Appels à communication

Projet CILAC - Le patrimoine industriel au XXIe siècle, nouveaux défis

Projet CILAC - Le patrimoine industriel au XXIe siècle, nouveaux défis

23 juin 2014, Appel à communication

En ce début de XXIe siècle, le patrimoine industriel est entré dans une profonde évolution. Sa contribution à la connaissance, la façon dont il est abordé par la recherche scientifique, son rôle dans la mutation des paysages et dans la dynamique des sociétés se modifient très vite. Le XVIe congrès de TICCIH LILLE • REGION 2015, intitulé « Le patrimoine industriel au XXIe siècle. Nouveaux défis » propose de dresser un bilan du patrimoine industriel dans le monde et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur ses acteurs, ses réalisations et sa reconnaissance.

A partir d’un constat, celui de la nécessité où nous sommes encore de faire admettre le patrimoine industriel comme partie intégrante de nos sociétés, le congrès montrera comment ce patrimoine répond, à travers le monde, aux demandes actuelles en matière de développement durable, de recomposition urbaine et de conception architecturale, d’économie locale, de culture et d’éducation. Le citoyen, sa place et son rôle, seront au cœur de notre réflexion. Nous conservons le patrimoine parce qu’il nous parle, et pour qu’il dure et continue de parler aux générations qui nous suivront. Que dit le patrimoine industriel, aujourd’hui, aux sociétés contemporaines ? Quelle place lui laissent-elles ? Comment le patrimoine industriel peut-il orienter leur évolution ?

Appel à communication

En savoir plus

Un clergé en crise ? 1650-1900

Un clergé en crise ? 1650-1900

31 mai 2014, Appel à communication

Appel à communication  

Journée d’études Paris, le 12 décembre 2014

La crise du clergé et du patrimoine ecclésiastique en Europe, entre la seconde moitié du 17e siècle et la fin du 19e siècle, ce sont des phénomènes complexes et diversifiés, liés en partie à  des facteurs extérieurs à l’institution cléricale (la fiscalité étatique, la confiscation  révolutionnaire, la destruction, le pillage, etc.). Mais la crise est aussi imputable à des causes  internes (le déphasage face aux évolutions économiques et financières du siècle, la saturation  du territoire d’implantation, la crise des vocations, la sécularisation de la société, etc.).

 C’est l’ensemble de la puissance matérielle du clergé qui apparaît ainsi touchée par cette  crise de moyen terme : son  contrôle sur les terres, sur  les espaces du  dominium, sur la  production et les  échanges, sur les  ressources naturelles, sur  les hommes . Mais sont  également concernés l’accumulation du capital, les  rentes, les  charges diverses (y compris  la dîme), de même que sa place pour satisfaire (plus ou moins partiellement) les besoins de  crédit, ainsi que son rôle pour déterminer dans la pratique (hormis la législation en vigueur)  les taux d’intérêt.  Le phénomène permet une lecture par région ou par zone géographique (rurale et urbaine),  par branche du clergé, par ordres religieux et congrégations, par province, mais aussi par le  biais  des relations différentielles que ces institutions entretiennent avec le marché — dans un continuum de pratiques et d’opérations. Il reste toutefois une part d’ombre, composée  par le clergé qui est demeuré à l’écart des logiques marchandes et qui représente parfois, selon  les espaces considérés, une composante très importante.  

Les objectifs de cette journée d’études seront de  confronter les diverses expériences, en  Europe méridionale mais aussi en  Europe central e et orientale, en prenant en compte les  différentes dimensions matérielles de la pratique et de l’implantation ecclésiastiques. Et ceci,  dans le but de dresser un tableau continental qui ouvrirait la voie à des approches  comparatistes, en particulier avec le monde ibéro-américain, tout en prolongeant les acquis  des efforts analytiques déjà accomplis dans un passé récent.

Y a-t-il de modèles  d’accumulation et de gestion transnationaux, liés aux types d’ordres ou de congrégations ? Y  a-t-il des stratégies al liant la gestion des économies locales aux transformations économiques  plus générales, entre la crise de la fin du 16 e siècle et la montée du capitalisme agraire et  industrielle ? Le clergé et sa « fonction sociale » étaient - ils inexorablement condamnés, face à  la montée en puissance de l’institution étatique et des nouvelles logiques économiques ?  La journée d’études accueillera des communications qui tout en travaillant sur des régions,  sur des institutions ou sur des branches du clergé, à partir des sou rces idoines (comptabilités,  inventaires, procédures judiciaires, etc.), se poseront en même temps l’ensemble de  problématiques énoncées dans cet appel.  Les deux langues du colloque seront l’ anglais et le  français (avec Powerpoint dans l’autre  langue). Un place importante sera réservée à la discussion et aux échanges entre les  communicants et les participants.  

Date limite pour les propositions :  31 mai 2014 .

Elles devront être adressées aux deux organisateurs du colloque. 

Coordination et organisation :

Pablo F. Luna (université Paris Sorbonne, CRICEC, France) :  pablo.f. - luna@ehess.fr
Fiorenzo Landi (université de Bologne, Italie) :  fiorenzo.landi@unibo.it

Aménagement des villes et mobilisations sociales du Moyen Âge à nos jours (Europe, mondes coloniaux)

Aménagement des villes et mobilisations sociales du Moyen Âge à nos jours (Europe, mondes coloniaux)

Jeudi 15 mai 2014, Appel à communication

En mai 2013, une cinquantaine de riverains de la place Taksim à Istanbul décident d’occuper pacifiquement la place pour s’opposer à un projet d’aménagement induisant la suppression du parc Gezi et la construction d’un centre commercial. Le mouvement prend rapidement une ampleur nationale et est relayé par les médias occidentaux qui l’apparentent aux mobilisations de la place Tahrir au Caire (2010-2013) ou aux mouvements Occupy (Kuala Lumpur, San Francisco, Wall Street, Montréal, etc.). L’amalgame des mouvements sociaux urbains contemporains occulte leur complexité et ne permet guère au final de les comprendre. Comme l’urbanisme, les mobilisations urbaines ont une histoire probablement beaucoup plus longue qui mérite d’être convoquée en miroir des mouvements sociaux urbains de toute époque.

En savoir plus

The hidden abodes of production. Labour, commodities and repertoires of evaluation in the Eighteenth and Nineteenth Centuries

The hidden abodes of production. Labour, commodities and repertoires of evaluation in the Eighteenth and Nineteenth Centuries

Vendredi 1er août, Appel à communications

International Conference at the University of Antwerp, Centre for Urban History
(20-21 February 2015)

Organizers

  • Bert De Munck (Centre for Urban History, University of Antwerp)
  • Philippe Minard ("Institutions et Dynamiques Historiques de l'Economie et de la Société", Université Paris 8/CNRS, et CRH-EHESS)
  • Jelle Versieren (Centre for Urban History, University of Antwerp)

The site of the organizing body : https://www.uantwerpen.be/en/rg/csg/

Presentation

With a keynote lecture of Richard Biernacki (UC San Diego), the author of The Fabrication of Labor: Germany and Britain 1640-1914 (University of California, 1995).

Research and debate on workers’ alienation and estrangement during the industrial revolutions has in its heydays in the 1970s and 1980s predominantly focused on technological, organizational and managerial transformations. From a Marxist point of view, the loss of control over the means of production and the division of labour remained the fulcrum around which alienation could be explained in a setting of disciplinary practises and deskilling processes. Harry Braverman drew on his long experiences as a factory worker to explain the long-term tendency of homogenisation of labour in the execution of industrial production. His work Labor and Monopoly Capital (1974) caused heated debates among labour historians, political economists and sociologists.

Subsequently, discussions during the ‘cultural turn’ have helped to appreciate the importance and relative autonomy of perceptions of and discourses on labour - whether from outside or from the workers themselves. E.P. Thompson brought the workers’ agency in the production process to light, and emphasized the importance of extra-economic elements in the transformation of concrete labour into labour power – i.e., moral conventions, social status, community ties. Nonetheless, theoretical debates on alienation and commodity fetishism notwithstanding, historians have refrained from examining the practical and at the same time imagined and discursive connections which artisans and workers forged with raw material and the products of their labour. How did the relationship of artisans and workers with their materials and products change during periods of economic transformation?

The organisers of this conference intend to enter that terra incognita by studying the importance of cultural practices and repertoires of evaluation in material processes of production and the construction of product value. To that end, labour will be related to every day practices on the shop floor, political discourses on labour skills and product values, the changing conditions of the workplace, and changing relations, practices and sources of power.

This conference attempts to adopt a comparative angle between European regions. Doing so, this angle can promote further de-limitations of heterodox, integrative approaches.

Topics

The University of Antwerp’s Centre for Urban History invites researchers to submit paper proposals on topics related to:

  • the perception of labour skills and the assessment and construction of product values;
  • the repertoires of evaluation concerning the relation between labour and the exchangeable commodity;
  • different forms of alienation and microphysical relations of power and conventions in the putting-out networks, manufactures and factories during the eighteenth and nineteenth centuries;
  • continuities and changes in the political discourse on labour processes and institutional reforms.

Submission of proposals

 Proposals for papers should include:

  • Paper title
  • Presenter's name, affiliation, and contact information
  • Brief abstract (no more than 500 words)

Please send proposals to : Jelle Versieren (jelle.versieren@uantwerpen.be)
Subject: CFP Transformations of labour
Deadline for proposal submissions: 1 August 2014


Les travailleurs et la mobilité dans les villes d'Ancien Régime : Acteurs et stratégies

Les travailleurs et la mobilité dans les villes d'Ancien Régime : Acteurs et stratégies

31 janvier - Appel à contribution

Présentation

(version anglaise de l'appel à contribution)

Les changements décisifs que le marché du travail est en train de vivre dans les dernières années ont encouragés la réflexion historiographique autour de la précarité et de la flexibilité du travail. Loin d’être une prérogative des sociétés actuelles, la mobilité des travailleurs, surtout intra-sectorielle, a aussi caractérisé le monde du travail de l’Ancien Régime. L’activité des instituts d’assistance et des confréries, les stratégies individuelles et familiales, les parcours professionnels, les contrats et les accords de travail ne sont que quelques-uns des domaines où l’on peut trouver des traces de cette mobilité professionnelle, entendue non seulement comme opportunité de promotion sociale mais aussi et surtout comme condition d’instabilité. Ces journées d’étude voudraient contribuer à éclaircir certaines questions spécifiques sur le thème de la mobilité professionnelle, compte tenu du récent débat historiographique.

Les attitudes et les positions des travailleurs face à la mobilité n’étaient pas univoques : dans certains cas, ils en étaient responsables à travers la résiliation anticipée des contrats ou la migration spontanée ; dans d’autres cas, ils la subissaient à cause des licenciements, des périodes d’inactivité, des déplacements forcés. Pour mieux comprendre les différents aspects de la mobilité professionnelle, il est nécessaire d’enquêter sur les parcours professionnels et les stratégies de certains acteurs face à la mobilité. Il s’agit, en d’autres termes, d’examiner les instruments à disposition des acteurs, les ressources activées pour limiter ou défendre la mobilité ainsi que les conséquences qu’une situation de mobilité professionnelle avait sur les différents secteurs productifs et sur le tissu social urbain.

Les journées d’étude visent à focaliser l’attention, avant tout, sur les acteurs sociaux face aux situations de mobilité professionnelle, en se concentrant plus spécifiquement sur leurs stratégies et sur les instruments utilisés durant le passage d’un emploi à l’autre, d’un moment d’activité à l’inactivité et vice-versa, d’un secteur productif à l’autre ; mais aussi sur les conséquences que ces parcours avaient sur la vie des individus et sur le rôle qu’ils jouaient dans la société urbaine.
Nous sommes convaincus qu’une telle stratégie de recherche – focalisée sur les acteurs et sur les pratiques sociaux – nous permettra de mieux comprendre non seulement le fonctionnement des marchés du travail, mais aussi la raison de l’existence de certaines institutions urbaines de première importance (telles que les confréries, les corporations, les hôpitaux) et les solutions que ces sociétés élaborèrent pour faire face à la mobilité du travail.

À titre d’exemple, nous proposons quatre axes de recherche pour encourager la réflexion :

1. Acteurs

La reconstruction des parcours professionnels individuels et familiaux peut aider à comprendre non seulement quels acteurs étaient plus touchés par le phénomène de la mobilité professionnelle, mais aussi les différentes stratégies que les travailleurs qualifiés et non-qualifiés, femmes et hommes, étrangers et citoyens essayaient de créer dans les périodes de mobilité.

  • Quelles stratégies, individuelles ou familiales, étaient utilisées face à l’instabilité professionnelle ?
  • Quels travailleurs étaient le plus sujets à la mobilité professionnelle ?
  • Est-ce que l’on peut identifier des typologies ou des groupes sociaux spécifiques ?
  • Comment ces stratégies se différenciaient-elles ? Selon le genre, l’âge ou le status des acteurs ?

2. Réseaux

Les études socio-anthropologiques nous ont montré l’importance des réseaux de liens sociaux dans la recherche d’un emploi. A notre avis, il est nécessaire de comprendre comment et à travers quels outils ces réseaux étaient activés et quand il était préférable pour les individus de rester à l’intérieur ou de sortir du réseau.

  • A quels acteurs du réseau les travailleurs s’adressaient-ils en cas de nécessité dans les périodes de mobilité professionnelle ?
  • Est-ce que l’on peut identifier des lieux de la ville qui favorisaient la socialisation et l’échange d’informations sur l’offre et la demande de travail ?
  • Comment les marchés du travail personnalisés, imbibés de relations sociales, étaient-ils en rapport avec les marchés impersonnels, dont les sources parlent des places de marché, comme la célèbre Place de Grève à Paris ? S’agissait-il de deux mondes différents ou de deux ressources complémentaires ?

3. Organisations

Dans les parcours de vie individuels et familiaux, certains instituts de la ville (corporations, instituts d’assistance, confréries) jouèrent un rôle de soutien remarquable face au moment d’inactivité et à l’incertitude, à travers la garantie de l’assistance, la gestion de la mobilité et, par conséquent, le maintien de l’ordre publique. Dans ce sens, ces institutions étaient aussi bien des ressources disponibles dans les moments de crise qu’un instrument de contrôle avec lequel les travailleurs avaient souvent un rapport conflictuel. En laissant de coté l’histoire institutionnelle ou normative de ces organisations, à notre avis, il est nécessaire de comprendre les instances que les acteurs leur adressaient et d’identifier les ressources auxquelles les acteurs pouvaient accéder et celles qui leur étaient interdites.

  • Quelles requêtes les travailleurs adressaient-ils aux organisations et aux institutions de la ville en cas de mobilité professionnelle ?
  • Quand et comment les acteurs s’adressaient-ils et avaient-ils accès à ces organisations ?
  • Quel rapport liait les travailleurs et ces organisations dans les moments de normalité ?

4. Institutions

Certaines institutions – c’est-à-dire les obligations juridiques et sociales, dans ce cas les normes et les contrats – jouaient un rôle crucial pour favoriser ou limiter la mobilité professionnelle. La définition des termes des contrats était souvent le résultat d’un processus de négociation entre les employeurs et les travailleurs qui nous permet d’observer et de comprendre les instances et les stratégies des parties pour favoriser ou limiter la mobilité professionnelle ou la libre circulation de la main-d’œuvre. Les accords de travail, en définissant la typologie du rapport de travail (par exemple libre ou servile), les modalités de paiement des salaires (avec ou sans avances), l’émission des licences de fin de rapport, étaient autant d’instruments de régulation de la mobilité professionnelle, qui pouvaient être négociés et renégociés par les parties. D’autre part, certaines lois – positives ou coutumières –pouvaient limiter la possibilité de négocier les contrats, en empêchant les violations des accords et le licenciement arbitraire, en exerçant un contrôle sur le vagabondage et les déplacements d’un lieu à l’autre. A travers la reconstruction des contextes législatifs de référence, l’observation du processus de négociation des contrats de travail peut aider à mieux comprendre les instances et les stratégies des acteurs.

  • Quelles instances les travailleurs adressaient-ils au tribunal ou aux notaires pendant les processus de renégociation des contrats en cas de mobilité professionnelle ?
  • Quels droits les acteurs revendiquaient-ils au moment de la négociation ou de la renégociation d’un contrat ?
  • Quelles clauses ou outils contractuels étaient utilisés par les acteurs sociaux pour favoriser ou limiter la mobilité professionnelle ?

Modalités

Les contributions peuvent englober un ou plusieurs axes parmi ceux indiqués ci-dessus. Les propositions (300-500 mots) en français ou en anglais, doivent être envoyées, avec un bref CV (1 page), avant le 31 janvier 2015 au adresse courriel : workersmobility@gmail.com.
La sélection des propositions suivra un critère de cohérence des contributions avec les stratégies de recherche indiquées dans l’appel à contributions.
L’acceptation sera communiquée aux participants avant le 7 février 2015.

Les journées d’étude sont organisées par l’EHESS de Paris et l’Université de Padoue dans le cadre des activités des projets de recherche Marie Curie IEF – Intra-European Fellowships Migration, integration and labour market: skilled workers and building sites in Turin in the Eighteenth Century et FIRB 2012 – Futuro in ricerca Maritime borders in the Mediterranean: how permeable are they? Exchange, control, denial of access (16th to 21st century).
Ce colloque sera le premier d’une série de journées qui auront lieu pendant la période 2015-2016 autour du thème de l’histoire du travail et des migrations ; par ailleurs, le fruit de ces journées sera la publication d’une série d’ouvrages collectifs sur ces sujets.

Contacts: workersmobility@gmail.com
Dr. Andrea Caracausi, Università di Padova (andrea.caracausi@unipd.it)
Dr. Nicoletta Rolla, EHESS-Paris, Marie Curie Fellow (nicoletta.rolla@ehess.fr)

Document(s) à télécharger

Catastrophe, Environnement et Propriété :  Approches historiques, XIXe-XXe siècle

Catastrophe, Environnement et Propriété : Approches historiques, XIXe-XXe siècle

15 mai - Appel à proposition - Colloque international, 2 et 3 décembre 2015

Evénement soutenu par l'ANR GOVENPRO
Organisateurs : Marc Elie et Fabien Locher

Présentation

Les systèmes de propriété sont des opérateurs essentiels d’anthropisation des environnements. Les transformations qu’ils suscitent ou rendent possibles, contribuent souvent à augmenter l’exposition des sociétés aux aléas naturels. A l’inverse, la recherche historique a montré que certaines formes de propriété et de droit d’héritage peuvent prévenir l’occurrence d’événements catastrophiques, comme les avalanches dans des zones de montagne. Elle a aussi souligné que les États et les collectivités locales ont cherché, de longue date, à agir sur la propriété, pour empêcher les catastrophes et en amortir les effets, par exemple par la domanialisation ou la restriction des prérogatives de la propriété individuelle.

Ce colloque vise à explorer, dans une perspective historique centrée sur les XIXe et XXe siècles, les interactions entre les systèmes de propriété sur les ressources et les environnements et une classe particulière de processus socio-écologiques: les catastrophes. Cette notion est entendue ici dans une acception large, incluant notamment les catastrophes « naturelles », « industrielles », « démographiques » et « écologiques ». Les systèmes de propriété sont conçus, quant à eux, dans toutes leur variété (propriété individuelle, propriété publique et domanialité(s), propriété commune, propriété dissociée, propriété intellectuelle), avec une attention particulière pour les pratiques concrètes (techniques, juridiques, savantes, policières…) qui fondent leur existence et concourent à leur fonctionnement en tant qu’institutions historiques.

Les catastrophes, par leurs effets à court et long termes, reconfigurent les conditions d’action des acteurs (privés ou publics), leur permettant d’agir sur la répartition de la propriété et sur son fonctionnement, c’est-à-dire sur ses règles d’acquisition et de transmission, et sur les droits qu’elle confère.

La catastrophe est alors l’occasion de transformations de la propriété dont les visées et les motivations peuvent être multiples : économiques, politiques, idéologiques. Elle est aussi une situation qui, de manière incidente ou délibérée, est susceptible de produire, dans un espace-temps plus ou moins bref, un « état d’exception » de la propriété, né du relâchement des régulations ordinaires ou de la nécessité de secourir. Elle est enfin le mobile pour des actions, relevant souvent de politiques publiques, et opérant sur la propriété pour prévenir la catastrophe en amont ; en atténuer et en réparer les effets, en aval. Autour de ces trois pôles (opportunité, rupture, gestion), de leurs interactions et de leurs recoupements, se jouent un ensemble complexe de processus de co-construction historique de la propriété et de la catastrophe, que ce colloque vise à explorer.

Les questionnements abordés seront, sans exclusive, les suivants :

1/ La catastrophe comme état d’exception de la propriété : relâchement des mécanismes de régulation, réquisitions, processus de « retour à l’ordre » de la propriété ordinaire ;

2/ La catastrophe comme opportunité pour une appropriation des environnements et des ressources, par des acteurs privés (enclosures privatives, achats et ventes spéculatifs, concentration de la propriété), via notamment : des mécanismes de marché, le concours d’acteurs publics, l’usage de la violence ;

3/ La place de la propriété dans les politiques de prévention des catastrophes, et la préparation à celles-ci : limitations des droits d’usage des biens, servitudes, pratiques de zonage, plans d’aménagement, expropriation, domanialisation ;

4/ Propriété et programmes de réparation et reconstruction post-catastrophe ;

5/ Propriété, vulnérabilité et résilience : liens entre les règles et la répartition de la propriété, d’une part, et d’autre part les inégalités d’exposition et de réponse aux catastrophes ; catastrophe, propriété et pauvreté ;

6/ Catastrophe, propriété, assurance : mécanismes assurantiels et évaluation des dégâts et de la magnitude des catastrophes ; rôle des assurances dans les politiques de prévention, de préparation et de reconstruction ; assurances et pérennité de la propriété en situation de crise ;

7/ Les catastrophes dans l’histoire longue des discours théoriques sur les rapports environnement/propriété : thèses associant certaines formes de propriété à la survenue de crises écologiques aiguës, comme avec la prétendue « tragédie des communs » ou les critiques de la propriété privée ; discours sur les déclins, les chutes, les effondrements des sociétés, vus sous le double rapport de l’environnement et de la propriété.

Modalités et calendrier

Le colloque se tiendra les 2 et 3 décembre 2015, à l’EHESS 190-198 avenue de France 75013 Paris.  Il se déroulera en anglais et en français.

Les propositions de communication (en français ou en anglais) sont à soumettre par courrier électronique à l’adresse: conference.disaster.property@gmail.com, avant la date limite du 15 mai 2015.

Chaque proposition devra inclure : le nom, prénom et courriel du conférencier ; un CV d’une page max. ; un titre et un texte de proposition de 600 mots max. Les intervenants retenus verront leurs frais de déplacement et de logement pris en charge.

Les réponses aux propositions seront envoyées avant le 15 juillet 2015.

Les textes servant de supports aux interventions seront demandés en amont du colloque (avant le 1er novembre 2015), pour circuler parmi les intervenants.

Version anglaise de l'appel

Document(s) à télécharger

How Jews Know Epistemologies of Jewish Knowledge

How Jews Know Epistemologies of Jewish Knowledge

1 mars 2015 - Call for Papers - International Workshop, 2 et 3 juin 2015

International Workshop

Freie Universität Berlin, June 2-3, 2015
Deadline for Submission: March 1, 2015

Organizers

Confirmed speakers

Presentation

In recent years various attempts in international scholarship begin to signal a new approach to Jewish, especially rabbinical intellectual tradition. Methods, disciplines and motivations vary. In its core, however, the new approach shifts from the chiefly historical-philological engagement that has characterized research since the 19th century, to a more conceptual-theoretical engagement. Building on sources developed by the historical-philological scholarship, it focuses on the unique knowledge that these sources articulate. It seeks not longer to learn only of Jewish texts (their development, Sitz im Leben, historical context etc.) but to learn from them.

The aim of this workshop is to demarcate an intellectual space common for the individual projects. Its basic question concerns the relation between the forms of knowledge (‘epistemologies’) acknowledged and embodied by modern science and those inhabiting the Jewish sources – ‘how Jews know’.

Since the Wissenschaft des Judentums was founded in Berlin with the aim of making Judaism “an object of science” (Immanuel Wolf, 1822), science has never attempted to develop an understanding of the Jewish textual tradition as a form of systematic, self-conscience knowledge. The founders of the WdJ thus attempted to express Jewish knowledge in the categories of modern academic science. This attempt often ran counter to the traditional ways in which Jews exercised knowledge, which were branded as particularistic and so unfit for the universal rational community of which WdJ wished to be part.

What science knows about Jewish knowledge has therefore been always separated from scientific self-knowledge, i.e. science’s understanding of itself, the theory of scientific knowledge. This principle also applies to the scholarship of Jewish texts. The development of the ‘science of Judaism’ to Judaistik, מדעי היהדות and Judaic or Jewish Studies has mostly followed trends in theory of science, hardly ever in any critical dialogue with Jewish tradition of knowledge itself.

The workshop invites its participants to the birthplace of the Wissenschaft des Judentums in order to reflect on new ways of understanding this expression ‒ not only as a genitivus objectivus, but as a genitivus subjectivus. If “all humans by nature desire to know” (Aristotle), do Jewish intellectual traditions provide any unique responses to the human quest for knowledge? Do these responses have a universal import? Can contemporary science, therefore, in re-working its own response, look at Judaism no longer just as an object for observation, but as a source for critical self-reflection?

Participants in the workshop are invited to explore all epistemological aspects of Judaism: its basic categories of knowledge, its organontorah, mishna, talmud, midrash etc.; its paradigmatic knowing subjects – rav, hacham, gaon etc.; its knowledge institution – yeshiva, bet-midrash, bet-din; its mediums – oral vs. textual traditions and more. Contributions should relate these aspects to current topics and questions in theory and methodology of science in general and the humanities in particular: science in society and politics, structure of studies, material and institutional conditions of knowledge and so forth. Papers can also analyze the epistemological and historical conditions that have so far prevented science from considering Judaism as a form of knowledge: the categorical divides of secular/religious, universality/particularity, knowledge/faith, theoretical/practical, spiritual/material etc. Attention will be given also to comparison with other intellectual traditions – Christianity, Islam, Buddhism, Daoism etc. – as well as with other neighboring areas of science.

Submission

We welcome proposals for a 20-minute presentation, followed by a discussion. Presentations should be focused on a reading of a textual source. Please send an abstract of 200 words and a short bio by March 1, 2015 to elapidot@zedat.fu-berlin.de

Travel expenses as well as accommodation for 2 nights (June 2-4) will be provided to all speakers.

Travail Libre/Travail forcé. Contraintes locales et dynamiques globales (Afrique, Europe, Asie du XVe siècle à nos jours)

Travail Libre/Travail forcé. Contraintes locales et dynamiques globales (Afrique, Europe, Asie du XVe siècle à nos jours)

30 avril - Appel de bourse (2015-2016)

Présentation

heSam Université a décidé de soutenir et de financer le programme de recherche NEXT « Travail libre / Travail forcé » pour la période 2014-2015.

Le programme « Travail libre / Travail forcé » accorde notamment des aides pour des étudiants de seconde année de master et des doctorants travaillant sur ces thématiques et inscrits auprès d’un établissement de la Comue heSam.

Le résumé et les axes principales du projet sont disponibles sur le site :
http://www.hesam.eu/blog/category/recherche/programme-next/

et plus particulièrement :
http://www.hesam.eu/blog/2014/04/02/projet-travail-libretravail-force-contraintes-locales-et-dynamiques-globales-afrique-europe-asie-du-xve-siecle-nos-jours/

Deux types d’aide

Bourses d'accès au terrain :  une aide d'un montant limité à  3 000 € destinée à permettre à un étudiant de master ou un doctorant de financer une mission, un séjour sur le terrain, dans une bibliothèque ou dans un centre d'archive.  Les fonds engagés doivent être justifiés par l'activité de formation et/ou de recherche.

Contrat de fin de thèse : un contrat de travail d'une durée maximum de 3 mois et d'un montant ne pouvant pas dépasser 10 000 € permettant à un(e) doctorant(e) d'achever la rédaction de son doctorat dans des conditions favorables à une soutenance dans les trois mois après la fin du contrat de fin de thèse.

Les sujets de thèse doivent porter sur des questions concernant les tensions entre travail libre et travail forcé, du 16e siècle à nos jours, tels qu’ils sont présentés sur le site cité.

Modalités de soumission et calendrier

Les dossiers de candidature comportent les pièces suivantes :

Aides au terrain

  • Une lettre de l’étudiant 
  • Une lettre du directeur de thèse ou mémoire
  • Un budget prévisionnel du projet de terrain
  • Un projet de terrain détaillé et calendrier
  • Le projet de thèse (présenté lors de la première inscription)
  • Les justificatifs de revenus et de charges (avis d'imposition, dernière fiche de paie, quittance de loyer, charges particulières....)
  • Un curriculum vitae
  • Une copie de la carte d'étudiant.

Bourses de fin de thèse

  • Une lettre de l’étudiant
  •  Une lettre du directeur de thèse ou mémoire précisant l’état d’avancement de la thèse et le calendrier de soutenance prévu.
  • Le projet de thèse (présenté lors de la première inscription)
  • Au moins un chapitre déjà rédigé de la thèse.
  • Articles éventuels déjà publiés ; textes présentés à des conférences et journées d’étude.
  • Les justificatifs de revenus et de charges (avis d'imposition, dernière fiche de paie, quittance de loyer, charges particulières....)
  • Un curriculum vitae
  • Une copie de la carte d'étudiant.

Les candidatures sont à envoyer par courriel avant le 30 avril à : tralibre-traforce@ehess.fr

Résultats : 15 mai

Les sources au travail. Les spoliations d’œuvres d’art par les nazis – la scène parisienne

Les sources au travail. Les spoliations d’œuvres d’art par les nazis – la scène parisienne

19 avril - Appel à propositions - Université d'été du 2 au 11 juillet 2015

Présentation

Les choses durent plus longtemps que les gens. Il arrive toujours un moment où tous, acteurs et témoins, étant morts, les seuls contemporains de l’événement sont les lieux et les choses. Chaque anniversaire de la libération d’Auschwitz le montre bien : il y a de moins en moins de rescapés et bientôt il n’y en aura plus. Dans le même temps, cependant, l’actualité est toujours plus régulièrement bousculée par l’apparition — et l’éventuelle restitution — d’œuvres d’art spoliées par les nazis dans le cadre de leur politique de persécution antisémite. Les œuvres d’art, capables d’inscrire un passé lointain dans le vif du présent, sont-elles ainsi appelées à constituer les derniers témoins, évidemment imparfaits, de cette politique sans équivalent qui, pour toujours, a changé l’Europe ?

Le crime des spoliations et la politique de restitutions qui lui a répondu ont fait l’objet, depuis une vingtaine d’années, d’importants investissements, historiographiques, institutionnels, juridiques ou même artistiques. De nombreux colloques ou propositions artistiques récentes montrent à l’envie les enjeux brûlants qui se profilent derrière cette question patrimoniale qui n’est technique qu’en apparence. Dans la nouvelle édition de son Université d’été, la Bibliothèque Kandinsky propose de procéder à un réexamen du dossier en revenant au point de départ, c’est-à-dire aux sources.

Les sources ? On n’insiste jamais assez sur la multiplicité de leur sens et de leurs usages. Elles servent à écrire et comprendre l’histoire de ce qui s’est passé. Dans le cas présent, ce sont elles également qui permettent de débrouiller le parcours tortueux des œuvres et la légitimité des éventuelles demandes de restitution. Elles peuvent enfin servir de support à des opérations intellectuelles plus complexes, celles d’artistes contemporains dont les œuvres, se référant à celles que les nazis ont ciblées du fait de leur auteur ou de leur propriétaire, disent quelque chose de la manière dont ce passé est partie prenante de notre présent.

Or une source, en elle-même, à elle seule, ne dit rien ou si peu. Ce qui fait sens, c’est la manière dont nous sommes capables de les articuler les unes aux autres, de procéder à des raccords contextuels multiples et de donner à voir la stratification des enjeux de la spoliation. L’Université d’été mettra un choix de sources à disposition des participants qui sont, pour leur part, invités à enrichir cet ensemble en apportant les sources utilisées dans leurs travaux. Il s’agira certes, par un travail collectif, de mettre en œuvre un répertoire d’opérations historiographiques, mais aussi d’exercer son sens critique et sa capacité d’inventivité. L’Université d’été de la Bibliothèque Kandinsky 2015 sera donc l’occasion de mettre les sources « au travail » – de mettre au travail de jeunes chercheurs, étudiants conservateurs ou artistes sur les sources des spoliations d’œuvres d’art par les nazis sur la scène parisienne.

*

L’Université d’été de la Bibliothèque Kandinsky 2015 constituera une expérience unique vécue au cœur même de l’espace du musée et animée par des intervenants issus de plusieurs disciplines. Elle prendra la forme d’une succession d’ateliers de travail arrimés aux sources autour de cinq thématiques conçues à partir d’une approche typologique.

Biographies des œuvres et des collections

Le musée est l’espace institutionnel des œuvres d’art. La collection s’y déploie selon une intelligibilité qui prend la forme d’accrochages ou de catalogues : ce sont des récits d’histoire dont les œuvres seraient les mots. Le plus souvent, il manque une tonalité à ces récits, conçus suivant des considérations patrimoniales et esthétiques : ils n’atteignent pas la profondeur de l‘histoire propre des œuvres, la couche de leur identité singulière. Car les œuvres sont chargées d’un passé, celui du rapport spécifique que leurs propriétaires successifs ont pu développer avec elles et qui a pu se trouver brisé par la spoliation. Les investissements de tous ordres – économiques, politiques, esthétiques, affectifs, familiaux, etc. – dont elles ont fait l’objet nous disent aussi quelque chose des œuvres et peuvent assurément changer le regard que nous portons sur elles. Il en est de même pour les collections, ces ensembles constitués de manière méthodique ou aléatoire où chaque pièce prenait sens.
Combien de collections n’ont-elles pas été anéanties durant la Seconde Guerre mondiale, réduites au mieux à l’état de listes, et combien elles nous manquent, puisqu’elles auraient pu témoigner des intentions du collectionneur, constituer des sources pour une histoire de la réception et une histoire du goût. En reprenant les sources, l’Université d'été entend pouvoir reconstituer la biographie d’œuvres et de collections et, les donnant à voir sur le lieu même de leur conservation, faire entrer en collision un discours esthétique et un souci d’histoire.

Biographies des fonds d’archives et des sources écrites

On le voit, l’histoire des spoliations et celle, jumelle, des restitutions, est avant tout une histoire d’archive. Les sources sont ce que le passé nous a légué pour reconstituer son histoire – étant entendu que ce legs est à la fois intentionnel et aléatoire : certaines sources survivent par accident, d’autres ont été volontairement détruites. Par le fait même qu’elles existent, elles transforment le lieu qui les accueille en archives. Les plus grandes archives sont institutionnelles, d’autres sont familiales ou professionnelles. Il y a beaucoup d’archives ignorées, qui restent à découvrir. Nous explorerons dans une deuxième thématique les archives et les sources papier, écrites. On n’omettra pas le parcours parfois improbable qui a fait des archives ce qu’elles sont : pillées, déplacées, rendues, détruites ou passées au tamis, ouvertes ou fermées. Une fois encore, qui plus est, un examen plus interdisciplinaire que celui mené usuellement par les spécialistes en recherche de provenances ouvre un grand nombre de potentialités de lectures et d’usages : chaque liste d’œuvres volées dit plus que la somme des informations qu’elle rassemble.

Vie des images et des représentations

Mais les sources ne sont pas seulement écrites. Elles sont également visuelles. Images d’archives (photographies, films d’actualité, croquis) voire images de fiction – les images sont surabondantes. Elles sont présentes tout au long du processus, de l’achat de l’œuvre et de la constitution de la collection, à certaines étapes de la spoliation et surtout aux différentes étapes de la restitution. Hitler ainsi ne connaissait la collection de son futur musée de Linz que par les monumentaux albums photographiques confectionnés à dessein. Les images sont également le prétexte, le support, le déclencheur d’interventions d’artistes contemporains dont les propositions, au fur et à mesure que le temps passe, iront en se confondant avec les sources dont elles s’inspirent. Apprendre à lire les images, et derrière elles, constitue un enjeu majeur pour tous ceux que la problématique des spoliations et des restitutions intéresse – l’un des paradoxes étant que les mêmes images ont pu servir à la fois à favoriser la spoliation et à rendre possible la restitution. Nous nous intéresserons donc aux différents supports d’image et à ce qu’ils nous disent de spécifique, au-delà de leur contenu informationnel pur.

Les récits et leur construction

Des sources pour quoi faire ? Ou plus exactement : quel avenir pour les sources de toute nature interrogées dans les trois thématiques précédentes ? L’avenir des sources est la mise en récit. Chaque source a pour potentiel de rejoindre, par un biais ou un autre, un grand récit virtuel qui, sans doute, ne sera jamais écrit. On le sait, la mise en récit commence dès la production de la source : le photographe ou l’opérateur de cinéma adopte un point de vue et construit un cadrage ; une liste, un rapport, une lettre s’écrivent suivant une logique linéaire qui fait narration, les lieux à leur manière nous parlent. Mais la mise en récit se poursuit dans l’après-coup. Les exégèses des spoliations (études historiques ou de cas, souvenirs, œuvres littéraires ou artistiques) construisent bel et bien des récits, qui plus est publics, qui, interprétant les sources, finissent par s’y substituer dans l’espace public. Suivant quelles modalités ? Conclure l’Université d’été, sous l’angle des récits nous permettra de poser également quelques-uns des enjeux les plus brûlants de cette histoire. La spoliation était un phénomène éminemment politique dont la réparation est passée par une mise en récit politique ayant abouti à la mise en œuvre de dispositifs spécifiques : archive, enquête, indemnisation, restitution.

Lieux de l’histoire - la scène parisienne

La dernière thématique est de nature plus transversale : elle s’intéressera, tout au long de l’Université d’été, aux lieux de l’histoire de la spoliation et de la restitution. Nous dresserons une géographie parisienne de ces deux politiques, étant entendu que les revisiter aboutira à deux expériences distinctes : celle d’une présence permanente quand les lieux ont été conservés à l’identique ; celle d’une présence par le vide quand ils ont été détruits à la faveur de l’évolution inexorable de la ville. Cette cartographie interroge aussi le déplacement des sources de leurs lieux de productions vers des dépôts d’archives (listes de l’ERR et dossiers de réclamation aujourd’hui à La Courneuve, œuvres passées par le Jeu de Paume aujourd’hui dans les réserves des musées, dossiers d’« aryanisation » du CGQJ aujourd’hui à Pierrefitte). Il s’agit en somme de se réapproprier la ville en lui imposant un questionnaire déterminé par lequel cette histoire particulière est susceptible – malgré tout – de rejoindre le moment présent.

Documenter un parcours

L’Université d’été est ainsi conçue comme un parcours, un itinéraire qui sera documenté quotidiennement par la production d’affiches conçues sur le modèle de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg. Le public du musée pourra suivre ainsi au jour le jour l’avancée de la réflexion et ses moments les plus importants. Les différents feuillets de cet Atlas seront rassemblés à la fin de l’Université dans un livre pliable à petit tirage.

 

Procédure de candidature

L’Université d’été de la Bibliothèque Kandinsky s’adresse à un public transversal de jeunes historiens, historiens d’art, anthropologues, sociologues, étudiants conservateurs et artistes.

Les étudiants de troisième cycle (doctorants et post-doctorants) ainsi que les artistes qui souhaitent participer sont priés de soumettre une proposition de communication et une lettre de motivation accompagnée d’un CV et d’une liste de publications, tout en précisant les langues étrangères maîtrisées. Il est nécessaire pour concourir de maîtriser l’anglais et le français.

Les propositions ne doivent pas dépasser plus de 4 500 signes ou 700 mots et peuvent être rédigées en anglais ou en français. Elles doivent être soumises dans un document de format PDF et doivent comporter le nom du candidat, ses adresses (électronique et postale), l’établissement et le pays.
Les participants devront apporter un choix de sources qui servira de support à la présentation de leur travail.

Les propositions de communication sont à adresser avant le 19 avril 2015 à l’adresse électronique : bibliotheque.kandinsky@centrepompidou.fr

La ligne « sujet » du mail doit préciser le nom du candidat précédé de la mention Université d’été.

Les propositions seront examinées par le Comité de pilotage qui se chargera d’établir le programme définitif de l’Université d’été. Le Comité de pilotage retiendra 25 candidatures. Tous les candidats, qu’ils soient ou non retenus, seront contactés individuellement avant le 8 mai 2015.

Une contribution d’inscription de 100 € sera demandée aux participants qui bénéficieront de l’enseignement de l’Université d’été. Cette contribution couvrira un certain nombre de frais – transport vers les lieux visités, éventuels droits d’entrée dans des institutions, etc. Il sera par ailleurs vraisemblablement possible de bénéficier d’un hébergement à prix réduit suivant des modalités encore à déterminer.

A l’attention des candidats qui en feront la demande, le Centre Pompidou émettra toutes attestations utiles leur permettant d’obtenir toutes bourses ou aide de financement qu’ils pourraient requérir auprès de fondations, de musées ou d’institutions universitaires ou de recherche.

Sous réserve de finalisation du budget, il sera également possible de couvrir les frais d’un nombre limité de participants ne disposant pas de financement externe.

Vous pouvez adresser vos demandes de renseignements à l’adresse:
bibliotheque.kandinsky@centrepompidou.fr
Tel : +33 (0)1 44 78 46 65

En savoir plus

Comité de pilotage

  • Didier Schulmann, conservateur, Bibliothèque Kandinsky, Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris

  • Mica Gherghescu, historienne de l’art, Bibliothèque Kandinsky, Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris

  • Florent Brayard, historien, directeur du Centre de Recherches Historiques, responsable de l’équipe Histoire et historiographie de la Shoah, EHESS-CNRS, Paris

  • Arno Gisinger, artiste, maître de conférences Université Paris 8

  • Johanna Linsler, historienne, IHTP-CNRS

Institution partenaire
Centre de recherches historiques, Equipe « Histoire et historiographie de la Shoah », EHESS-CNRS

Lieu

Université d'été de la Bibliothèque Kandisky
Centre Georges Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris
 


 

Document(s) à télécharger

Du particulier au général – ou l’inverse. Etudes juives : des approches spécifiques ?

Du particulier au général – ou l’inverse. Etudes juives : des approches spécifiques ?

30 avril - Appel à communication - Journée doctorale du 26 mai 2015

Les études juives du CRH de l’Ehess organisent avec la Société des Études juives une rencontre des étudiants francophones qui se tiendra  le mardi 26 mai 2015, de 9h30 à 18h30,  en salle du conseil A, R -1,bâtiment « Le France », 190-198 av. de France, 75013 Paris.

Il s’agira, cette année, d’inviter les étudiants inscrits en thèse à réfléchir sur le thème de leur recherche en le situant dans un cadre méthodologique plus large : « Du particulier au général –ou l’inverse ; études juives : des approches spécifiques ? ». Et notamment de leur suggérer de s’interroger sur les particularités des problématiques, des références théoriques et des méthodes utilisées dans leurs travaux, afin de contribuer au renouvellement scientifique des « études juives ». Ce cadre devrait permettre  de mesurer l'importance des études juives en langue française, d'en repérer les tendances et d’en favoriser la promotion tout en mesurant leur inscription dans les domaines des sciences humaines et sociales.

La journée se terminera par la remise du Prix de thèses en études juives, organisé par la Société des études juives et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (session 2014).

 Les propositions de participation sont à envoyer d’icile 30 avril 2015, à Mme Agathe Mayeres-Rebernik agathe.mayeres@gmail.com. Une participation aux frais de voyage de 100 € est envisageable pour les étudiants non parisiens.

Captifs, recrutés et migrants : Empires et mobilisation du travail du 17e siècle à nos jours

Captifs, recrutés et migrants : Empires et mobilisation du travail du 17e siècle à nos jours

10 mai - Appel à contributions

Présentation

Ce workshop, qui se tiendra à l'EHESS du 30 septembre au 2 octobre 2005, part de l'hypothèse de l’existence d'un lien étroit entre guerre et travail dans la construction et l'évolution des empires, depuis le rôle majeur des captifs de guerre dans l'Europe, l'Asie et les Amériques prémodernes ou précoloniales, jusqu'aux diverses formes du recrutement pratiquées dans les empires (terrestres et maritimes) de ces trois continents. Les captifs, mais aussi les paysans, furent à la fois soldats, marins, et parfois même colons.

D'un autre côté, à partir du 17e siècle, les immigrants, tout comme les soldats et les marins, furent eux aussi soumis à des législations coercitives, d'inspiration militaire, au point que les mots déserteur et fugitif furent appliqués à la vaste palette de ces conditions diverses. Les soldats et la population locale ordinaire prirent part, au côté de recrutés et de soldats, aux entreprises de travaux collectifs conduites par les villages, les états, les compagnies privées et les propriétaires fonciers.

Les formes du recrutement contraint demeurent importantes tout au long du 19e siècle (système de la presse en Grande Bretagne et ses variantes à travers l'empire, recrutement en Russie, etc.). Elles persistent tout au long du 20e siècle (en Europe au cours des guerres, hors d'Europe durant et après la colonisation et la décolonisation) et subsistent encore de nos jours avec les enfants soldats.

Là encore, la connexion entre recrutement contraint et migration forcée est essentielle. Celle-ci prend cependant un tour nouveau au 20e siècle avec le déplacement massif de populations dans l'empire soviétique et dans de nombreuses régions d'Afrique et d'Asie, si bien que la distinction entre réfugiés, recrutés et travailleurs apparaît souvent très fragile.

Version anglaise

Modalités

La participation à ce workshop n'est pas soumise à des frais d'inscription. Toutefois, les participants, en particulier les chercheurs confirmés, devront assurer leurs frais de déplacement et de séjour à Paris. Des allocations spéciales peuvent être envisagées dans le cas des doctorants et post-doctorants.

Les propositions de communications, accompagnées d'un court CV d'une page sont à envoyer à tralibre-traforce@ehess.fr avant le 10 mai 2015.
Les réponses seront envoyées vers le 20 mai 2015

Document(s) à télécharger

“Esclavage interne”, XVe-XIXe siècles. Sources, comparaisons et définitions

“Esclavage interne”, XVe-XIXe siècles. Sources, comparaisons et définitions

Jeudi 10 décembre - Appel à contributions

Présentation

Au cours des dernières décennies, le monde académique a été amené à se poser la question de la définition de l’« esclavage » dans divers cadres : avec le renouveau des débats sur l’esclavage antique, puis sous l’influence des travaux menés par les anthropologues de l’Afrique, de l’Asie et des Amériques, et plus récemment à la faveur des nouvelles orientations suivies par l’historiographie du travail. Si les spécialistes ne s’accordent pas sur une définition commune de ce qu’est l’« esclavage », celui-ci fait toujours office de référent essentiel à partir duquel sont évaluées la plupart des formes de la servitude, du travail contraint et de la « non-liberté ».

Nombre d’historiens ont été amenés à souligner le fait que les expériences à partir desquelles est défini l’esclavage ont pu être atypiques dans la longue histoire de la servitude. Partant de ce constat, ce workshop - qui se tiendra à l'EHESS (Paris) du 24 au 26 mars 2016 - se propose d’aborder l’esclavage et la servitude à partir de leurs formes endogènes en réunissant autour d’une même table des spécialistes des formes internes de la servitude, qu’elles occupent une place importante dans l’historiographie (par exemple les sociétés européennes et islamisées) ou qu’elles soient plus méconnues (comme les expériences asiatiques).

Dans une optique de comparaison réciproque, les participants seront appelés à mettre en exergue les critères qui leur semblent essentiels dans la caractérisation de la forme de servitude présentée en la contextualisant et en s’appuyant, si possible, à la fois sur les aspects normatifs (qu’ils soient juridiques, coutumiers ou d’ordre religieux) et sur les pratiques (à travers les archives judiciaires, des contrats, des témoignages, etc.). Cette approche commune permettra de confronter des expériences diverses, de questionner les méthodologies et de tester la validité (et les limites) des critères de définition hérités des différentes approches et conceptions de l’esclavage.

 

Modalité d'inscription

La participation à ce workshop n'est pas soumise à des frais d'inscription. Toutefois, les participants, en particulier les chercheurs confirmés, devront assurer leurs frais de déplacement et de séjour à Paris. Des allocations spéciales peuvent être envisagées dans le cas des doctorants et post-doctorants.

Les propositions de communications, accompagnées d'un court CV d'une page sont à envoyer à tralibre-traforce@ehess.fr avant le 10 décembre 2015.

 

Organisation

Financé par Paris Nouveau Mundi (http://www.hesam.eu/blog/category/recherche/programme-next/)

Coordinateur : Alessandro Stanziani (EHESS)

Contact et information: cchevaleyre@gmail.com

Comité scientifique : Odile Journet (EPHE), Lionel Kesztenbaum (INED), Catarina Madeira Santos (EHESS, IMAF), Karine Marazyan (Paris 1), Alessandro Stanziani (EHESS, CNRS – coordinateur), Thomas Vernet (Paris 1), Claude Chevaleyre (EHESS).

Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine (du milieu du XVIIIe au milieu du XXe siècle)

Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine (du milieu du XVIIIe au milieu du XXe siècle)

15 septembre 2016 - Appel à contributions

Responsables du numéro thématique Histoire et mesure :
Jean-Pierre Beaud et Claudia Damasceno Fonseca

La revue Histoire & Mesure lance un appel à contributions pour un numéro thématique consacré aux « Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle », dont la publication est prévue en juin 2017.

L’histoire de la mesure a connu un développement considérable dans les cinquante dernières années et a largement bénéficié des avancées des sciences sociales pendant la même période, au point de se transformer en une socio-histoire de la mesure ou, pour parler en termes desrosiériens, en une socio-histoire de la quantification. Les chercheurs européens et états-uniens ont été particulièrement actifs sur ce plan, contribuant ainsi à éclairer le rôle du chiffre dans ce que nous pourrions appeler le Nord de l’Occident.

Mais l’histoire de la mesure a été pratiquée ailleurs aussi, bien sûr, et avec bonheur. Le développement des formes et appareils étatiques, qui a concerné pratiquement l’ensemble du monde, a « naturellement » suscité ici et là des études portant à la fois sur le territoire contrôlé, à des degrés divers, par l’État (cartographie du pays, topographie, délimitations, identification de régions naturelles ou administratives, etc.) et sur les opérations appliquées par l’État à ce territoire (comptages divers, recensements, enquêtes, nomenclatures, etc.). Ainsi, dans le contexte contemporain, la géographie et la statistique des pays ont été vues non seulement comme des disciplines se construisant, au sein des sociétés savantes puis des universités, comme des moyens de connaître le pays, mais aussi comme des instruments pour agir sur ce pays et, d’une certaine façon, le créer. Le livre de Benedict Anderson, Imagined Communities. Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, illustre bien ce pouvoir de créer associé à la carte et au chiffre.

Les pays d’Amérique, malgré des différences historiques fondamentales, présentent, pour la plupart d’entre eux, de nombreux points communs. Ils ont connu une forme ou une autre de colonialisme, se sont émancipés de la métropole avec un succès plus ou moins rapide. Partout, ou presque, la question de la construction d’une bureaucratie appelée à remplacer l’administration coloniale (ou à la transformer) a été posée. Connaître les limites et découpages du pays, compter les habitants, les disposer sur le territoire, en apprécier les qualités… ont compté parmi les tâches les plus urgentes des diverses autorités (les couronnes d’abord, les révolutionnaires ensuite, les administrateurs enfin). Non sans susciter des réactions diverses des populations ainsi mesurées, allant d’un enthousiasme de certains pour le chiffre « libérateur » à l’opposition d’autres relativement au chiffre « réducteur », « niveleur » ou « trompeur ». Quant au territoire lui-même, on sait que sa mesure ne peut être totalement dissociée d’une conquête qui n’a pas été que scientifique.

Outre les tableaux contenant des statistiques démographiques et économiques (les mapas de população, ou de productions locales), dans certains espaces latino-américains sont apparus, dès le début du XIXsiècle, des « signes avant-coureurs de la cartographie thématique, qui correspondent à des regards nouveaux sur l’espace géographique ». En premier lieu, plutôt que de vouloir faire « l’inventaire du monde », en offrant une description exacte et minutieuse des territoires, certaines « cartes singulières » s’attachent à représenter un phénomène spécifique (la géologie, l’hydrographie, le réseau routier), dans une approche davantage analytique que « cumulative » (G. Palsky). De plus, il s’agit parfois de représenter autre chose que l’espace visible, comme des données statistiques sur la démographie, l’économie, la santé ou l’instruction publique. Enfin, certaines de ces représentations sont le support de projets de réaménagement territorial - notamment de réformes de circonscriptions qui prenaient en compte des données démographiques (quantitatives et parfois qualitatives).

Des graphes, des  diagrammes et des cartes statistiques se multiplient dans la période qui suit la création des États nationaux d’Amérique latine, mais aussi lors des commémorations des Indépendances : ces moments furent en effet souvent privilégiés pour la parution de recensements, d’albums graphiques et d’atlas.

Cette histoire de la raison statistique et cartographique en Amérique latine existe. Elle est pratiquée dans les pays d’Amérique, en Europe et dans le monde entier. Une bonne partie des travaux, publiés en espagnol ou en portugais, sont sans doute peu connus du public de langue française ou anglaise. Faire connaître ces travaux et les programmes de recherche qu’ils illustrent est l’un des objectifs de ce numéro thématique. L’autre objectif, est, naturellement, de susciter des collaborations  portant sur des aspects moins étudiés. En particulier, si plusieurs travaux ont déjà souligné les liens entre construction des identités nationales et constitution des cartes topographiques et politiques des pays latino-américains (et de leurs différentes « patries locales »), les rapports existant entre d’une part les « nationalismes » (et les « régionalismes »), et d’autre part la cartographie thématique et la statistique (graphique ou non) semblent en revanche moins bien établis.

Comme les États-Unis et, dans une moindre mesure, le Canada ont fait l’objet de publications en anglais et en français, auxquelles il est aisé de se référer, nous avons réduit l’aire géographique étudiée à l’Amérique dite latine, c’est-à-dire à tout ce qui se trouve au sud de la frontière américano-mexicaine.

Seront ainsi considérés, pour une éventuelle publication, les projets d’articles portant sur les pratiques statistiques, cartographiques et topographiques dans les pays d’Amérique latine, de la colonisation au milieu du XXe siècle. Les propositions pourront concerner un pays, une période, mais aussi être de nature plus comparative et diachronique. Elles devront, si possible, considérer l’usage du chiffre, de la mesure (dans ses différents sens) en relation avec l’évolution des sociétés concernées.

Les contributions pourront notamment porter sur les axes thématiques suivants :

  • Formes de présentation, rôles et usages du chiffre dans les Amériques coloniales : dénombrements, comptages ciblés dans un but fiscal, recensements généraux, menés par les pouvoirs civil ou ecclésiastique; espaces de référence pris en compte (la paroisse, la ville, d’autres circonscriptions).

  • Des statistiques pour agir : le rôle des chiffres dans les réformes administratives et territoriales ; l’émergence de la notion de densité de population et leurs représentations.

  • Dans la période post-indépendance : le rôle des statistiques, de la cartographie statistique et de la statistique graphique dans la construction de l’image de la nation, ainsi que des « patries régionales ».

  • Les producteurs des chiffres : émergence d’agents et d’institutions spécialisées dans la statistique et la géographie.

Modalités de réponse et calendrier

Les intentions d'articles (de 5 à 7 000 signes environ) sont attendues pour le 15 janvier 2016 : elles devront indiquer avec précision la thématique, l'aire géographique et la période étudiées, ainsi que les sources mobilisées et les hypothèses soulevées par la proposition. Les textes pourront être rédigés en français ou en anglais.

Ces intentions sont à envoyer par courriel aux coordonnateurs du numéro ainsi qu’à la rédaction de la revue :

beaud.jean-pierre@uqam.ca ;
claudia.damasceno@ehess.fr
 ;
Anne-Sophie.Bruno@univ-paris1.fr

Sur la base des propositions sélectionnées par les coordonnateurs du numéro et les membres du comité de lecture de la revue, les articles complets devront être envoyés au plus tard le 15 septembre 2016. Ils seront soumis à une expertise dont les conclusions seront rendues à l'automne 2016, pour une publication des articles retenus en juin 2017.

Version anglaise de l'appel à contribution

            

 

                    

Document(s) à télécharger

 

Les Communs environnementaux : communautés, pratiques et institutions. Approches historiques, France et Empire colonial français (XVIIe-XXe siècle)

Appel à proposition : date limite le 1er juillet 2016

Colloque international

Paris, 14-15 novembre 2016

Organisateur : Fabien Locher

Événement soutenu par le projet ANR GOVENPRO

 

Présentation

Version anglaise

Les Communs environnementaux sont les formes d’organisation grâce auxquelles les communautés gouvernent leurs environnements et leurs ressources via des formes de propriété collective : pâturages et forêts, zones humides et landes, cours d’eau et systèmes irrigués, champs et jardins, pêcheries, estran, gisements de matériaux et de combustibles... Ces systèmes sont gérés par leurs ayant-droit, et mêlent souvent propriété pleinement commune et droits d’usage collectifs.

Ils ont suscité depuis longtemps un fort intérêt en histoire. Ce sont avant tout les biens communaux des communautés rurales européennes, et les enclosures qui les visent depuis l'époque moderne, qui ont focalisé l'attention (Thompson(91), Neeson(93), Vivier(98)). Ceci s'explique par l'importance d'un processus décrit comme une condition historique d'essor du capitalisme. Ces travaux ont permis des avancées décisives à notre connaissance des Communs environnementaux, dont les communaux sont une déclinaison particulière. Une tendance plus récente a aussi mis l'accent sur les rationalités productives et communautaires sous-tendant ces derniers, dans une approche comparatiste (Congost&Santos(10), Béaur et al.(13)).

Depuis une vingtaine d'années, une communauté pluridisciplinaire s'est par ailleurs structurée, à l'échelle internationale, autour de l'étude des Communs en tant qu'institutions de gouvernement des ressources matérielles et immatérielles. Elinor Ostrom est la figure de proue de ce courant qui mêle économistes, anthropologues, politistes et historiens, dans une approche sous forte influence des cadrages des sciences politiques (Ostrom(90)). L'accent y est mis sur les systèmes de règles qui sous-tendent les Communs, leur assurant efficacité et durabilité. Appliquée aux Communs environnementaux, cette approche bat en brèche la soi-disant "tragédie des communs" censée démontrer l'incompatibilité entre propriété commune et soutenabilité écologique (Hardin(68)).

Elle suscite un vif intérêt chez les historiens, qui la mobilise de plus en plus pour analyser les Communs environnementaux et leurs évolutions de long terme (De Moor(15)). Ceci constitue un apport précieux à l'analyse historique, en deux sens. (1) D'abord en déplaçant la focale sur le fonctionnement concret des Communs : sur leurs règles d’usage, de surveillance et sanction, dans leurs liens à la matérialité physique et écologique des environnements. La permanence -plutôt que la dissolution- des Communs est ici placée au cœur du questionnement. (2) Ensuite en promouvant un cadre théorique général, ouvrant à un décloisonnement spatial et temporel des analyses et des comparaisons.

Nous profitons aujourd'hui de tous ces apports. Mais les évolutions récentes ont aussi suscité un ensemble de limitations analytiques, qui viennent brider notre compréhension historique des Communs environnementaux. (1) D'abord avec des études qui, en se focalisant sur l'anatomie interne aux Communs, tendent parfois à sous-estimer tout ce que leur émergence, leur évolution et leur fonctionnement intime doit aux interactions complexes entre communautés, État, acteurs politiques et commerciaux. (2) Puis avec une insistance à souligner, à rebours de la "tragédie des communs", la réussite, la durabilité, l'efficacité des Communs : d'où notre faible connaissance, enclosures mises à part, des cas de dislocation, d'échec, de perte d'influence de ces formes d'organisation collective. (3) Ensuite avec la rémanence d'une vision romantique des Communs, qui surestime leur degré d'harmonie sociale et/ou le caractère écologiquement adapté de leurs modes de fonctionnement. (4) Enfin, a contrario, avec un déficit d'études empiriques sur les formes de réflexivité environnementale qui ont pu sous-tendre leurs pratiques de gouvernement des ressources. C’est-à-dire les conceptions, historiquement situées, de leurs acteurs en termes d’économie de la nature, d’impact de l’homme sur les écosystèmes, d’inscription des collectifs humains dans le temps.

 

Ce colloque, consacré à l'histoire des Communs environnementaux, en France et dans l'Empire colonial français, entre XVIIe et XXe siècles, se donne trois objectifs majeurs.

(1) Rassembler et faire dialoguer les recherches menées aujourd'hui sur ce thème, à l'échelle internationale, selon une pluralité de grilles d’analyse. Des travaux qui sont le fait d'historiens venus de l'histoire rurale, économique, politique, environnementale ; d'historiens du droit ; d'anthropologues, de sociologues, de politistes engagés dans l'analyse historique de leurs objets d'étude.

(2) Chercher à identifier et à dépasser les limitations analytiques propres à notre compréhension historique des Communs environnementaux -et dont nous venons de dresser un premier inventaire, provisoire et non-exhaustif.

(3) Contribuer à un chantier historiographique de première importance, en catalysant et se faisant l'écho des recherches, à peine émergentes (Greer(12)), portant sur les trajectoires historiques des Communs dans l'Empire colonial français.

 

Le choix d’un champ d’analyse vaste mais circonscrit (la France et l'Empire colonial français) correspond à la volonté : (1) de privilégier, plutôt que des comparaisons structurales, une analyse des processus historiques concrets d’évolution des Communs environnementaux, dans un cadre de plus en plus marqué (en métropole) par la prégnance de l’acteur étatique (2) d’étendre notre connaissance, très lacunaire, de l’histoire de ces formes sociales dans les différents contextes de l’Empire français, dans une approche attentive notamment : aux circulations entre ces contextes et avec la métropole ; aux Communs des colons mais aussi aux Communs autochtones en situation coloniale.

Les propositions développant, sur cette base, des approches historiques comparatistes et/ou connectées sont encouragées.

 

Parmi lesquestionnements abordés dans ce colloque, on peut citer, sans exclusive :

*Les Communs comme institutions : structure et évolution du groupe des ayant-droits ; règles d’usage, de surveillance et sanction ; dynamiques institutionnelles ; l'oral et l'écrit dans le fonctionnement des Communs

*Communs et environnement : adaptation et co-évolution socio-écologiques ; usages durables ou destructeurs des ressources ; réflexivité environnementale et Communs ; Communs et prise en compte/perception des temporalités ; effets écologiques des enclosures ; "enclosures de la conservation"

*Communs et Empire : Communs des colons et/ou des colonisés (genèse ; dislocation ; adaptation ; interaction ; hybridation) ; Droit français, Droit colonial et Droit non-occidental (Droit islamique par exemple) dans leur rapport aux Communs

*Communs et risques : Les Communs comme mécanismes de mitigation des risques écologiques, sociaux, économiques ; ou au contraire comme facteurs de vulnérabilité

*Communs et pauvreté : mécanismes de survie, critères de justice, économie morale populaire

*Communs et (in)égalités : stratification interne et contraction/élargissement du groupe des ayant-droits ; accaparement ; exclus du Commun et critères d'exclusion (pauvres, étrangers, indigènes, catégorisations raciales)

*Communs et violence : les Communs comme mécanismes de minimisation des conflits et de la violence intra et/ou inter-communautaire ; la violence dans le fonctionnement des Communs ; violence et résistance aux enclosures

*Communs et savoirs : théories, doctrines et thèses historiques traitant des Communs

*Communs et Droit : les Communs dans les arènes judiciaires ; les Communs comme juridictions ; savoirs, théories et techniques juridiques traitant des Communs

*Communs et États : interactions, arrangements institutionnels, co-évolutions ; tutelles étatiques directes ou indirectes ; enclosures ; Communs et fiscalité ; protection par les États et gouvernement étatique par les Communs

*Communs et pouvoir communal :histoire croisée

*Communs et marchés : produire pour soi, produire pour le marché ; enclosures privatives ; Communs, monétarisation et ethos marchand

*Interactions entre Communs : frontières ; coopération ; conflits ; circulation des acteurs, des ressources, des productions, des modes de fonctionnement

*Communs et sources non-écrites : histoire orale ; histoire visuelle ; sources archéologiques

 

Modalités de soumission et calendrier

Le colloque se tiendra les 14 et 15 novembre 2016, à l’EHESS 190-198 avenue de France 75013 Paris. Il se déroulera en français et en anglais, selon le principe de l'intercompréhension ("chacun dans sa langue").

Les propositions de communication (en français ou en anglais) sont à soumettre par courrier électronique à l’adresse : conference.history.commons@gmail.com, avant la date limite du : 1er juillet 2016.

Chaque proposition devra inclure : le nom, prénom et courriel du conférencier ; un CV d’une page max. ; un titre et un texte de proposition de 600 mots max. Les intervenants retenus verront leurs frais de déplacement et de logement pris en charge.

Les réponses aux propositions seront envoyées avant le 15 juillet 2016.

Références

  • Béaur G. et al. (13) (dir), Property Rights, Land Markets and Economic Growth in the European Countryside (13th-20th Centuries), Brepols, 2013

  • Congost R., Santos R., Contexts of Property in Europe. The social Embeddedness of Property Rights in Land in Historical Perspective, Brepols, 2010

  • De Moor T. (05), The Dilemma of the Commoners: Understanding the Use of Common Pool Resources in Long-Term Perspective,  Cambridge UP, 2005

  • Greer A. (12), « Commons and Enclosure in the Colonization of North America »,American Historical Review, 117, 2012, pp. 365-86

  • Hardin G. (68),« The Tragedy of the Commons », Science, 162, 1968, pp. 1243-1248

  • Neeson J. (93), Commoners: Common Right, Enclosure, and Social Change in England, 1700-1820, Cambridge UP, 1993

  • Ostrom E. (90), Governing the commons, Cambridge UP, 1990

  • Thompson E. P. (77), La guerre des forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, Paris, La Découverte, coll. « Futurs antérieurs », 2014 (1977)

  • Thompson E. P. (91), Les Usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre (XVIIe-XIXe siècle), Paris, éditions de l’EHESS-Gallimard-Seuil, 2015 (1991)

  • Vivier N. (98), Propriété collective et identité communale. Les biens communaux en France de 1750 à 1914, Publications de la Sorbonne, 1998

" Non contrarii, ma diversi " : la question de la minorité dans le regard des chrétiens et des juifs en Italie (début XVe - milieu XVIIIe siècle)

Appel à communication : date limite le 15 avril 2016

L’objectif de la rencontre est de réfléchir collectivement au regard porté par les juifs et les chrétiens sur la présence juive dans la société majoritaire, en questionnant la catégorie savante de « minorité ». Face à l’existence d’une minorité religieuse dans une société sans concept de laïcité, comment concevait-on une cohabitation viable ? On envisagera à la fois le cadre juridico-politique, les phénomènes culturels et les pratiques sociales et économiques.

Il s’agira de communication de 30 minutes en anglais, éventuellement publiées.

Des propositions de 500 mots au maximum devront être envoyées à Pierre SAVY (savy_pierre@yahoo.fr) et Alessandro GUETTA (alessandro.guetta@gmail.com)

Nous prenons en charge le voyage et deux nuits d'hôtel à Paris.

Versions anglaise et italienne sont disponibles à cette adresse : http://cej.ehess.fr/index.php?908

Organisateurs : Sylvie Anne Goldberg (Études juives – Centre de recherches historiques), Alessandro Guetta (Centre de recherches Moyen-Orient Méditerranée, INALCO) et Pierre Savy (Analyse comparée des pouvoirs, Université Paris-Est – Marne-la-Vallée)

Date limite de soumission : 15 avril 2016

Date des Journées d'études :  21 et 22 novembre 2016 

Lieu : l’École des hautes études en sciences sociales et l’Institut national des langues et civilisations orientales, Paris.

 

Traditions, transmissions, et représentations

Appel à communication : date limite le 30 avril 2016

Les études juives du CRH de l’Ehess organisent avec la Société des Études juives et la Commission française des archives juives et, avec le soutien financier de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, une rencontre des étudiants francophones qui se tiendra le mercredi 15 juin 2016, de 9 h 30 à 18 h 30, ensalle 015, rez-de-chaussée,bâtiment « Le France », 190-198 av. de France, 75013 Paris.

Cette année, les étudiants inscrits en thèse sont invités à présenter leurs travaux en les situant dans la problématique suivante : « Traditions, transmissions, et représentations ». Il s’agira de s’interroger sur l’ancrage de leurs problématiques, de leurs références théoriques, ainsi que des méthodes qu’ils utilisent dans leurs travaux, afin de contribuer au renouvellement scientifique des « études juives ».

Ce cadre devrait permettre de mesurer l'importance des études juives en langue française, d'en repérer les tendances et d’en favoriser la promotion tout en mesurant leur inscription dans les domaines des sciences humaines et sociales.

La journée se terminera par la remise du Prix de thèses en études juives, par Mireille Hadas-Lebel, présidente du jury organisé par la Société des études juives, la Commission française des archives juives et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (session 2016).

 Les propositions de participation sont à envoyer d’icile 30 avril 2016, à  Agathe Mayeres-Rebernik agathe.mayeres@gmail.com. Une participation aux frais de voyage de 100 € est envisageable pour les étudiants non parisiens.

 

Income, Wealth and social dynamics : A historical perspective

Appel à communication : date limite le 30 avril 2016

L’ambition de ce workshop, qui aura lieu à Gérone les 1er et 2 juillet 2016, est de revisiter les débats autour des niveaux de vie et les inégalités sociales dansles campagnes européennes, en s’interrogeant plus particulièrement sur le rôle des salaires et des autres types de revenus.

Trois thématiques seront privilégiées :

- La diversité des formes salariales et la question de la construction de séries de salaires. Qu’entend-on par salaire et comment documenter cette notion ?

- La structure et la nature de l’économie familiale particulièrement dans les zones rurales.

- L’impact des différents types de revenus perçus par les acteurs et des différentes modalités d’accumulation patrimoniale sur les dynamiques sociales et les processus de différenciation sociale

Les propositions sont à soumettre avant le 30 avril auprès de
Rosa Congost : rosa.congost@udg.edu

Le mariage dans l’Europe méditerranéenne de la fin du Moyen Âge à nos jours

Le mariage dans l’Europe méditerranéenne de la fin du Moyen Âge à nos jours

Appel à communication : date limite le 1er juillet 2016

Présentation

L’histoire sociale du mariage s’est fortement éloignée depuis quelques décennies de la seule problématique démographique de la mesure de la nuptialité (âge au mariage, célibat définitif) et de ses facteurs explicatifs, enjeux qui ont concentré l’attention des historiens lors des premières décennies de développement de la démographie historique.
Dans le cadre de cette rencontre internationale, nous nous proposons d’aborder l’histoire du mariage dans des perspectives renouvelées, mêlant démographie historique, histoire de la famille, histoire sociale, histoire religieuse et politique, anthropologie historique du rituel de mariage, histoire du droit.
Le champ de l’histoire de la famille a depuis ses origines dans les années 1960-1970 pris une orientation très internationale, fruit de l’action de chercheurs ayant un souci marqué du comparatisme (par exemple, Peter Laslett) et de la mise en place d’institutions et réseaux de recherches dépassant le cadre national ou du moins favorisant le dialogue entre les historiographies des différents pays européens (Société de démographie historique ; réseau « Family/Demography » de l’European Social Science History Conference). Sans nier la spécificité des parcours régionaux ou nationaux, bien au contraire, il est un fait que la compréhension des évolutions de la famille en Europe s’enrichit grandement de la mise en perspective des mutations locales. Ce colloque se fixe en conséquence comme objectif prioritaire de contribuer à un dialogue des différentes expériences nationales ou infra-nationales.


L’espace choisi comme référence sera l’ensemble des pays du pourtour européen de la Méditerranée et de la Mer Noire. Dans ce cadre spatial, se superposent différentes oppositions dont la littérature scientifique discute depuis longtemps la pertinence en matière d’histoire ou de sociologie de la famille : l’opposition Est/Ouest pour commencer, que l’on peut décliner à divers niveaux, par exemple entre Europe catholique et de la Réforme et Europe orthodoxe, cette dernière pouvant être aussi rapprochée de la zone de domination ottomane jusqu’au XIXe siècle, mais aussi entre Europe des démocraties populaires (sous influence soviétique directe, ou plus autonomes comme la Yougoslavie ou l’Albanie) et Europe atlantiste (Grèce et Turquie comprise), ou encore entre les deux Europes situées de part et d’autre de la ligne Trieste-Saint-Pétersbourg censée définir, depuis John Hajnal, deux modèles familiaux différents.
Au-delà de ces lignes de fractures supposées, d’autres éléments plaident en faveur d’une certaine unité. Les pays européens composant le pourtour méditerranéen ont souvent été décrits, sur le plan anthropologique, comme ayant connu des évolutions du mariage plus tardives à l’époque contemporaine par rapport à l’Europe du Nord. En histoire de la famille ou en anthropologie historique, un grand nombre de chercheurs s’interrogent sur la réalité d’un modèle familial « méditerranéen », qui serait marqué notamment par une implication forte de la parenté dans la vie sociale et familiale, un certain conservatisme des mœurs, et un individualisme moindre que dans l’Europe du Nord-Ouest. Cette idée, qui émerge dès les premiers travaux de l’Ecole de Cambridge, a été longuement discutée par des chercheurs issus des pays méditerranéens (voir, pour l’Italie, les travaux de Pier-Paolo Viazzo), mais elle a trouvé depuis deux décennies un renouveau sensible grâce aux analyses démographiques contemporaines comparant Europe du Sud et Europe du Nord au sein de l’Union européenne, notamment sur le plan des interactions intergénérationnelles (voir les travaux de David Reher).
Mais on peut également signaler d’autres parallélismes en envisageant la question du mariage du point de vue de son rapport aux formes du pouvoir étatique. Il est un fait que la plupart des pays de la zone ont connu au cours du XXe siècle, de manière durable, à l’exception du cas français, différents régimes de type autoritaire (franquisme, fascismes, communisme, ou encore dictature des colonels dans le cas grec), en tout état de cause, un développement tardif et fragile de la démocratie libérale. Ceci n’a, semble-t-il, pas été sans conséquence du point de vue de l’histoire de la famille, et plus précisément de l’histoire du mariage, et pas seulement du point de vue des évolutions législatives.


Thèmes des sessions

 a) Mariages civils vs mariages religieux

Le mariage est le lieu d’un conflit ou du moins d’une concurrence entre instances régulatrices, en particulier les Eglises et l’Etat. L’historiographie tend à privilégier un récit historique mettant en scène les acteurs institutionnels et s’interroge sur la mise en place des différents modèles législatifs. Rappelons que trois grands types de mariages civils peuvent être distingués : le mariage civil « subsidiaire » offert aux seuls couples qui n’ont pas accès au mariage religieux, seule union normalement reconnue par le droit étatique ; le mariage civil « optionnel » ouvert à tous les couples ne souhaitant pas célébrer leur union devant une autorité religieuse, le mariage religieux étant reconnu par le droit étatique ; le mariage civil « obligatoire », exigé de tous les couples désirant se marier pour être valide selon le droit, mais sans que cela n’empêche par la suite une cérémonie religieuse si les couples le désirent. Toutefois le recours aux différents types de cérémonies, le choix de se passer de l’une ou de l’autre, dans le contexte des législations existantes, doivent aussi être analysés et interprétés au niveau du terrain, c’est-à-dire des individus et des familles. Il s’agit de comprendre le jeu des acteurs entre ces deux formes qui peuvent être ou non exclusives l’une de l’autre. Par exemple, on pourra s’interroger sur la manière dont les acteurs se jouent des écarts en matière d’interdits entre législation civile et législation religieuse.


b) Divorces et séparations

Ce thème est relativement sous-traité en démographie historique, souvent laissé aux historiens du droit ou abordé essentiellement sous l’angle des procédures judiciaires civiles et religieuses. Une approche s’inscrivant dans une perspective d’histoire sociale ou de démographie historique serait bienvenue. Elle permettrait de mieux replacer dans le temps long le phénomène « contemporain » des ruptures d’unions. Sans entrer trop avant dans une histoire des législations nationales, on s’intéressera à la manière dont les couples se sont appropriés ou non les différents outils juridiques mis à leur disposition ou ont au contraire cherché à les contourner.


c) Les mariages mixtes

Les mouvements de populations contemporains, les migrations de masses qui affectent aujourd’hui de nombreux pays européens, et la mise en tête des agendas politiques dans les pays concernés des questions d’intégration ou d’assimilation ou encore de cohabitation religieuse sur des territoires ayant connu (apparemment, tout au moins) une certaine unité ethnique ou religieuse jusqu’à ces dernières décennies (ou qui du moins étaient officiellement proclamées), ont relancé de manière saisissante l’intérêt du monde académique pour la problématique des mariages mixtes, compris comme mariages interconfessionnels et/ou interethniques. Il suffit de citer ici le récent ouvrage Intermarriage throughout History, publié par Marius Eppel, Luminita Dumanescu et Daniela Iarza (Cambridge, 2014). Un regard historique de longue durée et la prise en compte des différentes approches nationales offrent d’évidence une source de réflexion utile. Les historiens savent que ces questions de mariages mixtes ont en effet mobilisé les sociétés anciennes presque autant que les contemporaines. La zone méditerranéenne et l’Europe balkanique, carrefour de communautés religieuses, territoires d’extension de diasporas, espace de déplacements plus ou moins forcés de populations, mais aussi de repeuplement, en fournissent une parfaite illustration.


d) La ritualisation du mariage

Le mariage est aussi une cérémonie et un processus rituel, dont les logiques fluctuent selon les pays, les Églises, les milieux, le contexte politique. Les évolutions historiques de la ritualisation matrimoniale constitueront le cœur de la session, mais on pourra aussi se concentrer sur la mise en scène de la parenté, des amis, du voisinage, des réseaux sociaux dans les rites nuptiaux. Sans entrer dans une histoire économique de l’alliance et, par exemple, de l’endogamie sociale et professionnelle, on s’intéressera à l’économie du mariage et de sa cérémonie. Les cadeaux de mariage, mais aussi les éléments du trousseau tels que les contrats de mariage les décrivent, permettent d’entrevoir certaines dimensions rituelles et symboliques du mariage. Disposer d’approches comparatives concernant les modalités de paiement des dots, la composition des trousseaux, les objets rituels qu’ils contiennent  serait souhaitable.
Plus largement, pour analyser l’organisation des cérémonies religieuses ou civiles et leurs évolutions, et celles des fêtes qui entourent la cérémonie elle-même, on privilégiera des approches comparatives ou les contextes d’unions mixtes sur le plan ethnique ou religieux qui sont les plus à mêmes de mettre en évidence les spécificités de chaque rite.  


Calendrier et dispositions pratiques de l’appel

Les propositions (titre, résumé d’une page maximum, bref CV) devront parvenir en français, grec, italien, espagnol ou anglais par mail (cf. plus bas) aux organisateurs avant le 1er juillet 2016. Elles seront examinées et évaluées par les organisateurs du colloque, faisant fonction de comité scientifique. La sélection des communications sera communiquée aux proposants avant le 1er octobre 2016.
Envoyez simultanément à
vincentgourdon@orange.fr ; fabrice.boudjaaba@ehess.fr


Le colloque se déroulera sur deux jours et comportera quatre sessions successives (pas de sessions parallèles), chacune de 4 ou, à la rigueur, 5 papiers. On pourra accepter des présentations dans trois langues : grec, français, anglais. Un résumé conséquent et un powerpoint détaillé dans une autre langue que celle d’exposition seront exigés de manière à garantir une compréhension générale des communications.
Chaque session comportera un ou deux discutants pour  commenter les communications. Les textes seront donc attendus pour le 1er aout 2017 pour permettre aux discutants de préparer les séances et aux différents intervenants de lire en avance leurs contributions respectives.
Le colloque aura lieu les 21-22 septembre 2017 et  fera l’objet d’une publication plurilingue en Grèce.


Institutions mobilisées

Le colloque est organisé par l’université d’Athènes, avec le soutien de l’Ecole française d’Athènes, du Centre de recherches historiques (unité mixte de recherches CNRS/Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), du Centre Roland Mousnier (unité mixte de recherches CNRS/université Paris-Sorbonne).
Le colloque est également soutenu par la Société de Démographie Historique, principale société savante européenne dans ce champ thématique.


Organisateurs

  • Fabrice Boudjaaba, historien de la famille à l’époque moderne et contemporaine, chargé de recherches au CNRS, au CRH (EHESS), secrétaire général de la Société de Démographie Historique ;

  • Eugenia Bournova, professeur en histoire économique et sociale contemporaine au Département de Sciences Economiques à l’Université d’Athènes ;

  • Michael Gasperoni, historien, membre de l’Ecole française de Rome,

  • Vincent Gourdon, historien de la famille à l’époque moderne et contemporaine, directeur de recherches au CNRS, au Centre Roland Mousnier (Paris-Sorbonne) ;

  • Olga Katsiardi-Hering, professeur d’histoire au Département d’Histoire et d’Archéologie à l’Université d’Athènes.

Zonages. Une histoire comparée des périmètres de protection,  d’exclusion et de développement (18e-20e siècles)

Zonages. Une histoire comparée des périmètres de protection, d’exclusion et de développement (18e-20e siècles)

Appel à contributions - Date limite : 1er octobre 2016

Présentation

Nous vivons dans un monde de zones, de parcs naturels, de zones d’intérêt écologique, de zones d’activité commerciale ou industrielle, de zone d’aménagement, d’abords de monuments historiques, etc. Ces périmètres spéciaux prétendent conserver des objets, des êtres ou des espaces patrimonialisés, naturels ou bâtis, protéger les personnes et les propriétés contre des activités perçues comme dangereuses ou désagréables, garantir l’accès (rivages, marche-pieds) ou au contraire l’interdire (zones protégées ou contaminées), mais aussi développer, promouvoir certaines activités en leur offrant un lieu et un cadre d’exception (zone franche), parfois en reportant dans un espace limité ce qu’on a interdit ailleurs.

Ces multiples périmètres sont souvent considérés comme des phénomènes récents, remontant au mieux à la dernière guerre, alors que le terme même de « zone » migre du vocabulaire climatique vers le vocabulaire militaire dans les années 1790 (zones de frontière et zones de servitude autour des places fortes). Le droit de l’Ancien Régime est d’ailleurs déjà fortement marqué par la localisation différenciée des activités – territoires affranchis des corporations, espaces dédiés aux activités insalubres, etc. Que ce soit dans le droit romain ou dans la common law, l’idée que l’on peut délimiter un périmètre pour l’attribuer à une activité spécifique, y restreindre les usages, et plus généralement y créer des droits différents – dérogeant au droit commun – a une longue histoire. Par ailleurs, la plupart de ces périmètres sont saisis dans des historiographies différentes qui ne discutent guère entre elles (les parcs naturels, les abords des monuments historiques, les zones d’interdiction de la publicité, etc.), alors que les outils législatifs et administratifs présentent des régularités assez frappantes. Enfin le zonage est surtout considéré comme un phénomène urbain, caractéristique des politiques de la ville – le terme zoning est réservé dans l’historiographie américaine à l’urbanisme alors qu’on emploie le plus général land use regulation pour les contextes ruraux, comme si les deux phénomènes n’étaient pas liés.

Ce colloque souhaite donc réunir des chercheurs travaillant sur l’un au moins de ces outils du zonage – c’est-à-dire toutes les pratiques qui délimitent des périmètres de droits spécifiques, au-delà du terme de zone – afin de les comparer dans la longue durée, du 18e au 20e siècle. Les contributions se concentreront sur les dimensions procédurales du zonage : quelles institutions, quels acteurs, procèdent au zonage, via quelles formalités, avec quelles résistances ? En quoi consiste ce zonage, quels droits cherche-t-on à modifier, comment le justifie-t-on ? On tentera donc de s’intéresser surtout aux dispositifs de zonage, plutôt qu’aux zones en tant que telles.

On s’intéressera tout d’abord à la manière dont les périmètres sont définis. S’agit-il de délimiter un objet présenté comme naturel – un marais, une forêt, etc. – dans lequel les droits sont reconfigurés ? Qualifier un terrain de marais, c’est donner la possibilité à des entrepreneurs de se l’approprier. Qualifier un terrain de forêt, c’est restreindre les usages possibles dans cet espace. S’agit-il, au contraire, d’étendre l’objet visé par le zonage en l’augmentant d’une distance donnée, d’un rayon ? Ainsi les abords des monuments historiques ou les limites d’approches des exploitations souterraines, mines et carrières. On pourrait ici comparer des débats visant à maintenir des rayons fixes, ou à laisser à l’administration un degré de liberté dans la définition ou l’adaptation au contexte de ces rayons. On pourrait s’intéresser à ce qui justifie l’adoption d’un rayon plutôt qu’un autre. Lorsqu’on ne prétend pas couvrir un objet « naturel » ou étendre par rayon la protection ou la concentration, comment justifie-t-on la définition d’un périmètre d’exception arbitraire – ce qui est le cas tant des projets d’infrastructure (la route pourrait passer ailleurs, la zone d’activité s’arrêter un peu plus près ou plus loin) que des projets de classement de toutes sortes (routes, parcs naturels, etc.)

On s’intéressera également à la nature des droits qui sont modifiés par le zonage, et à l’écart possible entre les justifications et les résultats. S’agit-il de permettre une réappropriation, un transfert de propriété ? S’agit-il d’imposer des servitudes, de passage, d’entretien, etc., de restreindre les droits d’usage, d’orienter les pratiques et les activités ? S’agit-il de garantir ou d’augmenter la valeur immobilière ? Comment la protection s’articule-t-elle avec l’exclusion ? L’histoire environnementale a bien montré que la protection des espaces naturels passe par leur redéfinition en profondeur, et en particulier par l’exclusion d’un grand nombre de personnes et d’activités qui avaient façonné ces espaces et avaient sur eux des droits anciens. De même qu’il y a eu des « réfugiés de la conservation », peut-on dire qu’il y a eu des « réfugiés du zonage » ? Dans quelle mesure le zonage est-il cumulatif : est-ce que l’on zone d’autant plus un espace qu’il a déjà été l’objet de mesures similaires ? Est-ce que le zonage accumule d’un côté les privilèges et les protections et de l’autre les pauvretés, les marginalités ? On peut aussi se demander comment la protection, la patrimonialisation, s’articule avec le développement : qui protège-t-on, qui exclue-t-on, pour favoriser quel type de développement ? L’intérêt de réunir des chercheurs travaillant sur des types de zonage très différents, c’est justement d’interroger si la protection d’un patrimoine naturel ou bâti fonctionne d’une manière si différente des restrictions ou encouragements qui entourent diverses activités industrielles ou commerciales, ou des politiques de concentration des nuisances (quartiers réservés).

Enfin, on s’intéressera très précisément aux outils administratifs et législatifs mis en œuvre dans chaque type de zonage : comment procède-t-on au zonage ? Un règlement suffit-il, faut-il exproprier, faire passer une loi, ou le zonage opère-t-il au contraire hors de tout cadre officiel ? Il faut, en effet, s’interroger, au-delà des actions des autorités, sur la capacité des acteurs à produire des zonages de facto, c’est-à-dire des exclusions ou des concentrations d’activités ou de personnes dans des périmètres donnés. Ainsi, par exemple, les banlieues blanches états-uniennes d’après-guerre qui se préservent, via les professionnels de l’immobilier, contre la mixité raciale.

 

Modalités de soumission et calendrier

Le colloque se tiendra les jeudi 16 et vendredi 17 mars 2017 au Centre de recherches historiques de l’EHESS, à Paris.

Les propositions de communication sont à soumettre par courrier électronique à l’adresse histoireduzonage@gmail.com, avant le 1er octobre 2016.

Chaque proposition devra inclure, les nom et courriel du conférencier, un CV d’une page, un titre et un texte de proposition de 600 mots maximum.

Les intervenants retenus verront leurs frais de déplacement et de logement pris en charge.

Les réponses aux propositions seront envoyées avant le 1er novembre 2016.

Fiche éditeur : http://grhen.ehess.fr/
Usines en bord de Seine  Les territoires de la Seconde Révolution industrielle  du XXe au XXIe siècle

Usines en bord de Seine Les territoires de la Seconde Révolution industrielle du XXe au XXIe siècle

Appel à communication - Date limite : 15 septembre 2016

Présentation

Colloque historique international

Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande & GrHis EA3831

Duclair (Seine-Maritime), les 16 et 17 novembre 2017


La basse vallée de la Seine, comme bien d’autres espaces similaires, en France ou dans le reste du monde, est marquée à partir de la Première Guerre mondiale par une vague d’industrialisation d’un nouveau type : le « tournant taylorien » (Patrick Fridenson), issu de la généralisation des méthodes de travail à la chaîne théorisées par l’ingénieur américain Frederick Taylor avant la guerre, bouleverse les systèmes productifs à plusieurs échelles, jetant les bases de la « Seconde Révolution industrielle ».

L’histoire de cette mutation, relativement moins connue que la Première Révolution industrielle du XIXe siècle, est au centre des questions que ce colloque vise à explorer : quel rôle joue le contexte exceptionnel de la Première Guerre mondiale dans la poussée industrielle qui marque en profondeur la période ? Dans quelle mesure la guerre renouvelle-t-elle « les logiques de l’entreprise » (Aimée Moutet), non seulement du point de vue de la rationalisation de son système technique, mais également de ses relations sociales de travail ou encore de ses rapports à l’État et au marché ? Comment, surtout, la Seconde Révolution industrielle, plus encore que la première, modifie l’organisation du territoire, c’est-à-dire de l’espace vécu, en faisant évoluer les jeux d’échelles du local au national et du national au global ? Le tournant « taylorien » ne cache-t-il pas un autre tournant, de plus grande portée encore, celui de la « mondialisation » des hommes, des capitaux et des informations ?

Autant de questions qui n’appartiennent pas qu’au passé mais conduisent jusqu’à nos jours. L’histoire de la Seconde Révolution industrielle, de son projet de société, de son modèle économique et des modalités de son rapport au territoire, éclaire bien entendu tout le reste du XXe siècle, de la crise de 1929 à la croissance des Trente Glorieuses. Mais elle donne aussi tout son sens à la désindustrialisation qui frappe de plein fouet depuis les années 1970 les territoires usiniers et les sociétés ouvrières locales qui en vivaient.

Les propositions de contribution s’efforceront de prendre en compte certains aspects de ce questionnement, sur la base de la bibliographie existante et de sources originales, en particulier d’archives primaires et/ou publiées. L’approche pourra aussi bien être historique que patrimoniale.

Comité de pilotage : François Bost, Olivier Feiertag, Patrick Fridenson, Florence Hachez-Leroy, Isabelle Lespinet-Moret, Gaëlle Le Floc'h, Marine Simon et Laurent Warlouzet

 

Modalités et calendrier

Langues de travail : Français et Anglais

Les projets de communications (titre de la contribution, présentation d’une quinzaine de lignes, comportant la mention des sources envisagées, court CV) doivent être envoyés avant le 15 septembre 2016 à : Marine Simon (marine.simon@pnr-seine-normande.com).

Le résultat de l’évaluation des propositions de contribution par le comité d’organisation sera connu le 30 octobre 2016.

Les contributeurs retenus s’engagent à fournir avant le 15 septembre 2017 un résumé de leur intervention d’un volume d’environ 5 000 signes, espaces compris.

Les organisateurs du colloque prendront en charge le financement des déplacements à Duclair et l’hébergement des contributeurs pendant la durée du colloque.

Fiche éditeur : http://grheco.ehess.fr/
Le genre en histoire

Le genre en histoire

Appel à communication - Date limite du dépôt : 1er décembre 2016

Le genre, à la fois comme objet d’étude et comme outil pour les historien.nes occupe une place de plus en plus importante dans les questionnements et les travaux scientifiques, mais il est également devenu plus visible au niveau institutionnel. Suite à la création du groupe « histoire du genre » au sein du Centre de Recherches Historiques, la volonté d’initier une rencontre entre doctorant.e.s travaillant sur cette question est devenue nécessaire. L’enjeu de cette rencontre est de faire se rencontrer et créer un dialogue entre les doctorant.e.s en histoire de l’EHESS qui font du genre leur objet d’étude ou qui l’utilisent comme un outil dans leur travail de thèse. 

Les communications pourraient porter sur 3 aspects :

1°. Les problèmes méthodologiques.

Les interventions peuvent notamment proposer une réflexion sur les écueils rencontrés par les doctorant.e.s induits par la nature même des sources utilisées pour étudier le genre, ou par la perspective de genre qui transforme le rapport aux sources. En effet les silences des sources, ou les biais de genre qu’elles induisent ont bien été soulignés par les chercheur.e.s en histoire des femmes et du genre depuis les années 1980[1].

2°. Une réflexion épistémologique sur le genre et ses usages.

Les doctorant.e.s seront invité.e.s à replacer leur travail au sein d’une dense réflexion sur le concept de genre qui occupe les milieux universitaires depuis les années 1960 à travers le monde. La communication pourra également porter sur l’apport du genre à d’autres débats historiographiques.

3°. L’utilisation du genre comme catégorie d’analyse.

Depuis les travaux de Joan Scott, le genre ne cesse d’être manié par les historien.ne.s comme outil d’analyse[2]. Ainsi les interventions pourront également montrer à travers un exemple précis l’intérêt de l’utilisation du concept de genre dans l’analyse des comportements, des identités et des normes sexuelles passées.

Comité scientifique : Laura Cayrol Bernardo (doctorante, EHESS/Université d’Oviedo), Nassima Mekaoui (doctorante, EHESS), Marion Philip (doctorante, Paris IV/EHESS) et Laura Tatoueix (doctorante, Université de Rouen/EHESS)

 

Modalités et calendrier

La journée est ouverte à tous les doctorant.e.s en histoire de l’EHESS qui intègrent le genre à leur problématique. Toutes les périodes, aires culturelles et thématiques sont les bienvenues.  Les communications, d’une durée maximale de 30 minutes, seront suivies d’un temps de discussion.

Les propositions de communication, d’un maximum de 3000 signes, accompagnées d’une courte biographie devront être envoyées à marion.philip@laposte.net et laura.cayrolbernardo@ehess.fr avant le 1er décembre 2016.

Cette journée d'étude des doctorant(e)s aura lieu le 24 février 2017.

 

Site du groupe Histoire du Genre

 

 

 

 



[1]Notamment « La pratique de l’histoire au féminin : la question des sources », Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes et du genre, Lyon, ENS Éditions, 2007, p. 71.

[2] Joan W. Scott, « Le genre : une catégorie utile d’analyse historique », Les Cahiers du GRIF, vol. 37, n°1, 1988, p. 125-153, [1986] ;  De l’utilité du genre, Paris, Fayard, 2012.

Le patrimoine industriel entre action et réflexion

Le patrimoine industriel entre action et réflexion

Date limite de dépôt : 5 septembre 2016

En octobre 2014 disparaissait Louis Bergeron, directeur d'études à l'EHESS, président d'honneur du CILAC et de TICCIH –The International Committee for the Conservation of the Industrial Heritage, dont le rôle dans le champ du patrimoine industriel en France comme à l'étranger fut très important.

Homme de réflexion devenu acteur de terrain, il a accompagné et influencé nombre de structures – associatives, muséales, culturelles – et d'hommes et de femmes issus de milieux très divers, tous passionnés par le patrimoine matériel et immatériel de l'industrie.

Après l’hommage qu’il lui a rendu lors du XVIe congrès de TICCIH, le CILAC souhaite organiser deux journées d'étude les 2 et 3 décembre 2016, lors de son prix Jeune chercheur, afin de revenir sur le chemin parcouru depuis la fin des années 1970, et de saisir les multiples façons, directes et indirectes, par lesquelles s'est exercée l’influence de Louis Bergeron. Elles se dérouleront à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, 4 place Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris.

Plusieurs pistes sont proposées sans être exhaustives :

- Les associations : l’action de L. Bergeron au sein du CILAC comme de TICCIH s’est exercée à différentes échelles et périodes, auprès d’institutions et sur des modes qu’il s’agira de retracer (conseil, mise en réseau, structuration, définition des objectifs, etc.)

- Une communauté de chercheurs : directeur d’études à l’EHESS, L. Bergeron a non seulement formé des étudiants devenus chercheurs à leur tour,  mais aussi intéressé à son domaine ses collègues. De quelles transmissions générationnelles s’agit-il ?

- Des lieux, des hommes et des femmes : musée, écomusée, centre d’interprétation, paysage culturel, autant d’espaces où s’est illustrée la présence de L. Bergeron qui fut président de l’Écomusée du Creusot.

- Ses écrits. En plus de la revue Industrial Patrimony, ses ouvrages ont été importants, notamment dans l'espace francophone, pour des raisons différentes, comme :

  • Le patrimoine industriel, un nouveau territoire,Paris, Éditions Liris, 1996 (avec G. Dorel-Ferré) avec une première réflexion épistémologique sur ce nouveau champ

  •  Le patrimoine industriel aux États-Unis, Paris, Hoëbeke, 2000(avec M.-T. Maiullari-Pontois) pour faire découvrir à la communauté francophone les réalisations américaines dans ce domaine.
    De nombreux articles ont également été largement lus et diffusés, tels que ses notices dans l’Encyclopædia Universalis. Il s’agira ici de comprendre l’influence et les apports de cette littérature sur laquelle il est toujours possible de prendre appui et de voir dans quelle direction s’oriente aujourd’hui la réflexion dans ce champ.

- L’approche comparée et le développement de réseaux internationaux dans le champ du patrimoine industriel.

Cette manifestation sera l’occasion de rappeler l’apport intellectuel et l’action sur le terrain de Louis Bergeron dans le patrimoine industriel, mais surtout de poser ces questionnements pour aujourd’hui et demain en donnant la parole aux associations, aux chercheurs et aux étudiants qui, aujourd’hui, s’inspirent de ses travaux.

La date limite d'envoi des propositions est fixée au 5 septembre. Le résumé d’une vingtaine de lignes, accompagné d’une présentation de l’auteur, est à envoyer à cilac@cilac.com. Réponse prévue pour le 1er octobre.

La prise en charge des déplacements sera possible dans la limite du budget disponible.

Comité scientifique :

  • Louis André, Maître de Conférences, Univ. Rennes 2

  • Claudine Cartier, Conservateur général honoraire du patrimoine, ministère de la Culture et de la Communication

  • Gracia Dorel-Ferré, IPR, Univ. de Savoie

  • Marina Gasnier, Maître de conférences, HDR, Univ. de technologie de Belfort-Montbéliard

  • Florence Hachez-Leroy, Maître de conférences, HDR, CRH/EHESS – Comue Lille Nord de France

  • Ivan Kharaba, Académie François Bourdon

  • Massimo Preite, Professeur des universités, Univ. de Florence

  • Denis Woronoff, Professeur des universités émérite, Univ. Panthéon Sorbonne

http://www.cilac.com/
http://ticcih.org/

 

Lieu du colloque

Société d'encouragement pour l'industrie nationale
4, place saint-Germain des Prés
75006 Paris

 

Les préfets dans la

Les préfets dans la "modernisation" de la France, 1953-1972

Appel à communication - Date limite de dépôt : le 31 janvier 2017

Présentation

Majoritairement composé d'universitaires, le Comité pour l’histoire préfectorale du ministère de l’Intérieur a pour mission de mettre en œuvre et de financer des manifestations de tous ordres visant à favoriser les travaux de recherche universitaire sur le rôle des préfets et des préfectures depuis la création de cette fonction par le Consulat, au tout début du XIXe siècle.

C'est ainsi qu'en 2016 il a organisé trois rencontres scientifiques, à Lyon (janvier), Caen (mai) et Paris (octobre) sur le thème « Préfets et préfectures durant la Seconde Guerre mondiale ». Significatif de sa volonté de rapprocher les mondes, si cloisonnés dans notre pays, des chercheurs et des décideurs est le fait que trois des communications du colloque de Paris furent prononcées par des membres du corps préfectoral. Dans le même ordre d'idées se tiendra à Paris, à l'automne 2017, un colloque, co-organisé avec le Centre de Sociologie des Organisations (UMR 7116 CNRS/Institut d'études politiques de Paris), consacré au rôle des préfets dans ce qu'il est convenu d'appeler les politiques de modernisation conduites par la Quatrième République puis par la Cinquième République gaullienne.

Sans que ces dates aient à être considérées comme intangibles, les bornes chrono­logiques envisagées à ce stade iraient de 1953 à 1972 : la première vit édicté le décret du 26 septembre 1953 réformant les pouvoirs des préfets, celle de fin correspond tant à la loi créant les établissements publics régionaux – en choisissant donc de ne pas faire de la région une collectivité territoriale de plein exercice – qu'au début de la mise en œuvre du Sixième Plan (1971-1975), dont les objectifs ambitieux de développement industriel et de rééqui­librage Paris-Province se brisèrent sur le choc pétrolier de 1973 et la crise économique mondiale qu'il engendra.

Choisir de travailler ainsi sur une durée moyenne, en s'affranchissant des segmentations de l'histoire politique constitutionnelle, vise à tenter de se replacer dans les logiques internes au corps préfectoral, à mi-chemin de la longue durée des carrières – rappelons, à titre de symbole, que dans le gouvernement que constitue le général de Gaulle en juin 1958 le ministère de l'Intérieur est confié au préfet de la Seine Émile Pelletier, qui occupa son premier poste dans la préfectorale en 1920, sous la Troisième République, et accéda, pour un bref temps il est vrai, aux fonctions de préfet régional sous Vichy – et du temps court de la décision administrative et du calendrier politique, ce dernier particulièrement instable sous la Quatrième République.

La prise en compte de ces deux décennies informe également sur la gestion du corps, dont on entend faire un axe fort du colloque. En 1953 en effet, on peut considérer comme achevée la phase de remise en ordre née de l'épuration et du renouvellement des personnes grâce à l'entrée d'hommes issus de la Résistance au sein du corps préfectoral. En 1972, ce dernier voit sa physionomie largement modifiée par l'accès massif aux postes préfectoraux des anciens élèves de l'ENA. Rappelons à cet égard qu'un matériau pratiquement inédit reste à exploiter avec les rapports et comptes rendus que les élèves de cette école rédigent à l'issue de leur stage en préfecture, ensemble qui permet de lire près de soixante-dix ans d'histoire administrative de l'organisation territoriale du pays.

De la même manière que les rencontres de 2016 portaient chacune le nom d'une figure importante mais méconnue du ministère de l'Intérieur durant la période concernée (Édouard Bonnefoy à Lyon, Pierre Daure à Caen, Adrien Tixier à Paris), le colloque de 2017 se veut aussi hommage à Stanley Hoffmann (1928-2015), politiste franco-américain dont les travaux pionniers se proposant d'aller, dès 1963, à la recherche de la France, ont inspiré plusieurs générations de chercheurs résolus à mieux comprendre les mécanismes de fonctionnement de la machinerie politico-administrative française. Une ou plusieurs communications relatives à l'œuvre de S. Hoffmann seront ainsi les bienvenues.

Les autres pourraient porter – sans que la liste figurant ci-dessous soit limitative – sur :

1/ Sources et matériaux

  • Les sources papier : archives publiques, fonds privés

  • Quelles sources audio-visuelles ? (INA)

  • Les campagnes de témoignages oraux recueillis, paroles d'acteurs encore vivants

  • Les recherches menées à l'époque (commissions du Ve Plan, lien entre administration et recherche)

  • Travaux d'histoire économique, d'histoire urbaine (Groupe d'études des villes nouvelles)

2/ Portrait d'un corps

  • Le service des préfets au sein de l'administration centrale et les modalités de gestion du corps

  • Réformes statutaires et mouvements préfectoraux

  • Étude de cohortes et analyses des effets de générations (Résistance, l'expérience algérienne, montée en puissance des élèves de l'ENA, l'impact de mai 68, etc.)

  • Construire sa carrière (parrainage d'élus puissants, passage en cabinet, sillage de hauts fonctionnaires influents, etc.)

  • Adapter le corps à ses tâches nouvelles : diversification du recrutement, formation, etc.

  • Au sein du corps : les "grandes figures" et les autres

3/ Ministère de l'Intérieur et corps préfectoral face aux réformes institutionnelles

  • La réformes de 1964 : les partenaires institutionnels et leurs stratégies

  • Le chemin tortueux et inachevé vers la régionalisation

  • Acteurs centraux : de Gaulle, Pompidou, Guichard, Monod et leurs collaborateurs

  • Acteurs locaux : que faire des /comment faire avec les "barons" locaux ?

4/ Les préfets, bras armé de la modernisation des territoires ?

  • Qu'est-ce que la "modernisation" ? grammaires et rhétoriques de l'action préfectorale

  • Préfets et services extérieurs des ministères : résistances et collaboration

  • Unicité du modèle administratif, diversité des réalités territoriales (ville/campagne, Paris/province, nord/sud, plaine/montagne, etc.)

  • Repenser l'aménagement des territoires, repenser l'organisation des préfectures

  • Gérer les tensions dues à la modernisation (grèves, agitation rurale, etc.)

Modalités de l’appel à contributions

Les personnes intéressées par ces thèmes et disposées à intervenir lors de ce colloque, qui se tiendra en novembre 2017[1] à Paris, sont invitées à se faire connaître en adressant avant le 31 janvier 2017 un CV résumé, ainsi qu'une courte note (1.500 à 2.500 signes) précisant le titre et un résumé de leur proposition d’intervention, à :

- Mme Catherine Grémion, directrice de recherches émérite au CNRS, coordinatrice scientifique du colloque : c.gremion@cso.cnrs.fr

- M. Marc Olivier Baruch, vice-président du comité pour l’histoire préfectorale, directeur d’études à l’EHESS : baruch@ehess.fr

Les propositions seront évaluées par un comité scientifique composé de Mmes et MM. Marc Olivier Baruch (EHESS-CRH), Emmanuel Bellanger (CNRS-CHS), Olivier Borraz (CNRS-CSO), Violaine Challéat-Fonck (Archives nationales), Alain Chatriot (Sciences Po-CHSP), Olivier Dard (Université Paris IV-SIRICE), Florence Descamps (EPHE), Jean-Pierre Duport (ACPHFMI), Catherine Grémion (CNRS), Patrick Le Lidec (CNRS-CEE), Pierre-André Peyvel (Comité pour l'histoire préfectorale), Jeanne Siwek-Pouydesseau (CNRS).

[1]Plus précisément entre le 15 novembre et le 15 décembre ; la date exacte sera communiquée dès qu'elle sera arrêtée.

Les défis de développement pour les villes et les régions dans une Europe en mutation

Les défis de développement pour les villes et les régions dans une Europe en mutation

Appel à communications - Date limite : 1er mars 2017

Présentation

Dans le cadre du colloque de l'Association de Science Régionale de Langue Française (ASRDLF) qui se tiendra cette année conjointement avec celui de la section grecque de l'European Regional Science Association (ERSA) à Athènes du 5 au 7 juillet 2017, nous avons le plaisir de vous proposer une session spéciale intitulée : Décroissance urbaine et enjeu local.

Dans l’imaginaire collectif, ville, urbanisation et croissance urbaine font partie d’un même tout. Or, depuis toujours les villes connaissent des phases de pertes de populations et des crises plus ou moins longues. Le contexte contemporain de mondialisation renforce et fait entrer de nouveaux territoires dans ce processus. Les villes sont aujourd’hui soumises à des dynamiques socio-économiques, politiques et environnementales parfois antagonistes : métropolisation, étalement urbain, mutations du marché immobilier, réorganisation du système productif, etc., le tout dans un contexte de profonds changements démographiques. En effet, les villes ne sont plus, toutes, des pôles attractifs de croissance et la crise économique depuis 2008 accentue ces dynamiques régressives, ainsi que les disparités existantes.

L’Europe est particulièrement impactée par cette dynamique. Ce processus mondial possède cependant une dimension profondément ancrée dans la réalité locale. S’ensuit un réel défi pour le développement local des villes européennes, qui fait l’objet de cette session.

Axes de travail

Nous souhaitons examiner la prise en compte de ces profondes mutations urbaines  par les politiques publiques qu’elles soient nationales ou locales. Afin de saisir toute la complexité à l’œuvre dans les réponses qu’elles tentent d’apporter, il est nécessaire de mettre en œuvre une approche interdisciplinaire. En outre, nous souhaitons faire du local à la fois l’observatoire et l’objet du questionnement sur la décroissance urbaine.
Plusieurs axes de réflexion sont proposés de manière non exhaustive :

D’une part, il s’agira de travailler sur la diversité et la réalité des réponses proposées par les politiques publiques et l’aménagement des villes en Europe. On observe une véritable différenciation géographique dans le processus, sa reconnaissance et la recherche de solutions qu’il s’agisse de l’échelle locale, régionale ou nationale. Cette différenciation est visible dans la sémantique utilisée mais également dans les référents en jeu.

Un deuxième axe vise à étudier les effets locaux de la décroissance urbaine et notamment à comprendre comment ce processus met en question le projet de développement local et ouvre la voie à des réponses alternatives au paradigme de la croissance économique et urbaine.

Un troisième axe pourra avoir trait aux dimensions de réversibilité ; la masse du phénomène cache une réelle instabilité de la décroissance urbaine, un certain nombre de villes pouvant être désormais considérées comme résurgentes

Vous trouverez plus d'information ici : http://asrdlf2017.com/sessions/s24-decroissance-urbaine-et-enjeu-local

Comité de pilotage 

Beatriz Fernandez (Universidad Politecnica de Madrid, CRH - GEI-GGH-Terres) (Sarah Dubeaux (doctorante ENS-Paris), Marie-Vic Ozouf-Marignier (EHESS-CRH), Emmanuèle Cunningham-Sabot (directrice du département de géographie de l’ENS Paris)

 

Calendrier et condition de soumission

La date limite pour le dépôt de vos propositions de communication est fixée au 1er mars 2017. Elles doivent être directement effectuées sur le site, au bouton "j'envoie mon résumé" en spécifiant bien qu'il s'agit de la session spéciale S24.

Enquêter sur les réputations

Enquêter sur les réputations

Appel à communications - Date limite : 20 février 2017

Présentation

Cette journée d’études, organisée par Adeline Denis, Sarah Kolopp et Guillaume Lancereau, avec le soutien du Centre Maurice Halbwachs et du Centre de Recherches Historiques, se donne pour objectif d’analyser les fondements et les formes des dynamiques réputationnelles, leurs effets sociaux, politiques et culturels, ainsi que les outils dont disposent les chercheurs pour les objectiver. Si les réputations attachées à des acteurs ou des collectifs sont ici prioritairement concernées, des enquêtes portant sur les réputations d’objets ou d’institutions pourront être mobilisées à titre de comparaison.

Les logiques réputationnelles structurent, à un degré et selon des modalités variables, l’expérience individuelle et collective du monde social, en particulier au sein d’univers professionnalisés (artistiques, académiques, politiques, financiers, etc.) fortement soumis aux enjeux de confiance des pairs, de distinction et de singularisation, de notoriété et de célébrité, ou encore de neutralisation des rumeurs.

En dépit de l’intérêt scientifique suscité par la question des réputations, le développement d’investigations au sein de traditions de recherche relativement indépendantes a abouti à un obscurcissement des frontières de cet objet et à une fragmentation des travaux empiriques. De la fama antique et médiévale (Gauvard, 1993 ; Guenée, 2008) aux effets politiques et sociaux du régime moderne de célébrité (Chappey, 2013 ; Lilti, 2014), en passant par les avatars humanistes de la renommée littéraire (Burckhardt, 1958 ; Destemberg, 2016), l’étude historiographique des dynamiques réputationnelles se concentre largement sur les univers de production culturelle, en même temps qu’elle redynamise des questionnements parfois anciens sur le phénomène de la rumeur (Bloch, 1921 ; Gotteland, 2001), du scandale et de la dispute (Lilti, 2007 ; Prochasson, Rasmussen, 2007 ; Waquet, 2010). Les ethnographes, qui s’appuient en partie sur les bavardages et commérages pour dévoiler les formes d’organisation des communautés ou milieux d’interconnaissance, ont peu thématisé ce fait social, exceptés les cas où les gossips ont été identifiés comme moteurs et résultats de luttes de statuts (Gluckman, 1963 ; Elias, 1965) utiles à la compréhension des relations de pouvoir (Bailey, 1971). Dans la même lignée, certains politistes américains ont mobilisé la notion de réputation pour rendre compte des modalités de construction d’un leadership local (Hunter, 1953 ; Freeman et al., 1963), sans que cette direction de recherches ne soit réellement réactualisée, du moins jusqu’à récemment (Fisher & Sciarini, 2015). La sociologie française a essentiellement appréhendé les réputations à l’œuvre dans les univers culturels et politiques par le biais des concepts de capital symbolique (Bourdieu, 1994 ; Dubois, 2009 ; Cousin & Chauvin, 2010), ou de valeur, de grandeur et de singularité (Heinich, 1999 ; Karpik, 2007). La sociohistoire des champs intellectuel et littéraire a ainsi donné plusieurs pistes fécondes pour saisir les luttes et les mécanismes par lesquels opèrent la reconnaissance et la consécration littéraire (Sapiro, 1999 ; Casanova, 1999).

Ainsi, il apparaît que les réputations, parce qu’elles colorent les relations sociales et se trouvent au fondement de rapports de pouvoir, méritent une attention renouvelée. L’enjeu de cette journée d’études consiste donc à dresser un bilan de ces investigations au moyen d’un dialogue résolument interdisciplinaire, axé autour d’une série de questions : comment les sciences sociales enquêtent-elles sur les phénomènes de réputation ? Inversement, que font les réputations au monde des sciences sociales ? Une approche empirique et réflexive en termes de réputation peut-elle apporter un nouvel éclairage sur les conditions sociales, souvent invisibilisées, de fonctionnement d’espaces sociaux au sein desquels les enjeux symboliques sont prééminents ? Au niveau structurel, comment cette approche peut-elle être mobilisée pour rendre intelligibles des positions ou des carrières au sein de ces espaces ? Sur un plan interactionnel, quels outils nous permettent d’expliciter le façonnement et les usages de la réputation comme ressource ou comme stigmate, ainsi que les stratégies et les contraintes liées à ces usages ?

Plusieurs directions peuvent être dégagées en vue de donner à la notion de réputation une épaisseur conceptuelle à même d’éclairer des cas empiriques divers et d’éprouver ainsi de nouvelles pistes méthodologiques. Nous privilégierons les communications qui visent à répondre à ces questions en appuyant leurs réflexions méthodologiques et leurs conclusions sur des matériaux empiriques.

La réputation : frontières et méthodes

Dans la mesure où l’enjeu de cette journée d’études consiste à élaborer, d’un point de vue interdisciplinaire, une définition opérationnelle du concept de « réputation », il convient d’interroger les frontières de l’objet ainsi que les matériaux, méthodes et dispositifs d’enquêtes permettant de saisir la diversité des régimes de réputation, des logiques de consécration, mais aussi des dynamiques de discrédit et de disqualification.

Le chercheur travaillant sur un matériau ethnographique, constitué par essence de récits et de jugements portés sur le monde et sur les autres par les enquêtés, ne sera pas confronté aux mêmes opérations d’objectivation que celui travaillant sur un matériau prosopographique. En quoi consistent ces opérations ? Comment le chercheur qui s’interroge sur les réputations doit-il traiter et contrôler ses données ?

De plus, les phénomènes de réputation se déploient à l’échelle d’espaces sociaux plus ou moins étendus, depuis les milieux d’interconnaissance les plus restreints jusqu’au niveau transnational. Quelles sont, selon les cas, les justes échelles d’appréciation d’une réputation ? Dans quelle mesure ces « jeux d’échelles » peuvent-ils éclairer les différents aspects d’un même phénomène ?

Construire et travailler une réputation

Une réputation, bonne ou mauvaise, grande ou petite, résulte d’un travail relationnel et de luttes d’accréditation (Becker, 1982; Chauvin, 2011 ; Giraud, 2015 ; Saunier, 2015). Pour le chercheur, objectiver la réputation revient à décrypter cette activité réputationnelle au moyen d’une série de questions : comment, concrètement, les acteurs (se) font-ils un nom ? Quel rôle jouent, selon les univers et configurations socio-historiques, les entrepreneurs de crédit ou de discrédit (Ranum 1980), les intermédiaires (Lizé, Naudier, Roueff, 2011) et professionnels de la réputation (Legavre, 1993) ? Quelles dispositions, croyances, réseaux, instruments formels ou informels, sont mis au service du travail réputationnel par les acteurs ? Quels dispositifs de réputation (Beuscart et al., 2015), fondés éventuellement sur l’essor d’instruments métrologiques (classements, notations, évaluations chiffrées), sont mobilisables et mobilisés ?

Quelles sont, en matière de réputation, les stratégies et les degrés de réflexivité des acteurs, leurs marges de justification et leurs modes de présentation de soi ? Comment met-on en scène et en récit une réputation ? Comment « sauver la face », se défendre face à une rumeur, neutraliser ou renforcer des jugements positifs ou négatifs ?

Pertes et profits des réputations

La réputation peut être envisagée comme un instrument social de légitimation, susceptible de transformer un rapport de force ou d’asseoir une domination. À ce titre, elle apparaît au cœur de certaines analyses processuelles et transactionnelles qui rendent compte des dynamiques et des positionnements dans des espaces professionnalisés, tant artistiques et intellectuels (Becker, 1982 ; Sapiro, 1999), que politiques (Bailey, 1988; Hunter, 1990) et économiques (Chauvin, 2010). Comment les ressources réputationnelles s’accumulent-elles et s’articulent-elles à d’autres ressources ? Quels usages concrets sont faits de ces modes de qualification et de disqualification ? Les ressources réputationnelles circulent-elles facilement d’un univers à un autre ? Quels sont les effets des réputations sur la structuration des groupes sociaux et professionnels, sur les trajectoires ou carrières des individus ? Enfin, et plus largement, quels sont les moyens scientifiques pertinents (analyse de réseaux, prosopographie, analyse ethnographique, etc.) et les matériaux empiriques permettant d’étudier les espaces et temporalités dans lesquels se produisent ces effets ?

 

Comité scientifique

Benoît de l’Estoile (CNRS), Raphaëlle Laignoux (Université Paris I Panthéon-Sorbonne), Antoine Lilti (EHESS), Michel Offerlé (École normale supérieure), Gisèle Sapiro (EHESS).

 

Modalité de soumission et de calendrier

La date limite d’envoi des communications (deux pages environ avec explicitation des matériaux d’enquête, ainsi que nom, coordonnées, statut et affiliations) est fixée au 20 février 2017 et devront être adressées à : adeline.denis@sfr.fr, sarah.kolopp@gmail.com, guillaume.lancereau@gmail.com.
La journée d’étude aura lieu le 26 juin 2017 à l’EHESS (Paris).

Mein Kampf. Une histoire française (1925-2016) Traductions, réceptions, polémiques

Mein Kampf. Une histoire française (1925-2016) Traductions, réceptions, polémiques

Appel à contributions - Date limite : 1er mars 2017

Colloque international, organisé par le Centre de recherches historiques, équipe Histoire et historiographie de la Shoah (EHESS-CNRS), le LabEx Tepsis, l’Université Bordeaux Montaigne et l’Institut historique allemand de Paris
 
Jeudi 23 et vendredi 24 novembre 2017
(Institut historique allemand - Paris)
 

Version anglaise

Rédigé entre 1924 et 1926, le livre d’Adolf Hitler a récemment connu une exposition médiatique sans guère de précédent. Son passage dans le domaine public au 1erjanvier 2016, soixante-dix ans après la mort de son auteur, a en effet suscité de nombreuses polémiques à l’échelle européenne et une interrogation de fond sur le statut de ce texte souvent élevé au rang du mythe. En Allemagne, l’Institut für Zeitgeschichte de Munich (IfZ) a mené à bien un imposant travail d’édition critique : le texte, dont toutes les variantes ont été établies, est à présent disponible en deux volumes massifs, qui comprennent plus de 3 500 notes de bas de pages. Le pari d’une réflexion historique de fonds sur le texte semble être en passe de réussir, même s’il est encore trop tôt pour se prononcer.

Il est probable que cette édition critique servira de base pour les éditions scientifiques dans d’autres pays. Un projet vient d’être lancé aux Pays-Bas. En France, l’annonce, en octobre 2015, d’une nouvelle édition de Mein Kampf a fait brièvement polémique. Aboutissant à une relative convergence sur la nécessité de publier une édition scientifique française, elle a surtout mis en lumière un fait essentiel : rien, ou presque, n’est connu de l’histoire de la trajectoire du texte en France. Depuis la publication de sa traduction intégrale en 1934 par l’éditeur Fernand Sorlot, avec l’aide de la Ligue internationale contre l’antisémitisme, jusqu’à sa réception dans les années 1930 ; de son devenir pendant la guerre au procès de Sorlot à la Libération ; du débat de 1979 autour d’un avertissement en incipit du texte à sa postérité l’utilisation du texte dans les milieux d’extrême droite ; notre connaissance des conditions de l’établissement du texte français est très floue et alimente des débats dont les fondements sont rarement solides.

Ce colloque international et interdisciplinaire se propose donc de penser la circulation du texte en France, pour essayer d’éclairer, comme l’a fait l’historien Othmar Plöckinger pour l’Allemagne, les éléments les plus importants de la généalogie du texte français, de sa réception et des débats qu’il a soulevés. La bibliographie se révélant bien peu fournie, il s’agit de défricher, pour la première fois, cette histoire qui n’a pas été écrite.

Les historiens du nazisme, de la Shoah ou de Vichy auront bien sûr leur mot à dire, mais cette réflexion ne peut se mener sans une ouverture aussi large que possible aux historiens du livre et de l’histoire politique et intellectuelle française, aux germanistes, aux traductologues, aux spécialistes de littérature, aux sociologues et aux anthropologues, c’est-à-dire à tous ceux qui, dans leur recherche, ont rencontré Mein Kampf et sont susceptibles de contribuer à notre savoir sur son histoire française.

Différentes thématiques pourraient, sans exclusive, être dégagées :

Généalogie du texte :

  • La réception du texte allemand avant sa traduction intégrale en français (1925-1934)

  • Généalogie de la traduction du texte (motivation des éditions Sorlot, lien avec la LICA, équipe de traducteurs)

  • La place des anciens combattants dans la production et la réception du texte

  • Editions partielles ou idéologiquement motivées (Ex. : Ma Doctrine, Fayard, 1938)

Réception du texte (1925-1945) :

  • Réception du livre dans les milieux d’extrême droite français (1925-1940)

  • Réception du livre dans les milieux juifs français (1925-1940)

  • Réception du livre par les forces de gauche (PCF / SFIO, 1925-1940) ; prise de position de Maurice Thorez

  • Trajectoire du texte durant la période de l’occupation (1940-1944)

Trajectoire dans l’après-guerre :

  • Stratégie des éditions Sorlot dans l’après-guerre ; procès en 1944

  • Mein Kampf dans les politiques alliées de dénazification dans l’Allemagne occupée

  • Le débat de 1979 autour de l’avertissement ; la figure de Robert Badinter

  • L’utilisation de Mein Kampf dans l’extrême droite

  • L’utilisation de Mein Kampf dans l’enceinte scolaire en France

Débats actuels :

  • La présence de Mein Kampf dans l’espace digital

  • Mein Kampf dans la constellation antisémite contemporaine

 

Organisateurs

Emmanuel Debono (Ens Lyon) ; David Gallo (CRH/EHESS, CIERA) ; Nicolas Patin (Université Bordeaux Montaigne)

 

Comité scientifique

Anne-Sophie Anglaret (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Olivier Baisez (Université Paris 8) ; Dorothea Bohnekamp (Université Paris 3 Sorbonne nouvelle) ; Florent Brayard (EHESS/CRH, Paris) ; Christian Ingrao (IHTP/CNRS, Paris) ; Johanna Linsler (EHESS, Paris) ; Stefan Martens (IHA, Paris) ; Marie-Bénédicte Vincent (ENS Ulm, Paris)

 

Propositions

Il est demandé d’envoyer une proposition d’une page ainsi qu’un curriculum vitae, avant le 1ermars 2017 à l’adresse suivante : nicolas.patin@u-bordeaux-montaigne.fr. Les langues de travail sont le français et l'anglais.

 

Édition de référence allemande

HARTMANN, Christian, VORDERMAYER, Thomas, PLÖCKINGER, Othmar, TÖPPEL, Roman (Hrsg.), Hitler, Mein Kampf. Eine kritische Edition, im Auftrag des Instituts für Zeitgeschichte, München – Berlin, 2016, 1966 p., ISBN 978-3-9814052-3-1.

Éditions de référence française

- [traduction intégrale] HITLER, Adolf, Mein Kampf. Mon combat, traduction de André Calmettes et Maurice Gaudefroy-Demombynes, Nouvelles éditions latines (Fernand Sorlot), Paris, 1ère édition février 1934. Version facsimilée, accompagnée de l’avertissement de 1979, aux Nouvelles éditions latines, 688 p.

- [traduction non-intégrale] HITLER, Adolf, Ma doctrine, texte traduit et établit par François Dauture et Georges Blond, Librairie Arthème Fayard, « Les grandes études politiques et sociales », P

Document(s) à télécharger

Et si on décidait d’arrêter comme ça, d’un coup ? » Cultures de guerre et de paix en 1917 – précurseurs, conséquences et écho

Et si on décidait d’arrêter comme ça, d’un coup ? » Cultures de guerre et de paix en 1917 – précurseurs, conséquences et écho

Appel à communications - Date limite : 15 mai 2017

Présentation

Les Institut für Romanische Sprachen und Literaturen (IRSL), franco-allemand de sciences historiques & sociales (IFRA–SHS) et Forschungszentrum Historische Geisteswissenschaften (FZHG) organisent une conférence franco-allemande le 27 et 29 septembre 2017 à L'université de Francfort-sur-le-Main, portant sur :

"Und wenn wir einfach aufhörten?“ Kulturen des Krieges und des Friedens im Jahr 1917 – Vorläufer, Folgen und Echos"
Et si on décidait d’arrêter comme ça, d’un coup ? » Cultures de guerre et de paix en 1917 – précurseurs, conséquences et écho

A cette occasion un appel à communications s’adresse à de jeunes chercheurs, doctorants et post-doctorants en histoire et dans les disciplines partageant une forte historicité de leur objet(histoire de l’art, littérature, histoire du droit, sciences sociales, sciences politiques…), convoqués à présenter les résultats de leurs recherches en cours sur la thématique choisie.

Ce colloque entend contribuer à renforcer le dialogue entre scientifiques français et allemands spécialistes de la Première Guerre mondiale et de ses cultures mémorielles, notamment dans le domaine des arts et de la littérature envisagés sous l’angle d’une approche historique, littéraire, culturelle et sociale appliquée, sous un angle comparatif, aux efforts et initiatives de paix entrepris en 1917 et à leurs suites. Il s’agit, par ce biais, de sortir du manichéisme d’une histoire purement nationale pour la remplacer par un regard franco-allemand et comparatif porté sur les demandes, tant pratiques qu’idéelles, d’une sortie de guerre formulées dans l’absence de perspective d’une victoire militaire. D’autre part, et cette fois au regard des commémorations de l’année 2017, il s’agit de traiter la thématique des « sorties de guerre » sous un angle interdisciplinaire, pluridimensionnel et diachronique afin de contribuer à une meilleure compréhension de la Première Guerre mondiale elle-même et des défis et conséquences qu’elle a posés jusqu’à ,nos jours en termes scientifiques, politiques et culturels.
 Ainsi que le programme joint en témoigne, 5 sections sont prévues qui chaque fois font intervenir deux présentations par des chercheurs confirmés et deux interventions de jeunes chercheurs sur le thème précis de chaque panel :

  • Section 1 : Et si on arrêtait ? Les initiatives de paix pendant la Première Guerre mondiale

  • Section 2 : Quand et pour qui s’achève la Première Guerre mondiale ?

  • Section 3 : L‘entrée en guerre de États-Unis et la sortie de guerre de la Russie : vers un nouvel ordre mondial ?

  • Section 4 : En sortir : la fin de la Première Guerre mondiale dans les cultures littéraires et visuelles (1917-2017)

  • Section 5 : Traumatismes et mutilations : la guerre sans fin

Les langues du colloque seront le français et l’allemand, sans exclure l’anglais.

Les candidats intéressés à participer sont invités à adresser le titre de leur intervention (selon la section choisie), accompagné d’un bref résumé de 250 à 300 mots

Contacts : Steffen Bruendel (FZHG) : fzhg@em.uni-frankfurt.de
                    Pierre Monnet (IFRA-SHS) : monnet@ehess.fr

 

Programme provisoire

Mercredi 27 septembre 2017

  • 14:00 : Mots d‘ouverture
    Steffen BRUENDEL (FZHG), Frank ESTELMANN (IRSL), Pierre MONNET (IFRA-SHS) ; représentants de la Présidence de la Johann Wolfgang Goethe-Universität de Francfort
  • 14:30-17:00
    Section 1 : Et si on arrêtait ? Les initiatives de paix pendant la Première Guerre mondiale
  • 19:00 : Dîner

Jeudi 28 septembre 2017

  • 09:30-12:00
    Section 2 : Quand et pour qui s’achève la Première Guerre mondiale ?
  • 12:00-13:00 : Déjeuner
  • 13:00-15:30
    Section 3 : L‘entrée en guerre de États-Unis et la sortie de guerre de la Russie : vers un nouvel ordre mondial ?
  • 15:30-16:00 : Pause-café
  • 16:00-19:00
    Section 4 : En sortir : la fin de la Première Guerre mondiale dans les cultures littéraires et visuelles (1917-2017)

Vendredi 29 septembre 2017

  • 9:30-12:00
    Section 5 : Traumatismes et mutilations: la guerre sans fin
  • 12:00-13:00 : Déjeuner
  • 13:00-15:30 : Table Ronde conclusive : La paix dans la guerre, la guerre dans la paix
La Visual History Archive, retours d’expériences de recherche

La Visual History Archive, retours d’expériences de recherche

Appel à communications - Date limite : 9 mai 2017

Présentation

American University of Paris, 26 et 27 octobre 2017

Initiée par le réalisateur américain Steven Spielberg en 1994, la Visual History Archive (VHA) est une collection de témoignages vidéo enregistrés dans le but de préserver un grand nombre de paroles, visages, gestes et documents de rescapés de génocides et autres crimes de masse. Les témoignages de rescapés de la Shoah (51 333 à ce jour), recueillis à travers le monde dans 28 langues différentes, constituent l’essentiel de la collection. S’y ajoutent les récits d’autres victimes des nazis (Tsiganes, victimes de la politique eugéniste du Reich, homosexuels…), de témoins des persécutions durant la Seconde Guerre mondiale (libérateurs des camps, participants aux procès d’après-guerre…) ainsi que de survivants et témoins d’autres crimes de masse : le génocide des Tutsi du Rwanda (1994), le génocide des Arméniens (1915-1923), les massacres de Nankin (1937), ceux perpétués au Cambodge par les Khmers rouges (1975-1979) ou ceux visant les Mayas au Guatemala (1978-1996).
À l’University of Southern California (USC) de Los Angeles depuis 2006, la VHA a fait l’objet d’une numérisation et d’une indexation à la minute (plus de 62 000 mots-clés) et se trouve depuis 2014 valorisée par le Center for Advanced Genocide Research. L’intégralité des témoignages est aujourd’hui accessible dans 66 universités ou bibliothèques de 14 pays différents. En France, la collection est consultable à Paris au George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention de l’American University of Paris ainsi qu’à l’École normale supérieure de Lyon et les témoignages francophones sont également disponibles au Mémorial de la Shoah.

La VHA s’adresse plus que jamais aux chercheurs, qu’ils travaillent sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ou sur les autres crimes de masse qui, depuis quelques années, complètent la collection. Ce sont désormais plus de 54 000 témoignages vidéo qui se trouvent régulièrement utilisés par des chercheurs de nombreuses disciplines : historiens, sociologues, anthropologues, géographes, juristes, chercheurs en psychologie, en littérature… Face à cet ensemble unique de témoignages, initié dans le cadre d’un projet à visée mémorielle, morale et pédagogique puis orienté progressivement vers le monde académique, les chercheurs adoptent différentes attitudes, en fonction de leur discipline, sujet de recherche, formation et environnement intellectuel : de l’enthousiasme au scepticisme, de l’analyse critique de cette source à la reconnaissance de sa valeur.

L’objectif de cette journée d’étude est de rassembler une dizaine de chercheurs de différentes disciplines ayant fait usage de la VHA. Sont les bienvenus les chercheurs ayant centré leurs travaux sur l’analyse de la VHA en tant que corpus ou événement mémoriel comme ceux pour lesquels il s’agit d’une source, principale ou secondaire, pour leurs travaux portant soit sur la violence et les génocides, soit sur d’autres sujets d’études sociales, politiques, juridiques ou culturelles.
En s’appuyant sur des travaux réalisés et des expériences de recherche, il s’agira de croiser les regards sur les apports et les limites de cette collection de témoignages. Mettre en perspective la VHA avec d’autres témoignages (écrits, audio ou vidéo), questionner sa valeur parmi d’autres types de sources, ouvrir une discussion sur les difficultés méthodologiques rencontrées par ses utilisateurs et envisager de nouveaux usages de la collection seront les principaux points abordés au cours de ces deux journées.

La rencontre sera ouverte et clôturée par les interventions de Stephen D. Smith, directeur exécutif de l’USC Shoah Foundation, qui présentera l’historique et les usages actuels de la VHA, de Christopher Browning, professeur émérite d’histoire à l’University of North Carolina, Jeffrey Shandler, professeur d’études juives à Rutgers University, et Annette Wieviorka, directrice de recherche émérite au CNRS, lesquels exposeront leurs propres recherches autour de la VHA.

Comité scientifique : Brian Schiff (AUP), Philip Golub (AUP), Susan Perry (AUP), Annette Wieviorka (CNRS-IRICE), Claire Zalc (CNRS-IHMC)
Comité d’organisation : Emmanuel Debono (ENS de Lyon), Constance Pâris de Bollardière (AUP)
Organisation : George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention, American University of Paris ; USC Shoah Foundation (France)

Modalités de soumission et calendrier

Les échanges se tiendront principalement en français mais quelques contributions en anglais peuvent également être acceptées. Les participants potentiels sont invités à envoyer un résumé de 500 mots avec un court CV aux organisateurs avant le 9 mai 2017. Une réponse leur sera donnée début juin 2017.
Les demandes d’aide aux frais de déplacement et de résidence seront examinées pour les chercheurs ne résidant pas en région parisienne.

Contact :
Brian Schiff : bschiff@aup.edu
Emmanuel Debono : emmanuel.debono@ens-lyon.fr
Constance Pâris de Bollardière : cparisdebollardiere@aup.edu

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

« Pourquoi faire une thèse d’histoire aujourd’hui ? »

Appel à communication - Dimanche 16 juillet 2017 - 19:00Appel à communicationsPremière journée des doctorants du CRH sur le thème « Pourquoi faire une thèse d’histoire aujourd’hui ? » (EHESS-Paris, janvier 2018) La première journée d’études des doctorants du CRH souhaite engager une réflexion co (...)(...)

Lire la suite

L'un et le tout

Journée(s) d'étude - Jeudi 22 juin 2017 - 09:30Dans la lignée des grands rendez-vous scientifiques qu'il a initiés par le passé (sur les thèmes du Transnational, du Contexte), le CRH organise un grand forum de débat qui se tiendra les 22 et 23 juin. Animée par les membres, groupes et équipes du (...)(...)

Lire la suite

Hommage d'Arlette Farge à Pierre Laborie

Hommage - Pierre Laborie, directeur d'études de l’EHESS est décédé le 15 mai 2017, à l'âge de 81 ans.Spécialiste de l'« histoire de l'imaginaire social » pendant la seconde guerre mondiale, il avait été élu directeur d'études à l'École en 1998 sur un projet portant sur « La construction de l'évé (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRH UMR 8558

EHESS
54, boulevard Raspail
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 49 54 24 42

Dernière modification :
22/06/2017