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Guerre à la drogue / Guerre raciale : le point de vue des policiers

Guerre à la drogue / Guerre raciale : le point de vue des policiers

Jeudi 14 novembre de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation du séminaire

La locution aujourd’hui classique de « guerre à la drogue », dérivée de la phrase prononcée par Richard Nixon à la tribune des Nations Unies le 21 juin 1971, n’est pas une simple figure de style. Depuis un demi-siècle, tous les éléments constitutifs du conflit armé ont été mis en place et utilisés contre des groupes sociaux, des communautés villageoises et quelquefois des Etats, dans le but proclamé d’éradiquer la consommation des substances désignées par la convention unique de 1961 modifiée par le protocole de 1972.

Curieusement cette guerre, publiquement revendiquée, a toujours été dissimulée derrière l’alibi de considérations sanitaires et morales, au point de masquer totalement des réalités de terrain essentiellement répressives et systématiquement dirigées contre des groupes sociaux minoritaires et suspects politiquement.  Ces réalités sont d’autant plus difficiles à dissimuler qu’elles sont régulièrement revendiquées par les différents appareils coercitifs mis en place par la « lutte contre la drogue ».  Peu de jours se passent sans que dans le monde un service de police ne revendique une « prise du siècle » ou qu’un gouvernement ne se félicite de l’éradication d’un réseau de trafiquants.  Aujourd’hui encore aux Philippines ou au Brésil, des chefs d’Etats se félicitent ouvertement des opérations de guerre menées par leurs forces armées à l’encontre de populations jugées complices du « fléau de la drogue ».

Les millions de personnes incarcérées, les milliers de condamnés à mort, les dizaines de milliers de tués dans des opérations de polices, les milliards de dollars investis dans l’appareil militaro-policier sont rarement l’objet d’un étude systématique cohérente qui prendrait comme centre de gravité une belligérance revendiquée comme telle.  A l’inverse, la littérature savante comme la grande presse débordent de réflexions sur les objectifs sanitaires des politiques des drogues, peu ou pas suivies d’effets en terme de budgets ou d’investissement humains sur le terrain. Cette disproportion entre les deux composantes de la lutte contre la toxicomanie, la délinquance d’un côté et le soin de l’autre, mérite que l’on s’attarde plus systématiquement à décortiquer les ressorts, les mécanismes, les structures multiples de la guerre à la drogue.

Ce séminaire a pour but de livrer à la réflexion la belligérance déclarée à l’objet « drogue », objet lui-même susceptibles d’interprétations relativistes.  Nous allons donc présenter plusieurs facettes de cette « guerre à la drogue » racontée par les acteurs, par les victimes, et commentée pour une fois en dehors de toute considération sanitaire.  Plus précisément nous allons aborder les politiques de soin en les incluant dans un dispositif général de répression qui éclairent réflexivement l’appareil médical sous l’angle du contrôle social.

 

Présentation du séminaire sur les drogues du 14 novembre 2019

 « Guerre à la drogue / Guerre raciale : le point de vue des policiers »

Les représentants des forces de l'ordre ne sont pas uniquement des acteurs de premier plan des problématiques liées aux drogues, notamment sur le volet répressif. Leurs missions d’investigation et leurs témoignages peuvent également contribuer à la recherche sur le sujet, en permettant d’accéder à des données précises sur les marchés de stupéfiants, mais aussi, parfois, sur les pratiques des policiers, en particulier en matière de consommation. Le sujet des conditions d’interpellation reste cependant délicat à aborder.

Intervenants

Bénédicte Desforges est ex lieutenant de police. Elle a exercé dans un service d’anti criminalité en banlieue en tant que gardien de la Paix, puis à Paris dans le 18ème arrondissement. Démission en 2011. Auteur de deux livres d’histoires de flics, d'un blog et d'articles argumentant en faveur de la décriminalisation de l’usage des drogues. Adresse une lettre ouverte aux parlementaires en juin 2018 à l'occasion du projet de loi instaurant une amende délictuelle pour usage de stupéfiants.

Jean-Luc Garcia est un ex gendarme et militant anti-prohibitionniste de longue date. Il a pris publiquement position dans des lettres ouvertes adressées au président de la République : à François Hollande plaidant pour la légalisation du cannabis, et puis Emmanuel Macron en mars 2018, ajoutant à ses arguments un avis critique sur l'amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants.

Sonny Perseil est sociologue et juriste, chercheur HDR au Lirsa / Cnam. Il a notamment publié Politique, mœurs et cannabis : rétablir le droit ? (Le Médiateur), et coordonne la série Addictions aux Éditions Elsevier / ISTE.

 

Lieu

EHESS (Salle D. & M. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris


Pour citer ce document

, «Guerre à la drogue / Guerre raciale : le point de vue des policiers», CRH [En ligne], Actualités, Événements,mis à jour le : 29/10/2019
,URL : http://crh.ehess.fr/index.php?6898.
EHESS
CNRS

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18/11/2019