Programmes de recherche financés |

Recherches financées

Histoire et présent des pratiques d’influence. Études transnationales du XXe et du XXIe siècles

Présentation du projet PSL-Tepsis

Histoire et présent des pratiques d’influence. Études transnationales du XXe et du XXIe siècles.

Ce « projet exploratoire » de PSL, également soutenu par TEPSIS, examine la possibilité et l’ampleur d’un programme transnational et transdisciplinaire de recherche sur l’histoire et le présent des pratiques d’influence. Il s’agit d’un projet collectif rassemblant six personnes (en histoire, sociologie et études visuelles) et initiant un réseau international. Par « pratiques d’influence », nous renvoyons à un spectre de pratiques et de professions qui se sont développées de façon particulièrement intense au cours du XXe siècle, comme la propagande, le marketing, les relations publiques, la communication, la psychologie sociale et d’autres. Ces disciplines ont été étudiées séparément, mais jamais ensemble alors qu’elles constituent un phénomène majeur qui a une profonde signification historique et présente, comme l’actualité ne cesse de le montrer. Nous nous intéressons aussi aux pratiques ordinaires (consommation, travail, citoyenneté…) en tant qu’elles sont visées par la prise des pratiques d’influence et aux « contre-pratiques » qui visent à déjouer ces dernières tout en en étant aussi. La recherche porte de 1900 à nos jours. Les pays concernés par toute une série de chantiers sont la France, la Russie, l’Ukraine, l’Italie, le Brésil et les États-Unis.

SWOT. Prato et pratiques d’influence

Le Swot de Prato est développé séparément (voir ci-dessous). La recherche sur les pratiques d’influence succède à celle qu’Yves Cohen avait menée solitairement durant plus d’une vingtaine d’années sur l’histoire de l’autorité et du leadership dans la première moitié du XXe siècle.

Son point fort est l’identification d’un phénomène crucial des sociétés contemporaines qui n’a jamais été abordé de façon consistante ni par l’histoire ni plus largement par les sciences sociales. L’influence n’a jusqu’ici fait l’objet de recherches concentrées que du point de vue des sciences cognitives. C’est pourquoi ce projet se développe de façon collective : dans le cadre de ce qui est financé par PSL, six personnes sont mobilisées, historiens, sociologues et une spécialiste de la culture visuelle, autrement dit un doctorant (Hugo Souza de Cursi, CRH), deux post-doctorantes (Perrine Poupin et Francesca Martinez-Tagliavia, candidate à un rattachement CRH) et deux chercheurs (Antoine Hennion, de l’ENSMP, et Roman Abramov, de la Haute École d’Économie de Moscou) ; TEPSIS de son côté soutient le montage d’un réseau international et interdisciplinaire d’étude de ces pratiques.

Comme dans toute entreprise de recherche innovante, la difficulté est en quelque sorte expérimentale. Comment joindre des démarches qui se sont développées dans l’isolement disciplinaire, dans une conception intellectuelle relativement limitée (marketing, propagande, relations publiques, communication étudiés séparément), sur des terrains nationaux sans grande attention portée aux circulations qui sont le pain quotidien de ces pratiques et enfin sur une longue durée qui comprend le présent ?

Ainsi, une caractéristique de cette recherche qui apparaît fortement est l’effet de l’actualité immédiate qui pousse à en reformuler sans cesse les fondements (par exemple, on a vu tout récemment comment le statut de la vérité est en jeu dans l’événement au quotidien, ce qui incite à relier plus étroitement la recherche avec les chercheurs de toutes disciplines qui s’intéressent à la science, en premier lieu les historiens et les philosophes). La stabilisation s’opère dans le commerce accepté avec le moment actuel.

Ce poids du présent a pour contrepartie positive de rendre plus compréhensible un thème de recherche qui s’impose presque par son évidence.

Enfin, dans la dynamique de moyen terme du travail d’Yves Cohen, tout autant ce projet sur les pratiques d’influence que Prato contribuent à nourrir ce qui constituera l’essentiel de ses efforts qui se centreront à partir de 2019 sur les pratiques et la pratique dans leur histoire.

Prato, Swot spécifique

Prato est un lieu de discussion scientifique réputé parmi les historiens et les sociologues du travail. Une bonne partie des dernières générations de ces disciplines en France appartient, a appartenu à Prato ou y est intervenu. Il y a donc une dynamique collective et un effet de groupe qui irrigue le milieu de la recherche liée au travail sur quelques points : la nécessité de l’enquête ethnographique, celle de la confrontation interdisciplinaire et celle enfin d’une discussion scientifique approfondie que ne gênent pas les formalités universitaires.

Le groupe s’ouvre depuis plusieurs années à la comparaison et à l’échange transnational (enquêtes sur les circulations de formes de travail entre Russie et France, fréquentation réciproque de terrains entre Lille et Buenos Aires, par exemple), mais c’est encore très insuffisant.

Ce groupe est original dans le paysage de la recherche. Il maintient son existence depuis plus de vingt ans (créé au CRH en 1995), mais celle-ci est peu institutionnalisée et doit le rester. C’est en effet une condition de sa souplesse, de la largeur de l’accueil fait aux démarches les plus variées mises en confrontation. Or la poussée vers la bureaucratisation qui porte désormais jusques et y compris dans l’EHESS risque de devenir un poids qui freine la dynamique de ce groupe.

C’est donc en faisant fond sur l’interaction entre les disciplines qu’il accueille, ce qui constitue un des principaux atouts du cadre qu’est l’EHESS et en particulier son CRH, que ce groupe continuera à irriguer principalement l’histoire et la sociologie du travail et aussi l’anthropologie, l’économie et la recherche en gestion à travers l’intérêt que nombre de leurs professionnels portent à l’histoire du travail.

(PS : je m’excuse de n’avoir pas fait parvenir cette analyse Swot dès mon premier envoi. À vrai dire, j’ai une réticence profonde par rapport à la managérialisation de la recherche que des dispositifs comme les Comues ou des agences comme l’HCERES véhiculent. La pensée sur l’université et la recherche s’y appauvrissent et on demande aux enseignants et chercheurs de réfléchir en suivant des recettes standardisées et abêtissantes comme ce SWOT).

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

Les états modifiés de conscience

Journée(s) d'étude - Jeudi 11 janvier 2018 - 17:00Christian Sueur, psychiatreLe renouveau des utilisations thérapeutiques des substances psychédéliquesDavid Dupuis, anthropologue, post-doctorant Durham University (UK)L’ayahuasca parle aux Français. Pèlerinages psychotropiques en Amazonie péruvie (...)(...)

Lire la suite

Le genre en histoire

Appel à communication - Lundi 22 janvier 2018 - 18:00Comité organisateur : Laura BALZER (doctorante, EHESS/Paris 1Panthéon-Sorbonne), Marion PHILIP (doctorante, EHESS/Paris-Sorbonne) PrésentationDepuis les années 1960, l'utilisation du genre comme démarche et objet d'étude a généré une définitio (...)(...)

Lire la suite

Dominique Julia reçoit deux Prix prestigieux

Prix et distinctions -Directeur de recherche au CNRS dont il a reçu la Médaille d'argent en 1999 pour l'ensemble de son œuvre, Dominique Julia a été professeur à l'Institut universitaire européen de Florence (1989-1993), puis co-directeur, avec Philippe Boutry, du Centre d'anthropologie religieu (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

flux rss  Actualités

Les états modifiés de conscience

Journée(s) d'étude - Jeudi 11 janvier 2018 - 17:00Christian Sueur, psychiatreLe renouveau des utilisations thérapeutiques des substances psychédéliquesDavid Dupuis, anthropologue, post-doctorant Durham University (UK)L’ayahuasca parle aux Français. Pèlerinages psychotropiques en Amazonie péruvie (...)(...)

Lire la suite

Le genre en histoire

Appel à communication - Lundi 22 janvier 2018 - 18:00Comité organisateur : Laura BALZER (doctorante, EHESS/Paris 1Panthéon-Sorbonne), Marion PHILIP (doctorante, EHESS/Paris-Sorbonne) PrésentationDepuis les années 1960, l'utilisation du genre comme démarche et objet d'étude a généré une définitio (...)(...)

Lire la suite

Dominique Julia reçoit deux Prix prestigieux

Prix et distinctions -Directeur de recherche au CNRS dont il a reçu la Médaille d'argent en 1999 pour l'ensemble de son œuvre, Dominique Julia a été professeur à l'Institut universitaire européen de Florence (1989-1993), puis co-directeur, avec Philippe Boutry, du Centre d'anthropologie religieu (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRH UMR 8558

EHESS
54, boulevard Raspail
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 49 54 24 42

Direction du CRH :
Fanny Cosandey
Mathieu Marraud
Jean-Paul Zuñiga

Dernière modification :
15/12/2017