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Recherches financées

ANR EURASEMPLOI

Croissance et formes d’emploi : une comparaison eurasiatique de l’incertitude au travail(Eurasemploi)

Ce projet, porté par Paul-André Rosental et Bernard Thomann, analyse la relation entre la haute croissance économique, les mutations de l’emploi et les formes d’incertitude au travail que ces mutations engendrent. Regroupé autour de quatre institutions partenaires (Inalco, Université Paris Diderot, EHESS et Sciences Po), associant des historiens, des sociologues confirmés et des doctorants, spécialistes de plusieurs aires culturelles, il adopte une approche comparative à la fois dans l’espace et dans le temps. Il confronte en effet les configurations nationales chinoise, japonaise et française, ainsi que celles d’un certain nombre de pays du Comecon. La comparaison est également intertemporelle, entre la période de croissance des années 1950 à 1970 pour la France, le Japon et le Comecon, et l’ère qui s’est ouverte depuis les années 1980 pour la Chine.

Les quatre situations socio-historiques confrontées partagent un point commun, celui de bâtir un modèle productiviste laissant à l’État une place essentielle dans une régulation qui se veut simultanément économique et sociale. Pour comprendre et comparer les formes de « précarité » en situation de croissance liées à ce modèle, cette recherche souhaite apporter une vision plus complexe, plus « située » de la fragmentation et des hiérarchies du marché du travail, et surtout des incertitudes qui en découlent pour les catégories de travailleurs concernées. C’est pourquoi elle retracera la diversité des situations selon les industries et les formes d’emploi, en choisissant des secteurs qui, du point de vue de la problématique adoptée, présentent des cas paradoxaux et, par là même, « bons à penser » : les services à la personne, profondément remaniés au XXe siècle sous l’effet des mutations du travail, de la démographie et des structures de famille ; l’énergie avec les mines, symboles même de la dialectique entre risques intenses encourus par les salariés et régulation quasi-militaire de la main d'œuvre ; la production textile enfin, doyenne des secteurs industriels, mais aussi la première à avoir eu affronter la compétition mondialisée. Dans chacun de ces secteurs sera effectuée une exploitation à la fois quantitative et qualitative des suivis de trajectoires de vie au travail et des budgets et budgets-temps des ménages. De plus, dans chaque pays considéré, nous analyserons les catégories statistiques et d’économie politique utilisées par les acteurs et observateurs des relations du travail – syndicats et employeurs mais aussi experts, concepteurs d’enquêtes ou d’indicateurs sociaux – pour caractériser les formes d’incertitude sur le marché du travail.

Détailler l’hétérogénéité n’empêchera pas de dégager des régularités quant aux mécanismes construisant cette « précarité », et quant à ses cibles préférentielles. Nous montrerons et mesurerons combien le degré d’insécurité varie selon les types d’emploi ou de contrat de travail, le genre, le degré d’exposition à des risques (maladie, licenciement, accidents du travail), l’accès aux prestations sociales et le degré de régulation étatique (des professions ou des industries). Sur chacun des terrains nationaux étudiés, il s’agira ainsi de démontrer, de façon plus systématique que cela n’est déjà le cas dans la littérature existante, à quel point la classe ouvrière est plurielle à secteur d’activité, âge, genre et qualification donnés. Les processus de standardisation des formes d’emploi durant la phase de haute croissance n’ont pas produit une homogénéisation aussi avancée que celle que présuppose, pour la période suivante, la thèse de la « déstandardisation du travail », ce qui est une clé pour comprendre les hiérarchies actuelles du marché du travail.

 

GROWTH AND FORMS OF EMPLOYMENT: A EURASIAN COMPARISON OF EMPLOYMENT INSECURITY (EURASEMPLOI)

Project summary

This project analyses the relationship between economic growth, changes in employment, and the forms of employment insecurity that these changes cause. Led by four partner institutions (Inalco, Paris Diderot University, EHESS and Sciences Po) including senior historians and sociologists and doctoral students, with expertise in several cultural areas, it takes a comparative approach across both in space and time. Indeed, the project compares Chinese, Japanese, and French national configurations, as well as those of a number of European Comecom countries. The comparison is also inter-temporal, between the growth period from the 1950s to the 1970s for France, Japan and the Comecon, and the era that began in the 1980s for China.

The four compared socio-historical situations share the common characteristic of building a production-oriented model that gives the state a central role in regulation aiming to be simultaneously economic and social. In order to understand and compare the forms of “precariousness” in a context of growth that are linked to this model, this research seeks to provide a more “complex” and “rooted” vision of the fragmentation of labour market hierarchies, and especially of the resulting insecurities for the categories of workers concerned. For this purpose it will trace the diversity of situations according to the industries and forms of employment, choosing sectors that, from the perspective of the problem raised, present cases which are paradoxical and thus “good to ponder”: human services, which were profoundly reshaped in the 20th century under the effect of changes in work, in demography and in family structure; energy, with mines as symbols of the dialectic between intense risks faced by employees and a quasi-military regulation of the labour force; and finally, textile production, the oldest industrial sector and also the first to have confronted global competition. In each of these sectors, we will pursue both a quantitative and qualitative analysis following work life trajectories, household budgets and time budgets. Furthermore, in each country considered we will analyse statistical and political economic categories used by the actors and observers of work relations – unions and employers as well as experts and creators of social surveys or indicators – to describe the forms of labour market insecurity. 

In addition to portraying the heterogeneity we will identify patterns in the mechanisms building this “precariousness” and in its preferred targets. We will show and measure variations in the level of insecurity depending on the types of employment or work contract, gender, level of exposure to risk (illness, layoffs, work accidents), access to social services and degree of state regulation (of professions or industries). In each of these national case studies the idea will be to show, more systematically than is currently the case in the literature, to what extent the working class is pluralistic for a given activity, age, gender and skill level. The standardization of forms of employment during the period of high growth did not yield a homogenization as complete as that assumed, for the next period, by the “de-standardization of work” thesis, which is key to understanding current labour market hierarchies.

EHESS
CNRS

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Dernière modification :
15/12/2017