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2019

Fragments d’exils. Temporalités, appartenances

Fragments d’exils. Temporalités, appartenances

Jeudi 31 janvier de 17h-19h - Table ronde

Présentation

Natalia Muchnik (CRH) et Mathilde Monge (Université Toulouse 2-Jean Jaurès) organisent une table-ronde autour de Fragments d’exils. Temporalités, appartenances, numéro spécial de la revue Diasporas. Circulations, migrations, histoire (31, 2018), avec Anne-Christine Trémon (université de Lausanne), Ilsen About (CNRS-Centre Georg Simmel), Alexandra Poli (CNRS-CADIS), Delphine Richard (université de Lyon 2) et Marie-Carmen Smyrnelis (Institut Catholique de Paris).

Les diasporas ne sont pas des phénomènes immuables : elles naissent, vivent et s’éteignent, ou se diluent dans des ensembles plus vastes ; d’autres ne restent qu’à l’état d’ébauche. Constructions parfois éphémères à la faveur d’un événement politique ou d’une opportunité commerciale, elles peuvent se muer en édifices structurés, de réseaux et de métropoles qui s’affrontent et se succèdent. Situer le phénomène diasporique permet de saisir les dynamiques et les temporalités de ces constructions contingentes et de revenir sur l’image trop communément admise de processus continus et atemporels. C’est cette linéarité et, partant, les jeux et rejeux de segments diasporiques que les articles de ce dossier interrogent, à travers une diversité d’approches : vue d’ensemble, étude d’un lieu d’implantation particulier, analyse sur la longue durée ou autour d’un moment-clé. En étudiant ainsi des « fragments d’exil », la notion de diaspora s’en trouve réinterrogée. Face à l’expansion de son usage, ils permettent de souligner la dimension profondément historique de cet objet si singulier, et pourtant de plus en plus universel. La notion de fragment questionne également une homogénéité souvent reconstruite par l’historiographie qui efface la mosaïque que constituaient –et constituent encore– nombre de ces diasporas, tant pour leurs membres que pour les sociétés d’accueil.

 

Lieu

EHESS (Salle 5)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Une histoire croisée de la fabrique du droit du travail

Une histoire croisée de la fabrique du droit du travail

Jeudi 17 janvier de 9h30-17h - Journée d'étude

Présentation

Cette journée d’étude en hommage à Sabine Rudischhauser est organisée par Bénédicte Zimmermann (Centre Georg Simmel), Patrick Fridenson (Centre de recherches Historiques) et Claude Didry (Centre Maurice Halbwachs), avec le soutien du Centre Marc Bloch, autour de son dernier ouvrage Geregelte Verhältnisse. Eine Geschichte des Tarifvertragsrechts in Deutschland und Frankreich 1890-1918/19 (Cologne, Böhlau, 2017).
Sabine Rudischhauser (1961-2017) a introduit un regard nouveau sur l’émergence de la négociation collective en intégrant, au-delà de la seule conflictualité sociale, les initiatives politiques, législatives, juridiques, mais aussi sociologiques qui contribuent à définir la catégorie même de convention collective en France et en Allemagne. Sur la séquence 1900-1920, elle met au jour une véritable dynamique institutionnelle, dans laquelle se justifie un rapprochement entre l’Allemagne et la France, en faisant apparaître non seulement un parallélisme, mais aussi des emprunts réciproques et une référence commune, l’Angleterre. Geregelte Verhältnisse, son dernier ouvrage, couronne ainsi une vie de recherche que sa disparition précoce a interrompue brutalement. Il constitue un apport de premier plan tant pour la discipline historique, que pour le droit, la sociologie et l’économie. Cette journée d’étude entend rendre hommage à Sabine Rudischhauser, non seulement en revenant sur son parcours, mais aussi en mettant en discussion les perspectives qu’ouvrent ses recherches.


Programme

 

Lieu

Institut d’Etudes Avancées
Hôtel de Lauzun
17, Quai d’Anjou
75004 Paris

Sexe, drogues et rock'n roll

Sexe, drogues et rock'n roll

Jeudi 10 janvier de 17h-19h - Demi-journée d'étude

Présentation

Quel beau titre pour cette séance que « Sex and drugs and rock’n roll » ! Il est inspiré de la chanson véritablement programmatique de Ian Dury (1977). Mais nous aurions pu tout aussi bien appeler ce séminaire « Lucy in the Sky with Diamonds », la célébrissime chanson des Beatles (1967) puisqu’il y sera largement question de la culture psychédélique des années 60-70. Du « Human Be-In » aux sous-sols londoniens, du « Summer of Love » au triumvirat de San Francisco, Olivier Julien évoquera les origines du rock dit psychédélique durant ces deux décennies tant aux Etats-Unis qu’en Angleterre. Axelle Blanc se penchera sur la scène musicale psychédélique et sur  la performance des arts visuels en France après 1967. Quant à Marc Dufaud, artiste secret et tourmenté, il nous fera la surprise de son intervention. Bertrand Lebeau Leibovici, médecin addictologue, modérera la demi-journée d’étude.

 

Programme

  • Olivier Julien, musicologue
    Haight-Ashbury, le Middle Earth et ‘Unlimited Freak Out’ : l'émergence d'une tendance
    psychédélique dans les musiques populaires anglo-américaines

  • Axelle Blanc, anthropologue
    Les Antipodes de la raison. L'aventure psychédélique en France : musique, arts performatifs et arts visuels, 1967-1978

  • Marc Dufaud, écrivain
    Sex and drugs and rock’n roll

  • Bertrand Lebeau Leibovici, médecin addictologue, modérateur

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Histoire de l’épidémiologie. Enjeux passés, présents et futurs

Histoire de l’épidémiologie. Enjeux passés, présents et futurs

Mercredi 23 janvier 2019 de 9h-17h30 - Journée d'étude

Présentation

2e journée d’étude du Comité pour l’histoire de l’Inserm

L’épidémiologie rencontre de nouveaux défis inscrits dans la globalisation contemporaine, de la gestion des pandémies à l’analyse de masses colossales d’informations par des consortiums internationaux portant sur des cohortes de centaines de milliers d’individus. Réunissant historiens, scientifiques, acteurs institutionnels et socio-économiques, concernés par la question de l’épidémiologie, la 2e journée d’étude du Comité pour l’histoire de l’Inserm tentera d’éclairer l’histoire de la discipline en regard de ses enjeux présents et futurs.

Entrée libre sur réservation (selon les places disponibles) auprès de :
celine.paillette[@]ext.inserm.fr

Autre lien : INSERM

 

Programme

 

Lieu

Maison de la Recherche Sorbonne Université
Salle de conférence du rez-de-chaussée (D035)
28 rue Serpente, 75006 Paris

Survivre particulièrement. Autour du livre de Danny Trom : Persévérance du fait juif. Une théorie politique de la Survie

Survivre particulièrement. Autour du livre de Danny Trom : Persévérance du fait juif. Une théorie politique de la Survie

Mercredi 30 janvier 2019 de 16h-19h - Table ronde

Présentation

Dans la mesure où « la question juive » concerne la subsistance du fait juif dans l’histoire, elle occupe depuis longtemps les esprits. Cela est attesté dans certains livres bibliques dont notamment celui d’Esther. Les commentaires rabbiniques de ce livre sont au cœur de l’ouvrage récent de Danny Trom, qui élabore à partir d’elles une pensée politique de la survie. Le groupe Études Juives organise une table ronde où seront discutés, en présence de l’auteur, les aspects littéraires, historiques et théoriques de la démarche. Les discutants seront Elad Lapidot (Université de Berne), Antoine Lilti (CRH), Ron Naiweld (CRH) et Julia Christ (LIER).

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Echanges médiévaux. Circulation des textes et des personnes

Echanges médiévaux. Circulation des textes et des personnes

17 et 18 janvier 2019 - Journées d'études

Présentation

Cette rencontre, organisée par Etienne Anheim (AHLOMA), Nora Berend (Université de Cambridge) et Sylvain Piron (AHLOMA), est le deuxième volet d’un projet de collaboration entre l’Université de Cambridge et l’EHESS soutenu par PSL. La première rencontre a eu lieu à Cambridge les 7 et 8 juin 2018 et a réuni une quinzaine de chercheurs anglais, allemands et français autour de la même thématique. La seconde session a pour objet de prolonger la réflexion sur les formes sociales et intellectuelles de circulation des savoirs au Moyen Âge à partir de l’étude de la mobilité des textes et des personnes. Elle repose sur la confrontation méthodologique entre la riche bibliographie consacrée aux pratiques de traduction et d’échanges interculturels médiévaux, d’une part, et les questions posées par le développement des approches historiographiques globale, transnationale ou connectée, d’autre part.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Espagne, Espagnes : regards français sur la réalité espagnole (XVIe-XXIe siècles) (2)

Espagne, Espagnes : regards français sur la réalité espagnole (XVIe-XXIe siècles) (2)

Mardi 22 janvier à 19h - Table ronde

Présentation

Cette table ronde organisée par Jean-Paul Zuñiga (GEI) et Nicolas Bas (Universitat de Valencia) abordera la fascination de la France à la culture espagnole. Le romantisme français a trouvé dans l’Espagne du XIXe siècle le cadre idéal pour argumenter nombre de ses grandes œuvres littéraires. L'exotisme, l'orientalisme ont imprégné les grands intellectuels français de l'époque, comme Victor Hugo, Mérimée ou Gautier, entre autres. Une séduction réciproque qui s’est prolongé tout au long du siècle et pendant une grande partie du XXe siècle, et qui a conduit Mathilde Pomès à être la première agrégée d'espagnol de la Sorbonne en 1916 ou León Sánchez Cuesta a créé la Librairie Espagnole,et plus tard celle d'Antonio Soriano qui deviandra un lieu de rencontres d'intellectuels français et espagnols. Un cadre idéal pour l'émergence d'une liste exceptionnelle d'hispanistes français, comme Marcel Bataillon, Nöel Salomon, ou Pierre Vilar, entre autres, qui ont créé les premières chaires de culture espagnole dans les universités de Paris, de Bordeaux et de Toulouse. Ce sont des années d'une passion française pour l'histoire espagnole, en particulier à l'époque moderne, qui a conduit à la création d'institutions telles que la Casa de Velázquez, ou l'Association des Hispanistes Français, entre autres. Et tout cela au milieu de la transition espagnole, qui a marqué le début d'une période de relations intenses à tous les niveaux entre l'Espagne et la France, qui se poursuivent aujourd'hui à travers des institutions comme l'Institut Cervantes ou l'Institut français, qui travaillent avec ténacité pour rapprocher les cultures des deux côtés des Pyrénées.

 

Programme

  • Elisa Ruiz García (Universidad Complutense de Madrid)
    Mathilde Pomès, la primera  hispanista francesa

  • Bernard Vincent (EHESS)
    Los hispanistas franceses y la España de los años 1940-1960

  • Ana Martínez Rus (Universidad Complutense de Madrid)
    Las librerías españolas en París: de León Sánchez Cuesta a Antonio Soriano

  • Jordi Canal (EHESS)
    La imagen de España en Francia, siglos XX-XXI: tópicos, prejuicios y sorpresas

 

Lieu

Colegio de España
7E, boulevard Jourdan
75014 Paris

Emmanuel Macron et l'histoire

Emmanuel Macron et l'histoire

Vendredi 25 janvier de 18h-20h - Conférence-débat

Présentation

En février 2018, Emmanuel Macron, lors de son premier bilan de mandat devant la presse, se présentait son élection comme « le fruit d’une forme de brutalité de l’Histoire, une effraction car la France était malheureuse et inquiète » - là où les commentateurs, plus crûment, utilisaient le terme de « dégagisme ». Ce détail n’est pas anecdotique. Ce jeune président qui aime se mettre en scène aime encore plus se mettre en scène dans l’histoire, de sorte qu’il a paru intéressant d’analyser le rapport qu’entretient Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle puis président de la République, à l’histoire, singulièrement à l’histoire de son pays.
On ne se reportera que marginalement pour cela à ses discours officiels, genre trop convenu pour tirer des éléments précis des innombrables références historiques qu’ils contiennent. Mais les actes, les mots, construits ou échappés, le matériau de communication mis en œuvre depuis trente mois par Emmanuel Macron nous semblent permettre de mettre assez précisément en lumière le substrat historique de sa pensée.


           Présentation : Sabina Loriga (EHESS)
           Interventions : Marc Olivier Baruch (EHESS)
                                     Sylvie Thénault (CNRS)
           Discutant : Christophe Prochasson (EHESS)
           Modérateur : Jean-Frédéric Schaub (EHESS)

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Linguistique et écrits (7)

Linguistique et écrits (7)

Mardi 22 janvier de 9h15-17h30 - Journée d'étude

Présentation

Cette septième édition des journées internationales "Linguistique et écrit", organisées par Marion Carel (CRAL) et Dinah Ribard (CRH), porte sur le discours, son organisation argumentative et temporelle, ainsi que l'évolution de ses formes. Le discours écrit y sera examiné par rapport au discours oral.

 

Programme

9h15 : Présentation de la journée

9h30-10h20 : Corinne ROSSARI (Université de Neuchâtel)
Nécessité et possibilité

10h 20-11h10 : Iveta DINZIKOVA (Université de Neuchâtel) et Claudia RICCI (Université de Neuchâtel)
L’expression de la nécessité et de la possibilité en français, en italien et en slovaque

Pause

11h40-12h30 : Marion Kohei KIDA (Université Keio)
Métaphore et sémantique argumentative

Déjeuner

14h30-15h20 : Anne LE DRAOULEC (CNRS, Université de Toulouse)
Pendant ce temps : emplois temporels et adversatifs

15h20-16h10 : Florence LEFEUVRE (Université Paris III)
La structure Ca y est, X : analyse syntaxique et discursive

Pause

16h40-17h30 : Gabrielle LE TALLEC LLORET (Université Paris XIII)
Féminisation des noms de métiers et genre neutre en français : quelles néologies ?

 

Lieu

EHESS (Salle BS1_05)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

A l’occasion de la sortie du numéro 70 de la revue

A l’occasion de la sortie du numéro 70 de la revue "Techniques & Culture", Matérialiser les désirs. Techniques votives

Vendredi 25 janvier de 18h30-20h30 - Rencontre

Présentation

À l’occasion de la sortie du numéro 70, « Matérialiser les désirs. Techniques votives » de la revue Techniques & Culture (novembre 2018), sous la direction de Pierre-Olivier Dittmar, Pierre Antoine Fabre, Thomas Golsenne et Caroline Perrée.

Que fait-on avec un intestin de plâtre, une patte d’âne en bois, un sein en cire, des pièces coincées dans l’écorce d’un arbre, mais aussi un tableau de Raphaël, le vélo d’Eddy Merckx, un bâton d’encens, une voiture en argent, un Christ en coquillages, des cadenas d’amour, un ex-voto peint pour l’équipage d’un navire, la poupée d’une ancêtre... que l’on ne pourrait faire avec des mots ?

Avec Pierre-Olivier Dittmar, historien, EHESS, Pierre-Antoine Fabre, historien, Thomas Golsenne, historien de l’art, Manuel Charpy, historien, CNRS et Carlo Severi, anthropologue, EHESS.

 

Lieu

Musée du Quai Branly-Jacques Chirac
Salon de lecture Jacques Kerchache
37, quai Branly
75007 Paris
 

Rural History 2019 - 4th EURHO Conference

Rural History 2019 - 4th EURHO Conference

Date limite de dépôt : 1er février 2019 - Appel à communication

Présentation

Rural History 2019, la quatrième conférence biennale de l’European Rural History Organisation (EURHO), se déroulera à Paris du mardi 10 septembre au vendredi 13 septembre 2019.

Après le succès de l’Appel à Panels (plus d’une centaine de propositions de 37 pays), l’EURHO lance le Call for papers (Appel à communication).

Tous les chercheurs travaillant sur l’histoire rurale sont invités à soumettre des propositions de communications en optant pour un des panels sélectionnés. Nous accueillerons des communications traitant de l’histoire économique, sociale, politique ou culturelle de la campagne (production agricole ou artisanale, reproduction sociale, consommation, culture matérielle, relations de pouvoir, genre, bien-être, vie du village, relations politiques, améliorations technologiques et scientifiques, tourisme etc.) en lien avec l’histoire environnementale et anthropologique. Les approches issues des sciences sociales (géographie,  sociologie, science politique, archéologie), de l’économie et des sciences du vivant (agronomie, biologie, zoologie) seront encouragées.

 

Calendrier et modalités de soumission

L'appel à communication sera ouvert du 4 décembre 2018 au 1er février 2019. Les candidats doivent choisir un des panels sélectionnés, dans une liste ajoutée dans le site web de la conférence, http://ruralhistory2019.ehess.fr/.
Une proposition de communication (paper) doit inclure un titre, le nom complet et l’affiliation de l’auteur (ou des auteurs le cas échéant), et un résumé (maximum 400 mots). Les participants ne peuvent pas proposer plus de deux communications. L’anglais est la langue officielle de l’EURHO.
Chaque session durera deux heures et comprendra quatre communications ou papers. Les sessions seront dirigées par un président (Chair) et un discutant.

Seules les candidatures en ligne seront acceptées via ce lien :

https://eurhoparis2019.sciencesconf.org/submission/submit

La date limite est le premier février 2019.

Organisation :École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à travers le Centre de recherches historiques (CRH), en collaboration avec le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme) et l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes).

 

Guerres mondiales et enjeux coloniaux dans le développement des politiques sociales européennes (années 1880-années 1940)

Guerres mondiales et enjeux coloniaux dans le développement des politiques sociales européennes (années 1880-années 1940)

Mercredi 6 février de 9h30-18h - Journée d'étude

Présentation

Cette seconde journée d’études, organisée par Federico del Guidice (CRH), poursuit les problématiques de la première journée - qui a eu lieu en novembre 2018 sur le thème Aux sources des politiques sociales : décentrer l’histoire du welfare européen (XIXe-XXIe siècles) - en déplaçant la chronologie vers le tournant du XXe siècle. Comment replacer le développement de la législation sociale européenne au regard à la fois des expériences coloniales et des deux guerres mondiales : quelles sont les circulations d’idées et de pratiques en matière de protection sociale qu’ils favorisent ou à l’inverse qu’ils entravent ? Quelles sont les dynamiques de nationalisation et de transnationalisation des politiques sociales européennes ?

Contact : federico.delgiudice@ehess.fr

 

Programme

9h-13h :

  • Antoine Perrier (Sciences Po Paris)
    Deux modèles en vis-à-vis : l’État social français et musulman dans les Protectorats d’Afrique du Nord

  • Michel Dreyfus (Université Paris I)
    De la mutualité à la naissance des régimes assuranciels en Europe

14h-18h :

  • Ugo Pavan Dalla Torre (chercheur indépendant, collaborateur ANMIG)
    Public and Private Actions for the Protection of Veterans in Italy after the Great War

  • Ferruccio Ricciardi (CNRS, CNAM)
    Des travailleurs invisibles ? Droits sociaux et « travail indigène » au croisement de la métropole et de l’Empire français (1900-1940)

  • Paul André Rosental (Sciences Po Paris)
    La législation transnationale face à la silicose. Le cas de l’Afrique du sud

Lieu

EHESS (Salle BS_28)
54, boulevard Raspail
75006 Paris


Autour de l'ouvrage d'Enrico Castelli Gattinara, La forza dei dettagli. Estetica, filosofia, storia, epistemologia da Warburg a Deleuze

Autour de l'ouvrage d'Enrico Castelli Gattinara, La forza dei dettagli. Estetica, filosofia, storia, epistemologia da Warburg a Deleuze

Lundi 18 février de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

La prochaine séance des Rencontres du GEHM sera consacrée à la discussion de l'ouvrage d'Enrico Castelli Gattinara, La forza dei dettagli. Estetica, filosofia, storia, epistemologia da Warburg a Deleuze (Milano, Mimesis, 2017), qui invite à une réflexion épistémologique sur la question du détail, à partir d'un ensemble de lectures qui le mènent de A. Warburg à G. Deleuze. L’auteur présentera les thèses et les enjeux de son livre, après quoi le débat sera ouvert par Sabina Loriga et Jacques Revel.

Pour en savoir plus sur l'ouvrage

 

Lieu

EHESS ( Salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris


La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah

La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah

21 et 22 février - Colloque international

Présentation

Les 14 et 15 janvier 2005, la BNF accueillait le colloque « Les Juifs et la Pologne, 1939-2004 : aspects multiformes du passé ». Il avait été ouvert la veille par deux témoins capitaux,  Wladyslaw Bartoszewski et Simone Veil et s'était conclu par une conférence de Marek Edelman, alors le dernier survivant de l'état-major de l'insurrection du ghetto de Varsovie qui était venu de Lodz apporter son témoignage.

La nouveauté de ce colloque, organisé par Olga Byrska (Ehess),Audrey Kichelewski (Université de Strasbourg), Judith Lyon-Caen (EHESS), Jean-Charles Szurek (CNRS), Dominique Trimbur (FMS), Annette Wieviorka (CNRS), Claire Zalc (EHESS/CNRS), consistait en la présentation au public français des travaux d'une nouvelle école historique, travaux qui avaient pu être menés dans le contexte de l’irruption du passé juif dans la société polonaise et de l'ouverture des archives.

Près de quinze ans après, alors que les grands témoins ne sont plus parmi nous et que le gouvernement polonais mène une « politique historique » qui vise à minorer, voire à nier, la participation des populations polonaises dans la traque et la mise à mort des Juifs de Pologne, les chercheurs réunis à Paris en 2005 ont fait école. Avec d'autres, ils ont publié des travaux de grande importance, éclairant sous des angles divers la question des rapports judéo-polonais pendant la Seconde Guerre mondiale et dans les années qui suivirent.

C'est une exigence intellectuelle, morale et politique de faire connaître aux chercheurs français, et à un plus large public, la richesse du travail mené en Pologne.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard raspail
75006 Paris

Le lundi 21 février à 17h

Collège de France
11, place Marcelin Berthelot
75005 Paris

 

 

Fleuves et sols affectés. Territoires et expériences des milieux dans les conflits et catastrophes écologiques

Fleuves et sols affectés. Territoires et expériences des milieux dans les conflits et catastrophes écologiques

Lundi 11 février de 9h30-17h - Journée d'étude

Présentation

L’appréhension des crises écologiques tend aujourd’hui à se faire autour de notions totalisantes, comme celle du climat, qui constituent des opérateurs de globalisation des relations entre sociétés et environnements. Ces notions appellent des formes de savoir, d’expertise et de calcul spécifiques, qui seraient seuls à même de restituer une catastrophe à la fois globale et systémique. Comment rendre compte de la pluralité des expériences de milieux, portées par les acteurs affectés par les changements radicaux ou les catastrophes écologiques ? En quoi ces expériences constituent-elles des formes de savoirs et d’expertises différents et alternatifs à ceux élaborés à une autre échelle ?

Les enquêtes présentées dans cette journée, organisée par Claudia Damasceno (EHESS, CRBC Mondes américains) et Alice Ingold (EHESS, CRH), partiront de conflits ou de catastrophes écologiques observés par le bas (from below). Comment les milieux des habitants, les fleuves, les sols, sont-ils affectés par ces transformations ?

Quelle est la place des attachements dans les processus de mobilisation, de contestation et de réparation face au dommage écologique ? En quoi l’habiter un territoire est-il porteur de façons alternatives d’appréhender les crises ? Comment rendre compte de cette dimension locale des attachements sans tomber dans une disqualification localiste et égoïste, par des systèmes d’évaluation élaborés dans les capitales ou loin des périphéries extractives ? Comment restituer la créativité de ces élaborations locales, sans les essentialiser comme des résistances locales ?

Les controverses et les catastrophes se présentent comme des moments de rupture qui dessinent un avant et un après. Elles obligent les acteurs à repenser les trajectoires de leurs liens avec leurs environnements, à dénouer et à redessiner leurs attachements au territoire et aux milieux. En quoi la pluralité des liens au territoire se fonde-t-elles sur des savoirs, des histoires et des mémoires différents des lieux ? En quoi permet-elle, en retour, de dessiner d’autres futurs possibles ? 

 

Programme

Matin

9h30 Accueil

10h-12h

Introduction, Claudia Damasceno (EHESS) et Alice Ingold (EHESS)

Carmen Salazar-Soler (CNRS, CERMA/ Mondes américains EHESS) et Alice Langlois (CERMA/ Mondes américains EHESS)
Catastrophe écologique dans la Sierra Centrale du Pérou (XXe-XXIe siècle) : la contamination de l'eau un problème nouveau ?

Kyra Grieco (CERMA/ Mondes américains EHESS)
Des lacs méchants à la yaku-mama : la construction sociale de l’eau dans une nouvelle région minière péruvienne

Marc Elie (CNRS, CERCEC-EHESS)
Le séisme de 1988 en Arménie et l'expulsion des sinistrés azéris de Spitak

Discussion introduite par Thomas Leroux (CNRS, CRH EHESS)

Après-midi

13h30-16h30

Cristiana Losekann (UFES, Brésil)
Mélancolie et résilience dans la catastrophe minière du Rio Doce (Brésil)

Juliette Woitchik (Université Saint-Louis, Bruxelles)
"Nossa vida vale mais que um cartão" : approche anthropologique des attachements au territoire sur les rives du Rio Doce (Brésil)

Discussion introduite par Sandrine Revet (CNRS, CERI Sciences Po Paris) et Alice Ingold (EHESS)

 

Lieu

EHESS (salle BS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Psychédélisme, punk et techno : expériences croisées

Psychédélisme, punk et techno : expériences croisées

Jeudi 14 février de 17h-19h - Demi-journée d'étude

Présentation

Des débuts du psychédélisme aux raves parties contemporaines il est possible d’établir une filiation. Difficile en effet de ne pas penser à des teufeurs transportant leur sound system aux quatre coins de l’Europe quand on lit les aventures des Merry Pranksters sillonnant les USA dans un bus bariolé pour organiser des « acid tests » à grand renfort de stroboscopes, de peinture fluo, de déguisements exubérants… Et bien sûr de LSD !

Sans y appartenir, le mouvement punk s’entrecroise avec cette filiation. Son esthétique est différente, pourtant elle se rapproche de certaines composantes de la culture techno… Des punks qui s’éclatent en teknival aux Hells Angels invités à se défoncer avec les Merry Pranksters, la consommation de drogues favorise-t-elle les rapprochements entre les contre cultures qui partagent ce point commun ?

 

Programme

Isaac Abrams, artiste peintre : "Retour sur une carrière d'artiste psychédélique"
Elise Grandgeorge
(anthropologue, Université Aix Marseille) : traduction

Vincent Benso, sociologue (ASUD / Techno+) : « Techno et drogues, 35 ans de passion… Pour le meilleur et pour le pire ! »

Alexandre Marchant, historien (ISP Cachan) : « Culture et esthétique de la défonce : drogues et mouvement punk (années 1970-1980) »

Florian Bureau, militant associatif (ASUD / Techno+), modérateur

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Les sources de l’histoire économique

Les sources de l’histoire économique

Mardi 12 février de 14h-17h - Demi-journée d'étude

Programme

14h - 15h40 : Les archives d’entreprises

  • Elvire Coumont, Institut pour l’histoire de l’aluminium, Les archives du groupe Rio Tinto en France, l'héritage de Pechiney

  • Roger Nougaret, BNP-Paribas, Les archives bancaires, une source pour l’histoire économique et sociale

  • Nolwenn Deviercy, Groupe ADP, Aéroports de Paris : des archives à découvrir

Pause

16 h - 17 h : L’historien.ne et l’archive

  • Claire Mouradian, CERCEC EHESS/CNRS, Des sources à (re)découvrir : les archives diplomatiques

  • Gérard Béaur, CRH EHESS/CNRS,Les sources de l'enregistrement sous l'Ancien Régime et la Révolution

Lieu

EHESS (Salle BS1_28)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

L'histoire de LIP

L'histoire de LIP

Lundi 25 mars de 15h-18h - Table-ronde

Présentation

En 1973, face à des licenciements massifs, les ouvriers de la manufacture horlogère Lip de Besançon ont occupé leur usine pour exiger que personne ne perde son emploi. Grâce à la vente du stock de montres dont ils se sont emparés, ils se paient leurs propres salaires en adoptant un slogan célèbre : « C’est possible ! On fabrique, on vend, on se paie ». C’est une expérience d’autogestion sans précédent, c’est l’imagination au pouvoir, pour reprendre le titre du documentaire exceptionnel qu’a réalisé Christian Rouaud en 2007. Cette table-ronde, organisée par Jérôme Bourdieu (PSE) et Patrick Fridenson (CRH), se consacrera à l'histoire de LIP autour de deux ouvrages Opening The Gates: The Lip Affair 1968-1981 de Donald Reid et Pourquoi ont-ils tué Lip ? De la victoire ouvrière au tournant néolibéral de Guillaume Gourgues et Claude Neuschwander.

Intervirendront François Denord (CESS –CNRS), Patrick Fridenson (CRH–EHESS), Frank Georgi (CHS–Université Paris 1) et Michelle Zancarini-Fournel (Larhra–Université Lyon 1)

 

Lieu

EHESS (Salle 13)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Drogues, troubles dans la réalité et politique dans les séries TV

Drogues, troubles dans la réalité et politique dans les séries TV

Jeudi 14 mars de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

Que nous disent les séries TV du monde où nous vivons ?  Saga familiales ou space opéra, séries policières ou post-apocalyptiques, les séries TV se sont introduites dans des réalités sociales qu’elles contribuent à modeler.  La guerre à la drogue comme la lutte contre le terrorisme sont interaction directe avec les séries qui les représentent. Comme sous LSD, les frontières ne cessent se brouiller entre réalité et illusion. Même dans les plus réalistes des séries policières, des coïncidences inattendues ouvrent des pistes qui témoignent d’univers  surréels, parallèles de la réalité ordinaire. La temporalité des series TV  fait irruption dans la ligne du temps : « Winter is coming », (la menace qui pèse sur le moyen-âge mythique de la  série « The Game of Thrones ») était écrit sur les murs d’Istambul lors de la révolte populaire en 2013.  Alors que les séries TV entreprennent de décoder le monde dans lequel nous vivons, la pluralité des univers sociaux ouvrent  aussi bien aux constructions sociales de la réalité pour les sciences sociales qu’aux croyances alternatives, avec ses conceptions complotistes de l’histoire et ses fake news.

Programme

  • Sandra Laugier, Addictions et séries TV
    Les liens qui nous attachent aux diverses victimes de la drogue dans les séries du XXIe siècle, de The Wire à Narcos.
  • Richard Mèmeteau, La temporalité des séries
    De l’ultime saison de Game of Thrones aux 720 épisodes de Naruto ou les 853 épisodes de One Piece prétention.

  • Marco Candore, Sans queue ni tête" : détectives déterritorialisés et envers du décor
    Du détective, entre noir et fantastique, avec une attention particulière pour the return de David Lynch.

  • Anne Coppel : Introduction et animation 

 

Sandra Laugier est Professeure de philosophie à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne, membre de l'institut universitaire de France

Richard Mèmeteau est professeur de philosophie. Observateur de la vie pop culturelle, il a contribué aux Inrocks et au Crieur. Il aime jouer le script doctorde fortune en échange d’un café allongé sans sucre et citer RuPaul sur son profil Grindr. Il soigne de façon permanente une tendinite contractée en voulant atteindre le rang 13 de Naruto Ultimate Ninja Storm 4. Auteur de Sexfriends. Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique (Zones, 2019) et de Pop culture. Réflexions sur les industries du rêve et l’invention des identités (Zones, 2014).

Marco Candore est comédien, réalisateur, chroniqueur –radio du cinéma de genre.

Anne Coppel, Sociologue, entre recherche et action, militante associative dans la réduction des risques,  Présidente dru collectif "Limiter la casse" ». Présidente d’honneur de l’AFR (association française de réduction des risques ) et d’ASUD. « Le Dragon domestique », avec Ch. Bachmann, Albin Michel 1989, Peux-on civiliser les drogues ?  La Découverte 2002. « La catastrophe Invisible, histoire sociale de l’héroïne » avec Kokoreff et Péraldi ( Dir.), Amsterdam  2018. Rolleston Award, Prix international de la RDR, 1885.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris
 

Autour de l'ouvrage de Cécile Vidal Caribbean New Orleans: Urban Genesis, Empire and Race in the Eighteenth-Century French Atlantic

Autour de l'ouvrage de Cécile Vidal Caribbean New Orleans: Urban Genesis, Empire and Race in the Eighteenth-Century French Atlantic

Lundi 18 mars de 17h-20h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

La prochaine séance des Rencontres du GEHM sera consacrée à l'ouvrage de Cécile Vidal, Caribbean New Orleans: Urban Genesis, Empire and Race in the Eighteenth-Century French Atlantic (à paraître, University of North Carolina Press, 2019). Cet ouvrage utilise le cas de la capitale louisianaise sous le régime français (1718-1769) pour étudier l’expansion de l’esclavage racial des Antilles à l’Amérique du Nord, examiner la formation d’une société esclavagiste en  milieu urbain et reconsidérer le processus de racialisation en montrant comment la race s’insérait dans toutes les interactions du quotidien. L’auteure présentera les thèses et les enjeux de son livre, après quoi le débat sera ouvert par Catherine Hall (UCL), professeure invitée à l'EHESS.

 

Lieu

EHESS (AS1_08)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Au cœur de l’archive coloniale

Au cœur de l’archive coloniale

Mercredi 20 mars de 18h-20h - Table ronde

Présentation

Au cœur de l’archive coloniale entraîne le lecteur dans les méandres de la production archivistique des Indes néerlandaises du XIXe siècle. À partir des documents publics, des correspondances officielles et privées et des rapports des commissions, il livre une réflexion nuancée sur le contenu et la forme des archives en tant que dispositif de gouvernance coloniale. Cette ethnographie révèle les contradictions et les angoisses de l’empire, ainsi que les doutes de ses administrateurs. Elle jette un éclairage nouveau sur le rôle des sentiments auxquels le colon européen était aux prises, écartelé entre un État colonial lointain, gouvernant par-delà les frontières, au gré des débarquements des bateaux courrier, et ses liens tangibles avec la culture et la population locales.  

Ann Laura Stoler propose une méthode de (re)lecture des archives qui déconstruit les catégories et les affirmations établies, mais aussi la représentation de soi de l’État colonial. En mettant au jour la subversion politique contenue dans les sentiments, elle apporte une contribution décisive à l’historiographie contemporaine.

 

Programme

À l’occasion de la parution de l’ouvrage d’Ann Laura Stoler, une table ronde aura lieu le mercredi 20 mars 2019, avec :

  • Judith Revel (philosophe, université Paris-Nanterre)
  • Arlette Farge (historienne, CNRS)
  • Yann Potin (historien, université Paris XIII)
  • Étienne Anheim (historien, EHESS)
  • Ann Laura Stoler (historienne, New School for Social Research, New York, auteure d’Au cœur de l’archive coloniale. Questions de méthode, Éditions de l’EHESS, 2019)

Lieu

EHESS (Amphithéâtre Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

 

Ce que les artistes font de l'histoire (2)

Ce que les artistes font de l'histoire (2)

Vendredi 29 mars de 14h-17h30 et samedi 30 mars de 9h-12h30 - Journée d'étude12h-30 -

Présentation

Journées d’études organisées par la revue Passés Futurs et le Fonds Ricœur

Après Nietzsche, la conscience historique a été ressentie comme une « fièvre », une entrave à la compréhension profonde de l’expérience humaine, à son appropriation présente. Paul Valéry, Virginia Woolf, Italo Svevo, partageaient le sentiment exprimé par Stephen Dedalus dans l’Ulysse : l’histoire est un cauchemar à oublier. En revanche, aujourd’hui, de nombreux romanciers et artistes se proposent comme les véritables médiateurs du passé. Ils le « cherchent », et certains d’entre eux visent à combler les failles de l’histoire, d’autant plus que les sujets historiques traités sont imprégnés de questions métahistoriques, comme l’expérience du temps, les temporalités régressives et asynchrones.

Le rapprochement est encore plus poussé lorsque les artistes se plongent dans les archives, ou entreprennent des opérations de « re-enactment », comme pour prouver le caractère ouvert et non définitif du passé, ou encore lorsque les frontières entre le documentaire et la fiction s’avèrent plus poreuses que jamais. Les historiens, de leur côté, ont remis en discussion le « noble rêve de l’objectivité » et leurs dispositifs de représentance, et sont devenus plus sensibles à la question de l’imagination-pour-le réel du passé. Bref le grand partage entre un passé plastique, ouvert à tous les ordres du temps, et un passé révolu et définitif, se retrouve plein de brèches. Pour autant, ces passages ne relèvent pas d’une résolution dialectique des anciens conflits, ni d’une coexistence irénique. Il y a toujours un risque d’esthétisation de l’histoire au détriment des faits. Il y a aussi l’ambivalence de la fiction, lorsqu’elle prétend faire parler les disparus.

A travers la diversité des œuvres et des cas qu’il s’agira de traiter, nous chercherons à décrire et comprendre plusieurs configurations possibles des usages de l’histoire par les artistes, depuis la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, époque où l’art contemporain semble à nouveau imprégné d’une certaine « urgence de l’histoire ».

Pour s'inscrire

 

Programme

Après-midi (14h-17h30 avec une pause café)

Sabina Loriga (EHESS)
Présentation de la journée

Judith Lyon-Caen (EHESS)
Poésie des camps, savoirs situés

Jean-Michel Rey (Université de Paris 8)
Le Moïse allemand de Thomas Mann

Cloé Drieu (CNRS/EHESS)
« Les cinéastes font de l’histoire, les historiens de la fiction » : le cas de Suleiman Khojaev dans l’Ouzbékistan des années 1930

Discutant : Olivier Abel

 

Matin (9h-12h30 avec une pause café)

Monica Martinat (Université Lumière Lyon-2)
Produire de l’empathie ou de la distance ? Réflexions sur le cinéma et l’histoire à partir de quelques films d’auteur

Philippe Roussin (Cnrs/Ehess)
Céline après 1944 et en 2018

Agnès Delage (Université d’Aix-Marseille)
Le « roman historien » : de la révision au révisionnisme. Note sur la réception de Javier Cercas en France

Discutant : Antoine Lilti

 

Lieu

EHESS (Salle 4)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Les archives économiques et financières dans le monde hispanique moderne

Les archives économiques et financières dans le monde hispanique moderne

Mercredi 10 avril de 9h30-17h - Journée d'étude

Présentation

Le Groupe d’études ibériques a organisé au printemps 2018 une Journée d’étude centrée sur les Archives des mondes ibériques (Les archives de l’histoire sociale du monde ibérique XVIe-XIXe siècles). Réponse concrète aux étudiants éprouvant des difficultés à localiser et rassembler des sources dispersées sur plusieurs continents, cette initiative a connu un franc succès. Fort de cette expérience, nous souhaiterions pérenniser cette manifestation qui offre aux étudiants et collègues hispanistes et américanistes l’occasion de se rencontrer.  

Dans une deuxième édition, nous envisageons de réfléchir aux usages des archives économiques et financières, centrales dans la recherche mais souvent l’objet d’appréhensions pour qui n’en est pas familier. Lors de cette journée de formation, une introduction collective présentera les différentes ressources disponibles à l’aide d’une typologie documentaire (correspondances commerciales, registres comptables, contrat de ventes de censos, de juros, rôles fiscaux, registres de la Casa de Contratación). L’accent sera porté sur un examen critique de ces sources exigeant parfois une expertise technique (lecture de comptes en chiffres romains, calculs des taux de rente, distinction de l’adjudicataire réel d’une ferme d’un prête-nom, tableau synthétique sur les monnaies en usage et leur taux de conversion, etc.). La Journée sera donc l’occasion de démystifier les sources économiques et financières, exclues parfois trop rapidement d’un corpus au prétexte de son hermétisme. Cette présentation doit encourager les étudiants à pratiquer la comparaison et à décloisonner des territoires trop souvent réduits aux frontières politiques contemporaines, l’organisation actuelle des fonds rendant souvent illisibles des dynamiques politiques et sociales anciennes.

Les interventions prendront la forme d’ateliers. Elles seront l’occasion d’une réflexion sur la valeur épistémologique de plusieurs types de documents qui concernent ou sont produits par des institutions économiques et financières d’ancien régime. À l’appui d’exemples commentés et travaillés collectivement, les intervenants présenteront une réflexion critique sur la valeur, l’usage et les potentialités de ces sources. L’objectif de cette journée est ainsi de construire ensemble une boîte à outil « clé en main » pour les jeunes chercheurs et de la rendre accessible en ligne.

 

Programme

 

Lieu

Le matin de 9h30 à 13h :

EHESS (Salle 5)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

L'après-midi de 14h à  17h :

EHESS (Salle 11)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Pratiques contemporaines de l'histoire orale. De l'entretien aux archives orales

Pratiques contemporaines de l'histoire orale. De l'entretien aux archives orales

11 au 13 avril - Conférence

Présentation

Face au dynamisme de l’oral history à l’international, les pratiques historiennes de l’entretien font, aujourd’hui encore, l’objet de relativement peu de discussions dans le paysage universitaire français. Un nombre croissant de travaux historiens associent pourtant une démarche d’enquête orale à l’exploitation des archives écrites. Aussi, si les causes des premières réticences françaises vis-à-vis de la source orale sont connues, c’est désormais la question de l’invisibilisation d’une « histoire orale à la française », pourtant bien active, qui pose davantage question. La conférence « Pratiques contemporaines de l’histoire orale. De l’entretien aux archives orales , organisée par Ariane Mak (CRH) et Carine Lemouneau Baajar (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) , propose donc de mettre au cœur de la discussion le rapport des historiens aux entretiens et plus généralement au terrain. Elle vise à mettre en partage et à confronter des approches plurielles de la constitution et de l’analyse de la source orale, et à dégager les dynamiques nouvelles qui émergent dans ce champ.

Les résumés des communications et présentations des intervenants sont accessibles sur le carnet Hypothèses «Histoire orale et archives orales» https://oralhistory.hypotheses.org

Pour toute information, contactez : ariane.mak (a) ehess.fr


Programme

 

Lieu

Jeudi 11 avril et vendredi 12 avril :

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Samedi 13 avril :

EHESS (Salle 13)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Métaphore et histoire intellectuelle De Blumenberg à la linguistique cognitive

Métaphore et histoire intellectuelle De Blumenberg à la linguistique cognitive

Lundi 15 avril de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

Cette Rencontre du GEHM, animée par Etienne Anheim (AHLOMA-GEHM), aura le plaisir d'accueillir Serena Ferente (King's College London) et s’intéressera au potentiel de la métaphore, en tant qu’objet d’étude pour l’histoire intellectuelle. Elle s’interrogera plus spécifiquement sur le fait que le concept de métaphore puisse être un outil privilégié pour une histoire des idées comparatiste, confrontant diverses cultures. Certaines métaphores liées au corps, par exemple, ont été façonnées par des traditions de pensée dans la très longue durée au sein de l’espace méditerranéen depuis l’Antiquité, mais semblent également remplir des fonctions de type cognitif qu’on cherchera à analyser.

 

Lieu

EHESS (Salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris
 

Timothy Brook. Artifacts and the Layering of Empire

Timothy Brook. Artifacts and the Layering of Empire

Jeudi 11 avril de 11h à 13h - Séance exceptionnelle des Rencontres du GEHM

Présentation

Les Rencontres du GEHM organise une séance exceptionnelle autour de Timothy Brook, professeur à University of British Columbia, Vancouver. Il présentera un chapitre intitulé "Artifacts and the Layering of Empire" de son prochain ouvrage Great State: China and the World sous presse.


L'empilement des traces du passé que produit la succession des empires est au cœur de la réflexion qu’il propose. En utilisant le cas du Sri Lanka, il explorera cette superposition de traces et de signification, en se concentrant sur la vie d'un artefact en particulier. Il s’agit d’un monument en pierre, trilingue, installé par les Chinois au XVe siècle, repéré par les Portugais au XVIe siècle, sauvé par les Britanniques au XXe siècle et re-célébré par les Chinois au XXIe siècle.

Le débat sera animé par Pablo Blitstein et Sebastian Veg.

Le chapitre du livre, destiné au grand public est disponible auprès de silvia.sebastiani@ehess.fr.

 

Lieu

EHESS (Salle 8)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques

Vendredi 5 avril de 9h30-17h - Journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs. Le séminaire, animé par Elizabeth Claire, Béatrice Delaurenti, Roberto Poma et Koen Vermeir, fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée. Cette année, le séminaire prendra la forme de deux journées et demi d'études dont la première accueillera Sofia Zuccoli (UPEC), Lindsey Drury (Berlin), Michelle Karnes (University of Notre Dame), Concetta Pennuto (CESR, Tours).

 

Programme

9h-10h30

Sofia Zuccoli (UPEC)

L’imagination comme maladie. Les pouvoirs maternels et la filiation à l’époque moderne »

 

10h45-12h15

Lindsey Drury (Berlin)

A Cosmic Dance of St Vitus: The danced Paracelsian disease of imagination and the astral Olympi Novi


13h30-15h

Michelle Karnes (University of Notre Dame)

Imagination, Marvels, and Creativity in the Middle Ages

 

15h15-16h45

Concetta Pennuto (CESR, Tours)

L'imagination des femmes : pouvoirs et représentations

 

Lieu

EHESS (Salle 4)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Political Jews. Rhetoric and politicization among Jews in Enlightened and Revolutionary Europe (18th-19th centuries)

Political Jews. Rhetoric and politicization among Jews in Enlightened and Revolutionary Europe (18th-19th centuries)

Mardi 14 mai de 9h à 17h - Journée d'étude

Présentation

Cette journée d’étude internationale, organisée par Davide Mano (CRH-EHESS) avec le soutien de la European Association for Jewish Studies (EAJS), réunit un groupe de chercheurs européens, dont des historiens, des sociologues, des philosophes et des philologues, autour de la question du « politique » dans le processus d’émancipation des Juifs d’Europe entre XVIIIe et XIXe siècle. Elle invite à un regard rapproché sur les usages rhétoriques du fait juif et sur les effets de la politisation sur la vie des Juifs de France, Italie, Russie, Hollande et Allemagne.
Comment saisir la construction du « politique » dans le monde de ces acteurs ? Les constructions de l’individu et du collectif juifs, ainsi que leurs transformations aux siècles des Lumières et des Révolutions, seront au cœur des recherches présentées. Cette journée d’études entend ainsi contribuer, à travers une approche interdisciplinaire, à la définition d’un phénomène complexe et diversifié à l’échelle européenne, impliquant de multiples enjeux, internes et externes aux sociétés juives, tels que l’accès à l’espace public, le bouleversement des appartenances, la laïcisation et la création de nouveaux ethos juifs.

 

Programme

  • 9h00 – Welcome by Davide MANO (EHESS, Paris)

9h15-10h45 Session 1 : Jewish revolutionary ? New perspectives on Moses Dobrushka :

  • Saverio CAMPANINI (Università degli studi di Bologna)
    Scholem’s Dobrushka: the political career of a Frankist

  • Silvana GRECO (Freie Universität Berlin)
    What Scholem didn’t (want to) see: Moses Dobrushka as a founder of sociological thought

  • Ivan SEGRE (Independent scholar, Paris)
    Revolution in Judaism: A philosophical perspective

10h45-11h00 – Coffee break

11h-12h30 – Session 2Jewish politics or political Jews? Perseverance, self-defense and intercession

  • Danny TROM (LIER/CNRS, Paris)
    Jewish politics or the quest of the least bad solution

  • Davide MANO (EHESS, Paris)
    Against calumny: Jewish self-defense in the Italian states (18th Century)

  • François GUESNET (University College London)
    Constitutio in actu? Jewish intercession in the Russian Empire around 1800

12h30-14h – Lunch

14h-16h – Session 3 : Jewish politicization and republicanism: assessing the individual and the collective

  • Silvia RICHTER (Humboldt-Universität zu Berlin)
    The discourse on Jewish emancipation in Prussia and France in the 18th century – similarities and differences

  • Tsila RADECKER (Independent scholar, Hilversum)
    Emancipation, politicization and identity. The rise and fall of the Naye Kille in Amsterdam (1797-1808)

  • Nils RENARD (ENTE Budapest/ENS-PSL, Paris)
    Being a Jewish soldier in the Grande Armée: the trip through Europe of Jakob Meyer during the Napoleonic wars (1808-1813)

  • Jean-Marc CHOURAQUI (Université d’Aix-Marseille)
    The influence of the ideology of Emancipation on the discourse of the French rabbis (19th to early 20th century)

16h00 – Conclusive remarks by Davide MANO

 

Lieu

EHESS (Salle BS01-28)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Drogues et créativité

Drogues et créativité

Jeudi 9 mai de 17h-20h - Demi-journée d'étude

Présentation

Du club des « haschischins » à William Burroughs et Jack Kerouac, en passant par les « poètes maudits », Henri Michaux et les amateurs de mescaline, des écrivains ont voulu expérimenter les effets des drogues sur leur écriture. A partir des années 1960, des rockeurs aux rappeurs, en passant par les musiciens de reggae et techno, consommation de drogues et musique ont marché de concert. De fait, depuis l’émergence de la beat génération, tous les arts en Occident ont été influencés par l’usage de psychotropes venus d’ailleurs. En particulier les arts dits psychédéliques, exprimés notamment dans la peinture, qui ont donné lieu à un véritable courant artistique. Un courant qui s’est inscrit et a participé au mouvement de contestation non seulement des arts conformistes mais de la société autoritaire et inégalitaire. Faut-il en conclure que les drogues sont propices à la création artistique, qu’elles peuvent apporter un plus au talent, qu’elles ont de l’influence sur les artistes qui s’en servent et, à travers eux, sur les gens qui les lisent, écoutent, regardent ?

 

Programme

  • Ben Morea, artiste
    LSD et production éditoriale dans le milieu de l'autonomie newyorkaise dans les années ‘60: Ben Morea, Black Mask and le group "Up Against the Wall, Motherfuckers!

  • Jaïs Elalouf, artiste
    Psychédéliques et mouvements de contestations

  • Kiki Picasso (alias Christian Chapiron), artiste
    Apologie du bad trip

  • Captain Cavern, artiste
    Je pense donc je suis drogué

  • Pierre-Antoine Pellerin, linguiste, MC Lyon III
    L’Ecriture en manque : addiction, sevrage et delirium tremens dans Big Sur (1962) de Jack Kerouac

Ben Morea est né en 1941. Il est devenu dépendant à l’héroïne quand il était jeune, pendant son adolescence. Sa carrière de peintre commence pendant un séjour dans l’hôpital d'une prison. Dans les années qui suivent, il chevauche la peinture et l'activisme sociale pour atteindre une nouvelle vie. Sa peinture à connu les teintées de la rébellion après avoir rencontré Dada et le Surréalisme ; aussi, il crée avec d'autres la revue « Black Mask ». Il a vite développé une forme de vie subversive ; il fonde aussi le groupe Up Against the Wall, Motherfuckers !, l'un des rares groupes « politiques » à s'approprier des nouvelles possibilités révolutionnaires mises à disposition après la découverte des substances psychédéliques. Après être entré dans la clandestinité et avoir fait face à une réalité changeante, il commence à chercher les moyens d'atteindre une perspective « totale », il est converti à une religion originaire des peuples indiens du Colorado, comprenant éléments psychotropes et animistes. La discussion sera centrée sur cette recherche, et sur la nécessaire escalade vers une nouvelle REALITE' politique, culturelle et révolutionnaire.

Jaïs Elalouf : Psychédéliques et mouvements de contestations
Il sera exposé les contradictions entre les valeurs de la société de consommation des années 50 et les caractéristiques du LSD, avec la présentation de quelques protagonistes. Le programme de la CIA « MK-Ultra » vivement actif dès la fin des années 50 et ses fantaisies meurtrières. La contre culture des années 60 et quelques sujets de contastations à travers des exemples de mouvements  comme les : Provo, Diggers, Mai 68 and les communautés. Un voyage graphique à travers des œuvres d’esthétique psychédélique inédites de la Collection Elalouf du Psychedelic Art Center.

Jaïs Elalouf a présenté 500 shows audiovisuels où il mixe art, son et images; étant à la fois producteur de musique, DJ, réalisateur de films et commissaire d’exposition. Il manage l’agence de promotion Ping Pong qui à représenté le label anglais Ninja Tune pendant 15 ans. Il crée des musiques et films engagés avec ses propres tournages et des samples d’images d’archives, entre douceur rétro et groove électronique. Il créée actuellement le premier Centre d’Art Psychédélique à partir de sa collection, l’une des plus grandes sur ce sujet. 

Pierre-Antoine Pellerin : L’Ecriture en manque : addiction, sevrage et tempérance dans l’oeuvre de Jack Kerouac
Cette communication se propose de lire l’œuvre de Jack Kerouac (1922-1969) sous l’angle des rapports qu’entretiennent drogue, intensité et écriture dans le contexte de l’idéologie de l’endiguement (« containement »), du conservatisme politique des années Eisenhower et des discours de la « crise de la masculinité » dans l’après-guerre. Alors qu’on a souvent tendance à présenter l’auteur américain comme le fer de lance d’une recherche d’intensités propres à revitaliser une époque prise dans les rets du conformisme et du consumérisme, notamment par la consommation d’excitants (« uppers ») et de calmants (« downers »), il s’agit ici de montrer la centralité des notions de maîtrise de soi, de sevrage, de stase et de dépression dans son œuvre, comme l’illustre une lecture de romans comme The Dharma Bums (1957 ; 1958), Desolation Angels (1956 ; 1965) et Big Sur (1961 ; 1962) comme des récits appartenant au genre de la tempérance.

Pierre-Antoine Pellerin est maître de conférences en littérature américaine à l’université Jean Moulin – Lyon 3. Il travaille notamment sur l’expérience et la représentation de la masculinité dans la littérature et les arts à l’époque de l’après-guerre aux Etats-Unis et prépare actuellement une monographie consacrée à l’œuvre de Jack Kerouac.

Christian Chapiron, alias Kiki Picasso, est né en 1956 à Nice. En 1974, il fonde le groupe Bazooka Production avec Loulou Picasso, Olivia Clavel, Bernard Vidal et Lulu Larsen. Les membres de Bazooka pensent que les espaces d'expression alloués par les galeries et les institutions ne sont pas adaptés à leurs créations. Bazooka désire envahir les médias.  L'invasion commence par les journaux de bandes dessinées, elle se poursuit dans la presse militante. Leurs dessins sur l'information déclenchent des polémiques. Les journalistes de Libération disent que "Bazooka fait du Picasso". A la fin des années 70, "faire du Picasso" sous-entendait dans le langage commun "faire n'importe quoi". Bazooka commencent à signer les images Picasso.  Après la dissolution de Bazooka, Christian Chapiron s'oriente vers la vidéo et la peinture électronique. En 1995, il retourne vers la presse en prenant la direction artistique du magazine "Maintenant", le premier média français qui dénonce l'implication de la France dans le génocide rwandais. Vers l'an 2000 et après, Kiki écrit et illustre "Psychoactif, un livre hallucinant" sur l'usage récréatif du LSD, réalise le long-métrage "Traitement de substitution N°4", construit des Chars de Carnaval pour les villes de Paris et de Bordeaux, la Gay pride, la Fête de la musique, la techno-parade... Ses films électrisent les dance floors, ses images décorent les salles de concert et le Cirque électrique. 

Captain Cavern. Né en 1956, dessinateur, illustrateur et peintre, Captain Cavern est armé, non pas d’une massue comme le personnage du dessin animé éponyme d’Hanna & Barbera, mais de crayons, plumes et pinceaux pour nous transporter dans l’espace-temps multidimensionnel des galaxies virtuelles. Un univers enchanté, somnambule, qui défile en images pop, cubistes et psychédéliques. Ses premiers dessins sont apparus sur la scène graphique underground française au début des années 80, dans la lignée de BazookaElles sont de sortie, Placid & Muzo... Il a collaboré à de nombreux graphzines et en a créé plusieurs (VertèbresCrimsex…). Il est aussi le fondateur et rédacteur en chef du journal Vertige, publié en kiosque. Et l'auteur de plusieurs BD : Le Gouffre de la piscine aux Requins Marteaux, Psychic Murder Show chez United Dead Artists. Captain Cavern commence vraiment à peindre en 1985, signant pour la première fois sous ce nom pour un affichage sauvage sur des panneaux publicitaires 4x3 organisé par les Frères Ripoulins autour de la place de l’Opéra. Dès lors, il ne cessera plus de peindre. Dessin, peinture… sont pour lui des moyens d’atteindre, à travers les faux-se

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (2)

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (2)

Vendredi 10 mai de 13h-17h - Demi-journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs. Comme l’année précédente, le séminaire fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée.

 

Programme

13h-15h :

  • Olga Lizzini (VU University, Amsterdam / Université de Genève)
    ‘Parce
    que leur intelligence est quelquefois obscurcie par la passion, les maladies ou le sommeil ...’ (Aristote, De anima, III, 3, 429 a) : autour de l’imagination et de la vérité chez Avicenne (et Aristote)

15h-17h :

  • Julien Vella (ENS Lyon & SPHRE)
    Par suggestion. Remarques généalogiques sur une technique
    d'influence (XVIIIe-XXe siècle)

 

Lieu

EHESS (Salle 7)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Les enjeux de l’institutionnalisation et de l’universalisation de l’après-guerre au début du XXIe siècle

Les enjeux de l’institutionnalisation et de l’universalisation de l’après-guerre au début du XXIe siècle

Jeudi 16 mai de 9h-18h - Journée d'étude doctorale

Présentation

Cette journée sera la dernière étape du cycle «Aux sources de la protection sociales. Décentrer l'histoire du welfare européen», projet financé par l'Iris PSL-Études Globales. Au cours des premières journées nous avons d'abord analysé la naissance de la question sociale au XIXe siècle (première journée) et en suite l'essor des modèles assuranciels et assistanciels  pendant la première moitié du XXe (deuxième journée). Au cours de cette dernière journée, nous allons retracer l’institutionnalisation de l’État social de l’immédiat après-guerre, en abordant les enjeux de l’universalisation des systèmes de sécurité sociale à base nationale, le rôle joué par la Guerre Froide et les crises liées aux décolonisations et aux mutations contemporaines du travail.

Programme

9h-13h : Les enjeux de décolonisation et d’universalisation et la séquence 1940-1950

  • Klaus Petersen (Syddansk Universitet de Odense)
    The Cold War and the Welfare State

  • Michele Mioni (Sciences Po, Paris I)
    Social Security
    , Colonial Development, and “Modernization”. The International Labour Office and the Western Powers in South-East Asia, 1940-1960 

  • Tamara Boussac (EHESS, Paris IV)
    Welfare and work in New York State, 1942-1962

14-18h : Un welfare en crise ?

  • Ilaria Pavan (Scuola Normale Superiore de Pisa)
    The staff that dreams are made of». The origin to the Italian National Health Service.

  • Marie Assaf (EHESS - Cena)
    «We are all in this together» : the origins of austerity policies imposed on the British welfare state, 2010-2017

Lieu

FMSH (Salle A03_3)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

En hommage à Enric Porqueres i Gené

En hommage à Enric Porqueres i Gené

Lundi 27 mai de 9h à 18h - Colloque international

Présentation

La chaire de directeur d’études à l’EHESS de Enric Porqueres i Gené, intitulée « La parenté politique », témoignait de sa double compétence d’anthropologue et d’historien en s’organisant autour d’une question centrale : le rôle reconnu à l’individu au sein de la parenté occidentale dans les périodes moderne et contemporaine. Chercheur aux multiples facettes, il a su mettre en perspective des cas variés. Son hypothèse sur la priorité de l’alliance sur la filiation dans le système occidental de parenté, est issue de l’analyse des pratiques matrimoniales des Xuetes, les descendants des Juifs convertis majorquins, qu’il avait pu étudier de manière approfondie, disposant d’archives exceptionnelles. C’est à partir de là qu’Enric Porqueres i Gené s’est intéressé toujours davantage aux représentations de la personne et à la place du corps, du sang et de la reproduction, pour comprendre le langage idéologique et symbolique de la filiation. Il a poursuivi ces recherches aussi bien à propos du mariage chrétien et du droit canon à partir du XIIe siècle, qu’à travers le mouvement nationaliste basque qui, à ses débuts, inscrit la vérité de la patrie dans le sang pur des « nationaux ». Ces quinze dernières années, Enric Porquerès i Gené a poursuivi, approfondi, et considérablement élargi sa réflexion en menant de front trois grands chantiers : un travail comparatif sur les diverses expressions de la raison généalogique en milieu occidental d’abord (Bonte, Porqueres i Gené et Wilgaux, 2011), l’approfondissement du travail historique sur les Xuetes ensuite, enfin, l’étude de la notion de personne dans la parenté européenne contemporaine (Porqueres i Gené 2009). Tout en s’appuyant toujours sur l’analyse nuancée d’un terrain historique précis, Enric Porqueres i Gené s’est efforcé avec constance de contribuer à une théorie de la parenté susceptible d’éclairer le système de parenté européen et d’ouvrir des perspectives comparatistes plus larges (Porqueres i Gené 2015).

 

C’est autour de ces importants chantiers que le colloque rassemble, dans une journée, un panel international de personnalités avec lesquelles Enric Porqueres i Gené a développé de riches collaborations scientifiques.

 

L’organisation du colloque est assurée par un comité de coordination composé de Irène Bellier (CNRS, IIAC/LAIOS), Séverine Mathieu (EPHE, PSL, GSRL), Noémie Merleau-Ponty (Université de Cambridge, ReproSoc), Élodie Richard (EHESS, GEI) et Jean-Paul Zuñiga (EHESS, CRH).

Avec le soutien de l'EHESS, de l'IIAC, du CRH.

Entrée libre

 

Programme

Ouverture du colloque par Christophe Prochasson, Président de l'EHESS

Table ronde « Transmissions », animée par Jean-Paul Zuniga (EHESS, CRH)

  • Alejandro Bilbao (Universidad austral de Chile) : « Le moi pronominal et le moi de la parenté : pour une discussion autour de la notion de transmission »

  • Natalia Muchnik (EHESS) : « Le mariage chueta, un acte d'appartenance ? »

  • Simon Teusher (Universitat Zurich) : « Consanguinity with and without blood »

  • Jérôme Wilgaux (Université de Nantes) : « L'inceste, "noyau irréductible de tout système de parenté" »

  • Francis Zimmermann (EHESS) : « La relecture des classiques : McLennan, Robertson Smith, Durkheim. Aux origines du concept de corps relationnel »

Table ronde « Parenté politique », animée par Irène Bellier (CNRS, IIAC/LAIOS) 

  • Joan Bestard (Universitat autonoma de Barcelone) : « Religion, Parenté et Nation dans un village polonais »

  • Elixabete Imaz Universidad del Pais Vasco / Euskal Herriko Unibertsitate : « Désirs et droits. Nouvelles parentalités et don reproductif »

  • Maitane Ostolaza (Sorbonne Université) : « Le sang fertile : terre et famille dans le nationalisme basque, XIXème -XXème siècles »

  • Deborah Puccio-Den (CNRS, IIAC/LAIOS) : « De Cosa nostra à la connexion en danse kizomba : postérité du « corps relationnel »

  • Montserrat Ventura i Oller (Universitat autonoma de Barcelona) : « Personne et individu relationnel : un exemple américain »

Table ronde « Parenté et biotechnologies », animée par Séverine Mathieu (EPHE, PSL, GSRL) :

  • Anne Cadoret (CNRS) : « Corps relationnel, parenté et don de gamète »

  • Diana Marre (Universitat autonoma de Barcelone) : « The 'right to know' in adoption and assisted reproduction with donation of gametes in Spain: Tensions between the genetic and relational aspects of kinship»

  • Marit Melhuus (Université d’Oslo, Norvège) : « Kinship, gender and the politics of reproductive futures »

  • Noémie Merleau-Ponty (Université de Cambridge, ReproSoc) : « De la généalogie aux générations : in memoriam »

  • Irène Théry (EHESS) : « L'engendrement avec tiers donneur : un défi pour les sciences sociales »

  • Giulia Zanini (Universitat autonoma de Barcelone) : « Préoccupations d'inceste à travers les frontières. Questions et stratégies de la part de parents par le don »

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Sources, aluminium et architecture

Sources, aluminium et architecture

Lundi 6 mai de 9h30-17h - Journée d'étude

Présentation

Lancée en janvier 2019 pour quatre ans, l’ANR ARCHIPAL, « Architecture, aluminium et patrimoine XXe-XXIe siècle », ambitionne d’écrire l’histoire de l’aluminium dans l’architecture, de saisir les processus de patrimonialisation et de dresser un inventaire de la présence de ce matériau et de son état de conservation dans le patrimoine bâti de la France. L’objectif de cette première journée d’étude pluridisciplinaire, à laquelle participeront des hommes de l’art, est de dresser un état des lieux des sources disponibles et de croiser les méthodologies des partenaires afin de réfléchir à l’orientation des recherches à mener et à poursuivre. Historiennes, historiens, sociologues, ingénieures et ingénieurs, chimistes dialogueront pour aider à la construction des connaissances historiques et, in fine, des stratégies de restauration de ce patrimoine industriel, dans une réflexion adossée aux injonctions du développement durable.

Entrée libre, inscription souhaitée auprès de Thierry Renaux (thierry.renaux@ehess.fr)

En savoir plus

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle 7)
105, bouelvard Raspail
75006 paris

Money and Politics

Money and Politics

Vendredi 10 mai de 17h-19h - Conférence

Présentation

Pourquoi faut-il tant d’argent pour devenir Président des Etats-Unis ? La question du rapport entre argent, politique, et campagnes électorales se pose au sein des démocraties libérales.

Russell Dana Feingold, ancien sénateur démocrate du Wisconsin au Congrès des États-Unis de 1993 à 2011, actuellement professeur invité à la faculté de droit de l'Université Stanford, et auteur du livre While America Sleeps: A Wake-up Call for the Post-9/11 Era, est  un des meilleurs spécialistes des questions de financement des campagnes électorales. Avec le sénateur républicain John McCain , il fut à l'origine du Bipartisan Campaign Reform Act de 2002 qui plafonnait les dépenses en matière de publicité électorale. Malgré une décision de la Cour Suprème ultérieure qui a annulé sa portée, cette loi sert de base à une réflexion plus étendue sur les rapports entre argent et politique.

Julia Cagé, économiste à Sciences Po, est également spécialiste, entre autres, des questions de financement des campagnes politiques en France et a publié dernièrement un livre intitulé Le Prix de la Démocratie.

Joseph A. McCartin, auteur notamment  de Labor's Great War: The Struggle for Industrial Democracy and the Origins of Modern American Labor Relations, 1912-1921, permet d’apporter un regard d’historien sur les contextes et contestations au sein de la démocracie américaine.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Retour sur la « crise » du crocianisme : Momigliano, De Martino et au-delà

Retour sur la « crise » du crocianisme : Momigliano, De Martino et au-delà

Lundi 20 mai de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

La prochaine séance des Rencontres du GEHM accueillera  Fernando Devoto (Université Nationale de San Martín, Argentine), professeur invité à l'Ecole

On sait que Benedetto Croce a été, pendant la période fasciste, un point de repère pour les intellectuels italiens tant pour ce qui était de sa perspective historiographique, l’« historicisme absolu », que pour la place qui fut la sienne au centre de la culture antifasciste à l’intérieur. Mais, dès les années de guerre, puis dans l´immédiat après-guerre, cette configuration a évolué. Croce lui-même s’est déplacé  en proposant une redéfinition de son système de pensée et en affirmant une intransigeance plus marquée face aux options intellectuelles et politiques de ses proches et partenaires. La constellation « crocienne » est alors soumise à de très fortes tensions en interne mais aussi à de fortes remises en cause venues du dehors. Ouverts ou non, les conflits ses multiplient et des distances sont prises.  Deux cas ont fait l’objet d’études approfondies : celui de l’ethnologue Ernesto De Martino et celui de l’historien Arnaldo Momigliano. Il n´est pas peut-être inutile d’y revenir en les replaçant au sein d’une constellation plus large, parce qu’ils ne sont pas les seuls ni, si on les examine dans ce moment historique (et non de notre point de vue), les plus influents : ainsi de Luigi Russo, d’Adolfo Omodeo, de Guido De Ruggiero ; si l’on prend en compte, d’autre part, les positions développées par Croce lui-même face aux hétérodoxes.

 

Lieu

EHESS (A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Genre, sphère privée et sphère publique

Genre, sphère privée et sphère publique

Mardi 28 mai de 9h-17h - Journée d'étude doctorale

Présentation

Née de la volonté de créer un espace de rencontre et d’échanges pour les doctorant.e.s qui intègrent le genre dans leur travail de recherche, la journée d’études “Le Genre en Histoire” arrive cette année à sa troisième édition. Ce rendez-vous est organisé par le groupe Genre du CRH à l’EHESS et coordonné par Suzanne Rochefort (CRH) et Sofia Zuccoli (U-Pec-LIS).

La thématique proposée, “sphère privée et sphère publique”, invite à réinterroger, au sein de différentes périodes et aires culturelles, les oppositions traditionnelles entre le foyer domestique et l’espace public du point de vue du genre. Les phénomènes de politisation du privé, la place des émotions et des croyances dans la sphère publique ou encore l’influence des stéréotypes genrés dans la construction des milieux professionnels incitent à étudier les dynamiques complexes entre deux espaces trop simplement opposés. En quoi le genre a-t-il un rôle dans ces reconfigurations ? Quelles sont les interactions entre les normes de ces deux dimensions et la construction des différences de genre ?

 

Programme

9h : Accueil et introduction

9h15 : Amélie Puche (Université d’Artois, CREHS) : « Interactions sphère privée, sphère publique et recomposition de l’enseignement secondaire féminin en France (1880-1924) »
Discutante : Rebecca Rogers (Paris Descartes, Cerlis)

10h15 : Elsa Neuville (Université Lyon 2, Larhra) : « Les crèches sauvages dans les « années 1968 » : repenser une institution-frontière entre sphère publique et sphère privée »
Discutante : Fanny Gallot (Université Paris-Est Créteil, CRHEC)

11h15 : Pause café

11h30 : Ana Bordenave (Paris 8, LEGS et Université de Lille, CEAC) : « De l’expression personnelle à l’expression collective et inversement : les ateliers Super-8 de Klonaris/Thomadaki, espace de politisation du regard dans les années 1980 »
Discutante : Fanny Gallot (Université Paris-Est Créteil, CRHEC)

12h30-13h45 : Pause déjeuner

13h45 : Flora Lafforgue (Paris 1, HiCSA) : « Dresser les corps par l’image : injonctions publiques, souffrances privées. Enjeux visuels de l’émancipation corporelle dans le féminisme latino-américain contemporain »
Discutant : Camilo Leon Quijano (EHESS, CEMS)

14h45-15h : Pause-café

15h : Guillaume Lancereau (EHESS, CRH) : « L'historiographie à l'épreuve du genre : virilisme méthodologique et modes d'infériorisation savante dans la discipline historique de la Troisième République »
Discutant : Etienne Anheim (EHESS, CRH)

16h : Emmanuel Re (EHESS, CRH et Paris Sorbonne, EUR’ORBEM) : « Quand écrire c’est faire. Écrire pour se construire ».
Discutante : Nancy L. Green (EHESS, CRH)

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Autour de l'ouvrage de Julia Lovell, Maoism: A Global History

Autour de l'ouvrage de Julia Lovell, Maoism: A Global History

Mardi 21 mai de 10h-12h - Conférence (en anglais)

Présentation

In 2011, markers of Mao-style politics began to return to the mainstream of Chinese public life. That year, for the first time since the death of Mao in 1976, China experienced both an official and a popular revival of Maoist culture, with Bo Xilai’s experiment in neo-Maoist government in Chongqing, West China. Although Bo was publicly purged a year later, Xi Jinping, China’s new president since 2012, quickly inherited features of Bo’s Maoist project. In high Maoist style, Xi has intensified Party control alongside cultivating personal power, and has invoked distinctly Maoist language and techniques, such as criticism-self-criticism sessions, Mao’s strategy of the “mass line” and the personality cult.

Non-specialist Western commentators have seemed wrong-footed by Mao’s resurgence in Chinese politics. Many perhaps assumed that, as China turned commercial since the death of Mao, Mao and Chinese Communism were history. Yet Mao, his strategies and political model remain central to the legitimacy and functioning of China’s Communist government. There is also a pressing need to evaluate the power and allure of Maoism beyond China, for it has had a long afterlife in revolutions and insurrections in, for example, Cambodia, Zimbabwe, Peru, India and Nepal, based on Mao’s theories of class struggle and guerrilla warfare. After briefly defining “Maoism”, this talk will seek to re-center Mao’s ideas and experiences as major forces that have shaped the world, as well as China, since World War II. The talk will conclude by assessing China’s current partial Maoist revival and its significance for China’s self-positioning in the world.

Julia Lovell est professeure de Chine moderne au Birkbeck College de l'Université de Londres. Son livre le plus récent est Maoism: A Global History (Bodley Head, 2019). Ses nombreuses traductions de la fiction chinoise moderne en anglais incluent The Real Story of Ah Q et d'autres Tales of China (Penguin Classics, 2010). Elle termine actuellement une nouvelle traduction de Journey to the West, qui sera publiée par Penguin Classics.

 

Lieu

EHESS (Salle AS1_24)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Disorienting Bodies/Corps Désoriental.e.s

Disorienting Bodies/Corps Désoriental.e.s

Vendredi 24 mai de 9h30-18h - Symposium

Présentation

DisOrienting Bodies / Corps DésOriental.e.s  est un projet de recherche collectif et interdisciplinaire qui allie des chercheurs de différentes disciplines telles que l’histoire, la linguistique et les sciences de l’art soutenu par l'Université de Londres Royal Holloway Center for Asian Theather and Dance, le Centre de Recherches Historiques, l'université Paris-Descartes. Ce symposium vise à examiner, au prisme du genre, les modalités et les effets de la production, de la représentation et de la perception historiques des corps « orientaux » dans les pratiques artistiques (arts vivants et visuels) et langagières (discours féministes, nationalistes, orientalistes). DisOrienting Bodies est un espace qui invite à réfléchir sur les constructions corporelles comme produits socio-historiques dans leur lien avec les identités de genre et des relations sociales inégales qui peuvent en résulter. Il s’agit de penser l’intersection entre geste physique et culture visuelle afin de comprendre comment des expériences de socialisation et des perceptions physiques s’infléchissent et s’influencent. Ce projet favorise un dialogue entre recherche et performance, entre artistes et chercheurs, entre actions et savoirs, et porte un regard critique sur les pratiques, témoignages et histoires situées des divers corps désOrientalisant.e.s.

En savoir plus

 

Lieu

Caryl Churchill Theatre
katharine Worth Building
Egham, Surrey, TW20 OBQ
Londres
United of Kingdom

Église et transformation sociale durant le Moyen Âge occidental/Church and Social Change during the Middle Ages

Église et transformation sociale durant le Moyen Âge occidental/Church and Social Change during the Middle Ages

Vendredi 24 mai de 9h30-17h30 - Table ronde

Présentation

C’est dans les travaux du grand pionnier de l’histoire institutionnelle de l’Église médiévale Charles Henry Lea que l’on trouve la première expression de l’idée forte que l’Église avait imposé durant le Moyen Âge des formes idéologiques sur la société occidentale. Pénitence, confession, appareil judiciaire répressif, contrôle social, l’institution ecclésiastique était perçue comme une grande machine pour domestiquer les masses pour le meilleur comme pour le pire. Ce récit s’opposait à un autre d’abord développé par les historiens confessionnels qui voyaient l’Église comme un monde à part qui baigne certes dans la société mais qui conserve une fonction et un horizon distincts.
Les intuitions de Lea ont été renouvelées ces dernières années. De nombreux travaux récents d’envergure élargissent l’importance de l’Église dans le façonnement des structures sociales occidentales à une époque de croissance et de transformation économique (développement urbain, commerce, croissance démographique, spécialisation économique).   Il n’en reste pas moins que les développements récents sur cette thématique ont été marqués par un certain isolement entre historiens britanniques et français. Cette table ronde permettra de présenter des recherches récentes écrites des deux côtés de la Manche. À partir de dossiers concrets, il s'agira de débattre des positions diverses sur la place de l'Église dans la transformation sociale.

Programme

9h30-10h

Présentation par Charles de Miramon (CNRS, EHESS) et John Arnold (University of Cambridge)

10h-11h

Simon Yarrow (University of Birmingham)
Theo-political Perspectives on the Church and Social Transformation


Dominique Iogna-Prat
( EHESS, CéSor)
Le sacré entre médiévistique et sciences sociales


John Arnold (University of Cambridge)
“Reform” and local Christianity in 12th-century southern France


11h-11h30 Pause

11h30-12h30

Felicity Hill (University of Saint Andrews)
Excommunication and community

Émilie Rosenblieh
(Université de Franche-Comté)
L’excommunication ou la redéfinition de la société

14h-15h

Rebecca Springer (Oxford)
When is a parish not a parish? Pastoral authority and religious experience in late
twelfth-century England


Marie Dejoux (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
Louis IX and the Jewish moneylenders: a redemptive governance


15h-15h30 Pause

15h30-16h30

Adam Davis (Denison University)
L'économie du salut : charité, commerce et l'essor de l'hôtel-Dieu

Sethina Watson (University of York)
On the problem of hospitals: two experiments in law and jurisdiction

16h30:17h30

Pourquoi faire l'histoire de l'Église médiévale aujourd'hui ?
Discussion conclusive introduite par Dominique Iogna-Prat (EHESS, CéSor) avec Sylvain Piron (EHESS, CRH-Ahloma), Miri Rubin (Queen Mary, University of London), Susan Boynton (Columbia University).

 

Lieu

EHESS (salle 4)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Drogues et genre

Drogues et genre

6 et 7 juin - Colloque

Présentation

 

La consommation de drogues n’échappe pas aux constructions sociales et culturelles genrées. Si, chez les jeunes occidentaux d’aujourd’hui, la consommation d’alcool s’est largement répandue chez les femmes, y compris dans les espaces publics, ce phénomène est tout-à-fait récent, car pour les générations précédentes d’Européens et d’Américains les femmes qui buvaient dans les cabarets, les tavernes et les bars, étaient stigmatisées et couvertes de toute sorte d’infamie. À l’instar de l’alcool chez les occidentaux, toutes les autres drogues psychotropes semblent avoir été historiquement des consommations majoritairement masculines. Que ce soit l’opium dans les sociétés indiennes, iraniennes, chinoises, la coca chez les peuples des Andes, ou encore le khat au Yémen et dans la Corne d’Afrique. Faut-il croire que les hommes ont éloigné les femmes de l’accès aux « plantes des dieux » ? Ou alors que les femmes ont pris elles-mêmes des distances avec des substances modifiant les comportements personnels et les relations sociales ? Pourtant, un peu partout, les curanderas, les sages-femmes et d’autres femmes moins sages, se sont appropriées des plantes soignantes. L’histoire au présent des usages de drogues semblent rompre bien de traditions, sous l’effet de la diffusion rapide et mondiale des substances et des changements des comportements personnels. L’hypothèse que nous formulons est que ce n’est pas le type de psychotrope en soi, ni les effets attendus qui produisent une consommation différente selon le genre, mais le cadre culturel, relationnel, dans lequel vivent des hommes et des femmes qui en influence l’usage. Entre psychotropes soignants, ludiques, performatifs, les drogues se mélangent aux construction de soi et à l’environnement collectif.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (3)

Pouvoirs de l'imagination. Approches historiques (3)

Vendredi 7 juin de 9h-17h - Journée d'étude

Présentation

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs. Comme l’année précédente, le séminaire fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée.

 

Programme

9h-10h30 : Francesco Paolo De Ceglia (Université de Bari)
« Naturel, préternaturel et
surnaturel à l’époque moderne »

10h45-12h15 : Didier Kahn (Paris, CNRS)
« Imagination, alchimie et paracelsisme »

13h30-15h : Roberto Poma (UPEC)
« Les merveilleux effets de l’extase. Pouvoirs du
corps, de l’esprit ou de l’imaginatio ? (XVIIe-XVIIIe siècle) »

15h15-16h45 : Julien Vella  (ENS, Lyon)
« Par suggestion. Remarques généalogiques sur une technique d’influence (XVIIIe-XXe siècle) »

 

Lieu

EHESS (Salle 4)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

David Mervart (Université d'Heidelberg),

David Mervart (Université d'Heidelberg), "Europe under the Warring States Period"

Lundi 17 juin de 16h-19h - Les Rencontres du GEHM

Présentation

David Mervart est professeur associé d'histoire et de politique japonaises au Centro de Estudios de Asia Oriental de l'Universidad Autonoma de Madrid. Il a publié des articles en anglais, japonais et espagnol sur des sujets liés à ses recherches en histoire intellectuelle du début de la période moderne, en mettant un accent particulier sur le Japon au XVIIIe siècle au sein des réseaux mondiaux de transmission de savoir.

À partir de la fin du XVIIIe siècle, la géopolitique et la dynamique historique du monde européen ont suscité un intérêt accru de la part de certains Japonais qui, sur le plan linguistique et philologique, étaient capables d’interroger des sources européennes (ou du moins les traductions et les extraits de ces sources qui leur étaient parvenus). Cette activité intellectuelle a conduit à une prolifération d’histoires, de géographies et de traités politiques qui ont tenté de donner un sens au monde lointain des « barbares occidentaux » et qui essayaient d’expliquer les dynamiques qui avaient amené l’Occident à une hégémonie du monde. Dans ce cadre, les savants japonais faisaient souvent référence à quelque chose de bien connu pour toute personne instruite de la vaste sinosphère est-asiatique : il s’agissait de la situation désordonnée et conflictuelle de la période dite des Royaumes combattants, un topos historiographique établi pour la période déchirée de la Chine post-classique à la fin de la dynastie Zhou. Selon le portrait que l’histoire « universelle » (c'est-à-dire "chinoise") a fait des Royaumes Combattants, il existait à cette époque-là une pluralité d’États qui, dépourvus de toute référence à une autorité morale et concentrés sur leurs intérêts particuliers, se faisaient concurrence par tous les moyens disponibles, y compris l’armée. Ce topos historiographique a été repris au Japon au début du XIXe siècle afin de soutenir que la trajectoire historique récente de l'Europe était la même que celle de la période des « Royaumes combattants ». Ce procédé historiographique avait un double but : d’une part, décrire avec une métaphore familière la situation géopolitique que l'Occident avait générée et vers laquelle le Japon et toute l'Asie orientale étaient irrémédiablement amenés ; d’autre part, fournir une explication cruciale du type de lieu où se trouvait l'Europe et du type de modus operandi que l'on pouvait attendre des Européens. Alors que le XXe siècle a assisté à une reformulation des historiographies non-européennes dans les termes de l’historiographie européenne, cet épisode de l’historiographie japonaise du XIXe siècle nous offre l’image d’un passé européen rationalisé selon les catégories meta-historiques qui ont régi les traditions historiographiques de l’Est asiatique.

Discutant : Pablo Blitstein

La conférence sera en anglais :

From the late-eighteenth century, the historical dynamics and geopolitics of the European world became the object of intensified interest on the part of some Japanese who were linguistically and philologically capable of querrying European sources or gained access to translations and excerpts from these European sources made by others. This primarily intellectual activity led to a proliferation of histories, geographies and statecraft treatises that tried to make sense of this brave new world where Occidental barbarians were the newly prominent element one had to account for. The dynamics that had brought the West to an apparent world hegemony needed to be described and explained, preferably by reference to something familiar to every educated person around the broad East Asian Sinosphere. That reference turned out to be the messy and conflicted situation of the so-called Warring States period, an established historiographical container for the fractious period in the post-classical ancient China at the end of the Zhou dynasty. That period had seen a plurality of states with no overarching moral authority above their particular interests competing against one another by all means available, including military. This conventional trope from universal (i.e., ‘Chinese’) historiography was now, in the early nineteenth century Japan, being brought back into active duty to describe by uncomfortably familiar metaphor the kind of Western-dominated geopolitical stage onto which Japan and all East Asia were being drawn. But describing Europe's recent historical trajectory as the Warring States period also crucially provided an explanation of the sort of place Europe was and the kind of modus operandi that could be expected of the Europeans. To us, this moment offers a tantalising glimpse of a European past chopped and twisted to fit the mould of the metahistorical categories of a different historiographical tradition, a thing that in the real world of course normally tends to happen to non-European pasts as they are stuffed into containers of European provenience that claim universal applicability."

 

Lieu

EHESS (Salla A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris

Un

Un "spectacle dérobé à l'histoire". Théâtres et émotions de la Révolution française

18 et 19 juin - Colloque international

Présentation

Les spectacles constituent un laboratoire privilégié pour repérer et saisir l’articulation des représentations et des émotions qu’elles provoquent. À la suite de travaux collectifs récents consacrés à l’avènement d’une « société du spectacle » au XVIIIe siècle, à la politique du répertoire théâtral et aux fictions de la Révolution (voir la bibliographie), ce colloque, organisé par Thibaut Julian (EHESS-CRH) et Renaud Bret-Vitoz (Sorbonne Université Lettres) interdisciplinaire invite à explorer l’événement vécu, jusque dans son après-coup sous le Consulat et l’Empire, dans la perspective ouverte de l’histoire des émotions : l’on propose d’étudier en miroir comment la fiction théâtrale réfléchit et façonne des sensibilités en actes, tandis que des dispositifs spectaculaires sont mobilisés pour produire des effets sensibles dans la sphère publique, de sorte que les émotions sont agencées par des pratiques codifiées voire ritualisées mais s’y « dérobent » parfois de façon inattendue, déjouant l’effet escompté. Il s’agit ainsi de mettre au jour une politique des émotions sous la Révolution en confrontant le théâtre aux autres manifestations collectives ressortissant à la « forme spectacle » : de l’Assemblée à l’échafaud en passant par le champ de bataille, de la fête aux conférences, via la « culture des apparences » et les stratégies de publicité. Entre unanimité et dissensus, plaisir et choc, froideur et exaltation, quelles formes ces émotions prennent-elles ? Quel statut leur octroyer pour l’herméneutique des textes et des spectacles, et comment leurs traces (écrites, visuelles ou sonores) idéologiquement situées contribuent-elles à fixer une mémoire orientée de la Révolution ?

La réflexion pourra embrasser les axes suivants :

Diversité et redistribution des émotions théâtrales

La nouvelle donne politique bouscule les genres, l’économie des spectacles et les horizons d’attente des auteurs-spectateurs, ce qui se traduit dans les effets des pièces, diversement éprouvés selon les publics. Comment les émotions théâtrales entrent-elles en résonance avec la Révolution dans ses différentes phases ? Les caractériser à la faveur d’études ciblées suppose d’opérer des distinctions fines en prêtant attention aux discours et réseaux métaphoriques récurrents (comme l’« électricité du théâtre ») et d’historiciser les séances en fonction des contextes ainsi que des lieux de création et de reprises.

Que l’on mette l’accent sur un théâtre de divertissement, ou didactique et patriotique, voire épique, les réactions des spectateurs oscillent entre adhésion participative ou admiration et distance critique ou rejet. De même que le rire présente des formes et des significations diverses, les émotions tragiques ne se réduisent pas à la terreur et la pitié. La rupture révolutionnaire permet que de nouveaux sujets polémiques, voire traumatiques, soient mis en scène : selon un processus spéculaire entre la fable et le temps de la représentation, une poétique de la hantise propice à des transferts symboliques se fait jour. Aussi a-t-on souvent attribué au mélodrame une fonction réparatrice au sortir de la décennie. À l’heure où est promue l’exemplarité civique, qu’en est-il de la catharsis ?

L’on peut tâcher de ressaisir la « fermentation » des émotions en scène et par la scène en explorant les cas d’harmonie ou les discordances entre intentions auctoriales (et politiques) et performances publiques, grâce aux traces de leur réception : rapports de censure et de police, critiques dans la presse et autres témoignages (mémoires, essais, tableaux de la littérature…), que pourront éclairer des rapprochements bienvenus avec d’autres arts, visuels ou musicaux.

Politique des émotions et matérialité des spectacles

La libéralisation du secteur théâtral en janvier 1791 et l’apparitions de nouvelles formes de rituels politiques comme la fête accroissent les scènes, donc les expressions sensibles et les clivages idéologiques entre partisans et adversaires de la Révolution. En vue de caractériser ce marché du spectacle (entendu comme espace économique et arène de débat), pourront être étudiés :

  •  Les dispositifs remarquables où se cristallisent les émotions collectives : scènes improvisées, de plein air, théâtres publics ou de société ; fêtes, célébrations officielles, pompes funèbres ; séances d’assemblée, procès politiques, profanations... La pulsion scopique du public suscite des mises en récit et en images (tableaux officiels, caricatures…) et une analyse à chaud des événements spectaculaires ;
  • La valeur des émotions et leur « navigation » entre plusieurs régimes : comment se combinent ou s’opposent, par exemple, l’amour ou l’amitié et la haine, le rire, l’effroi ou la honte, le « grotesque » et le « sublime » ? Les polarités ambivalentes de l’enthousiasme patriotique, du deuil ou encore de la fraternité méritent une attention particulière ;
  • Les effets produits par la matérialité des spectacles : modulation de la voix du comédien ou de l’orateur, techniques de jeu et de déclamation, utilisation ancillaire de la musique, de la chorégraphie, détournement d’habits civils en costumes, rôle des décors signifiants ;
  • Les rôles des principaux « acteurs » : si l’on pense spontanément aux représentants politiques et aux militaires, Mercier, à qui l’on emprunte le titre du colloque, remarquait encore dans Le nouveau Paris « que les comédiens et les peintres avaient joué dans la révolution les rôles les plus absurdes et les plus sanguinaires ». Une approche anthropologique ou sociologique pourrait éclairer les enjeux et les risques de la médiatisation et de l’engagement.

 

Programme

Dépliant du programme

 

Lieu

Mardi 18 juin :

Sorbonne Université
Maison de la Recherche (Salle D040)
28, rue Serpente
75006 Paris

Mercredi 19 juin :

EHESS (Salle du Conseil)
54, boulevard Raspail
75006 Paris


 

Drogues et résistances des populations amérindiennes

Drogues et résistances des populations amérindiennes

Jeudi 13 juin de 17h-20h - Demi journée d'étude

Présentation

Comme on sait, la colonisation européenne des Amériques s’est faite par l’épée, le sang, la traîtrise, la peur. Elle s’est faite aussi par l’extermination « naturelle » causée par les maladies importées d’Europe. Mais elle n’aurait pas pu s’accomplir sans la colonisation de l’imaginaire. Comment autrement quelques milliers d’européens auraient pu gagner contre des millions d’Amérindiens ? Pourtant, la colonisation a dû faire face à bien de résistances, sous toutes ses formes, armée, administrative, idéologique. Dans cette confrontation, les drogues utilisées par les populations amérindiennes, transmises aux Noirs, aux Métis, aux sang-mêlé, ont joué un rôle non négligeable. Les colonisateurs ont bien essayé d’interdire la consommation du peyotl, de la coca et d’autres herbes magiques utilisées depuis longtemps par les populations amérindiennes, mais sans aucun succès. Malgré les interdits, malgré la répression, les Amérindiens et les populations métissées ont continué à consommer ces plantes qu’elles pensaient un don des dieux.

 

Programme

Carmen Salazar-Soler : « Coca et travail dans les entrailles de la terre : les mineurs du Pérou au XXe siècle »

À partir de l’analyse des données recueillies dans les mines de Huancavelica, sierra centrale du Pérou, cette communication se propose de réfléchir sur les différents sens que revêt la consommation de feuilles de coca dans le contexte du travail minier. Tous les matins les mineurs fument des cigarettes au soleil et préparent ensemble leur pichou : une boule de feuilles de coca enroulées autour d’un morceau de chaux, que l’on garde au creux de la bouche. C’est un moment essentiel de leur vie quotidienne, pendant lequel ils discutent de leurs problèmes, organisent leur journée de travail, se réchauffent avant de plonger dans les entrailles de la terre.  Les mineurs affirment que la coca les prépare mentalement pour le travail, qu’elle les met en forme et qu’elle les encourage. Elle facilite aussi la communication avec l’esprit gardien de la mine, et son goût permet de prédire le déroulement de la journée de travail. Souvent consommées avec l’alcool, les feuilles de coca facilitent le passage entre le monde des hommes et le monde souterrain. Divers rituels qui incluent de l’eau-de-vie, de la coca et du sang animal permettent aux mineurs de domestiquer les dangers du monde de ténèbres.

Alessandro Stella : « La prohibition du peyotl par l’Inquisition de Mexico : un conflit entre mondes magiques »

« La plante qui fait les yeux émerveillés » (A. Rouhier, thèse de 1927) mais aussi stimulant coupe-faim, le peyotl a été interdit par l’Inquisition de Mexico en 1620, car sa consommation rituelle constituait une forme de mysticisme concurrent à celui de l’Eglise catholique. L’on découvre ainsi qu’à l’origine des politiques prohibitionnistes se trouvent non pas des préoccupations de santé, mais une condamnation religieuse et morale, et en définitive un rapport de pouvoir, l’exercice d’une domination politique et culturelle. Comme souvent, les populations amérindiennes ont répondu « sí, señor », et ont continué leurs pratiques, rituels et consommations, parfois avec des subtiles dissimulations.

Mike Jay : “A religion of our own: the adoption of peyote by the Plains tribes of the USA’”

The Native American peyote ceremony emerged and spread rapidly among the tribes during the era of forced captivity on the reservations. It drew on the forms of Protestant worship mandated by the dominant culture while also creating a distinctively Indian world beyond its reach. Its advocates, both Indian tribal leaders and western ethnologists, presented it as a companion rather than a rival to Christianity and stressed its medical and spiritual benefits. It became a focus for resistance to the US federal policy of assimilation and constituted itself as the Native American Church for its legal protection. During recent years it has expanded rapidly, and now claims over 250,000 members.

 

Bibliographies :

Carmen Salazar-Soler est anthropologue, Directrice de Recherche au CNRS. Elle est l’auteure d’Anthropologie des Mineurs des Andes. Dans les entrailles de la Terre (Paris, L’Harmattan, 2002) et de Supay Muqui, dios del socavón. Vida y mentalidades mineras(Lima, Fondo Editorial del Congreso de la República, 2006). Elle est co-auteure avec F. Langue du Diccionario de términos mineros para América española (siglos XVI-XIX) (Paris, ERC, 1993). Elle est éditrice en collaboration avec V. Robin du El regreso de lo indígena. Retos, problemas y perspectivas, (Lima, IFEA/CBC/Coopération Régionale avec les Pays Andins- Ambassade de France au Pérou, 2009). Ses recherches actuelles portent sur l’étude des conflits miniers socio-environnementaux et sur les processus des catégorisations sociales au Pérou.

Alessandro Stella, historien, Directeur de Recherche au CNRS. Après avoir travaillé sur les révoltes sociales, l’esclavage, le métissage, le genre, ses études récentes portent sur la problématique des « drogues ». Ouvrages sous presse : L’herbe du diable ou la chair des dieux ? La prohibition du peyotl par l’Inquisition de Mexico, Paris, éditions Divergences, automne 2019 ; avec Anne Coppel (dir.), Vivre avec les drogues / Living with drugs, London, ISTE, automne 2019 (éditions en français et en anglais).

Mike Jay is an author who has written widely on the history of science and medicine, and in particular on psychoactive drugs. His books include High Society: mind-altering drugs in history and culture (2011) and the recent Mescaline: a global history of the first psychedelic (2019). He lives in London and is a research affiliate at the Centre for Health Humanities at University College London. His website is mikejay.net.

 

Lieu

EHESS (Amphithéâtre François Furet)
105, boulevard Raspail
75006 Paris

L'influence et ses limites : un atelier international

L'influence et ses limites : un atelier international

20 et 21 juin - Colloque international

Présentation

L’atelier, organisé par Répine (Réseau d’étude des pratiques d’influence) et le CRH (Yves Cohen) et soutenu par le LabEx Tepsis confrontera diverses formes d’étude de l’influence et de la contre-influence. Il importe en effet que les sciences sociales affinent leurs moyens de s’emparer d’un phénomène qui ne cesse de proliférer et d’envahir la vie publique aussi bien que personnelle. Parler d’« influence » permet d’étudier ensemble de nombreuses pratiques développées au XXe siècle, publicité, propagande, marketing, relations publiques, communication, psychologie sociale, lobbying… Ces pratiques prennent constamment des formes nouvelles, comme celle des « influenceurs » ou de l’invasion des réseaux sociaux par l’infox. Elles se déploient à l’échelle globale comme à celle, non pas tant du local que de l’intime. Elles recourent aux sciences, de la psychologie à l’informatique, et mobilisent les arts. D’où cet atelier multidisciplinaire, international et rapprochant chercheurs et membres de la société civile.

 

Programme

 

Lieu

EHESS 5salle M. &D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Linguistique et écrits (8)

Linguistique et écrits (8)

Jeudi 13 juin de 9h-19h - Journée d'étude

Présentation

Cette 8e édition des journées d'études "Linguistique et écrit", organisée par Marion Carel (CRAL) et Dinah Ribard (GRIHL),  sera consacrée à la présentation et à la discussion de travaux en cours sur des questions d'énonciation, de performativité, d'oralité écrite, de narrativité hors du récit, à la croisée de l'histoire et de la linguistique. Différents types d'écritures seront envisagés, séparément ou simultanément : écritures littéraires, publicitaires, juridiques, poétiques, savantes, politiques ; mises en livres ou arrimées à l'oral, en mots ou en images.

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle 8)
105, boulevard raspail
75006 Paris

Citizenship until further notice? Refugees and revocation of nationality in the 20th century

Citizenship until further notice? Refugees and revocation of nationality in the 20th century

Date de limite de dépôt : 30 juin - Appel à communication

Présentation

La notion d’apatride a été reconnue comme l'une des maladies majeures du XXe siècle. Historiens, juristes, philosophes politiques et d’autres ont critiqué le pouvoir d’exclusion de l’État-nation et dénoncé la position des personnes privées de leur passeport et de leurs droits. Un réfugié apatride, sans protection de l'État et dépendant éventuellement d'un « passeport Nansen », devient le symbole de l'exclusion du monde politique. La révocation de la citoyenneté n'était pas une mesure sans conséquence et peut être assimilée à une décision de vie ou de mort. 

Comité d'organisation : Claire Zalc (CNRS, IHMC-EHESS) et Michal Frankl (Masaryk Institute and Archives of the Czek Academy of Sciences)

L’atelier bénéficie du soutien de la Fondation scientifique tchèque, projet «Citoyens du no man’s land», n ° 18-16793S et du projet TREMPLIN de l’Agence nationale de la recherche (France), n ° 18-ERC1-0003-01.

Lire la suite de l'appel en anglais

 

Calendrier et modalités de soumission

Le workshop se déroulera en anglais.

Les résumés de 300 mots maximum ainsi qu'un bref CV doivent être adressés à Wolfgang Schellenbacher, schellenbacher@mua.cas.cz avant le 30 juin 2019.

Les candidats seront informés avant le 31 juillet. Un remboursement de l'hébergement et des frais de voyage sera fourni aux participants actifs.

Le colloque aura lieu les 19 et 20 novembre 2019 à la Villa Lanna de Prague.

 

Les dispositifs de formation professionnelle au Moyen Âge et à l’époque moderne

Les dispositifs de formation professionnelle au Moyen Âge et à l’époque moderne

Jeudi 3 juillet de 9h-18h - Journée d'étude

Présentation

La formation professionnelle dans les sociétés « préindustrielles » ne se limite pas aux dispositifs institutionnels d’apprentissage associés à des activités artisanales urbaines et aux corporations. Elle dépasse aussi des formes contractuelles souvent évanescentes dans une chronologie qui remonte au Moyen Âge. On propose ici de s’appuyer sur la notion de professionnalisation pour étudier une « formation professionnelle » qui prévoit l’acquisition des gestes et des techniques du métier, mais aussi d’une culture commune. Cette grille de lecture large appelle la comparaison d’études de cas qui concernent artisans, artistes ou marchands, en Occident ou dans l’empire ottoman. Les rôles sociaux des formateurs, des apprentis et de leur entourage seront interrogés, ainsi que les modalités de connaissance des relations formatives, et, lorsque c’est possible, le contenu des savoirs et savoir-faire transmis.

Organisateurs : Mathieu Marraud (RHISOP-LaDéHiS) et François Rivière (Labex Hastec, LAMOP)

 

Programme

 

Lieu

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

Les lieux d’enfermement, espaces multifonctionnels en Europe occidentale et en Russie (XVIe-XIXe siècle)

Les lieux d’enfermement, espaces multifonctionnels en Europe occidentale et en Russie (XVIe-XIXe siècle)

4 et 5 septembre - Atelier international

Présentation

Depuis une trentaine d’année déjà, les lieux d’enfermement au Moyen âge et à l’époque moderne suscitent un intérêt croissant chez les historiens. Ces recherches entendent bousculer la perspective traditionnelle qui ne voit dans ces espaces d’enfermement que des « pionniers » imparfaits de l’institution pénale moderne, annonçant alors le paysage des administrations fonctionnellement différenciées de la marginalité inventées au XIXe siècle. À travers une approche qui s’intéresse aux pratiques et « microtechniques » de création et d’organisation des espaces clos, l'objectif de ce colloque est de saisir les caractéristiques propres de ces institutions qui incluent les prisons traditionnelles, notamment en milieu urbain, mais aussi les monastères, les hôpitaux, les maisons de discipline et de travail. Il souhaite également réfléchir aux pratiques partagées entre ces lieux et de se demander à travers quels mécanismes de transmission ceux-ci irriguaient les institutions, et comment ces processus de transfert traduisaient des développements sociaux plus globaux. Enfin, une approche comparative qui met en relation différents espaces culturels favorisera l’analyse des structures globales, des spécificités (par exemple, le long des frontières confessionnelles) et de la circulation des pratiques et des savoirs entre ces espaces. La comparaison entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est (et la Russie en particulier) vise à examiner les relations entre deux espaces qui, jusqu’à présent, n’ont été que peu abordés par la recherche.

En mettant l’accent sur la « multifonctionnalité » en tant que marqueur central des pratiques de l’enfermement, il s'agit de sortir des cadres traditionnels de la recherche en dépassant la focalisation étroite sur des types d’institutions spécifiques, et en favorisant un croisement des historiographies nationales.

Comité d'organisation : Ekaterina Makhotina ( Université de Bonn),  Falk Bretschneider (EHESS), Natalia Muchnik (EHESS), Vincent Milliot (Université Paris 8), Sophie Abdela (Université de Sherbrooke)

Avec le soutien de l'EHESS Paris, Université de Bonn, DHI Moscou, Université Paris 8, Université de Sherbrooke.


Programme

 

Lieu

Institut Historique Allemand
Vorontsovskaya Ulitsa, 8
101000 Moscou
Russie


 

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Dernière modification :
19/09/2019