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2015

David Garrioch Les hommes et les choses. Essais d'histoire religieuse sur le Paris d'Ancien Régime

David Garrioch Les hommes et les choses. Essais d'histoire religieuse sur le Paris d'Ancien Régime

Lundi 5 janvier de 9h-18h, Table ronde

Présentation

David Garrioch, professeur à l’Université Monash (Australie) est une des spécialistes mondiaux les plus réputés de l’histoire de Paris. Il sera en janvier 2015 directeur d’études invité pour la troisième fois.

Pour marquer cette venue, est organisée par le LaDéHiS et le CARE une table ronde intitulée Les hommes et les choses : essais d’histoire religieuse sur le Paris d’Ancien Régime. Cette table ronde sera l’occasion de discuter du champ de validité de la notion de « catholicisme corporatif », élaborée par les travaux de R. Descimon sur le 16e siècle et du livre dirigée Par Laurence Croq et David Garrioch, La Religionvécue. Les laïcs dans l’Europe moderne. Rennes, Presses universitaires, 2013. La table ronde du 5 janvier prélude à une nouvelle publication.

 

Programme

Discutants :
Dominique Julia
(CNRS) et Isabelle Brian (Université Paris I)

Matin (sous la présidence de Pierre-Antoine Fabre, directeur d’études)

9h15 - Introduction par Robert Descimon
Définition et champs d’application de la notion de catholicisme corporatif.

10h15 - Nicolas Lyon-Caen
L’usage janséniste des reliques à Paris au 18e siècle

11h15 - Robert Descimon et Nicolas Lyon Caen
Les ornements des églises et l’empreinte des paroissiens notables dans l’espace sacré (Paris, 16e-18e siècle)

Après-midi (sous la présidence de Nicole Lemaitre, professeur émérite à Paris I)

14h15 - Laurence Croq et Robert Descimon
La confrérie des porteurs de la châsse de sainte Geneviève.
Constantes et ruptures d’un engagement confraternel (16e-18e siècle).

15h15 - Mathieu Marraud
L'articulation des confréries au métier dans les Six Corps de marchands parisiens.
Les mutations du 18e siècle

16h15 - Conclusions de David Garrioch
Vers une histoire socio-religieuse des confréries parisiennes au 18e siècle

 

Lieu

EHESS
Salles 638-640

190, avenue de France
75013 Paris

Travail libre/travail forcé. Contraintes locales et dynamiques globales. Afrique, Europe, Asie, du XVe siècle à nos jours

Travail libre/travail forcé. Contraintes locales et dynamiques globales. Afrique, Europe, Asie, du XVe siècle à nos jours

9 et 10 Janvier, Journées d'étude

Présentation

Ce projet se propose de rendre compte des relations entre coercition et travail sur la longue durée, du XVe siècle jusqu’à nos jours, sur des espaces multiples et hiérarchisés en Afrique, en Asie et en Europe.

Nous avançons des analyses novatrices de la tension entre travail libre et travail forcé et qui relient recherche, formation et dialogue avec les institutions nationales et internationales en charge de ces problématiques. Notre projet instaure un dialogue intense entre les spécialistes de ces régions, historiens, anthropologues, juristes, économistes, sociologues, démographes et membres des organisations internationales et des ONG en vue d’avancer une compréhension de ce phénomène et de suggérer des politiques appropriées.

La première hypothèse qui fédère notre groupe est que les définitions et les pratiques des formes du travail dit « libre » et du travail dit « forcé » prennent appui les unes sur les autres dans le temps et l’espace. Les dynamiques du travail en Afrique ne peuvent pas se comprendre hors de leurs interactions avec les mondes de l’Océan Indien, d’Asie et d’Europe. C’est là une nouveauté radicale par rapport aux approches dominantes en histoire, droit, anthropologie, économie et sociologie du travail, où le dialogue fait souvent défaut entre les spécialistes de l’Europe et du salariat, de même qu’entre les spécialistes du travail forcé et du travail non-capitaliste dans des aires non-européennes en particulier.

En même temps, et c’est là la deuxième hypothèse à l’origine de notre démarche, nous tenons compte à la fois des approches des économies-mondes (Braudel, Wallerstein) et des spécificités de chaque aire culturelle. Nous considérons que les dimensions locales, les valeurs et significations des aires ne s’estompent pas nécessairement dans une dimension globale. Plutôt que de tracer l’histoire à rebours de la globalisation, nous mettrons en évidence les interactions complexes entre plusieurs échelles, non seulement dans le passé, mais aussi de nos jours.

Axes de recherche

  • Définitions : La limite incertaine entre travail « libre » et travail « forcé » entre savoirs locaux et circulations globales.

  • Traite, migrations et mobilité du travail.

  • Travail, capital et genre.

  • Origines et formes de la contrainte : dette, guerre, marchés.

  • Institutions, résistance et « prise de parole ».

Circulation des savoirs et des catégories

On s’intéressera ici à la pluralité des définitions et aux effets de leur circulation et de leur transposition dans le temps et dans l’espace.

Cette circulation peut être source de complexification, mais aussi d’homogénéisation, de différenciation, voire de hiérarchisation. Elle pose par ailleurs le problème de la traduction et de la mise en équivalence des pratiques du travail et des formes d’asservissement ainsi que des tensions entre valeurs locales et droits universels.

Institutions, résistance et « prise de parole »

Les définitions et les catégories du travail ne peuvent être pensées indépendamment des institutions et des acteurs qui les produisent et les utilisent.

Ainsi, dans des contextes différents, les institutions utilisent plusieurs instruments pour mobiliser le travail, le motiver, ou pour restreindre la mobilité jusqu’à transformer les travailleurs en asservis. Elles s’appuient sur des catégories et des notions qu’il faudra étudier dans leur origine et usage sur la très longue durée et dans des espaces multiples.

C’est dans ce cadre que la multiplicité d’acteurs et d’institutions conduit à évaluer les modalités de « prise de parole » (droits judiciaires, droits politiques, actifs économiques, mouvements sociaux, résistance au travail, etc.). Complémentaires dans certains contextes, substituts dans d’autres, ces modalités méritent donc d’être examinées en détail tant dans leur expression que dans leur impact sur les formes du travail.

Programme

Lieu

Centre Malher
Amphithéâtre Georges Dupuis
9, rue Malher
75004 Paris

Intégration et sport

Intégration et sport

Mercredi 7 janvier de 15h-19h, Séminaire exceptionnel

Cette séance organisée par Morgane Labbé sera l'occasion d'accueillir Tatjana Lichtenstein (University of Texas) et Marion Fontaine (Université d'Avignon). Elle traite du sport comme d'une institution où se jouait ou déjouait l’intégration des populations ainsi que la mise en forme du social et du national, par l’éducation et la performance physiques, et leur représentation. Le choix de la perspective comparative sur deux terrains éloignés - le monde urbain et industriel du Nord de la France, et la Tchécoslovaquie plurinationale de l’entre-deux-guerres -, autour du thème des pratiques et sociabilités sportives, permet de croiser les interrogations que chacune des deux historiennes invitées a portées à partir d’elles sur l’histoire du monde ouvrier ou celui du sionisme.

Tatjana Lichtenstein
Maccabi in Czechoslovakia : jewish sport, citizenship and national Mobilization

Marion Fontaine
Organiser, distinguer, intégrer : sport et monde social minier

Lieu

EHESS
(Salle A du Conseil)
190, avenue de France
75013 Paris

Conférences de Mauricio Onetto

Conférences de Mauricio Onetto

Lundi 19 janvier de 9h-11h, Séminaire exceptionnel

Conférences

Dans le cadre su séminaire d'Alain Musset, Représenter la ville

La perception historique d’un territoire et la définition de l’identité d’un pays. Chili, XXᵉ siècle (Partie I)

Le séminaire analysera comment, au XXᵉ siècle, l’image du territoire chilien fut intégrée par les différents acteurs sociaux, pour définir une partie de son identité. L’exposition tentera de présenter les éléments qui ont composé cette image et qui ont été utilisés pour former un récit historique autour d’elle. Notre objectif est d’aborder les problématiques entre le souvenir (mémoire), le territoire et la formation d’un récit historique.
Pour démontrer nos idées, nous analyserons différents événements catastrophiques qui ont eu lieu au cours du XXᵉ siècle et qui ont, selon nous, alimenté ce récit. Nous utiliserons comme exemples une série d’articles de presse et de vidéos. 

Vendredi 19 décembre de 9h-11h, EHESS (salle 11) - 105, boulevard Raspail - 75006 Paris

 

Avec Eliza Benites
La perception historique d’un territoire et la définition de l’identité d’un pays. Chili, XXᵉ siècle (Partie II)

Le séminaire aura pour but de réfléchir sur la manière dont, actuellement, la perception historique du territoire est utilisée, non seulement pour appuyer une supposée identité chilienne, mais aussi pour définir des politiques spatiales concernant le territoire. Nous analyserons pour cela deux exemples concrets (discours et pratique). Le premier est la campagne touristique Chile es Tuyo  et le second est le système de transport qui a été mis en place ces dernières années, appelé Transantiago.

Vendredi 9 janvier de 9h-11h, EHESS (salle 11) - 105, boulevard Raspail - 75006 Paris

Une autre histoire : Jacques Le Goff (1924 - 2014)

Une autre histoire : Jacques Le Goff (1924 - 2014)

Mardi 27 janvier de 9h-19h, Journée d'étude

Présentation

Jacques Le Goff a été l’un des très grands historiens de son temps. Disparu il y a quelques mois, il a été l’objet d’une ample reconnaissance à travers le monde. Ses collègues, ses amis, ses lecteurs rendront un hommage public à son œuvre et à sa mémoire lors d’une journée de débats organisée par l’École des hautes études en sciences sociales – qu’il a fondée et présidée de 1975 à 1977 et où il a enseigné et mené ses recherches de 1962 à 1992 – et la Bibliothèque nationale de France. Quatre tables rondes permettront de rappeler son rôle central dans le « moment » intellectuel et scientifique des années 1960-1980, de souligner l’importance de son œuvre d’historien du Moyen Âge, d’évoquer son rayonnement international et enfin de camper l’homme public, passionné par les médias comme par le devenir de l’Europe. Des projections audiovisuelles ponctueront chacun de ces débats.

Programme

Lieu

BnF - Petit auditorium
Quai François Mauriac
75013 Paris

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Andrea Daher. L’Oralité perdue. Essais d’histoire des pratiques lettrées (Brésil, XVIe - XIXe siècle)

Andrea Daher. L’Oralité perdue. Essais d’histoire des pratiques lettrées (Brésil, XVIe - XIXe siècle)

Lundi 19 janvier de 14h-16h, Les rencontres du GEHM

Présentation

Dans son ouvrage L’Oralité perdue. Essais d’histoire des pratiques lettrées (Brésil, XVIe - XIXe siècle) (à paraître, traduction de A oralidade perdida. Ensaios de história das práticas letradas. Rio de Janeiro: Civilização Brasileira, 2012), Andrea Daher s'interroge sur les représentations et les usages de la langue tupi dans les textes des voyageurs et des missionnaires, dans les pratiques des jésuites, des interprètes, des administrateurs, mais aussi sur la longue durée des usages culturels de la langue tupi dans le Brésil moderne, qu'accompagne la monumentalisation littéraire et patrimoniale des textes des XVIe-XVIIe siècle.

Lieu

EHESS
Salle 15
190, avenue de France
75013 Paris

Epistemic Genres : Tools for the Cultural History of Knowledge

Epistemic Genres : Tools for the Cultural History of Knowledge

Lundi 16 février de 14h-16h - Les Rencontres du Gehm en collaboration avec le CAK

Présentation

In this lecture, Gianna Pomata will discuss the notion of “epistemic genre” and its use for the history of knowledge. While “styles of knowing” have been widely debated by historians and philosophers of science, less attention has been paid to the genres of scientific texts. She propose to call "epistemic" that class of genres which develop in tandem with scientific or cognitive practices -just to give a few examples: the treatise, the lecture, the commentary, the encyclopedia, the textbook, the aphorism, the essay, the medical recipe, the case history, etc.

G. Pomata will argue that the notion of genre has a cognitive, and not only literary, dimension. She will also argue that a focus on epistemic genres can be very useful for the cultural history of science, especially in a long-term and cross-cultural, comparative dimension. She will examine in particular three of the benefits that a focus on epistemic genres may bring to the cultural (and cross-cultural) history of knowledge: a) A better awareness of the long duration in the history of cognitive practices. b) A rapprochement of the social history of practices and the intellectual history of concepts, both indispensable to our historical understanding of knowledge and science, but all too often cultivated as separate enterprises.c) A new perspective from which to examine the issue of inertia versus innovation -a key issue in the history of scientific traditions.

 

Lieu

EHESS
Salle 15
190, avenue de France
75013 Paris
 

Les cadavres dans les violences de masse et les génocides : Impensés sociaux et dénis académiques

Les cadavres dans les violences de masse et les génocides : Impensés sociaux et dénis académiques

Mercredi 4 février de 15h-19h, séminaire exceptionnel

Présentation

Séance organisée par Paul-André Rosental

 

Elisabeth Gessat Anstett (CNRS/IRIS)
L'anthropologie sociale face aux cadavres en masse

Jean-Marc Dreyfus (Université de Manchester)
Substituts ou reliques ?
Les transferts de cendres et de restes humains après la déportation et la Shoah, 1945-1955

Elisabeth Anstett, anthropologue et Jean-Marc Dreyfus, historien, présenteront la recherche qu’ils dirigent, à l’échelle planétaire, sur la destinée des cadavres issus des violences de masse et génocides. Soutenu par l’European Research Council, ce projet pluridisciplinaire compare, sur tous les continents, le sort fait aux cadavres et au corps des victimes, depuis l’étape de leur destruction jusqu’à celle de leur commémoration, dans les configurations de crimes de masse. Les deux exposés présenteront les effets de cet angle de réflexion novateur sur l’analyse des violences extrêmes au 20e siècle et de leur postérité. Dans le cadre spécifique du séminaire Esopp, ils contribueront également à repenser, par leur envers, la question de la régulation politique des populations à l’époque contemporaine.

 

Lieu

EHESS
Salle A du Conseil
190, avenue du France
75013 Paris
 

Ecrits privés des bourreaux nazis

Ecrits privés des bourreaux nazis

Mercredi 4 février de 15h-19h, Séminaire exceptionnel

Présentation

En avril 1983, le magazine Stern suscita une émotion mondiale en annonçant la découverte et la publication des journaux intimes inédits d’Adolf Hitler. Supposé avoir été tenu entre 1932 et 1945 et receler des informations susceptibles de modifier substantiellement l’histoire du IIIe Reich, le journal était en réalité un faux grossier. L’histoire des faux carnets de Hitler est donc une simple histoire d’escroquerie, mais elle nous dit beaucoup sur le rapport que nous entretenons avec les sources intimes ou privées – celles où l’acteur historique parle à la première personne. Nous : les historiens mais aussi, dans un même mouvement, tous ceux que le passé intéresse, qui entretiennent un lien avec lui. La publication, en 2008, du Journal, cette fois parfaitement authentique, de Hélène Berr confirme assurément cette assertion. Le succès remarquable rencontré par ces journaux intimes relatant la vie quotidienne d’une jeune juive parisienne au temps de la « solution finale » n’est nullement dû aux notations susceptibles de modifier le « grand récit » de la persécution des juifs en France : les écrits d’Hélène Berr n’en contiennent pas. Ce qui a été déterminant, c’est la capacité de l’auteur à se constituer de manière posthume comme une figure idéale dans lequel le public, plus d’un demi-siècle après Anne Frank, pouvait s’identifier et grâce à laquelle il pouvait parvenir à une compréhension renouvelée, car empathique, de l’événement.

L’historiographie du nazisme et de la Shoah a bel et bien été scandée, ces dernières années, par l’apparition de sources intimes ou privées inédites dont la réception publique a dépassé, en terme d’ampleur, les réactions suscitées par n’importe quel autre type de source. Le succès de la publication pourtant très abrégée du Journal de Goebbels en français, l’engouement après la mise au jour de Mémoires inédits d’Eichmann ou l’édition de la correspondance privée entre les époux Himmler, le buzz planétaire quand fut annoncée la découverte du Journal d’Alfred Rosenberg, mais aussi le succès durable du Journal de Viktor Klemperer ou des gouaches autobiographiques de Charlotte Salomon, celui d’Hélène Berr en France et ailleurs, ou de Friedrich Kellner en Allemagne, la multiplication des journaux intimes de victimes ou de rescapés juifs : tout témoigne d’une sorte d’hypersensibilité aux sources intimes ou privées, dans la sphère publique comme dans le travail des historiens. Sans doute, ce phénomène n’est pas propre à cette histoire particulière et traverse, à des intensités diverses, tous les champs historiques. La proximité de la Shoah ne fait qu’exacerber les attentes. C’est pour cela qu’elle constitue un domaine précieux d’observation sur l’usage que nous faisons de ce genre de sources.

Pour cette première séance exceptionnelle de séminaire sur les écrits intimes ou privés, l’équipe Histoire et historiographie de la Shoah (CRH-GEHM, EHESS-CNRS) a choisi de se focaliser sur les sources privées des bourreaux. A travers une série de cas, il s’agira de comprendre à la fois les différents apports de ces sources inédites et les problèmes méthodologiques qu’ils posent – en particulier quand il s’agit d’évaluer leur degré de sincérité. Le succès des Journaux intimes de victimes de la Shoah nous le montre bien : ce que nous cherchons à percer, c’est l’individu dans ce qu’il a d’irréductible, à la fois singulier et universel. L’intensité de notre attention n’est pas moins grande pour les journaux de bourreaux, mais elle fonctionne sur un mode spécifique : nous cherchons à débusquer l’individu derrière ou malgré ses crimes pour savoir s’il est encore possible d’être un individu quand on est un si grand criminel. En d’autres termes, nous testons la possibilité d’une discordance entre la personne agissante et son moi intime auquel ces sources nous permettent, croit-on, d’accéder. Ce test est voué à échouer. Ce dont il est le signe, c’est de notre incrédulité devant les discours nazis : nous n’arrivons pas à croire que les acteurs historiques croyaient ce qu’ils disaient, ni que leurs paroles pouvaient informer leur action. Leur action, que nous nous accordons à juger monstrueuse, et leur discours, que nous haïssons et qui, pour cette raison même, nous demeure impénétrable ou étranger, fonctionnent comme un couple cohérent que nous n’avons de cesse, pourtant, d’interroger : c’est sans doute que, de manière ultime, il met en défaut les représentations que nous nous faisons ce qu’est un homme.

Programme

Lieu

EHESS
(Salle Jean-Pierre Vernant)
190, avenue de France
75013 Paris

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Milk flowing from Venus ’ Breast: lactation and sexuality in the art and medicine of the Ren

Milk flowing from Venus ’ Breast: lactation and sexuality in the art and medicine of the Ren

Jeudi 5 février de 13h-15h - Séminaire de l' Axe Genre

Présentation

In this lecture, G. Pomata examines an allegorical painting by Paolo Veronese, conventionally called “Venus and Mars United by Love” (Metropolitan Museum, New York) and the unusual image of Venus lactans (lactating Venus) represented in the picture. Historians of art have been puzzled by this image, and no satisfactory interpretation has been advanced so far. G. Pomata offers a new interpretation of Veronese’s Venus lactans in two ways: first, by contextualizing the image in the Renaissance iconography of lactation; second, by examining the understanding of the female breast in 16th century medical discourse. In both contexts, pictorial and medical, she argues, the lactating breast was perceived not simply as a symbol of motherhood but as a locus of conjunction of the nutritive and the erotic, the maternal and the sexual.

 

Lieu

EHESS
(Salle 1)
190, avenue de France
75013 Paris

L’Histoire pratique de la politique dans le premier péronisme : Les conventions à l’échelle locale

L’Histoire pratique de la politique dans le premier péronisme : Les conventions à l’échelle locale

Lundi 9 février de 15h-17h - Séance exceptionnelle de séminaire

Présentation

Dans le cadre du séminaire d'Yves Cohen Influence et contre-influence aux XXe et XXIe siècles : études d’histoire des pratiques, Mariana Garzon-Rogé présentera l'examen des pratiques politiques saisies au niveau des assemblées locales (Mendoza) qui donne un autre visage à ce qu’apprend l’histoire politique classique du péronisme. Cette intervention ne présente donc pas une chronique locale mais une micro-histoire qui interroge par l’étude des pratiques les manières de faire de l’histoire.

 

Lieu

EHESS
Salle 5
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Liberalismo extraño. Religión, política y modernidad en el Atlántico hispano

Liberalismo extraño. Religión, política y modernidad en el Atlántico hispano

Mardi 10 février de 14h-17h - Séminaire exceptionnel du GEI

Historien de l'Etat et du premier libéralisme espagnol, José María Portillo Valdés évoquera avec Elodie Richard, les liens entre identité catholique et constitutionnalisme libéral dans le monde hispanique au XIXe siècle (Espagne-Amérique hispanique). Il interviendra en espagnol mais il est anglophone et pourra répondre aux questions posées en anglais et en français.

Lieu

Cité internationale universitaire
Collège d’Espagne
7E Boulevard Jourdan
75014, Paris

The Hidden Abodes of Production Labour. Commodities and Repertories of Evaluation in the European Eignteenth and Nineteenth Centuries

The Hidden Abodes of Production Labour. Commodities and Repertories of Evaluation in the European Eignteenth and Nineteenth Centuries

19 et 20 février - Colloque international

Présentation

Indifference towards any specific kind of labour presupposes a very developed totality of real kinds of labour, of which no single one is any longer predominant. As a rule, the most general abstractions arise only in the midst of the richest possible concrete development, where one thing appears as common to many, to all. – Karl Marx Research and d ebate on workers’ alienation and estrangement during the industrial revolutions has in its heydays in the 1970s and 1980s predominantly focused on technological, organizational and managerial transformations. From a Marxist point of view, the loss of contr ol over the means of production and the division of labour remained the fulcrum around which alienation could be explained in a setting of disciplinary practises and deskilling processes. Harry Braverman drew on his long experiences as a factory worker to explain the long - term tendency of homogenisation of labour in the execution of industrial production. His work Labor and Monopoly Capital (1974) caused heated debates among labour historians, political economists and sociologists. Subsequently, discussions during the ‘cultural turn’ have helped to appreciate the importance and relative autonomy of perceptions of and discourses on labour - whether from outside or from the workers themselves. E.P. Thompson brought the workers’ agency in the production process to light, and emphasized the importance of extra - economic elements in the transformation of concrete labour into labour power – i.e., moral conventions, social status, community ties. Nonetheless, theoretical debates on alienation and commodity fetishism notwithstanding, historians have refrained from examining the practical and at the same time imagined and discursive connections which artisans and workers forged with raw material and the products of their labour. How did the relationship of artisans and workers with their materials and products change during periods of economic transformation? The organisers of this conference intend to enter that terra incognita by studying the importance of cultural practices and repertoires of evaluation in material pr ocesses of production and the construction of product value. To that end, labour will be related to every day practices on the shop floor, political discourses on labour skills and product values, the changing conditions of the workplace, and changing rela tions, practices and sources of power. This conference attempts to adopt a comparative angle between European regions. Doing so, this angle can promote further de - limitations of heterodox, integrative approaches:

  • The perception of labour skills and the ass essment and construction of product values;

  • The repertoires of evaluation concerning the relation between labour and the exchangeable commodity;

  • Different forms of alienation and microphysical relations of power and conventions in the putting - out networks, manufactures and factories during the eighteenth and nineteenth centuries;

  • Continuities and changes in the political discourse on labour processes and institutional reforms.

Programme

Lieu

Université d'Anvers
Prinsstraat 13,
2000 Anvers
Belgique

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Finances publiques en temps de guerre. Déstabilisation et recomposition des pouvoirs

Finances publiques en temps de guerre. Déstabilisation et recomposition des pouvoirs

26 et 27 mars - Journées d'étude

Organisatrices : Florence Descamps (EPHE) et Laure Quennouelle-Corre (CRH)

Présentation

Après les journées d’étude de septembre 2014 consacrées à la mobilisation financière et aux différents choix de financement de la guerre faits par les belligérants, les secondes journées d’études des 26 et 27 mars 2015 seront consacrées aux institutions en charge des finances publiques, à leur déstabilisation par le conflit, aux mesures qu’elles ont mises en œuvre pour s’adapter à l’Etat de guerre et aux recompositions du système financier public que la guerre suscite ou annonce.  

Quatre axes d’étude ont plus spécialement été retenus :

Du côté du pouvoir exécutif, comment les successifs ministres des Finances, Alexandre Ribot et Louis-Lucien Klotz, ont-ils assumé leurs responsabilités dans la conduite de la guerre ? De quelles ressources politiques, économiques, sociales, intellectuelles et de quelles compétences financières disposaient-ils pour y faire face ?  Quel était leur poids dans le gouvernement et face au Parlement, mais aussi face aux milieux d’affaires ? Comment se sont-ils positionnés par rapport aux ministères politiques (Guerre, Affaires étrangères, présidence du Conseil) et économiques (Commerce/Industrie, Armement, Travaux Publics, Ravitaillement etc.) ? Par rapport au Parlement ? Comment ont-ils arbitré entre la préservation des principes du libéralisme et les adaptations nécessaires à la conduite d’une économie de guerre ? Comment qualifier la gestion comparée de Ribot et de Klotz ?

Du côté du Parlement, quels ont été les parlementaires qui ont compté ou pesé dans la définition de la politique financière et budgétaire ? Quels ont été les points de débats les plus importants en matière de financement de la guerre ou de finances publiques ? Quelles procédures les Commissions financières ont-elles mises en place pour contrôler les finances de guerre ? Avec quels résultats ? La Première Guerre mondiale a-t-elle été l’occasion de modifications ou de perfectionnements dans la procédure budgétaire ou dans la répartition des pouvoirs budgétaires ? Quels ont été les aménagements apportés au droit budgétaire et comptable ?

Du côté de la gestion des finances publiques, quel a été l’impact de la guerre sur le système budgétaire  et ses différentes institutions (ministère des Finances, Cour des Comptes, commissions financières, ministères « dépensiers ») ?  Y a t’-il eu des innovations gestionnaires apportées au système de gestion des finances publiques, au niveau central ou au niveau local ? Quelle a été l’attitude et l’action des ministères en matière de dépense (marchés de fournitures et d’armement, comptes spéciaux etc.) ? Quelles ont été les réalisations ou les réflexions des responsables des finances publiques en matière de contrôle de la dépense ?  Les juristes de finances publiques ont-ils joué un rôle pendant la durée de la guerre ?

Enfin, du côté des administrations et des fonctionnaires, quel a été l’impact social et humain de la guerre sur les institutions financières, en matière d’organisation, de structures et de personnels ?

Programme

Lieu

Ministères économiques et financiers
Centre de conférences Pierre-Mendès-France
Salle François-Bloch-Lainé
139, rue de Bercy
75012 Paris

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Périodisations et régimes de temporalité en histoire (I)

Périodisations et régimes de temporalité en histoire (I)

Vendredi 6 mars de 9h30-17h30 - Table ronde

  Présentation

La remise en cause des découpages chronologiques conventionnels – histoire ancienne, médiévale, moderne et contemporaine – est fondatrice de la naissance même de l’EHESS. Avec Marc Bloch et Lucien Febvre, Fernand Braudel et ses régimes de temporalité multiples forgent une référence essentielle à l’architecture épistémologique et pédagogique de l’EHESS.

Après ces éléments fondateurs, de nombreuses nouveautés sont survenues au cours des dernières décennies :

1) Les découpages chronologiques en histoire européenne. Une mise en perspective historiographie s’impose étant donné les évolutions historiographiques dans ce domaine. Que reste-t-il aujourd’hui des périodisations académiques et quelles sont les alternatives proposées ?

2) L’irruption des aires culturelles. Leur essor à l’EHESS incite à un double questionnement. D’une part, chaque aire avance ses propres périodisations, plus ou moins liées aux historiographies nationales, voire nationalistes. Il s’agit donc de comprendre dans quelle mesure ces périodisations sont recevables et pour quels motifs. Mais d’autre part, l’histoire connectée, l’histoire globale et la world history encouragent, chacune à sa manière, à dépasser ces cadres traditionnels. En ce cas, comment proposer des périodisations capables de dépasser ces segmentations ? Quel rôle attribuer aux échelles temporelles ?

3) Les périodisations à elles seules ne constituent qu’un aspect du problème. Elles demandent à s’inscrire dans des débats non seulement historiographiques (à savoir, le moyen par lequel telle historiographie a pu produire telle périodisation), mais aussi épistémologiques. En ce cas, il s’agit de déterminer, tout d’abord, la nécessité des périodisations et leur raison d’être, et, en second lieu, la manière dont elles peuvent se relier aux problématiques plus générales des temporalités.

4) Cette dernière perspective, par exemple autour des trois temps braudéliens, renvoie aussitôt aux relations entre histoire, sciences sociales et sciences. L’article de 1958 combinait la longue durée à l’ambition d’intégrer histoire et sciences sociales. Cependant, depuis lors, cette interaction a été différemment mise en pratique. Aux USA, l’histoire relève essentiellement des humanités et il en va de même dans la plupart des universités françaises. Qu’en est-il de l’EHESS ? L’histoire est-elle encore une science sociale ou a-t-elle désormais basculé du côté des humanités ?
Une mise en perspective s’impose, notamment en tenant compte de l’essor des aires culturelles et de l’histoire connectée. L’érudition et les langues jouent un rôle central dans les deux cas, quoique de manière différente. Il est important de rendre ces différences explicites, puis, à partir de là, de préciser leurs relations avec les sciences sociales.

5) Les relations avec la science. Dans la tradition de l’EHESS, l’histoire de la science et les postures réflexives dominent la force et la spécificité de la recherche. La question se pose de concilier critique et réflexivité d’une part, avec reconstructions historiques, d’autre part. La circulation et la mise en pratique des savoirs dans des contextes pluriels constituent une réponse possible à cette question. Cette solution évince la question de la performativité des savoirs et de leurs pratiques, à l’affiche en histoire des sciences et de l’économie dans leur version euro-centrique. Faut-il pour autant radicalement écarter cette question ? Est-il possible de concilier une analyse réflexive des apports scientifiques avec leur usage « positif » en histoire et dans les sciences sociales ou bien faut-il accepter une incompatibilité, voire une rupture épistémologique majeure, entre ces domaines ?

6) Ces questions et les réponses apportées conditionnent non seulement la recherche mais aussi l’enseignement à l’EHESS : les passerelles entre histoire européenne et histoire des aires culturelles, le rôle dans ce cadre de l’histoire trans-aires se prêtent à discussion. En même temps, cette question ne pourra trouver de solution sans son complément, à savoir, quelle interdisciplinarité pour quelle histoire ?

Bien sûr il ne s’agit pas de discuter chacune de ces interrogations en particulier, mais de prendre pour point de départ le problème des périodisations et des temporalités confrontées les unes aux autres. Plusieurs sujets se prêtent à l’examen de cette confrontation : par exemple, les tensions entre sources et données ; entre langue, érudition et catégories des sciences sociales, etc. Si nous le souhaitons, nous pourrons très bien décider de continuer nos discussions sur ces points comme sur d’autres.

Nous avons conçu ces tables rondes comme de véritables échanges ouverts entre l’ensemble des participants. Les intervenants se limiteront dès lors à introduire les problèmes pendant une dizaine de minutes afin qu’un dialogue approfondi puisse émerger.

Deux tables rondes auront lieu en mars, le 6 et le 16 respectivement, sur les questions concernant les périodisations et régimes de temporalité en histoire européenne, dans les aires culturelles et en histoire des sciences, ainsi que sur les relations et croisements possibles.

Des journées d’études sur ce même sujet sont prévues début novembre, dans le cadre du programme GHC (ghc.wp.ehess.fr/) avec nos collègues de la Freie Universitat, Humboldt, Tokyo (Todai) et Princeton.

Contact : Alessandro Stanziani

Programme

9h30-13h00
Quelles périodisations pour l’histoire européenne ? Que reste-t-il du découpage entre histoire ancienne, médiévale, moderne, contemporaine ?

Cecilia D’Ercole (AnHima), Marcello Carastro (AnHima), Sylvain Piron (CRH), Mathieu Arnoux (CRH-Université Paris 7), Sabina Loriga (CRH), Jean-Yves Grenier (CRH)

14h-17h30
De l’histoire européenne aux aires culturelles : quelles périodisations, quels jeux d’échelles?

Alessandro Stanziani (CRH), Christian Lamouroux (Centre Chine), Romain Huret (CENA), Claudia Damasceno (Mondes américains)

Lieu

EHESS
Salle Vernant (8e étage, Noyau B)
190, avenue de France
75013 Paris

Périodisations et régimes de temporalité en histoire (II)

Périodisations et régimes de temporalité en histoire (II)

Lundi 16 mars de 9h30-17h30 - Table ronde

 Présentation

La remise en cause des découpages chronologiques conventionnels – histoire ancienne, médiévale, moderne et contemporaine – est fondatrice de la naissance même de l’EHESS. Avec Marc Bloch et Lucien Febvre, Fernand Braudel et ses régimes de temporalité multiples forgent une référence essentielle à l’architecture épistémologique et pédagogique de l’EHESS.

Après ces éléments fondateurs, de nombreuses nouveautés sont survenues au cours des dernières décennies :

1) Les découpages chronologiques en histoire européenne. Une mise en perspective historiographie s’impose étant donné les évolutions historiographiques dans ce domaine. Que reste-t-il aujourd’hui des périodisations académiques et quelles sont les alternatives proposées ?

2) L’irruption des aires culturelles. Leur essor à l’EHESS incite à un double questionnement. D’une part, chaque aire avance ses propres périodisations, plus ou moins liées aux historiographies nationales, voire nationalistes. Il s’agit donc de comprendre dans quelle mesure ces périodisations sont recevables et pour quels motifs. Mais d’autre part, l’histoire connectée, l’histoire globale et la world history encouragent, chacune à sa manière, à dépasser ces cadres traditionnels. En ce cas, comment proposer des périodisations capables de dépasser ces segmentations ? Quel rôle attribuer aux échelles temporelles ?

3) Les périodisations à elles seules ne constituent qu’un aspect du problème. Elles demandent à s’inscrire dans des débats non seulement historiographiques (à savoir, le moyen par lequel telle historiographie a pu produire telle périodisation), mais aussi épistémologiques. En ce cas, il s’agit de déterminer, tout d’abord, la nécessité des périodisations et leur raison d’être, et, en second lieu, la manière dont elles peuvent se relier aux problématiques plus générales des temporalités.

4) Cette dernière perspective, par exemple autour des trois temps braudéliens, renvoie aussitôt aux relations entre histoire, sciences sociales et sciences. L’article de 1958 combinait la longue durée à l’ambition d’intégrer histoire et sciences sociales. Cependant, depuis lors, cette interaction a été différemment mise en pratique. Aux USA, l’histoire relève essentiellement des humanités et il en va de même dans la plupart des universités françaises. Qu’en est-il de l’EHESS ? L’histoire est-elle encore une science sociale ou a-t-elle désormais basculé du côté des humanités ?
Une mise en perspective s’impose, notamment en tenant compte de l’essor des aires culturelles et de l’histoire connectée. L’érudition et les langues jouent un rôle central dans les deux cas, quoique de manière différente. Il est important de rendre ces différences explicites, puis, à partir de là, de préciser leurs relations avec les sciences sociales.

5) Les relations avec la science. Dans la tradition de l’EHESS, l’histoire de la science et les postures réflexives dominent la force et la spécificité de la recherche. La question se pose de concilier critique et réflexivité d’une part, avec reconstructions historiques, d’autre part. La circulation et la mise en pratique des savoirs dans des contextes pluriels constituent une réponse possible à cette question. Cette solution évince la question de la performativité des savoirs et de leurs pratiques, à l’affiche en histoire des sciences et de l’économie dans leur version euro-centrique. Faut-il pour autant radicalement écarter cette question ? Est-il possible de concilier une analyse réflexive des apports scientifiques avec leur usage « positif » en histoire et dans les sciences sociales ou bien faut-il accepter une incompatibilité, voire une rupture épistémologique majeure, entre ces domaines ?

6) Ces questions et les réponses apportées conditionnent non seulement la recherche mais aussi l’enseignement à l’EHESS : les passerelles entre histoire européenne et histoire des aires culturelles, le rôle dans ce cadre de l’histoire trans-aires se prêtent à discussion. En même temps, cette question ne pourra trouver de solution sans son complément, à savoir, quelle interdisciplinarité pour quelle histoire ?

Bien sûr il ne s’agit pas de discuter chacune de ces interrogations en particulier, mais de prendre pour point de départ le problème des périodisations et des temporalités confrontées les unes aux autres. Plusieurs sujets se prêtent à l’examen de cette confrontation : par exemple, les tensions entre sources et données ; entre langue, érudition et catégories des sciences sociales, etc. Si nous le souhaitons, nous pourrons très bien décider de continuer nos discussions sur ces points comme sur d’autres.

Nous avons conçu ces tables rondes comme de véritables échanges ouverts entre l’ensemble des participants. Les intervenants se limiteront dès lors à introduire les problèmes pendant une dizaine de minutes afin qu’un dialogue approfondi puisse émerger.

Deux tables rondes auront lieu en mars, le 6 et le 16 respectivement, sur les questions concernant les périodisations et régimes de temporalité en histoire européenne, dans les aires culturelles et en histoire des sciences, ainsi que sur les relations et croisements possibles.

Des journées d’études sur ce même sujet sont prévues début novembre, dans le cadre du programme GHC (ghc.wp.ehess.fr/) avec nos collègues de la Freie Universitat, Humboldt, Tokyo (Todai) et Princeton.

Contact : Alessandro Stanziani

Programme

9h30-13h00
Périodisations, échelles et aires culturelles 2

Wladimir Berelowitch (CERCEC), Larissa Zakharova (CERCEC), Liliane Hilaire Perez (CAK-Université Paris 7), Kapil Raj (CAK)

14h-17h30
Périodisations, échelles et histoire des sciences

Jean-Baptiste Fressoz (CAK), Fabien Locher (CRH), Frédéric Graber (CRH), Fréderic Obringer (Centre Chine)

Lieu

EHESS
Salle Vernant (8e étage, Noyau B)
190, avenue de France
75013 Paris

Paths for Agricultural Growth in Europe from the Sixteenth to the Mid-Twentieth Century

Paths for Agricultural Growth in Europe from the Sixteenth to the Mid-Twentieth Century

5-7 mars - International conference

Présentation

Ce colloque a pour objectif de réexaminer les voies de la croissance de l’agriculture européenne entre 1500 et 1950, au prisme des divers modèles que l’historiographie s’est efforcée de proposer, mais aussi de les critiquer. Il sera axé autour de cinq thèmes fédérateurs qui permettront d’examiner les questions suivantes :

— Quelle est l’évolution des techniques et des processus productifs agricoles ? Quelles sont leurs relations avec l’ensemble du progrès économique et l’émergence du capitalisme agraire ?

— Comment de nouvelles cultures sont-elles introduites dans les systèmes agraires complexes ? Quelles en sont les conséquences socio-économiques ?

— Quelles sont les améliorations introduites dans l’élevage des animaux ? Quelles sont leurs incidences sur l’ensemble de la filière de production ?

— Quelles sont les modifications dans la possession de la terre et dans le statut de la propriété ? Quels sont les résultats pratiques des projets conçus et mis en œuvre dans des buts explicitement économiques ?

— Quels sont les effets de l’émergence de nouveaux flux commerciaux internationaux ? Quels sont leurs effets sur les exploitations agricoles et sur l’industrie rurale et domestique ?

English Version

This workshop aims to re-examine the paths of growth in European agriculture between 1500 and 1950 by the critical use of various historical models. It will be both a critical examination of these historical models, explaining the successes and failures of national and regional agricultures, and an attempt to re-evaluate the specific relevance of contemporary growth models. It will focus on five unifying themes in order to look at the following questions:

— How did agricultural techniques and productive processes develop? What was their relation to economic progress in general and the emergence of agrarian capitalism?

— How were new cropsbrought into complex agrarian systems? What were the social and economic consequences of this?

— What improvements were made in stock rearing? What effect did this have on the whole production stream?

— What changes were made to land possession and ownership? What were the practical results of projects introduced for explicitly economic purposes?

— Whatwere the effects of new international trading patterns? What effect did they have on agricultural holdings and on rural and domestic industry?

Programme

Lieu

Conference Centre Monte Verita
Fondazione Monte Verità
Strada Collina 84
CH-6612 Ascona
Suisse

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Bobines et parchemins

Bobines et parchemins

24-29 mars - 3e Festival du film médiéval

Présentation

Cette année, le festival du Film médiéval Bobines et Parchemins est consacré aux femmes du Moyen âge au cinéma et se déroulera du 14 au 29 mars 2015, au cinéma Desperado, à la Cantada, au cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, et à la librairie Aaapoum Bapoum.

Programme en PDF

Lieu (principal)

Cinéma Desesperado
23, rue des Ecoles
75005 Paris

Rappelons enfin que l’entrée, au Desperado, est gratuite pour celles et ceux qui viendront en costume médiéval.

Autre lieux à voir sur le site

Un bilan du cent cinquantenaire de la naissance de Max Weber  Le Max Weber Handbuch (2014)

Un bilan du cent cinquantenaire de la naissance de Max Weber Le Max Weber Handbuch (2014)

Mardi 31 mars de 14h-18h - Journée d'étude

Présentation

À l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Max Weber, Hans-Peter Müller et Steffen Sigmund ont convoqué plus d’une quarantaine d’auteurs pour établir un état de la recherche sur Max Weber, sous la forme d’un ouvrage collectif de plus de 400 pages, conçu comme une petite encyclopédie. Ce volume se compose de quatre parties.
Une première (petite) partie porte sur le contexte biographique de l’œuvre. La seconde partie analyse en 41 chapitres les concepts les plus importants, De Arbeit und Beruf  à Wirtschaft, en passant par Charisma, Idealtyp, Macht und Herrschaft, Staat et bien d’autres.
La troisième partie étudie les différentes parties de l’œuvre de Weber (Histoire sociale et économique de l’Antiquité et du Moyen Âge, Structures sociales, politiques et économiques allemandes et européennes, Théorie de la science, Sociologie des religions, Economie et société, Les fondements rationnels et sociologiques de la musique, et les lettres de Weber.
La quatrième partie aborde en dix tableaux les grandes problématiques de l’œuvre de Weber et de sa réception.

La journée d’études sera l’occasion d’un débat entre des chercheurs français (historiens, sociologues, philosophes et politologues) et les responsables de cette encyclopédie, le Max Weber-Handbuch.

Lieu

EHESS (salle 640)
190, avenue de France
75013 Paris

La citoyenneté féminine, l’action publique et l’idée d’un « woman problem » en France et en Grande-Bretagne pendant l’entre-deux guerres/Womanhood and the ‘woman problem’ in the interwar period (France-Britain)

La citoyenneté féminine, l’action publique et l’idée d’un « woman problem » en France et en Grande-Bretagne pendant l’entre-deux guerres/Womanhood and the ‘woman problem’ in the interwar period (France-Britain)

Mardi 7 avril de 9h-18h - Journée d'étude

La citoyenneté féminine, l’action publique et l’idée d’un « woman problem » en France et en Grande-Bretagne pendant l’entre-deux guerres. L’historiographie britannique a longtemps accrédité l’idée d’un ‘recul’ dans les avancées du mouvement féministe dans les années d’entre-deux guerres, plus spécifiquement et paradoxalement après la loi sur le droit de vote des femmes en 1928 : il y aurait eu un ‘backlash’ contre le féminisme et la décennie des années trente marquerait un repli sur un féminisme dit domestique, c’est-à-dire une valorisation de la femme dans ses fonctions maternelles et domestiques. De fait le ‘woman problem’ –expression qui apparaît en réaction à la ‘New Woman’ de la fin du 19e siècle- devient central aux débats sur la citoyenneté dans l’entre-deux guerres : ‘womanhood’, le fait d’être une femme, est construit comme un problème, non seulement culturel et politique, mais également comme une question économique, démographique et sexuelle. ‘L’existence même des femmes semble désormais faire polémique’ explique Winifred Holtby en 1934. L’obtention du droit de vote en 1928 pose de manière plus urgente la question de la place des femmes dans la sphère publique et c’est ce processus de construction d’une citoyenneté nouvelle, en permanente négociation, qu’il s’agit d’appréhender. Croiser la problématique avec le cas français permet de questionner les spécificités nationales et d’interroger cette idée de ‘recul’ du féminisme dans les deux pays. L’idée de ‘recul’ implique qu’il y aurait eu des avancées pendant la première guerre mondiale, ce que l’historiographie la plus récente remet en cause. Il s’agit donc d’établir un regard croisé sur la construction de la condition et de la citoyenneté féminine dans les deux pays, et de mettre en perspective critique l’idée d’un ‘backlash’ et d’un ‘woman problem’ comme grilles de lecture pour comprendre la condition sociale et politique des femmes pendant les années 1930.

Programme

Contacts :
clarisse.berthezene@univ-paris-diderot.fr
fbinard@univ-paris-diderot.fr

 

Lieu

Université Paris Diderot
Bâtiment Olympe de Gouges (Salle 830)
8, place Paul Ricoeur (au bout de la rue Albert Einstein)
75013 Paris
 

(Demander un badge, en échange de votre carte d'identité, à l'accueil pour pouvoir prendre les ascenseurs)
 

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Écritures de soi : lifewriting, autobiographie, mémoire

Écritures de soi : lifewriting, autobiographie, mémoire

Mardi 14 avril de 9h30-12h30 - Demi journée d'étude

Présentation

Demi-journée d’étude organisée en collaboration avec l'Atelier international des usages du passé, l'Axe Genre du CRh et le GEHM, autour des livres d’Alison Light, Common People. An English Family History Without Roots (2014) et Barbara Taylor, The Last Asylum (2014).

Barbara Taylor (Newcastle University) The Last Asylum is Barbara Taylor’s journey through mental illness and the British psychiatric health care system. The Last Asylum begins with Barbara Taylor’s visit to the innocuously named Princess Park Manor in Friern Barnet, North London – a picture of luxury and repose. But this is the former site of one of England’s most infamous lunatic asylums, the Middles ex County Pauper Lunatic Aslyum at Colney Hatch. At its peak this asylum housed nearly 3,000 patients – among them, in the 1980s, Barbara Taylor herself.

Alison Light (University of London Queen Mary) présentera sur l’histoire de la famille : Family history is a massive phenomenon of our times but what are we after when we go in search of our ancestors? Beginning with her grandparents, Alison Light moves between the present and the past, in an extraordinary series of journeys over two centuries, acro ss Britain and beyond. Common People is a family history but also a new kind of public history, following the lives of the migrants who travelled the country looking for work.

Lieu

EHESS (Salle 1)
190, avenue de France
75013 paris

Sensibilités et émotions : quelle histoire ?

Sensibilités et émotions : quelle histoire ?

Vendredi 3 avril de 13h30-16h - Demie journée d'étude

Présentation

Lors de cet atelier collaboratif sous forme de table ronde, suscitée par l'actualité de l'histoire affective en France et à l'étranger, proposée en commun par quatre historiens de  la vie affective, deux médiévistes (Damien Boquet - Piroska Nagy) et deux contemporanéistes (Quentin Deluermoz - Hervé Mazurel), il s'agira de réfléchir ensemble sur l'identité du champ historiographie de l'histoire de la vie affective, à partir de la comparaison  des signifiés de "l'histoire des émotions" et de "l'histoire des sensibilités". La discussion prendra la forme d'une véritable table ronde: les participants aborderont tour à tour et discuteront en commun un ensemble de questions prédéfinies, concernant  leur généalogie intellectuelle respective, la définition du champ, ses grands enjeux actuels, ainsi que les présupposés épistémologiques et les pratiques méthodologiques de chacun.

 

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Hygiène et santé en France (XXe siècle) : des politiques publiques en question

Hygiène et santé en France (XXe siècle) : des politiques publiques en question

Mercredi 1er avril de 15h-19h - Séminaire exceptionnel

Cette séance exceptionnelle du séminaire ESOPP, L’auto-fabrication des sociétés. Population, politiques sociales, santé, s’intéresse à la place des questions d’hygiène et de santé dans la construction des politiques publiques en France et sur l’impact des guerres au cours du XXe siècle.

Séance organisée par Christophe Capuano et Marie Chessel

Vincent Viet (Cermes3)
La Grande Guerre : un rendez-vous manqué dans la construction de l’Etat providence en France ?

Steven Zdatny (University of Vermont, invité de l’EHESS)
La révolution hygiénique en France dans les années 1950

Informations complémentaires http://esopp.ehess.fr
contact : esopp@ehess.fr

Lieu

EHESS Salle du conseil A
190-198, avenue de France
75013 Paris

L’agriculture une solution pour recycler les déchets urbains et industriels ? Perspectives historiques et comparaisons européennes XVIIIe-XXe siècle (Grande-Bretagne, Belgique, France, Italie, Pays-Bas)

L’agriculture une solution pour recycler les déchets urbains et industriels ? Perspectives historiques et comparaisons européennes XVIIIe-XXe siècle (Grande-Bretagne, Belgique, France, Italie, Pays-Bas)

Vendredi 10 avril de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

Journée d'étude organisée par Laurent Herment (CRH/CNRS-EHESS) et Thomas Le Roux (CRH/CNRS- EHESS)

Cette journée d’étude aura pour but de s’intéresser à un aspect souvent négligé des rapports entre les villes les campagnes. Dans l’historiographie du monde rural, le rôle des systèmes agraires périurbains se résume souvent à la fourniture de denrées alimentaires aux villes. Pourtant, comme le montrent l’exemple de Paris au XVIIIe siècle ou l’exemple flamand durant la période moderne, les villes fournissent aux campagnes des engrais (boues urbaines, déchets). A partir du second quart du XIXe siècle, en Europe du Nord-Ouest (Belgique, Pays-Bas, Angleterre et France), la croissance urbaine et l’émergence de l’industrie (chimie, sidérurgie, savonnerie, sucrerie, féculerie, etc.) démultiplie simultanément les problèmes de retraitements des déchets et les disponibilités en éléments fertilisants.

Si ces phénomènes sont connus, ils restent globalement très mal étudiés. Une telle étude suppose en effet la mise en commun des savoirs propres à deux historiographies distinctes qui peinent parfois à se rencontrer : l’histoire agraire et l’histoire de l’environnement.

Cette journée d’étude se propose de croiser les regards des historiens ruralistes et des historiens de l’environnement issus de différentes trad itions historiographiques nationales, sur ce thème encore méconnu, en France plus encore qu’en Angleterre, en Belgique ou Pays-Bas.

Il s’agira en premier lieu de réinterroger les pratiques et les discours des acteurs (agriculteurs, populations urbaines, édiles, scientifiques, etc.) qui préconisent, justifient, encouragent le recyclage des déchets urbains et des sous-produits de l’industrie dans l’agriculture. Il conviendra en second lieu de se demander dans quelle mesure ces mêmes acteurs prirent en compte les effets de ces pratiques sur l’environnement des citadins et des ruraux.

Cette double perspective ne va pas de soi. Contrairement à l’histoire urbaine, qui entretient volontiers des liens à avec l’histoire environnementale, l’histoire rurale, en France en particulier, ne s’interroge guère sur la dimension environnementale de son objet. Pourtant, à partir du second tiers du XIXe siècle, la pénurie d’engrais qui affecte les campagnes et les découvertes de la chimie entrainent un triple courant d’échange. Le premier concerne les déchets urbains dont le commerce s’amplifie. Le second est lié aux engrais que les industries chimique et sidérurgique fournissent à l’agriculture. Le troisième concerne le recyclage des sous-produits industriels nauséabonds ou nocifs dans l’agriculture.

Cette journée d’étude devra permettre de mieux apprécier l’ambivalence de la position des agriculteurs qui, tout en revendiquant une protection vis-à-vis des pratiques commerciales des groupes industriels pourvoyeurs d’engrais, accueillirent souvent avec enthousiasme ces pratiques de recyclage, même lorsqu’elles remettaient en cause les équilibres des systèmes écologiques. Elle devra aussi permettre de mieux comprendre les exigences contradictoires des populations urbaines qui, tout en souhaitant disposer d’espaces bucoliques préservés, considéraient l’éloignement des nuisances que provoquaient les activités urbaines et industrielles comme une priorité.

Programme


Contact et inscription obligatoire : lherment@ehess.fr

Lieu

EHESS (Salle 527)
190, avenue de France
75013 Paris

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Murmelstein, le dernier des injustes ?

1er avril – Séminaire exceptionnel – EHESS

Présentation

Le séminaire « Histoire et historiographie de la Shoah » reçoit Anna Hájková (University of Warwick) à l’occasion de la sortie récente du documentaire de Claude Lanzmann, Le dernier des injustes. Cette séance, commentée par Rémy Besson (LLA-CREATIS, Toulouse), sera l’occasion d’aborder un ensemble varié de thématiques : le rôle des conseils juifs à travers le cas de Benjamin Murmelstein, dernier « doyen des Juifs » du ghetto de Theresienstadt, la question du témoignage comme source, le dialogue parfois conflictuel entre l’histoire comme discipline et l’histoire comme l’objet de récit documentaire. 

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Ecclesia et synagoga: soeurs, amies, ennemies

Ecclesia et synagoga: soeurs, amies, ennemies

Jeudi 16 avril de 17h-19h - Séance exceptionnelle de séminaire

Présentation

Miri Rubin, Professeure d’histoire médiévale et directrice de l’École d’histoire au Queen Mary University de Londres, interviendra sur l’émergence historique des termes ecclesia et synagoga qui sera examinée comme une représentation des relations du christianisme et du judaïsme à travers l’utilisation de deux figures féminines. Peut-être inspiré par un texte du Vesiècle, le thème apparaît dans les scènes de crucifixion sur des couvertures de livres en ivoire, avant d’être repris dans d’autres médias associés à la liturgie au cours des siècles suivant, puis associé à l’art monumental des façades des cathédrales d'Europe du Nord au XIIesiècle. Alors que la plupart des recherches menées sur ce thème s’achèvent sur les représentations majestueuses des cathédrales de Reims, Strasbourg ou Bamberg, il s’agira d’aller plus loin dans le temps, car après 1350 environ, la paire traditionnelle sera rejetée au bénéfice de nouveaux arrangements inédits.

Lieu

EHESS
Salle 2
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Sciences sociales en révolution

Sciences sociales en révolution

28 et 29 avril - Séminaires exceptionnels

Présentation

Que fait la Révolution aux sciences sociales ?Et que peuvent faire les sciences sociales en Révolution, voire pour la Révolution ? Quels troubles ou quelles refondations scientifiques jaillissent des événements révolutionnaires et de la passion des débats civiques, mais aussi de nouvelles confrontations au « terrain » ?

La Révolution tunisienne constitue une mise à l’épreuve en acte des sciences sociales elles-mêmes et des chercheurs, dont les positionnements civiques et politiques, mais aussi éthiques, se révèlent avec une intensité inédite dans ces moments de « vérité des êtres », de mise à nu, que créent les refondations révolutionnaires.

A une société en plein bouleversement mais aussi en pleine redécouverte d’elle-même, il faut une nouvelle recherche de sciences sociales. De nouvelles questions se posent, des zones d’ombre surgissent en pleine lumière, des catégories sociales oubliées réclament aujourd’hui de nouveaux statuts… Et dans le monde entier, de jeunes chercheurs se découvrent un intérêt inédit pour un pays qui a relancé une dynamique révolutionnaire dans le monde, de nouvelles recherches sont entreprises de toute part.

Ce séminaire intensif de deux jours, Sciences sociales en révolution, rassemblera des chercheurs de Tunisie et de France, représentant plusieurs domaines de recherche et plusieurs générations. Il permettra d’interroger le lien entre la recherche produite en Tunisie et ailleurs dans le monde, la Tunisie s’avérant désormais investie scientifiquement sur un plan international. En second lieu, il permettra de reposer la question d’un paradigme tunisien ou d’une exemplarité tunisienne qui constitue un défi non seulement politique et civique, mais proprement intellectuel,à étayer et fonder plutôt qu’à poser comme un préalable.

Enfin, et surtout, cet événement scientifique permettra à l’ensemble des participants de réfléchir ensemble à ce que la révolution a changé dans leur pratique personnelle et collective des  sciences sociales, mais aussi dans leur rapport intime au « terrain » et à la société. Les intervenants sont appelés à faire le point et à souligner les nouvelles orientations de la recherches en sciences sociales afin de : repenser le terrain et la société ; de repenser l’histoire. Et de répondre autant que possible aux interrogations sur l’éthique et engagement/dégagement du chercheur…

Contributeurs

  • Hichem Abdessamad, historien et traducteur, CRLDHT
  • Michael B. Ayari, politiste, Crisis group, Tunis
  • Sami Bargaoui, historien, Université de la Manouba
  • AmorBelhédi, géographe, Université de Tunis
  • Ridha Ben Amor, sociologue, Université de Carthage
  • Rafika Bendermel, journaliste et militante associative, Bondy Blog, Tunis
  • Fatma Ben Slimane, historienne, Université de Tunis
  • Mohamed Ali Ben Zina, démographe, Université de Tunis
  • Jocelyne Dakhlia, historienne, EHESS, Paris
  • Asma Ghachem, juriste, Université de Carthage
  • BaccarGherib, économiste, Université de Jendouba
  • Enrique Klaus, politiste, IRMC, Tunis
  • Olivier Koch, spécialiste en communication, IRMC/Labsic, Tunis
  • Imed Melliti, sociologue, IRMC/Université Tunis El Manar
  • SihemNajar, sociologue, Université de Tunis El Manar
  • Héla Yousfi, sociologue, Paris Dauphine

Organisation et gestion scientifique

  • Jocelyne Dakhlia, historienne, EHESS, Paris
  • Hichem Abdessamad, CRLDHT, historien et traducteur, Paris
  • Sami Bargaoui, Président de Nachaz, historien, Université de la Manouba
  • Imed Melliti, IRMC/Université de Tunis El Manar

Programme

Lieu

Bibliothèque nationale de Tunis
oulevard 9 Avril 1938
1008 Tunis

Tunisie

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Heydrich, le bourreau de Hitler

Mercredi 6 mai de 16h-18h - Séminaire exceptionnel

Présentation

Robert Gerwarth (University College Dublin) interviendra dans le séminaire « Histoire et historiographie de la Shoah » pour présenter son dernier ouvrage Hitler's Hangman. The Life of Heydrich (Yale University Press). Ce sera l’occasion, pour l’avant-dernière séance de l’année, de se confronter à la question de l’écriture biographique quand elle se heurte à la rareté des sources archivistiques. 

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Retour sur la guerre d'Espagne. Mémoire et histoire

Retour sur la guerre d'Espagne. Mémoire et histoire

Lundi 18 mai de 9h30-20h - Journée d'étude

Cette journée d’étude, co-organisée par l’Atelier international sur les usages publics du passé (EHESS), le Centre d’histoire sociale du XXe siècle, le Groupe d’étude sur les historiographies modernes, le Groupe d’études ibériques (Centre de Recherches Historiques), avec l’appui du Labex Tepsis, sera suivie par la projection du documentaire Las Fosas del silencio de Montse Armengou et Ricard Belis (2003).

Présentation

Depuis la fin des années 1990, des mouvements en faveur de la « récupération de la mémoire historique » s’élèvent, en Espagne, contre l’oubli des victimes de la Guerre civile et de la dictature franquiste, manifeste dans les politiques mémorielles de la démocratie. Cet oubli résulterait des modalités de la Transition démocratique (1975-1982) qui mit fin à la dictature personnelle du général Franco, établie au terme d’une guerre civile particulièrement meurtrière, déclenchée par un coup d’État militaire (1936-1939).La démocratisation se fit en effet dans le cadre institutionnel de la Dictature, sans condamnation formelle du régime franquiste ni poursuite judiciaire de ses crimes.

Or, la transition démocratique est aujourd’hui l’objet de nombreuses critiques. Ses protagonistes sont en effet accusés d’avoir inhibé la parole des victimes du franquisme et effacé leur présence dans la mémoire collective par « un pacte de silence ». Au nom de ces victimes, des associations et des intellectuels revendiquent la « récupération de la mémoire historique » et la clarification de la position de la démocratie espagnole à l’égard de son passé récent par une condamnation plus ferme du régime franquiste, des mesures de réparation à l’égard de ses victimes, et une révision des interprétations courantes de la guerre civile comme un conflit fratricide entre deux camps également responsables. Le mouvement mémoriel entend aussi poursuivre en justice les crimes franquistes par la mobilisation du droit international et de la notion de « crime contre l’humanité » qui permet de contourner, par son caractère imprescriptible, la loi d’amnistie de 1977. Des actions en justice sont aujourd’hui en cours en Argentine, pays dans lequel des mesures de justice transitionnelle ont permis la poursuite des responsables de la répression. Le parti socialiste, entré dans l’opposition en 1996, reprit à son compte une partie de ses revendications. Il obtint en 2002 la condamnation du coup d’État du juillet 1936 par le parlement espagnol et le vote de la loi sur la mémoire historique en 2007. Cette dernière prévoit des réparations symboliques pour les victimes, la suppression des éléments de commémoration franquiste dans l’espace public, et appelle au développement de la recherche et de l’enseignement de l’histoire de la Guerre civile et du franquisme. Le traitement du passé est devenu un enjeu important de la bataille politique entre les deux partis de gouvernement

De toutes les actions du mouvement mémoriel, la plus visible est l’exhumation des corps des victimes républicaines hors des fosses communes où ils se trouvent depuis la guerre, afin de les honorer et de leur donner une sépulture digne. Ces initiatives qui réunissent les familles des victimes, des associations et des experts ont largement contribué à la médiatisation du mouvement mémoriel, dans les années 2000. Cette focalisation relative des actions et des discours sur les corps morts des victimes et la nécessité de réparer l’absence de sépulture s’inscrit dans un contexte international. De l’ex-Yougoslavie au Rwanda, on retrouve ces mêmes questions. En Espagne, en outre, cette présence des cadavres dans le débat public s’inscrit dans une histoire qui remonte au moins à la fin de la guerre civile. Les autorités franquistes sont en effet les premiers à mettre les morts tombés sur le champ de bataille – les caídos – et leurs dépouilles au cœur des discours et des rituels politiques. Répondant au culte des « caídos », les exhumations contemporaines des victimes républicaines sont devenues un phénomène de société majeur, qui illustrebien la façon dont ces questions mémorielles ébranlent la société espagnole, ainsi que les équilibres politiques issus de la transition.

Cette journée d’étude intitulée « Retour sur la guerre d’Espagne. Mémoire et histoire » sera consacré aux mouvements de « récupération » de la mémoire historique et à ses actions en faveur de la réparation des victimes du franquisme. Des anthropologues, des historiens, des sociologues et des politistes, spécialistes de l’Espagne et de l’Argentine, replaceront la pratique des exhumations dans le contexte des conflits mémoriels, dans l’histoire de la répression et de la propagande franquiste,  ainsi que dans celle de la circulation internationale des modèles de sortie de dictature et de justice transitionnelle. L’étude des échanges d’expériences entre l’Espagne et l’Argentine dans ce domaine permettra de réfléchir aux modalités de l’émergence récente en Espagne de la catégorie de « victime du franquisme » et aux débats que celle-ci suscite.

Programme

Contact : usagesdupasse@gmail.com

 

Lieu

Cité internationale universitaire
Collège d’Espagne
Salle Luis Buñuel
7E, boulevard Jourdan
75014 Paris

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Du particulier au général – ou l’inverse. Etudes juives : des approches spécifiques ?

Du particulier au général – ou l’inverse. Etudes juives : des approches spécifiques ?

Mardi 26 mai de 9h30-18h30 - Journée doctorale

Présentation

Les études juives du CRH de l’Ehess organisent avec la Société des Études juives une rencontre des étudiants francophones  Il s’agira, cette année, d’inviter les étudiants inscrits en thèse à réfléchir sur le thème de leur recherche en le situant dans un cadre méthodologique plus large : « Du particulier au général – ou l’inverse ; études juives : des approches spécifiques ? ». Et notamment de leur suggérer de s’interroger sur les particularités des problématiques, des références théoriques et des méthodes utilisées dans leurs travaux, afin de contribuer au renouvellement scientifique des « études juives ». Ce cadre devrait permettre  de mesurer l'importance des études juives en langue française, d'en repérer les tendances et d’en favoriser la promotion tout en mesurant leur inscription dans les domaines des sciences humaines et sociales.

La journée se terminera par la remise du Prix de thèses en études juives, organisé par la Société des études juives et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (session 2014).

Programme

Lieu

EHESS
salle A du conseil (niveau -1)
190-198, avenue de France
75013 Paris.

Atelier d’anthropologie scolastique : Questions disputées en histoire intellectuelle du Moyen Âge

Atelier d’anthropologie scolastique : Questions disputées en histoire intellectuelle du Moyen Âge

13 et 27 mai de 15h-17h - Conférences post-doctorales

Séminaire animé par Alain Boureau, Béatrice Delaurenti et Sylvain Piron
 

Présentation

Annemieke Verboon (LabEx Hastec postdoctoral Fellowship)
L'âme sensitive en texte et image l'enseignement de la science de l'âme (Fin XVe siècle)
Mercredi 13 mai de 15h à 17h

Une partie de l'âme est immortelle et immatérielle, mais l'âme médiévale a aussi des parties inextricablement dépendantes des organes. Dans cette intervention, Annemieke Verboon parlera des sièges physiques de l'âme (le cerveau et le foie), et le tissage entre l'âme et corps, conçus à la frontière de la philosophie naturelle (la science de l'âme), des doctrines chrétiennes et la médecine, à travers une série de textes et des images des étudiants à la faculté de Leipzig (XVe siècle). Ces étudiants apportent surtout l'attention à «l'âme organique» - le principe responsable des fonctions vitales inextricablement dépendantes des organes des êtres vivants. Ces fonctions allaient des opérations vitales de la digestion et de la reproduction, à la sensation et l'émotion, aux fonctions cognitives supérieures de l'imagination et de la mémoire. Ils ont exclu de « l'âme organique » l'intelligence et la volonté, qui n'avaient pas besoin d'organes physiques.

Chiara Franceschini (Fernand Braudel-IFER Fellowship)
Les limbes, histoire d'un dogme impossible
Mercredi 27 mai de 15h à 17h

Boursière Braudel au CRH et enseignante de Renaissance Studies à l’University College de Londres, Chiara Franceschini présentera certains aspects de son livre à paraître sur l’histoire et les images des limbes en Occident entre XIVe et XVIIIe siècles. Alors que le peu de recherches menées sur ce thème s’achèvent sur le moment de naissance de cette notion, entre XIIe et XIIIe siècles, la persistence, les variations et les représentations de la fluctuante notion des limbes et du destin des masses de morts innocents non baptizés – les petits enfants, les patriarches, le païens et les non-chrétiens vertueux – n’ont jamais fait l’objet d’une recherche historique. L’histoire des limbes en tant que lieu de l’au-delà chrétien a duré dix siècles environ: depuis quand l’expression ‘limbus inferni’ (ourlet ou marge de l’enfer) commença à être utilisé par les théologiens occidentales au XIIe siècle jusqu’à l’abandon de l’«hypothèse limbes» de la part de la papauté contemporaine. En abordant la question d’un point de vue historique et en se concentrant sourtout sur les siècles entre bas Moyen Âge et époque moderne, il s’agira d’interroger une vaste typologie de sources pour repondre à les questions suivantes: pourquoi les limbes, à difference d’autres lieux de l’au-delà chretien, ne sont jamais devenus un dogme? Comment et pourquoi les fidèles crurent et furent encouragés à croire en cette «hypothèse»? Qu’est-ce que les images ajoutent à la longue histoire de la liminalité des morts non baptisés?

Lieu

EHESS
Salle 4
105, boulevard Raspail
75006 Paris


La poule. Pratiques d’élevage et histoire culturelle

La poule. Pratiques d’élevage et histoire culturelle

Jeudi 28 mai - Journée d'étude

Présentation

Journée d’études organisée par le Groupe d’archéologie médiévale (Centre de recherches historiques - EHESS), en partenariat avec l’association des Amis de la Tour Jean sans Peur.

Bien que souvent négligée, la basse-cour, et en particulier les poules, ont joué depuis l’Antiquité un rôle important dans l’alimentation. Cette place se retrouve aussi bien dans la symbolique chrétienne que dans les représentations artistiques, tant dans la peinture que plus récemment dans la bande dessinée et le cinéma. Proposant une approche sur la longue durée, cette journée d’études abordera à la fois les aspects matériels de l’aviculture et les usages culturels des gallinacés.

Programme

 

Lieu

Tour Jean sans Peur
20, rue Étienne Marcel
75002 Paris

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L’historien et les fantômes.  Lectures (autour) de l’œuvre d’Alain Boureau

L’historien et les fantômes. Lectures (autour) de l’œuvre d’Alain Boureau

29 et 30 mai - Journées d'étude

Présentation

L’œuvre d’Alain Boureau, multiple et dense, se déploie sur les quarante dernières années et aborde de nombreux domaines de l’histoire médiévale, avec divers excursus hors de cette période. Elle pose d’importantes questions à la pratique historienne. Depuis les premières études de narratologie jusqu’aux travaux sur la théologie politique et la raison scolastique, en passant par la démonologie et l’hagiographie, Alain Boureau a exploré les différentes facettes d’un long Moyen-Âge occidental à travers l’étude historique des discours spéculatifs et des énoncés sociaux, dans leurs discontinuités et leurs enchevêtrements.

 Si la retraite professionnelle ne met sûrement pas fin à l’œuvre, elle est l’occasion de mettre en avant la fécondité d’un parcours intellectuel, d’en discuter les tenants et les aboutissants, d’en explorer les prolongements. Les journées d’études que nous organisons les 29 et 30 mai se proposent de réunir autour d’Alain Boureau ceux et celles qui ont accompagné une recherche fortement ancrée dans l’interdisciplinarité et la pratique collective, pour en montrer les apports scientifiques et les perspectives intellectuelles.Il s’agit de créer un lieu de discussion entre les lecteurs et l’auteur lui-même, parfois à plusieurs décennies de distance, dans l’esprit de débat qui anime ses séminaires où se sont formées et confrontées plusieurs générations de chercheuses et de chercheurs.

La rencontre sera organisée sous forme de tables-rondes abordant chacun des grands chantiers ouverts par Alain Boureau. Les communications présentées dans ce cadre auront pour vocation de prolonger et de problématiser une question majeure dans l’œuvre d’Alain Boureau, de donner des clés de lecture, d’interroger tel ou tel aspect de l'œuvre et les possibles ainsi ouverts.

La première table-ronde aborde le champ de la scolastique médiévale. Alain Boureau l’a abondamment parcouru au cours des vingt dernières années, s’attachant à l’étude de textes connus et méconnus produits par les théologiens et les philosophes du Moyen-Âge. Partant des marges, des dissidences, des controverses et des censures (Théologie, science et censure au XIIIe siècle. Le cas de Jean Peckham), il a proposé une approche historique de ces sources spéculatives, dans le cadre de la notion de raison scolastique (L'Empire du livre. Pour une histoire du savoir scolastique ;Devagues individus. La condition humaine dans la pensée scolastique).

La seconde table-ronde s’attache au droit et à la royauté, deux objets fréquemment interrogés par Alain Boureau dans la longue durée médiévale et moderne des emblèmes politiques (L'Aigle. Chronique politique d'un emblème) et des formes de sacralité royale (Le Simple corps du roi. L'impossible sacralité des souverains français, XVe-XVIIIe siècles). Ses travaux mettent en avant l’arrière-plan théologique (La Religionde l’État. La construction de la République étatique dans le discours théologique de l’Occident médiéval) et chrétien des conceptions étatiques modernes (La Loidu royaume. Les moines, le droit et la construction de la nation anglaise). 

La troisième table-ronde interroge les recherches d’Alain Boureau sur les légendes et les croyances médiévales, revenant sur l’immense dossier de la Légendedorée, entamé au début des années 1980 (La Légendedorée. Le système narratif de Jacques de Voragine) et abordé dans une approche novatrice d’analyse des modalités narratives médiévales. Cette approche des sources médiévales s’est poursuivie avec des travaux sur la prédication mendiante et les modalités du récit chrétien (L'Evénement sans fin. Récit et christianisme au Moyen Age).

La quatrième table-ronde est consacrée aux liens étroits noués aux fils des années entre l’anthropologie historique et la psychanalyse (En somme. Pour un usage analytique de la scolastique médiévale). Au fil de ces études, notamment publiées dans la Nouvelle Revuede Psychanalyse et dansPenser/Rêver, Alain Boureau a dessiné les spécificités médiévales de la conception de l’individu, de la construction d’une grammaire des passions de l’âme ; il les a mises en rapport avec les savoirs et les pratiques de la psychanalyse.

La cinquième table-ronde traite du diable et des démons, personnages centraux de l’anthropologie scolastique, cas limites pour spécifier ce qu’est l’humain (Satan hérétique. La naissance de la démonologie dans l’Europe médiévale ; Le pape et les sorciers. Une consultation de Jean XXII sur la magie en 1320). Suivant les interrogations des théologiens médiévaux sur le mal, l’historien a mis en avant l’importance de ces développements spéculatifs pour la construction d’une morale sociale.

La sixième table-ronde envisage la dimension expérimentale de la pratique historienne d’Alain Boureau, acteur du tournant critique des Annales au début des années 1990 et promoteur, avec d’autres, de formes alternatives d’écriture de l’histoire (Alter-Histoire. Essais d'histoire expérimentale). Parallèlement à son activité de médiéviste il a consacré plusieurs travaux aux questions historiographiques (Histoires d’un historien. Kantorowicz)  ; son œuvre est traversée de questionnements épistémologiques vivifiants pour les sciences humaines et sociales.

Programme

Lieu

Reid Hall
4 rue Chevreuse
75006 Paris

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Aménagement des villes et mobilisations sociales

Aménagement des villes et mobilisations sociales

27, 28 et 29 mai 2015 - Colloque

Présentation

Colloque organisé par Isabelle Backouche, Annie Fourcaut, Nicolas Lyon-Caen, Nathalie Montel, Valérie Théis, Loïc Vadelorge et Charlotte Vorms

Les mobilisations collectives suscitées par les aménagements urbains depuis le Moyen Âge en Europe sont au cœur de ce colloque. À partir d’études de cas, fondées sur une enquête qui met en valeur la diversité des corpus mobilisables, les intervenants analysent les relations sociales qui s’élaborent au moment où divers groupes sociaux (habitants, usagers, …) voient leur cadre de travail ou de vie se modifier, ou quand au contraire, ils s’engagent en faveur de transformations alternatives.

Déployé sur la longue durée, le colloque historicise les revendications, les attentes, les résistances ou les remises en cause de ce qui est souvent perçu, ou affirmé comme un geste de « modernisation », et les communications identifient et spécifient différents modes de construction des actions, enjeux, groupes et espaces matériels impliqués. Si le motif explicite de la mobilisation est inscrit dans l’espace circonscrit de la ville, la diversité des motivations qui impliquent plusieurs cercles d’acteurs critiquant ou contestant un aménagement urbain, revendiquant ou initiant des aménagements alternatifs, invite aussi à aborder ces mobilisations urbaines comme les formes locales, parfois occultées, d’une remise en cause plus globale des transformations sociales. Se pose à cet égard, la question de la signification politique de ces combats et le questionnement sera aussi l’occasion de donner de la consistance au « politique » et d’appréhender les différents contextes et les temporalités de la territorialisation des questions sociales.

Programme

Lieu

Mercredi 27 mai 2015
Université de Paris-est-marne-la-Vallée,
Auditorium Maurice Gross (Bâtiment Copernic)
5, boulevard Descartes,
77420 Champs-sur-marne (rer A, station Noisy-Champs)

Jeudi 28 mai 2015
EHESS
Amphithéâtre François Furet
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Vendredi 29 mai 2015
Université Paris 1
Amphithéâtre Dupuis
9, rue Malher
75004 Paris

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Journée autour de Ruggiero Romano

Journée autour de Ruggiero Romano

Jeudi 28 mai - Journée d'étude

Présentation

Ruggiero Romano (1923-2002) nous a quittés dans les premiers jours de janvier 2002 : la même année qui a vu disparaître deux autres de ceux qui avaient été sans doute les plus proches collaborateurs de Fernand Braudel pendant les vingt-quatre premières années de la toute jeune VIe Section de l’EPHE, aujourd’hui l’EHESS : Clemens Heller à la fin d’août, et Alberto Tenenti le 11 novembre. Il était arrivé à Paris à l’automne de 1947 pour y faire une recherche sur la paix du Cateau-Cambrésis, porteur d’une lettre de son maître Federico Chabod pour Fernand Braudel, connu aux archives de Simancas au début des années 1930. Braudel, qui venait de soutenir sa thèse sur la Méditerranée , le prit aussitôt en amitié, le convertit sans peine à l’histoire économique de l’époque, celle qui privilégiait l’étude des mouvements des prix et des échanges commerciaux, surtout maritimes, et lui trouva auprès du CNRS les crédits nécessaires pour travailler en France, à Paris et à Marseille, sous sa direction et celle d’Ernest Labrousse, mais aussi pour repérer les ressources des archives de Venise et de l’Italie du nord-est : Chioggia, Udine, Mantoue, Padoue, etc. Son élection à la VIe section, le 1eravril 1951, à l’âge de 28 ans fit de lui sans doute le plus jeune des Directeurs d’études de l’histoire de l’Ecole, et donc celui qui y a cumulé le plus grand nombre d’années d’enseignement et de recherche, jusqu’à sa retraite en 1988.

Avant même de lui confier en 1963 la direction du Centre de Recherches Historiques qu’il assura jusqu’en 1966, ce fut encore F. Braudel qui, en le proposant pour un séjour d’enseignement de trois mois à l’Université de Santiago du Chili pendant l’été de 1957, lui ouvrit et lui permit de découvrir ce qui allait devenir et rester, jusqu’à la fin de sa vie, son domaine d’élection : l’Amérique latine hispanophone, du Chili et de l’Argentine au Mexique. Il y fit de nombreux séjours, il lui consacra la partie la plus neuve et la plus stimulante à ses propres yeux de ses recherches et de ses écrits, il s’y fit de très nombreux amis parmi ses aînés (José-Luis Romero et John Murra), ses pairs (Tulio Halperin Donghi, disparu l’an dernier) et les très nombreux doctorants plus jeunes dont il dirigea les travaux aussi bien sur place qu’à Paris, où beaucoup d’entre eux trouvèrent refuge contre la répression. Il y reste aujourd’hui une référence personnelle et intellectuelle pour tous ceux qui l’ont connu.

Mais 1966 marqua aussi un autre tournant dans sa vie. Devenu le conseiller pour l’histoire de Giulio Einaudi, il joua un rôle décisif dans la politique de la plus grande maison d’édition italienne. Il mit toute son énergie, tout comme il l’avait fait dès 1949 pour la Méditerranée, à faire accepter une politique de traduction de la production de tous les principaux titres des sciences sociales européennes et en particulier françaises, alors à leur apogée : il a été sur ce plan un « passeur » exceptionnel. Dans la même perspective, il mit en chantier et dirigea de grandes entreprises éditoriales collectives –les grandi opere-, qui eurent un impact profond sur la vie intellectuelle italienne : pour ne retenir que les deux principales, la Storia d’Italia (lancée en 1972 et à laquelle participèrent F.Braudel et J. Le Goff) et l’Enciclopedia (lancée en 1977 et à laquelle ont contribué nombre de nos collègues, dont Marc Augé, Maurice Godelier, Françoise Héritier et Nathan Wachtel).

 

Entre l’Italie, la France et l’Amérique Latine, Ruggiero Romano a donc suivi trois parcours parallèles dont, même avec le recul, peu nombreux sont ceux qui peuvent prendre une mesure d’ensemble. En juin 2012, la Scuola Superiore di Studi Storici de l’Université de Saint-Marin créée en 1988 par Aldo Schiavone et dirigée aujourd’hui par Luciano Canfora, et dont la bibliothèque personnelle de Ruggiero Romano (ouvrages, revues, tirés à part) constitue le noyau central de la bibliothèque, avait pris l’initiative d’organiser une rencontre de deux jours à sa vie et à son œuvre. Les Actes en ont été publiés en 2014. Le moment était venu de lui rendre à Paris, la ville où il a résidé sans interruption de 1947 à 2002, l’hommage du souvenir qui lui était dû. Tel est le sens de la journée du 28 mai. Symbole supplémentaire : elle se tiendra à la Maison de l’Italie de la Cité Universitaire, dont Ruggiero Romano avait été le premier directeur, et un directeur particulièrement dynamique, de la fin de 1947 à l’été 1968.

Programme en français (en italien)

Lieu

Maison de l'Italie de la Cité Universitaire
7A, boulevard Jourdan
75014 Paris

'Unsocial sociability' and socio-cultural tensions in Enlightenment Britain /'L'Insociable sociabilité' au coeur des tensions sociales et culturelles en Grande-Bretagne

'Unsocial sociability' and socio-cultural tensions in Enlightenment Britain /'L'Insociable sociabilité' au coeur des tensions sociales et culturelles en Grande-Bretagne

29 et 30 mai - Colloque international

Présentation

Colloque co-organisé par PLEIADE (Paris 13) & HCTI (UBO Brest) et par le GRHS (Montréal), en partenariat avec  le GEHM/CRH et le PRI Iles britanniques (EHESS)
Dans le cadre du projet international HIDISOC : « History and Dictionary of Sociability in  Britain  (1660-1832) », coordonné par le GRISOL.

Ce colloque a pour objectif de comprendre les mécanismes qui mettent  à l’épreuve la sociabilité et de chercher les manifestations de « l’insociable sociabilité » des hommes (Kant). Il s’agira d’identifier les tensions culturelles et sociales, les paradoxes et les formes de résistance qui définissent la sociabilité britannique au cours du long  XVIIIe siècle.

Programme

Lieux

29 mai :

Université Paris 13
UFR LLSHS - Salle B203
99, av. J-B Clément
93430 Villetaneuse

30 mai :

EHESS
Salle du Conseil A
190-198, avenue de France
75013 PARIS

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Les travailleurs et la mobilité dans les villes d'Ancien Régime Acteurs et stratégies

Les travailleurs et la mobilité dans les villes d'Ancien Régime Acteurs et stratégies

25 et 26 juin - International Workshop

Présentation

Les changements décisifs que le marché du travail est en train de vivre dans les dernières années ont encouragés la réflexion historiographique autour de la précarité et de la flexibilité du travail. Loin d’être une prérogative des sociétés actuelles, la mobilité des travailleurs, surtout intra-sectorielle, a aussi caractérisé le monde du travail de l’Ancien Régime. L’activité des instituts d’assistance et des confréries, les stratégies individuelles et familiales, les parcours professionnels, les contrats et les accords de travail ne sont que quelques-uns des domaines où l’on peut trouver des traces de cette mobilité professionnelle, entendue non seulement comme opportunité de promotion sociale mais aussi et surtout comme condition d’instabilité. Ces journées d’étude voudraient contribuer à éclaircir certaines questions spécifiques sur le thème de la mobilité professionnelle, compte tenu du récent débat historiographique.

Les attitudes et les positions des travailleurs face à la mobilité n’étaient pas univoques : dans certains cas, ils en étaient responsables à travers la résiliation anticipée des contrats ou la migration spontanée ; dans d’autres cas, ils la subissaient à cause des licenciements, des périodes d’inactivité, des déplacements forcés. Pour mieux comprendre les différents aspects de la mobilité professionnelle, il est nécessaire d’enquêter sur les parcours professionnels et les stratégies de certains acteurs face à la mobilité. Il s’agit, en d’autres termes, d’examiner les instruments à disposition des acteurs, les ressources activées pour limiter ou défendre la mobilité ainsi que les conséquences qu’une situation de mobilité professionnelle avait sur les différents secteurs productifs et sur le tissu social urbain.

Les journées d’étude visent à focaliser l’attention, avant tout, sur les acteurs sociaux face aux situations de mobilité professionnelle, en se concentrant plus spécifiquement sur leurs stratégies et sur les instruments utilisés durant le passage d’un emploi à l’autre, d’un moment d’activité à l’inactivité et vice-versa, d’un secteur productif à l’autre ; mais aussi sur les conséquences que ces parcours avaient sur la vie des individus et sur le rôle qu’ils jouaient dans la société urbaine.
Nous sommes convaincus qu’une telle stratégie de recherche – focalisée sur les acteurs et sur les pratiques sociaux – nous permettra de mieux comprendre non seulement le fonctionnement des marchés du travail, mais aussi la raison de l’existence de certaines institutions urbaines de première importance (telles que les confréries, les corporations, les hôpitaux) et les solutions que ces sociétés élaborèrent pour faire face à la mobilité du travail.


Programme

 

Lieu

EHESS
Salle 015
190, avenue de France
75013 Paris

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Agriculture in the Age of Fascism. Authoritarian Technocracy and rural modernization, 1922-1945

Agriculture in the Age of Fascism. Authoritarian Technocracy and rural modernization, 1922-1945

Vendredi 5 juin de 9h-11h - Débat du GRHECO

Présentation

The agrarian policies of fascism have never before been studied from a comparative perspective. This volume offers an up-to-date overview, as well as new insights drawn from eight case-studies on Italy, Portugal, Hungary, Germany, Austria, Spain, Japan and Vichy France. The consensus that emerges from them is that the  agricultural and rural policies of fascist regimes tended towards modernization and that many of them resembled initiatives pursued in the post-war decades and the Green Revolution, When viewed in this perspective,  the fascist era appears less as an aberration and more as an integral part in  the global process of agrarian “modernization”, a process whose merits are now being called into question.

Lourenzo Fernández Prieto is Professor of Modern History at the University of Santiago de Compostela (Galicia, Spain). His fields of interest include agrarian history, particularly agricultural technology, the Spanish Civil War and Francoist dictatorship.

Juan Pan-Montojo teaches Modern History at the Universidad Autónoma de Madrid. His research interests cover social movements in the European countryside, agrarian policies in nineteenth and twentieth-century Spain, economic lobbies and  agricultural technicians.

Miguel Cabo is Associate Professor of Modern History at the University of Santiago de Compostela (Galicia, Spain). His main publications deal with collective action in the countryside, politicization and nation-building in nineteenth and twentieth-century Spain.

En savoir plus

Lieu

EHESS
Salle 2
190, avenue de France
75013 Paris

Travail forcé  Contraintes locales et dynamiques globales Afrique, Europe, Asie, du XVIe siècle à nos jours

Travail forcé Contraintes locales et dynamiques globales Afrique, Europe, Asie, du XVIe siècle à nos jours

8, 9 et 10 juin - Colloque

Présentation

Les tensions entre travail libre et travail forcé ne peuvent se résumer aux passages canoniques du féodalisme au capitalisme en Europe, de l’esclavage à la liberté dans l’espace Atlantique. Au contraire, ces tensions concernent toutes les régions du monde sur la très longue durée, bien avant l’expansion européenne et au-delà des changements institutionnels tels que la Révolution française ou le mouvement abolitionniste. En témoignent les millions de personnes – hommes, femmes, enfants – en état d’esclavage ou de dépendance absolue de nos jours, de l’Afrique, à l’Inde, à l’Asie du Sud-Est et à la Chine, sans oublier l’Amérique latine et, bien entendu, les travailleurs au noir et les immigrés clandestins en Europe et aux USA. Ce colloque se propose de rendre compte des relations entre coercition et travail sur la longue durée, du xvie siècle jusqu’à nos jours, sur des espaces multiples et hiérarchisés en Afrique, en Asie et en Europe.

Programme

Lieu

8 et 9 juin :

Collège de France
(Salle Claude Levi-Strauss, n°3)
52, rue du Cardinal Lemoine
75005 Paris

10 juin :

EHESS
Salle Denys Lombard
105, boulevard raspail
75006 Paris

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How Jews Know Epistemologies of Jewish Knowledge

How Jews Know Epistemologies of Jewish Knowledge

2, 3 et 4 juin - International Workshop

Presentation

In recent years various attempts in international scholarship begin to signal a new approach to Jewish, especially rabbinical intellectual tradition. Methods, disciplines and motivations vary. In its core, however, the new approach shifts from the chiefly historical-philological engagement that has characterized research since the 19th century, to a more conceptual-theoretical engagement. Building on sources developed by the historical-philological scholarship, it focuses on the unique knowledge that these sources articulate. It seeks not longer to learn only of Jewish texts (their development, Sitz im Leben, historical context etc.) but to learn from them.

The aim of this workshop is to demarcate an intellectual space common for the individual projects. Its basic question concerns the relation between the forms of knowledge (‘epistemologies’) acknowledged and embodied by modern science and those inhabiting the Jewish sources – ‘how Jews know’.

Since the Wissenschaft des Judentums was founded in Berlin with the aim of making Judaism “an object of science” (Immanuel Wolf, 1822), science has never attempted to develop an understanding of the Jewish textual tradition as a form of systematic, self-conscience knowledge. The founders of the WdJ thus attempted to express Jewish knowledge in the categories of modern academic science. This attempt often ran counter to the traditional ways in which Jews exercised knowledge, which were branded as particularistic and so unfit for the universal rational community of which WdJ wished to be part.

What science knows about Jewish knowledge has therefore been always separated from scientific self-knowledge, i.e. science’s understanding of itself, the theory of scientific knowledge. This principle also applies to the scholarship of Jewish texts. The development of the ‘science of Judaism’ to Judaistik, מדעי היהדות and Judaic or Jewish Studies has mostly followed trends in theory of science, hardly ever in any critical dialogue with Jewish tradition of knowledge itself.

The workshop invites its participants to the birthplace of the Wissenschaft des Judentums in order to reflect on new ways of understanding this expression ‒ not only as a genitivus objectivus, but as a genitivus subjectivus. If “all humans by nature desire to know” (Aristotle), do Jewish intellectual traditions provide any unique responses to the human quest for knowledge? Do these responses have a universal import? Can contemporary science, therefore, in re-working its own response, look at Judaism no longer just as an object for observation, but as a source for critical self-reflection?

Participants in the workshop are invited to explore all epistemological aspects of Judaism: its basic categories of knowledge, its organontorah, mishna, talmud, midrash etc.; its paradigmatic knowing subjects – rav, hacham, gaon etc.; its knowledge institution – yeshiva, bet-midrash, bet-din; its mediums – oral vs. textual traditions and more. Contributions should relate these aspects to current topics and questions in theory and methodology of science in general and the humanities in particular: science in society and politics, structure of studies, material and institutional conditions of knowledge and so forth. Papers can also analyze the epistemological and historical conditions that have so far prevented science from considering Judaism as a form of knowledge: the categorical divides of secular/religious, universality/particularity, knowledge/faith, theoretical/practical, spiritual/material etc. Attention will be given also to comparison with other intellectual traditions – Christianity, Islam, Buddhism, Daoism etc. – as well as with other neighboring areas of science.

Programme

Comité organisateur :

Lieu

Freie Universität Berlin
Kaiserswerther Straße 16-18
14195 Berlin
Allemagne

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Usages de l'écrit, usages du droit au Moyen Age

Usages de l'écrit, usages du droit au Moyen Age

Vendredi 5 juin de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

Cette journée a pour objectif de faire dialoguer historiens du droit et historiens de l’écrit médiéval à partir du regard qu’ils portent sur des textes dits juridiques, qu’il s’agisse de chartes, d’actes notariés, de procès-verbaux ou de traités. Un des effets de l’écrit, qu’il soit juridique ou non, est de contribuer, comme le droit, à l’organisation et à la reproduction sociale, à l’établissement des rapports sociaux et des normes. Certains usages du droit ne se traduisent pas systématiquement par la production d’un écrit. D’autres au contraire, reposent sur des documents ou leur donnent naissance. Pourquoi ? Puisqu’ils s’inscrivent dans des logiques sociales particulières, dans quelle mesure peut-on associer usages de l’écrit et usages du droit dans les sociétés médiévales et modernes ? Le regard croisé des participants est destiné à mener la réflexion sur ce qui lie (ou pas) droit et écrit, à préciser les logiques  sociales qu’ils peuvent avoir en commun, à revoir le caractère juridique de certains écrits, ou encore à s’interroger sur la fonction performative de ces écrits.

Programme

Lieu

EHESS
(salle 121)
190, avenue de France
75013 Paris

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Technologies de la visibilité : visualiser les nouvelles formes de souveraineté (guerre, démocratie, Etat)

Technologies de la visibilité : visualiser les nouvelles formes de souveraineté (guerre, démocratie, Etat)

Vendredi 12 juin de 10h-12h - Table ronde

Présentation

La table ronde se propose de mener une réflexion croisée au sujet de la manière dont la souveraineté politique occidentale fait usage de la visualité pour imposer sa domination. Des tribunaux de Guantanamo aux suppressions « masquées » de civils en Afghanistan, le pouvoir souverain mobilise la guerre asymétrique, clandestine et infinie, invisibilisant acteurs et victimes et les démocraties contemporaines font usage de la hiérarchisation de la visibilité des citoyens, selon un principe de domination visuelle. La table ronde sera l'occasion de lancer une discussion commune autour de ces thèmes croisant philosophie politique et culture visuelle, dans une perspective encore trop absente de l'académie francophone. 

Programme

Lieu

EHESS
Salle 10
105,  boulevard  Raspail
75006 Paris

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Planting Dance :​​ Histoire culturelle et performativité du genre

Jeudi 4 juin de 13h-15h - Séminaire exceptionnel

Présentation

Historienne de la danse et des sciences, Felicia McCarren (Tulane University, USA) propose une réflexion théorique autour de la notion de performativity en lien avec l’histoire culturelle des arts vivants et des sciences botaniques du XIXe siècle. La résonance sociale de la science biologique et la représentation anthropomorphique des plantes ne laissent guère penser à une science radicale en ce qui concerne la théorisation du genre. Or, certains spectacles de danse du répertoire classique du XIXe siècle aussi bien que dans la danse moderne naissante du début du XXe siècle, semblent mettre en scène une conceptualisation du genre imbriquée dans la pensée botanique où le sexe et le genre des plantes seraient plus fluides et multiformes. Cette communication fait suite au colloque sur Genre et création dans l’histoire des arts vivants organisé en décembre 2013 par Elizabeth Claire, Catherine Deutsch et Raphaëlle Doyon.
 

Lieu

EHESS
Salle 1
190, avenue de France
75013 Paris
Incorporation  à la puissance  deux : Le corps social et ses  phénotypes littéraires

Incorporation à la puissance deux : Le corps social et ses phénotypes littéraires

26 et 27 juin - Colloque

Présentation

Dans le discours de la sociologie française, le concept d’incorporation est un fil récurrent depuis les débuts de l’Année sociologique. Marcel Mauss notamment a posé le concept de « techniques du corps » (1935) que les travaux de Pierre Bourdieu sur l’habitus ont ensuite développé, tout comme, en Allemagne, ceux de Norbert Elias sur le XVIIe siècle et l’étiquette, dans la Société de cour notamment (1969). Pour l’époque moderne, ce cadre théorique qui était lié à l’intérêt des sociologues pour les processus de socialisation, a ainsi servi à mettre au centre de la réflexion sur les sociétés un principe de contrôle (soit un contrôle des corps, soit un contrôle des affects), contrôle effectué par l’ordre politique et « vécu » par les membres de la société, c’est-à-dire notamment intériorisé par les individus (Elias). Plus récemment, cette question a été reprise dans les sciences politiques, les sciences de la culture et les disciplines historiques. L’historienne du Saint Empire, Barbara Stollberg-Rilinger, traite par exemple de la « fiction collective » des institutions politiques et de ses « formes extérieures »[1], qui produisent – ou « incarnent » – l’État par le biais d’une culture de la présence, une culture des signes et des fêtes officielles[2]. Albrecht Koschorke et d’autres ont tenté de reconstituer comme incorporation métaphorique le trajet de « l’État fictif » dans l’histoire européenne en 2007[3]. En France, la sociologie de Manuel Schotté sur les sportifs se situe dans la continuité des travaux de Pierre Bourdieu. Conçue comme une pratique symbolisante, la notion d’incorporation est presque devenue un topos des discours sur la façon dont agit le politique.

Mais qu’en est-il du point de vue des écrits littéraires[4] ? Quand Norbert Elias lit L’Astrée d’Honoré d’Urfé dans le dernier chapitre de La Société de cour, il y voit une forme de résistance par la fiction d’un ethos de l’amour, par les « armes de l’esprit » écrit-il, au processus de contrôle monarchique de la noblesse qu’il analyse ; une forme d’action directe mais seconde par rapport à la lutte armée, en partie inconsciente, puisque Elias réduit à la fois l’action de l’écrit littéraire (par comparaison avec l’action guerrière) et la maîtrise que l’auteur a de son écrit. L’intérêt d’une telle analyse sur laquelle on pourra revenir dans le cadre de ces journées est bien pourtant de montrer que la pratique symbolisante, c’est-à-dire la production de métaphores, de fictions, de représentations, théâtrales par exemple, n’est pas seulement un objet de recherche des lettres ; elle est également un point de repère pour penser les modes de symbolisation qui tentent d’échapper au contrôle politique, voire les effets sémiotiques qui lui échappent vraiment. Elle montre que la pensée de l’incorporation et des effets de résistance est en outre liée à une représentation du littéraire. Ainsi dira-t-on que la symbolisation, en sollicitant ou en créant dans l’individu des affects parfaitement réglés par la soumission, va de pair avec une production de signes qui ne se laissent pas entièrement absorber dans ce processus. Jon Beasley-Murray montre ainsi que chaque habitus entraîné produit simultanément de la résistance[5]. Sans contester l’efficacité de l’incorporation dans la perspective foucaldienne de la gouvernementalité, Beasley-Murray pose néanmoins la question de savoir comment l’habitus et l’affect idéologique font surgir des effets contraires aux opérations du champ social. Cela peut s’élaborer sous des formes diverses : par l’inertie ou la réticence (à l’égard des habitudes proscrites), c’est-à-dire dans le domaine du comportement ; par une résistance corporelle ou institutionnelle ; ou alors par la production de signes polysémiques, par exemple des écrits, des photos, des représentations idéologiques. Ainsi, dans un domaine qui prolonge les réflexions de Norbert Elias, peut-on réfléchir à la façon dont la galanterie a été au XVIIe siècle un discours de représentation des conduites et des corps, marquant, sous la forme d’une multiplicité constante de définitions et de prescriptions, l’intériorisation plus ou moins « résistante » d’un contrôle du modèle curial. Selon Beasley-Murray, something always escapes dès qu’il est question d’évoquer des affects ; dans le processus de soumission des individus à l’ordre social, un « surplus affectif » rend l’incorporation efficace, mais le même surplus travaille aussi contre elle. Il s’agit donc paradoxalement d’une vertu et d’une énergie propre de l’affect qui arrive à déborder le principe de contrôle.

Nous nous proposons donc de réfléchir aux formes que peut prendre le « surplus affectif » dans le domaine de la représentation, littéraire ou autre. Dans cette perspective, on ne souscrira pas plus à une logique d’immanence politique totale (c’est-à-dire, à l’hypothèse d’un passage direct du contrôle, d’une transmission sans reste de l’institution à l’individu), qu’à une logique de transcendance sémiotique pure (par exemple dans les œuvres d’art, détachées du monde social). La littérature, les spectacles, les écrits, voire toute production sémiotique, circulent entre des incorporations et leurs effets contraires : en tant que représentations, elles produisent peut-être cet intervalle.

Par ailleurs, toute pratique symbolisante produit des phénotypes affectifs[6] qui signalent tant les formes de soumission idéologiques que les modes du surplus affectif (escape).[7] Un exemple : en 1496, l’auteur castillan Juan del Encina présente une églogue à la cour des ducs d’Albe, l’Égloga de Mingo, Gil y Pascuala.Dans ce texte, il reproduit sa propre situation sociale précaire à travers la figure du berger rustique Mingo qui n’ose pas entrer dans la salle où se trouvent les ducs et leurs courtisans. Dans un premier temps, Mingo montre donc une servilité éclatante ; puis, mieux entraîné aux techniques du corps aristocratique valables dans cette société, il peut en devenir une membre.[8] On pourrait dire que cette pièce manifeste une espèce d’« incorporation du moi dans des stratégies symboliques publiques » (embodiment of self into public symbolical strategies[9]). Mais dans le même temps, Encina utilise dans son œuvre des métaphores récurrentes (par exemple, dans le Triunfo de Fama), pour se présenter sous le voile d’un nouveau Prométhée. Figure d’un puissant transmetteur de lumière pourvue d’un génie poétique, Encina en arrive à se présenter dans la fiction comme l’égal des ducs et même des rois catholiques, les monarques représentant la lumière céleste et le pouvoir absolu. Pour autant qu’ils soient des figurations affectives – ce qui mérite discussion – le berger et Prométhée peuvent être analysés comme deux phénotypes possibles d’une incorporation politique « au carré », c’est-à-dire des phénotypes littéraires donnant forme à l’incorporation politique (c’est la soumission du berger) et faisant retour en outre vers celle-ci (à travers Prométhée qui traverse la soumission et la dépasse). Autre exemple : le bras meurtrier du Cid cornélien, rendu responsable de la bataille entre devoir et amour, n’est-il pas une métaphore corporelle de l’incorporation conflictuelle qui divise la figure héroïque dans un régime contraignant ? Le conflit fatal entre langage, affect et devoir dans les œuvres de Racine, cet « effet de sourdine » classique dont a parlé Leo Spitzer[10], emblématisé par l’impuissance de Phèdre à « se déclarer »[11], n’est-il pas une forme d’énonciation rhétorique du même processus ? Enfin le comique de Molière et sa mise en scène du corps, notamment dans Le Bourgeois gentilhomme, n’invite-t-il pas à une lecture analogue, à travers le développement de ses propres phénotypes littéraires ? Ainsi, pourra-t-on, dans le roman, enquêter sur la relation entre les divers niveaux sémiotiques permettant un dialogisme interne du texte, un dialogisme qui réclame une autre compréhension de la figuration affective, différent de celui des genres théâtraux : dans La vie de Marianne, le système de la première personne fait par exemple retour de manière complexe sur les moments affectifs, les récits de larmes, tout ce qui procède d’une « narration de pathos »[12] que l’on peut travailler au regard de l’incorporation, comme une expansion plus ou moins contrôlée, plu sou moins « normée », de ce qui a été refoulé. Un peu différemment, au niveau de la production énonciative même des écrits, la question de l’incorporation telle qu’on l’envisage ici pourrait permettre de revenir sur les enjeux politiques du mode éthique d’énonciation dans la pastorale française des années 1620-1630 : en quoi la codification pastorale d’un ethos nobiliaire déborde-t-elle ou non le jeu de l’intériorisation d’une contrainte curiale, d’une distance avec les valeurs de cour ?

Notre colloque sera consacré à explorer le champ esquissé ci-dessus, y compris dans le cas d’écrits non immédiatement classé comme « littéraires ». C’est-à-dire à réintroduire du politique, dans le cadre d’une réflexion sur l’incorporation, à l’intérieur des perspectives philosophiques et morales récentes sur l’éthique de la littérature. Sans prétendre construire une description nouvelle d’un moment historique en particulier ou un grand récit de l’incorporation sociale sous l’ancien régime[13](et surtout sans répéter les résultats bien établis de la recherche sur l’histoire du corps[14]), les communications et les discussions devront plutôt permettre d’élaborer de nouvelles questions de recherche : comment penser l’incorporation sociale du point de vue de la littérature ? qu’est-ce que les écrits qualifiés de « littéraires » permettent de dire des processus d’incorporation ? comment entrent-ils dans ces processus ? quel rapport notamment peut-on éventuellement établir entre incorporation, affect et codification littéraire ou poétique ? Comment l’action propre des écrits se combine-t-elle, si tel est le cas, avec un discours sur l’incorporation ou une manifestation de celle-ci ? De quelle façon faudrait-il élargir la perspective pour vraiment saisir le rapport entre les différentes pratiques d’écritures imaginables, des pratiques symbolisantes et une pensée qui tente de décrire l’ordre et l’histoire d’une société ? Enfin quelles relations établir entre représentation, figuration et affect ?

Dans la suite du premier colloque à Paris (26 et 27 juin 2015), qui sera dédié aux figurations politico-affectives et aux représentations poétiques du corps en particulier, les organisatrices se proposent de continuer la discussion en 2016 à Mayence, afin de porter leur regard sur le corps comme métaphore de l’Etat et « l’Etat fictif » comme incorporation au deuxième degré. Finalement, le projet devrait aboutir à une publication, en invitant d’autres spécialistes à contribuer pour enrichir l’éventail des perspectives sur le sujet.

 

Karin Peters, Maître de conférences, université « Johannes Gutenberg » de Mayence, MSH et Grihl

Laurence Giavarini, Maître de conférences, Université de Bourgogne, centre Chevrier et grihl

Sophie Houdard, Professeur, universite Paris 3

Dinah Ribard, directrice d’études, EHESS, CRH-grihl



[1]Les vieux habits de l’empereur. Une histoire culturelle des institutions du Saint-Empire à l’époque moderne, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2013, p. 3.

[2]« C’est parce qu’elles s’offrent à une appréhension matérielle, parce qu’elles sont saisies par les sens, que ces symbolisations transforment l’ordre institutionnel qu’elles incarnent en une réalité objective. », Ibid., p. 5.

[3]Albrecht Koschorke, Susanne Lüdemann, Thomas Frank, Ethel Matala de Mazza (dir.), Der fiktive Staat. Konstruktionen des politischen Körpers in der Geschichte Europas, Frankfurt/Main, Fischer, 2007.

[4]Voir les contributions dans la Collection L’Intime 3 (2012) : L’expression de l’intériorité : vivre et dire l’intime à l’époque moderne [http://revuesshs.u-bourgogne.fr/intime/document.php?id=451ISSN - 2114-1053].

[5]Posthegemony. Political Theory and Latin America, Minneapolis/London, Univ. of Minnesota Press, 2010.

[6]Sur les phénotypes en matière d’affects, voir Hartmut Böhme, « Gefühl », in Christoph Wulff (éd.), Vom Menschen. Handbuch historischer Anthropologie, Weinheim, Beltz, 1997, pp. 525-548, ici p. 540.

[7]Voir la question de la mélancolie et la contre-culture dans les salons dans Wolfgang Lepenies, Melancholie und Gesellschaft, Frankfurt/Main, Suhrkamp, 1969.

[8]Gil – « Ponte el bonete de tema / y en el costado la mano. » Mingo – « ¿Y para qué en el costado? » Gil – « Porqu’es muy gran galanía. » (v. 439-442) Juan del Encina, Teatro completo, éd. Miguel Ángel Pérez Priego, Madrid, Cátedra, 2008, p. 185.

[9]James  Richard Andrews, Juan del Encina: Prometheus in the search of prestige, Berkeley, Univ. of California Press, 1959, p. 109.

[10]« Das zurückgeschwiegene Fühlen rächt sich durch Dynamisierung des Wortausdrucks, durch einen Gegendruck gegen den Wort-Druck, der auf dem Fühlen lastet. Also eine mit Spannungen geladene Dämpfung […]. », Leo Spitzer, « Die klassische Dämpfung in Racines Stil », in Romanische Stil- und Literaturstudien, t. I, Marburg, Elwert, 1931, pp. 135-268, ici p. 138 [« Le refoulement des sentiments accentue par réaction le dynamisme de l’expression verbale, une contre-pression s’oppose à la pression que le mot exerce sur les sentiments. Donc l’atténuation faite d’une accumulation de forces contenues… », Léo Spitzer, « L’effet de sourdine dans le style classique : Racine », dans Études de style, article traduit de l’allemand par Alain Coulon, Gallimard, 1970, « TEL », p. 210].

[11]Voir notamment Roland Barthes, Sur Racine, Paris, Seuil 1960.

[12]« Ein Pathosnarrativ liegt also vor, wenn im Erzählen eine pathetische Handlung wenigstens ansatzweise simulativ vollzogen, das heißt als Gestus textlich so vorgeführt wird, dass wir sie in unserer Imagination nahezu zeitgleich als Bewegung nachvollziehen können. » [On a affaire à une narration de pathos si une action pathétique est performée dans la narration, au moins de manière simulative, c’est-à-dire présentée textuellement comme geste afin que nous puissions la concevoir presque en même temps comme mouvement dans notre imagination.] Joachim Knape, « Rhetorischer Pathosbegriff und literarische Pathosnarrative », in Cornelia Zumbusch (éd.), Pathos: Zur Geschichte einer problematischen Kategorie, Berlin, Oldenbourg Akademieverlag, 2010, pp. 25-44, ici p. 43.

[13]Ainsi Bettina Hitzer déconseille de poursuivre le narratif linéaire d’une rationalisation des affects à la manière d’Elias, voir « Emotionsgeschichte – ein Anfang mit Folgen », in HSoz-u-Kult (23.11.2011), pp. 1-80, ici p. 5. [http://hsozkult.geschichte.hu-berlin.de/forum/2011-11-001]

[14]Voir, par exemple, Philipp Sarasin, Reizbare Maschinen: Eine Geschichte des Körpers 1765-1914, Frankfurt/Main, Suhrkamp, 2001, Christine Detrez, La construction sociale du corps, Paris, Seuil, 2002, Cornelia Hahn / Michael Meuser (éds.), Körperrepräsentationen. Die Ordnung des Sozialen und der Körper, Konstanz, UVK, 2002, Alain Corbain et al (éd.), Histoire du corps, Paris, Seuil, 2005 (3 t.), Markus Schroer (éd.), Soziologie des Körpers, Frankfurt/Main, Suhrkamp, 2005, Rebekka von Mallinckrodt (éd.), Bewegtes Leben: Körpertechniken in der Frühen Neuzeit, Wiesbaden, Harrassowitz, 2008, et Sydney Anglo, L’escrime, la danse et l’art de la guerre : le livre et la représentation du mouvement, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2011.

Programme

Lieu

EHESS
Salle Denys Lombard
96, boulevard Raspail

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Diversité et rabbinisation. Textes et sociétés dans le judaïsme entre 400 et 1000 de notre ère

Diversité et rabbinisation. Textes et sociétés dans le judaïsme entre 400 et 1000 de notre ère

24-26 juin - Colloque

Présentation

Pour le judaïsme de l’époque romaine, la pluralité des identités collectives juives est opinio communis depuis un certain temps déjà, et cela au delà de la division tripartite de Flavius Josèphe. Outre des pharisiens, saducéens, esséniens, samaritains et chrétiens, l’existence d’un grand nombre d’autres groupes est acquise et admise par tout le monde. Quant au Moyen Âge, la plupart des chercheurs présument en Occident l’existence d’un seul courant : le judaïsme rabbinique, et, en Orient, ils y ajoutent le judaïsme qaraïte, qui rejette l’autorité de la littérature talmudique et la liturgie rabbinique et revient aux sources bibliques comme la principale source des lois et coutumes. E pluribus unum ?

La vision d’un judaïsme rabbinique homogène établi en tant que «le» judaïsme pendant les premiers siècles de notre ère a été remise en question sous plusieurs aspects, sans qu’un seul paradigme nouveau ait pu la remplacer. Le colloque Diversité et rabbinisation: Textes et sociétés dans le judaïsme entre 400 et 1000 de notre èrese veut un forum pour la discussion et l’évaluation des thèses les plus récentes portant sur la possible diversité. Notre colloque a pour but de mieux éclairer cette période de transition en essayant d’articuler les différents corpus littéraires, leurs auteurs et leurs réalités socio-historiques afin d’arriver à une nouvelle synthèse du savoir.

La mise en question de l’homogénéité du judaïsme rabbinique et la mise en relief d’une diversité - pas seulement géographique- est d’une part le résultat des découvertes archéologiques (synagogues avec des mosaïques élaborées) et épigraphiques en Palestine et au-delà (inscriptions himyarites, bols magiques venant d’Iran) (Robin, Bohak). Quel rapport existe-t-il entre les rabbins du Talmud de Babylone et les bols magiques araméens juifs, qui viennent de la même région et dont certains évoquent des rabbins tandis que d’autres utilisent des formules chrétiennes ? Par contre, les rabbins mentionnés dans les inscriptions synagogales ne sont pas pour la plupart connus des textes rabbiniques et vice versa. Si l’on prend en compte que les mosaïques élaborées contredisent les prescriptions talmudiques, dans quelle mesure les rabbins des synagogues et les rabbins des textes sont-ils les mêmes (Irshai, Schwartz) ? Faut-il parler d’un «judaïsme synagogal» différent du judaïsme rabbinique  (Costa) ?

L’épigraphie nous apprend aussi que langue et écriture hébraïque ne sont répandues au sein des communautés juives méditerranéennes hors Palestine qu’à partir du sixième ou septième siècle. Quel rapport donc entre les vestiges synagogaux, les épitaphes en grec et latin et les rabbins du Talmud? Quand et pourquoi est-ce que les communautés occidentales ont été rabbinisées ?

D’autre part, notre compréhension des textes classiques transmis par les scribes rabbiniques a été peaufinée par la découverte des tendances différentes et des tensions majeurs entre la littérature rabbinique classique et les corpus des piyyoutim (les hymnes liturgiques), des hekhalot (la littérature mystique), les différents targoumim et un nombre important d’autres œuvres (par ex. Jossipon, Toledot Yeshu, Pirqé de Rabbi Éliézer), dont les réalités sociohistoriques - tant que nous pouvons les reconstruire - ne correspondent que partiellement au monde esquissé par les textes rabbiniques et gaoniques. Fréquemment des courants sacerdotaux ont été évoqués en tant que concurrents de celui des rabbins (Alexander, Irshai, Swartz, Yahalom). Dans quelle mesure une partie de ces textes a-t-elle été «rabbinisée»  a posteriori ?

De plus, l’hérésiologie mérite d’être re-examinée. Est-ce que les qaraïtes émergent des groupes sadducéens (Erder) ou est-ce qu’ils ne sont qu’une réaction anti-talmudique de l’époque médiévale ? Plusieurs chercheurs ont adopté la thèse de S. Pines selon laquelle des groupes judéo-chrétiens existaient encore après la naissance de l’islam (Gager, Stroumsa). Est-ce que le judaïsme qui a judaïsé les royaumes himyarite et khazar était talmudique ?

A ces chantiers complexes s’ajoutent les témoignages des sources non-juives grecques, latines, syriaques ou arabes. De quelle sorte de juifs parlent-ils ? Si les descriptions des textes non-juifs contredisent des éléments dans les textes traditionnels, est-ce que ces juifs étaient des juifs imaginaires ou est-ce que c’étaient des juifs non-rabbiniques ?

Programme

Lieu

Université Paris Sorbonne
Salle des Actes (mercredi 24 et jeudi 25 juin)
et Salle J636 (vendredi 26 juin)
1, rue Victor Cousin
75005 Paris

L'analyse de réseaux en sciences sociales

L'analyse de réseaux en sciences sociales

Vendredi 19 juin de 9h-18h30 - Journée d'étude

Présentation

Et si l’analyse de réseaux pouvait permettre aux sciences formelles, naturelles et sociales d’entrer dans un dialogue de plain pied? Et ainsi, de dépasser leurs clivages. Tel est le pari que poursuivent l’historien Maurizio Gribaudi (CRH) et le physicien Jean-Pierre Nadal (CAMS) qui organisent le 19 juin 2015 une journée d’études, au cours de laquelle ils invitent à débattre des chercheurs issus des disciplines les plus diverses (mathématiciens, physiciens, informaticiens, historiens, linguistes, géographes, sociologues…).  Ils nous précisent ici les enjeux qu’ils attachent à cette rencontre.

Lieu

EHESS
Salle 8
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Récits et images : Translations et reconfigurations russes entre Orient et Occident (XVIe-XXe siècle)

Récits et images : Translations et reconfigurations russes entre Orient et Occident (XVIe-XXe siècle)

Vendredi 19 juin de 10h30-18h - Journée d'étude

Présentation

Bien avant l'occidentalisation imposée par Pierre le Grand, la Russie a accueilli une abondante littérature occidentale en privilégiant les œuvres médiévales. Nous nous interrogerons sur le rôle joué au XVIIe siècle par les Jésuites, le bureau des Ambassadeurs et des aristocrates et prélats dans ce large mouvement d'acculturation. Au travers de divers types de textes (exempla, romans de chevalerie, nouvelles, ouvrages de pastorale), nous suivrons les diverses modalités de translation et reconfiguration russes de des matériaux narratifs ainsi que leurs mises en images dans les peintures murales des églises de l'Anneau d'Or, les manuscrits enluminés et les loubki.

Programme

10h30   Accueil des participants

  • 11h00   Victoria Smirnova (CIHAM, Lyon), Marie Anne Polo de Beaulieu (CHR – GAHOM, Paris), Premiers résultats de l’enquête sur les reconfigurations russes desexempla médiévaux
  • 11h45   Mikhaïl Maizouls (Centre d'études franco-russe de Moscou), Les images dangereuses et les diables vexés : comment les exempla médiévaux sont-ils réélaborés en Russie du XVIIIe siècle

12h15   Discussion
12h30   Déjeuner

  • 14h00  Pierre Gonneau (EPHE-Paris IV), Image de soi et de l'autre dans la Chronique enluminée russe (1568-1576)
  • 14h30  Véra Tchentsova (UMR 8167 Orient et Méditerranée – Monde byzantin, Paris), L’image du patriarche Théophane de Jérusalem (1608-1644) et ses modèles

15h00  Discussion
15h15  Pause-café

  • 15h45  Elena Koroleva (Université de Lille-3), La vie d'Alexandre dans le manuscrit МК-8 (К-5145) de la galerie Tretiakov: tradition et innovation
  • 16h15  Nina Pannina (Université de Novossibirsk), Le Livre de l‘Icône de Tikhvin

16h45  Discussion

17h00  Visite de l'hôtel de Lauzun

Entrée libre sous condition d'inscription préalable: http://paris-iea.fr/evenements

Lieu

L'Institut d'études avancées de Paris
17, quai d'Anjou
75004 Paris

Les sources au travail. Les spoliations d’œuvres d’art, 1933-2015

Les sources au travail. Les spoliations d’œuvres d’art, 1933-2015

2-11 Juillet - Université d’été de la Bibliothèque Kandinsky/ MNAM/CCI

Présentation

L’Université d’été de la Bibliothèque Kandinsky est un programme du Centre Pompidou organisé en partenariat avec l’équipe Histoire et historiographie de la Shoah. qui se déroule dans l’espace public du musée. Elle a pour objet les sources de l’art moderne et contemporain : archives, documentation écrite, photographique ou filmique, témoignages et appropriations. Initiative interdisciplinaire, l’Université d'été de la Bibliothèque Kandinsky réunit des jeunes chercheurs : historiens et historiens de l’art, anthropologues et sociologues, artistes, critiques, commissaires d’expositions, etc., qui partagent un travail collectif sur les sources avec des professionnels de l’art et des universitaires. La grande table-vitrine autour de laquelle s’assemblera l’Université d'été sera implantée dans l’espace du musée même. Les cimaises dont la table-vitrine est entourée recueilleront des reproductions des sources archivistiques et des documents proposés ou évoqués par les participants au cours des séances. A l’issue de chaque étape du déroulement du programme de l’Université d'été, ces planches d’un « Atlas des sources » seront photographiées. Dans le cadre d’ateliers d’écriture, les planches seront annotées, commentées et assorties de notices par les participants et les intervenants, sous la conduite d’une direction artistique et avec l’aide de graphistes qui en assurent la mise en page.  La production éditoriale de ces échanges, le « Journal de l'Université d'été de la Bibliothèque Kandinsky », sera alors, tout à la fois, un recueil de sources, un reflet du travail accompli et des questionnements partagés, et une création visuelle du savoir.

Programme

Lieu

Musée National d'Art Moderne
Centre Georges Pompidou
Bibliothèque Kandisky
3, rue Beaubourg
75004 PARIS

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Captives, recruited, migrants: Empires and labor mobilization (17th century to present days)

Captives, recruited, migrants: Empires and labor mobilization (17th century to present days)

30 septembre-2 octobre - Workshop

Présentation

Ce workshop part de l'hypothèse de l’existence d'un lien étroit entre guerre et travail dans la construction et l'évolution des empires, depuis le rôle majeur des captifs de guerre dans l'Europe, l'Asie et les Amériques prémodernes ou précoloniales, jusqu'aux diverses formes du recrutement pratiquées dans les empires (terrestres et maritimes) de ces trois continents. Les captifs, mais aussi les paysans, furent à la fois soldats, marins, et parfois même colons.

D'un autre côté, à partir du 17e siècle, les immigrants, tout comme les soldats et les marins, furent eux aussi soumis à des législations coercitives, d'inspiration militaire, au point que les mots déserteur et fugitif furent appliqués à la vaste palette de ces conditions diverses. Les soldats et la population locale ordinaire prirent part, au côté de recrutés et de soldats, aux entreprises de travaux collectifs conduites par les villages, les états, les compagnies privées et les propriétaires fonciers.

Les formes du recrutement contraint demeurent importantes tout au long du 19e siècle (système de la presse en Grande Bretagne et ses variantes à travers l'empire, recrutement en Russie, etc.). Elles persistent tout au long du 20e siècle (en Europe au cours des guerres, hors d'Europe durant et après la colonisation et la décolonisation) et subsistent encore de nos jours avec les enfants soldats.

Là encore, la connexion entre recrutement contraint et migration forcée est essentielle. Celle-ci prend cependant un tour nouveau au 20e siècle avec le déplacement massif de populations dans l'empire soviétique et dans de nombreuses régions d'Afrique et d'Asie, si bien que la distinction entre réfugiés, recrutés et travailleurs apparaît souvent très fragile.

Programme

Lieu

Collège de France
Salle Claude Lévi-Strauss
11, place Marcelin Berthelot
75005 Paris

Fiche éditeur : http://esopp.ehess.fr
Agir au futur : attitudes d’attente et actions expectatives - II

Agir au futur : attitudes d’attente et actions expectatives - II

28-29 septembre - Journées d'étude

Présentation

Au mois d’octobre 2014 dernier, nous avions étudié dans une première approche des questions portant sur les différentes temporalités des actions. Alors que nous avions commencé notre réflexion par une focalisation sur l’avant-guerre, nous voudrions désormais prolonger et approfondir le travail en examinant les questions de temporalité autour de sujets différents.

L’avant-guerre et l’attente d’une guerre restent au centre de ces réflexions, dans la mesure où nous avons vu que la guerre est un événement – ou plutôt une chaîne d’événements – à laquelle se réfèrent une multitude d’acteurs dans une multitude d’écrits à l’époque moderne.

Pendant ces nouvelles journées d’étude, nous voudrions surtout interroger la temporalité multiple des écrits, qui les distingue fondamentalement des autres actions humaines : Il y a d’abord le temps et la temporalité de l’action d’écrire –celle-ci s’appuie fortement sur le futur et peut être considérée comme une action au futur. Ensuite il y a les possibles temporalités des réceptions et réutilisations des écrits qui modifient  la fois les futurs et les passés des écrits en leur donnant une présence renouvelée.

Par ailleurs, en partant du couple conceptuel « expérience – attente », forgé par Reinhart Koselleck avec un fort caractère ontologique, donc fortement discutable, nous examinerons le rôle de l’expérience dans la construction d’une attente : Il faudra entre autres se demander comment l’expérience est conçue dans les écrits ?S’agit-il par exemple d’une expérience tacite ou explicite ? Y a-t-il des conceptions d’expérience plus concrètes ou plus abstraites ?, l’expérience se réfère-t-elle à un savoir spécifique – scientifique, culturel, politique, religieux … ?

La présence d’une expérience dans les écrits peut-elle entraîner des conséquences sur les actions expectatives des écrits ? Est-il possible de reconstruire une relation entre l’expérience dans les écrits et le non-savoir d’un futur que l’on essaie de rendre plus plausible – ou, tout au contraire, que l’on essaie de rendre impossible ?

La question plus générale est donc le problème de l’activité d’une attente, de ne pas se contenter de constater une attente diffuse mais de discerner et de distinguer les possibilités d’agir au futur.

Comme la précédente édition, ces journées d’études seront organisées comme un travail sur les sources afin d’assurer une discussion concentrée, capable d’établir des liens entre les contributions diverses.

Programme

Lieu

Institut historique allemand
8, rue du Parc-Royal
75003 Paris
 

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Le « rural » en question. Regards croisés sur une  catégorisation

Le « rural » en question. Regards croisés sur une catégorisation

Jeudi 24 septembre de 9h-18h30 - Journée d'étude

Présentation

Dans le prolongement du séminaire de lecture en histoire et sociologie rurales (CMH) que nous animons à l’EHESS depuis 2013, cette journée d’étude fait retour, dans le cadre du 40e anniversaire de l’EHESS, sur la place qu’y ont occupées les études portant sur « le rural », au sens large et, inséparablement, à partir d’une analyse d’un état des lieux actuels dans ce domaine, ouvrir des pistes de réflexion et un débat sur la possibilité d’en renouveler les perspectives et les façons de faire. Le concept de « rural », central dans les outils des sciences sociales, fait en effet actuellement l’objet d’investissements multiples, aussi bien scientifiques que politiques, à des fins d’en redéfinir les contours, mais également pour mettre en œuvre des politiques d’intervention. Pour comprendre les conditions de production des travaux contemporains, la situation actuelle gagne dans un premier temps à être comparée avec la période précédente d’effervescence intellectuelle autour de cet objet, durant les années 1960-1970.

Dans cette perspective, l’EHESS apparaît comme l’un des observatoires privilégiés, pour différentes raisons. Tout d’abord, deux principes inspirateurs de son projet scientifique porté par Fernand Braudel – l’interdisciplinarité et la longue durée – ont longtemps trouvé dans les études rurales un terrain d’élection. En effet, les recherches autour du « rural » sont intrinsèquement pluridisciplinaires, et croisent histoire, anthropologie, sociologie et géographie. En outre, en tant que lieu de rencontres et d’échanges à l’échelle internationale, l’EHESS est un lieu qui permet de saisir les courants des évolutions disciplinaires en les appréhendant à partir de réseaux internationaux. De multiples recherches sur les mondes ruraux, tant dans une perspective historique que sociologique et anthropologique, ont en effet été menées par des équipes et des centres de la VIe section de l’EPHE d’abord et de l’EHESS ensuite : parmi eux, on peut citer le Centre de Recherches Historiques (CRH) fondé en 1949 par Fernand Braudel et destiné à devenir un terrain de rencontre entre l’École des Annales et les anthropologues ; le Groupe d’Anthropologie des Sociétés Paysannes du Laboratoire d’Anthropologie Sociale (LAS) créé en 1960 et dirigé par Isac Chiva ; le Centre de Sociologie Rurale de l’EPHE (VIe section) puis de l’EHESS fondé en 1960 et dirigé par Placide Rambaud.

Dans ce contexte d’effervescence et d’échanges interdisciplinaires naît, en 1961, la revue Études Rurales qui constitue encore aujourd’hui une référence sur le sujet, par son effort de mise en dialogue de chercheur.e.s venu.e.s d’horizons scientifiques différents, tant des sciences humaines et sociales, quedes sciences de la nature. Actuellement, les « études rurales » figurent toujours parmi les mots-clés des séminaires annuels, dont Ruralités contemporaines, par une équipe collectiveet qui se poursuit depuis plusieurs décennies. Cependant, aucun centre de l’EHESS ne se réclame plus du rural ni n’en comporte l’intitulé. Quant aux groupes de recherche, seule l’Équipe de recherches pour l’histoire du monde rural (ERHIMOR) du CRH fait exception, les autres préférant mettre l’accent sur d’autres aspects : le territoire et l’environnement par exemple. Conséquence de la fin d’un « âge d’or » tant de l’histoire que de la sociologie rurales, de la relative dispersion à la fois institutionnelle et disciplinaire des études rurales, de l’épuisement des paradigmes, les terrains d’enquête ruraux semblent en outre avoir été délaissés à partir de la fin des années 1980. Pourtant, malgré cet ap parent déclin, les études rurales sont demeurées un domaine de recherche actif et dynamique, quoique discret au sein de l’EHESS.

Nombre de séminaires, de thèses, de mémoires et de numéros de revue continuent à traiter de la ruralité sous différents aspects et contribuent à élaborerdes formes d’investigation et des approches théoriques renouvelées dans les études portant sur le rural. La journée d’étude s’organisera en deux temps: d’une part, il s’agira defaire retour sur la genèse et l’évolution des études rurales – dans leur double dimension institutionnelle et intellectuelle (approches théoriques et méthodologiques) mais aussi dans une perspective comparative. D’autre part, nous nous interrogerons sur les transformations du regard porté par les sciencessociales sur un objet (le «rural ») dont les frontières n’ont eu de cesse de fluctuer, et nous explorerons les diverses tentatives récentes contribuant à renouveler les études du rural en France à travers notamment une attention portée aux comparaisons internationales mais aussi aux transformations induites par le processus de mondialisation. Cette journée d’étude permettraenfind’apprécier l’impact cognitif des études rurales sur les sciences sociales et éventuellement d’envisager les conditions de possibilité d’une « re-institutionnalisation » des études du « rural ».

Contacts comité d’organisation :

benoit.leroux@univ-poitiers.fr
niccolo.mignemi@gmail.com
edouard.morena@gmail.com
delphine.thivet@ehess.fr

Programme

Lieu

EHESS
Salle Denys Lombard
96, boulevard raspail
75006 Paris

Fiche éditeur : http://erhimor.ehess.fr/

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Histoire et littérature

Histoire et littérature

6, 13, 20 octobre - Ecole d'automne du GRIHL

Présentation

Cet enseignement intensif propose, au seuil de l'année universitaire, une introduction aux questionnements sur les rapports entre histoire et littérature. Il est ouvert à tous, et destiné plus spécifiquement aux étudiants de master et de doctorat, littéraires, historiens et autres étudiants en sciences sociales.

L’enseignement se déroulera en trois séances de trois heures, selon trois axes :

  • Contextes, milieux, « champ »

  • Pratiques de lecture, matérialité de l’écrit

  • Pouvoirs de la littérature : agir, savoir, témoigner

Cette école d’automne implique une série de lectures préalables, qui seront discutées lors des séances.

Le programme détaillé et des lectures sera fourni aux étudiants sur inscription auprès de J. Lyon-Caen (jlc@ehess.fr)

 

Lieu

EHESS
Salle 015
190, avenue de France
75013 Paris

Marchés monétaires et politiques monétaires

Marchés monétaires et politiques monétaires

2 et 3 octobre - Colloque

Présentation

Ces journées scientifiques sont destinées à tirer les conclusions des séances de  l’Atelier « Marchés monétaires et politiques monétaires » qui se sont tenues chaque année depuis 2013.

Cet atelier a réuni des historiens spécialistes de l’histoire économique et des économistes spécialistes de l’histoire de la pensée économique autour de la problématique suivante :

Le marché monétaire, comme lieu d’échange de la liquidité entre les banques et entre les banques et la banque d’émission/centrale, est une notion difficile. Il combine à la fois la dimension du marché, mais un marché très particulier, puisque très souvent (mais pas toujours) organisé autour d’une banque centrale et une dimension politique (puisque la politique monétaire y trouve son domaine d’application), mais une politique très particulière dont le degré d’autonomie reste curieusement à l’abri des débats qui caractérisent la politique budgétaire et fiscale.

Les évènements récents ont incité les économistes à revenir sur l’étude de ce marché et sur des questionnements théoriques qui lui sont liés tels que la formation des taux d’intérêt et la notion de liquidité. Ainsi, les économistes aujourd’hui qui cherchent à mettre en accord la théorie économique avec les pratiques bancaires constatées, renouent avec une tradition plus ancienne que des historiens de la pensée économique ont étudié.

De leur côté, les historiens économistes se sont penchés depuis longtemps déjà sur la question de la formation des taux d’intérêts sur les marchés de l’argent. L’examen des pratiques des politiques monétaires avant et après l’apparition des banques centrales, l’étude de l’évolution de la monétisation et de la bancarisation des économies depuis l’Ancien Régime n’ont cessé de révéler l’importance du marché monétaire et des formes qu’il a prises.

Programme

Quatre demi-journées d’étude seront introduites chacune par un rapport sur un ensemble de communications regroupées par thème et déjà présentées à l’atelier « Marchés monétaires et politiques monétaires ». A partir de ces rapports, une discussion s’engagera sous forme de table ronde entre les participants de la journée d’étude. Les thèmes des quatre demi-journées sont les suivants :

-          Marché monétaire et banque centrale : un marché centralisé ?

-          Marché monétaire, marché du crédit et dette publique.

-          Marché monétaire et marché des changes.

-          Marchés monétaires : espace national et international.

Comité organistaeur :

Daniel Diatkine (daniel.diatkine@univ-evry.fr)
Sylvie Diatkine (sylviediatkine@orange.fr)
Laure Quennouëlle-Corre (laure.corre@noos.fr)
André Straus (xstraus@orange.fr)

Lieu

Maison des Siences Ecoinomiues
106-112, boulevard de l’Hôpital
75013 Paris

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La culture matérielle : un objet en question. Anthropologie, archéologie et histoire

La culture matérielle : un objet en question. Anthropologie, archéologie et histoire

9 et 10 octobre - Colloque

Présentation

Colloque international organisé par le Centre Michel de Boüard - Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales (CRAHAM).

A partir des années 60, le concept de culture matérielle a permis de faire converger de nombreuses problématiques (production, consommation, comportements). Ce colloque permettra de retracer son historiographie et de mesurer son caractère opératoire dans la recherche actuelle.
Responsables scientifiques :
D. Alexandre-Bidon (EHESS), L. Bourgeois (UCBN), L. Feller (Paris I), P. Mane (EHESS), C. Verna (Paris VIII, , M. Wilmart (EHESS)

 

Programme

Public concerné : réservé aux chercheurs et étudiants
Fiche d'inscription au colloque

Contact :
Luc BOURGEOIS
02 31 56 58 44
luc.bourgeois@unicaen.fr

Lieu

Musée des Beaux-Arts de Caen
Audtorium
Le Château
14000 Caen

  •  
Fiche éditeur : http://gam.ehess.fr/
Que fait le genre à l’histoire du XIXe siècle ?

Que fait le genre à l’histoire du XIXe siècle ?

12 et 13 octobre - Journées d'études

Présentation

Depuis maintenant près d'une quarantaine d'années, l’histoire des femmes et, plus récemment, les études de genre ont ouvert des perspectives nouvelles dans l'ensemble des sciences humaines et sociales, et contribué à y faire évoluer les méthodes d'enquête. Les 12 et 13 octobre 2015, deux journées d'études prendront appui sur le travail des historien-ne-s pour proposer, autour d'un cas concret – celui des croisements entre rapports de genre et rapports coloniaux dans la France du XIXe siècle – une réflexion interdisciplinaire sur les apports heuristiques des concepts de genre et d'intersectionnalité. Leurs organisatrices, Elizabeth Claire (CRH), Caroline Fayolle (Paris 8), Lola Gonzalez-Quijano (CRH) et Sylvie Steinberg (CRH), précisent ici l'enjeu de cette rencontre.

Pour en savoir plus

Contact et inscription : genre19e@gmail.com

 

Programme

 

Lieu

EHESS
salle 638-640 (6e étage)
190, avenue de France
75013 Paris

Fiche éditeur : http://crh.ehess.fr

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La mystique juive dans la philosophie et la science modernes Kabbale, « athéisme » et conceptions non-mécanistes de la nature aux XVIIe et XVIIIe siècles

La mystique juive dans la philosophie et la science modernes Kabbale, « athéisme » et conceptions non-mécanistes de la nature aux XVIIe et XVIIIe siècles

12 et 13 octobre - International Workshop

Présentation

Ce colloque propose une réflexion pluridisciplinaire sur les diverses modalités selon lesquelles la mystique juive a intégré et nourri les courants intellectuels des 17e et 18e siècles. L’accent sera mis plus particulièrement sur le rôle des synthèses alchimico-kabbalistiques dans l’émergence de la science moderne et ses alternatives, sur les disputes autour du panthéisme spinoziste et sur diverses formes d’« athéisme », ainsi que sur leur retentissement chez les penseurs juifs du 18e siècle.


Programme

 

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant (8e étage)
190, avenue de France
75013 Paris

Fiche éditeur : http://cej.ehess.fr/

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L’histoire de la Shoah par le document. Le recueil de documents comme forme d’écriture historique

L’histoire de la Shoah par le document. Le recueil de documents comme forme d’écriture historique

20 et 21 octobre - Journées d'étude

Présentation

L’édition et la publication de « matériaux » et de « documents » tient une grande place dans la première historiographie de la Shoah, dominée par l’activité des centres de documentation et commissions historiques créées au lendemain de la guerre. Si ces institutions et les parcours des « survivor historians » commencent d’être bien connus, si les conceptions historiographiques de ces derniers font l’objet d’une relecture attentive, les opérations historiographiques concrètes, la manière de produire de la « documentation » pour faire histoire, d’articuler « documents » et commentaires, de disposer des traces dans une écriture et de les donner à voir, demeurent peu étudiées.

Il ne s’agit pas que d’une simple cuisine historiographique : les « documents » constituaient une ressource fondamentale pour ces historiens qui avaient, pour certains, un lien biographique avec la documentation qu’ils utilisaient et publiaient (parce qu’ils avaient contribué à la sauver, à la collecter, à la conserver) et on sait combien la maîtrise de la documentation put constituer un enjeu institutionnel et politique majeur dans l’après-guerre. Par ailleurs, ces « documents » ne sont pas des écrits stables : comme pour les individus, on peut reconstituer leurs itinéraires, depuis les contextes de leur production jusqu’aux époques de leurs publications, souvent plurielles. Dans ces itinéraires d’écrits, les questions d’auctorialité (qui est l’auteur du témoignage constitué en document ?), de la frontière entre « document » produit pendant la guerre et « témoignage » des lendemains, se trouvent souvent considérablement complexifiées.

On cherchera à rendre compte de cette complexité, qui a pu conduire souvent les historiens des générations suivantes à se tenir à distance de ces corpus de « recueils de documents » qui ne répondaient pas à leurs attentes historiographiques, tant ces recueils semblaient curieusement assemblés, insuffisamment référencés, trop « littéraires », marqués par des questionnements historiographiques problématiques ou erronés, surdéterminés par les luttes politiques de la guerre froide, ou par des logiques de vengeance ou de piété.

La sortie du « document » de l’agenda intellectuel des historiens de la Shoah fait également partie des questions que nous aimerions soulever. En réalité, on n’a jamais cessé de publier des documents, mais différemment, en oubliant ces premiers recueils, ou en les retravaillant sans le dire. Alors que la première époque de l’historiographie suscite un regain d’intérêt, comment publie-t-on des « recueils de documents » aujourd’hui, et selon quels liens avec les entreprises documentaires de l’immédiat après-guerre ? C’est pour répondre à cette question que la première session de ces journées sera consacrée à l’actualité la plus récente de cette manière spécifique d’écrire l’histoire en publiant des recueils de documents : le volume consacré à l’Europe de l’Ouest de cette entreprise de longue haleine Die Verfolgung und Ermordung der europäischen Juden durch das nationalsozialistische Deutschland 1933-1945vient d’être publié. Il sera discuté en présence des auteurs.

Comité organisateur :

Judith Lyon-Caen (EHESS-CRH), Barbara Lambauer (IfZ, Munich-Berlin/SIRICE,Paris), Florent Brayard (EHESS-CRH), Judith Lindeberg (EHESS-CRH), l'équipe Histoire et Historiographie de la Shoah Avec le soutien de soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

Programme

Version française

Version anglaise

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant
190, avenue de France
75013 Paris

Fiche éditeur : http://hhs.ehess.fr/
Les juifs face à la destruction : le district de Lublin

Les juifs face à la destruction : le district de Lublin

Jeudi 15 octobre de 16h-18h - Séminaire exceptionnel

Présentation

Pour la première séance du séminaire "Histoire et historiographie de la Shoah", David Silberklang (chercheur au sein de l'International Institute for Holocaust Research et rédacteur en chef de Yad Vashem Studies) viendra présenter son dernier ouvrage, Gates of Tears: The Holocaust in the Lublin District (Yad Vashem, 2014).

 

Lieu

EHESS
Salle Jean-Pierre Vernant (8e étage)
190, avenue de France
75013 Paris

Fiche éditeur : http://hhs.ehess.fr/
Conférence de Tom Burke : The American Disabilities Act as a Litigation Policy

Conférence de Tom Burke : The American Disabilities Act as a Litigation Policy

Mercredi 7 octobre de 15h-19h - Séance exceptionnelle de séminaire d'ESOPP

Présentation

Tom Burke est professeur de science politique au Wellesley College. Il est actuellement professeur invité à l’Institut d’études gouvernementales de l’Université de Berkeley (Californie). Ses recherches portent sur la place du droit et des litiges dans les politiques publiques et sur la manière dont les institutions répondent aux revendications en matière de droits. Après avoir longtemps travaillé sur la question du handicap, il examine dans son dernier livre, co-écrit avec Jeb Barnes, How Policy Shapes Politics (Oxford University Press, 2015), les conséquences politiques de la ‘judiciarisation”.

Quelques publications :

  • avec Lief Carter de la 8e édition de Reason in Law (University of Chicago Press, 2015)

  • Lawyers, Lawsuits and Legal Rights: The Struggle Over Litigation in American Society(University of California Press, 2002)

  •  Kagan the Explorer(Judicature, 2013)

  • From the Courthouse to the Chalkboard(Tulsa Law Review, 2013), Making Way: Legal Mobilization, Organizational Response and Wheelchair Access (Law and Society Review, 2012)

 

Lieu

EHESS
Salle 015
190, avenue de France
75013 Paris

La prohibition des drogues. Approche transversale

La prohibition des drogues. Approche transversale

Mercredi 7 octobre de 11h-14h - Séminaire exceptionnel du GEI

Présentation

La prohibition des drogues fait aujourd’hui débat. Face aux échecs de la guerre à la production et au commerce des drogues, devant l’explosion de la criminalité et des conflits dérivés de la prohibition, et constatant que malgré tous les interdits la consommation mondiale ne cesse de se développer, la question du bien-fondé de la prohibition n’est plus seulement posée par des associations d’usagers et des chercheurs en sciences sociales, mais par des hommes d’État et des fondations internationales. Le constat est accablant : la guerre à la drogue tue beaucoup plus que la consommation de drogue. Or, face à l’énorme problématique soulevée par les dites drogues, renvoyant à des questionnements philosophiques, religieux, sociétales, psychanalytiques, l’expertise est confiée normalement à des policiers, des juges, des psychiatres, des médecins, des assistants sociaux et des organismes de rédemption. Une approche qui amplifie le traitement répressif, criminogène, ostracisant, méprisant ou apitoyant des consommateurs des dites drogues. Par ce séminaire collectif de recherche, nous voulons questionner les motivations, l’historique, la pertinence de la prohibition des drogues, dans une approche transversale qui se veut aussi trans-universitaire. Notre volonté est de faire de ce séminaire à la fois un carrefour d’échanges de connaissances et un laboratoire pour des nouvelles recherches.

Intervenants

  • Alessandro STELLA (historien, DR au CNRS)
  • Michel KOKOREFF (sociologue, professeur d’université Paris 8)
  • Fabrice OLIVET (directeur d’ASUD-Auto Support des Usagers de Drogues)
  • Laurent APPEL  (journaliste, membre d’ASUD)

Organisateurs : Alessandro STELLA (historien, DR au CNRS), Michel KOKOREFF (sociologue, professeur d’Université Paris 8), Fabrice OLIVET (directeur d’ASUD-Auto Support des Usagers de Drogues), Laurent APPEL (journaliste, membre d’ASUD)

Lieu

EHESS
Amphithéâtre François Furet
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Hommage à Louis Bergeron

Hommage à Louis Bergeron

Vendredi 23 octobre de 10h-17h30 - Journée d'hommage

Présentation

Il y a tout juste un an, disparaissait brutalement Louis Bergeron. Certains de ses collègues, de ses élèves ou des personnes l’ayant connu dans le cadre de ses travaux de recherche, de ses séminaires à l’EHESS ou de ses activités internationales ont souhaité qu’un hommage lui soit rendu, hommage mémoriel de reconnaissance humaine mais aussi hommage scientifique, soutenu par l'EHESS et le Centre de recherches historiques.

S’il s’agit, durant cette journée, de rendre l’hommage légitime que doivent d’anciens collègues, doctorants et élèves à une personnalité les ayant profondément marqués, il conviendra surtout de dégager, par le témoignage de ceux qui l’ont connu, la logique et les incertitudes de son parcours intellectuel et scientifique mais aussi engagé dans la société.

 

Programme

La matinée de 10h00 à 12h30 - sera introduite par Pierre-Cyrille Hautcoeur, Président de l’EHESS et par les Directeurs du CRH. Elle prendra la forme d’une table ronde, autour de la carrière scientifique de Louis Bergeron, de ses premiers travaux sur la Révolution et l’Empire à l’enquête sur les Grands notables, de l’histoire urbaine de Paris aux élites sociales de la banque et du patronat. Ses fonctions de direction à la tête du CRH et son rôle dans la vie de l’EHESS ne seront pas oubliés. Elle réunira notamment Patrice Bourdelais, Serge Chassagne, Guy Chaussinand-Nogaret, Jean Ehrard, Mathieu Marraud, Marie-Vic Ozouf-Marignier, Denis Woronoff. La parole sera également donnée aux amis et collègues de Louis Bergeron présents dans la salle.

L’après-midide 14h15 à 17h30 - s’attachera, toujours sous la forme d’une table ronde, au rôle joué par Louis Bergeron d’abord dans l’émergence, en France, du concept d’archéologie industrielle, puis secondement à son influence essentielle dans la structuration du mouvement international en faveur de la préservation du patrimoine de l’industrie, notamment au travers de ses deux mandats de Président du TICCIH.

La table ronde rassemblera quelques Français qui l’ont accompagné notamment autour du CILAC – Bernard André, Gracia Dorel-Ferré, Geneviève Dufresne et Maria Teresa Maiullari-Pontois - mais aussi des personnalités européennes de premier plan dans le domaine de l’archéologie industrielle, Eusebi Casanelles, Luigi Fontana, Franco Mancuso, Massimo Preite et Guido Vanderhulst.

Comité d’organisation : Bernard ANDRE, Geneviève DUFRESNE, Marie-Vic OZOUF-MARIGNIER, Denis WORONOFF

L’entrée sera libre et gratuite.
Contact :
bernard.andre56@wanadoo.fr

marie-vic.ozouf-marignier@ehess.fr

 

Lieu

EHESS
Amphithéâtre
105, boulevard Raspail,
75006 Paris

Gérer la pénurie, gouverner l’abondance. Dynamiques du stockage et de l’approvisionnement dans le secteur agroalimentaire (XVIIIe-XXe siècles)

Gérer la pénurie, gouverner l’abondance. Dynamiques du stockage et de l’approvisionnement dans le secteur agroalimentaire (XVIIIe-XXe siècles)

29-30 octobre - Colloque

Présentation

Alors que l’exposition universelle qui se déroule à Milan de mai à octobre 2015 se donne pour thème « Nourrir la Planète, Énergie pour la Vie », le monde semble de nouveau confronté à des problèmes qui semblaient définitivement réglés : le risque des pénuries et la capacité à garantir une alimentation adéquate à une population mondiale croissante et en voie d’urbanisation. Se situant au carrefour des sphères de la production, de la consommation et de la transformation, les systèmes de stockage et d’approvisionnement constituent un observatoire privilégié des évolutions récentes des agricultures à l’échelle du monde. Nullement neutres dans leurs fonctionnements, ces systèmes sont en effet le produit d’interactions complexes et révélatrices de la manière d’articuler les discours sur la rareté et sur l’abondance dans chaque société et dans chaque contexte particulier. Ces mécanismes méritent donc d’être explorés tant dans leurs dynamiques que du point de vue des acteurs impliqués et des institutions qui les gouvernent. Les pratiques du stockage et de l’approvisionnement constituent en effet un enjeu fondamental de toute perspective visant à suivre et, éventuellement, à réguler les évolutions du secteur agroalimentaire.

Programme

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Savoirs et sciences de la Renaissance à nos jours. Une lecture de longue durée : Conclusion générale de Dominiques Pestre

Savoirs et sciences de la Renaissance à nos jours. Une lecture de longue durée : Conclusion générale de Dominiques Pestre

Lundi 23 novembre de 14h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

La première séance des Rencontres du GEHM accueillera Dominique Pestre, directeur général des trois volumes de l’Histoire des sciences et des savoirs, Paris, Seuil, octobre 2015 (vol. 1, De la Renaissance aux Lumières, dir. par S. Van Damme ; vol. 2, Modernité et Globalisation, 1770-1914, dir. par K. Raj et O. Sibum ; vol. 3, Le siècle des technosciences, depuis 1914, dir. par C. Bonneuil et D. Pestre). Au cœur de la discussion, le texte de conclusion de l’entreprise : D. Pestre, « Savoirs et sciences de la Renaissance à nos jours. Une lecture de longue durée », vol. 3, p. 461-485. 

A l’issue de cette séance, une présentation générale des trois volumes aura lieu, sur l’initiative du Centre Koyré, de 17h à 19h, au 105 bd. Raspail, amphithéâtre François Furet, en présence des directeurs des volumes, des auteurs et de quatre discutants : Roger Chartier, Simona Cerutti, Patrick Fridenson, Jakob Vogel et Nilüfer Göle. 

Pour plus de détails voir : http://koyre.ehess.fr/.

 

Lieu

EHESS
Salle du Conseil B (R-1)
190, avenue de France
75013 Paris

La démocratie de la place publique

La démocratie de la place publique

19-20 novembre - Colloque

Présentation

Depuis 2010, de nombreux mouvements d’un type nouveau ont éclaté dans l’Europe orientale et méridionale, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. Ce colloque vise à faire se rencontrer des « activistes-réflexifs » venant de Tunisie, d’Égypte, de Turquie, d’Ukraine, du Brésil, d’Espagne et de Bulgarie.

Ces mouvements sont caractérisés par les espaces qu’ils occupent, notamment la place Tahrir, la place de la Kasbah, Gezi Park et Maïdan. Dans la rue se mettent en scène de nouveaux imaginaires démocratiques par la performance, l’art et l’humour. Les activistes sont artistes, blogueurs, journalistes, universitaires, précaires, etc. Ils inventent de nouvelles formes de détermination collective des exigences et réfutent le leadership et la représentation. Ces mouvements sont souvent sévèrement réprimés, les participants emprisonnés, sinon abattus par des tireurs en uniforme ou non. Il se dessine, dans une dimension globale, de nouvelles formes de légitimité démocratique qui sont une critique en acte de l’histoire du XXe siècle autoritaire, hiérarchique et partidaire.

 

Programme

Lieu

EHESS
Amphithéâtre F. Furet
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Document(s) à télécharger

Découverte des outils SIG. Mesurer, comprendre, afficher (Outils, concepts, fonctions)

Découverte des outils SIG. Mesurer, comprendre, afficher (Outils, concepts, fonctions)

Lundi 30 novembre de 14h30 à 18h30 - Demi journée détude

Présentation

Dans le cadre de la Plate-forme SIG de l’EHESS, est organisée une séance de découverte aux potentialités des outils SIG développés par la société ESRI (ArcGIS) que l’EHESS a acquis et dont des licences utilisateurs sont à votre disposition.

Elle s’adresse à tous (enseignants, chercheurs, étudiants…), sensibilisés ou interpellés dans leurs travaux de recherches par des questions liées à l’espace, au temps autour de données thématiques quels que soient les champs d’application. Mesurer, comprendre, décider, communiquer sont les grands fondements sur lesquels reposent un SIG.

Stanislas Pachulski (responsable du pôle Education/Recherche à ESRI-France), accompagné d’un ingénieur se proposent non seulement de présenter le SIG ArcGIS : le logiciel, ses outils, ses fonctions, ses concepts, mais aussi de répondre à vos questions et vos attentes.

Afin de gérer au mieux cette rencontre, il vous est demandé de vous inscrire auprès de :
anne.vitu@ehess.fr et de eric.mermet@ehess.fr

 

Lieu

EHESS
Le France (salle 640-641)
190 Avenue France
75013 Paris

Catastrophe, Environnement et Propriété : Approches historiques, XIXe-XXe siècle

Catastrophe, Environnement et Propriété : Approches historiques, XIXe-XXe siècle

2 et 3 décembre - Colloque international

Présentation

Événement soutenu par le projet ANR GOVENPRO (http://govenpro.hypotheses.org/)

Inscription obligatoire : http://paris-iea.fr/node/3369/

Ce colloque vise à explorer, dans une perspective historique centrée sur les XIXe et XXe siècles, les interactions entre les systèmes de propriété sur les ressources et les environnements et une classe particulière de processus socio-écologiques: les catastrophes. Il réunit une vingtaine de chercheuses et chercheurs venus du monde entier, pour la plupart historiens. Comment les systèmes de propriété étasunien, soviétique et japonais renforcent-ils la vulnérabilité des populations, ou autre contraire, augmentent-ils leur résilience ? Comment les systèmes coloniaux ont-ils bouleversé les agencements locaux préventifs ? Comment les industries minières et nucléaires ont-elles influencé la définition et l’application des droits de propriété et du droit des catastrophes et quels conflits avec les riverains ces transformations ont-elles suscités ? Ce seront là quelques-unes des questions abordées dans le cadre de la conférence.

Contact organisateurs

Fabien Locher (flocher@ehess.fr),
Marc Elie (marc.elie@cercec.cnrs.fr)

 

Programme


Lieu

IEA de Paris
Hôtel de Lauzun
17, quai d'Anjou
75004 Paris

 


Document(s) à télécharger

L'économie dans la construction de l'Europe : un aperçu historique

L'économie dans la construction de l'Europe : un aperçu historique

3 et 4 décembre - Colloque

Présentation

Fait inédit dans l’histoire, la construction d’un ensemble européen supranational repose, dès ses commencements à la fin des années 50, sur des dynamiques centripètes qui sont en large partie fondées sur des processus économiques. Ce constat s’impose à la réflexion des historiens de l’économie de toute époque, afin de saisir les écarts et les convergences entre le présent et les configurations antérieures et pour replacer les dynamiques actuelles dans l’évolution globale du monde contemporain. Une rencontre consacrée à ces thématiques nous a paru la formule adéquate pour célébrer le cinquantenaire de l’Association Française d’Histoire économique. 

NB : L’inscription au colloque est indispensable sur le lien suivant :
https://e-formation.igpde.finances.gouv.fr/forms/content/display_campaign.php?url=2d51964610a0a16d78c8ef4c5db57cf9

Le mail de confirmation de l’inscription et une pièce d’identité seront demandés à l’entrée

Programme

Lieu

3 décembre

Ministères économiques et financiers
139, rue de Bercy
75012 Paris

4 décembre

BNP Paribas
14, rue Bergère
75009 Paris

Document(s) à télécharger

 

Humanitarianism and historiographe

14 décembre de 14h-16h30 - Les Rencontres du GEHM

Présentation

This lecture is about how imaginers learned to challenge the sovereignty of other states to violate the rights of other citizens.  Roger Casement was an avatar of a new humanitarian age in the 1900s.  The Irish crusader championed the rights of Congolese and Amazonian natives exploited and brutalized to enrich others.  His reports were among the most sensational exposés of atrocities in far away places, linking London shareholders to the torture of Yanomami Indians.  They were joined by images and writings of massacres of Christians under Ottoman rule and Herero people under the heel of German imperial troops.  Modern humanitarianism began with the reports of colonial atrocities; Mahatma Gandhi, clad in rustic cotton, became the global icon of peaceful regard for others.  As imperial wars came home to Europe, the savagery of world war pulled the veil back on the scale of state violence against civilians.  In 1944, a Polish-Jewish lawyer coined the term “genocide,” forever changing the language of humanitarianism and opening the path to considering obligations to protect others.  The idea gathered force with the entwined decolonization of the Third World and the furor caused by Hannah Arendt’s concept of the banality of evil; dealing with atrocities meant confronting what makes man violent.  The paradox of the 1970s was that just as imaginers were backing away from redistributionist solutions to global inequality, they fastened on a discourse of human rights and invigorated civic movements that would sire the concept of global citizenship.  

 

Lieu

EHESS
Salle B du Conseil
190, avenue de France
75013 Paris

EHESS
CNRS

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Rencontre avec Dorothea von Mücke, Columbia University

Compte-rendu - La table ronde avec l’historienne Dorothea von Mücke était organisée autour de son livre The Practices of Enlightenment. Aesthetics, Authorship, and the Public, paru chez Columbia University Press, en 2015. Dans le cadre des échanges PSL-Columbia, l’historienne Dorothea von Mücke (...)(...)

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L'un et le tout

Journée(s) d'étude - Jeudi 22 juin 2017 - 09:30Dans la lignée des grands rendez-vous scientifiques qu'il a initiés par le passé (sur les thèmes du Transnational, du Contexte), le CRH organise un grand forum de débat qui se tiendra les 22 et 23 juin. Animée par les membres, groupes et équipes du (...)(...)

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Hommage d'Arlette Farge à Pierre Laborie

Hommage - Pierre Laborie, directeur d'études de l’EHESS est décédé le 15 mai 2017, à l'âge de 81 ans.Spécialiste de l'« histoire de l'imaginaire social » pendant la seconde guerre mondiale, il avait été élu directeur d'études à l'École en 1998 sur un projet portant sur « La construction de l'évé (...)(...)

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Dernière modification :
19/07/2017