Il est nécessaire, en la matière, de repartir de l’analyse des réalités empiriques de terrain.

Partant de ces constats, le colloque « Propriété et environnements dans les pays en développement » se propose de réunir pour la première fois des spécialistes d’histoire environnementale, d’économie environnementale, d’anthropologie environnementale, de droit de la propriété, etc., pour porter un regard global sur le déploiement des théories environnement/propriété dans le cadre des pratiques de gouvernement des ressources et des environnements dans les pays en développement. Il vise à stimuler de nombreuses communications en vue d’éclairer et de documenter les objectifs suivants :

  • 1. Avoir une meilleure vision de l’histoire de la diffusion de ces théories et des formes de propriété qu’elles privilégient dans les politiques environnementales des pays en développement. Qui sont les principaux acteurs internationaux, quels sont les appuis locaux, quelles sont les sources de cette histoire, etc. ?

  • 2. Confronter ces cadres théoriques et les outils internationaux de leur promotion à la réalité empirique de différentes formes de propriété dans ces pays. On sera particulièrement attentif à rendre compte de la diversité des manières dont les pays du Sud articulent, dans leur tradition juridique et administrative, les grandes catégories propriété privée, domaine public, droit coutumier, patrimoine et propriété collective.

  • 3. Etudier l’impact de la mise en œuvre de ces théories dans les situations de transition vers l’économie de marché. Quelle est l’économie politique de la propriété dans ces situations de transition (notamment dans les situations de post-socialisme) ? Quels sont les effets observables en terme de conservation de l’environnement ?

  • 4. Etudier la dialectique entre la contraction effective de la propriété collective et des droits collectifs dans la gestion de l’environnement et les discours promouvant le «community- based management», les biens publics mondiaux, les valeurs patrimoniales ; 5. Rendre compte de la diversification des domaines/objets auxquels les théories environnement/propriété sont appliquées : des plus territorialisés (comme les droits fonciers, la domanialité, les mécanismes REDD, les paiements pour services environnementaux, etc.) ; aux plus dématérialisés (comme les nouvelles formes d’appropriation des ressources et informations génétiques, les droits des communautés autochtones et locales sur les savoirs traditionnels, etc.).

Comité d'organisation :
Frédéric Thomas, Sarah Benabou, Tarik Dahou (PALOC, IRD-MNHN) ; Fabien Locher (CRH, CNRS-EHESS), Valérie Boisvert (Université de Lausanne)

 

Programme
Version anglaise

 

Lieu

Muséum national d'histoire naturelle
Auditorium de la grande galerie de l'évolution
36, Rue Geoffroy-Saint-Hilaire
75005 Paris

Travail, coercition et droits. Esclavage local dans une perspective globale/Bonded Labour in Global perspective

Travail, coercition et droits. Esclavage local dans une perspective globale/Bonded Labour in Global perspective

14 au 16 juin - Ecole d'été

Présentation

De nos jours, la persistance du travail forcé dans de nombreuses régions du monde, notamment en Afrique et dans les mondes de l’océan indien, mais aussi en Asie et, dans une certaine mesure, dans l’ensemble des pays du nord, reflète les façons complexes dont le colonialisme et le capitalisme mondial ont interagi avec les changements en cours dans ces régions, produisant une mosaïque de régimes de travail différents. Même à ce jour, la demande de main-d’œuvre coercible contribue à la traite des personnes vulnérables. L'Organisation Internationale du Travail estime qu'il y avait 21 millions d'hommes, de femmes et d'enfants travaillant dans des conditions de travail forcé aussi récemment qu'en 2012, 73% se trouvant en Afrique et dans les mondes de l’océan indien. Aujourd’hui, sur environ 700.000 à 2.400.000 personnes victimes de la traite chaque année à travers les frontières internationales, 88% sont des femmes et des enfants.Plus de deux siècles après la déclaration universelle des droits de l'homme, les révolutions française et américaine, puis les abolitions officielles et progressives de l’esclavage dans le monde au 20ème siècle, et en dépit de la charte universelle des droits de l'homme de l'ONU, la servitude et la traite sont encore largement répandus dans le monde entier. Pourquoi en est-il ainsi ?

En entreprenant un réexamen radical des formes historiques de travail, la façon dont ils ont été définis et comment ils ont été pratiqués, nous envisageons d’analyser :

  • la relation entre les dynamiques du marché et les formes de coercition dans diverses régions du monde

  • les différentes façons dont les hommes, les femmes et les enfants réduits en esclavage ont résisté au travail forcé.

  • l'impact et les limites des organisations internationales, des institutions juridiques, et de l’émergent droit international des travailleurs et des droits humains.

Cette école d'été (fermée au public) organisée dans le cadre de l'IRIS Etudes globales en collaboration avec l'OIT.
Coordinateurs de l’école d’été :
Choukri Hmed (Université Paris-Dauphine-PSL Paris), Koen Compier (OIT Delhi) et Alessandro Stanziani (EHESS-CNRS-PSL Paris).


Programme

 

Lieux

Mercredi 14 ,juin

EHESS (Salle 8)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Jeudi 15 juin

EHESS (Salle 4)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Vendredi 16 juin

EHESS (Salle 2)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

 

 

 

Le logement comme lieu de persécutions anti-juives dans les villes européennes, 1933-1945. Croiser l’histoire urbaine sociale et l’histoire de la Shoah

Le logement comme lieu de persécutions anti-juives dans les villes européennes, 1933-1945. Croiser l’histoire urbaine sociale et l’histoire de la Shoah

Appel à communications - Date limite de dépôt : 3 juillet - American University of Paris, Paris

Conférence internationale
American University of Paris (January 11 and 12, 2018)

 

Co-organisé par :

Le George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention, American University of Paris
Le Centre de Recherches Historiques (EHESS-CNRS)
L'Institut de Sciences sociales du Politique, Université Paris Nanterre-ENS Paris Saclay-CNRS

Comité d’organisation :

Isabelle Backouche (EHESS-CRH), Eric Le Bourhis (FMS-ISP), Shannon Fogg (Missouri S&T), Sarah Gensburger (CNRS-ISP), Constance Pâris de Bollardière (AUP), Brian Schiff (AUP).

 

L’histoire de la Shoah a récemment emprunté des concepts et outils à la géographie. Deux publications ont marqué ce tournant spatial  : Geographies of the Holocaust (Knowles et al. 2014) et Hitler’s Geographies (Giaccaria and Minca 2016). Ces dernières études locales et spatiales se sont cependant presque exclusivement concentrées sur les lieux d’exécution, les camps et les ghettos. Elles se sont peu tournées vers les villes « ordinaires » de l’Ouest et du Sud-Est de l’Europe dans lesquelles les persécutions se déroulèrent dans l’espace de manière plus diffuse. Or, les persécutions anti-juives ne se limitèrent nullement à des espaces conçus et transformés tels que les camps et les ghettos, mais envahirent l’ensemble de la vie quotidienne dans les villes européennes : les espaces publics, les lieux de travail et les espaces privés tels que les logements. Dans ce paysage du quotidien, circulent non seulement des Juifs et des agents de la persécution mais également tout l’environnement résidentiel des victimes : concierges, voisins, nourrices, propriétaires, gérants immobiliers, sous-locataires, administrations locales etc. Bien que l’historiographie ait peu souligné de telles interactions, ces derniers acteurs occupent une place centrale dans la mémoire des rescapés juifs. Le tournant spatial qui touche depuis une quinzaine d’années le monde anglophone de la recherche sur la Shoah s’est concentré sur les lieux symboliques du génocide. De nombreux travaux ont certes été réalisés sur les saisies et réaffectations d’appartements occupés par des Juifs ainsi que sur les spoliations, le plus souvent dans les villes du Reich, mais les immeubles et villes ordinaires en tant que lieux de persécutions, les interactions entre voisins Juifs et non-Juifs ainsi que d’autres aspects spatiaux restent à explorer. Des contributions récentes ont ouvert ce nouveau terrain de recherche et sont à l’origine de cette conférence.

 

Ce colloque souhaite articuler plusieurs perspectives et méthodes concernant le logement urbain et les persécutions anti-juives. Nous espérons rassembler des chercheurs en sciences sociales issus de plusieurs disciplines afin de confronter diverses approches et études de cas, qu’il s’agisse de villes du Reich comme de villes occupées d’Europe occidentale ou orientale. Inspirée par les recherches récentes sur le cas parisien, cette conférence portera en partie sur les saisies et réaffectations d’appartement des Juifs de la capitale française mais ne se restreindra pas à ces questions.

Nous invitons les chercheurs à nous faire part de propositions d’une page pour des contributions portant sur les sujets suivants :

  • la relation entre les persécutions et les politiques de logement / l’aménagement urbain ;

  • les bénéficiaires des spoliations des appartements occupés par des Juifs ;

  • les interactions entre Juifs et non-Juifs autour de la saisie des logements, de leur réaffectation ou de leur restitution après la libération ;

  • la question du logement dans les expériences individuelles (l’usage de témoignages tels que ceux de la Visual History Archive sont les bienvenus)

 

Modalités de soumission et calendrier

Les propositions sont à envoyer à : cparisdebollardiere@aup.edu and ericlebourhis@hotmail.com, avant le 3 juillet 2017. Les réponses seront données aux candidats le 20 juillet.

Les demandes de soutien financier pour les participants ne résidant pas en région parisienne seront étudiées.

Pourquoi faire une thèse d'histoire aujourd'hui ?

Pourquoi faire une thèse d'histoire aujourd'hui ?

Appel à communications - Date limite de dépôt : 16 juillet - EHESS, Paris

Présentation

« Que fabrique l’historien, lorsqu’il « fait de l’histoire » ? À quoi travaille-t-il ? Que produit-il ? Interrompant sa déambulation érudite dans les salles d’Archives, il se détache un moment de l’étude monumentale qui le classera parmi ses pairs et, sorti dans la rue, il se demande : Qu’est-ce que ce métier ? »

Michel de Certeau, « L’opération historiographique », L’écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, 1975, p. 77

 

Que fabrique le doctorant, lorsqu’il « fait sa thèse d’histoire » ? pourrions-nous nous demander à notre tour. Michel de Certeau propose de considérer l’histoire comme une « opération », c’est-à-dire « la combinaison d’un lieu social, de pratiques “scientifiques” et d’une écriture », i.e. « le rapport entre une place (un recrutement, un milieu, un métier, etc.), des procédures d’analyse (une discipline) et la construction d’un texte (une littérature). »[1] Un groupe de doctorants du CRH invite ses collègues à réfléchir sur ces questions qui intéressent - et rassemblent - tous les doctorants du CRH, et de l’EHESS.

Si le CRH a fait l’objet d’enquêtes historiques et réflexives (notamment en 2005 pour le cinquantenaire[2]), l’implication des doctorants en son sein a reçu quant à elle moins d’attention. Or, le CRH compte à ce jour 178 doctorants inscrits, qui appartiennent à la fois au plus grand laboratoire d’histoire et à la plus grande école doctorale de France[3]. Aujourd’hui, la place des sciences sociales et des chercheurs dans la société fait l’objet de réflexions renouvelées, à l’instar du doctorat dont les formes et les exigences évoluent rapidement. Les chercheurs du CRH et de l'École, dans leur grande diversité, privilégient les approches ouvertes, transversales et interdisciplinaires et partagent une pensée et une pratique, dont le recoupement mérite par ailleurs d’être interrogé. Il nous appartient, en tant que doctorants, de nous interroger sur notre inscription dans ce lieu.

Le projet est donc d’engager une réflexion commune et un débat collectif autour de la question : « pourquoi faire une thèse d’histoire aujourd’hui ? », à la croisée de ces trois fronts : institution, doctorat, société. Les présentations courtes, d’une dizaine de minutes, sur la manière dont chacun d’entre nous - dès la première année de doctorat -  appréhende ses recherches, feront émerger différentes visions de l’histoire dont il s’agira de débattre. Plusieurs conceptions de la recherche historique peuvent coexister, converger, voire s’affronter. De façon non limitative, nous suggérons ici des thématiques variées qui peuvent nourrir la trame de cette journée : une conception militante, une position plus scientiste, une volonté d’ancrage dans des questions d'actualité, la nécessité de l’autonomie de la recherche historique, ou encore un questionnement conjoint de l’utilisation de concepts dans le débat public et les sciences sociales, etc. Cette journée, dont nous souhaitons souligner le caractère proprement expérimental, fera apparaître des points de rassemblement et de fracture à partir de la multiplicité de nos expériences. Ce sera l’occasion d’envisager l’émergence d’une voix commune qui aurait vocation à se constituer en programme théorique potentiel. C’est un premier pas dans l’affirmation de notre génération de doctorants du CRH. A nous aussi de tenter l’expérience !

 

 

  

Modalités de soumission des propositions

 

 

Pour préparer le programme de cette journée, nous vous remercions de bien vouloir nous envoyer par mail (quefabriqueledoctorant@gmail.com), le 16 juillet 2017, au plus tard, vos propositions sous la forme d’un fichier comprenant un bref résumé de la communication (une demi-page argumentative), avec vos nom, prénom, adresse électronique, sujet de thèse et directeur de recherche. La journée est prévue en janvier 2018. Les courtes présentations seront suivies de discussions modérées par des chercheurs du CRH. N’hésitez pas à nous faire part de vos questionnements, idées ou remarques. Pour information, le comité d’organisation de cette première « journée des doctorants du CRH » est composé de quatre doctorants du laboratoire : Aliénor Cadiot, Sarah Claire, Gabriela Goldin et Romain Trichereau.



[1]Michel de Certeau, « L’opération historiographique », L’écriture de l’histoire, Gallimard, 2002, [1975], p. 78-79.

[2]« Pour une histoire de la recherche collective en sciences sociales. Réflexions autour du cinquantenaire du Centre de recherches historiques », Cahiers du Centre de recherches historiques, n°36, 2005. On peut également se référer au grand nombre d’écrits sur l’école des Annales. Voir par exemple les articles à l’occasion des anniversaires de la revue, notamment Fernand Braudel,« Les “nouvelles” Annales », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1969, vol. 24, n° 3, p. 571, etJacques Revel, « Histoire et sciences sociales : le paradigme des Annales », Annales. ESC, 1979, vol. 34, n°6, p. 1360-1376.

[3]L’école doctorale 286 compte à ce jour 1592 doctorants.

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Les Allemands à Venise (1380-1520). Autour de Philippe Braunstein

Mardi 10 janvier de 14h30-19h - Journée du CRH

Présentation

Cité italienne, byzantine, métropole coloniale, Venise fut l’une des villes les plus ouvertes de l’Europe médiévale. A son apogée, elle fut entre autres choses une ville allemande. Fruit d’une enquête longue et patiente, le livre de Philippe Braunstein met en lumière cette facette méconnue et essentielle de l’histoire vénitienne. Autour du Fondaco dei Tedeschi, centre des relations avec le monde germanique, s’activent marchands, tisserands, orfèvres, boulangers et imprimeurs, observés à travers leurs réseaux d’immigration, leurs familles, leurs institutions et leurs contributions au dynamisme vénitien. À la fois portrait de groupe et tableau intimiste d’une communauté soucieuse d’intégration, le livre donne à voir les dynamiques à l’œuvre dans la croissance de l’une des métropoles européennes. Mathieu Arnoux (CRH), Pierre Monnet (CRH) et Giuliano Milani (Università di Roma-La Sapienza) débattront autour de l’ouvrage en présence de l'auteur Philippe Braunstein.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle A et B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris


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Autour d'Alain Dewerpe

Autour d'Alain Dewerpe

Lundi 30 janvier de 9h-18h - Journée du CRH

Présentation

Alain Dewerpe (1952-2015) est l’auteur d’une œuvre importante et diverse. Menés dans le cadre de sa direction d’études à l’EHESS depuis 1991, ses travaux sur la protoindustrialisation,  puis sur le monde des usines aux 19e et 20 siècles, sur les techniques, sur l’organisation du travail et les espaces dans lesquels elle s’est inscrite,  sont devenus classiques. Il n’a cessé de s’y consacrer, seul, avec les étudiants qu’il a formés et dans le programme de travail collectif auquel il a activement  participé avec des historiens et des économistes au sein de l’Atelier Simiand . Le grand livre qu’il a longuement préparé sur l’entreprise italienne Ansaldo et qui était presque achevé à sa mort sera bientôt publié. Mais A. Dewerpe s’est aussi fait connaître par trois grands ouvrages qui relevaient de ce qu’il concevait comme une anthropologie de l’Etat : Un Tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-1566),( avec D. Nordman et J. Boutier,1984), Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain (1994) et Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat (2006), sans doute son livre le plus connu.

Alain Dewerpe fut un grand historien et un enseignant convaincu. Il fut aussi pour beaucoup d’entre nous un compagnon de travail et un ami. A l’Ecole, dont il a dirigé pendant plusieurs années les Editions et à laquelle il était profondément attaché, il a beaucoup apporté. C’est à tous ces titres que le Centre de recherches historiques a décidé de lui rendre hommage de la manière dont nous voulons espérer qu’il l’aurait souhaitée, en réfléchissant sur son œuvre.


Organisateurs : Jacques Revel et Jean-Paul Zuñiga


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190, avenue de France
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26/05/2017