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Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine (du milieu du XVIIIe au milieu du XXe siècle)

Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine (du milieu du XVIIIe au milieu du XXe siècle)

15 septembre 2016 - Appel à contributions

Responsables du numéro thématique Histoire et mesure :
Jean-Pierre Beaud et Claudia Damasceno Fonseca

La revue Histoire & Mesure lance un appel à contributions pour un numéro thématique consacré aux « Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle », dont la publication est prévue en juin 2017.

L’histoire de la mesure a connu un développement considérable dans les cinquante dernières années et a largement bénéficié des avancées des sciences sociales pendant la même période, au point de se transformer en une socio-histoire de la mesure ou, pour parler en termes desrosiériens, en une socio-histoire de la quantification. Les chercheurs européens et états-uniens ont été particulièrement actifs sur ce plan, contribuant ainsi à éclairer le rôle du chiffre dans ce que nous pourrions appeler le Nord de l’Occident.

Mais l’histoire de la mesure a été pratiquée ailleurs aussi, bien sûr, et avec bonheur. Le développement des formes et appareils étatiques, qui a concerné pratiquement l’ensemble du monde, a « naturellement » suscité ici et là des études portant à la fois sur le territoire contrôlé, à des degrés divers, par l’État (cartographie du pays, topographie, délimitations, identification de régions naturelles ou administratives, etc.) et sur les opérations appliquées par l’État à ce territoire (comptages divers, recensements, enquêtes, nomenclatures, etc.). Ainsi, dans le contexte contemporain, la géographie et la statistique des pays ont été vues non seulement comme des disciplines se construisant, au sein des sociétés savantes puis des universités, comme des moyens de connaître le pays, mais aussi comme des instruments pour agir sur ce pays et, d’une certaine façon, le créer. Le livre de Benedict Anderson, Imagined Communities. Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, illustre bien ce pouvoir de créer associé à la carte et au chiffre.

Les pays d’Amérique, malgré des différences historiques fondamentales, présentent, pour la plupart d’entre eux, de nombreux points communs. Ils ont connu une forme ou une autre de colonialisme, se sont émancipés de la métropole avec un succès plus ou moins rapide. Partout, ou presque, la question de la construction d’une bureaucratie appelée à remplacer l’administration coloniale (ou à la transformer) a été posée. Connaître les limites et découpages du pays, compter les habitants, les disposer sur le territoire, en apprécier les qualités… ont compté parmi les tâches les plus urgentes des diverses autorités (les couronnes d’abord, les révolutionnaires ensuite, les administrateurs enfin). Non sans susciter des réactions diverses des populations ainsi mesurées, allant d’un enthousiasme de certains pour le chiffre « libérateur » à l’opposition d’autres relativement au chiffre « réducteur », « niveleur » ou « trompeur ». Quant au territoire lui-même, on sait que sa mesure ne peut être totalement dissociée d’une conquête qui n’a pas été que scientifique.

Outre les tableaux contenant des statistiques démographiques et économiques (les mapas de população, ou de productions locales), dans certains espaces latino-américains sont apparus, dès le début du XIXsiècle, des « signes avant-coureurs de la cartographie thématique, qui correspondent à des regards nouveaux sur l’espace géographique ». En premier lieu, plutôt que de vouloir faire « l’inventaire du monde », en offrant une description exacte et minutieuse des territoires, certaines « cartes singulières » s’attachent à représenter un phénomène spécifique (la géologie, l’hydrographie, le réseau routier), dans une approche davantage analytique que « cumulative » (G. Palsky). De plus, il s’agit parfois de représenter autre chose que l’espace visible, comme des données statistiques sur la démographie, l’économie, la santé ou l’instruction publique. Enfin, certaines de ces représentations sont le support de projets de réaménagement territorial - notamment de réformes de circonscriptions qui prenaient en compte des données démographiques (quantitatives et parfois qualitatives).

Des graphes, des  diagrammes et des cartes statistiques se multiplient dans la période qui suit la création des États nationaux d’Amérique latine, mais aussi lors des commémorations des Indépendances : ces moments furent en effet souvent privilégiés pour la parution de recensements, d’albums graphiques et d’atlas.

Cette histoire de la raison statistique et cartographique en Amérique latine existe. Elle est pratiquée dans les pays d’Amérique, en Europe et dans le monde entier. Une bonne partie des travaux, publiés en espagnol ou en portugais, sont sans doute peu connus du public de langue française ou anglaise. Faire connaître ces travaux et les programmes de recherche qu’ils illustrent est l’un des objectifs de ce numéro thématique. L’autre objectif, est, naturellement, de susciter des collaborations  portant sur des aspects moins étudiés. En particulier, si plusieurs travaux ont déjà souligné les liens entre construction des identités nationales et constitution des cartes topographiques et politiques des pays latino-américains (et de leurs différentes « patries locales »), les rapports existant entre d’une part les « nationalismes » (et les « régionalismes »), et d’autre part la cartographie thématique et la statistique (graphique ou non) semblent en revanche moins bien établis.

Comme les États-Unis et, dans une moindre mesure, le Canada ont fait l’objet de publications en anglais et en français, auxquelles il est aisé de se référer, nous avons réduit l’aire géographique étudiée à l’Amérique dite latine, c’est-à-dire à tout ce qui se trouve au sud de la frontière américano-mexicaine.

Seront ainsi considérés, pour une éventuelle publication, les projets d’articles portant sur les pratiques statistiques, cartographiques et topographiques dans les pays d’Amérique latine, de la colonisation au milieu du XXe siècle. Les propositions pourront concerner un pays, une période, mais aussi être de nature plus comparative et diachronique. Elles devront, si possible, considérer l’usage du chiffre, de la mesure (dans ses différents sens) en relation avec l’évolution des sociétés concernées.

Les contributions pourront notamment porter sur les axes thématiques suivants :

  • Formes de présentation, rôles et usages du chiffre dans les Amériques coloniales : dénombrements, comptages ciblés dans un but fiscal, recensements généraux, menés par les pouvoirs civil ou ecclésiastique; espaces de référence pris en compte (la paroisse, la ville, d’autres circonscriptions).

  • Des statistiques pour agir : le rôle des chiffres dans les réformes administratives et territoriales ; l’émergence de la notion de densité de population et leurs représentations.

  • Dans la période post-indépendance : le rôle des statistiques, de la cartographie statistique et de la statistique graphique dans la construction de l’image de la nation, ainsi que des « patries régionales ».

  • Les producteurs des chiffres : émergence d’agents et d’institutions spécialisées dans la statistique et la géographie.

Modalités de réponse et calendrier

Les intentions d'articles (de 5 à 7 000 signes environ) sont attendues pour le 15 janvier 2016 : elles devront indiquer avec précision la thématique, l'aire géographique et la période étudiées, ainsi que les sources mobilisées et les hypothèses soulevées par la proposition. Les textes pourront être rédigés en français ou en anglais.

Ces intentions sont à envoyer par courriel aux coordonnateurs du numéro ainsi qu’à la rédaction de la revue :

beaud.jean-pierre@uqam.ca ;
claudia.damasceno@ehess.fr
 ;
Anne-Sophie.Bruno@univ-paris1.fr

Sur la base des propositions sélectionnées par les coordonnateurs du numéro et les membres du comité de lecture de la revue, les articles complets devront être envoyés au plus tard le 15 septembre 2016. Ils seront soumis à une expertise dont les conclusions seront rendues à l'automne 2016, pour une publication des articles retenus en juin 2017.

Version anglaise de l'appel à contribution

            

 

                    

Document(s) à télécharger

 

Les Communs environnementaux : communautés, pratiques et institutions. Approches historiques, France et Empire colonial français (XVIIe-XXe siècle)

Appel à proposition : date limite le 1er juillet 2016

Colloque international

Paris, 14-15 novembre 2016

Organisateur : Fabien Locher

Événement soutenu par le projet ANR GOVENPRO

 

Présentation

Version anglaise

Les Communs environnementaux sont les formes d’organisation grâce auxquelles les communautés gouvernent leurs environnements et leurs ressources via des formes de propriété collective : pâturages et forêts, zones humides et landes, cours d’eau et systèmes irrigués, champs et jardins, pêcheries, estran, gisements de matériaux et de combustibles... Ces systèmes sont gérés par leurs ayant-droit, et mêlent souvent propriété pleinement commune et droits d’usage collectifs.

Ils ont suscité depuis longtemps un fort intérêt en histoire. Ce sont avant tout les biens communaux des communautés rurales européennes, et les enclosures qui les visent depuis l'époque moderne, qui ont focalisé l'attention (Thompson(91), Neeson(93), Vivier(98)). Ceci s'explique par l'importance d'un processus décrit comme une condition historique d'essor du capitalisme. Ces travaux ont permis des avancées décisives à notre connaissance des Communs environnementaux, dont les communaux sont une déclinaison particulière. Une tendance plus récente a aussi mis l'accent sur les rationalités productives et communautaires sous-tendant ces derniers, dans une approche comparatiste (Congost&Santos(10), Béaur et al.(13)).

Depuis une vingtaine d'années, une communauté pluridisciplinaire s'est par ailleurs structurée, à l'échelle internationale, autour de l'étude des Communs en tant qu'institutions de gouvernement des ressources matérielles et immatérielles. Elinor Ostrom est la figure de proue de ce courant qui mêle économistes, anthropologues, politistes et historiens, dans une approche sous forte influence des cadrages des sciences politiques (Ostrom(90)). L'accent y est mis sur les systèmes de règles qui sous-tendent les Communs, leur assurant efficacité et durabilité. Appliquée aux Communs environnementaux, cette approche bat en brèche la soi-disant "tragédie des communs" censée démontrer l'incompatibilité entre propriété commune et soutenabilité écologique (Hardin(68)).

Elle suscite un vif intérêt chez les historiens, qui la mobilise de plus en plus pour analyser les Communs environnementaux et leurs évolutions de long terme (De Moor(15)). Ceci constitue un apport précieux à l'analyse historique, en deux sens. (1) D'abord en déplaçant la focale sur le fonctionnement concret des Communs : sur leurs règles d’usage, de surveillance et sanction, dans leurs liens à la matérialité physique et écologique des environnements. La permanence -plutôt que la dissolution- des Communs est ici placée au cœur du questionnement. (2) Ensuite en promouvant un cadre théorique général, ouvrant à un décloisonnement spatial et temporel des analyses et des comparaisons.

Nous profitons aujourd'hui de tous ces apports. Mais les évolutions récentes ont aussi suscité un ensemble de limitations analytiques, qui viennent brider notre compréhension historique des Communs environnementaux. (1) D'abord avec des études qui, en se focalisant sur l'anatomie interne aux Communs, tendent parfois à sous-estimer tout ce que leur émergence, leur évolution et leur fonctionnement intime doit aux interactions complexes entre communautés, État, acteurs politiques et commerciaux. (2) Puis avec une insistance à souligner, à rebours de la "tragédie des communs", la réussite, la durabilité, l'efficacité des Communs : d'où notre faible connaissance, enclosures mises à part, des cas de dislocation, d'échec, de perte d'influence de ces formes d'organisation collective. (3) Ensuite avec la rémanence d'une vision romantique des Communs, qui surestime leur degré d'harmonie sociale et/ou le caractère écologiquement adapté de leurs modes de fonctionnement. (4) Enfin, a contrario, avec un déficit d'études empiriques sur les formes de réflexivité environnementale qui ont pu sous-tendre leurs pratiques de gouvernement des ressources. C’est-à-dire les conceptions, historiquement situées, de leurs acteurs en termes d’économie de la nature, d’impact de l’homme sur les écosystèmes, d’inscription des collectifs humains dans le temps.

 

Ce colloque, consacré à l'histoire des Communs environnementaux, en France et dans l'Empire colonial français, entre XVIIe et XXe siècles, se donne trois objectifs majeurs.

(1) Rassembler et faire dialoguer les recherches menées aujourd'hui sur ce thème, à l'échelle internationale, selon une pluralité de grilles d’analyse. Des travaux qui sont le fait d'historiens venus de l'histoire rurale, économique, politique, environnementale ; d'historiens du droit ; d'anthropologues, de sociologues, de politistes engagés dans l'analyse historique de leurs objets d'étude.

(2) Chercher à identifier et à dépasser les limitations analytiques propres à notre compréhension historique des Communs environnementaux -et dont nous venons de dresser un premier inventaire, provisoire et non-exhaustif.

(3) Contribuer à un chantier historiographique de première importance, en catalysant et se faisant l'écho des recherches, à peine émergentes (Greer(12)), portant sur les trajectoires historiques des Communs dans l'Empire colonial français.

 

Le choix d’un champ d’analyse vaste mais circonscrit (la France et l'Empire colonial français) correspond à la volonté : (1) de privilégier, plutôt que des comparaisons structurales, une analyse des processus historiques concrets d’évolution des Communs environnementaux, dans un cadre de plus en plus marqué (en métropole) par la prégnance de l’acteur étatique (2) d’étendre notre connaissance, très lacunaire, de l’histoire de ces formes sociales dans les différents contextes de l’Empire français, dans une approche attentive notamment : aux circulations entre ces contextes et avec la métropole ; aux Communs des colons mais aussi aux Communs autochtones en situation coloniale.

Les propositions développant, sur cette base, des approches historiques comparatistes et/ou connectées sont encouragées.

 

Parmi lesquestionnements abordés dans ce colloque, on peut citer, sans exclusive :

*Les Communs comme institutions : structure et évolution du groupe des ayant-droits ; règles d’usage, de surveillance et sanction ; dynamiques institutionnelles ; l'oral et l'écrit dans le fonctionnement des Communs

*Communs et environnement : adaptation et co-évolution socio-écologiques ; usages durables ou destructeurs des ressources ; réflexivité environnementale et Communs ; Communs et prise en compte/perception des temporalités ; effets écologiques des enclosures ; "enclosures de la conservation"

*Communs et Empire : Communs des colons et/ou des colonisés (genèse ; dislocation ; adaptation ; interaction ; hybridation) ; Droit français, Droit colonial et Droit non-occidental (Droit islamique par exemple) dans leur rapport aux Communs

*Communs et risques : Les Communs comme mécanismes de mitigation des risques écologiques, sociaux, économiques ; ou au contraire comme facteurs de vulnérabilité

*Communs et pauvreté : mécanismes de survie, critères de justice, économie morale populaire

*Communs et (in)égalités : stratification interne et contraction/élargissement du groupe des ayant-droits ; accaparement ; exclus du Commun et critères d'exclusion (pauvres, étrangers, indigènes, catégorisations raciales)

*Communs et violence : les Communs comme mécanismes de minimisation des conflits et de la violence intra et/ou inter-communautaire ; la violence dans le fonctionnement des Communs ; violence et résistance aux enclosures

*Communs et savoirs : théories, doctrines et thèses historiques traitant des Communs

*Communs et Droit : les Communs dans les arènes judiciaires ; les Communs comme juridictions ; savoirs, théories et techniques juridiques traitant des Communs

*Communs et États : interactions, arrangements institutionnels, co-évolutions ; tutelles étatiques directes ou indirectes ; enclosures ; Communs et fiscalité ; protection par les États et gouvernement étatique par les Communs

*Communs et pouvoir communal :histoire croisée

*Communs et marchés : produire pour soi, produire pour le marché ; enclosures privatives ; Communs, monétarisation et ethos marchand

*Interactions entre Communs : frontières ; coopération ; conflits ; circulation des acteurs, des ressources, des productions, des modes de fonctionnement

*Communs et sources non-écrites : histoire orale ; histoire visuelle ; sources archéologiques

 

Modalités de soumission et calendrier

Le colloque se tiendra les 14 et 15 novembre 2016, à l’EHESS 190-198 avenue de France 75013 Paris. Il se déroulera en français et en anglais, selon le principe de l'intercompréhension ("chacun dans sa langue").

Les propositions de communication (en français ou en anglais) sont à soumettre par courrier électronique à l’adresse : conference.history.commons@gmail.com, avant la date limite du : 1er juillet 2016.

Chaque proposition devra inclure : le nom, prénom et courriel du conférencier ; un CV d’une page max. ; un titre et un texte de proposition de 600 mots max. Les intervenants retenus verront leurs frais de déplacement et de logement pris en charge.

Les réponses aux propositions seront envoyées avant le 15 juillet 2016.

Références

  • Béaur G. et al. (13) (dir), Property Rights, Land Markets and Economic Growth in the European Countryside (13th-20th Centuries), Brepols, 2013

  • Congost R., Santos R., Contexts of Property in Europe. The social Embeddedness of Property Rights in Land in Historical Perspective, Brepols, 2010

  • De Moor T. (05), The Dilemma of the Commoners: Understanding the Use of Common Pool Resources in Long-Term Perspective,  Cambridge UP, 2005

  • Greer A. (12), « Commons and Enclosure in the Colonization of North America »,American Historical Review, 117, 2012, pp. 365-86

  • Hardin G. (68),« The Tragedy of the Commons », Science, 162, 1968, pp. 1243-1248

  • Neeson J. (93), Commoners: Common Right, Enclosure, and Social Change in England, 1700-1820, Cambridge UP, 1993

  • Ostrom E. (90), Governing the commons, Cambridge UP, 1990

  • Thompson E. P. (77), La guerre des forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, Paris, La Découverte, coll. « Futurs antérieurs », 2014 (1977)

  • Thompson E. P. (91), Les Usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre (XVIIe-XIXe siècle), Paris, éditions de l’EHESS-Gallimard-Seuil, 2015 (1991)

  • Vivier N. (98), Propriété collective et identité communale. Les biens communaux en France de 1750 à 1914, Publications de la Sorbonne, 1998

" Non contrarii, ma diversi " : la question de la minorité dans le regard des chrétiens et des juifs en Italie (début XVe - milieu XVIIIe siècle)

Appel à communication : date limite le 15 avril 2016

L’objectif de la rencontre est de réfléchir collectivement au regard porté par les juifs et les chrétiens sur la présence juive dans la société majoritaire, en questionnant la catégorie savante de « minorité ». Face à l’existence d’une minorité religieuse dans une société sans concept de laïcité, comment concevait-on une cohabitation viable ? On envisagera à la fois le cadre juridico-politique, les phénomènes culturels et les pratiques sociales et économiques.

Il s’agira de communication de 30 minutes en anglais, éventuellement publiées.

Des propositions de 500 mots au maximum devront être envoyées à Pierre SAVY (savy_pierre@yahoo.fr) et Alessandro GUETTA (alessandro.guetta@gmail.com)

Nous prenons en charge le voyage et deux nuits d'hôtel à Paris.

Versions anglaise et italienne sont disponibles à cette adresse : http://cej.ehess.fr/index.php?908

Organisateurs : Sylvie Anne Goldberg (Études juives – Centre de recherches historiques), Alessandro Guetta (Centre de recherches Moyen-Orient Méditerranée, INALCO) et Pierre Savy (Analyse comparée des pouvoirs, Université Paris-Est – Marne-la-Vallée)

Date limite de soumission : 15 avril 2016

Date des Journées d'études :  21 et 22 novembre 2016 

Lieu : l’École des hautes études en sciences sociales et l’Institut national des langues et civilisations orientales, Paris.

 

Traditions, transmissions, et représentations

Appel à communication : date limite le 30 avril 2016

Les études juives du CRH de l’Ehess organisent avec la Société des Études juives et la Commission française des archives juives et, avec le soutien financier de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, une rencontre des étudiants francophones qui se tiendra le mercredi 15 juin 2016, de 9 h 30 à 18 h 30, ensalle 015, rez-de-chaussée,bâtiment « Le France », 190-198 av. de France, 75013 Paris.

Cette année, les étudiants inscrits en thèse sont invités à présenter leurs travaux en les situant dans la problématique suivante : « Traditions, transmissions, et représentations ». Il s’agira de s’interroger sur l’ancrage de leurs problématiques, de leurs références théoriques, ainsi que des méthodes qu’ils utilisent dans leurs travaux, afin de contribuer au renouvellement scientifique des « études juives ».

Ce cadre devrait permettre de mesurer l'importance des études juives en langue française, d'en repérer les tendances et d’en favoriser la promotion tout en mesurant leur inscription dans les domaines des sciences humaines et sociales.

La journée se terminera par la remise du Prix de thèses en études juives, par Mireille Hadas-Lebel, présidente du jury organisé par la Société des études juives, la Commission française des archives juives et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (session 2016).

 Les propositions de participation sont à envoyer d’icile 30 avril 2016, à  Agathe Mayeres-Rebernik agathe.mayeres@gmail.com. Une participation aux frais de voyage de 100 € est envisageable pour les étudiants non parisiens.

 

Income, Wealth and social dynamics : A historical perspective

Appel à communication : date limite le 30 avril 2016

L’ambition de ce workshop, qui aura lieu à Gérone les 1er et 2 juillet 2016, est de revisiter les débats autour des niveaux de vie et les inégalités sociales dansles campagnes européennes, en s’interrogeant plus particulièrement sur le rôle des salaires et des autres types de revenus.

Trois thématiques seront privilégiées :

- La diversité des formes salariales et la question de la construction de séries de salaires. Qu’entend-on par salaire et comment documenter cette notion ?

- La structure et la nature de l’économie familiale particulièrement dans les zones rurales.

- L’impact des différents types de revenus perçus par les acteurs et des différentes modalités d’accumulation patrimoniale sur les dynamiques sociales et les processus de différenciation sociale

Les propositions sont à soumettre avant le 30 avril auprès de
Rosa Congost : rosa.congost@udg.edu

Le mariage dans l’Europe méditerranéenne de la fin du Moyen Âge à nos jours

Le mariage dans l’Europe méditerranéenne de la fin du Moyen Âge à nos jours

Appel à communication : date limite le 1er juillet 2016

Présentation

L’histoire sociale du mariage s’est fortement éloignée depuis quelques décennies de la seule problématique démographique de la mesure de la nuptialité (âge au mariage, célibat définitif) et de ses facteurs explicatifs, enjeux qui ont concentré l’attention des historiens lors des premières décennies de développement de la démographie historique.
Dans le cadre de cette rencontre internationale, nous nous proposons d’aborder l’histoire du mariage dans des perspectives renouvelées, mêlant démographie historique, histoire de la famille, histoire sociale, histoire religieuse et politique, anthropologie historique du rituel de mariage, histoire du droit.
Le champ de l’histoire de la famille a depuis ses origines dans les années 1960-1970 pris une orientation très internationale, fruit de l’action de chercheurs ayant un souci marqué du comparatisme (par exemple, Peter Laslett) et de la mise en place d’institutions et réseaux de recherches dépassant le cadre national ou du moins favorisant le dialogue entre les historiographies des différents pays européens (Société de démographie historique ; réseau « Family/Demography » de l’European Social Science History Conference). Sans nier la spécificité des parcours régionaux ou nationaux, bien au contraire, il est un fait que la compréhension des évolutions de la famille en Europe s’enrichit grandement de la mise en perspective des mutations locales. Ce colloque se fixe en conséquence comme objectif prioritaire de contribuer à un dialogue des différentes expériences nationales ou infra-nationales.


L’espace choisi comme référence sera l’ensemble des pays du pourtour européen de la Méditerranée et de la Mer Noire. Dans ce cadre spatial, se superposent différentes oppositions dont la littérature scientifique discute depuis longtemps la pertinence en matière d’histoire ou de sociologie de la famille : l’opposition Est/Ouest pour commencer, que l’on peut décliner à divers niveaux, par exemple entre Europe catholique et de la Réforme et Europe orthodoxe, cette dernière pouvant être aussi rapprochée de la zone de domination ottomane jusqu’au XIXe siècle, mais aussi entre Europe des démocraties populaires (sous influence soviétique directe, ou plus autonomes comme la Yougoslavie ou l’Albanie) et Europe atlantiste (Grèce et Turquie comprise), ou encore entre les deux Europes situées de part et d’autre de la ligne Trieste-Saint-Pétersbourg censée définir, depuis John Hajnal, deux modèles familiaux différents.
Au-delà de ces lignes de fractures supposées, d’autres éléments plaident en faveur d’une certaine unité. Les pays européens composant le pourtour méditerranéen ont souvent été décrits, sur le plan anthropologique, comme ayant connu des évolutions du mariage plus tardives à l’époque contemporaine par rapport à l’Europe du Nord. En histoire de la famille ou en anthropologie historique, un grand nombre de chercheurs s’interrogent sur la réalité d’un modèle familial « méditerranéen », qui serait marqué notamment par une implication forte de la parenté dans la vie sociale et familiale, un certain conservatisme des mœurs, et un individualisme moindre que dans l’Europe du Nord-Ouest. Cette idée, qui émerge dès les premiers travaux de l’Ecole de Cambridge, a été longuement discutée par des chercheurs issus des pays méditerranéens (voir, pour l’Italie, les travaux de Pier-Paolo Viazzo), mais elle a trouvé depuis deux décennies un renouveau sensible grâce aux analyses démographiques contemporaines comparant Europe du Sud et Europe du Nord au sein de l’Union européenne, notamment sur le plan des interactions intergénérationnelles (voir les travaux de David Reher).
Mais on peut également signaler d’autres parallélismes en envisageant la question du mariage du point de vue de son rapport aux formes du pouvoir étatique. Il est un fait que la plupart des pays de la zone ont connu au cours du XXe siècle, de manière durable, à l’exception du cas français, différents régimes de type autoritaire (franquisme, fascismes, communisme, ou encore dictature des colonels dans le cas grec), en tout état de cause, un développement tardif et fragile de la démocratie libérale. Ceci n’a, semble-t-il, pas été sans conséquence du point de vue de l’histoire de la famille, et plus précisément de l’histoire du mariage, et pas seulement du point de vue des évolutions législatives.


Thèmes des sessions

 a) Mariages civils vs mariages religieux

Le mariage est le lieu d’un conflit ou du moins d’une concurrence entre instances régulatrices, en particulier les Eglises et l’Etat. L’historiographie tend à privilégier un récit historique mettant en scène les acteurs institutionnels et s’interroge sur la mise en place des différents modèles législatifs. Rappelons que trois grands types de mariages civils peuvent être distingués : le mariage civil « subsidiaire » offert aux seuls couples qui n’ont pas accès au mariage religieux, seule union normalement reconnue par le droit étatique ; le mariage civil « optionnel » ouvert à tous les couples ne souhaitant pas célébrer leur union devant une autorité religieuse, le mariage religieux étant reconnu par le droit étatique ; le mariage civil « obligatoire », exigé de tous les couples désirant se marier pour être valide selon le droit, mais sans que cela n’empêche par la suite une cérémonie religieuse si les couples le désirent. Toutefois le recours aux différents types de cérémonies, le choix de se passer de l’une ou de l’autre, dans le contexte des législations existantes, doivent aussi être analysés et interprétés au niveau du terrain, c’est-à-dire des individus et des familles. Il s’agit de comprendre le jeu des acteurs entre ces deux formes qui peuvent être ou non exclusives l’une de l’autre. Par exemple, on pourra s’interroger sur la manière dont les acteurs se jouent des écarts en matière d’interdits entre législation civile et législation religieuse.


b) Divorces et séparations

Ce thème est relativement sous-traité en démographie historique, souvent laissé aux historiens du droit ou abordé essentiellement sous l’angle des procédures judiciaires civiles et religieuses. Une approche s’inscrivant dans une perspective d’histoire sociale ou de démographie historique serait bienvenue. Elle permettrait de mieux replacer dans le temps long le phénomène « contemporain » des ruptures d’unions. Sans entrer trop avant dans une histoire des législations nationales, on s’intéressera à la manière dont les couples se sont appropriés ou non les différents outils juridiques mis à leur disposition ou ont au contraire cherché à les contourner.


c) Les mariages mixtes

Les mouvements de populations contemporains, les migrations de masses qui affectent aujourd’hui de nombreux pays européens, et la mise en tête des agendas politiques dans les pays concernés des questions d’intégration ou d’assimilation ou encore de cohabitation religieuse sur des territoires ayant connu (apparemment, tout au moins) une certaine unité ethnique ou religieuse jusqu’à ces dernières décennies (ou qui du moins étaient officiellement proclamées), ont relancé de manière saisissante l’intérêt du monde académique pour la problématique des mariages mixtes, compris comme mariages interconfessionnels et/ou interethniques. Il suffit de citer ici le récent ouvrage Intermarriage throughout History, publié par Marius Eppel, Luminita Dumanescu et Daniela Iarza (Cambridge, 2014). Un regard historique de longue durée et la prise en compte des différentes approches nationales offrent d’évidence une source de réflexion utile. Les historiens savent que ces questions de mariages mixtes ont en effet mobilisé les sociétés anciennes presque autant que les contemporaines. La zone méditerranéenne et l’Europe balkanique, carrefour de communautés religieuses, territoires d’extension de diasporas, espace de déplacements plus ou moins forcés de populations, mais aussi de repeuplement, en fournissent une parfaite illustration.


d) La ritualisation du mariage

Le mariage est aussi une cérémonie et un processus rituel, dont les logiques fluctuent selon les pays, les Églises, les milieux, le contexte politique. Les évolutions historiques de la ritualisation matrimoniale constitueront le cœur de la session, mais on pourra aussi se concentrer sur la mise en scène de la parenté, des amis, du voisinage, des réseaux sociaux dans les rites nuptiaux. Sans entrer dans une histoire économique de l’alliance et, par exemple, de l’endogamie sociale et professionnelle, on s’intéressera à l’économie du mariage et de sa cérémonie. Les cadeaux de mariage, mais aussi les éléments du trousseau tels que les contrats de mariage les décrivent, permettent d’entrevoir certaines dimensions rituelles et symboliques du mariage. Disposer d’approches comparatives concernant les modalités de paiement des dots, la composition des trousseaux, les objets rituels qu’ils contiennent  serait souhaitable.
Plus largement, pour analyser l’organisation des cérémonies religieuses ou civiles et leurs évolutions, et celles des fêtes qui entourent la cérémonie elle-même, on privilégiera des approches comparatives ou les contextes d’unions mixtes sur le plan ethnique ou religieux qui sont les plus à mêmes de mettre en évidence les spécificités de chaque rite.  


Calendrier et dispositions pratiques de l’appel

Les propositions (titre, résumé d’une page maximum, bref CV) devront parvenir en français, grec, italien, espagnol ou anglais par mail (cf. plus bas) aux organisateurs avant le 1er juillet 2016. Elles seront examinées et évaluées par les organisateurs du colloque, faisant fonction de comité scientifique. La sélection des communications sera communiquée aux proposants avant le 1er octobre 2016.
Envoyez simultanément à
vincentgourdon@orange.fr ; fabrice.boudjaaba@ehess.fr


Le colloque se déroulera sur deux jours et comportera quatre sessions successives (pas de sessions parallèles), chacune de 4 ou, à la rigueur, 5 papiers. On pourra accepter des présentations dans trois langues : grec, français, anglais. Un résumé conséquent et un powerpoint détaillé dans une autre langue que celle d’exposition seront exigés de manière à garantir une compréhension générale des communications.
Chaque session comportera un ou deux discutants pour  commenter les communications. Les textes seront donc attendus pour le 1er aout 2017 pour permettre aux discutants de préparer les séances et aux différents intervenants de lire en avance leurs contributions respectives.
Le colloque aura lieu les 21-22 septembre 2017 et  fera l’objet d’une publication plurilingue en Grèce.


Institutions mobilisées

Le colloque est organisé par l’université d’Athènes, avec le soutien de l’Ecole française d’Athènes, du Centre de recherches historiques (unité mixte de recherches CNRS/Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), du Centre Roland Mousnier (unité mixte de recherches CNRS/université Paris-Sorbonne).
Le colloque est également soutenu par la Société de Démographie Historique, principale société savante européenne dans ce champ thématique.


Organisateurs

  • Fabrice Boudjaaba, historien de la famille à l’époque moderne et contemporaine, chargé de recherches au CNRS, au CRH (EHESS), secrétaire général de la Société de Démographie Historique ;

  • Eugenia Bournova, professeur en histoire économique et sociale contemporaine au Département de Sciences Economiques à l’Université d’Athènes ;

  • Michael Gasperoni, historien, membre de l’Ecole française de Rome,

  • Vincent Gourdon, historien de la famille à l’époque moderne et contemporaine, directeur de recherches au CNRS, au Centre Roland Mousnier (Paris-Sorbonne) ;

  • Olga Katsiardi-Hering, professeur d’histoire au Département d’Histoire et d’Archéologie à l’Université d’Athènes.

Zonages. Une histoire comparée des périmètres de protection,  d’exclusion et de développement (18e-20e siècles)

Zonages. Une histoire comparée des périmètres de protection, d’exclusion et de développement (18e-20e siècles)

Appel à contributions - Date limite : 1er octobre 2016

Présentation

Nous vivons dans un monde de zones, de parcs naturels, de zones d’intérêt écologique, de zones d’activité commerciale ou industrielle, de zone d’aménagement, d’abords de monuments historiques, etc. Ces périmètres spéciaux prétendent conserver des objets, des êtres ou des espaces patrimonialisés, naturels ou bâtis, protéger les personnes et les propriétés contre des activités perçues comme dangereuses ou désagréables, garantir l’accès (rivages, marche-pieds) ou au contraire l’interdire (zones protégées ou contaminées), mais aussi développer, promouvoir certaines activités en leur offrant un lieu et un cadre d’exception (zone franche), parfois en reportant dans un espace limité ce qu’on a interdit ailleurs.

Ces multiples périmètres sont souvent considérés comme des phénomènes récents, remontant au mieux à la dernière guerre, alors que le terme même de « zone » migre du vocabulaire climatique vers le vocabulaire militaire dans les années 1790 (zones de frontière et zones de servitude autour des places fortes). Le droit de l’Ancien Régime est d’ailleurs déjà fortement marqué par la localisation différenciée des activités – territoires affranchis des corporations, espaces dédiés aux activités insalubres, etc. Que ce soit dans le droit romain ou dans la common law, l’idée que l’on peut délimiter un périmètre pour l’attribuer à une activité spécifique, y restreindre les usages, et plus généralement y créer des droits différents – dérogeant au droit commun – a une longue histoire. Par ailleurs, la plupart de ces périmètres sont saisis dans des historiographies différentes qui ne discutent guère entre elles (les parcs naturels, les abords des monuments historiques, les zones d’interdiction de la publicité, etc.), alors que les outils législatifs et administratifs présentent des régularités assez frappantes. Enfin le zonage est surtout considéré comme un phénomène urbain, caractéristique des politiques de la ville – le terme zoning est réservé dans l’historiographie américaine à l’urbanisme alors qu’on emploie le plus général land use regulation pour les contextes ruraux, comme si les deux phénomènes n’étaient pas liés.

Ce colloque souhaite donc réunir des chercheurs travaillant sur l’un au moins de ces outils du zonage – c’est-à-dire toutes les pratiques qui délimitent des périmètres de droits spécifiques, au-delà du terme de zone – afin de les comparer dans la longue durée, du 18e au 20e siècle. Les contributions se concentreront sur les dimensions procédurales du zonage : quelles institutions, quels acteurs, procèdent au zonage, via quelles formalités, avec quelles résistances ? En quoi consiste ce zonage, quels droits cherche-t-on à modifier, comment le justifie-t-on ? On tentera donc de s’intéresser surtout aux dispositifs de zonage, plutôt qu’aux zones en tant que telles.

On s’intéressera tout d’abord à la manière dont les périmètres sont définis. S’agit-il de délimiter un objet présenté comme naturel – un marais, une forêt, etc. – dans lequel les droits sont reconfigurés ? Qualifier un terrain de marais, c’est donner la possibilité à des entrepreneurs de se l’approprier. Qualifier un terrain de forêt, c’est restreindre les usages possibles dans cet espace. S’agit-il, au contraire, d’étendre l’objet visé par le zonage en l’augmentant d’une distance donnée, d’un rayon ? Ainsi les abords des monuments historiques ou les limites d’approches des exploitations souterraines, mines et carrières. On pourrait ici comparer des débats visant à maintenir des rayons fixes, ou à laisser à l’administration un degré de liberté dans la définition ou l’adaptation au contexte de ces rayons. On pourrait s’intéresser à ce qui justifie l’adoption d’un rayon plutôt qu’un autre. Lorsqu’on ne prétend pas couvrir un objet « naturel » ou étendre par rayon la protection ou la concentration, comment justifie-t-on la définition d’un périmètre d’exception arbitraire – ce qui est le cas tant des projets d’infrastructure (la route pourrait passer ailleurs, la zone d’activité s’arrêter un peu plus près ou plus loin) que des projets de classement de toutes sortes (routes, parcs naturels, etc.)

On s’intéressera également à la nature des droits qui sont modifiés par le zonage, et à l’écart possible entre les justifications et les résultats. S’agit-il de permettre une réappropriation, un transfert de propriété ? S’agit-il d’imposer des servitudes, de passage, d’entretien, etc., de restreindre les droits d’usage, d’orienter les pratiques et les activités ? S’agit-il de garantir ou d’augmenter la valeur immobilière ? Comment la protection s’articule-t-elle avec l’exclusion ? L’histoire environnementale a bien montré que la protection des espaces naturels passe par leur redéfinition en profondeur, et en particulier par l’exclusion d’un grand nombre de personnes et d’activités qui avaient façonné ces espaces et avaient sur eux des droits anciens. De même qu’il y a eu des « réfugiés de la conservation », peut-on dire qu’il y a eu des « réfugiés du zonage » ? Dans quelle mesure le zonage est-il cumulatif : est-ce que l’on zone d’autant plus un espace qu’il a déjà été l’objet de mesures similaires ? Est-ce que le zonage accumule d’un côté les privilèges et les protections et de l’autre les pauvretés, les marginalités ? On peut aussi se demander comment la protection, la patrimonialisation, s’articule avec le développement : qui protège-t-on, qui exclue-t-on, pour favoriser quel type de développement ? L’intérêt de réunir des chercheurs travaillant sur des types de zonage très différents, c’est justement d’interroger si la protection d’un patrimoine naturel ou bâti fonctionne d’une manière si différente des restrictions ou encouragements qui entourent diverses activités industrielles ou commerciales, ou des politiques de concentration des nuisances (quartiers réservés).

Enfin, on s’intéressera très précisément aux outils administratifs et législatifs mis en œuvre dans chaque type de zonage : comment procède-t-on au zonage ? Un règlement suffit-il, faut-il exproprier, faire passer une loi, ou le zonage opère-t-il au contraire hors de tout cadre officiel ? Il faut, en effet, s’interroger, au-delà des actions des autorités, sur la capacité des acteurs à produire des zonages de facto, c’est-à-dire des exclusions ou des concentrations d’activités ou de personnes dans des périmètres donnés. Ainsi, par exemple, les banlieues blanches états-uniennes d’après-guerre qui se préservent, via les professionnels de l’immobilier, contre la mixité raciale.

 

Modalités de soumission et calendrier

Le colloque se tiendra les jeudi 16 et vendredi 17 mars 2017 au Centre de recherches historiques de l’EHESS, à Paris.

Les propositions de communication sont à soumettre par courrier électronique à l’adresse histoireduzonage@gmail.com, avant le 1er octobre 2016.

Chaque proposition devra inclure, les nom et courriel du conférencier, un CV d’une page, un titre et un texte de proposition de 600 mots maximum.

Les intervenants retenus verront leurs frais de déplacement et de logement pris en charge.

Les réponses aux propositions seront envoyées avant le 1er novembre 2016.

Fiche éditeur : http://grhen.ehess.fr/
Usines en bord de Seine  Les territoires de la Seconde Révolution industrielle  du XXe au XXIe siècle

Usines en bord de Seine Les territoires de la Seconde Révolution industrielle du XXe au XXIe siècle

Appel à communication - Date limite : 15 septembre 2016

Présentation

Colloque historique international

Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande & GrHis EA3831

Duclair (Seine-Maritime), les 16 et 17 novembre 2017


La basse vallée de la Seine, comme bien d’autres espaces similaires, en France ou dans le reste du monde, est marquée à partir de la Première Guerre mondiale par une vague d’industrialisation d’un nouveau type : le « tournant taylorien » (Patrick Fridenson), issu de la généralisation des méthodes de travail à la chaîne théorisées par l’ingénieur américain Frederick Taylor avant la guerre, bouleverse les systèmes productifs à plusieurs échelles, jetant les bases de la « Seconde Révolution industrielle ».

L’histoire de cette mutation, relativement moins connue que la Première Révolution industrielle du XIXe siècle, est au centre des questions que ce colloque vise à explorer : quel rôle joue le contexte exceptionnel de la Première Guerre mondiale dans la poussée industrielle qui marque en profondeur la période ? Dans quelle mesure la guerre renouvelle-t-elle « les logiques de l’entreprise » (Aimée Moutet), non seulement du point de vue de la rationalisation de son système technique, mais également de ses relations sociales de travail ou encore de ses rapports à l’État et au marché ? Comment, surtout, la Seconde Révolution industrielle, plus encore que la première, modifie l’organisation du territoire, c’est-à-dire de l’espace vécu, en faisant évoluer les jeux d’échelles du local au national et du national au global ? Le tournant « taylorien » ne cache-t-il pas un autre tournant, de plus grande portée encore, celui de la « mondialisation » des hommes, des capitaux et des informations ?

Autant de questions qui n’appartiennent pas qu’au passé mais conduisent jusqu’à nos jours. L’histoire de la Seconde Révolution industrielle, de son projet de société, de son modèle économique et des modalités de son rapport au territoire, éclaire bien entendu tout le reste du XXe siècle, de la crise de 1929 à la croissance des Trente Glorieuses. Mais elle donne aussi tout son sens à la désindustrialisation qui frappe de plein fouet depuis les années 1970 les territoires usiniers et les sociétés ouvrières locales qui en vivaient.

Les propositions de contribution s’efforceront de prendre en compte certains aspects de ce questionnement, sur la base de la bibliographie existante et de sources originales, en particulier d’archives primaires et/ou publiées. L’approche pourra aussi bien être historique que patrimoniale.

Comité de pilotage : François Bost, Olivier Feiertag, Patrick Fridenson, Florence Hachez-Leroy, Isabelle Lespinet-Moret, Gaëlle Le Floc'h, Marine Simon et Laurent Warlouzet

 

Modalités et calendrier

Langues de travail : Français et Anglais

Les projets de communications (titre de la contribution, présentation d’une quinzaine de lignes, comportant la mention des sources envisagées, court CV) doivent être envoyés avant le 15 septembre 2016 à : Marine Simon (marine.simon@pnr-seine-normande.com).

Le résultat de l’évaluation des propositions de contribution par le comité d’organisation sera connu le 30 octobre 2016.

Les contributeurs retenus s’engagent à fournir avant le 15 septembre 2017 un résumé de leur intervention d’un volume d’environ 5 000 signes, espaces compris.

Les organisateurs du colloque prendront en charge le financement des déplacements à Duclair et l’hébergement des contributeurs pendant la durée du colloque.

Fiche éditeur : http://grheco.ehess.fr/
Le genre en histoire

Le genre en histoire

Appel à communication - Date limite du dépôt : 1er décembre 2016

Le genre, à la fois comme objet d’étude et comme outil pour les historien.nes occupe une place de plus en plus importante dans les questionnements et les travaux scientifiques, mais il est également devenu plus visible au niveau institutionnel. Suite à la création du groupe « histoire du genre » au sein du Centre de Recherches Historiques, la volonté d’initier une rencontre entre doctorant.e.s travaillant sur cette question est devenue nécessaire. L’enjeu de cette rencontre est de faire se rencontrer et créer un dialogue entre les doctorant.e.s en histoire de l’EHESS qui font du genre leur objet d’étude ou qui l’utilisent comme un outil dans leur travail de thèse. 

Les communications pourraient porter sur 3 aspects :

1°. Les problèmes méthodologiques.

Les interventions peuvent notamment proposer une réflexion sur les écueils rencontrés par les doctorant.e.s induits par la nature même des sources utilisées pour étudier le genre, ou par la perspective de genre qui transforme le rapport aux sources. En effet les silences des sources, ou les biais de genre qu’elles induisent ont bien été soulignés par les chercheur.e.s en histoire des femmes et du genre depuis les années 1980[1].

2°. Une réflexion épistémologique sur le genre et ses usages.

Les doctorant.e.s seront invité.e.s à replacer leur travail au sein d’une dense réflexion sur le concept de genre qui occupe les milieux universitaires depuis les années 1960 à travers le monde. La communication pourra également porter sur l’apport du genre à d’autres débats historiographiques.

3°. L’utilisation du genre comme catégorie d’analyse.

Depuis les travaux de Joan Scott, le genre ne cesse d’être manié par les historien.ne.s comme outil d’analyse[2]. Ainsi les interventions pourront également montrer à travers un exemple précis l’intérêt de l’utilisation du concept de genre dans l’analyse des comportements, des identités et des normes sexuelles passées.

Comité scientifique : Laura Cayrol Bernardo (doctorante, EHESS/Université d’Oviedo), Nassima Mekaoui (doctorante, EHESS), Marion Philip (doctorante, Paris IV/EHESS) et Laura Tatoueix (doctorante, Université de Rouen/EHESS)

 

Modalités et calendrier

La journée est ouverte à tous les doctorant.e.s en histoire de l’EHESS qui intègrent le genre à leur problématique. Toutes les périodes, aires culturelles et thématiques sont les bienvenues.  Les communications, d’une durée maximale de 30 minutes, seront suivies d’un temps de discussion.

Les propositions de communication, d’un maximum de 3000 signes, accompagnées d’une courte biographie devront être envoyées à marion.philip@laposte.net et laura.cayrolbernardo@ehess.fr avant le 1er décembre 2016.

Cette journée d'étude des doctorant(e)s aura lieu le 24 février 2017.

 

Site du groupe Histoire du Genre

 

 

 

 



[1]Notamment « La pratique de l’histoire au féminin : la question des sources », Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes et du genre, Lyon, ENS Éditions, 2007, p. 71.

[2] Joan W. Scott, « Le genre : une catégorie utile d’analyse historique », Les Cahiers du GRIF, vol. 37, n°1, 1988, p. 125-153, [1986] ;  De l’utilité du genre, Paris, Fayard, 2012.

Le patrimoine industriel entre action et réflexion

Le patrimoine industriel entre action et réflexion

Date limite de dépôt : 5 septembre 2016

En octobre 2014 disparaissait Louis Bergeron, directeur d'études à l'EHESS, président d'honneur du CILAC et de TICCIH –The International Committee for the Conservation of the Industrial Heritage, dont le rôle dans le champ du patrimoine industriel en France comme à l'étranger fut très important.

Homme de réflexion devenu acteur de terrain, il a accompagné et influencé nombre de structures – associatives, muséales, culturelles – et d'hommes et de femmes issus de milieux très divers, tous passionnés par le patrimoine matériel et immatériel de l'industrie.

Après l’hommage qu’il lui a rendu lors du XVIe congrès de TICCIH, le CILAC souhaite organiser deux journées d'étude les 2 et 3 décembre 2016, lors de son prix Jeune chercheur, afin de revenir sur le chemin parcouru depuis la fin des années 1970, et de saisir les multiples façons, directes et indirectes, par lesquelles s'est exercée l’influence de Louis Bergeron. Elles se dérouleront à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, 4 place Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris.

Plusieurs pistes sont proposées sans être exhaustives :

- Les associations : l’action de L. Bergeron au sein du CILAC comme de TICCIH s’est exercée à différentes échelles et périodes, auprès d’institutions et sur des modes qu’il s’agira de retracer (conseil, mise en réseau, structuration, définition des objectifs, etc.)

- Une communauté de chercheurs : directeur d’études à l’EHESS, L. Bergeron a non seulement formé des étudiants devenus chercheurs à leur tour,  mais aussi intéressé à son domaine ses collègues. De quelles transmissions générationnelles s’agit-il ?

- Des lieux, des hommes et des femmes : musée, écomusée, centre d’interprétation, paysage culturel, autant d’espaces où s’est illustrée la présence de L. Bergeron qui fut président de l’Écomusée du Creusot.

- Ses écrits. En plus de la revue Industrial Patrimony, ses ouvrages ont été importants, notamment dans l'espace francophone, pour des raisons différentes, comme :

  • Le patrimoine industriel, un nouveau territoire,Paris, Éditions Liris, 1996 (avec G. Dorel-Ferré) avec une première réflexion épistémologique sur ce nouveau champ

  •  Le patrimoine industriel aux États-Unis, Paris, Hoëbeke, 2000(avec M.-T. Maiullari-Pontois) pour faire découvrir à la communauté francophone les réalisations américaines dans ce domaine.
    De nombreux articles ont également été largement lus et diffusés, tels que ses notices dans l’Encyclopædia Universalis. Il s’agira ici de comprendre l’influence et les apports de cette littérature sur laquelle il est toujours possible de prendre appui et de voir dans quelle direction s’oriente aujourd’hui la réflexion dans ce champ.

- L’approche comparée et le développement de réseaux internationaux dans le champ du patrimoine industriel.

Cette manifestation sera l’occasion de rappeler l’apport intellectuel et l’action sur le terrain de Louis Bergeron dans le patrimoine industriel, mais surtout de poser ces questionnements pour aujourd’hui et demain en donnant la parole aux associations, aux chercheurs et aux étudiants qui, aujourd’hui, s’inspirent de ses travaux.

La date limite d'envoi des propositions est fixée au 5 septembre. Le résumé d’une vingtaine de lignes, accompagné d’une présentation de l’auteur, est à envoyer à cilac@cilac.com. Réponse prévue pour le 1er octobre.

La prise en charge des déplacements sera possible dans la limite du budget disponible.

Comité scientifique :

  • Louis André, Maître de Conférences, Univ. Rennes 2

  • Claudine Cartier, Conservateur général honoraire du patrimoine, ministère de la Culture et de la Communication

  • Gracia Dorel-Ferré, IPR, Univ. de Savoie

  • Marina Gasnier, Maître de conférences, HDR, Univ. de technologie de Belfort-Montbéliard

  • Florence Hachez-Leroy, Maître de conférences, HDR, CRH/EHESS – Comue Lille Nord de France

  • Ivan Kharaba, Académie François Bourdon

  • Massimo Preite, Professeur des universités, Univ. de Florence

  • Denis Woronoff, Professeur des universités émérite, Univ. Panthéon Sorbonne

http://www.cilac.com/
http://ticcih.org/

 

Lieu du colloque

Société d'encouragement pour l'industrie nationale
4, place saint-Germain des Prés
75006 Paris

 

Les préfets dans la

Les préfets dans la "modernisation" de la France, 1953-1972

Appel à communication - Date limite de dépôt : le 31 janvier 2017

Présentation

Majoritairement composé d'universitaires, le Comité pour l’histoire préfectorale du ministère de l’Intérieur a pour mission de mettre en œuvre et de financer des manifestations de tous ordres visant à favoriser les travaux de recherche universitaire sur le rôle des préfets et des préfectures depuis la création de cette fonction par le Consulat, au tout début du XIXe siècle.

C'est ainsi qu'en 2016 il a organisé trois rencontres scientifiques, à Lyon (janvier), Caen (mai) et Paris (octobre) sur le thème « Préfets et préfectures durant la Seconde Guerre mondiale ». Significatif de sa volonté de rapprocher les mondes, si cloisonnés dans notre pays, des chercheurs et des décideurs est le fait que trois des communications du colloque de Paris furent prononcées par des membres du corps préfectoral. Dans le même ordre d'idées se tiendra à Paris, à l'automne 2017, un colloque, co-organisé avec le Centre de Sociologie des Organisations (UMR 7116 CNRS/Institut d'études politiques de Paris), consacré au rôle des préfets dans ce qu'il est convenu d'appeler les politiques de modernisation conduites par la Quatrième République puis par la Cinquième République gaullienne.

Sans que ces dates aient à être considérées comme intangibles, les bornes chrono­logiques envisagées à ce stade iraient de 1953 à 1972 : la première vit édicté le décret du 26 septembre 1953 réformant les pouvoirs des préfets, celle de fin correspond tant à la loi créant les établissements publics régionaux – en choisissant donc de ne pas faire de la région une collectivité territoriale de plein exercice – qu'au début de la mise en œuvre du Sixième Plan (1971-1975), dont les objectifs ambitieux de développement industriel et de rééqui­librage Paris-Province se brisèrent sur le choc pétrolier de 1973 et la crise économique mondiale qu'il engendra.

Choisir de travailler ainsi sur une durée moyenne, en s'affranchissant des segmentations de l'histoire politique constitutionnelle, vise à tenter de se replacer dans les logiques internes au corps préfectoral, à mi-chemin de la longue durée des carrières – rappelons, à titre de symbole, que dans le gouvernement que constitue le général de Gaulle en juin 1958 le ministère de l'Intérieur est confié au préfet de la Seine Émile Pelletier, qui occupa son premier poste dans la préfectorale en 1920, sous la Troisième République, et accéda, pour un bref temps il est vrai, aux fonctions de préfet régional sous Vichy – et du temps court de la décision administrative et du calendrier politique, ce dernier particulièrement instable sous la Quatrième République.

La prise en compte de ces deux décennies informe également sur la gestion du corps, dont on entend faire un axe fort du colloque. En 1953 en effet, on peut considérer comme achevée la phase de remise en ordre née de l'épuration et du renouvellement des personnes grâce à l'entrée d'hommes issus de la Résistance au sein du corps préfectoral. En 1972, ce dernier voit sa physionomie largement modifiée par l'accès massif aux postes préfectoraux des anciens élèves de l'ENA. Rappelons à cet égard qu'un matériau pratiquement inédit reste à exploiter avec les rapports et comptes rendus que les élèves de cette école rédigent à l'issue de leur stage en préfecture, ensemble qui permet de lire près de soixante-dix ans d'histoire administrative de l'organisation territoriale du pays.

De la même manière que les rencontres de 2016 portaient chacune le nom d'une figure importante mais méconnue du ministère de l'Intérieur durant la période concernée (Édouard Bonnefoy à Lyon, Pierre Daure à Caen, Adrien Tixier à Paris), le colloque de 2017 se veut aussi hommage à Stanley Hoffmann (1928-2015), politiste franco-américain dont les travaux pionniers se proposant d'aller, dès 1963, à la recherche de la France, ont inspiré plusieurs générations de chercheurs résolus à mieux comprendre les mécanismes de fonctionnement de la machinerie politico-administrative française. Une ou plusieurs communications relatives à l'œuvre de S. Hoffmann seront ainsi les bienvenues.

Les autres pourraient porter – sans que la liste figurant ci-dessous soit limitative – sur :

1/ Sources et matériaux

  • Les sources papier : archives publiques, fonds privés

  • Quelles sources audio-visuelles ? (INA)

  • Les campagnes de témoignages oraux recueillis, paroles d'acteurs encore vivants

  • Les recherches menées à l'époque (commissions du Ve Plan, lien entre administration et recherche)

  • Travaux d'histoire économique, d'histoire urbaine (Groupe d'études des villes nouvelles)

2/ Portrait d'un corps

  • Le service des préfets au sein de l'administration centrale et les modalités de gestion du corps

  • Réformes statutaires et mouvements préfectoraux

  • Étude de cohortes et analyses des effets de générations (Résistance, l'expérience algérienne, montée en puissance des élèves de l'ENA, l'impact de mai 68, etc.)

  • Construire sa carrière (parrainage d'élus puissants, passage en cabinet, sillage de hauts fonctionnaires influents, etc.)

  • Adapter le corps à ses tâches nouvelles : diversification du recrutement, formation, etc.

  • Au sein du corps : les "grandes figures" et les autres

3/ Ministère de l'Intérieur et corps préfectoral face aux réformes institutionnelles

  • La réformes de 1964 : les partenaires institutionnels et leurs stratégies

  • Le chemin tortueux et inachevé vers la régionalisation

  • Acteurs centraux : de Gaulle, Pompidou, Guichard, Monod et leurs collaborateurs

  • Acteurs locaux : que faire des /comment faire avec les "barons" locaux ?

4/ Les préfets, bras armé de la modernisation des territoires ?

  • Qu'est-ce que la "modernisation" ? grammaires et rhétoriques de l'action préfectorale

  • Préfets et services extérieurs des ministères : résistances et collaboration

  • Unicité du modèle administratif, diversité des réalités territoriales (ville/campagne, Paris/province, nord/sud, plaine/montagne, etc.)

  • Repenser l'aménagement des territoires, repenser l'organisation des préfectures

  • Gérer les tensions dues à la modernisation (grèves, agitation rurale, etc.)

Modalités de l’appel à contributions

Les personnes intéressées par ces thèmes et disposées à intervenir lors de ce colloque, qui se tiendra en novembre 2017[1] à Paris, sont invitées à se faire connaître en adressant avant le 31 janvier 2017 un CV résumé, ainsi qu'une courte note (1.500 à 2.500 signes) précisant le titre et un résumé de leur proposition d’intervention, à :

- Mme Catherine Grémion, directrice de recherches émérite au CNRS, coordinatrice scientifique du colloque : c.gremion@cso.cnrs.fr

- M. Marc Olivier Baruch, vice-président du comité pour l’histoire préfectorale, directeur d’études à l’EHESS : baruch@ehess.fr

Les propositions seront évaluées par un comité scientifique composé de Mmes et MM. Marc Olivier Baruch (EHESS-CRH), Emmanuel Bellanger (CNRS-CHS), Olivier Borraz (CNRS-CSO), Violaine Challéat-Fonck (Archives nationales), Alain Chatriot (Sciences Po-CHSP), Olivier Dard (Université Paris IV-SIRICE), Florence Descamps (EPHE), Jean-Pierre Duport (ACPHFMI), Catherine Grémion (CNRS), Patrick Le Lidec (CNRS-CEE), Pierre-André Peyvel (Comité pour l'histoire préfectorale), Jeanne Siwek-Pouydesseau (CNRS).

[1]Plus précisément entre le 15 novembre et le 15 décembre ; la date exacte sera communiquée dès qu'elle sera arrêtée.

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Dernière modification :
19/02/2017