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2017

Michel de Certeau et la littérature

Michel de Certeau et la littérature

19 au 21 avril - Colloque international

Présentation

« Littérature », « littéraire », « roman », « fiction », « poétique », sont des mots qui apparaissent fréquemment dans l’oeuvre de Michel de Certeau, souvent encadrés de guillemets. Mais dans sa production foisonnante, allant de la mystique du « Siècle des saints » aux cultures contemporaines, de l’écriture de l’histoire à celle de la psychanalyse, que désignent-ils exactement, de quoi sont-ils les noms ou les opérateurs ? Quel « pratiquant » de la « littérature » révèlent-ils ? Et quel écrivain ? Autant de questions que ce colloque international, organisé par Jean-Christophe Abramovici (Paris-Sorbonne, CELLF) et Christian Jouhaud (CRH-Grihl), se donne pour horizon, en portant le regard aussi bien sur les enjeux théoriques d’une pensée et d’une écriture qu’en s’arrêtant sur une série de « lieux » littéraires de l’œuvre.

 Contacts :  christian.jouhaud@ehess.fr,  Jean-Christophe.Abramovici@paris-sorbonne.fr

 

Programme

 

Lieu

Mercredi 19 avril
Université Paris (Sorbonne (Salles des Actes)
54, rue Saint-Jacques
75005 Paris

Jeudi 20 avril
EHESS (Salle 1/2 du Conseil)
54,; boulevard Raspail
75006 Paris
 
Vendredi 21 avril
Université Paris-Sorbonne
Maison de la Recherche (Salle D040)
28, rue Serpente
75006 Paris
 
Usages traditionnels et modernes de psychotropes

Usages traditionnels et modernes de psychotropes

Jeudi 27 avril de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

  • Silvia Vignato, anthropologue, Professeure à l’Université de Milano-Bicocca : Métamphétamines et ganja : la drogue dans l’environnement rural villageois en Aceh (nord-ouest de Sumatra)
  • Eric Wittersheim, anthropologue, MC à l’EHESS de Paris
    Consommation et prohibition du Kava dans les îles du Pacifique

Discutant : Bertrand Lebeau, médecin, membre de SOS Addictions

 

Dans cette séance, nous nous interrogeons sur les usages traditionnels et modernes de psychotropes, prenant comme terrain d’observation l’Indonésie et les îles du Pacifique. Dans ces régions, la consommation de certaines substances psychotropes est ancestrale et diffuse dans la population, qu’il s’agisse du bétel, de l’opium, du cannabis, de champignons psilocybes ou du kava.
Cette dernière substance, une boisson extraite d’une plante océanienne de la famille du poivrier, est consommée depuis des siècles aux îles Vanuatu, épicentre de sa culture, et s’est répandue dans toutes les îles du Pacifique et en Australie à des époques plus récentes. L’expansion géographique de sa consommation a produit une législation prohibitionniste dans plusieurs pays importateurs au début des années 2000, mais depuis sa légalité ou illégalité est très controversée dans plusieurs pays.
Dans la province d’Aceh, au nord-ouest de Sumatra, première région islamisée d’Indonésie au XIIIe siècle, « véranda de La Mecque », où depuis 2001 est appliquée la Charia, la ganja est traditionnellement consommée par une partie importante de la société. Plus récemment, c’est la consommation de métamphétamines qui s’est diffusée dans cette société rurale, martyre du tsunami de 2004, la stricte prohibition de l’alcool contribuant probablement à la recherche d’autres psychotropes.

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

L'écriture de l’histoire, une lutte nationale ?

L'écriture de l’histoire, une lutte nationale ?

Mardi 25 avril de 19h30-21h - Conférence

Présentation

Entre la fondation du Yivo à Wilno et le regard porté sur l’histoire des Juifs de France, cette séance du cycle De l'histoire juive à l'histoire des juifs, coordonné par Sylvie Anne Goldberg, examine les différences existant entre une histoire juive envisagée de l’intérieur et une histoire tournée vers l’extérieur. Y participent Thomas Chopard - docteur de l’EHESS, où il a soutenu en 2015 une thèse sur les violences antisémites et les pogroms en Ukraine pendant la révolution de 1917 et la guerre civile. Il est à présent Postoctoctoral Fellow en études juives à l’Institute of Historical Research (IHR) de l’University of London ; et Mathias Dreyfuss - doctorant à l'EHESS où il prépare une thèse intitulée « Fabrique des archives, fabrique de l'histoire : la construction des sources de l'histoire des juifs en France (fin XVIIIe siècle - années 1930) » sous la direction de Sylvie Anne Goldberg. Il est responsable du service éducatif du mahJ depuis 2008 et a été commissaire de l'exposition « Radical Jewish Culture. Scènes musicale New York » en 2010.

En savoir plus

 

Lieu

Musée d'art et d'histoire du judaïsme (mahJ)
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
 

Quand la famille jaillit : L’héritage jacent et la succession vacante entre tutelle institutionnelle et appartenance locale

Quand la famille jaillit : L’héritage jacent et la succession vacante entre tutelle institutionnelle et appartenance locale

Vendredi 20 janvier de 9h30-18h - Journée d'étude

Présentation

L’étude des stratégies utilisées par les institutions familiales pour assurer la continuité et la pérennité du nom de la maison, de son patrimoine, de la mémoire des défunts, etc. est un des topos de l’histoire sociale comme de l’anthropologie. De telles stratégies ont été tout d’abord analysées dans une perspective pour ainsi dire « interne » à celles qu’une longue tradition d’étude considère comme de réelles et véritables « corporations familiales ». Sont en effet analysées les ressources et les tactiques adoptées par les « représentants / administrateurs » de ces corporations (échanges et alliances matrimoniales, testaments et donations, fondations de fidéicommis / majorat ou de chapellenie) pour parvenir à garantir la perpétuation de la corporation, ainsi que la nomination, de génération en génération, d’un digne « représentant / administrateur »  du corps.

Le moment de la crise et de l’échec de telles stratégies de reproduction a fait l’objet en revanche d’une moindre attention. Quand la maison se trouve privée, temporairement ou de façon permanente, de « représentant / administrateur » (soit parce que temporairement absent, incapable ou frauduleusement défaillant soit parce qu’inexistant) à qui revient la charge des obligations économiques, sociales, religieuses, etc., qui relèvent des membres du corps et de l’institution domestique dans son ensemble ? A qui incombe la protection des lointains héritiers absents qui ne sont pas en mesure de réclamer l’héritage, tout comme les créanciers et toutes les obligations envers des tiers ? A qui revient de s’occuper des droits des biens matériels ou des âmes des défunts, considérées elles-mêmes comme des entités juridiques (encaissant par exemple les rentes immobilières, payant pour les legs pieux ou en mémoire des aïeux, mais s’assurant aussi que le patrimonium ne dépérisse pas et ne soit pas indûment détourné) ? A qui revient enfin de protéger les communautés contre les effets pervers liés à l’incapacité des corporations familiales à assumer leurs propres devoirs (par exemple le paiement des impôts, les participations à l’entretien des ressources locales et à la vie cérémonielle, le maintien des frontières entre membres et non membres de la communauté, etc.) ?

Dans une société à maisons l’intérêt de la perpétuation des corporations familiales dépasse ces mêmes institutions. Ces corps revêtent en réalité un rôle fondamental dans l’ordre constitutionnel et sociopolitique de la res publica, et sont l’unité de base de la production et reproduction sociale et économique.

Face aux risques continuels de crise et d’extinction de la maison, tant les institutions souveraines et communautaires que le système économique dans son ensemble, développent des dispositifs juridiques, sociaux et institutionnels destinés à soutenir la solvabilité économique et constitutionnelle des institutions familiales, en se chargeant et en se substituant, en dernière instance, à la maison lorsque celle-ci n’est pas en mesure d’assumer (ou cherche frauduleusement à se soustraire) à son devoir premier de garantir ad infinitum un “représentant/administrateur” capable de prendre en charge les obligations du corps. Si nous voulions utiliser une comparaison moderne, nous dirions que, quand l’administrateur pro tempore de la corporation domestique vient à manquer, les institutions communautaires, religieuses et souveraines développent des méthodes de commissionnement, de protection et de tutelle confiée à une sorte de curateur de faillite, destinées à gérer et honorer les obligations envers des tiers. L’ordre social entier serait en réalité miné si la confiance dans la solvabilité des institutions familiales, comme noyau de la production et de la reproduction sociale, était affaiblie. Ces dispositifs de tutelle, en outre, ont toujours un double mérite : d’une part, ils représentent des mécanismes fonctionnels de contrôle social et d’intervention des entités supérieures (laïques et ecclésiastiques) dans les dynamiques internes aux corps ; de l’autre, ils offrent à ces derniers de précieux instruments pour revendiquer des droits et répondre aux risques de faillite.

La journée d’étude se propose d’analyser justement ces dispositifs de tutelle et les institutions préposées à affronter le problème de la faillite de l’institution domestique, en focalisant l’attention sur le moment de la transmission intergénérationnelle des biens, droits et obligations. Elle se propose en particulier de concentrer l’attention sur la gestion de ce que l’on appelle les héritages jacents (les patrimoines qui restent temporairement sans propriétaire en attendant que l’héritier légitime en revendique la possession) et les héritages ou biens vacants (les patrimoines restés sans propriétaire par l’extinction des lignées de succession). Les processus dont on a restitué plus haut les logiques de l’articulation à partir de terrains ibériques et latins paraissent ne pas être spécifiques à ces seuls espaces géo-historiques. Au contraire, l’hypothèse de base qui est soumise à discussion est que différentes sociétés, dans le temps et l’espace, ont dû affronter un même problème : garantir qu’aucun patrimoine ne reste sans propriétaire afin d’assurer l’accomplissement des obligations réciproques et de protéger les relations sociales et économiques (par exemple à travers le paiement des dettes et des crédits aussi bien séculiers que spirituels, matériels que symboliques, ainsi que l’exécution des obligations fiscales ou cérémonielles, etc. ).

Ainsi, il est proposé de réfléchir autour de quelques thèmes généraux propices à générer une réflexion comparative. Une série (qui ne doit certainement pas être exhaustive) de questions pourrait être résumée comme suit.

En premier lieu, à qui sont les biens qui restent sans héritiers, ceux qui dans la terminologie du droit romain sont définis comme les biens « vacants » ? Qui est, en d’autres termes, l’héritier en dernière instance de tels biens ? Qui agit en tant qu’exécuteur testamentaire des familles qui risquent l’extinction ou qui s’éteignent ? A travers quelles institutions ces personnes interviennent-elles, et comment sont administrés les biens qui restent également temporairement « vacants », comme par exemple justement dans le cas d’un héritage jacent ? Quel rôle jouent les domaines coloniaux de la première époque moderne dans la création de nouvelles institutions et dans l’évolution de celles d’origine médiévale ?

Dans un second temps, comme sont protégés les droits des héritiers absents, ou incapables, pour maintenir les liens sociaux ? Quels institutions et instruments de tutelle sont mis en œuvre par les entités supérieures pour prendre soin de ces droits et de ces patrimoines ? Comme sont identifiés les héritiers légitimes et comment sont recueillies les informations les concernant ? De quels dispositifs et institutions les héritiers absents peuvent-ils user pour protéger leurs propres droits et biens précaires ? Comme sont protégés, en outre, les droits des « personnes » qui à cause de leur nature « immatérielle » (les âmes des défunts, les legs pieux, etc.) ont besoin de la nomination perpétuelle d’un curateur et d’un administrateur « matériel » ?

En troisième lieu, quelles sont les techniques adoptées pour légitimer de telles appropriations ? Quel usage est fait des biens restés vacants quand ils sont attribués à l’entité souveraine ou à la communauté ? Quel rôle jouent ces biens et ces pratiques dans la création et la perpétuation des appartenances locales et supra-locales ? Comment sont redistribuées et gérées les obligations des maisons envers les entités auxquelles elles sont liées par des mécanismes de responsabilité solidaire, et envers la société dans son ensemble ?

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

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Genealogy and Social Status in the Enlightenment  Rationalité généalogique et statut social au temps des Lumières

Genealogy and Social Status in the Enlightenment Rationalité généalogique et statut social au temps des Lumières

12 et 13 janvier - Colloque international

Présentation

Le siècle des Lumières a été décrit à juste titre comme hostile à la culture de la lignée et du lignage de l’époque moderne. Célébrant leur époque comme étant l'âge de la modernité et du progrès, beaucoup de contemporains, y compris de nombreux nobles, ont salué la nécessité de construire des hiérarchies sociales fondées sur le mérite et la conscience citoyenne plutôt que sur la naissance et la tradition. Il s’agissait en somme de poser, de manière “moderne”, le vieux débat médiéval et renaissant opposant le mérite personnel au mérite hérité. On aurait remis alors également en cause la valeur historique des récits de famille, pratique sociale constituant un puissant ciment identitaire mais désormais décriée. Dans cette optique, il était évident que l'idée de la « grande chaîne des êtres » ou celle du sang aristocratique ne respectaient aucun principe rationnel.

Toutefois, des études récentes ont remis en question cette distinction postulée entre des cours pétries de préoccupations lignagères d’une part et des salons « égalitaires » de l’autre. Que ce soit implicitement ou de manière plus ouverte, les distinctions reposant sur la naissance jouaient en effet encore un rôle essentiel au temps des Lumières. Légendes familiales, confections d’arbres généalogiques ou, de manière plus pragmatiques, construction de la parenté et mises en scènes de la commune appartenance familiale dans diverses situations de la vie sociale, continuent d’être des outils mobilisés par les acteurs sociaux, qu’ils soient nobles ou non. Cette persistance du référent généalogique est également manifeste dans d’autres domaines. Ainsi, si la question de l’innéisme quitte en partie la pensée politique, elle gagne largement celle des naturalistes. Opposées à l'assignation européenne des Américains à un milieu naturel, les élites créoles des colonies tenaient par exemple à illustrer et à expliciter les liens généalogiques qu’elles entretenaient avec leur mère-patrie grâce à un ensemble de comportements et de tactiques. Les discussions scientifiques riches et contradictoires sur la distinction entre l'humain et l'animal étaient quant à elles très influencées par l'héritage d'innombrables publications sur la lignée, la race et le lignage. Les premières compilations de pedigrees équins sont ainsi apparues en même temps que le rassemblement de manuscrits privés ou de chroniques locales dans des compilations familiales plus vastes telles que Les Peerages et les Baronetages, les nobiliaires français ou l’Almanach de Gotha (1763). Le rôle descriptif ou performatif de ces pratiques demande sans doute à être interrogé.

Il est important enfin de constater que les historiens ont cessé d'opposer le stéréotype de la famille nucléaire égalitaire aimante à celui de la famille aristocratique étendue, froide et calculatrice. L'idée n’est pas de remplacer le paradigme de Lumières progressistes par celui d’un Ancien Régime rétrograde et résilient, mais plutôt de reposer cette question sous l’angle de la pénétration différentielle (dans le temps) de la matrice généalogique dans différentes pratiques sociales et dans les divers champs du savoir : de la philosophie politique, où elle sert à dire l’ordre des choses, cette matrice semble informer par la suite, tour à tour, le domaine des sciences de la nature, ainsi que ceux de la biologie et de l’anthropologie naissantes. Puisque l’hypothétique refus par les hommes Lumières du recours au lignage et à l’origine comme colonne vertébrale de l’ordre social ne semble pas être le critère permettant de séparer Ancien Régime et modernité, la question dès lors serait : quelles transformations a subies, dans l’espace temporel qui va de Fénelon à Kant, cette forme particulière de connaissance qu’est la raison généalogique? Quels sont les usages qu’en font les différents acteurs sociaux ?

Orgaisateurs : Stéphane Jettot (MFO et Jean-paul Zuñiga (EHESS-CRH)

 

Programme

 

Lieu

Maison Française d'Oxford
2-10 Norham Rd,
Oxford OX2 6SE
Royaume-Uni

La raison du peuple. Un héritage de la Révolution française (1789-1848)

La raison du peuple. Un héritage de la Révolution française (1789-1848)

Lundi 16 janvier de 14h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Les prochaines Rencontres du GEHM  débattront autour du récent ouvrage de Frédéric Brahami, La raison du peuple. Un héritage de la révolution. En partant du traumatisme provoqué par la Révolution française, dont il suit les effets jusqu'au milieu du XIXe siècle, cet ouvrage fait la généalogie de notre situation actuelle, où se nouent en un dispositif qui n’a rien d’accidentel la disparition silencieuse du politique et l’impuissance bruyante de la critique. À travers la redécouverte de la tradition sociale française du XIXe siècle, si étrangement ignorée, La Raison du Peuple raconte la naissance de la nouvelle science politique, dont la connaissance des lois de la société avait pour but de donner son sens effectif à la promesse d’autonomie.

 

Lieu

EHESS (salle B du Conseil)
190, avenue de FRance
75013 Paris

Le genre en histoire

Le genre en histoire

Jeudi 24 février de 9h-13h - Demi Journée d'étude

Présentation

Cette rencontre doctorale, organisée par Laura Cayrol Bernardo (Doctorante EHESS, Université d'Oviedo), Nassima Mekaoui (Doctorante, EHESS/IRMC), Marion Philip (Doctorante, Paris IV/EHESS) et Laura Tatoueix (Doctorante, Université de Rouen),  est née de la volonté de créer un espace de dialogue entre doctorant·e·s en histoire du genre, suite à la création du groupe « histoire du genre » au sein du CRH. Destinée à devenir un rendez-vous annuel, cette demi-journée est conçue comme un atelier où chaque participant.e vient présenter ses sources, ses méthodes et ses hypothèses de travail.
Cette première rencontre s’articulera autour des travaux de quatre doctorantes. Laura Cayrol Bernardo présentera d’abord ses travaux portant sur les représentations genrées de la vieillesse à la fin du Moyen Âge et particulièrement de la vieillesse féminine. Puis les trois communications suivantes porteront sur un aspect plus spécifique et plus récent de l’histoire du genre, la construction des masculinités. Marion Philip interrogera les représentations à l’œuvre autour de la sexualité masculine dans les sources judiciaires de l’époque moderne, à travers l’étude d’un procès pour impuissance en 1736. Laura Balzer interviendra ensuite sur la question des identités masculines des soldats au XVIIIe siècle. La présentation de Nassima Mekaoui portera sur les projets migratoires des domestiques masculins métropolitains accompagnant les familles de cultivateurs en Algérie dans les années 1850, et les spécificités genrées de ces migrations.

Illustration : Abraham Bosse, La Femme battant son mari, v. 1633, Eau-forte, avec quelques rehauts de burin, 20,9 x 30,0 cm, Paris, B.N.F. (estampes et photographies)

 

Programme

Lieu

EHESS (Salle A du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

Document(s) à télécharger

De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est. Expériences impériales au tournant du 20e siècle

De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est. Expériences impériales au tournant du 20e siècle

Jeudi 16 février de 13h-18h - 2e Mini atelier Labex Tepsis

Présentation

Cet atelier, porté par Morgane Labbé (EHESS-CRH-ESOPP) et coorganisé avec Fabio Giomi (CNRS-CETOBAC), réunit un groupe de chercheurs, post-doctorants et doctorants qui discuteront à partir des cas particuliers qu’ils ont étudiés dans les espaces impériaux européens (russe, autrichien et ottoman), des liens entre activités philanthropiques, réforme sociale et leur héritage dans les régimes de protection sociale des États nationaux successeurs. Séparant la genèse des systèmes de protection sociale de l’avènement des États nationaux il propose d’en suivre les prémices dans le sillage de la réforme sociale à travers une Europe aux réalités impériales complexes où les initiatives réformistes y trouvèrent des impulsions diverses entre autonomies municipales, fondations philanthropiques, mobilisations nationalistes et essor des sciences sociales dans des connexions internationales. Ces terrains centre-européens seront aussi appréhendés à partir des renouvellements d’une histoire de la protection sociale qui a mis en lumière la pluralité des modes et déclinaisons des régimes assurantiels et d’assistance à d’autres échelles que l’État, que ce soit celles des municipalités, des entreprises, ou des sociétés philanthropiques ou encore des organismes internationaux. L’objectif de cet atelier est d’ouvrir des voies conceptuelles nouvelles pour une histoire comparée et transnationale de la protection sociale. Cet atelier se découpera en quatre sessions, dont la deuxième abordera le thème de :

2e session : Enquêtes, techniques, et savoirs empiriques de la protection

Cette session portera sur les dimensions techniques et savantes de la protection, et sera attentive à restituer l’éventail de leur diversité -opérations administratives (enregistrements, comptabilités) enquêtes médicales et sociologiques, et autres écritures sociales associées aux activités philanthropiques et de redistribution. La question des rapports entre les activités philanthropiques, les courants réformateurs et la gestation des sciences sociales au tournant du siècle, sera également centrale, de même celle de la circulation et réception des modèles étrangers (monographie leplaysienne, enquêtes berlinoises sur les budgets ouvriers, etc.), objet de réappropriations multiples.

  • Matyas ERDELYI (CEU Budapest/CEFRES Prague) : Les statistiques et la réforme urbaine au tournant du siècle dans la Monarchie des Habsbourg (Budapest, Prague)

  • Morgane LABBÉ (EHESS, Paris) : Le « Bureau du travail social » de Varsovie : laboratoire des enquêtes sociales polonaises au début du 20e siècle

  • Natan MEIR (Univ. Portland/The Cullman Center for Scholars and Writers at the New York Public Library) :  Solving the Problems of/at the Margins: Old and New Attitudes Towards the Outcasts of Russian-Polish Jewry

  • Martine MESPOULET (Univ. Nantes) : L’enthousiasme statistique des réformateurs des zemstva en Russie à la fin du 19e siècle : Arpenter les campagnes, enquêter dans les fabriques

 

Programme général

 

Lieu

EHESS (Salle 1)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Se droguer pour le plaisir

Se droguer pour le plaisir

Jeudi 9 février de 17h-20h - Demi journée d'étude

Présentation

Se droguer pour le plaisir paraît être une évidence parmi les autres motivations (stimulantes, sédatives, psychédéliques) poussant à la consommation de psychotropes. Pourtant si de plus en plus de pays ont légalisé l’usage du cannabis thérapeutique et certains ont admis son usage récréatif, le droit de consommer une drogue pour en tirer du plaisir a encore du mal à être accepté par nos sociétés. Comme si le tabou qui avait pesé pendant des siècles sur les plaisirs sexuels, l’homosexualité en particulier, était aujourd’hui calqué sur les dites drogues. 

Pour cette séance nous accueillons Sandro Cattacin, sociologue, professeur à l’Université de Genève, directeur de l’Institut de Recherches sociologiques, membre d’Addictions Suisse.

Sandro Cattacin a étudié l’histoire économique, les sciences politiques et la philosophie à l’université de Zurich. En 1992, il obtient un doctorat de sciences politiques et sociales à l’université de Florence. Il enseigne à l’étranger (Italie et Ecosse) avant d’obtenir un poste de professeur de sociologie à l’université de Genève où il dispense des cours sur les politiques sociales, l’histoire de la pensée sociale et les méthodes d’évaluation des politiques publiques. Ses recherches portent principalement sur les politiques sanitaires et sociales liées aux drogues et aux addictions, l’urbanisme, les migrants et la santé en contexte de migration.

Bibliographie choisie de Sandro Cattacin sur les drogues:

  • DOMENIG, Dagmar, CATTACIN, Sandro, « Les drogues sont-elles dangereuses? Estimations de la dangerosité des substances psychoactives », Sociograph - Sociological Research, N°22b. Genève : Université de Genève, 2015.
  • PHILIBERT, Anne, CATTACIN, Sandro, « Un lieu pour penser l’addiction. Évaluation de l’Académie des Dépendances », Sociograph - Sociological Research, N°18th ed. Genève : Université de Genève, 2015.
  • LUCAS, Barbara, CATTACIN, Sandro, « Politique en matière de drogue : une analyse relationnelle », Déviance et Société, 1999, vol. 23, n° 2, p. 149-164.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris
 

Ecriture et action. Une enquête collective du GRIHL

Ecriture et action. Une enquête collective du GRIHL

Lundi 27 février de 14h30-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

Ce livre est le fruit d’un travail collectif qui est aussi une expérience d’écriture partagée, à plusieurs mains, au sein du Grhil. Partant de textes de natures très différentes, il s’interroge sur l’action d’écrire, mais aussi sur l’action des écrits, en déplaçant le regard de la lecture au geste même de l’écriture. Celui-ci ne se limite pas aux intentions de l'auteur, exprimées ou non. Il prend place dans un tissu d'autres actions qu'il modifie et qui l'infléchissent. L’analyse porte sur de nombreux cas, rassemblés autour de problèmes centraux pour la compréhension de l'écriture comme action : l'écriture dans l'événement ("Dans l'événement"), l'écriture comme seule ressource dans des situations de contrainte extrême ("Enfermement"), la propagande ("Écrits de Versailles"), la théorisation politique ("Retz"), l'engagement ("Au XIXe siècle, l'engagement?"), l'agency ("Obéissances"), la rhétorique ("Scènes").
L'introduction, en forme de manifeste, comme les différents aspects abordés dans ce livre, permettent de réfléchir sur les apports d’une réflexion sur la singularité de l'action par écrit pour toute pensée sur l'action. Nicolas Schapira (Université Paris Ouest-Nanterre/La défense) et Judith Lyon-Caen (GRIHL), reviendront sur l’expérience et les apports d’une telle approche, laquelle sera également discutée par Jean-Christophe Abramovici  (Université Paris-Sorbonne), Simona Cerutti (LaDéHiS) et Marion Carel (CRAL). La séance sera animée par Fanny Cosandey (RHISOP-LaDéHiS).

Lieu

EHESS (Salle Jean-Pierre Vernant)
190, avenue de France
75013 Paris

Autour du livre Années de rêves et de plomb. Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)

Autour du livre Années de rêves et de plomb. Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)

Lundi 20 février de 16h30-18h30 - Table ronde

Présentation

En 1979, après la mort accidentelle de trois activistes du groupe Autonomie ouvrière, dans la région de Vicence (Italie du nord), un grand coup de filet policier s’abat sur ses membres. Cette répression leur sera aussi fatale que les divisions internes qui émergent alors, dans les différents groupes armés, entre « repentis » et puristes.
Comment en est-on arrivés là ? Revenant sur la longue tradition de contestation ouvrière de Vicence, les mouvements amorcés en 1968 et l’influence du Chili de Pinochet sur la militarisation des groupes socialistes, ce livre insiste sur la continuité des luttes entre les années 1960 et les années 1970 : « Il n’y a pas une bonne et une mauvaise jeunesse, c’est la même, à des moments et dans des circonstances différentes. »
Des rapports entretenus avec les Brigades rouges aux moyens d’action concrets –  « autoréductions », sabotage de machines, création de comités ouvriers et étudiants ou blocage d’usines –, des limites de la lutte armée au rôle des intellectuels dans le militantisme, cet hommage à des camarades revendique la légitimité de se souvenir et la nécessité de perpétuer un combat pour un monde plus juste.

Débattront autour de cet ouvrage, en présence de l'auteur Alessandro Stella :

  • Michèle Riot-Sarcey, historienne, professeure à Pais 8

  • Maurizio Gribaudi, historien, DE à l'EHESS

  • Monica Lanzoni, historienne, doctorante à l'EHESS

  • Marc Lazar, politologue, professeur à Sciences Po

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Autour de l'ouvrage de Thomas Hirsch, Le temps des sociétés. D'Émile Durkheim à Marc Bloch

Autour de l'ouvrage de Thomas Hirsch, Le temps des sociétés. D'Émile Durkheim à Marc Bloch

Lundi 20 février de 14h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Entre le temps objectif et mesurable de la physique et les vibrations du temps de la conscience intérieure, il est un temps « social », un ensemble de représentations collectives qui informent le rapport au temps des individus. Cet ouvrage retrace le parcours et les transformations de cette idée formulée pour la première fois au tournant du xxe siècle et qui jalonne les projets fondateurs des sciences sociales en France entre 1901 et 1945.

De l’étude des Aruntas d’Australie de la fin du xixe siècle à celle de la société féodale occidentale, de la Chine ancienne à l’Empire aztèque, de la « mentalité primitive » à la mémoire individuelle, les recherches sur les expériences sociales du temps permettent d’interroger à nouveaux frais l’essor des sciences sociales, car attribuer un temps aux sociétés revient à faire du social le mode d’explication des hommes et de l’histoire. Entre philosophie, sociologie, psychologie, ethnologie et histoire, cette enquête espère contribuer à renouveler le regard porté sur quelques-unes de ses grandes figures : Émile Durkheim, Marcel Mauss, Lucien Lévy-Bruhl, Maurice Halbwachs, Marcel Granet, Lucien Febvre et Marc Bloch.

 

Lieu

EHESS (Salle B du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

L'aluminium, les vaccins et les 2 lapins

L'aluminium, les vaccins et les 2 lapins

Dimanche 12 février à 11h - Projection du documentaire

Présentation

Un film documentaire de Marie-Ange POYET
90 mn – 2016 – VOSTFR
Coproduit par Entre2Prises et E3M

Ce film illustre de façon magistrale la façon dont l'industrie pharmaceutique et une partie des acteurs de la médecine en France bloquent toute remise en cause des adjuvants vaccinaux, malgré les évidences de toxicité. Le sujet n'est pas nouveau et Marie-France Poyet a donné une place à l'histoire des controverses liées à l'aluminium en interrogeant Florence Hachez-Leroy, dont l´HDR, soutenue à l'EHESS, était consacré à ce sujet.

 

La projection sera suivie d'un débat en présence du Professeur Romain Gherardi qui, à l'hôpital Henri Mondor de Créteil, mène la recherche sur les dangers de l'adjuvant aluminium dans les vaccins, et de Didier Lambert, le président de l'association d'entraide aux malades, E3M.

 

Dossier de Presse

 

Lieu

MK2 Beaubourg
50, Rue Rambuteau
75003 Paris

Zonages. Une histoire comparée des périmètres de protection, d’exclusion et de développement (18e-20e siècles)

Zonages. Une histoire comparée des périmètres de protection, d’exclusion et de développement (18e-20e siècles)

16 et 17 mars - Colloque

Présentation

Ce colloque est organisé par Frédéric Graber, soutenu par l’ANR Govenpro et hébergé par le Centre de recherches historiques.

Nous vivons dans un monde de zones, de parcs naturels, de zones d’intérêt écologique, de zones d’activité commerciale ou industrielle, de zone d’aménagement, d’abords de monuments historiques, etc. Ces périmètres spéciaux prétendent conserver des objets, des êtres ou des espaces patrimonialisés, naturels ou bâtis, protéger les personnes et les propriétés contre des activités perçues comme dangereuses ou désagréables, garantir l’accès (rivages, marche-pieds) ou au contraire l’interdire (zones protégées ou contaminées), mais aussi développer, promouvoir certaines activités en leur offrant un lieu et un cadre d’exception (zone franche), parfois en reportant dans un espace limité ce qu’on a interdit ailleurs.

Ces multiples périmètres sont souvent considérés comme des phénomènes récents, remontant au mieux à la dernière guerre, alors que le terme même de « zone » migre du vocabulaire climatique vers le vocabulaire militaire dans les années 1790 (zones de frontière et zones de servitude autour des places fortes). Le droit de l’Ancien Régime est d’ailleurs déjà fortement marqué par la localisation différenciée des activités – territoires affranchis des corporations, espaces dédiés aux activités insalubres, etc. Que ce soit dans le droit romain ou dans la common law, l’idée que l’on peut délimiter un périmètre pour l’attribuer à une activité spécifique, y restreindre les usages, et plus généralement y créer des droits différents – dérogeant au droit commun – a une longue histoire. Par ailleurs, la plupart de ces périmètres sont saisis dans des historiographies différentes qui ne discutent guère entre elles (les parcs naturels, les abords des monuments historiques, les zones d’interdiction de la publicité, etc.), alors que les outils législatifs et administratifs présentent des régularités assez frappantes. Enfin le zonage est surtout considéré comme un phénomène urbain, caractéristique des politiques de la ville – le terme zoning est réservé dans l’historiographie américaine à l’urbanisme alors qu’on emploie le plus général land use regulation pour les contextes ruraux, comme si les deux phénomènes n’étaient pas liés.

Ce colloque entend réunir des chercheurs travaillant sur l’un au moins de ces outils du zonage – c’est-à-dire toutes les pratiques qui délimitent des périmètres de droits spécifiques, au-delà du terme de zone – afin de les comparer dans la longue durée, du 18e au 20e siècle. Il s’agit surtout de s’intéresser aux dimensions procédurales du zonage : quelles institutions, quels acteurs, procèdent au zonage, via quelles formalités, avec quelles résistances ? En quoi consiste ce zonage, quels droits cherche-t-on à modifier, comment le justifie-t-on ?

On s’intéressera tout d’abord à la manière dont les périmètres sont définis. S’agit-il de délimiter un objet présenté comme naturel – un marais, une forêt, etc. – dans lequel les droits sont reconfigurés ? Qualifier un terrain de marais, c’est donner la possibilité à des entrepreneurs de se l’approprier. Qualifier un terrain de forêt, c’est restreindre les usages possibles dans cet espace. S’agit-il, au contraire, d’étendre l’objet visé par le zonage en l’augmentant d’une distance donnée, d’un rayon ? Ainsi les abords des monuments historiques ou les limites d’approches des exploitations souterraines, mines et carrières. On tentera ici de comparer des débats visant à maintenir des rayons fixes, ou à laisser à l’administration un degré de liberté dans la définition ou l’adaptation au contexte de ces rayons. On s’intéressera à ce qui justifie l’adoption d’un rayon plutôt qu’un autre. Lorsqu’on ne prétend pas couvrir un objet « naturel » ou étendre par rayon la protection ou la concentration, comment justifie-t-on la définition d’un périmètre d’exception arbitraire – ce qui est le cas tant des projets d’infrastructure (la route pourrait passer ailleurs, la zone d’activité s’arrêter un peu plus près ou plus loin) que des projets de classement de toutes sortes (routes, parcs naturels, etc.)

On s’intéressera également à la nature des droits qui sont modifiés par le zonage, et à l’écart possible entre les justifications et les résultats. S’agit-il de permettre une réappropriation, un transfert de propriété ? S’agit-il d’imposer des servitudes, de passage, d’entretien, etc., de restreindre les droits d’usage, d’orienter les pratiques et les activités ? S’agit-il de garantir ou d’augmenter la valeur immobilière ? Comment la protection s’articule-t-elle avec l’exclusion ? L’histoire environnementale a bien montré que la protection des espaces naturels passe par leur redéfinition en profondeur, et en particulier par l’exclusion d’un grand nombre de personnes et d’activités qui avaient façonné ces espaces et avaient sur eux des droits anciens. De même qu’il y a eu des « réfugiés de la conservation », peut-on dire qu’il y a eu des « réfugiés du zonage » ? Dans quelle mesure le zonage est-il cumulatif : est-ce que l’on zone d’autant plus un espace qu’il a déjà été l’objet de mesures similaires ? Est-ce que le zonage accumule d’un côté les privilèges et les protections et de l’autre les pauvretés, les marginalités ? On peut aussi se demander comment la protection, la patrimonialisation, s’articule avec le développement : qui protège-t-on, qui exclue-t-on, pour favoriser quel type de développement ? En réunissant des chercheurs travaillant sur des types de zonage très différents, on pourrait se demander si la protection d’un patrimoine naturel ou bâti fonctionne d’une manière si différente des restrictions ou encouragements qui entourent diverses activités industrielles ou commerciales, ou des politiques de concentration des nuisances (quartiers réservés).

Enfin, on s’intéressera très précisément aux outils administratifs et législatifs mis en œuvre dans chaque type de zonage : comment procède-t-on au zonage ? Un règlement suffit-il, faut-il exproprier, faire passer une loi, ou le zonage opère-t-il au contraire hors de tout cadre officiel ? Il faut, en effet, s’interroger, au-delà des actions des autorités, sur la capacité des acteurs à produire des zonages de facto, c’est-à-dire des exclusions ou des concentrations d’activités ou de personnes dans des périmètres donnés. Ainsi, par exemple, les banlieues blanches états-uniennes d’après-guerre qui se préservent, via les professionnels de l’immobilier, contre la mixité raciale.

 

Programme

 

Lieu

Cité universitaire
Collège d'Espagne
7E, boulevard Jourdan
75014 Paris

Document(s) à télécharger

Marc Bloch et l'école des Annales

Marc Bloch et l'école des Annales

Jeudi 9 mars de 15h-17h - Conférence

Présentation

A la demande d’une professeure d’histoire du lycée Déodat de Séverac  dans la région de Toulouse qui souhaite rendre visite à L’EHESS avec 50 élèves, dans le cadre d’un voyage scolaire à Paris, pour mettre ceux-ci en contact avec des historiens de l’école des Annales, André Burguière leur fera un exposé sur la figure de Marc Bloch. Il insistera sur les trois aspects qui soulignent le mieux  son apport intellectuel et civique :

1) le renouvellement de notre vision du Moyen Âge par l’étude des rapports magiques au souverain (Les Rois thaumaturges), d’un modèle social inédit  où les formes de dépendance sont inscrites dans les relations personnelles (La société féodale) et par l’étude également de la Révolution agraire qui a fait naître ente le XI° et le XIII° siècle une nouvelle civilisation paysanne. (Les caractères originaux de l’histoire rurale française)

2) l’attachement à une conception scientifique de la connaissance historique, appuyée sur les sciences sociales. Il  s’est efforcé de la populariser  en créant avec Lucien Febvre la revue des Annales.

3) Un patriotisme républicain, étroitement lié au rôle politique qu’il attribue au travail historique, manifesté par son engagement militaire durant la première guerre mondiale et par son engagement dans la Résistance jusqu’au sacrifice de sa vie, après  L’étrange défaite  de 1940  à la quelle il se résignait pas.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard raspail
75006 Paris

Qu’est-ce qu’un monument ? Esquisse d’une épistémologie des sources non écrites au XVIIIe siècle

Qu’est-ce qu’un monument ? Esquisse d’une épistémologie des sources non écrites au XVIIIe siècle

Lundi 20 mars de 14h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

La séance portera sur l’épistémologie de l’histoire au XVIIIe siècle, reconsidérée d’un point de vue inattendu, à savoir l’analyse du « monument » comme source d’informations sur le passé. A partir de sa polysémie et de changements de sa signification tout au long du XVIIIe siècle, Lisa Regazzoni (Goethe Universität) abordera les différentes fonctions gnoséologiques du « monument », les méthodes comparatives utilisées pour en tirer de nouvelles connaissances historiques et ses mises en récit. Dans ce contexte général, nous nous concentrerons sur les « monuments gaulois » qui jouèrent un rôle majeur dans la construction du passé gaulois en raison de l’absence de sources écrites autochtones. En effet, l’émergence des passés nationaux préromains déclencha une véritable chasse aux sources non écrites qui se répercutera sur la façon de penser et d’écrire l’histoire.

Lieu

EHESS (Salle Jean-Pierre Vernant)
190, avenue de France
75013 Paris

Bordering Humanity

Bordering Humanity

Mardi 14 mars de 9h-16h - Journée d'étude

Présentation

Organized by Bruce Buchan (Griffith University), Linda Andersson Burnett (Linnaeus University), Silvia Sebastiani (EHESS)

Where did humanity begin, and where did it end, in the era of Enlightenment? Europe’s Enlightenment is still celebrated for its ‘invention’ of universal humanity, while its colonial legacies continue to reverberate across the globe. The purpose of this symposium is to bring together an interdisciplinary array of scholars whose work explores the visual, conceptual, historical, and geographical boundaries and borders of humanity in this dynamic era of global intellectual history.

Our presentations will seek to explain how Enlightenment humanity accommodated universal aspirations alongside internal limitations that:

  • Differentiated between humans and non-humans;
  • Denied the humanity of colonised peoples;
  • Distinguished between human races and nations;
  • Depicted human diversity in ethnographies of ‘savagery’, ‘barbarism’ or ‘animality’.

Focusing on the ‘borders of humanity’ allows us to trace the definitional limits of European concepts of humanity. These limits were mapped by locating a series of borders and boundaries – between peoples and tribes, men and women, nations and states, between humans and the ‘animal kingdom’, and between supposedly civil and savage realms. The presentations will illuminate how these borders were conceptualised in diverse intellectual contexts – in European intellectual centres, in published texts by leading intellectuals, in correspondence, in colonial settings, and in engagements between European and non-European agents.

The ‘borders of humanity’ is a methodological frame that holds the fluidity and dynamism of Enlightenment conceptions of the human firmly in view. Enlightenment discourse on humanity developed through an eclectic aggregation of ideas drawn from multiple traditions of thought. To uncover these layers of thought and colonial experience, our symposium seeks to open discussion of an extensive body of primary European and colonial texts charting the complicated cycles and networks of natural historical and moral philosophical knowledge in the eighteenth century.

 

Programme

9h-9h.10: Introduction

9h.10-9h.50: Silvia Sebastiani (EHESS), A ‘Monster’ in London: Edward Tyson’s Orangutan

9h.50-10h.30: Linda Andersson Burnett (Linnaeus University), Mapping Borders and Difference: Race and Instructed Travel in the Enlightenment

10h.30-11h.10: Charlotte Guichard (CNRS, IHMC),Framing Antiquity, Bordering the Human Past: Joseph Pellerin's Chinese coin cabinet

11h.10-11h.30:  Coffee break

11h.30-12h10: Antoine Lilti (EHESS), ‘Not a proper sample’? Tahitians in Europe (1769-1776)

12h.10-12h.50: Bruce Buchan(Griffith University, Professeur invité à l’EHESS), Racing Humanity: Moral Philosophy and Colonial Travel 1775-1800

13h-14h: Lunch

14h-14h.40: Guido Abbattista (Università di Trieste, Professeur invité à l’EHESS), Moving West Bodies from the Borders of Humanity: the 18th century origins of human exhibitions

14h.40-15h.20: Jean-Luc Chappey (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), For a political approach of the Savage in 1800

15h.20-16h: Debate

 

Lieu

De 9h à 13h

EHESS (Salle A du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

De 14h à 17h

EHESS ( Salle Jean-Pïerre Vernant)
190, avenue de France
75013 Paris

De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est. Expériences impériales au tournant du 20e siècle

De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est. Expériences impériales au tournant du 20e siècle

Vendredi 31 mars de 13h-18h - 3e Mini atelier Labex Tepsis

Présentation

3e session :  Du philanthrope au fonctionnaire : circulations et trajectoires transnationales

Dans les sociétés post-impériales la question de la filiation philanthropique des nouveaux systèmes de protection sociale prit une acuité particulière avec l’émergence de l’État national qui redéfinit les règles d’inclusion et d’exclusion de la protection. La session abordera ce processus en suivant les transmissions, trajectoires et circulations qui se nouèrent autour de la Première guerre mondiale. Parallèlement on s’intéressera aux autres voies suivies par les réseaux philanthropiques, notamment leur extension transnationale, que ce soit dans les espaces des nouvelles organisations comme l’Organisation Internationale du Travail (OIT), ou dans les fondations américaines (Rockefeller, Joint Distribution Committee, etc.).

  • Heike KARGE (Univ. Regensburg) : From Warfare to Welfare : The erratic institutionalization of Psychiatry in post WWI-Yugoslavia

  • Katharina KREUDER-SONNEN (Univ. Siegen) : Loyal to Science, Tsar or Polish Nation ? The transnational lives of Polish scientists and epidemiologists

  • Ondrej MATEJKA (Univ. Prague) : L’intégration sociale des jeunes hommes par la YMCA nord-américaine dans la Tchécoslovaquie des années 1920​: la réappropriation d’un modèle éducatif transnational

  • Véronique STENGER (Univ. Genève) : Internationalisation de la protection sociale et trajectoires biographiques : l'Europe centrale et l'OIT (1919-1939)

 

Programme complet

 

Lieu

EHESS (Salle 5)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Vivre et travailler avec les drogues

Vivre et travailler avec les drogues

Jeudi 9 mars de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

  • Marie Ngo Nguene, sociologue, doctorante Paris 10 Nanterre  : « Drogues et travail chez les ouvriers du bâtiment et de la restauration à Paris »

  • Astrid Fontaine, sociologue : « Drogues et travail. Des travailleurs qui se droguent ou des usagers qui travaillent ? »

Discutant : Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien, président de la Fédération Addiction

 

La culture européenne a intégré pendant des siècles qu’on vivait et qu’on travaillait avec l’alcool, le vin en particulier. « Le vin aide à tenir le coup, ça donne des forces et ça fait supporter l’effort », qu’on disait. Au point que jusqu’à une époque récente, surtout dans les régions viticoles, le vin faisait partie de la paie des travailleurs. Comme la coca pour les mineurs des Andes.

Avec l’arrivée et la diffusion massive, depuis cinquante ans, des drogues venues d’ailleurs (cocaïne, cannabis, héroïne), les Occidentaux ont appris à vivre et travailler avec les drogues. Si des enquêtes socio-sanitaires, conduites sur des usagers problématiques, pointent le décrochage scolaire, l’absentéisme au travail, ou la lente pente vers la déchéance physique et psychique provoquée par la consommation de psychotropes, d’autres études montrent que des usagers ne passant pas par des centres de soins arrivent à gérer leur consommation, être productifs, s’occuper de sa famille, avoir une vie normale. Chez des travailleurs du bâtiment ou de la restauration, dans le monde des arts et des spectacles, comme finalement dans n’importe quelle secteur professionnel, l’usage de psychotropes fait désormais partie intégrante du paysage.

Doit-on s’en émouvoir, doit-on les condamner, doit-on réguler, encadrer ou tolérer ces pratiques comportementales en soi interdites ? En tout cas, qu’on le veuille ou non, le drogues et les « drogués » sont parmi nous, sont nos voisins quotidiens, et on peut se demander s’il ne faudrait pas envisager d’arrêter les hypocrisies et vivre avec.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Décoloniser le féminisme. Une approche transculturelle

Décoloniser le féminisme. Une approche transculturelle

Jeudi 9 mars de 18h-20h - Présentation-débat

Présentation

Avec le concours de l’IISMM, Jocelyne Dakhlia (Groupe sur l'Histoire du genre) organise une présentation-débat par Soumaya Mestiri, Philosophe au Département de Philosophie de l’Université de Tunis, de son livre Décoloniser le féminisme. Une approche transculturelle (Paris, Vrin, 2016).

Cet ouvrage stimulant propose notamment une critique originale et rare des féminismes musulmans non pas du point de vue d’un féminisme occidental universaliste, également critiqué, mais dans la perspective d’une démocratie transculturelle et d’un féminisme décolonial transversal, ou « féminisme de la frontière ». L’auteure y discute aussi les théories du care qu’elle déconstruit et reconstruit « au carrefour du pluriversel »

Soumaya Mestiri est également l’auteure de De l’individu au citoyen. Rawls et le problème de la personne (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2008) et de Rawls, justice et équité (PUF, 2009).

 

Lieu

EHESS - IISMM (salle de l'IISMM)
(entrée par la rue derrière pendant les travaux)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Cartographier l'environnement et la société (XVIIIe-XXIe siècle) Du gouvernement par les cartes au moment cartographique

Cartographier l'environnement et la société (XVIIIe-XXIe siècle) Du gouvernement par les cartes au moment cartographique

Jeudi 9 mars de 9h-13h - Rencontre

Présentation

Cette rencontre organisée par Alice Ingold (EHESS-CRH) et Marc Elie (CNRS-CERCEC), soutenue par le Centre de Recherches Historiques et l’ANR EcoBlogReg, dans le cadre du séminaire Histoire, sources et récits historiques dans les études environnementales, sera consacrée aux sources documentaires cartographiques et à leurs usages dans les études environnementales. Le renouvellement historiographique des études cartographiques a privilégié l’étude des cartes telles que les conçoivent et les mettent en œuvre leurs producteurs, et aussi telles que les consultent, les annotent et les utilisent diverses communautés d'usagers. C'est plus rarement que l'opération cartographique est analysée dans sa dimension temporelle et négociée. S'intéresser au « gouvernement par les cartes » s'inscrit pleinement dans une étude des instruments, des modes cognitifs et des pratiques de l'action publique.

À cette approche, où la carte est entendue comme modèle et projet de territoire, nous proposons d’ajouter une analyse du « moment cartographique » comme opération de négociation de droits, d'actions et de pratiques légitimes sur le territoire, entre les acteurs qui cartographient et les sociétés cartographiées. Plutôt que réservoir de faits ou d’informations, les documents sont envisagés comme des actions, des revendications, des mobilisations, à la fois sociale, juridique, technique et cognitive, qui contribuent à modifier la réalité dans laquelle agissent les acteurs. Dresser une carte engage des processus de légitimation croisée, qui sont autant de requêtes/prétentions sur une réalité : d’un côté affirmation de légitimité de la part des institutions qui construisent les cartes destinées à contrôler et réguler les pratiques ; mais aussi, de l’autre, volonté de reconnaissance de pratiques pour les acteurs dont les actions sont cartographiées.

 

Programme

Anna Maria Stagno (Università di Genova - Universidad del País Vasco, Espagne)
Lire les cartes à la lumière de l’archéologie: pratiques d’usage et conflits d’accès aux ressources communes en Italie (XVIIIe-XXe siècle)

Claudia Damasceno (EHESS, CRBC)
Rhétoriques cartographiques et appartenances territoriales : le cas du Minas Gerais (Brésil) au XVIIIe siècle

Jean-Pierre Le Bourhis (CNRS, CRAPE-ARENES EHESP/Université Rennes 1)
La carte comme un objet-frontière et enjeu de luttes. Conflits d'expertise et controverses locales autour de la cartographie des rivières au XXIe siècle

Discussion générale introduite par Hélène Blais (ENS, IHMC) et Alice Ingold (EHESS, CRH)

Des textes des intervenants peuvent être demandés à Alice Ingold : ingold@ehess.fr

 

Cadre général

Les rencontres s’inscrivent dans le cadre d’un programme de séminaire destiné à favoriser le dialogue entre historiens et utilisateurs de sources historiques, quelle que soit leurs intérêts scientifiques (sciences sociales, sciences de la vie et de la terre). L’objectif est aussi de créer des espaces de rencontre entre chercheurs.

L'un des objectifs prioritaires de ces matinées est de placer le débat à l'interface entre sciences environnementales et sciences sociales et de créer un espace de discussions entre chercheurs. Pour faciliter cet échange, nous proposons de tenir ces rencontres hors des murs de l'EHESS dans un lieu familier aux chercheurs en sciences environnementales.

Les rencontres sont ouvertes aux étudiants de toutes disciplines et tous niveaux à partir du master.

Le séminaire envisage les questions suivantes à partir d’un examen des sources et de leurs usages :

  • Comment penser l’historicité des expériences humaines de l’environnement ? Comment analyser le temps long des phénomènes socio-écologiques ?
  • Comment restituer les processus historiques qui président à la crise écologique, que l’intérêt/engouement pour l’anthropocène pousse à décrire sur le mode de la rupture et de l’irréversibilité ?
  • Comment faire une place aux dynamiques temporelles, jouant à diverses échelles, dans lesquelles les acteurs engagent leurs actions ?
  • Comment se saisir de documents ou d’objets produits par les acteurs pour des finalités - pratiques - différentes de celles de l’enquête du chercheur ?

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Histoires pragmatiques

Histoires pragmatiques

Vendredi 3 mars de 14h-18h30 - Journée du CRH

Présentation

Cette Journée du CRH discutera les propositions de l'ouvrage Histoires pragmatiques dirigé par Francis Chateauraynaud et par Yves Cohen, paru aux Editions de l'EHESS. Répartie en deux tables rondes, elle se tiendra en présence de la plupart des auteurs.

Les études d'histoire et d'autres sciences sociales (sociologie, philosophie) rassemblées dans ce volume couvrent des périodes et des domaines très différents. Elles se situent dans un mouvement récent de réinterrogation des pratiques à partir de la pragmatique et du pragmatisme. En assumant le pluralisme constitutif de la démarche pragmatiste, les auteurs abordent de manière expérimentale et réflexive les questions que posent l'étude des pratiques et celle des façons de les concevoir.
Le volume propose un parcours allant des pratiques qui produisent les sources à la généalogie de la pensée de l'action, des formes de l'enquête dans des univers controversés aux réinterprétations des catégories sociales par les acteurs, des actes et des actions à des phénomènes historiques à grande échelle, sans oublier les pratiques du passé réactivées comme base de la recherche.
Au-delà de leurs différentes logiques épistémiques, les contributions partagent une même préoccupation de fond : proposer des chemins d'enquête qui rompent avec les versions téléologiques ou préjugées de l'histoire. Elles explorent ce faisant des configurations qui n'enferment jamais complètement les acteurs, même lorsqu'ils opèrent dans des mondes très contraignants, qu'il s'agisse d'institutions et de normes, de structures et de groupes sociaux, de concepts temporels et de catégories cognitives. Le primat conféré à l'expérience et à son contexte ainsi que l'attention portée à leurs qualifications par les acteurs apparaissent comme des éléments communs aux différentes formes d'histoire pragmatique.

Sommaire

 

Programme

Ouverture par la direction du CRH

Introduction par Francis Chateauraynaud (GSPR-EHESS) et Yves Cohen (CRH-EHESS)

1e table ronde de 14 h 15 à 16 h 15

Histoire / sociologie / philosophie : pragmatisme et transdisciplinarité

Animateur : Étienne Anheim (Annales, HSS et CRH)

  • Marc Aymes (Cetobac-CNRS)

  • Luc Berlivet (Cermes-CNRS-Inserm)

  • Daniel Cefaï (CEMS-EHESS)

  • Françoise Daucé (Cercec-EHESS)

2e table ronde de 16h 30 à 18 h 30

Pragmatique en histoire / histoire des pratiques : diversité et portée des démarches

Animateur : Yves Cohen

  • Simona Cerutti (CRH)

  • Déborah Cohen (université de Rouen)

  • Jean-Paul Gaudillière (Cermes-CNRS-Inserm-EHESS)

  • Jacques Revel (CRH)

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Species and spectacle / Espèce et spectacle

Species and spectacle / Espèce et spectacle

Mercredi 22 mars de 9h-18h - Workshop

Présentation

Cette journée d’étude, organisée par Silvia Sebastiani (GEHM), Elizabeth Claire (Histoire du genre) et Felicia McCarren (IEA, Université Tulane), met face à face pratiques scientifiques d’observation, de classification ou d’exposition, pratiques de mises en spectacle et des performances, dans des contextes tant européens que coloniaux. Par « espèce », on entend toute appréhension de la diversité du monde animal comme végétal, parallèlement au développement de la biologie. Par « spectacle », on se réfère aux mises-en-scène des compréhensions contemporaines – médicale, industrielle, technologique et philosophique - des productions corporelles et de leur signification, mais aussi plus généralement à tout concept de performance : par exemple la spectacularisation des animaux et plantes exotiques, de peuple exotiques, de science, comme autant de spectacles.
En explorant notamment les notions historiques de contagion culturelle, de catégorisation, de consommation, de dégénérescence, d’amalgame et de mimésis, d’hybridation et d’écologie, on explorera des performances historiques parallèles et liées dans leur élaboration de la « nature » de la condition humaine. S’ouvre ainsi la question de la marchandisation de l’exotique et la proposition d’étudier comment des performances corporelles ont repris, prolongé ou résisté à la catégorisation et à la maîtrise scientifiques.

S'inscrire : http://www.paris-iea.fr/fr/evenements/espece-et-spectacle

 

Programme

 

Lieu

Institut d'études avancées
17, quai d'Anjou
75004 Paris

Document(s) à télécharger

Moyen Âge et publicité

Moyen Âge et publicité

29 mars au 31 décembre 2017 - Exposition

Présentation

L'exposition aborde deux sujets : D’une part, celle de la publicité au Moyen Âge : comment communiquer sur les événements commerciaux, les festivités, les condamnations en justice dans un monde où la majorité de la population ne sait pas lire et où les journaux n'existent pas ? D’autre part, celle de l'imagerie médiévale dans la publicité moderne : des fromages aux centrales nucléaires en passant par les produits chimiques et la mode.

 

Programme

 

Lieu

Tour Jean sans Peur
20 rue Etienne Marcel
75002 Paris

Autour de l'ouvrage de Dolf Oehler, Juin 1848. Le Spleen contre l'oubli. Baudelaire, Flaubert, Heine, Herzen, Marx

Autour de l'ouvrage de Dolf Oehler, Juin 1848. Le Spleen contre l'oubli. Baudelaire, Flaubert, Heine, Herzen, Marx

Vendredi 19 mai de 14h-18h - Rencontre

Présentation

Ce livre est une nouvelle édition, largement revue et augmentée, d'un ouvrage paru en 1996 chez Payot. Il traite du massacre des insurgés parisiens en juin 1848, en se fondant sur les textes de contemporains - entre autres, Baudelaire, Flaubert, Heine, Herzen et Marx (absent dans l'édition originale). La thèse du livre, très originale, est que les journées de juin, « péché originel de la bourgeoisie » (J.P. Sartre) sont un événement refoulé, enseveli, non seulement dans l'historiographie, mais dans les textes littéraires, « oubliées, ignorées, arrachées à leur contexte, faussement interprétées ». Les deux victimes littéraires les plus éminentes du refoulement de Juin, écrit Oehler, sont en même temps les figures les plus emblématiques de la modernité littéraire : Baudelaire, considéré aujourd'hui comme le fondateur de la poésie moderne, et Flaubert comme celui du roman moderne importance. Alors que Le Cygne de Baudelaire, comme l'Éducation sentimentale, sont des éclairages évidents de cet événement. Outre ces figures littéraires illustres, le livre montre la lecture des événements de Juin par des personnages aussi divers qu'Hippolyte Castille et Alphonse Toussenel, l'émigré russe Alexandre Herzen, l'allemand de Paris que fut Heinrich Heine, et le jeune Karl Marx qui envoie à la Nouvelle Gazette rhénane un article retentissant sur « La Révolution de Juin ». Oehler montre comment l'intensité du débat littéraire sur le traumatisme de Juin n'a cessé de croître entre 1848 et 1871 à mesure que les événements s'éloignaient, alors même que le débat politique, lui, s'estompait au contraire avec le souvenir.

Une rencontre, organisée avec le soutien du Centre de recherches historiques (CNRS-EHESS), des éditions La Fabrique et de la Société d'histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, réunira, en présence de l'auteur, Thomas Bouchet (Université de Bourgogne-Centre Georges Chevrier), Alexandre Frondizi (Sciences Po-CHSP), Emmanuel Fureix (Université Paris Est-Créteil-CRHEC), Maurizio Gribaudi (EHESS-CRH), Louis Hincker (Université de Valenciennes-CALHISTE), Judith Lyon-Caen (EHESS-CRH).

 

Lieu

EHESS (Salle 13)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Les nouvelles données sérielles dans les études environnementales

Les nouvelles données sérielles dans les études environnementales

Jeudi 11 mai de 9h-13h - Demi-journée d'étude

Présentation

Dans le cadre du séminaire Histoire, sources et récits historiques dans les études environnementales, cette deuxième matinée interrogera ce que les nouvelles données environnementales font à l’histoire et vice-versa. Des masses de données « historiques » submergent les études environnementales : produites par les sciences du système terre, ces mégadonnées, souvent caractérisées par leur aspect planétaire, entendent donner à voir des évolutions de longue durée. Elles interpellent les sciences humaines et sociales à la fois dans leurs méthodes de constitution et dans leurs usages.

Plusieurs questions s’entrecroisent ici : l’interdisciplinarité, puisque c’est la plupart du temps sur la base d’une coopération entre chercheurs des sciences humaines et chercheurs des sciences du système terre que des corpus sont constitués ; le problème de la construction en histoire de séries à partir de données sur le monde naturel produites à des fins autres que l’analyse historique. Est-il possible de constituer ces données en corpus historiques pertinents pour les recherches en sciences humaines ? De quelles opérations d’agrégation ou de modélisation ces données sont-elles issues ?

Dans les années 1980, la critique de l’usage des sources sérielles en histoire sociale avait notamment posé la question des catégories et de leur anachronisme, mais aussi celle d’une unité supposée des phénomènes sociaux observés. Dans quelle mesure les agrégations, sur lesquelles ces corpus reposent, sont-elles solidaires d’une certaine unité environnementale supposée ? Ces corpus peuvent-ils renouveler l’écriture historique et de quelles manières ? Dans quelle mesure viennent-ils en appui à des récits englobants ou permettent-ils au contraire de les complexifier ? A quelles conditions peuvent-ils éclairer la complexité des temporalités environnementales ?

Programme :

  • Laurence Lestel (METIS UPMC)
    Données sérielles et trajectoires environnementales

  • Emmanuel Garnier (Laboratoire Chrono-Environnement CNRS-UFC)
    Archives historiques et reconstruction des extrêmes et des fluctuations climatiques (XVIe-XXe siècles)

  • Thomas Le Roux (CRH EHESS-CNRS-PSL)
    Appréhender l’économie française en grandeurs physiques depuis 1827

Discussion générale introduite par Valérie Masson-Delmotte (CEA (IPSL/LSCE) et GIEC) et Fabien Locher (CRH EHESS-CNRS-PSL)

Discussion générale introduite par Valérie Masson-Delmotte (CEA (IPSL/LSCE) et GIEC) et Fabien Locher (CRH EHESS-CNRS-PSL).

 

Lieu

Maison des Océans
195, rue Saint-Jacques
75005 Paris

Judaïsme(s) : Genre et religion (Clio. Femmes, genre, histoire)

Judaïsme(s) : Genre et religion (Clio. Femmes, genre, histoire)

Mercredi 3 mai de 16h-19h - Présentation de numéro de revue

Présentation

La « tradition religieuse juive » assigne aux femmes et aux hommes des rôles, des obligations et des droits tout à fait différents. Non seulement les Écritures et leurs interprétations, les gestes quotidiens et les rituels festifs, mais encore les coutumes et le droit rabbinique (halakha) se conjuguent pour proposer des règles, des conceptions et des représentations des relations entre les sexes. Mais cette tradition s’est aussi épanouie dans des contextes historiques multiples, laissant place à des évolutions, des influences et des contestations : c’est cette diversité des « arrangements de genre » au sein du judaïsme que le numéro 44/2016 de Clio explore. A l’occasion de sa sortie, une rencontre-débat, animée par Sylvie Steinberg (EHESS-CRH), réunira les auteur.e.s du numéro ainsi que Patrick Farges (Université Paris 3/CEREG), Natalia Muchnik (EHESS-CRH) et Sophie Nordmann (EPHE-GSRL).

Entrée libre

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

L'évolution des consommations d'opiacées en Iran et en Grèce

L'évolution des consommations d'opiacées en Iran et en Grèce

Jeudi 11 mai de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

  • Maziyar Ghiabi, politiste, post-doctorant Oxford University
    Une histoire du présent des drogues : opium, héroïne et méthamphétamines en Iran

  • Konstantinos Gkotsinas, historien, docteur EHESS, membre rattaché au CRH
    Flux et reflux de l’héroïne dans la société grecque au XXe siècle

Discutant : Michel Kokoreff, sociologue, professeur à Paris 8

 

Avec nos invités, l’un iranien, docteur d’Oxford, l’autre grec, docteur de l’EHESS, tous les deux spécialistes en la matière, nous aborderons dans cette séance la question de la consommation d’opium, puis d’héroïne, sur un temps long. L’Iran, au cœur du Croissant d’or, et la Grèce, porte d’entrée en Europe des hommes et des marchandises d’Orient, sont des terrains d’observation privilégiés pour comprendre l’évolution des consommations d’opiacés et leurs ressorts culturels et sociaux. 

L’Iran est l’un des berceaux de la consommation d’opium, très largement répandue dans la société depuis plusieurs siècles. Utilisé pour ses multiples vertus, médicinales, aphrodisiaques, relaxantes ou provoquant des rêves jouissifs, l’opium a été le long des siècles accepté socialement et nullement stigmatisée par les autorités religieuses. Cette connotation positive de l’opium dans la culture iranienne a permis que sa consommation de masse, partagée par toutes les classes sociales et pratiquée aussi par une partie de la population féminine, s’est maintenue au long des siècles jusqu’à aujourd’hui. Même sous le régime des mollahs, malgré la répression féroce du trafic et de la consommation d’opiacés (la moitié des 150000 prisonniers, environ un millier d’exécutés par an au cours des dernières années, le sont pour trafic de drogue), l’Iran compterait entre 3 millions (selon les autorités) et 10 millions de consommateurs (selon les ONG), sur une population de 77 millions d’habitants. Et la prohibition de l’alcool ne saurait être vue comme une mesure de prévention, d’autant plus que les achats d’alcool de pharmacie ont explosés.

De par ses échanges ancestraux avec le Proche Orient, la Grèce est le pays qui a probablement connu la plus précoce et la plus forte pénétration des drogues venant d’Orient, le cannabis et l’héroïne, dans les premières décennies du XXe siècle. Au point que dans l’entre deux guerres la diffusion de la consommation d’opiacés pousse les autorités publiques et sanitaires à une vaste campagne de répression des usagers et des revendeurs, les centres de désintoxication intégrant le dispositif prohibitionniste.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Le droit, la communauté et le marché. Une enquête en cours sur la Toscane au XVIIIe siècle

Le droit, la communauté et le marché. Une enquête en cours sur la Toscane au XVIIIe siècle

Lundi 15 mai de 14h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Pour la dernière Rencontre, le GEHM accueillera Francesca Trivellato de Yale University. Elle posera la question si la Florence de la Renaissance a-t-elle été le berceau du capitalisme et de l’individualisme occidental ?  La présentation s’appuie sur une analyse en cours de près de 5 000 contrats de sociétés en commandite enregistrées à Florence de 1445 à 1808. Depuis Max Weber, les chercheurs ont attribué aux sociétés en commandite un rôle crucial dans le développement du capitalisme occidental, mais à ce jour, aucune étude empirique d’ensemble n’a montré qui utilisait ce type de contrat, quand, et à quelles fins. Mon projet croise la tradition inaugurée par l’étude de David Herlihy et Christiane Klapisch-Zuber sur le catasto de 1427 avec les approches issues de la nouvelle histoire économique institutionnelle et des humanités numériques. Les résultats préliminaires suggèrent que les technologies de l’information et les préjugés religieux importent autant, sinon plus, que les droits de propriété pour la circulation du crédit dans l’Europe préindustrielle.

 

Lieu

EHESS (Salle AS1-23, 1er sous-sol)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Autour de l'ouvrage de Sylvie Steinberg, Une tache au front. La bâtardise aux XVIe et XVIIe siècles

Autour de l'ouvrage de Sylvie Steinberg, Une tache au front. La bâtardise aux XVIe et XVIIe siècles

Lundi 22 mai de 15h-18h - Les Lundis du CRH

Présentation

Ce livre examine le problème des bâtards à travers un questionnement sur l’appartenance familiale et la filiation, dans une triple perspective anthropologique, sociologique et historique. Confrontant études de cas, réflexions juridiques et représentations littéraires, Sylvie Steinberg montre en quoi cela fut, paradoxalement, un pivot de l’ordre absolutiste.

Qu’ils soient issus de la paysannerie ou de l’aristocratie, les bâtards furent au centre de débats juridiques et moraux, portant sur les comportements des individus et des groupes, et se trouvèrent à partir de la fin du XVIe siècle au cœur du dispositif de mise en discipline de la société. La loi de 1600, qui exigeait une naissance légitime ou légitimée de tout membre de la noblesse, faisait entrer en conflit règles de filiations et conditions sociales. Elle donna à l’État un droit de regard sur des questions qui relevaient auparavant de l’ordre privé.
Par-delà droit et théologie, cette histoire de la filiation aborde enfin la dimension vécue des liens entre enfants et parents, qui ne se réduisaient pas aux problèmes de nom et de patrimoine. Entre les « sans-familles » et leurs parents, l’amour, l’attachement, les sentiments de possession ou d’exclusion composaient un tableau changeant des normes et des comportements, en une interrogation qui vient jusqu’à nous.

Animé par Fanny Cosandey, et après une rapide présentation du livre par l’auteure, le débat sera ouvert par les interventions de Corinne Fortier (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale), Nancy L. Green (EHESS, CRH) et Paolo Napoli (EHESS, Centre d’études des normes juridiques Yan Thomas).

 

Lieu

EHESS (AS1-24, 1er sous-sol)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

L’histoire au service d’un État-nation depuis 1925

L’histoire au service d’un État-nation depuis 1925

Mardi 9 mai de 19h30-21h - Conférence

Présentation

La fondation en 1925 de l'Université Hébraïque de Jérusalem ouvre à un nouveau paradigme dans l’historiographie. Devenue un centre majeur pour les études juives (avec Gershom Scholem, Yitzhak Baer, Yosef Klausner ou Yehezkel Kaufmann ), elle a été le lieu d'une relecture sioniste de l'histoire des Juifs. Lors de cette séance du cycle De l'histoire juive à l'histoire des Juifs, interviendront  Maxence Klein - Doctorant en co-tutelle à l'EHESS et à l'UNIL. Ses travaux de recherches, co-dirigés par Sylvie Anne Goldberg et Jacques Ehrenfreund, portent sur le sionisme de langue allemande du début du XXe siècle jusqu'aux années 1930. Et Jacques Ehrenfreund - Professeur à l’université de Lausanne où il est titulaire de la Chaire d’histoire des juifs et du judaïsme. Il s’intéresse à la question de la construction des groupes et des identités sociales à l’ère de la nationalisation des sociétés européennes et au rôle rempli par les héritages religieux dans ce cadre.

En savoir plus

 

Lieu

Musée d'art et d'histoire du judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
 

De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est. Expériences impériales au tournant du 20e siècle

De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est. Expériences impériales au tournant du 20e siècle

Vendredi 12 mai de 13h-19h - Mini atelier Tepsis

Présentation

La 4e et dernière session du cycle des mini ateliers du Labex Tepsis De la philanthropie à la protection sociale en Europe centrale et du sud-est, porté par Morgane Labbé (ESOPP) et co-organisé avec Fabio Giomi (CETOBAC)  sera consacrée à la question des migrations et de la protection sociale : quel welfare pour les émigrants ? 

Cette session traite de la condition des populations migrantes et mobiles par rapport aux formes nouvelles ou traditionnelles d’aide et de soins. Elle aborde en particulier deux points. L’un est l'action des associations philanthropiques face à l’augmentation des migrants et leur exclusion des institutions locales de bienfaisance. L’autre concerne les formes d’entre-aide transnationales qui, en réaction à ces exclusions,  se développèrent en faveur des migrants, que ce soit à partir d’institutions caritatives traditionnelles ou de grandes fondations philanthropiques.

  • Andrea KOMLOSY (Université de Vienne)
    Entre contrôle et protection sociale : Les migrants face aux contraintes de domiciliation des institutions de l’assistance publique dans la Monarchie habsbourgeoise (XIXe siècle)

  • Andreas GUIDI (EHESS-CETOBAC, Paris / Université d'Humboldt, Berlin)
    Subsidies, Subjectivities, and Subalternities : Welfare Practices in Flux from Ottoman to Italian Rule in Rhodes

  • Barbara LAMBAUER (SIRICE, Paris)
    Protéger et contrôler l'émigration juive de l'Est. Alliances occidentales, réponses orientales

  • Claire MORELON (Université d'Oxford)
    Les réfugiés à Prague pendant la Première guerre mondiale

 

Lieu

EHESS (Salle 5)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

EHESS
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Dernière modification :
26/05/2017