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Archives des parutions

Publications du CRH 2006

Image1 Rex, Sapientia, Nobilitas. Estudios sobre la Península Ibérica Medieval

Adeline Rucquoi

Granada, Editorial Universidad de Granada, 2006

L’histoire de la Péninsule Ibérique au Moyen Âge n’est pas compréhensible en dehors de son contexte méditerranéen, où le modèle d’organisation politique était l’Empire et pas « l’Etat Nation » développé dans les parties plus septentrionales de l’Europe. En partant de ces prémisses, l’ensemble d’articles ici réunis nous offre une série de réflexions sur trois aspects spécifiques de l’Espagne médiévale : les fondements et la pratique du pouvoir royal, l’importance donnée à la diffusion du savoir en tant que devoir royal et le concept de noblesse avec ses implications sociales et ontologiques.

Image2 Fraude, contrefaçon et contrebande de l’Antiquité à nos jours

Etudes réunies par Gérard Béaur, Hubert Bonin et Claire Lemercier (au nom de l’AFHE)

Publications d’histoire économique et sociale internationale, n °21

Genève, Droz, 2006

Le réalisme impose de prétendre que le « progrès » est stimulé non seulement par l'innovation, mais aussi par la concurrence que peuvent éventuellement occasionner la fraude, la contrebande et la contrefaçon. Comprendre les mécanismes historiques et économiques d'une telle réalité est l'objet de Fraude, contrefaçon et contrebande, une investigation sur le « temps long », examinant les pratiques des marchands de l'Antiquité jusqu'à « l'économie grise » des systèmes actuels de fraude et de contrefaçon.

La cinquantaine d'historiens économistes qui nourrissent ce livre exposent ainsi l'évolution des concepts – qu'est-ce que « frauder », par exemple ? – au fil de la structuration des systèmes de production et d'échange et au rythme des « révolutions industrielles ». Faut-il respecter la libre entreprise au risque de déstabiliser l'équilibre des marchés ou l'enserrer dans le carcan de réglementations et de contrôles ? Comment concilier la préservation de la « qualité » (des produits, des monnaies) et la promotion de la concurrence ? Comment réguler l'économie de marché sans privilégier les avantages acquis, le corporatisme, les oligopoles ou les monopoles ? Ce questionnement liant histoire et temps présent est avivé par des chapitres qui analysent les méthodes actuelles des contrefacteurs et les mesures prises en conséquence par les professionnels et les autorités nationales ou européennes.

Image3 Soldats. Un laboratoire disciplinaire : l’armée piémontaise au xviiie siècle

Sabina Loriga

Paris, Les Belles Lettres, coll. Histoire, 2006.

Prix : 31 €

Au xviiiesiècle, la discipline militaire visait un objectif très précis : briser la lenteur des rythmes sur le champ de bataille. Alors que les militaires de l’Europe entière s’interrogeaient sur « l’art d’une bonne instruction », les victoires de Frédéric II démontraient qu’il était possible de modifier les mouvements de la troupe. Pendant des décennies, l’exemple prussien inspira de fabuleux projets d’uniformité. La discipline cependant ne formait pas le projet unique, compact et anonyme que nous décrit Michel Foucault : ses contenus, les valeurs qui lui étaient attribuées donnaient matière à une réflexion constante. Nobles de provinces, aristocrates de cour, vassaux désargentés, simples soldats peuplaient la garnison d’une foule de souvenirs, d’attentes, de projets spécifiques. Leurs récits, souvent très différents entre eux, permettent d’analyser la variété de l’expérience institutionnelle et la qualité des relations de pouvoir. L’armée en Piémont, le seul État de la péninsule italienne doté d’une longue tradition militaire, donne ici l’occasion de revenir sur les débats développés en sciences sociales autour des notions de discipline et coercition.

Sabina Loriga est historienne, maître de conférences à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris. Après avoir travaillé sur le processus d’institutionnalisation qui a affecté les sociétés occidentales au cours des xviiie et xixe siècles, elle s’est engagée dans une réflexion sur l’histoire biographique. Elle a récemment publié La juste Mémoire. Lectures autour de Paul Ricœur (avec Olivier Abel et al., 2006) consacré au rapport, toujours très vif et conflictuel, entre les mémoires individuelles et l’histoire.

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Image4 Les Politiques du travail (1906-2006). Acteurs, institutions, réseaux

Alain Chatriot, Odile Join-Lambert, Vincent Viet

Ouvrage publié avec le soutien du ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du logement ; Comité d’histoire des administrations chargées du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (CHATEFP) 2006, 518 p.

Prix : 28 €

Ce livre est issu d’un colloque international qui a réuni des historiens, juristes, politistes, sociologues et économistes autour des politiques suivies ou mises en œuvre depuis un siècle par le ministère du Travail dans les domaines de l’emploi, de la formation professionnelle et de la protection des travailleurs. Ces politiques y sont abordées sous des angles divers qui tentent de mettre en relations structures et personnel, action publique, protection sociale, réseaux internationaux, discours d’experts et rôle des syndicalistes.

Variant les échelles, proposant des comparaisons avec des pays voisins, interrogeant les catégories et représentations des acteurs, l’ouvrage jette un regard original sur des institutions majeures de la vie politique française, paradoxalement mal connues. La pratique de ces institutions y est notamment illustrée par de grands témoins. C’est donc un bilan neuf et nuancé de l’action de l’état et de ses administrations face aux défis sociaux du xxe siècle qui se trouve ici proposé.

Image5 Les Moissons de la révolte

Un film de Richard Hamon et Alessandro Stella

DVD MosaïqueFilms, 2006, 52 min.

Une histoire de l’Espagne à travers la question paysanne…

70 ans après le coup d’état de Franco, les paysans andalous demeurent soumis, pour une large majorité, à l’arbitraire des grands propriétaires terriens : ils sont, aujourd’hui encore, engagés comme journaliers, ce qui signifie pour eux misère, précarité, soumission et parfois révolte. Au temps de la République, en 1933, les paysans andalous s’étaient soulevés, la réforme agraire que la République avait promise ne voyant pas le jour. à Casas Viejas, après une de ces révoltes, 22 journaliers furent massacrés parla garde civile, pour l’exemple. Et comme le dit Abel Paz, « L’Espagne toute entière est devenue Casas Viejas ».

À Casas Viejas, la mémoire de ce massacre reste vive. Et si l’injustice règne toujours dans les champs, certains paysans, depuis la mort de Franco, se sont organisés pour travailler autrement. Ils ont conquis des terres et des domaines de grands propriétaires, fondé des communes agricoles, et créé des coopératives. De façon pacifique, par une lutte quotidienne et en faisant appliquer la loi, ils ont parachevé l’idéal égalitaire, pour lequel avaient lutté leurs parents, au temps de la République et de la guerre civile. à Marinaleda, selon les slogans peints sur les murs, « l’utopie égalitaire est en marche ».

Image6 Meaux et ses campagnes. Vivre et survivre dans le monde rural sous l’Ancien Régime

Micheline Baulant. Textes rassemblés et édités parArlette Schweitz, Gérard Béaur etAnne Varet-Vitu

Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2006

Prix : 22 €

Publier un recueil d’articles de Micheline Baulant, ce n’est pas seulement rendre un hommage légitime à une historienne récemment disparue, c’est aussi revenir sur un demi-siècle de travaux historiques qui correspond à l’âge d’or, au déclin et au renouveau des études d’histoire rurale ; c’est plus encore livrer à la communauté scientifique le produit d’une recherche exigeante, érudite et passionnée, susceptible d’éclairer de la lumière la plus vive les problématiques qui continuent de fleurir autour d’une histoire sociale des campagnes en pleine effervescence.
La vingtaine d’articles ici rassemblés cernent au plus près les comportements familiaux et les conditions de vie des hommes et des femmes qui vivaient à Meaux et dans les villages alentours entre le
xvie et le xviiie siècle, et plus largement en île-de-France, en même temps qu’ils précisent le contexte économique qui orientait leur action et affectait leur niveau de vie. Meaux et ses campagnes apporte une importante contribution à notre connaissance de la société d’Ancien Régime.

 Micheline Baulant (1925-2000), ancienne élève de l’école des Chartes, a été la collaboratrice dès 1949 des historiens reconnus, Fernand Braudel, Jean Meuvret et Emmanuel Le Roy Ladurie. Entrée au Centre de Recherches Historiques (EHESS/CNRS) en 1951, elle y acheva sa carrière en 1991 avec le statut d’ingénieure de recherche. Elle participa aux travaux de l’Association française des historiens économistes, travaillant avec les équipes d’historiens québécois et français spécialistes de l’histoire rurale. Elle était présidente d’honneur de la Société de la Brie.

Image7 Esclavage et dépendances serviles

Myriam Cottias, Alessandro Stella et Bernard Vincent (dir.)

Paris, L’Harmattan, 2006

Prix : 32 €

  

Qu’est-ce que l’esclavage ? Un « crime contre l’humanité », tel que le définit la loi Taubira du 10 mai 2001 ? Toute sorte d’exploitation féroce de l’homme par l’homme ? Ou la forme extrême des rapports de dépendance, à laquelle toutes les autres se réfèrent ?

C’est pour tenter de répondre à ces questions d’actualité que les auteurs de cet ouvrage collectif, historiens et anthropologues, ont mis en commun leurs recherches, sans frontières ni tabous, avec pour seules limites les connaissances à disposition.

De l’Antiquité aux états-Unis, de l’Amérique latine au Monde arabe, de la Méditerranée à l’Inde, de l’Afrique aux Caraïbes, l’esclavage est mis en perspective avec d’autres formes de dépendance servile, concomitantes ou subséquentes. Statut juridique défini par l’esclavage, état du dépendant, tâches à accomplir, conditions de vie : similitudes, analogies renvoient à des paradoxes frappants. Quand s’enchevêtrent statuts personnels, castes religieuses et classes sociales, l’imbrication de dépendances multiples empêche toute simplification systématique. Le degré de liberté et celui de dépendance se révèlent être souvent un jeu de rapports de forces, parfois de groupes mais le plus souvent individuels, dans des circonstances variables et historicisées.

Une mise au point lumineuse de nos connaissances récentes sur l’esclavage.

Avec : J. Annequin, I. Berlin, J. Chase, A. Furio, Y. Garlan, H. Gerbeau, M. Klein, P. Kolchin, J. Kolendo, D. Lahon, A. Martin-Casares, C. Meillassoux, C. Mossé, J. Pouchepadass, J. Saville, R. Scott, J.-P. Tardieu, S. Trabelski.

Image8 La juste mémoire. Lectures autour de Paul Ricoeur

Olivier Abel, Enrico Castelli-Gattinara, Sabina Loriga et Isabelle Ullern-Weité (dir.)

Éd. Labor et Fides, collection « Le champ éthique », 2006.

Comment affronter à l’heure actuelle une certaine dérive entre excès et défaut de mémoire ? Simultanément à cette tension entre histoire et mémoire, la difficulté de trouver une « juste mémoire » (quantitative et qualitative) est peut-être l’un des symptômes de la montée prégnante de la catégorie de présent. Pour s’orienter dans ce débat public, cet ouvrage adopte une entrée en matière éthique tout en s’appuyant sur l’œuvre de Paul Ricoeur, dont La Mémoire, l’histoire, l’oubli. Sous cet éclairage deux problématiques s’imposent, configurant le questionnement : Qu’est-ce que la représentation du passé ? Y a-t-il une juste mémoire ? Il convient de les distinguer, entre un pôle épistémologique et un pôle éthique. Mais cet apprentissage de la distinction méthodique entre s’informer et juger n’est pas sans relever d’un même horizon politique et moral.

Il s’ensuit, dans ces pages, une conversation entre historiens et philosophes. Elle fut initiée lors d’un colloque en présence de Paul Ricoeur (organisé à la Faculté Libre de Théologie Protestante de Paris avec l’école des Hautes études en Sciences Sociales), et se poursuit depuis dans un séminaire de l’EHESS, co-animé par les éditeurs de ce livre.

Image9 Le Travail à la campagne au Moyen Age. Etude iconographique

Perrine Mane

Un volume broché 22 x 27 cm, 472 pages, 301 illustrations dont 27 en couleurs

Picard éditeur, octobre 2006.

Prix : 70 €.

Au Moyen Age, dans tout l'Occident, la campagne joue un rôle primordial. Les paysans constituent plus de 90% de la population et les techniques agricoles ont une incidence déterminante sur l'économie contemporaine. Jusqu'au xxe siècle, le monde rural a été étudié essentiellement à partir des sources écrites. Pourtant les images médiévales du travail agricole abondent. Plus de 15 000 documents ont été recensés, dont 300 sont publiés dans cet ouvrage. Ils datent du ixe au xve siècle; d'origines géographiques diverses, ils couvrent l'ensemble de l'Europe occidentale. Les uns relèvent de l'art monumental sculpté ou peint ; d'autres ont pour support des tapisseries, des ivoires, des sceaux ou des émaux. Les plus nombreux, miniatures ou gravures, illustrent les textes bibliques, des traités d'agriculture ou d'hygiène, décorent certains armoriaux ou des épisodes littéraires. Les travaux des mois constituent la plupart des scènes des calendriers. Divers facteurs peuvent remettre en question la valeur documentaire de ces figurations : mauvaise conservation, multiplication des copies et diffusion des stéréotypes, fréquente inadéquation entre texte et image, émergence tardive de la perspective et de l'intérêt pour un certain naturalisme. Les documents imagés doivent donc être impérativement confrontés aux autres sources documentaires, notamment les résultats des fouilles archéologiques, les enquêtes ethnologiques, les textes contemporains.
Une fois validés, ils permettent de suivre les paysans jusque dans les différentes phases de leurs activités. Outre les secteurs fondamentaux des céréales, de la vigne et de l'élevage, l'arboriculture, la culture des légumineuses, des plantes potagères, du lin et du chanvre, l'exploitation des forêts à travers le bûcheronnage, mais encore la chasse et la pêche sont loin d'être absentes des enluminures et des sculptures.
Ces images permettent d'appréhender les techniques agricoles, de voir les outils en action; grâce à elles, on peut repérer l'émergence de nouvelles pratiques ou d'innovations technologiques, noter des variations ou même des particularismes régionaux, préciser aussi la répartition du travail entre hommes et femmes. Enfin elles donnent parfois l'illusion de pénétrer, au-delà des siècles, dans la vie quotidienne des paysans.

Image10 La Dette publique dans l’histoire « Les Journées du Centre de Recherches Historiques »

Jean Andreau, Gérard Béaur, Jean-Yves Grenier (dir.)

Comité pour l’histoire économique et financière de la France - Institut de la gestion publique et du développement économique, 2006.

La question de la dette publique, de son rôle économique ou de son poids excessif, est au cœur des préoccupations contemporaines. Le paradoxe est que les problèmes liés à l'endettement de l'État ont finalement peu mobilisé la réflexion des historiens, hormis pour certaines périodes particulières comme la France de la fin du xviiie siècle ou l'Europe d'après la première guerre mondiale.
Existe-t-il un modèle européen de la dette publique ? Quand le phénomène a-t-il vraiment émergé ? Des sociétés sans dette publique sont-elles possibles ? Quels ont été les États les plus innovants et les plus inventifs en matière d'emprunt ?
Les actes de ce colloque international présentent les différentes formes qu'a revêtues la dette publique depuis l'Antiquité, ses rapports avec la construction de l'autorité étatique, le rôle des guerres dans sa formation et ses effets économiques et sociaux.
Il n'existe pas une histoire de la dette publique mais plutôt des histoires. C'est ce que confirme l'enquête menée dans des situations variées, dans le temps comme dans l'espace, avec des contributions sur la Rome ancienne et le Japon de l'ère Meiji, la Chine des Song et les États-Unis du
xixe siècle, les cités grecques et la France du xxe siècle...
Cette large fresque permet d'ébaucher une géographie planétaire et une chronologie de la dette publique. Les travaux proposés offrent des clefs pour lire les débats d'aujourd'hui dont la dette publique, directement ou indirectement, est rarement absente.

Image11 L’École des Annales. Une histoire intellectuelle

André Burguière

Odile Jacob, 2006.

Prix : 29,90 €

De Marc Bloch à Emmanuel Leroy-Ladurie et Jacques Le Goff, de Lucien Febvre à Philippe Ariès et Michel Foucault, de Fernand Braudel à Ernest Labrousse, l'école des Annales a profondément renouvelé l'historiographie française et internationale.
Au lieu de décrire une période historique, un événement, les faits d'armes d'un roi ou d'un empereur, les heurs et les malheurs d'une nation, l'école des
Annales aentrepris d'étudier des problèmes. Peut-on être incroyant à l'époque de Rabelais ? Pourquoi la France n'a-t-elle jamais été la première puissance économique ? Dans ce livre, André Burguière montre comment cette école s'est constituée autour de l'étude des mentalités. Structures émotionnelles et cognitives, représentations et images inconscientes, les mentalités restituent les sociétés disparues dans les catégories à l'aide desquelles elles se pensaient elles-mêmes.
L'Histoire ou la pensée des autres.

Image12 Citoyenneté et émigration. Les politiques du départ

Nancy L. Green et François Weil (dir.)

Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2006.

Prix : 22€

Les sorties, comme les entrées, ont servi depuis deux siècles à définir la citoyenneté. Pourtant, les politiques d'émigration n'ont fait l'objet que d'une faible attention, au contraire de l'immigration, qui constitue un élément central de la manière dont les nations se définissent.
Ce livre, qui réunit des historiens, des sociologues et des politologues, renverse cette perspective. Il s'agit d'étudier comment les nations se sont aussi définies par leurs attitudes à l'égard de celles et ceux qui les ont quittées. L’ouvrage met l'accent sur les migrations libres des
xixe et xxe siècles de la Chine à l'Europe et au continent américain. Il analyse comment ces départs volontaires furent conceptualisés dans les pays d'origine et privilégie l'exploration de la question de la liberté de mouvement, des rapports entre émigration, construction nationale et structures administratives, de la dimension économique des politiques d'émigration, et enfin de la relation étroite entre émigration et immigration. Soulignant l'utilité d'un regard historique sur le phénomène des départs, ce livre démontre que c'est au croisement des capacités d'agir des structures et des individus qu'il faut analyser l'émigration.

Nancy L. Green, directrice d'études à l'EHESS, a publié récemment Repenser les migrations (Paris, 2002) et prépare un livre sur l'expatriation et les Américains à Paris de 1880 à 1940. François Weil, directeur d'études à l'EHESS, a publié notamment Histoire de New York (2e éd., Paris, 2005) et prépare un livre sur l'histoire des migrants de France aux Amériques au xixe siècle.

Image13 La Religion de l’État. La construction de la République Étatique dans le discours théologique de l’Occident médiéval (1250-1350)

Alain Boureau

Les Belles Lettres, coll. Histoire, 2006.

Prix : 33€

D’où viennent notre République, notre État-nation ? Au moment où les nostalgies de ces formes politiques prennent un tour dramatique, ce livre propose une hypothèse nouvelle : loin de constituer une étape inévitable dans une construction graduelle de l’État, la notion, selon l’expression de l’auteur, de République étatique, qui combinerait l’universalité du genre humain et la considération d’un ensemble particulier, serait née au Moyen âge, en son moment scolastique. La théologie et la philosophie ont produit au xiiie siècle une vaste pensée politique bien au-delà des maigres et rares esquisses de science politique, bien au-delà de « précurseurs » isolés. Le livre analyse ces composantes qui convergent vers l’idée de bien commun et de nature humaine, éminente et fragile. Les réflexions sur le péché originel, sur l’Au-delà, sur le bonheur, sur l’individu contribuèrent à cette pensée politique mal connue. Cette orientation rencontra, dès la fin du siècle, des résistances rivales, avec la souveraineté affirmée et concurrente des institutions (Église ou État). Mais cette efflorescence ne fut pas vaine et, au fil des siècles, la pensée politique a été hantée par cette idée scolastique de la République.

Alain Boureau, directeur d’études à l’EHESS, est médiéviste. Parmi ses derniers ouvrages : La Papesse Jeanne (1988), L’événement sans fin. Récit du christianisme au Moyen Age (1993), Le droit de cuissage. Histoire de la fabrication d’un mythe (1995), Théologie, science et censure au xiiie siècle. Le cas de Jean Peckham (1999), La Loi du royaume. Les moines le droit et la construction de la nation anglaise (xie-xiiie siècles) (2001), Satan hérétique. La naissance de la démonologie dans l’Occident médiéval (1280-1330) (2004).

Image14 Écrire les coutumes. Les droits seigneuriaux en France xvie - xviiie siècle

Martine Grinberg

Presses Universitaires de France, 2006.

Prix : 25€

En l’an 1613, les habitants de Falon portent plainte au bailliage de Vesoul contre leur seigneur. Ils ont toujours dansé le jour de Pentecôte dans un pré, de leur plein gré, et non sur injonction seigneuriale. Là est l’objet du litige et le point de départ de cette enquête dans le monde des redevances seigneuriales curieuses : un baiser à la porte du château, une course de quintaine pour les jeunes gens et les nouveaux mariés, l’obligation de contrefaire l’ivrogne, le partage du plat de noces avec le seigneur… Comment nommer ces droits, comment qualifier les faits pour pouvoir juger ? Droits bizarres, diront les juristes. Les seigneurs ont-ils vraiment les titres requis pour s’en prévaloir ? Ils devront le prouver.

Car, à partir de la mise en écrit des coutumes entamée en France depuis le milieu du xve siècle, s’amorce une réflexion sur le champ de compétence, le contenu et les catégories du droit coutumier, et en particulier sur les droits seigneuriaux.

L’enquête menée ici sur une foison de cas surprenants s’oriente alors vers la manière dont les juristes, dans leur travail d’interprétation, ont tenté de penser la féodalité à la modernité : le nouveau statut de la preuve mis en place au xve siècle et le formalisme juridique ont bien leur part dans la construction de l’État monarchique moderne.

Ingénieur CNRS au Centre de recherches historiques de l’EHESS, Martine Grinberg enseigne l’histoire à l’École nationale supérieure d’Architecture de Normandie.

EHESS
CNRS

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24/03/2017