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Des champs de coton aux cités de banlieue : Musiques et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire

Des champs de coton aux cités de banlieue : Musiques et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire

Jeudi 13 décembre de 17h-Minuit - Demi-journée d'étude

Présentation

Le prosélytisme stupéfiant dans le Hip-Hop. Né de la misère sociale, le Hip-Hop adopte une posture positive, solidaire, éducative et festive à la fois. A une époque où les ghettos américains et les quartiers populaires français sont décimés par les overdoses, les rappeurs affichent le visage de la sobriété et prônent l’abstinence avec des textes dissuasifs énumérant les méfaits des drogues. Générations après générations au cours de sa globalisation, le discours a évolué. Sacralisation de la figure du dealer et de son imagerie gangsta violente, popularisation actuelle des paradis artificiels, les psychotropes divisent la communauté. De la Zulu Nation à la culture populaire dominante, de l’épidémie d’héroïne des 80s à celles des opioïdes aujourd’hui, de « The Message » à « Mask Off », Solo livre la vision d’un MC qui a traversé ces époques.

Présentation des intervenants

Georges Lachaze : Administrateur d’ASUD. Auteur de la série d’articles sur le sizzurp, « Hip-Hop : le sirop de la rue », dans ASUD Journal. Ancien travailleur social dans des programmes de Réduction des Risques liés aux usages de drogues et aux IST. Hip-Hop head et beatmaker. Né en 73 dans le South Bronx, le Hip-Hop ouvre son micro aux sans voix. À l’origine mouvement contre-culturel revendiquant l’expression artistique comme alternative à la violence des gangs, au trafic et à la consommation de stupéfiants, le Hip-Hop va devenir un phénomène culturel de masse et une industrie multimilliardaire. Sur les murs, derrière des platines, sur un carré de lino ou micro en main, ce sont plusieurs générations à travers le monde qui extériorisent sans filtre la réalité de leur quotidien : les violences policières, socio-économiques, conjugales, criminelles, les injustices, les discriminations, l’abandon aussi bien que les potes, le sexe et la fête. Les dopes font rapidement parti des sujets récurrents et sont abordées différemment selon les lieux et les époques. Des projects des 5 boroughs new-yorkais, aux palmiers des ghettos californiens en passant par le Dirty South post-ségrégationniste et les quartiers de France, revuedes rapports ambivalents entre Hip-Hop et produits psychoactifs

Bertrand Lebeau Leibovici : médecin addictologue  dans deux hôpitaux franciliens. Secrétaire d'Asud (Auto Support des Usagers de Drogues).

Il présente quelques réflexions sur les liens entre musique et drogues à partir de celle qu'il écoutait dans les années 70 (rock) et de celle qu'écoute aujourd'hui son fils (rap).

Seär : rappeur. Il parlera de la manière dont le rap développe les capacités d’adaptation à différents univers sociaux (CSP, rural/urbain, milieu professionnel). Il parlera aussi de sa mission d’enseignement des arts de rue auprès des 16-22 ans.

Solo : DJ, acteur, rappeur, producteur et vice-champion du monde de Jiu-jitsu, Solo est inclassable. Du terrain vague de la Chapelle aux micros de Radio Nova, Solo est un pionnier du mouvement Hip-Hop. De la danse avec les Paris City Breakers au rap avec Assassin, en passant par la réalisation de la BO de La Haine, il a contribué à importer et populariser cette culture en France, en lui donnant une identité propre.

 

Programme

  • Georges Lachaze, administrateur d’ASUD
    Le Hip-Hop, la contre-culture et l’usage de produits psychoactifs

  • Bertrand Lebeau Leibovici, médecin addictologue
    La musique et les drogues : du rock au rap

  • Seär, rappeur (Label L’Or Noir)
    Le rap dans la vraie vie

  • Solo, rappeur
    Le prosélytisme stupéfiant dans le Hip-Hop

20h-21h : Pause détente et convivialité, bar et restauration sur place

21h-Minuit  : Projection du film « Les Etats-Unis et la drogue : une guerre sans fin », d’Eugène Jarecki (2009), suivie d’un débat

 

Lieu

Théâtre l’Echangeur
59, Avenue du Général de Gaulle
93170 Bagnolet

M° Gallieni

Pour citer ce document

, «Des champs de coton aux cités de banlieue : Musiques et drogues comme moyens de résistance dans la culture noire», CRH [En ligne], Actualités, Événements,mis à jour le : 21/11/2018
,URL : http://crh.ehess.fr/index.php?6441.
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CNRS

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Dernière modification :
13/12/2018