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Le patrimoine industriel rechargé. Nouveaux territoires et cultures changeantes

Le patrimoine industriel rechargé. Nouveaux territoires et cultures changeantes

Date limite de dépôt : 1er septembre 2020 et 31 octobre 2020 (Appel à session et communication)

Présentation

La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal, en collaboration avec l’Association québécoise pour le patrimoine industriel et avec le soutien de Tourisme Montréal, accueillera à Montréal le Congrès Le patrimoine industriel rechargé, du 29 août au 4 septembre, 2021.

Afin d’enrichir les échanges scientifiques, de favoriser la découverte de la scène patrimoniale et urbaine de Montréal et de susciter de nouveaux partenariats de recherche et de formation en matière de patrimoine industriel, les six journées du congrès sont assorties de nombreuses activités d’exploration et de dialogue dans des domaines variés liés aux corpus des études patrimoniales tels que l’architecture, l’aménagement, la gastronomie, la musique, le cinéma, etc. S’ajoutent à ces occasions celle d’entendre des conférenciers réputés.

Argumentaire et thématiques

Plus que jamais, l’héritage de l’industrie est à l’avant-plan de l’actualité, partout sur la planète et même au-delà. La désindustrialisation, mais aussi le raffinement des connaissances scientifiques et des techniques de production redéfinissent nos rapports avec l’environnement et avec notre histoire. Cet héritage n’est plus seulement constitué de machineries désuètes et de « châteaux de l’industrie » : c’est l’héritage de territoires, de savoirs, de groupes sociaux, de stations spatiales autant que d’installations nucléaires et de maisons ouvrières autant que de complexes sidérurgiques, qui interpellent nos conceptions et nos pratiques. Face aux transformations profondes de l’industrie et de son statut social, politique et économique, le patrimoine industriel soulève des enjeux et offre des possibilités qui vont bien au-delà, dorénavant, de la simple conservation.

La transmission du savoir, l’inclusion des personnes et une perspective humaniste renouvelée sur le développement durable sont au rang de ces possibilités du patrimoine industriel qu’il importe maintenant de mettre en discussion.

Le thème « Le patrimoine insdustriel rechargé » veut favoriser un redéploiement des réflexions et des pratiques au-delà du « postindustriel » classique, très marqué par la déshérence et l’obsolescence. L’on voudrait ainsi contribuer au décloisonnement du patrimoine industriel qu’ont instigué de précédents congrès. Tout en réservant un espace de discussion aux bâtiments et à leur sauvegarde, ainsi que, naturellement, à celle des autres infrastructures industrielles et à la machinerie, le congrès 2021 de TICCIH à Montréal veut poursuivre et renouveler les recherches et les échanges sur des corpus moins discutés du patrimoine industriel, en abordant l’identité de la civilisation industrielle sous l’angle de ses représentations, de sa culture, de ses territoires, de ses héritages (positifs ou négatifs), de leur documentation, de leur usage et de leur valorisation.

Ainsi, au-delà de l’industrie manufacturière, le congrès veut interroger ce qu’est « l’industriel » dans le monde contemporain, tant sur le plan des traces qu’en ce qui a trait aux productions actuelles : l’économie du savoir est-elle une industrie? Comment se qualifie, face aux « châteaux de l’industrie » et à l’heure de sa propre disparition, la grande industrie multinationale du XXe siècle? Au-delà d’un discours générique sur le progrès, comment comprendre le legs des avancées scientifiques qui ont soutenu son expansion ou suivi sa récession ? Comment aborder les quartiers où s’étiole l’identité ouvrière? Ou de quelle manière, à l’inverse, préserver la marque de l’industrie dans les ensembles urbains qu’elle a forgés, cités modernes, villes de compagnie ou quartiers ouvriers en proie à d’importants changements économiques, sociaux et culturels ? On peut, de même, questionner les méthodes et les pratiques au-delà de la seule préservation : quels sont l’apport et les enjeux de l’histoire orale, de plus en plus populaire ? Que dire des stratégies de marque qui ont posi- tionné de vastes opérations de requalification à l’échelle planétaire ? Comment concilier évaluation environnementale et évaluation patrimoniale ? Comment le tourisme industriel peut-il s’adapter aux nouveaux désirs des visiteurs dont les références à l’industrie sont de plus en plus lointaine ?

À partir de telles questions, l’on accueillera avec un enthousiasme particulier les propositions de recherche ou d’intervention sur le patrimoine industriel qui se proposeront, à partir d’un corpus nouveau ou plus traditionnel, d’un cas d’espèce ou d’une discussion théorique, de traiter de thèmes comme les suivants :

  • La requalification fonctionnelle ou symbolique ; L’appartenance ou l’acceptabilité sociale ;
  • L’engagement social avec le discours scientifique ; La mémoire et la participation des personnes ;
  • Le développement durable ;
  • Les usages ou les finalités du patrimoine ;
  • Les enjeux environnementaux du patrimoine industriel.

C’est autour de telles questions et de tels thèmes que se composera la programmation du congrès. Il s’agit, en somme, de « recharger » le patrimoine industriel en capitalisant sur sa réalité territoriale et sociale, pour réfléchir à ses identités nouvelles ou potentielles et pour le repenser dans les paysages culturels changeants des décennies qui s’annoncent.

Les propositions au Congrès 2021 de TICCIH apporteront une réflexion originale ou une démarche innovante à l’analyse et à la compréhension de ce qu’est le patrimoine industriel, de sa constitution, de ses enjeux, de ses manipulations, de son étude et de sa gestion, ainsi que de ses effets dans une société, sur une économie ou au sein d’un territoire. Elles peuvent considérer des manifestations, des discours, des politiques ou des enjeux du patrimoine industriel, en tant qu’artefact, phénomène, objet d’autonomisation ; dans des communautés, dans des sociétés ou dans n’im- porte quel environnement physique ou imaginaire. Le Congrès cherche à consolider l’investigation du patrimoine industriel au sens large, en tant qu’objet de savoir ou de pratique examiné depuis diverses régions ou disciplines, que ce soit l’histoire publique, les études de la mémoire, la muséo- logie, l’archéologie, les études touristiques, l’architecture et l’aménagement, les études urbaines, la géographie, la sociologie, les études culturelles, la science politique, l’anthropologie, l’ethnologie et la recherche création. Les thématiques vont de la Deuxième Révolution industrielle au futur de la classe ouvrière, des villes de compagnie au développement durable fondé sur le patrimoine, de la désindustrialisation aux enjeux de la préservation en milieu urbain.

 

Calendrier et modalités de soumission

Cette deuxième annonce invite à proposer des sessions ou des communications.

L’échéance de l’appel à sessions est le 1er septembre 2020.

L’échéance de l’appel à communications est le 31 octobre 2020.

Plus d'information sur : https://patrimoine.uqam.ca/evenements/ticcih2021/

Le cimetière juif dans la Shoah

Le cimetière juif dans la Shoah

Date limite de dépôt : 15 décembre 2020 - Appel à communication

Présentation

Sous la direction de Jean-Marc Dreyfus et Judith Lyon-Caen

Le cimetière juif offre un paysage péri-urbain ou rural tout à fait singulier dans l’Europe du xxe siècle. En effet, il est depuis l’Antiquité et en application de la loi juive, situé à l’extérieur des périmètres habités, alors que les cimetières chrétiens ont été au début du Moyen-Âge transportés au cœur des villages et des villes, derrière l’église, pour n’être rejetés à la périphérie qu’au xixe siècle. Le cimetière est le témoin des déplacements des populations juives, mais aussi de leur enracinement dans certaines régions depuis le Moyen Âge (comme la région rhénane). C’est la réflexion que fait Marguerite Yourcenar lorsqu’elle décrit le vieux cimetière juif d’Amsterdam peint par Jacob van Ruisdael.

Le cimetière juif est devenu un objet littéraire dès le XIXe siècle, probablement parce que son aspect était perçu comme immuable, alors que la modernité bouleversait l’ordonnancement des cimetières chrétiens. Cependant, le champ du repos des Juifs a aussi été un témoin des bouleversements liés à l’émancipation avec, en premier lieu, sa monumentalisation et l’inclusion de symboles romantiques, ainsi que l’introduction d’inscriptions bilingues sur les pierres tombales, en hébreu et dans la langue du pays (par exemple l’allemand ou le français).

Qu’est-il advenu de ces cimetières, certains récents, certains immémoriaux, dans la persécution et la Shoah ? Comme toutes les institutions juives, ils ont été bouleversés en Allemagne dès 1933. Ainsi, certains carrés du cimetière juif de Weissensee, à Berlin, témoignent de la dégradation rapide – à travers les pierres tombales et les monuments – du statut économique et politique des juifs de la ville. On lit aussi les suicides, les premières déportations et les derniers juifs, rares ceux-ci, à mourir à Berlin jusqu’en 1945, « sang-mêlé » ou conjoints d’aryens. À Leipzig en 1935, la municipalité a obligé la communauté juive de la ville à détruire le plus vieux de ses cimetières. Les corps ont été transférés dans des fosses communes ouvertes dans le nouveau cimetière. Cependant, et même si beaucoup ont été désacralisés, la plus grande partie des cimetières juifs d’Allemagne, et même d’Europe, n’ont pas été détruits par les nazis. Pourquoi n’ont-ils pas été la cible systématique des persécuteurs, au contraire des synagogues ? Ont-ils été conservés parce qu’ils devaient signifier la mort des juifs ? Le symbole même de l’enracinement qu’ils représentaient ne contredisait-il pas la volonté d’éradication complète des nazis ?

Mais l’immense cimetière juif de Salonique a été complètement arasé. L’université Aristote a été construit à son emplacement.

En Pologne et à l’est de l’Europe, les cimetières juifs témoignent des morts dans les ghettos, tout d’abord enterrés dans des tombes individuelles (comme à Lodz) puis très vite dans des fosses communes. C’est ensuite l’absence de tombes qui est bien sûr frappante : les juifs assassinés dans les camps, dont les corps furent brûlés, ceux qui, victimes des Einsatzgruppen, furent jetés dans des fosses communes à l’est de l’Europe manquent aux tombes individuelles des cimetières.

Pendant la Shoah, les cimetières juifs furent des espaces intermédiaires, dont les fonctions se multiplièrent : lieux de passage, de transit (comme le cimetière juif de Varsovie, adjacent au ghetto) ; lieux de rassemblement, lorsque tous les autres lieux étaient interdits aux juifs (comme à Weissensee) ; lieux de refuge ; lieux aussi de dépôts de corps des victimes – juives ou non-juives – auxquels était refusé tout traitement funéraire, une « belle mort ». De lieux de respect des morts, ils furent transformés en « dépôt » de ceux-ci, voire en « dépotoir ». Dans de nombreux cimetières juifs furent ainsi ouvertes des fosses communes, comme à Binau en Allemagne (pour les corps des victimes des camps de Neckarelz et Neckargerach) ou à Obernai, en Alsace annexée, où furent enterrés des dizaines de travailleurs forcés soviétiques.

Le cimetière juif a aussi servi de lieu d’exécution.

Après la Shoah, les cimetières abandonnés, privés de leurs morts « naturels », peu ou pas utilisés puisqu’il n’y avait plus de juifs dans la cité, demeurent les lieux témoins de la catastrophe juive. Il y eut des mouvements de ré-enterrement : des cadavres furent recherchés par les parents survivants pour être rendus au cimetière juif, comme ce fut le cas dans toute la Pologne et ailleurs. Le beau film de Ferenc Török, La juste route (2017) évoque ce mouvement pour la Hongrie, qui pouvait concerner non les corps, introuvables, mais les objets des morts. Des Juifs enterrés clandestinement, ou sous un faux nom, dans des cimetières chrétiens furent déplacés, par exemple aux Pays-Bas. Des corps de juifs morts à Drancy avant leur déportation et enterrés officiellement dans un cimetière parisien furent exhumés pour être placés dans un carré juif. Mais la Shoah est largement signifiée par l’absence de tombes, par les espaces demeurés inutilisés par des communautés drastiquement réduites, par l’extermination d’abord, par l’émigration des survivants loin des lieux de persécution et d’extermination.

Cette absence de tombes est allée concomitamment avec la construction de milliers de mémoriaux dans les cimetières mêmes. On peut même dire que la première vague de mémoriaux y a été édifiée. Mémoriaux pour les juifs manquant, ceux qui auraient dû être enterrés en ce lieu, dans le cimetière de leur communauté. C’est le cas à Strasbourg et au cimetière de Bagneux. Ces mémoriaux étaient soit communautaires, mais aussi, sans que cela ne fût exclusif, individuels. C’est le cas aussi dans des centaines de cimetières en Israël. Fausses tombes – parfois contenant des cendres prélevées sur le site d’un camp – plaques apposées sur une tombe d’un parent, d’un enfant… Certaines de ces tombes collectives sont aussi devenues des mémoriaux. La mort juive collective – la « mort en gros » dont parlait le poète Władysław Szlengel en 1943 – s’invite ici au pays de la mort individuelle, entre les caveaux de famille. On voit aussi, dans certains cimetières à proximité de camps de regroupement ou de transit, apparaître des tombes collectives pour les juifs morts pendant ces mois de détention qui précédèrent les déportations. C’est par exemple le cas au cimetière municipal de Nexon (Haute-Vienne), où se trouva un camp d’internement français.

Le cimetière juif entretient ainsi un lien paradoxal avec la Shoah : il est le lieu d’un manque – il est le lieu qui manque à ceux qui sont morts dans les camps, dans la clandestinité, il est le lieu où les tombes individuelles manquent aux morts des fosses communes ; mais il est aussi un lieu de traces : traces des années de persécution sur les pierres tombales des morts prématurés, traces en creux que sont les espaces vides, en attente de morts jamais venus ; trace encore qu’est l’ancienneté des tombes, qui raconte l’extinction de communautés entières. Les ré-enterrements et les mémoriaux sont aussi les marques d’une reconquête, du souci de donner aux morts de la Shoah une place parmi les leurs. Le cimetière juif est, enfin, le lieu du recueillement, le lieu pour penser à la mort, même lointaine, des disparus de la Shoah : un lieu visité, filmé, rêvé.

C’est sur tous ces territoires, c’est dans tous ces paysages, matériels et symboliques, que ce numéro de la RHS voudrait nous inviter à réfléchir.

 

Les articles proposés pourront relever d'une approche historique comme toute autre perspective de sciences humaines et sociales, études littéraires comprises.

____________________________

 

La Revue d’Histoire de la Shoah est publiée par le Mémorial de la Shoah. Elle est la plus ancienne revue scientifique traitant de la Shoah à être demeurée en activité sans interruption. Elle a été créée en 1946 sous le titre Le Monde juif par l’équipe d’historiens du Centre de documentation juive contemporaine, sous la direction de David Knout. Elle est dirigée par Audrey Kichelewski et Jean-Marc Dreyfus.

La RHS traite du génocide des Juifs d’Europe sous tous ses aspects historiques. Elle considère aussi les conséquences de la destruction des Juifs d’Europe sur l’histoire juive. Seule revue de ce type à paraître en français, elle veut participer aux recherches les plus actuelles sur la Shoah, aussi bien dans le domaine de l’histoire que des autres sciences sociales, de l’anthropologie, de la sociologie, des études littéraires ou de la mémoire. Les études de cinéma, les études de genre, l’histoire des idées sont autant de disciplines qui entrent dans sa sphère d’intérêt. L’aire géographique qu’elle recouvre est l’Europe dans son ensemble, y compris les pays restés neutres pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi les empires coloniaux et au-delà (Etats-Unis, Amérique latine, etc.).

 

Calendrier et modalités de soumission

Les articles doivent suivre le style de référence décrit en annexe (normes typographiques et CFP in English : voire pièce jointe)

Les articles sont d’une longue maximale de 50 000 signes.

Les articles sont évalués doublement et anonymement. Il est possible d’envoyer des contributions en d’autres langues que le français, qui seront évaluées et, une fois acceptées, traduits par la RHS.

Merci d’envoyer un résumé de votre proposition avant le 15 décembre 2020.

Réception des articles avant le 30 juin 2021.

 

Pour toute question et pour l’envoi des propositions et des articles, écrire à Pauline de Ayala : p2ayala@gmail.com

Les formes de réglementation des métiers

Les formes de réglementation des métiers

Date limite de dépôt : 2 novembre 2020 - Appel à communication

Présentation

À la suite des trois rencontres de 2017, 2018 et 2019, l’enquête sur Les formes de réglementation des métiers dans l’Europe médiévale et moderne se poursuit pour un quatrième et dernier colloque international sur la dimension spatiale des normes professionnelles. Si l’Europe au sens large a été choisie comme point de départ, des contributions pourront envisager l’apport d’autres aires culturelles ou d’expériences coloniales... Pour rappel, la réglementation est envisagée ici comme processus, depuis l’élaboration de règles jusqu’à leur mise en application, sans se limiter aux formes écrites et stabilisées des statuts, ni aux organisations de type corporatif : les ordonnances princières ou municipales, la jurisprudence ou les coutumes non-écrites peuvent faire partie de cet encadrement normatif des professions, de même que des groupements non institués peuvent se régler à travers la fabrication ou l’écoulement de tel ou tel produit.

La diffusion et l’ancrage spatial de ces différents types de droits dans les sociétés médiévales et modernes est donc à interroger à plusieurs échelles, du périmètre souvent débattu des associations de métiers locales jusqu’aux normes valables dans des territoires ou des réseaux plus vastes, comme la législation sur les prix et salaires adoptée par plusieurs royaumes à partir de la fin du XIIIe siècle, les hanses, l’inspection des manufactures, les compagnonnages…

1/- Comment se construisent les espaces juridiques : par polarisation autour d’un texte ou d’un acteur appliquant des normes non écrites, par délimitation de frontières spatiales, ou selon d’autres modalités ? Dans quelle mesure ces espaces sont-ils reliés à ceux de juridictions, d’organisations de sociabilité (confréries…), d’entreprises (mines et carrières, chantiers, manufactures, arsenaux, sociétés commerciales…), d’aires de marché ou de réseaux économiques ? Il sera bienvenu d’aborder des espaces réputés marginaux sur le plan géographique (forêts, marais, montagnes, littoraux, mer…), ou socio-juridique (les collèges, les hôpitaux, les couvents, les quartiers privilégiés…) où des travaux récents ont mis en valeur la régulation de professions.

2/- Quelles sont les modalités de diffusion ou de concentration des normes à l’intérieur de ces espaces (publicité, renouvellement, conservation, contestation, application) ? Comment des pôles de réglementation comme les foires et marchés ou les manufactures s’articulent à des lieux inégalement contrôlés comme les boutiques, les « chambres », les faubourgs, les villages ou les espaces dits « marginaux » cités ci-dessus ? On pourra mettre l’accent sur les vecteurs concrets de répartition de la norme dans l’espace. Quels en sont les acteurs ? Quels sont les médias empruntés ? Si les sources sont parfois ténues, il semble important de replacer la formation de ces territoires réglementés dans le cadre large des circulations et communications du monde médiéval et moderne.

3/- Quelle est la circulation des normes professionnelles entre les espaces juridiques locaux ou nationaux ? Dans quelle mesure existe-t-il des modèles dont s’inspirent plus ou moins explicitement d’autres réglementations, comme cela a été suggéré pour Paris ou Barcelone par une historiographie à renouveler ? Les règles de certaines professions sont-elles empruntées ou imitées localement par d’autres activités ? Des réseaux de textes semblables rapprochent-ils des activités similaires bien qu’elles soient distantes spatialement ?

4/- Enfin, quel peut être l’apport du spatial turn, entamé dans d’autres champs historiques, quant à la réglementation des métiers ? Doit-on retenir l’espace comme producteur même d’une réglementation donnée ? En quoi la ville ou le village peuvent-ils être les supports mêmes d’une labellisation des produits, des marchandises, en lieu et place des individus ou des métiers qui les y confectionnent, qui les y vendent ? Un espace peut-il s’auto-créer par possession ou revendication d’une réglementation, autant qu’un collectif humain ?

Tous ces processus spatiaux sont dynamiques, ce qui implique de prendre en compte les conflits ou les coopérations, les dominations ou les accords, les innovations ou les restaurations qu’ils ont abrités.
Cette rencontre sera aussi l’occasion de dresser un bilan du projet mené depuis 2017 sur les formes de la réglementation des métiers.

Version anglaise de l'appel

Comité d’organisation de la quatrième rencontre :
Robert Carvais (CTAD-Université Paris Nanterre) ; Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC) ; Mathieu Marraud (CRH); Arnaldo Sousa Melo (Universidade do Minho); François Rivière (Université d’Évry-Val d’Essonne-LaMOP-IDHES)

Comité scientifique de l’ensemble des rencontres :
Philippe Bernardi (Paris 1-Lamop) ; Caroline Bourlet (IRHT) ; Robert Carvais (CTAD-Université Paris Nanterre) ; Maxime L’Héritier (Paris 8-ArScAn) ; Corine Maitte (Université Gustave Eiffel-ACP) ; Mathieu Marraud (EHESS-CRH) ; Judicaël Petrowiste (Université de Paris-ICT) ; François Rivière (Université d’Évry-Val d’Essonne-LaMOP-IDHES) ; Arnaldo Sousa Melo (Universidade do Minho- Lab2Pt) ; Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC) ; Jean-Louis Roch (Université de Rouen-GRHIS)
 

Calendrier et modalités de soumission

Les rencontres auront lieu du 10 au 12 juin 2021, à l’Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines. Un dispositif de visio-conférence sera prévu en cas de restrictions sur la mobilité des participants dues aux conséquences de la pandémie de Covid-19.

Les langues utilisées lors de ces journées sont le français et l’anglais.
Les communications seront de 20min suivies de 10min de discussion.
Si vous souhaitez proposer une communication pour cette rencontre, veuillez faire parvenir à l’adresse espace.reglementation@gmail.com un abstract d’environ 2500 signes (ou 400 mots) dans une de ces langues, ainsi qu’une courte biographie indiquant votre rattachement institutionnel avant le 2 novembre 2020.

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CNRS

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Dernière modification :
25/09/2020