Actualités | Archives des événements scientifiques

2020

Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion

Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion

Jeudi 16 janvier de 14h-17h - 2e séminaire SCRIPTA PSL

Présentation

Questions de forme, questions de format ou comment faire charte
Dans le cadre des actions de SCRIPTA PSL “Histoire et pratiques de l’écrit”, le programme Afficher le droit au Moyen Âge. Regards croisés sur les chartes lapidaires entend poser les bases d’une réflexion sur les liens entre les pratiques d’écriture exposée et l’exercice du droit dans la culture écrite du Moyen Âge occidental. Il est conçu comme un cycle de séminaires débouchant sur la publication d’une synthèse bibliographique et thématique, et sur la mise à disposition du corpus rassemblé au cours de la recherche.
Le deuxième séminaire se tiendra le 16 janvier 2020 et sera consacré́ à la question d’objets manuscrits contribuant à l’expression du droit ou de l’autorité, et qui adoptent des formes et des formats hors du commun. Dans cette mise au défi de la diplomatique, la taille, la disposition, le support du texte contribuent-ils à l’efficacité des décisions, à leur diffusion, à la promotion des émetteurs, au règlement des états de tension ou de désordre ? En repartant des réflexions collectives de la première séance, en particulier du rapport dialogique entre autorité et authenticité de l’acte diplomatique dans sa dimension matérielle, ce deuxième rendez-vous sera l’occasion d’aborder les inscriptions au prisme des chartes et d’interroger peut-être plus précisément la pertinence de l’expression « charte lapidaire ».

  • Sébastien Barret (IRHT)
    Faire charte : une introduction

  • Claire Lamy (Université Paris Sorbonne)
    Des copies pour renforcer l'autorité ? Note sur une série de copies faites à Marmoutier à la fin du XIe siècle

  • Marlène-Helias Baron (IRHT)
    Les pancartes cisterciennes, des chartes comme les autres ?

Lieu

Campus Condorcet
Centre de colloques
Place du Front Populaire
93322 Aubervilliers
16 janvier 2020 - 14h-17h
Renseignements : vincent.debiais@ehess.fr


 

Autour de Sebastian Veg, Minjian. The Rise of China’s Grassroots Intellectuals

Autour de Sebastian Veg, Minjian. The Rise of China’s Grassroots Intellectuals

Lundi 27 janvier de 10h-12h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Minjian: the Rise of China’s Grassroots Intellectuals

Minjian: l’essor des intellectuels non-institutionnels en Chine depuis 1989

(Séance du 16 décembre reportée au 27 janvier)

Alors que les intellectuels chinois se sont définis tout au long du XXe siècle par leur position d’élite et leur responsabilité pour la société et la nation, ce rôle a été remis en question après l’écrasement du mouvement démocratique de 1989. De nouveaux groupes d’intellectuels sont apparus à l’extérieur de l’élite sociale, tirant leur légitimité de leur travail avec les vulnérables et les marginaux.

Ce livre étudie les historiens amateurs réexaminant l’époque maoïste, les documentaristes enquêtant sur les questions sociales, les juristes de terrain travaillant avec des groupes marginaux pour affirmer les droits civiques, les bloggeurs et journalistes qui mettent au défi le contrôle par l’État de la sphère publique. En proposant une histoire intellectuelle de ces groupes, l’étude met en valeur de nouveaux mécanismes de légitimation du savoir, interrogeant l’apparence monolithique de la société chinoise contemporaine.

La Rencontre sera animée par Pablo Blitstein (GEHM), Antoine Lilti (GEHM) et Isabelle Thireau (CECMC).

En savoir plus sur l'auteur
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Lieu

EHESS (Salle A05_51)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Ce que les artistes font à l'histoire

Ce que les artistes font à l'histoire

Lundi 20 janvier de 9h30-18h - Journée d'étude

Présentation

Journée organisée par la revue Passés/Futurs et le Fonds Ricoeur
Journée organisée par Sabina Loriga (EHESS) et Olivier Abel (Fonds Ricoeur)

Après Nietzsche, la conscience historique a été ressentie comme une « fièvre », une entrave à la compréhension profonde de l’expérience humaine, à son appropriation présente. Paul Valéry, Virginia Woolf, Italo Svevo, partageaient le sentiment exprimé par Stephen Dedalus dans l’Ulysse : l’histoire est un cauchemar à oublier. En revanche, aujourd’hui, de nombreux romanciers et artistes se proposent comme les véritables médiateurs du passé. Ils le « cherchent », et certains d’entre eux visent à combler les failles de l’histoire, d’autant plus que les sujets historiques traités sont imprégnés de questions métahistoriques, comme l’expérience du temps, les temporalités régressives et asynchrones. Le rapprochement est encore plus poussé lorsque les artistes se plongent dans les archives, ou entreprennent des opérations de « re-enactment », comme pour prouver le caractère ouvert et non définitif du passé, ou encore lorsque les frontières entre le documentaire et la fiction s’avèrent plus poreuses que jamais. Les historiens, de leur côté, ont remis en discussion le « noble rêve de l’objectivité » et leurs dispositifs de représentance, et sont devenus plus sensibles à la question de l’imagination-pour-le réel du passé.

 

Programme

Lundi 20 janvier – 9h30-12h30

Discussants : Olivier Abel (Fonds Ricoeur) et Anne Lafont (EHESS)

Sabina Loriga (EHESS)
Présentation

Esteban Buch (EHESS)
Histoire et musique d’Etat sous la dictature argentine (1976-1983)

Maria Stavrinaki (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
L'âge atomique : récits d'artistes sur la fin de l'histoire

Lundi 20 janvier – 14h-18h

Discussants : Alain Delissen (EHESS) et Claude Millet (Université Paris Diderot)

Eric Michaud (EHESS)
Anselm Kiefer : le
reenactment de l’histoire allemande

Philippe Roussin (CNRS/EHESS)
Littérature à l'ère de la commémoration

Monica Martinat (Université Lumière Lyon-2)
Produire de l’empathie ou de la distance ?
Réflexions sur le cinéma et l’histoire à partir de quelques films d’auteur

 

Lieu

EHESS (Salle BS1_28)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Quels outils d'analyse pour les gilets jaunes ?

Quels outils d'analyse pour les gilets jaunes ?

16 et 17 janvier - Journées d'étude

Présentation

Approches interdisciplinaires, mais aussi méthodes variées et innovantes tout au long de deux journées d'études

Trois temps d'échanges

  • l'étude du mouvement des Gilets Jaunes à travers l'analyse des réseaux sociaux, les approches spatiales et l'ethnographie;
  • l'analyse des Grand et Vrai débats ;
  • un retour critique sur les outils techniques et informatiques, et sur les sources de données

Jeudi 16 janvier

  • Ethnographie
  • Analyses spatiales & temporelles
  • Qui dit quoi, comment ?
  • Regard d'un garant du Grand débat nat ional, Pasca l Perrineau

Vendredi 17 janvier

  • Groupes en ligne et réseaux sociaux numériques
  • Grand débat et Vrai débat, comparaison
  • Sources et critiques de sources

 

Comité scientifique :

 

  • Diego Antolinos-Basso (Sciences Po, CEVIPOF, CNRS & Sciences Po, médialab)
  • Stéphane Baciocchi (LaDéHiS, EHESS)
  • Frédérik Cassor (Sciences Po, CEVIPOF, CNRS)
  • Flora Chanvril (Sciences Po, CEVIPOF, CNRS)
  • Estelle Czerny (SAGE, Université de Strasbourg)
  • Guillaume Garcia (Sciences Po, Centre de données socio-politiques (CDSP), CNRS)
  • Bénédicte Garnier (Institut national d’études démographiques (INED))
  • Viviane Le Hay (CNRS, Centre Emile Durkheim, Sciences Po Bordeaux)
  • Victor Lepaux (SAGE, CNRS)
  • Jean-Baptiste Pressac (Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne Occidentale)
  • Paul Salze (LIVE (laboratoire Image, Ville, Environnement), UMR 7362 CNRS/Université de Strasbourg)
  • Yannick Savina (Sciences Po, Observatoire sociologique du changement (OSC), CNRS)

 

Programme

Communications

 

Lieu

Sciences Po Paris
27, rue Saint-Guillaume
75007 Paris

Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion (3)

Afficher le droit au Moyen Âge. Les chartes lapidaires en discussion (3)

Jeudi 6 février de 14h-17h - Demi-journée d'étude

Présentation

L’objet « inscription », entre texte et image de droit

Dans le cadre des actions de SCRIPTA PSL “Histoire et pratiques de l’écrit”, le programme Afficher le droit au Moyen Âge. Regards croisés sur les chartes lapidaires entend poser les bases d’une réflexion sur les liens entre les pratiques d’écriture exposée et l’exercice du droit dans la culture écrite du Moyen Âge occidental. Il est conçu comme un cycle de séminaires débouchant sur la publication d’une synthèse bibliographique et thématique, et sur la mise à disposition du corpus rassemblé au cours de la recherche.

Au cours de la troisième séance du programme, qui se tiendra le 6 février prochain à l’EHESS, les présentations s’intéresseront à ce qui, dans l’environnement de l’inscription, induit ou commande une dimension juridique ou diplomatique, le texte ne devenant alors document que par contagion ou par contexte (historique et historiographique). Comment la médiévistique a-t-elle répertorié, publié et analysé ces inscriptions ? Sont-elles devenues « diplomatiques » par le traitement que leur a réservé l’épigraphie ? Leur caractère juridique a-t-il été établi en fonction des éléments visuels placés au contact du texte (images, sceaux, objets, lieux) ? Les questions posées lors de cette troisième rencontre dépassent largement le sujet des chartes lapidaires et concernent de fait tous les objets, graphiques ou non, dès lors qu’on veut leur attribuer une fonction dans l’histoire. Pour le programme Afficher le droit au Moyen Âge, cette séance est l’occasion de poursuivre l’inventaire des formes épigraphiques relevant, d’une façon ou d’une autre, d’une connexion avec les pratiques diplomatiques.

Contact : vincent.debiais@ehess.fr

 

Programme

  • Vincent Debiais (CRH, EHESS-CNRS)
    Inscription diplomatique par nature et par contexte

  • Estelle Ingrand-Varenne (Centre de recherche français à Jérusalem)
    Formes et formats des textes épigraphiques relatifs au droit

  • Matteo Ferrari (EPHE, SAPRAT)
    Et de hoc fecerunt statutum et sculpserunt hoc in lapide : fonctions juridiques des écritures exposées dans l'iconographie politique communale (Italie, XIIIe siècle)

Lieu

EHESS (Salle BS1- 28)
54, boulevard Raspail
75 006 Paris

Paradoxes de la modernité

Paradoxes de la modernité

Lundi 24 février de 15h-17h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Pablo Blitstein, Cyril Lemieux (dir.), Paradoxes de la modernité, Politix. Revue des sciences sociales du politique, 2018, n° 123 (vol. 31)

Souvent renvoyé du côté d’un évolutionnisme plus ou moins implicite et parfois accusé d’entretenir la domination néocoloniale, le champ des études sur la modernité et les processus de modernisation a été progressivement discrédité dans les sciences sociales ces quarante dernières années. Depuis quelque temps, un certain nombre d’historiens et de sociologues ont cependant entrepris de le réinvestir sur de nouvelles bases. C’est à la démarche qui les réunit et aux renouvellements méthodologiques qu’ils proposent que ce dossier de Politix est consacré.
Comme les coordinateurs du numéro, Pablo Blitstein et Cyril Lemieux (LIER-FYT), l’exposent dans leur article introductif, les travaux qu’il s’agit ici de considérer puisent dans des méthodologies et des sources d’inspiration théoriques diverses. En outre, ils étudient des contextes sociohistoriques très différents en les appréhendant à des échelles variables. Au-delà de cette grande diversité, ils ont toutefois en commun d’entretenir une même distance à l’égard de ce qu’on peut appeler le paradigme évolutionniste/misérabiliste, consistant à mesurer les « retards » et les « manques » des groupes humains et des sociétés selon les standards, réputés les plus élevés, de la modernité euro-américaine. De surcroît, ces travaux partagent également une forte insatisfaction à l’égard du paradigme opposé, que l’on peut nommer exceptionnaliste/populiste, consistant à affirmer l’autonomie culturelle des « peuples » non-occidentaux vis-à-vis de l’ « Occident », jusqu’à considérer parfois que la modernité serait une idée ne représentant rien dans la culture « authentique » des autres peuples et qu’elle ne correspondrait pas, en outre, à ce que ces autres peuples attendent réellement.

Sommaire :

  • Pablo A. Blitstein et Cyril Lemieux. "Comment rouvrir la question de la modernité? Quelques propositions". Pages 7 à 33. Voir ici
     
  • Gildas Salmon. "Les paradoxes de la supervision. Le « règne du droit » à l’épreuve de la situation coloniale dans l’Inde britannique (1769-1781)". Pages 35 à 62. 
     
  • Pablo A. Blitstein. "L’opération typologique. Réforme politique et perceptions de la modernité chez les mandarins chinois au tournant du 20e siècle". Pages 63 à 86.
     
  • Fanny Charrasse. "Modernes parce que traditionnels? La légitimation du magnétisme en France et du chamanisme au Pérou". Pages 87 à 113. 
     
  • Cyril Lemieux. "Paradoxe de la modernisation. Le productivisme agrcole et ses critiques (Bretagne, années 1990-2000)". Pages 115 à 144. 

Lieu

EHESS (Salle A05_51)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

L’histoire germano-polonaise. Un nouveau champ historiographique et ses contributions pour une histoire de l’Europe

L’histoire germano-polonaise. Un nouveau champ historiographique et ses contributions pour une histoire de l’Europe

12 et 13 février - Colloque

Présentation

Polish-German History. A New Historiographical Field and its Contribution to the History of Europe
Deutsch-polnische Geschichte. Ein junges Forschungsfeld und sein Beitrag für eine Geschichte Europas

German-Polish history is an innovative and stimulating field in the history of Central and Eastern Europe and beyond. We propose to reflect the historiographical and memorial challenges that governed the formation of this field as well as the concepts and methods on which it has since been built. They are now the basis for the dynamics of the field, due in particular to its ability to associate different scales of analysis from the local to the global level. Special attention will be paid to the contribution of Polish-German history and other »bi-national« historiographies like Franco-German history to the project of writing European history especially when it comes to the specific approaches forged or adopted by historians in these fields (transfer, shared history, histoire croisée, connected history, entangled history, Zwischenraum).

Partners: Centre national de la recherche scientifique (CNRS) – Deutsches Historisches Institut Warschau (DHI Warschau) – Deutsches Historisches Institut Paris (DHIP) – École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Paris: Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen, Centre Georg Simmel, Centre de recherches historiques – Polska Akademia Nauk, Stacja Naukowa w Paryżu – Université de Lille: Institut de recherches historiques du Septentrion – Uniwersytet im. Adama Mickiewicza w Poznaniu.

Scientific Committee: Jawad DAHEUR (CNRS, Paris), Jürgen FINGER (DHIP), Maciej GÓRNY (DHI Warschau), Catherine GOUSSEFF (CNRS, Paris), Morgane LABBÉ (EHESS, Paris), Thomas SERRIER (université de Lille).

Information and reservation:

Conference languages: English, German
1st conference day and 1st round table: event@dhi-paris.fr
2nd conference day and 2nd round table: secretariat@paris.pan.pl

Pour en savoir plus

 

Programme

 

Lieux

12 February 2020

Deutsches Historisches Institut Paris
Institut historique allemand
8, rue du Parc-Royal
75003 Paris

13 February 2020

Centre scientifique de l’Académie polonaise des sciences
74, rue Lauriston
75116 Paris

Dentro e fuori ghetto. Vita e cultura ebraica a Siena in età moderna

Dentro e fuori ghetto. Vita e cultura ebraica a Siena in età moderna

Jeudi 27 février de 9h-17h30 - Colloque

Présentation

Sous l’angle d’une histoire sociale et culturelle de la présence juive, ce colloque invite à l’étude des sociétés et des cultures juives dans le ghetto de Sienne (siècles XVIe-XIXe), ainsi qu’à l’observation des expériences des Juifs siennois en dehors du ghetto, au milieu du monde catholique toscan, dans l’espace de la ville de Sienne et du Grand-Duché de Toscane. La diversité des populations juives du ghetto, la condition de minorité juridique, la précarité socio-économique ainsi que la persévérance culturelle face à la ghettoïsation, seront parmi les sujets au cœur des recherches présentées. Organisé par les Archives d’Etat de Sienne et la Communauté juive de Florence en collaboration avec le CRH (représenté par Davide Mano, chercheur associé), ce colloque réunira une quinzaine de spécialistes du monde juif, du droit, de l’histoire sociale, culturelle ou économique italienne. Les actes du colloque seront publiés en 2021 par les éditions de la Direzione Generale degli Archivi.


Programme

 

Lieu

Archivio di Stato di Siena
Banchi di Sotto, 52
53100 Siena SI, Italie

Alla Ricerca del patrimonio industriale di Venezia : Industrie, fabbriche. Un filo Rosso

Alla Ricerca del patrimonio industriale di Venezia : Industrie, fabbriche. Un filo Rosso

Vendredi 7 février de 14h-18h - Demi-journée d'étude

Présentation

Demi-journée d'étude organisée par Christophe Austruy (CRH/ISG Paris), Gianluigi Fontana (Università degli Studi Padova) et Paola Lanaro (Università Cà Foscari Venezia)

Venise pose une question originale au champ des études sur le patrimoine industriel tant son développement touristique actuel a quasiment effacé toutes les traces, restées actives jusqu’au siècle dernier, des industries qui s’étaient développées au cours du temps sur son territoire urbain, et dans les îles toute proches de la lagune.
De surcroît son paysage architectural et urbain semble marqué par un conservatisme multiséculaire, à la limite de l’immuable dont l’histoire si longtemps glorieuse de la Sérénissime aurait fini par figer en les idéalisant le souvenir de son ancienne vitalité industrielle d’autrefois et les traces de ses infrastructures laborieuses de la fin du Moyen-Âge ou du début de l’époque moderne, pour mieux nous apparaître aujourd’hui comme la « ville-monde » musée par excellence.
Mais Venise peut aussi proposer des pistes originales à la recherche sur le patrimoine industriel en obligeant la recherche à investir les nombreuses marges délaissées de la ville. Si les industries traditionnelles du XIXe cadrent mal avec le cadre promotionnel actuel de la Sérénissime (entre« fumée, crasse et misère »  selon l’expression de François Crouzet), elles ont été aussi des actrices modernes importantes de la ville à l’époque, moins visibles car reléguées dans les quartiers périphériques, du nord de la ville dans le quartier de Castello, dans celui de la Giudecca, de Cannareggio, de Santa Croce, de Dorsoduro, ou sur la Terra Ferma à Marghera, etc. de la construction navale, aux grands moulins, à la manufacture de tabac, aux abattoirs, aux infrastructures portuaires, au complexe pétrochimique, etc.
Aussi le champ vénitien est-il propice à des interrogations sur l’origine et la définition  d’un patrimoine industriel qui ne se réduirait pas au XIXe siècle et aux premières décennies du XXe  : par son histoire et sa durée, Venise oblige à nous poser la question des bornes temporelles de la discipline et fondamentalement celle de la naissance de l’industrie et de ses paysages.
Une de ses réponses emblématiques et de ses contributions majeure à la discipline pourrait être de montrer une continuité historique entre les formes organisationnelles de l’activité productive et de la culture matérielle. Elle déroule parfaitement au cours des siècles les séquences qui partent de l’entreprise artisanale, pour aller vers le modèle manufacturier et enfin pour aboutir aux industries contemporaines.
Et ce d’autant que la ville dispose aux mêmes époques avec peu de discontinuité historique, du triptyque clé du patrimoine industriel composé d’un bassin de population et de travailleurs, d’un pool d’activités industrielles et d’un réseau de transport, mais aussi des capitaux prêts à s’investir pour saisir et développer les innovations à partir desquelles créer de nouveaux marchés (par exemple l’imprimerie ou le verre). Elle nous permet enfin d’arrimer la culture matérielle et ce qui l’a toujours nourrie et fait vivre, la culture immatérielle et le travail. Les activités productives humaines liées à chaque époque et à chaque industrie dessinent ainsi une part du paysage et du patrimoine industriels.

 

Programme

 

Lieu

Aula Saraceno
Fondamenta S. Giobbe, 707
30121 Venezia VE, Italie

Histoire économique : Acteurs, pratiques et marchés

Histoire économique : Acteurs, pratiques et marchés

Vendredi 6 mars de 10h-17h - Journée d'étude

Présentation

Après avoir consacré les deux dernières journées d’études aux nouvelles sources de l’histoire économique, cette troisième journée d’étude du GRHECO, organisée par Florence Hachez-Leroy et Laure Quennouëlle-Corre, s’articule autour d’une approche pluridisciplinaire à la rencontre des historien.ne.s de l’économie, afin de réfléchir aux possibles croisements entre différents champs mettant en œuvre la science, au regard de la thématique « acteurs, pratiques et marchés ».

GrHEco - Le séminaire 2019-2020

Que ce soit dans le secteur industriel, agricole, artisanal, patrimonial, culturel, financier, dans des domaines matériels ou immatériels, les pratiques des acteurs économiques publics et privés ont évolué au fil du temps, selon les contextes politiques, économiques, environnementaux, sociaux ou sociétaux, avec des effets spécifiques sur les marchés. À travers des exemples puisés dans des secteurs et des périodes allant de l'Antiquité à nos jours, aux échelles locales, nationales et internationales, ce séminaire entend proposer une réflexion neuve sur un thème d’histoire économique à réinterpréter et à renouveler, à savoir les acteurs économiques, leurs pratiques et les marchés sur lesquels ils opèrent.

Quelles sont les pratiques des acteurs économiques, selon les échelles d'action, dans un secteur donné ? Comment les changements technologiques influencent-ils les pratiques ou en créent-ils de nouvelles ? Comment ces acteurs s'adaptent-ils à de nouveaux espaces économiques et politiques ?

À nouvelles pratiques, nouvelles fonctions ? D'un côté il s'agira de s'interroger sur l'adaptabilité organisationnelle des entreprises comme de l'État, sur les modalités du changement et les dispositifs nouveaux comme la formation. De l'autre, la régulation et le contrôle des pratiques seront pris en compte.

 

Programme

10 h 00 : Introduction : Florence Hachez-Leroy et Laure Quennouëlle-Corre, CRH

10 h 30 - 13 h : Fixer les prix, entre santé et agronomie

  • Samir Boumediene, CNRS/IHRIM, Lyon, Le prix de la santé. Les tarifs de médicaments à Rome à l'époque moderne

  • Laurent Herment, CNRS/CRH, et Arnaud Page, Sorbonne Université, HDEA, Le prix de l'azote entre agronomie et économie

Pause déjeuner

14 h : L’espace comme enjeu économique

  • Federico Bietti, chercheur associé à l'IDHES-ENS Paris-Saclay, Les codes de la matière, la mécanique numérique entre la recherche universitaire et l'industrie aérospatiale en France.

  • Isabelle Sourbès-Verger, CNRS/Centre A. Koyré, Les marchés de l'espace, entre récits et réalités

15 h 30 : Les consommations de l’électricité

  • Sylvain David, CNRS, IJCLab, Orsay, La mesure de l’énergie, ses biais et ses enjeux

  • Florence Hachez-Leroy, Université d’Artois et CRH/EHESS-CNRS, De l’électrométallurgie à l’alimentation, la science au service de l’industrie

 

Lieu

EHESS (Salle A07_37)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

EHESS
CNRS

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Dernière modification :
05/08/2020