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Archives des parutions

Publications du CRH 2009

Image1 Les récits du temps,

François Hartog, Jacques André, Sylvie Dreyfus-Asséo

Paris, PUF, 2009, 144 p.

Prix : 19€

La façon qu’a l’homme d’être dans le temps est une interrogation commune à l’historien et au psychanalyste. Au gré des cultures, des époques, des individus, la représentation du temps et l’inscription des êtres collectifs comme des êtres individuels dans le mouvement de la temporalisation varient. Autant de variations qui font éclater notre idée commune du temps, sa fausse naturalité. Il y a une histoire du temps, il y a aussi une psychogenèse de la temporalité.

Peut-être faut-il même envisager que l’idée de temps, en elle-même, procède d’une invention, à l’échelle de la culture comme de la vie individuelle.

L’historien et le psychanalyste n’ont ni le même objet, ni la même méthode, leur dialogue n’en est que plus nécessaire.

Image2Chronique d’une ascension sociale. Exercice de la parenté chez de grands officiers (XVIe-XVIIe siècles)

Claire Chatelain

Paris, Éditions de l’EHESS, 2009

Prix : 49,50€

Qui aurait pu prévoir le destin atypique de la famille Miron ? Tout commence à la fin du XVe siècle avec la brillante réussite sociale d'un émigré catalan qui se hisse au rang de médecin de la reine de France. Puis vient l'apogée de ses descendants, devenus grands officiers, sous le règne des premiers Bourbons. Pourtant, l'extinction de la lignée n'est pas bien loin…

Claire Châtelain retrace dans cet ouvrage l'itinéraire de chacun des acteurs d'une saga riche et inédite et en analyse les ressorts collectifs : comment un groupe de parenté construit-il sa puissance économique, sa politique d'alliances, son identité spécifique et sa cohérence intergénérationnelle ? Dans un souci de contribution à l'histoire sociale des élites de l'époque moderne, l'auteur analyse un ensemble varié d'archives qui consignent des données inattendues. On y découvre la trace d'âpres négociations ou de conflits familiaux d'une rare violence, au cours desquels les Miron et leurs alliés, plus proches des Atrides qu'il n'y paraît, ont épanché leur fureur ou fourbi leurs ripostes...

Finalement, c'est à une véritable crise de l'institution familiale — où les individus gagnent peu à peu en épaisseur — que ces documents permettent d'accéder, révélant ce que des sources a priori ternes et austères ne laissaient pas présager : une histoire sur le vif.

Image3Paris a besoin d’eau. Projet, dispute et délibération technique dans la France métropolitaine

Frédéric Graber

Paris, CNRS éditions, 2009-12-29

Prix : 30 €

À la fin du XVIIIe siècle, Paris a besoin d'eau. Napoléon s'empare du dossier. En mai 1802, il décide de créer un canal reliant la rivière Ourcq à Paris. Un chantier gigantesque est né. Il ne s'achèvera que vingt ans plus tard, non sans avoir provoqué l'une des controverses techniques les plus impressionnantes de son temps.

Sont en jeu la qualité et la quantité d'eau nécessaires, le tracé du canal, la possibilité d'un usage mixte, à la fois adduction d'eau potable et canal de navigation. Toutes ces questions requièrent le développement de savoirs nouveaux, mais qui se révèlent insuffisants pour régler les désaccords. L’expertise des ingénieurs d'état en charge duprojet, leurs modes de délibération et de décision se heurtent aux prérogatives du pouvoir politique, même dans les décisions techniques.

Les Travaux Publics qui concernent l'eau sont restés des objets politiques de la plus haute importance. En suivant les nombreux rebondissements et facettes de cette dispute, celle histoire singulière donne à voir une pari manquante de l'imaginaire du projet contemporain : sa dimension délibérative.

Si les projets modèlent les actions et changent le monde, avant de les mettre en œuvre, il s'agit de se mettre d'accord sur ce qui doit être construit et comment. Une affaire de civilité et de procédures avant même de devenir un enjeu démocratique.

Image4Reliques modernes : Cultes et usages chrétiens des corps saints des Réformes aux révolutions (vol.2)

Philippe Boutry, Pierre-Antoine Fabre & Dominique Julia (eds.)

Editions de l’EHESS, coll. En temps et Lieux, 2009.

Prix : 28,50 €

Saisir le statut assigné, entre le XVIe et XXe siècle, aux corps réputés saints et devenus objets de culte ou de controverse  est l'enjeu de cette recherche, inédite. Ce second volume questionne le rôle des reliques dans les grands conflits religieux.

Les « saintes reliques » se retrouvent sur les champs de bataille des grands conflits religieux du XVIe siècle, de la Révolution française (dont l’enquête présentée ici fait apparaître le rôle central dans la transformation des lieux et des milieux du culte des corps saints), et des premières années de la Russie soviétique. La relation intense des corps saints et des lieux sacrés, le rôle des reliques dans l’expansion planétaire de l’Europe moderne et, pour finir, la solidarité de la relique et de son reliquaire, aussi étroitement liés que l’arbre à son écorce, sont également interrogées.

Cet ouvrage fait suite à un premier volume consacré aux grandes étapes du discours polémique sur le culte des corps saints.

L'ensemble de ces études, enrichies par une illustration et une documentation variée, montre la vitalité du culte des corps saints et renouvelle l'histoire du culte.

Sommaire

Image5

Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle

Arlette Farge

Paris, Bayard, 2009, 312 p.

Prix : 22€

Au XVIIIe siècle, l'oralité triomphe ; la voix et son timbre sont [es moyens privilégiés de la population pour être au monde. La rue, [es salons résonnent des conversations, badinages, disputes, annonces royales sur jeu de trompettes, paroles du pouvoir et de l'église, chansons à un sol, musiques jouées à tout va. Ils contiennent aussi les cris, les gémissements, les voix du désarroi, de la folie, celles qui s'échappent des immeubles, des prisons et des hôpitaux. La société populaire est un immense champ sonore et vocal.

Toutes ces voix se sont enfuies à jamais pourtant elles sont la matrice de communautés n'ayant guère accès à l'écrit. Arlette Farge les recherche à travers les archives dans lesquelles ont été notés parfois les timbres de voix et les intonations des uns et des autres. Elle trace une ligne fragile, aux confins de la linguistique et de la musique, et parvient à nous faire entendre « ces voix démultipliées sans lesquelles nous ne sommes rien ».

« Écouter l'archive, ceux qui s'y expriment et ceux qui, à travers elle, sont pariés est une utopie mêlée à une exigence de recherche. C'est aussi une des formes du deuil inachevé que l'histoire porte en elle. », Arlette Farge.

Image6Histoire de l’Espagne contemporaine de 1808 à nos jours

Jordi Canal (dir.)

Paris, Armand Colin, coll. U, 2009, 334 p.

Prix : 29 €

Peu de pays offrent l’exemple de changements aussi profonds et inattendus, et dans un temps aussi court, que ceux que l’Espagne a connus. Phénomène d’autant plus frappant pour ce pays auquel nos imaginaires ont accolé nombre d’images : fervent catholicisme, corrida et flamenco…

Happée par la modernité, l’Espagne aurait-elle évolué au rebours d’elle-même ou la vision que nous avions de son histoire était-elle trop simpliste et unilatérale ?

Le manque de travaux de référence en français et la persistance de maintes idées reçues ont handicapé notre compréhension d’un pays auquel il est important de s’intéresser car son histoire a déterminé une marche vers la démocratie bien différente du chemin « canonique » emprunté par la France.

Privilégiant le politique et le social, cet ouvrage restitue avec précision chacune des étapes fondatrices de l’histoire de l’Espagne depuis la guerre contre les troupes de Napoléon (1808) et la perte de l’essentiel de l’empire américain : la construction de l’État-nation, les conflits entre réforme et révolution, la guerre civile suivie de la longue dictature franquiste, et, finalement, la construction d’une société démocratique et européenne.

Les auteurs : Jordi CANAL, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris, Sophie BABY, Université de Bourgogne, Jean-Philippe LUIS, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, Stéphane MICHONNEAU, Casa de Velázquez et Université de Poitiers et Mercedes YUSTA, Université Paris-8.

Image7Max Weber et le politique

Hinnerk Bruhns et Patricia Duran (dir.)

Paris, Lextenso éditions, LGDJ, Maison des Sciences de l’Homme-Réseau Européen Droit et Société, Droit et société, Recherches et Travaux n°18, 2009.

Prix : 25 €

Ce livre examine spécifiquement l'apport du grand penseur allemand à l'analyse du politique, sa nature, ses formes et ses actes. Totalement éloignée d'une quelconque recherche des fondements de l'ordre politique, la démarche de Weber s'affirme en accord avec sa définition des sciences sociales comme sciences de la réalité. La réflexion ouverte par lui sur le politique est riche d'enseignements. Au plan sociologique, son analyse ne constitue pas une simple sociologie spécialisée, mais s'inscrit profondément dans une sociologie générale qui lui donne toute sa force conceptuelle et lui permet d'éviter l'enfermement thématique. Il montre aussi à quel point une analyse complète du politique, du point de vue de l'action, ne saurait se restreindre à la seule prise en considération de la sphère politique définie stricto sensu indépendamment des autres sphères de l'action sociale. Enfin, les diverses facettes de l'œuvre wébérienne sont liées entre elles: les activités du savant comme celle de l'homme engagé sont conduites avec le même souci de rigueur et avec la même exigence intellectuelle de connaissance. Cet ouvrage rassemble les contributions d'auteurs français et étrangers, sociologues, historiens, politologues et philosophes, tous lecteurs avertis de l'œuvre de Max Weber. Il offre un programme de recherche dont la portée théorique et l'actualité dépassent la seule histoire de la pensée.

Les auteurs : Rita Aldenhoff-Hùbinger (Université Viadrina, Francfort- sur-l'Oder) ; Gilles Bastin, (Pacte/IEP Grenoble) ; Hinnerk Bruhns (EHESS/CNRS, Paris) ; François Chazel (Université Paris-Sorbonne) ; Catherine Colliot-Thélène (Université Rennes I) ; Patrice Duran (ISP/ENS Cachan) ; Gregor Fitzi (Université de Florence) ; Laurent Fleury (Université Paris 7-Denis Diderot) ; Gangolf Hùbinger (Université Viadrina, Francfort- sur-l'Oder) ; Elizabeth Kauffmann (Khâgne Lycée Louis-le-Grand, Paris) ; Klaus Lichtblau (Université Johann Wolfgang Goethe, Francfort/Main).

Image8Fondation et ruine d'une « maison ».Histoire sociale des comtes de Belin (1582-1706)

Elie Haddad

Limoges, éditions Pulim, CID Diffusion, 2009, 560 p.

Prix : 28 €

En 1582, Jean-François de Faudoas-Serillac épouse Renée d'Averton, une riche héritière du Maine en relevant son nom et ses armes. En 1706, la lignée issue de cette alliance s'éteint, ruinée. Elle avait été illustrée par le premier comte de Belin, gouverneur de Paris pour le due de Mayenne durant la Ligue, et par son fils aîné François II d'Averton, patron de gens de théâtre et instigateur de la querelle du Cid. Le livre dépasse l'étude de ces deux trajectoires pour une analyse d'ensemble de la famille. Mobilisant les ressources de 1'anthropologie de la parenté, il démontre que les formes d'alliance et de transmission au sein de la noblesse des XVIe et XVIIe siècles relèvent d'un système à « maisons ». Le cas de la « maison » Belin devient alors un moyen d'interroger les pratiques de manipulation de la parente à l'époque moderne, ses conflits internes, la place qu'y tiennent les femmes, les formes de l'économie domestique et ses liens avec le crédit, ainsi que les relations clientélaires et le patronage littéraire. Parce qu'il fait du cas des Belin un exemple, ce livre interroge les caractéristiques sociales de la moyenne noblesse, ses évolutions, ses rapports au pouvoir monarchique et les mécanismes qui rendaient possible la ruine d'une « maison » nobiliaire au XVIIe siècle.

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 Le monde de l'itinérance en Méditerranée de l'Antiquité à l'époque moderne

Claudia Moatti, Wolfgang Kaiser, Christophe Pébarthe (éd.)

Bordeaux, Ausonius éditions, Études 22, 2009, 712 p.

Prix : 40 €

Les travaux sur la circulation des personnes ont souvent privilégié l’immigration ; les études réunies dans ce volume concernent son avers, l’émigration, ainsi que l’itinérance qui constitue le mode de vie de populations entières. Il s’agit plus précisément, en suivant le mouvement des hommes, d’examiner les procédures mises en place pour l’encadrer et les logiques qui les sous-tendent, et d’en explorer les représentations dans les sociétés du passé. L’émigration et l’itinérance sont des laboratoires exceptionnels pour analyser les modes de gestion des flux migratoires, parce qu’elles semblent mettre en question les structures sociales et les institutions, construites du point de vue des populations stables. Cet ouvrage montre les complémentarités bien réelles de la sédentarité et du mouvement et invite à réfléchir sur les conditions de possibilité de la liberté de circuler.

Image10De la Ville à l’État. La bourgeoisie parisienne XVIIe-XVIIIe siècle

Mathieu Marraud

Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque histoire, 2009, 575 p.

Prix : 29€

Longtemps assimilée à la libre conscience et à la naissance de l’individualisme, la bourgeoisie s’accommode mal de l’Ancien Régime. Quelle place pour elle dans une société organisée par le privilège, qu’incarnent à eux seuls le clergé et la noblesse ? Peut-elle exister avant une Révolution qui aurait permis son avènement ? Alors que la théorie monarchique échoue à lui donner corps, l’étude des pratiques, des parcours sociaux offre une réponse. Entre la Fronde et la réforme des corporations par Turgot, en 1776, l’univers marchand fait la démonstration à Paris de son unité grâce à des thèmes dont l’aristocratie ne détient pas le monopole : honneur, lignage, discipline collective, puissance publique. Reliant les institutions urbaines, dont il défend l’autonomie, un entrelacs de familles affirme la constance d’un espace politique, fondé sur des usages anciens et contraires à l’absolutisme royal. Ici la communauté est régie par l’élection, par la délibération, et non par la transmission héréditaire des charges. Elle se renforce dans la spiritualité. Elle se construit encore sur sa capacité à refuser un seul modèle hiérarchique. À ses côtés, les familles qui cèdent à l’appel de l’anoblissement, des dignités de Cour, s’abîment dans la ruine et l’isolement. Tout en soutenant son appartenance aux cadres de pensée de l’Ancien Régime, la bourgeoisie parisienne révèle ici un jeu social inédit, tiraillé entre la Ville et l’État.

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La Gauche devant l’histoire. À la reconquête d’une conscience politique

Vincent Duclert

Paris, Seuil, 2009, 165 p.

Prix : 15 €

Depuis le choc du 21 avril 2002, la gauche en général et les socialistes en particulier s'avèrent de moins en moins capables d'exister politiquement. En témoignent aujourd'hui leur impuissance face au pouvoir de Nicolas Sarkozy et leur désarroi devant la montée d'une gauche radicale. Pourtant, leur histoire nous enseigne l'importance des combats démocratiques qui furent menés depuis la fin du XIXe siècle et leur contribution décisive à l'avènement des libertés modernes. L'étude de ces engagements oblige à regarder bien au-delà des récits conventionnels et à saisir la pensée critique de l'histoire et de la politique qui émergea des luttes civiques. Retrouver ces héritages cachés, c'est reconquérir la conscience politique qui manque à la gauche française. Et comprendre la valeur de l'histoire politique.

Image12Histoire des colonies de vacances de 1880 à nos jours

Laura Lee Downs

Paris, Perrin, 2009, 444 p.

Prix : 23 €

La première histoire complète des colonies de vacances, de leur création jusqu’à nos jours.

Soixante millions de membres ! Aucun parti politique ni association culturelle ou religieuse ne peut rivaliser. En cent trente ans, les colonies de vacances ont accueilli l’équivalent de la population actuelle de la France. Et pourtant, leur histoire n’avait jamais été racontée jusqu’à ce que Laura Lee Downs plonge dans les archives. En ressort un livre qui balaie beaucoup de clichés : non, les colonies de vacances ne datent pas du Front populaire, mais de 1880 ; non, les municipalités ne furent ni pionnières ni seules à l’œuvre – les protestants d’abord, plus tard les catholiques avaient leurs colonies ; oui, les partis politiques s’y intéressèrent, mais pas seulement ceux de gauche, les Croix-de-Feu se montrèrent fort actifs.

Ressurgit également ce qui a façonné la mythologie des « colos » : la découverte de la campagne et de la mer par des petits citadins ; une pédagogie originale valorisant l’initiative et l’esprit d’équipe, quitte d’ailleurs à favoriser l’embrigadement. Et surtout un état d’esprit si particulier qu’il est, dans la mémoire nationale, associé à l’image d’une « France d’avant »...

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The Stem Family in Eurasian Perspective. Revisiting House Societies, 17th-20th centuries (La famille souche dans une perspective eurasienne. Retour sur les sociétés à maison, 17e-20e siècles)

Antoinette Fauve-Chamoux et Emiko Ochiai (dir.)

Coll. Population, Famille et Société - Population, Family, and Society, Vol. 10

Peter Lang. Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2009, XIV, 558 p., 10 ill., num. tables and graphs.

Prix : 73,80 € (à commander en ligne : www.peterlang.com)

La famille souche d’Asie est-elle différente de celle d’Europe ? Cette question est au centre des essais recueillis par deux historiennes de la famille dans une perspective eurasienne. Ce qui caractérise la famille souche, c’est le principe selon lequel un seul enfant marié (fille ou garçon) continue à résider avec ses parents dans la maison familiale, qu’elle soit de ville ou des champs. L’application de ce principe a un effet immédiat sur la structure des ménages. En somme, la famille souche est une unité domestique de production et de reproduction qui se perpétue de génération en génération et où le patrimoine passe de l’une à l’autre du fait d’une pratique non égalitaire de transmission des pouvoirs, des savoirs et des biens. Bien que son statut, selon la typologie traditionnelle des ménages, soit ambigu, à placer quelque part entre la famille nucléaire et la joint family, ce modèle résidentiel et familial plurigénérationnel vertical a tenu une place importante dans l’Europe occidentale de l’époque préindustrielle et s’est trouvé au centre de l’histoire européenne depuis Frédéric Le Play et, plus récemment, Peter Laslett. Or les études comparatives avec l’histoire de la famille asiatique ont révélé en de nombreuses parties de l’Asie la présence, autrefois et maintenant, d’une proportion considérable de ménages à structure de famille souche. Les femmes y ont un rôle important, les personnes vulnérables y sont bien protégées (enfants, vieillards, veuves, handicapés, malades, illégitimes).

Aussi le débat autour de la famille souche est-il entré dans une ère nouvelle. Dans ce livre, certaines études présentent des analyses fort détaillées des aspects dynamiques des systèmes familiaux car les auteurs ont pu bénéficier de la création récente d’amples bases de données ; d’autres débattent de façon plus générale de l’importance de ce modèle de reproduction dans le passé et actuellement. Une des interrogations fondamentales est de savoir si le type de famille existant dans une société donnée est déterminé par les facteurs ethnoculturels et de ce fait résiste au changement, ou s’il est le produit de certaines conditions socio-économiques. Une telle entreprise comparative entre Europe occidentale et pays d’Asie sur la longue durée ouvre une nouvelle phase du débat que suscite, dans une perspective globale, la famille souche, avec sa spécificité et ses valeurs, face à d’autres systèmes familiaux.

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 Vichy et la famille. Réalités et faux-semblants d’une politique publique

Christophe Capuano

Préface de Paul-André Rosental, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, coll. Histoire, 2009, 380 p.

Prix : 20 €

Que savons-nous de la politique familiale entreprise sous Vichy ? Dans l’affichage officiel du régime, la Famille est placée au premier rang des priorités politiques, présentée comme l’objet d’un programme d’action de grande ampleur et mobilisant l’ensemble des forces gouvernementales derrière le maréchal Pétain. Cette action familiale constituerait le principal succès de l’État français.

Cette image, véhiculée par une importante propagande, a durablement marqué les travaux consacrés à la période. Or elle est loin de la réalité historique. Fondé sur des archives publiques et privées inédites, cet ouvrage met à jour les faux-semblants d’un système qui tente de dissimuler non seulement les nombreuses contradictions au sein de l’appareil d’État et les entraves à l’élaboration d’une politique publique cohérente mais également les menaces sur le fonctionnement même de son administration familiale et les échecs de ses projets familiaux, le recours massif aux finances privées comme l’utilisation des forces extra-étatiques.

Pour lever ce voile, Ch. Capuano ouvre et analyse la « boîte noire » de l’État, explore l’entrelacs des relations entre les acteurs étatiques et le champ associatif. Il s’interroge aussi sur la diversité des expériences et pratiques dans les territoires, qu’il s’agisse des zones occupée, non occupée ou réservée — un espace particulièrement compartimenté étant étudié à cette fin, la Bourgogne et la Franche-Comté. Ainsi mises à nu, quelles réalités se dévoilent alors ? Quel sens prend désormais l’action familiale menée sous Vichy ? C’est tout l’enjeu du livre qui analyse cette politique publique en construction.

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Image15 Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerranée

Jocelyne Dakhlia

Actes Sud, Arles, 2009, 596 p.

Prix : 32 €

Il y eut une langue métisse historiquement parlée en Méditerranée, la lingua franca méditerranéenne, que ce livre analyse et décrit jusqu'à sa disparition au milieu du XIXe siècle. Langue du Bourgeois Gentilhomme, référence littéraire, surtout comique, aussi bien que langue du commerce ou de la réduction en captivité..., nous avons perdu de vue à quel point la langue franque s'imposait alors comme une réalité banale, présente dans les domaines les plus divers du rapport avec le « turc » ou de la représentation de l'altérité islamique. Or, la lingua franca méditerranéenne, comme d'autres langues de la même « famille », ne recouvrait par elle-même aucun enjeu de territorialité, ne dénotait à peu près aucun enjeu de souveraineté dans ses usages et, par définition, n'était porteuse d'aucun marqueur identitaire propre. Mieux encore, elle fait éclater aujourd'hui nos représentations communes de la langue parce qu'elle ne révèle guère de détermination sociale. Ce n'est jamais la langue d'un groupe social, ni un parler socialement marqué ou marquant. Marginale ? Non plus. Elle occupe une position centrale, et non périphérique ; on y recourt aussi bien sur le port ou au marché que dans les intérieurs les plus cossus, voire au sommet de l'État. La « haute culture » européenne n'était pas non plus exempte de son empreinte.

Image16« Les maladies professionnelles : Genèse d’une question sociale (XIXe-XXe siècles) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 56-1, janvier-mars 2009, 253 p.

Coordonné par Paul-André Rosental et Catherine Omnès

Prix : 25 €

Sommaire

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Image17 Le Prêtre et le sexe. Les révélations des procès de l’Inquisition

Alessandro Stella

André Versailles éditeur, Paris, 2009, 208 p.

Prix : 24,90€

À l’heure où en Europe occidentale et en Amérique du Nord se multiplient les plaintes pour abus sexuels sur mineurs à l’encontre des religieux en exercice, Alessandro Stella nous invite à une remontée dans le temps.

Il nous emmène dans le Mexique colonial où l’Inquisition a instruit – entre 1540 et 1810 – près de deux mille procès contre des religieux accusés de délits liés à la sexualité. Son étude, qui repose sur une riche documentation produite par les tribunaux ecclésiastiques, est un apport majeur à l’histoire de la sexualité, qui généralement ne s’appuie que sur la littérature.

Comment l’Église condamnait-elle les délits sexuels (pédophilie, viol, harcèlement) commis par les religieux ? Quelles étaient les sentences prononcées comparées à celles rendues aujourd’hui ? Quel était le profil des prêtres déviants et de leurs victimes ?

Dans cet ouvrage, l’auteur s’interroge sur la position de l’Église face à l’amour, la sexualité, la pédophilie et la confession. Il questionne les rapports entre colonialisme et sexualité, entre « le père » et ses « filles en confession » ; la punition et la jouissance ; les figures cléricales du sadomasochisme ; la négation de l’homosexualité et, bien sûr, les authentiques rapports d’amour.

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