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2018

Pourquoi faire une thèse d'histoire aujourd'hui ?

Pourquoi faire une thèse d'histoire aujourd'hui ?

Vendredi 12 janvier de 14h-18h - Demi-journée d'étude

Présentation

« Que fabrique l’historien, lorsqu’il « fait de l’histoire » ? À quoi travaille-t-il ? Que produit-il ? Interrompant sa déambulation érudite dans les salles d’Archives, il se détache un moment de l’étude monumentale qui le classera parmi ses pairs et, sorti dans la rue, il se demande : Qu’est-ce que ce métier ? »

Michel de Certeau, « L’opération historiographique »,
L’écriture de l’histoire
, Paris, Gallimard, 1975, p. 77

Que fabrique le doctorant, lorsqu’il « fait sa thèse d’histoire » ?, pourrions-nous nous demander à notre tour. Michel de Certeau propose de considérer l’histoire comme une « opération », c’est-à-dire « la combinaison d’un lieu social, de pratiques “scientifiques” et d’une écriture », i.e. « le rapport entre une place (un recrutement, un milieu, un métier, etc.), des procédures d’analyse (une discipline) et la construction d’un texte (une littérature). »[1] Un groupe de doctorants du CRH invite ses collègues à réfléchir sur ces questions qui intéressent - et rassemblent - tous les doctorants du CRH, et de l’EHESS.

Si le CRH a fait l’objet d’enquêtes historiques et réflexives (notamment en 2005 pour le cinquantenaire[2]), l’implication des doctorants en son sein a reçu quant à elle moins d’attention. Or, le CRH compte à ce jour 178 doctorants inscrits, qui appartiennent à la fois au plus grand laboratoire d’histoire et à la plus grande école doctorale de France[3]. Aujourd’hui, la place des sciences sociales et des chercheurs dans la société fait l’objet de réflexions renouvelées, à l’instar du doctorat dont les formes et les exigences évoluent rapidement. Les chercheurs du CRH et de l'École, dans leur grande diversité, privilégient les approches ouvertes, transversales et interdisciplinaires et partagent une pensée et une pratique, dont le recoupement mérite par ailleurs d’être interrogé. Il nous appartient, en tant que doctorants, de nous interroger sur notre inscription dans ce lieu.

La demi-journée d’études cherche donc à engager une réflexion commune et un débat collectif autour de la question : « pourquoi faire une thèse d’histoire aujourd’hui ? », à la croisée de ces trois fronts : institution, doctorat, société. Les présentations courtes sur la manière dont chacun d’entre nous - dès la première année de doctorat -  appréhende ses recherches, feront émerger différentes visions de l’histoire dont il s’agira de débattre. Plusieurs conceptions de la recherche historique peuvent coexister, converger, voire s’affronter. De façon non limitative, nous suggérons ici des thématiques variées qui peuvent nourrir la trame de cette journée : une conception militante, une position plus scientiste, une volonté d’ancrage dans des questions d'actualité, la nécessité de l’autonomie de la recherche historique, ou encore un questionnement conjoint de l’utilisation de concepts dans le débat public et les sciences sociales, etc. Cette journée, dont nous souhaitons souligner le caractère proprement expérimental, fera apparaître des points de rassemblement et de fracture à partir de la multiplicité de nos expériences. Ce sera l’occasion d’envisager l’émergence d’une voix commune qui aurait vocation à se constituer en programme théorique potentiel. C’est un premier pas dans l’affirmation de notre génération de doctorants du CRH. A nous aussi de tenter l’expérience !

Comité organisateur : Aliénor Cadiot, Sarah Claire, Gabriela Goldin-Marcovich et Romain Trichereau


[1] Michel de Certeau, « L’opération historiographique », L’écriture de l’histoire, Gallimard, 2002, [1975], p. 78-79.

[2]« Pour une histoire de la recherche collective en sciences sociales. Réflexions autour du cinquantenaire du Centre de recherches historiques », Cahiers du Centre de recherches historiques, n°36, 2005. On peut également se référer au grand nombre d’écrits sur l’école des Annales. Voir par exemple les articles à l’occasion des anniversaires de la revue, notamment Fernand Braudel, « Les “nouvelles” Annales », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1969, vol. 24, n° 3, p. 571, et Jacques Revel, « Histoire et sciences sociales : le paradigme des Annales », Annales. ESC, 1979, vol. 34, n°6, p. 1360-1376.

[3] L’école doctorale 286 comptait 1592 doctorants pour l’année scolaire 2016-2017.

 

Programme

14h00 - Accueil des participants

14h10 -  Ouverture, présentation et introduction

14h30 - Christophe Austruy, « Des faits, des idées et des concepts : les passages et passagers de l’historien »

14h50 - Baptiste Bonnefoy, « À quoi sert la thèse en sciences sociales dans un contexte de crise des sciences sociales ? »

15h10 - Pause

15h25 - Felipe Freller, « L’histoire conceptuelle du politique : une vision historique des problèmes politiques actuels »

15h45 - Gwénaël Glâtre, « La relation entre histoire et pouvoirs, la quête des origines et la curiosité indiscrète de l'historien-citoyen »

16h05 - Discussion finale

16h45 - Conclusion

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Les états modifiés de conscience

Les états modifiés de conscience

Jeudi 11 janvier de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

  • Christian Sueur, psychiatre
    Le renouveau des utilisations thérapeutiques des substances psychédéliques

  • David Dupuis, anthropologue, post-doctorant Durham University (UK)
    L’ayahuasca parle aux Français. Pèlerinages psychotropiques en Amazonie péruvienne

  • Discutant : Vittorio Biancardi, anthropologue, doctorant EHESS

Depuis la nuit des temps, les humains (et peut-être bien aussi nos amies les bêtes) semblent chercher à s’évader des limites des sens, du raisonnement « normal », d’une conscience limitée. Que ce soit par la méditation, l’hypnose, le yoga, la transe chamanique, mystique ou musicale, l’envie de dépasser la conscience ordinaire peut emprunter différentes voies. Le recours aux plantes et aux substances psychédéliques en est une, pratiquée traditionnellement par des tribus « indiennes » et depuis la génération de 68 par des « tribus d’indiens métropolitains ». Expérimentées en psychiatrie dans les années 1940-60, remplacées par les neuroleptiques à la faveur du prohibitionnisme, les substances psychédéliques ont fait ces dernières années leur retour dans les psychothérapies. Par « micro doses » ou « justes doses », les facultés des psychédéliques à agir sur des circuits normalement inhibés du cerveau suscitent l’intérêt tant des professionnels de la santé que des usagers de psychotropes. Paradoxalement, une des utilisations expérimentales des substances psychédéliques qui est de plus en plus en vogue aujourd’hui est celle des plantes psychédéliques comme aide au sevrage des opiacés. Avec les psychédéliques, on assiste à la rencontre des savoirs médicaux traditionnels, modernes et expérientiels.

 

Christian Sueur, psychiatre, praticien hospitalier, spécialisé en addictologie. Il a travaillé depuis le début des années 1980 dans diverses institutions d’accueil et de soins pour toxicomanes, puis au sein de Médecins du Monde. Il a été cofondateur et responsables des « Missions Rave », où il a œuvré à mettre en place des actions de « Réductions des risques » chez les jeunes consommateurs de substances psychédéliques et entheogenes fréquentant les évènements festif techno. Il a publié de nombreux articles sur les drogues de synthèse et leur consommation à la fin du siècle dernier, en croisant différentes approches, cliniques, anthropologiques, sociologiques, pharmacologiques, et en visitant leurs diverses utilisations thérapeutiques telles qu’elles ont été pratiquées de par le monde.

David Dupuis est docteur en Ethnologie - Anthropologie Sociale (EHESS, Paris), chercheur post-doctorant à l’Université de Durham (Fondation Fyssen). Sa recherche doctorale, appuyée sur dix-huit mois d'enquête en haute-Amazonie péruvienne, s'est concentrée sur les innovations rituelles, les modes de transmission des savoirs religieux et la question de l'efficacité thérapeutique dans le contexte des reconfigurations contemporaines du curanderismo péruvien impliquées par l’émergence du « tourisme chamanique » et l'internationalisation de l'ayahusasca.

Vittorio Biancardi est doctorant au CRH/EHESS. Son travail de recherche, qui relève d'une méthodologie à la fois historique et anthropologique, est axé sur l'usage à faible dose des drogues dites psychédéliques dans une période comprise entre 1943 (année de la découverte de la LSD-25) et aujourd'hui.

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Home as a Place for Anti-Jewish Persecution in European Cities

Home as a Place for Anti-Jewish Persecution in European Cities

11 et 12 janvier - Conférence internationale

Présentation

Comité scientifique : Isabelle Backouche (EHESS-CRH), Sarah Gensburger (CNRS-ISP), Eric Le Bourhis (FMS-ISP), Constance Pâris de Bollardière (American University of Paris), Brian Schiff (American University of Paris)

Co-organized by:
The George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention, American University of Paris
Le Centre de Recherches Historiques, EHESS-CNRS
L'Institut de Sciences sociales du Politique, Université Paris Nanterre-ENS Paris Saclay-CNRS

The History of the Holocaust has taken a spatial turn, borrowing concepts and tools from geography. However, recent local and spatial studies deal almost exclusively with the killing areas, camps, and ghettos. They pay less attention to the “ordinary” western and southeastern European cities where persecution proceeded in a looser space. Anti-Jewish persecution invaded spaces of everyday life in European cities: public spaces, work places and private spaces such as homes. In this landscape not only Jews and agents of persecution appear but also their immediate residential environment: concierges, neighbors, nannies, landlords, property managers, sub-tenants, local administrations, etc.

This conference intends to bridge various perspectives and methods and focus on urban housing as a place for anti-Jewish persecution. We gather social scientists from various fields to confront various methods investigation and cases, in Reich cities but also in Western and Eastern European occupied cities. Inspired by the organizers’ current research on the Parisian case, the conference will deal with policies of seizure and reallocation of the apartments of the Jews in Paris, but will not be restricted to those questions.

 

Programme

Lieu

Jeudi 11 janvier

American University of Paris
6, rue du colonel Combes
75007 Paris

Vendredi 12 janvier

Shoah Memorial (Auditorium)
17, rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris

Lumières d’été なつのひかり

Lumières d’été なつのひかり

Vendredi 12 janvier de 17h-21h - Projection-débat

Présentation

Akihiro, réalisateur japonais, vient de Paris, où il vit, interviewer à Hiroshima des survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko, métaphore du processus mémoriel. Petit à petit, il se laisse porter par sa gaité et décide de la suivre pour un voyage improvisé à travers la ville, jusqu’à la mer.
 
En présence du réalisateur Jean-Gabriel Périot
avec
Florence Hachez-Leroy (Grhen- CRH, EHESS)
Nicolas Pinet (CRJ-CCJ, EHESS)
Sezin Topçu (CEMS-IMM, EHESS)
 

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Contact: crj@ehess.fr

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

La sociologie de la ‘personne’

La sociologie de la ‘personne’

Lundi 15 janvier de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Avec au fond un regard critique de la société moderne, la sociologie de la « personne » s'installe dès le départ dans une perspective comparative qui se veut unifiante (il faut rappeler aux modernes le « roc humain » sur lequel se bâtit également leur propre société) mais qui encourt toujours le risque de perdre cette unité. La primauté accordée à l'« individu » ou à la « personne » devient dans ce cas stratégique : elle véhicule une certaine thèse au sein de la « comparaison radicale », à l'intérieur d'une tension entre radicaliser la différence ou reconstituer l'identité. On peut notamment distinguer quatre types de thèses : 1) les modernes sont les seuls individus, car l'individualisation, qui a pour origine et effet un type singulier de société, n'est pas à la portée de tous. 2) Les modernes sont les seuls individus mais ne sont pas que des individus, car l'individualisation étant nécessairement désocialisante doit toujours se combiner avec d'autres principes que les modernes partagent avec les traditionnels. 3) Moderne ou pas, nous sommes tous des personnes, car l'élaboration de la personne s'ensuit directement des exigences fondamentales de toute vie sociale. 4) Moderne ou pas, nous sommes tous des individus, car l'individuation est d'abord l'aboutissement d'une opération mentale de tout homme avant de servir à structurer la société. Jing Xie, professeure invitée de l'EHESS par Bruno Karsenti,  interviendra donc sur les différentes « stratégies » au sein de la sociologie de la « personne », dans la tradition française, de Durkheim au structuralisme, en élargissant ses réflexions récentes sur le cas de la Chine - Pablo Blistein en sera le discutant.

Xie Jing enseigne à la faculté de philosophie de l'université Fudan à Shanghaï. Elle est membre associée du LIER (EHESS/CNRS, Paris). Elle a fait une thèse à l’EHESS de Paris sous la direction de Vincent Descombes sur la philosophie sociale holiste en France. Ses domaines de spécialité comprennent : la philosophie sociale, l’histoire conceptuelle de la sociologie française et de l’anthropologie structurale, les théories de la modernité.

 

Lieu

EHESS (Salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

De quoi témoigne le

De quoi témoigne le "roman sans fiction"? Javier Cercas et les savoirs de la littérature dans l'Espagne contemporaine (2001-2017)

Vendredi 26 janvier de 11h-13h - Conférence

Présentation

Le Groupe d'études ibériques (GEI-CRH) et le séminaire "Savoirs du témoignage"
ont le plaisir de vous annoncer l'intervention d'Agnès Delage (Université d'Aix-Marseille) sur le thème : De quoi témoigne le "roman sans fiction"? Javier Cercas et les savoirs de la littérature dans l'Espagne contemporaine (2001-2017)
 
Javier Cercas est professeur de littérature à Gérone et écrivain.
En 2001, il publie Les soldats de Salamine, "récit réel" dont le franc succès lui vaudra d'être traduit dans de nombreux pays, dont la France en 2002, et d'être adapté au cinéma par David Trueba. Le livre porte sur la guerre civile espagnole et plus particulièrement sur l'exécution manquée, le 30 Janvier 1939, d'un intellectuel fondateur de la Phalange : Rafael Sanchez Mazas.

Il est l'auteur de quatre romans, de plusieurs recueils de chroniques, et de récits. Actes Sud a publié "Les Soldats de Salamine" (2002), "A petites foulées" (2004) et "A la vitesse de la lumière" (2006).
Il remporte le prestigieux Prix Méditerranée étranger en 2014 pour cinquième roman, "Les lois de la frontière" (2014) qui remporte le prestigieux prix Méditerranée étranger et le prix du Livre européen - catégorie fiction.
Son œuvre est traduite dans plus de vingt langues.

Lieu

EHESS (Salle 2)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Littérature, histoire. Lectures médiévales croisées

Littérature, histoire. Lectures médiévales croisées

Vendredi 26 janvier de 13h à 16h - Rencontres

Présentation

Les frontières entre la littérature et l’histoire sont poreuses au Moyen Âge, suscitant maints questionnements sur l’écriture de l’histoire : ceux que se posent aujourd’hui les médiévistes littéraires et historiens — entretenus et ravivés par la vogue des romans se colletant à l’histoire —, ceux que se posaient, plus ou moins diffusément, les médiévaux eux-mêmes. La nature des sources, textes « littéraires », archives et chartes, et le canevas du récit, ou sa poétique, induisent en effet le rapprochement des deux disciplines. Mais la littérature comme l’histoire supposent des méthodes d’approche fort différentes et parfois conflictuelles. L’historien s’approprie les textes littéraires pour aborder l’objet envisagé ; le littéraire s’efforce de débusquer une saisie du réel dans les textes où l’histoire côtoie la fiction, laquelle introduit toujours « un surcroît de rationalité » (Jacques Rancière, Les Bords de la fiction, 2017).

L’objectif de ces rencontres, conçues comme des ateliers, est de soumettre des textes médiévaux et des « genres » circonscrits à la double lecture d’historiens et de littéraires, afin de mettre en évidence la singularité, mais aussi la nécessaire complémentarité des deux disciplines.

  • Vendredi 26 janvier 2018

Sylvain Piron (EHESS), Antonio Montefusco (Università Ca' Foscari de Venise) : « Autour de Dante : la question de la poésie italienne »

  • Vendredi 18 mai 2018

Pierre Chastang (Versailles Saint Quentin en Yvelines), Éléonore Andrieu (Université de Toulouse le Mirail) : « Autour de Guilhem/Guillaume d'Orange : écritures, textes, documents »

Contacts :

Lieu

Université Paris Sorbonne Nouvelle
Salle de l’École doctorale de Littérature française et comparée
(Salle Max Milner, escalier C, 2e étage)
17, rue de la Sorbonne
75005 Paris

http://www.univ-paris3.fr/cema

Du tesson aux archives du Web. Sources et traitement des sources en histoire économique

Du tesson aux archives du Web. Sources et traitement des sources en histoire économique

Jeudi 8 février de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

Le champ disciplinaire de l’histoire économique est traversé par des approches et des méthodologies qui varient selon les objets et les périodes étudiées, de l’Antiquité à nos jours. A travers une journée d’études consacrée aux sources et au traitement des sources, le groupe d’histoire économique du CRH (GrHEco) souhaite faire découvrir ou redécouvrir différents types de sources exploitées et développer des réflexions sur leur traitement, leur croisement et leur interprétation par les historiens. Hormis les archives écrites sur lesquelles que les historiens se penchent depuis longtemps, les objets, les témoignages oraux, les archives du Web feront l’objet de communications spécifiques de la part de chercheurs du CRH et d’autres laboratoires.


Programme

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

"Parler des drogues sous un jour favorable". Contraintes légales et politiques

Jeudi 8 février de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

 

 

L’article L3421-4 du Code de la santé publique dispose que la présentation sous un jour favorable de l’usage illicite de stupéfiants est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Conçue pour décourager le prosélytisme du consommateur de drogues, cette incrimination a un spectre d’action qui s’étend bien au-delà de ce simple cas de figure. C’est en effet l’ensemble des propos, publics et privés, de tout un chacun qui se trouve contraint par cette disposition législative. La loi pénale étant d’interprétation stricte, on peut se demander dans quelle mesure l’article L3421-4 du Code de la santé publique s’oppose à la description objective de tous les effets, y compris hédoniques et thérapeutiques des drogues classées illicites. En l’absence de réponse jurisprudentielle précise, l’interdit symbolique demeure. Quels en sont aujourd’hui les effets dans l’ordre des discours scientifique, politique et médical ?

Renaud Colson est maître de conférences à la faculté de droit et des sciences politiques de l’université de Nantes et honorary lecturer à l’université de Cardiff. Il a été accueilli en qualité de British Academy visiting fellow à l’université de Cardiff en 2008, de Marie Curie fellow à l’Institut universitaire européen (Florence) de 2011 à 2013, et de visiting scholar à l’Institut d’étude avancée de l’université Jawaharlal Nehru (New Delhi) en 2016. Renaud Colson a travaillé sur des sujets variés (droit processuel, droit pénal européen, criminologie...). Il a récemment dirigé deux ouvrages collectifs consacrés aux politiques des drogues : Les drogues face au droit (PUF, 2015) et European Drug Policies: The Ways of Reform (Routledge, 2017).

Ivana Obradovic est sociologue, spécialisée dans l’analyse des politiques publiques liées aux drogues, en particulier dans le champ pénal. Elle est directrice adjointe de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et chercheure associée au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP). Elle a enseigné à l’Université de Picardie Jules-Verne et à Sciences Po Paris. Ses travaux les plus récents portent sur la comparaison internationale des politiques menées à l’égard du cannabis, avec un intérêt particulier pour les initiatives de régulation menées aux Etats-Unis, en Uruguay et au Canada.

Didier Jayle. Ancien président (2002-2007) de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Didier Jayle est professeur d’addictologie au Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) et médecin dans le service d’immunologie de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou. Il est aussi directeur de la publication de vih.org et de la revue Swaps.

William Lowenstein est spécialiste en Médecine interne et addictologue. Auteur de nombreux livres sur les drogues et les dépendances, il a écrit plus de 60 publications médicales à impact factor. Il est président de SOS Addictions depuis janvier 2002. Président du Groupe T2R -Addictologie à la DGS / Ministère de la Santé. Co-Auteur avec le Dr L. Karila de Tous addicts. Et après ?, Paris, Flammarion, 2017.

 

 

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Du harcèlement sexuel au travail à #BalanceTonPorc

Du harcèlement sexuel au travail à #BalanceTonPorc

9 et 10 février - Journée d'étude

Présentation

Journées d’études bilingues organisées par Marcela Iacub (CNRS-CRH) et Lissa Lincoln (AUP) avec la collaboration d’Anna Breteau

Le mouvement « #BalanceTonPorc » dont la puissance ne cesse d’étonner est à ce jour rétif à toute interprétation et ne semble pouvoir être approprié par aucune force politique. La justice est incapable de le contenir, les médias de le traduire. Par ailleurs, aucune association féministe, syndicat ou parti n’est en mesure de le représenter, d’incarner sa force, de parler en son nom. Si l’on peut affirmer ce que « #BalanceTonPorc » n’est pas, on peut tout au moins convenir qu’il s’agit d’un mouvement punitif qui puise sa force dans les actions entamées à l’encontre de certaines stars du spectacle et de la politique. Or ce que les femmes dénoncent ici, c’est une domination sexuelle structurelle qui est devenue anachronique, incompatible avec le pouvoir réel -social, économique, politique et culturel -qu’elles ont acquis depuis plusieurs années. C’est de cette contradiction que « #BalanceTonPorc » est le symptôme.

 

Programme

Vendredi 9 février de 14h-19h

14h00 à 15h00 : #BalanceTonPorc dans les médias et dans les réseaux sociaux

  • Félix Tréguer (CNRS) : Twitter et la révolte des femmes
  • Anna Breteau (Lepoint.fr) : Les réactions de la presse écrite et des médias audiovisuels
  • Cécile Daumas (Libération) : #BalanceTonPorc à Libération

15h-16h : Discussion puis pause

16h-16h45 : De #BalanceTonPorc à #MeToo

  • Anne Edelstam (Opulens) : La révolte des femmes en Suède
  • Sanae Alouazen (AUP) : #MeToo aux États-Unis

16h45-17h30 : Discussion puis pause

17h30-18h30 : Cinéma et violences sexuelles

  • Marie Regan (AUP) : Le cinéma américain et #MeToo
  • Léa Forestier (Barreau de Paris) : La violence sexuelle dans le cinéma français

18h30-19h : Discussion et conclusion

 

Samedi 10 février de 9h-12h30

9h-9h45 : La métaphore du porc

  • Pierre Olivier Dittmar (CRH - EHESS) : Pourquoi le porc de #BalanceTonPorc ?
  • Misgav Har Peled (IIAC - EHESS) : Le porc dans les luttes féministes américaines

9h45-10h30 : Discussion puis pause

10h30-12h : Le symptôme #BalanceTonPorc

  • Hervé La Bras (EHESS) : Le pouvoir social des femmes
  • Janine Mossuz-Lavau (CNRS) : Que nous dit #BalanceTonPorc sur l’évolution des mœurs ?
  • Marcela Iacub (CNRS - CRH) : De quoi #BalanceTonPorc est-il le symptôme ?

12h-12h30 : Discussion et conclusion

 

Lieu

EHESS(Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Joseph Wulf : Un historien juif polonais en RFA  Savoir du témoin, engagement de l’historien, écriture de l’histoire

Joseph Wulf : Un historien juif polonais en RFA Savoir du témoin, engagement de l’historien, écriture de l’histoire

Vendredi 16 février de 9h-18h - Journée d'étude internationale

Présentation

Une journée d’études internationale du projet franco-allemand (ANR/DFG) PREMEC (Premiers modes d’écriture de la Shoah), le 16 février 2018

Survivant de la Shoah en Pologne, Joseph Wulf (1912-1974) est l'un de ces premiers historiens de la Catastrophe dont l’œuvre demeure trop méconnue. 

Après avoir été membre de la Commission historique juive de Cracovie (1944-47), il émigra à Paris puis s’installa en RFA en 1952, où il vécut jusqu’à son suicide en 1974. À travers la publication d’anthologies de documents, il tenta de confronter la société ouest-allemande aux crimes perpétrés sous le régime nazi. Son œuvre a bénéficié ces dernières années d’un regain d’attention en Allemagne, où elle est considérée aujourd’hui comme pionnière au sein de l’historiographie de la Shoah, à la fois par son « style documentaire » (N. Berg) et par sa dimension testimoniale (B. Breysach). Cette rencontre permettra approfondir la connaissance de l’itinéraire et de l’œuvre polymorphe de Wulf, en prenant en compte sa formation littéraire, son parcours de survie et d’exil, son multilinguisme, ainsi que les différentes formes de son engagement historiographique et politique.

Programme

 

Lieu

Académie polonaise des sciences à Paris
74, rue Lauriston
75016 Paris
 

Hommage à Emmanuel Le Roy Ladurie

Hommage à Emmanuel Le Roy Ladurie

Mardi 13 février de 15h-17h - Séance d'hommage

Présentation

Le Centre de Recherches Historiques a le plaisir de vous inviter à une séance en hommage à Emmanuel Le Roy Ladurie. Cette séance est organisée à l’occasion de la publication de la biographie de l’historien, Emmanuel Le Roy Ladurie. Une vie face à l'histoire, écrite par Stefan Lemny (BnF),et publiée par les Editions Hermann.

Résumé du livre :

«  Historien de haut vol  », «  magicien de l’histoire  », «  historien total  »  : peu d’historiens ont inspiré autant de superlatifs qu’Emmanuel Le  Roy Ladurie. Né en 1929, auteur d’ouvrages tels que Paysans de Languedoc (1966), Histoire du climat depuis l’an mil (1967) et Montaillou, village occitan (1975), il a marqué de sa pensée et de sa plume l’historiographie de la deuxième moitié du XXe  siècle, qui a vu naître des courants novateurs comme l’histoire des Annales, l’histoire quantitative ou l’histoire du climat.
Toutefois, si l’œuvre d’Emmanuel Le  Roy Ladurie est décisive, elle n’explique pas toute seule sa renommée exceptionnelle. Le rôle majeur qu’il a joué dans le développement de plusieurs institutions prestigieuses –  l’EHESS, le Collège de France, la BnF, l’Institut de France  – n’y a pas moins contribué. On pourrait ajouter la place inégalable qu’il a occupée sur la scène médiatique et ses prises de position dans les débats de société, notamment en faveur des droits de l’homme dans le années  70 et  80, au plus fort du totalitarisme communiste.
Cette biographie est la première à faire revivre la personnalité de l’historien dans toute sa complexité, à partir de fonds d’archives inédits. Au-delà de l’historiographie, cet ouvrage permet d’explorer la vie intellectuelle des soixante dernières années dont Emmanuel Le  Roy Ladurie fut un incontournable acteur et un précieux témoin.

 

Programme

  • Alain Guery
    Une ethnographie historique de la société française, XIVe-XVIIIe siècle
  • Stefan Lemny
    Les défis de la biographie d’un historien
  • Emmanuel Le Roy Ladurie
    Témoignage d’un ancien directeur du CRH

La séance sera animée par Fanny Cosandey, Béatrice Delaurenti et Thomas Le Roux.

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96,boulevard Raspail
75006 Paris

Monopolising the Common Good  Commercial Lobbying and Political Economy in Europe, ca. 1650–1850

Monopolising the Common Good Commercial Lobbying and Political Economy in Europe, ca. 1650–1850

8 et 9 mars - Colloque

Présentation

Organisateurs : Moritz Isenmann (Universität zu Köln),  Philippe Minard (Université Paris 8-IDHE.S / EHESS-CRH)

Cette rencontre a pour but d’analyser le développement et les modalités du lobbying commercial dans l’Europe moderne, au sens large, dès lors que les États ont été amenés à mettre en œuvre de façon active des politiques économiques, que les intérêts marchands et manufacturiers ont tenté d’influencer ou d’infléchir à leur profit.

On étudiera les formes d’organisation que se sont donné ces groupes d’intérêt, leurs relations avec les États et les diverses autorités politiques, ainsi que les discours et la rhétorique mobilisée. On portera une attention particulière à la manière dont la rhétorique du bien commun est récupérée, à une époque où s’affirme une sphère publique et une certaine forme d’opinion publique, qu’il s’agit de rallier ou de séduire. Enfin, on verra dans quelle mesure l’économie politique qui se développe alors prend en compte l’existence des groupes de pression économiques.

Inscription obligatoire : event@dhi-paris.fr

 

Programme

 

Lieu

Institut historique allemand
8, rue du Parc-Royal
75003 Paris

Document(s) à télécharger

En retrait/e. La solitude créatrice au prisme du genre

En retrait/e. La solitude créatrice au prisme du genre

Jeudi 8 mars de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

Journée d’étude du groupe Histoire du Genre-CRH (EHESS-CNRS), en collaboration avec le Wissenschaftskolleg (Berlin) et le Centre Marc Bloch (Berlin)

Organisatrices / Contact :
Xenia von Tippelskirch (Humboldt-Universität), xenia.vontippelskirch@hu-berlin.de ;
Audrey Lasserre (UCL, Louvain-la-Neuve), audrey.lasserre@uclouvain.be.

Inscription sur le site de l'IEA

De l’Antiquité à nos jours, les discours européens sur les pratiques de la retraite comme lieu de réflexion et de production religieuse, intellectuelle et artistique forment un ensemble complexe de représentations. La retraite implique en effet des formes variées : halte, attente, méditation, contemplation, pèlerinage, prière, isolement, ou même maladie. Qu’elle prenne la forme d’un désert, d’un jardin, d’une forteresse, d’un couvent, d’une cellule, d’un ermitage, d’une chambre de malade ou d’une chambre de travail, d’une métropole même (de manière exemplaire, Simón del desierto deBuñuel), la configuration réelle et imaginaire de la retraite est soumise à une constante métamorphose qui en fait aussi bien un environnement qu’un alter ego de la personne en retrait du monde. Dans la zone de tension entre passivité et abandon d’un coté, et activité, affirmation et subversion du statu quo social, de l’autre, la relation entre individu et société y est continuellement renégociée. La retraite peut tout autant signifier l’adaptation aux normes que le refus de l’autorité, ou que l’expérimentation de modèles de vie innovants.

On peut alors s’étonner que, dans le champ de l’histoire culturelle et de l’histoire des savoirs, les études sur les dispositifs, pratiques et normes de la retraite créatrice dans une perspective de genre fassent encore défaut. On y associe presque exclusivement des œuvres récentes (Virginia Woolf, A Room of One’s Own ; Christa Wolf, Sommerstück) en oubliant que ce phénomène connait une longue tradition en Europe, tradition qui ne compte pas seulement des poètes, philosophes, ermites et érudits (cf. Pétrarque, De vita solitaria), mais aussi des écrivaines, des érudites et des recluses (Hildegarde von Bingen, Christine de Pizan, Thérèse d’Ávila). Ces dernières revendiquent et expérimentent l’isolement comme lieu de paix, par le silence et la sécurité qu’elles y trouvent, mais aussi comme lieu de l’ascèse, de la productivité intellectuelle et spirituelle ; la vie en retrait peut aussi se faire geste de protestation, à la manière d’un engagement social et culturel. En retrait, ces créatrices sont confrontées à une tradition misogyne selon laquelle les femmes perturberaient le détachement, le recueillement et la concentration des ascètes (Antonius Eremita) ou des penseurs, en les transformant éventuellement en un tête à tête érotique (Abélard et Héloïse).

Nous voudrions donc ouvrir la réflexion autour du phénomène de l’isolement (volontaire et productif) dans une perspective de genre. Dans le cadre des études de genre, les questions de la retraite et de l’isolement ont rarement été considérées, bien qu’il semble évident que le renoncement au monde et l’isolement social mettent en question les représentations de genre (sexes et sexualités).

Il s’agira d’analyser les implications éthiques, sociales, politiques, religieuses, discursives, esthétiques, métaphoriques, topographiques, etc., dans une perspective diachronique et synchronique. Quels discours, objets d’art et théories de la retraite deviennent pertinent·es dans une perspective de genre ? De quelle manière des modèles religieux (orthodoxes ou bien dissidents) reprennent et transforment des formes post-séculaires de la retraite tout en modifiant aussi les discours qui s’y réfèrent ? Quelles ruptures, contradictions et transgressions deviennent observables dans la longue durée ? Quelles conceptions de la productivité et de l’engagement sont proposées ? Quand peut-on observer un recul transgressif par rapport aux traditions de retraite historiques ?

Il faudra également poser la question d’une forme de retraite qui se voudrait spécifiquement féminine ou masculine. Il s’agira par exemple d’éprouver pour l’Ancien régime l’hypothèse d’un isolement revendiqué – pour répondre à la domination masculine – comme forme privilégiée de l’engagement au féminin. Certain.es auteur.es se distancient pourtant explicitement d’un tel discours : il faudra alors vérifier le rôle qu’ils/elles donnent alors à la retraite, et la façon dont cette hypothèse structure des modèles de masculinité ou de transsexualité. Quels nouveaux objectifs se construisent ainsi ? Quels rôles de genre sont ainsi évoqués, mis en œuvre ou contournés ? Existe-t-il une topographie féminine de la retraite ? Enfin, le fait de parler et d’écrire à propos d’une retraite réelle ou envisagée peut-il mener vers des nouvelles formes de publication et d’expérience collective ?

Cette journée d’étude internationale et interdisciplinaire vise à emprunter ces pistes de recherche et à faire naître des collaborations autour du thème de la retraite. Le but sera de discuter les implications sociales, politiques et esthétiques de différentes pratiques et représentations de la retraite dans une perspective diachronique et systématique, et de confronter par l’analyse des phénomènes tout aussi historiques qu’actuels. Les organisatrices souhaitent ainsi créer un dispositif de dialogue scientifique entre jeunes chercheur/euses et chercheurs/euses expérimenté es autour du thème de la retraite créatrice dans une perspective de genre interdisciplinaire.

 

Programme

Lieu

Institut d'études avancées
Hôtel de Lauzun
17, quai d’Anjou
75004 Paris

Document(s) à télécharger

Equité et gouvernement des territoires. Des métropoles aux périphéries

Equité et gouvernement des territoires. Des métropoles aux périphéries

Vendredi 23 mars de 9h30-17h30 - Journée d'étude

Présentation

Le séminaire Analyse et politique de la ville se poursuit autour des valeurs qui l’ont toujours animé depuis sa création à l’Université de Paris Nanterre (Laboratoire de Géographie Urbaine, Guy Burgel) : l’approche pluridisciplinaire des processus urbains, les comparaisons internationales, l’ouverture sur la société civile, les collectivités territoriales, les élus et les professionnels de la ville. En association avec la FMSH (Michel Wieviorka), l’EHESS (Marie-Vic Ozouf-Marignier) et le Comité d’Histoire des ministères de l’Ecologie et de l’Habitat (Patrick Février), nous nous interrogerons cette année sur la contradiction entre l’omniprésence du fait urbain dans la société et son opacité dans le débat public en trois sessions. La première session a été consacrée à La ville dans l’action politique : un demi-siècle d’expériences, la seconde sur Equité et gouvernement des territoires Des métropoles aux périphéries.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle du Conseil BS1_28)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Document(s) à télécharger

Les drogues sur prescription médicale

Les drogues sur prescription médicale

Jeudi 8 mars de 17h-20h - Demi-Journée d'étude

Présentation

Dès l’origine, les conventions internationales ont introduit une distinction essentielle entre les substances ayant des propriétés thérapeutiques et celles qui n’en ont pas et ce, indépendamment de leur dangerosité. Et il a été convenu que les drogues dangereuses ayant des applications médicales, la morphine par exemple, seraient prescrites par des médecins et délivrées par des pharmaciens. Sur cette base, chaque pays a mené sa propre politique. Des exemples français (Zoé Dubus) anglais et américains (Bertrand Lebeau) illustreront ce propos. Aujourd’hui de nombreuses substances classées comme drogues sont utilisées en médecine (Daniel Annequin) ou prescrites hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) (Philippe Grunberg).

Tandis qu’en 1926, la commission Rolleston jette les bases du « british system », des milliers de médecins américains sont incarcérés pour avoir prescrit des opiacés à des héroïnomanes. Quelques décennies plus tard, les programmes suisses de prescription d’héroïne et l’épidémie américaine d’overdoses aux opiacés sur prescription médicales ces dernières années, illustrent cette forme paradoxale de légalisation des « drogues » : la prescription.

  • Bertrand Lebeau, médecin, s’occupe de drogues et de toxicomanies depuis plus de 25 ans. Dans les années 90, il a été un activiste de la « réduction des risques ». Aujourd’hui, il milite pour une réforme des politiques de drogues.

  • Philippe Grunberg s’est installé comme généraliste il y a 33 ans. Et les problèmes psychiatriques et addictologiques ont occupé une grande partie de son activité. Conjuguer les demandes des patients, les données de la science et son expérience de praticien, les trois piliers de la décision partagée, a souvent relevé de la quadrature du cercle. A partir de quelques vignettes cliniques, il proposera une réflexion sur les prescriptions « hors AMM ». Du Temgesicau Baclofène, en passant par le Médiator, le Palfiumet le Dinintel (aujourd’hui disparus), l’oxycodone et les fentanyls (responsables de nombreux décès aux USA) il tentera d’évaluer le rapport bénéfice/risque de ces prescriptions.

  • Le Pr Daniel Annequin a créé et dirigé pendant 25 ans le Centre de la douleur et de la migraine de l’hôpital d'enfants Trousseau. Il possède une triple compétence de psychiatre, d'anesthésiste réanimateur et de médecin de la douleur. Il a été le responsable du second Programme national de lutte contre la douleur 2002-2005 au ministère de la Santé. A partir d’exemples portant sur les morphiniques, la kétamine, le protoxyde d'azote, la prégabaline, Daniel Annequin étudiera les potentialités addictives des médicaments de la douleur.

  • Zoé Dubus, doctorante en histoire à l'Université d'Aix-Marseille, auteure du mémoire de master : "La morphinée : représentations de la femme morphinomane dans le discours médical, 1870-1916". Sa recherche traite des transformations des pratiques médicales ainsi que des politiques de santé en lien avec l'utilisation de psychotropes en France, du XIXe siècle à nos jours. Elle s'attache à comprendre les relations qu’entretiennent la médecine et les médecins avec les produits modifiant la conscience et la sensibilité, conçus alternativement comme des médicaments innovants ou comme des toxiques.

Lieu

EHESS ( Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Les enjeux du prophétisme médiéval

Les enjeux du prophétisme médiéval

Vendredi 23 mars de 14h30-18h - Rencontre

Présentation

Rencontre autour de Gian Luca Potestà

La parution de la traduction française du dernier livre de Gian Luca Potestà, Le dernier messie. Prophétie et souveraineté au Moyen Âge (Belles-Lettres, 2018), issu de conférences que l’auteur avait prononcées à l’occasion d’une invitation à l’EHESS, fournit une bonne occasion d’engager une discussion collective sur le prophétisme médiéval, en le considérant dans toutes ses dimensions : ses ressorts théologiques, ses usages politiques, les formes littéraires de sa diffusion, en latin et en vernaculaire. Sur tous ces aspects, nous évoquerons l’ampleur du travail mené par Gian Luca Potestà et dans son sillage, les chantiers ouverts et les nouvelles perspectives de recherche.

En présence de l’auteur, avec la participation d’Alain Boureau, Michele Lodone, Antonio Montefusco et Sylvain Piron.

Cette rencontre est organisée dans le cadre du projet ERC BIFLOW (Bilingualism in Florentine and Tuscan Works, ca. 1260 – ca. 1416).

Contact : Sylvain Piron (sylvain.piron@ehess.fr)

 

Lieu

EHESS (Salle 8)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Approches historiennes de l’animal

Approches historiennes de l’animal

Vendredi 30 mars de 9h30-17h30 - Journée d'étude (fermée)

Cette journée d'étude "fermée" organisée par Pierre-Olivier Dittmar 'AHlOMA), Frédéric Graber (GRHEN), Fabien Locher (GRHEN), Perrine Mane (GAM) et Mickaêl Wilmart (GAM) est consacrée aux approches historiennes de l'animal. Que ce soit d'un point de vue d'histoire intellectuelle, culturelle ou environnementale, d’histoire sociale ou économique, d’histoire des normes, d'histoire du monde rural ou de la culture matérielle, que l'animal soit sauvage, de compagnie ou d'élevage, qu'il soit traité comme être ou comme ressource, nombre chercheurs du CRH traitent de la question animale sans en faire un axe majeur de leur recherche.

 

Programme

9h30-12h30

L’animal médiéval entre symboliques et pratiques

  • Marie Anne POLO DE BEAULIEU, L'abeille entre regard scientifique et instrumentalisation pastorale. Le cas du Bien universel fondé sur les abeilles de Thomas de Cantimpré  (XIIIe s.)

  • Danièle ALEXANDRE-BIDON, La culture matérielle de l'animal médiéval : logement, vaisselle, habits

L’animal et l’histoire rurale

  • Mickaël WILMART, Santé animale et élevage au Moyen Âge

  • Jawad DAHEUR, Le paysan galicien et son bétail : des destins liés dans un écosystème fragilisé (fin XIXe - début XXe siècle)

L’animal comme ressource

  • Perrine MANE, Différentes techniques d'abattage du porc à travers l'iconographie médiévale

  • Sandrine ROBERT, Les chasse-marée et la route du poisson : réduire la distance pour approvisionner Paris du XIIIe au XVIIIe siècle

  • Fabien LOCHER, Le poisson, l'homme et la machine : écrire l'histoire de la pêche industrielle, une enquête en cours

  • Sophie DESROSIERS, La sauvagerie du ver à soie

14h-17h30

La ville et ses animaux

  • Arlette FARGE, Paris au XVIIIe siècle : une foule animale au milieu de la foule. Aspects sociaux et économiques

  • Thomas LE ROUX, Les vacheries parisiennes à l’époque moderne

  • Raphaël MORERA, Les oiseaux de compagnie à Paris à l’époque moderne

  • Frédéric GRABER, Animaux dans la ville et alimentation en eau (France, XIXe siècle)

Penser l’animal

  • Ron NAIWELD, L’animal dans la législation rabbinique

  • Pierre-Olivier DITTMAR, Il n’y a pas d’animal au Moyen Âge

  • Alessandro STELLA, Les humains se droguent, les animaux aussi

  • Marcela IACUB, Jack London et la domestication du chien

Lieu

EHESS (Salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris
 

Drogues et Politiques dans les Amériques. De la « guerre à la drogue » à la régulation de la production, du commerce et des usages des psychotropes

Drogues et Politiques dans les Amériques. De la « guerre à la drogue » à la régulation de la production, du commerce et des usages des psychotropes

11-13 avril - Colloque international

Présentation

Depuis quelques années, le continent américain connaît une effervescence de réformes législatives et d’expérimentations innovantes en matière de politiques publiques des drogues. Longtemps inscrites dans une stratégie de guerre –  qui a été promue, financée et armée par les États-Unis depuis les années 1970 – ces « nouvelles » politiques intègrent de dispositifs expérimentaux, tant au niveau de l’encadrement des usages, comme à celui de la régulation de la production et du commerce des stupéfiants.

Ce colloque a pour vocation d’interroger ce temps présent, tout en ancrant son analyse dans son histoire. Du Canada à l’Argentine, en passant par le Mexique, la Colombie ou le Brésil, nous allons explorer les modalités et les effets de la mise en place des régimes prohibitionnistes, les inégalités et les violences qui traversent les politiques des drogues – qu’elles soient vielles ou nouvelles – et les contradictions et les possibilités ouvertes par les alternatives à la prohibition. De quoi alimenter la réflexion et le débat aussi en France, à la traine dans la réforme tant comparée aux Amériques qu’aux autres pays européens.

Comité organisateur : Mariana Broglia de Moura (TEPSIS/CMH-EHESS), Chiara Calzolaio (IRIS-EHESS), AnnCoppel (Présidente AFR), Sabine Guez (IRIS-EHESS), Edgardo Manero (Mondes Américains, CNRS-EHESS) et Alessandro Stella (CRH, CNRS-EHESS)

Avec le soutien de : Centre national de la recherche scientifique (CNRS), École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), Centre de recherches historiques (CRH), Centre Maurice Halbwachs (CMH), Fondation Argentine - Cité Internationale Universitaire de Paris, Institut de Recherches Interdisciplinaires sur les enjeux Sociaux (IRIS), Mondes Américains, Institut des Amériques (IdA) et  Maison de l’Amérique latine (MAL).

Contacts :
vuckovic@ehess.fr
droguespolitiques2018@gmail.com

 

Programme

Résumés des interventions

 

Lieux

Mercredi 11 avril de 9h à 18h

Maison de l'Argentine
27A, boulevard Jourdan
75014 Paris

Jeudi 12 avril de 9h à 18h

Maison de l'Argentine
27A, boulevard Jourdan
75014 Paris

Vendredi 13 avril de 9h à 18h

Maison de l'Amérique Latine
217, boulevard Saint-Germain
75007 Paris
 

Les archives de l’histoire sociale du monde ibérique (XVIe-XIXe siècles). Localiser, exploiter et critiquer les sources

Les archives de l’histoire sociale du monde ibérique (XVIe-XIXe siècles). Localiser, exploiter et critiquer les sources

Jeudi 12 avril de 9h-15h - Journée d'étude

Présentation

Baptiste Bonnefoy et Sébastien Malaprade (GEI) organisent une journée de formation consacrée à l’usage et à l’analyse des sources du monde ibérique. Informés des attentes de certains étudiants, évoquant des difficultés à rassembler et exploiter des ressources dispersées entre plusieurs pays, les organisateurs conçoivent cet atelier comme une séance de travail pratique sur ces sources, et comme un lieu de rencontre qui puisse fédérer les étudiants des sociétés hispaniques résidant en région parisienne.
Dans le sillage des propositions d’une nouvelle histoire sociale régénérée par la place accordée aux individus et à leurs réseaux, nous aimerions ouvrir un espace de dialogue sur la manière dont les fonds d’archives permettent de reconstituer des trajectoires d’individus, de familles, et plus largement de groupes sociaux.

Cette journée d’étude aura comme objectif de construire une boîte à outils « clé en main » pour les jeunes chercheurs. Quelles traces sont susceptibles de laisser les acteurs au cours de leurs existences ? Quelles institutions produisent ces documents ? Comment sont-ils organisés et classés ? Comment les localiser ? Où la numérisation permet-elle d’épargner de longs et coûteux déplacements ?
Ce panorama des ressources disponibles permettra de relever les continuités et les ruptures dans la fabrique des documents au sein de l’espace monarchique. Cette présentation doit par ailleurs encourager les étudiants à pratiquer la comparaison et à décloisonner des territoires souvent réduits aux frontières politiques contemporaines, l’organisation actuelle des fonds rendant souvent illisibles des dynamiques politiques et sociales anciennes.

Les interventions seront l’occasion d’une réflexion sur la valeur épistémologique de plusieurs types de documents : 1. Les registres paroissiaux, 2. Les actes notariés, 3. Les sources judiciaires et de l’Inquisition, 4. Les sources nobiliaires conservées dans des institutions privées. À l’appui d’exemples décryptés à plusieurs voix, les intervenants présenteront une réflexion critique sur la valeur, l’usage et les potentialités des sources.

Inscription obligatoire auprès de :

Sébastien Malaprade : smalaprade@hotmail.com
Baptiste Bonnefoy : basptiste.bonnefoy1@gmail.com

 

Programme

Lieu

EHESS (Salle AS1_24)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

La réception de »Mein Kampf« en France

La réception de »Mein Kampf« en France

Lundi 23 avril de 14h-18h30 - Demi-journée d'étude

Présentation

Le livre d’Adolf Hitler, Mein Kampf, publié il y a bientôt cent ans, ressurgit régulièrement dans l’actualité française. Instrumentalisé, utilisé, fantasmé, le texte est aussi souvent évoqué qu’il est mal connu. Les chercheurs savent très peu de choses de sa traduction et de sa réception en France. Cette rencontre scientifique, organisée par David Gallo (HHS) et par Nicolas Patin (Université Bordeaux Montaigne), avec le soutien du LabEx Tepsis, vise donc à éclairer certaines de ces zones d’ombre, en s’intéressant à la circulation du texte dans les années 1930 et en se penchant, pour la première fois, sur la trajectoire judiciaire du texte, notamment du point de vue du droit d’auteur, entre le procès de 1934 et celui de1979. Avec la nouvelle édition scientifique allemande disponible depuis 2016 et une édition française en préparation, connaître avec précision la trajectoire du texte permet de lui faire perdre la charge fantasmatique que les nazis lui ont largement conféré.

 

Programme

Lieu

Deutsches Historisches Institut Paris
Hôtel Duret-de-Chevry
8 rue du Parc-Royal
75003 Paris

Régulations économiques et sociales au XXe siècle

Régulations économiques et sociales au XXe siècle

Mercredi 4 avril de 9h-19h - Journée d'étude

Présentation

Le XXe siècle a été celui de la régulation économique et sociale de très grande ampleur, à l’échelle tant nationale que transnationale. Cette journée d’étude, organisée par Paul-André Rosental (Sciences Po-ESOPP), en abordera des aspects centraux (consommation, niveau de vie, protection sociale) dans un cadre comparatif entre Europe, États-Unis et Japon. Elle ne se contentera pas d’observer les modalités macropolitiques et macroéconomiques de cette régulation, qui entendait ainsi apaiser voire neutraliser les tensions pour ne pas dire les luttes de classes et de groupes sociaux. Elle en abordera également les dimensions  anthropologiques, à savoir la volonté de façonner les comportements individuels, les normes morales, tout en fabriquant une hiérarchie sociale et des équilibres générationnels négociés comme politiquement acceptables.

contact : esopp@ehess.fr

 

Programme

 

Matin 9h-13h
Salaire minimum et précarité, du plein emploi au chômage de masse

Paul-André Rosental et Bernard Thomann (Inalco et Esopp)
La notion de « régime de précarité » en France et au Japon à l’épreuve des Trente Glorieuses

Jérôme Gautié (Université de Paris 1)
Salaire minimum et marché du travail à bas salaire en France depuis les années 1970

 

Après-midi 15h-19h
Anthropologie du marché, de la protection sociale et de la consommation

Paul Schor (Université Paris-Diderot)
Home Economics
et ciblage des minorités dans les États-Unis du premier XXe siècle.

Florence Weber (École Normale Supérieure)
Marcel Mauss, la protection sociale et le retour de la pauvreté

 

 

Lieu

EHESS (Salle 8)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Les pendus de Londres. Crime et société civile au XVIIIe siècle. Peter Linebaugh

Les pendus de Londres. Crime et société civile au XVIIIe siècle. Peter Linebaugh

Vendredi 4 mai à 20h - Débat-Rencontre

Présentation

Au XVIIIe siècle à Londres, la potence ne sert pas seulement à punir les criminels. Elle contribue aussi à imposer aux pauvres la tyrannie du capitalisme moderne naissant. La pendaison est un spectacle dissuasif pour quiconque tenterait de contrevenir à la loi de la propriété privée, ne fût-ce que pour ne pas mourir de faim.

Mêlant habilement l’analyse historique minutieuse et le récit picaresque, Les pendus de Londres dresse une histoire sociale du crime, le récit de la justice et de la peine capitale. En recourant à une abondance de sources primaires – archives judiciaires, chansons et poèmes populaires, confessions et dernières paroles de condamnés –, l’auteur fait revivre les pendus, ces travailleurs ordinaires que rien ne destinait à la potence mais dont les usages et les coutumes apparaissaient comme une menace pour les élites au pouvoir.
Peter Linebaugh, disciple d’E.P. Thompson, a publié ce classique de l’«histoire par en bas» en 1991, ouvrage enfin traduit en français grâce aux efforts communs du CMDE et de Lux.

La rencontre, en présence de Peter Linebaugh et Philippe Minard, sera présentée par Quentin Deluermoz.

 

Les pendus de Londres. Crime et société civile au XVIIIe siècle.Peter Linebaugh, trad. Frédéric Cotton et Elsa Quéré, coédition Collectif des Métiers de l’Édition/Lux Éditeur (diff. Harmonia Mundi), 2018, 648 p.

 

Lieu

L’Atelier
2bis, rue du Jourdain
75020 Paris

Embodiment, Evidence, and Sorcery/Incorporation, sorcellerie et preuve

Embodiment, Evidence, and Sorcery/Incorporation, sorcellerie et preuve

Jeudi 24 mai de 14h-17h - Demi-journée d'étude

Présentation

Embodiment, Evidence and Sorcery [Incorporation, sorcellerie et preuve], organisée par Elizabeth Claire (Histoire du Genre), autour des recherches de VK Preston (University of Toronto, Canada), est une demi-journée d’étude qui prend pour cas d’étude le Ballet de la Délivrance de Renaud « dansé par Sa Majesté en la Grand’ Salle du Louvre le dimanche 29 janvier 1617 ». L’analyse du ballet et de ses archives met en lumière le procès de 1617 de Leonora Galigaï accuséede textes diffamatoires et théâtraux et soupçonnée d’être sorcière et juive. Cette rencontre avec les libelles propose un débat avec VK Preston qui présentera ses recherches en cours sur l’histoire culturelle de la danse, du droit et du genre. La discussion s’inscrit dans les 1re et 2e axes du Groupe Histoire du genre : « Histoire du corps, des pratiques corporelles et des sexualités » et « Histoire des croyances et des pratiques religieuses, institutions religieuses et dissidences » et s’organise en partenariat avec l’EMoDiR (Early Modern Religious Dissents and Radicalism, https://emodir.hypotheses.org). 

Discutants :

  • Alessandro Arcangeli, Professore associato di Storia moderna, Università de Verona, Italie ;

  • Elizabeth Claire, Chargée de recherche au CNRS (CRH) ;

  • Sophie Houdard, professeure de littérature française du XVIIe siècle à l'université Sorbonne nouvelle-Paris 3, membre de l'EA 174 Firl, et co-responsable du Grihl ;

  • Xenia von Tippelskirch , professeure junior de l’Histoire de la Renaissance à la Humboldt-Universität de Berlin et Chaire d’Histoire moderne à l’Universität Kassel, Allemagne.

 

Programme

 

Lieu

FMSH (Salle A03_35)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Vins et drogues illicites, quels plaisirs, quelles ivresses ?

Vins et drogues illicites, quels plaisirs, quelles ivresses ?

Jeudi 17 mai de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

« Enivrez –vous sans cesse ! » intimait le poète, mais Baudelaire opposait le vin qui rend « bon et sociable » au haschich, qui « annihile la volonté », parce qu’il ouvrirait « la porte du paradis ».  Le plaisir incommensurable des drogues illicites ?  L’argument a été invoqué pour justifier leur prohibition. Entre temps, l’opposition binaire ivresses licites/ivresses illicites a volé en éclat avec l’expérience des poly usages. Qu’est-ce qui se fabrique, s’invente ou se reproduit avec la modification des états de conscience ? De la mise en scène des ivresses socialisées aux « hérétiques de la sensation » qui annonçaient selon Henri Michaud « un érotisme devenu éclectique », on s’efforcera ici d’appréhender comment les états modifiés de conscience travaillent le corps social, les mondes alternatifs éphémères ou encore les lignes de fuite qui ouvrent à un autre espace-temps, à une autre relation à soi et aux autres- sans oublier les reterritorialisations au risque de se perdre. 

  • Michał Herer
    L’alcool et les (autres) drogues. Une approche philosophico-politique

  • Anne Coppel
    Ivresse et lignes de fuite

  • Véronique Nahum-Grappe
    L’ivresse comme norme ou écart aux normes ? Les états psychotropes dus aux substances licites sont-ils différents pour l’ethnologue ?

Discutante : Carmen Bernand, anthropologue

 

Michał Herer
Michal Herer enseigne la philosophie contemporaine à l’Université de Varsovie. Ouvrages parus : Gilles Deleuze. Struktury – Maszyny – Kreacje [Gilles Deleuze. Structures – Machines – Créations, 2006], Filozofia aktualności. Za Nietzschem i Marksem [Philosophie de l’actualité. Apres Nietzsche et Marx, 2012] etPochwała przyjaźni [Éloge de l’amitié, 2017] ; traducteur de Foucault, Deleuze, Althusser et Theweleit.

Anne Coppel
Sociologue, spécialiste de la politique des drogues, entre recherche, expérimentation et engagement associatif ; lutte contre le sida et  réduction des risques. Ouvrages publiés : Le Dragon domestique, avec C. Bachmann, Albin Michel, 1989 ;  Peut-on civiliser les drogues ?,  La Découverte 2002 ;  avec Olivier Doublre,Sortir de l’impasse. De la guerre à la drogue à la réduction des risques, la Découverte 2012 ; avec Michel Kokoreff et Michel Péraldi (Dir.), La Catastrophe invisible. Histoire sociale de l’héroïne, Ed. Amsterdam, 2018.

Véronique Nahum-Grappe
Anthropologue à l'EHESS, (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain). L'un de ses domaines de recherches concerne les onduites d’excès et de dépendance. La dimension anthropologique plus que psychologique est retenue : normativité sociale, seuils, tolérances et interdits implicites ou explicites. Elle consacrera deux de ses ouvrages à l'ivresse, Vertige de l’ivresse. Alcool et lien social (2010), et La Culture de l’ivresse - Essai de phénoménologie historique (1991).

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

EHESS
CNRS

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Dernière modification :
25/05/2018